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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

vendredi 20 juillet 2012

Cuisiner avec Aoste à l'Atelier des chefs

Cuisiner avec Aoste à l'Atelier des chefs c'est moins cher ... que les cours habituels ... et çà peut rapporter ... gros ce serait exagéré mais c'est vraiment une belle occasion d'engranger de judicieux conseils et de déjeuner par la même occasion pour une somme qui ne va pas grever le budget des vacances.

D'abord parce que la compétence de l'Atelier des chefs fait l'unanimité. Ensuite parce que Aoste, qui est une marque française (mais oui) travaillant des jambons français (encore oui) propose une gamme excellentissime. Que ceux qui ont de mauvais souvenirs de "mâchouillement" de jambon de Bayonne fassent l'effort de tendre la main vers celui qui est signé Aoste et ils changeront d'avis à la seconde.

Enfin parce que le partenariat avec la marque se traduit par une réduction du tarif habituel d'un cours de cuisine, ce qui est à souligner.

Et aussi parce que Aoste, qui décidément ne fait pas les choses à moitié, a prévu que vous repartiez du cours le ventre satisfait et apaisé et le bras alourdi par un sac contenant une nouveauté, un saucisson affiné de noix de jambon très peu gras au goût presque sucré et de quelques idées et recettes qu'on a envie de mettre en pratique sans délai. Bref, on bosse mais on est chouchouté.

Je connaissais les produits Aoste, dont j'avais parlé ici à l'occasion du compte-rendu d'un Kitchen lab. J'avais aussi mis en ligne quelques recettes en mai 2010, mais je n'avais pas "travaillé" ce produit depuis quelques mois. Coup de chance aujourd'hui nous allons réaliser non pas une mais trois recettes. Le tout dans un espace de temps assez serré qui permet de programmer sa venue sur le temps du déjeuner, d'autant qu'on mangera ce qu'on aura fait.

En choisissant parmi les différents sites de l'Atelier des chefs on peut optimiser les choses. Pour ma part j'avais retenu le 27 rue Péclet dans le XV° arrondissement.

Les élèves prennent place au bord de 4 plans de travail, composant des équipes de 4 qui se partageront les tâches, ce qui fera gagner du temps à tout le monde sans perdre en qualité.

C'est parti pour un roulé de pistou, cantal et jambon d'Aoste
On commence par le pistou et Gilbert nous promet de vivre la révélation gustative de notre vie. Parce qu'on va employer de vrais pignons de pin quand les marques qui commercialisent du pistou, même les meilleures, préfèrent broyer de la noix de cajou dont le prix au kilo est sans comparaison. Que nous allons ajouter du parmesan entier et non pas au mieux du picorino, au pire de la poudre de croutes de parmesan. Que notre huile sera de la pure olive et non un mélange de 1% olive pour 19% de colza.
Je suis un peu sous le choc, me demandant quel discours il tiendra lorsque Barilla sponsorisera un cours (je ne savais alors pas que c'était programmé, lui non plus sans doute) alors qu'il nous suggère de lire attentivement les étiquettes avant d'acheter. je l'ai fait depuis et je dois reconnaitre que ses critiques sont exactes. Le gout de notre pesto n'aura effectivement "rien à voir" avec celui que j'ai employé "tout fait" et néanmoins très satisfaisant de la marque italienne.

Il est vrai qu'il ne faut pas comparer ce qui est produit en petites quantités et ce qui est conçu à une échelle qui est industrielle. Sinon on part dans des articles de grand luxe dont le prix serait dissuasif.

Les pignons seront torréfiés pour l'occasion, 30 secondes au poste de cuisson et chacun apprendra le coup de main qui permet de secouer les graines sans les renverser. Ils seront transvasés dans le blender et broyés avec du basilic et une gousse d'ail, puis le parmesan. On ajoutera l'huile d'olive en quantité raisonnable car c'est une pâte que l'on veut obtenir, pas une sauce. On n'aura pas oublié de saler (modérément). S'il reste des morceaux de graines cela signera un pesto encore plus authentique. Une fois terminé, gouté et approuvé on revient à notre plan de travail en écoutant un dernier conseil, ne pas le congeler si on en a fait trop parce qu'il s'oxyderait et prendrait une vilaine couleur.

Si nous disposons de chaises hautes ce sera juste pour faire joli parce qu'on est ici à un cours, pas à une démo et que l'essentiel sera réalisé par nous. J'entends "la cuisine c'est sérieux" à l'adresse de ceux qui auraient tendance à se relâcher.
On coupe les croutes d'un pain de mie complet (pas "aux céréales") qu'on aurait pu acheter sans les croutes, mais dont les bordures auraient alors séché depuis, ce qui n'est pas ce qu'on cherche. On écrase chaque tranche au rouleau à pâtisserie sur le tapis de silicone qui est théoriquement dévolu à la fabrication des sushis. On retourne la tranche pour de nouveau l'amincir. On étale le pesto. On pose une grande tranche de jambon  cru Aoste que l'on replie en laissant 2 cm libre sur un des bords.
Mon voisin demande si on retire le gras du jambon et s'entend répondre par Gilbert que non, le gras c'est la vie. On pose un bâtonnet de Cantal de belle taille à un bout et on roule, en appuyant au bout pour que ça adhère là où il n'y a pas de jambon.
On tranche les extrémités pour assurer une belle présentation. on coupe en 4 et on pose sur l'assiette. On pourra appliquer chez soi la même technique avec un magret de canard, ou oser une combinaison tsatziki-saumon fumé-concombre.
On passe à la salade de fruits Bayonnaise
On coupe les tomates cerise en 4, les fraises en 8, la tranche de pastèque en petits carrés. On roule les feuilles de menthe pour mieux les émincer. 
On mélange le tout dans un grand saladier avec du vinaigre balsamique blanc, plus sucré que le rouge, presque liquoreux. Il a vieilli en fut inox pour garder sa transparence. On ajoute de la fleur de sel enrichi de piment d'Espelette (préparée d'avance à raison de 1 gramme de piment pour 5 de sel) et les pignons qui n'ont pas été broyés dans le pistou.
Ne reste qu'à mélanger et répartir dans des verrines avant d'ajouter une chiffonnade de tranche de Bayonne coupée fin en lamelles. Quelques copeaux d'Ossau Iraty à l'économe achèvent la présentation.

Marinade de bar et jambon cru, melon et pomme granny-smith
On zeste un citron vert. On coupe un melon en 2 puis en bâtonnets après l'avoir épépiné. On fait de même avec une pomme verte sans l'éplucher. 
On retire le bas-ventre du filet de bar et on extirpe les arêtes à la pince. Il n'y en a guère que 4 ou 5 mais il faut prendre cette précaution.
On tranche le poisson ultra fin et on pose au fur et à mesure sur l'assiette. On se sert d'un pinceau pour le recouvrir d'une marinade huile d'olive-sel-piment-citron vert. 
On dispose à coté les bâtonnets et on place juste dessus une tranche d'Aoste fine et fondante.
On installe nos assiettes et verrines sur la grande table d'hôtes de la salle à manger. Un verre de vin (et-ou d'eau) nous est servi et on peut commencer à se régaler franchement. Nous avons couteau et fourchette mais les roulés pourraient se manger avec les doigts dans le cadre d'un apéritif. Chacun convient qu'il va être difficile de se satisfaire d'une coupelles de petites choses à grignoter alors qu'il est si facile et si rapide de préparer mieux.
Isabelle me fait face. C'est une habituée des lieux. Elle vient ici comme d'autres font du sport, très régulièrement de 1 à 4 fois par semaine, c'est selon. Suivre les cours de chefs différents a l'avantage de travailler une même technique de plusieurs manières. Elle estime rentabiliser sa pause méridienne en apprenant quelque chose tout en ne perdant pas le temps de chercher un endroit où déjeuner. Elle y passe un bon moment aussi avec ses collègues. Et puis ajoute-t-elle, on est sur de la qualité des produits. On sait ce qu'on mange !

Elle conseille de se plonger dans le livre de Thomas Clouet qui fourmille d'une centaine d'idées pour faire des roulés. Il a collaboré à l'Atelier des chefs et son site est vraiment passionnant. Je vous recommande une visite de ses petits roulés.

Les proportions pour le pesto : 40 grammes de parmesan, 40 de pignons de pin, 20 de basilic, 1 gousse d'ail, sel, et 10 cl d'huile d'olive.

Pour vous inscrire à un apéritif de chef Aoste suivez le lien

jeudi 19 juillet 2012

Les nouveaux thés de Fauchon, made in F

On a oublié que la maison en est spécialiste depuis très longtemps, exactement 1886,  mais des nouveautés vont être bientôt disponibles à la rentrée pour nous rappeler combien le thé est un métier historique pour Fauchon.

Dans les années 60 des thés parfumés aux fleurs, puis aux fruits ont été proposés, précédant l'énorme succès du thé à la pomme qui ouvrira les portes du marché japonais.

Sans chercher à le détrôner les experts ont imaginé de nouvelles recettes, qui composeront trois collections, dans des boites rhabillées pour l'occasion sur fonds or, noir ou magenta où sont imprimés des motifs inhabituellement modernes. Les emballages sont astucieux, avec leur double couvercle. le premier glisse tandis que le second protège hermétiquement le parfum. Son bouchon siglé d'un F, comme France, Fauchon et Fragrance nous transporte dans l'univers de la parfumerie.
Ces propositions se découvrent d'ailleurs comme des parfums, libérant progressivement des notes de tête, de coeur et de fond, aussi bien à l'ouverture, que pendant l'infusion, et ensuite au cours de la dégustation.

Amateurs de scoop sachez que soixante références sont prévues. Les trois premières à faire leur apparition seront : un mandarine yuzu frais et acidulé, un macaron framboise, et enfin la Ballade aux Tuileries qui est un thé doux et parfumé.
Mandarine yuzu prendra place dans la collection Parfums de fruits et fleurs, à coté du thé à la pomme, car Fauchon continue de fêter ses 40 ans de présence au Japon. Le yuzu est un petit agrume acidulé qui a de plus en plus la cote chez les grands chefs et qui se démocratise doucement.
Version salé on pourrait le déguster avec un saumon Hibiki mariné au yuzu. Je l'ai apprécié frais, pas du tout sucré, avec une rondelle de citron, une tige de coriandre fleur, des crackers (maison), des lamelles de tête de moine et des tranches de chorizo, ravie d'avoir composé un apéro original et sans alcool.

Mais il sera agréable aussi le matin pour démarrer une journée avec vivacité.
Le macaron framboise s'inscrit dans la collection Parfums gourmands. Il conjugue arôme de framboise et pétales de rose à un thé noir de Darjeeling. L'amande y est nettement perceptible.

Le thé caramel & jasmin offrira plus tard une alliance onctueuse sur un mélange de thés vert et noir.
La collection Parfums de Paris démarre avec la Balade aux Tuileries. Un thé blanc de Chine supporte un coeur fleuri qui évoque la roseraie et l'orangerie du jardin, alors qu'une note de sucre fondu suggère la barbe à papa de la fête foraine. Il incite au romantisme, donnant envie de revoir Midnight in Paris avec son amoureux. En attendant de découvrir dans quelques mois Un après-midi à Paris, plus vanillé et poudré.
J'ai été agréablement surprise par la taille des feuilles que l'on remarque après infusion et qui continuent de dégager un parfum agréable.

Contrairement aux thés que j'ai présentés dans le cadre de moments qualifiés de "cérémonie", ceux-ci se découvrent de manière non conventionnelle, mais sans bouder un plaisir très épicurien.

Fauchon, 24-26-30 place de la Madeleine, 75008 Paris, 01 70 39 38 00

mercredi 18 juillet 2012

Avec eux ... de Dominique Cantien


Sa vie a connu l'effervescence des bulles de champagne et je me doutais, en lisant cette forme de biographie qu'elle allait agacer beaucoup de monde, et en particulier ses presque consoeurs journalistes. Je ne vais pas ici la critiquer comme l'a fait Audrey Pulvar dans l'émission de Ruquier et qui me semble particulièrement mal placée pour cet exercice ... elle dont la vie privé n'est pas exempte de paillettes. Il y fort à parier que d'ici 20 ans le désormais sosie d'Angela Davis pourra publier des mémoires qui seront aussi croustillantes.

Je regrette de n'avoir pas rencontré Dominique depuis la sortie de son livre. Des contraintes d'agenda ne l'ont pas permis. Ma chronique aurait sans doute été différente mais tant pis ...

Son livre m'a alternativement touchée et mise mal à l'aise. J'en ai compris la raison quand je l'ai entendue reconnaitre d'emblée, et c'est tout à son honneur, qu'il s'agissait de propos recueillis corrigés. Si je partage l'opinion d'Audrey sur un point c'est bien sur le fait que les confidences auraient été plus digestes si elles avaient été retranscrites sous la forme d'une conversation.

Le livre n'aurait pas souffert de certaines redites. Ainsi on trouve deux fois la citation de Julien Clerc : à quoi sert une chanson si elle est désarmée ? pages 120 et 190. On aurait atténué certains règlements de comptes et l'amertume que l'on peut légitimement ressentir le jour où "tout s'arrête" n'aurait pas autant éclaté au profit d'un romantisme un peu trop muselé. Le coté "regardez comme je suis formidable" aurait été gommé.

L'auteur affirme que ce trait de tempérament ne lui correspond pas. D'ailleurs la photo de couverture illustre parfaitement le caractère de Dominique, qui n'a jamais été à l'image et qui précisément même ici n'apparait que de profil. Elle nous dispense des habituelles photos officielles que l'éditeur encarte au centre du livre pour rassurer les dubitatifs.

Il importe avant tout de resituer les choses dans leur contexte. Au début de sa carrière le paysage audiovisuel était limité à trois chaines. Point barre. Le téléspectateur qui allumait son poste passait obligatoirement par la case 1 qui était une chaine privée depuis 1986, dirigée par le patron du BTP que l'on connait, avec des objectifs de croissance absolument faramineux.

On n'imagine pas la pression de l'audimat, alors secret mais impitoyable. Je me souviens d'avoir vu les tableaux de chiffres scotchés dans l'ascenseur de la chaine. Inutile de raconter ici le pourquoi du comment mais je déjeunais ce jour là en compagnie des grands patrons et je peux témoigner d'avoir entendu la fameuse phrase de Patrick Le Lay se vantant d'offrir du temps de cerveau disponible aux annonceurs. Ce genre de propos était loin de me séduire. Je n'aurais pas pu faire carrière dans une ambiance pareille.

Mais qu'elle soit de nature à stimuler une soif de revanche sur la vie, je le conçois parfaitement et je suis loin de jeter la pierre à Dominique dont le talent est bien réel et dont les résultats ne peuvent que provoquer l'admiration. Tant d'animateurs vedettes lui doivent leur succès ! Et s'il faut retenir une seule de ses créations c'est celle du SIDACTION que je citerais.

Cette femme discrète éclate en plein jour et étale une vie qui fut plus que privée, même si elle accompagna plusieurs célébrités. C'est là qu'on comprend mal pourquoi aujourd'hui révéler ce qu'elle a si soigneusement protégé auparavant. Mais la réponse a-t-elle un vrai intérêt ?

Ce qui l'est bien davantage c'est le message positif qu'elle transmet. Sa devise : si c'est impossible je vais donc le faire, est une belle leçon d'optimisme sur le difficile chemin de la vie. Je ne peux qu'y souscrire à 1000 %.

Elle raconte sans fioritures le mode opératoire de la fabrication d'émissions qui furent de véritables créations alors que nous nous extasions aujourd'hui de programmes qui ne sont que des copier-coller de formats américains.

Elle témoigne d'années révolues, d'une époque où l'on subissait certes la pression de la réussite mais où les SMS, facebook, et tweets en tous genres n'autorisaient pas n'importe qui à s'arroger le droit de dézinguer à tout va ce qui est si difficile à construire ... une réputation.


Elle prenait l'hélico comme d'autres le RER. Elle allait au bout du monde pour ne passer que quelques instants avec l'homme qu'elle aimait. Et alors ? Si elle ne l'avait pas fait on aurait dit qu'elle manquait d'audace. Lisez son livre en imaginant que Dominique est un prénom masculin ... je ne dirais pas que cela banalise ses confidences, mais presque.

Certes, il manque un chapitre. Quelques lignes pour dire que la vie ne s'est pas arrêtée avec Claude François, Mick Jaegger, Nicolas Hulot et Philippe Douste-Blazy. La féministe qui a su imposer des femmes dans le public des concerts enregistrés, la groupie d'un Michel Drucker visiteur de prison, la gourmande de pains au chocolat, la femme qui préfère la simplicité aux apparences ... nous aurait alors convaincus que la route reste belle à tracer ... sans eux.

Avec eux ... de Dominique Cantien, éditions de la Martinière, avril 2012

mardi 17 juillet 2012

Potée estivale


D'habitude on réserve les plats roboratifs à l'automne. Vous allez être d'accord avec moi pour convenir qu'une potée serait un plat de saison cet été tant il fait gris et froid. Celle que je vous propose est un peu plus légère que la version classique.

On fait revenir un demi-oignon doux dans une cuillère à café d'huile d'olive. On verse un peu de vinaigre au galanga et on ajoute des rondelles de pommes de terre, un peu plus tard des carottes coupées en bâtonnets et une poignets d'haricots verts frais. On assaisonne de poivre. Le sel sera inutile car des rondelles de saucisson à fumé à l'ail apporteront suffisamment d'arômes.

On poursuit la cuisson sous cloche.
On saupoudre de persil frais haché. Et comme on a cuit le tout à l'étouffée les légumes ont gardé leur croquant. Rien à voir donc avec la potée hivernale. On déguste en rêvant à des jours meilleurs. Il parait que le soleil va bientôt se faire sentir.

lundi 16 juillet 2012

Plus haut que les oiseaux d'Eric Pessan

Dans sa dédicace, l'auteur m'interroge sur le vertige. Eric Pessan aime bien poser des questions qui semblent d'ordre pratique mais qui se révèlent de portée philosophique. Si je vous demande quelle est la masse, au moment où elle percute le sol, d'une bouteille de bière vide lancée du haut d'un immeuble de dix-huit étages ... vous allez hausser les épaules en ne voyant pas très bien où je veux en venir.

Précisément. Jeter une bouteille, comme çà, n'importe où, c'est le genre de bêtise que font, parfois, les jeunes, juste pour voir, ou même pour rien, sans penser un instant aux conséquences, bien plus traumatisantes que la traversée d'un papillon dans l'atmosphère. Et dieu sait que son vol peut provoquer bien des bouleversements. Alors une bouteille ...

C'est le type de sujet qu'Eric aime fouiller et qui remue le lecteur, secouant ses convictions et l'obligeant à remettre ses idées en cause. Un peu comme les jurés de Douze hommes en colère qui doutent finalement de la culpabilité du jeune garçon qu'ils étaient pourtant bien décidés à envoyer sur la chaise électrique.

La version est contemporaine. L"assassin" aurait pu être un de vos enfants et la victime un de vos amis ou parents. Crime ou accident ? Hasard malheureux ou destin inéluctable ? Le courage vaut-il le prix des aveux ? Est-il utile de dire toute la vérité ?

Voilà un de ces petits bijoux de romans, soit disant pour ados, que bien des adultes gagneraient à lire, et à méditer même s'il est vrai que c'est plus chic de prétendre qu'on passe ses nuits à re-lire Crime et châtiment de Dostoïevski.

Eric Pessan écrit pour les adultes, du théâtre, de la poésie, des romans. Plus haut que les oiseaux est son premier livre paru à l'Ecole des loisirs. Sans doute pas le dernier.

Plus haut que les oiseaux d'Eric Pessan, Ecole des loisirs, mars 2012

dimanche 15 juillet 2012

Comment être dans le ton d'un pique-nique rouge ?

Il y a les pique-niques de Dorian, programmés entre bloggeurs, mais pas que, qui ont lieu traditionnellement à Bercy les premiers dimanches de juillet et d'août. Il y a aussi les pique-niques de Marie-Laure annoncés sur facebook avec une contrainte de couleur.

L'an dernier ce fut le jaune. Cette fois elle nous impose de voir rouge. Le vrai casse-tête est d'apporter quelque chose que les autres ne vont pas faire, sinon le repas manquera de diversité. J'élimine donc tomates, poivrons, pastèques, fraises ... et chorizo qui me semblent gagnants à coup sûr.

Je vise le rose, en fonçant un peu la donne.
Première idée : un crumble aux pêches, en employant plusieurs variétés, la classique, la plate et la nectarine blanche. Avec une croute classique (80 grammes de beurre mou, 100 de farine et 80 de sucre) enrichie de pralines roses, lesquelles vont fondre à la cuisson et colorer joliment le plat.
La formule 80-100-80, facile à mémoriser comme des mensurations idéales est adaptée à cet ajout qui va apporter un complément de sucre.
Seconde idée : une boisson, à base de limonade, là encore pas n'importe laquelle, une Elixia, des framboises écrasées (environ 80 grammes) et une cuillère à soupe d'eau de rose. Un petit conseil : ne retirez pas l'entonnoir avant la fin de l'explosion des bulles pour éviter tout débordement. Inutile de sucrer, la limonade apporte suffisamment de douceur.

Billets consacrés aux éditions antérieures des pique-niques collectifs sur cette page.
Site Ô délices de Marie-Laure, pour ses recettes, ses cours de cuisine, ses livres et ses trucs et astuces ...

samedi 14 juillet 2012

Le fil à recoudre les âmes de Jean-Jacques Greif

Fête nationale aujourd'hui. Ce n'est pas une raison pour être chauvin au-delà du raisonnable. Après les commémorations de l'Indépendance de l'Algérie et les savoureux récits de Gil Ben Aych, après les espoirs de paix entre Palestiniens et Israéliens défendus par Valérie Zenatti, voilà un autre sujet sensible concernant un pan méconnu de l'histoire contemporaine.

On sait tous que l'attaque de Pearl Harbor par les Japonais a précipité les évènements de la seconde guerre mondiale. Les regards se sont focalisés sur le Japon et on a gardé en mémoire les photos des champignons nucléaires qui y ont poussé ensuite.

On ne pense pas aux immigrés japonais, devenus citoyens américains, et installés sur la cote californienne avant 1940, devenus pestiférés du jour au lendemain. Kenichero et sa petite soeur Akiko se retrouvent ainsi dans un champ de courses reconverti en "centre de réinstallation".

Un peu à l'instar d'Anne Frank, le jeune garçon adresse des lettres à son ancien professeur d'anglais pour lui raconter avec un humour et un sens de la dérision teinté d'orientalisme, la nouvelle vie que sa famille subit, les mâchoires crispées, malgré leur légendaire capacité à demeurer impassible.
Officiellement, ils ne sont pas prisonniers, mais résidents. Les gardes armés ne sont pas des gardiens mais des conseillers de sécurité. Kenichiro préfère en rire dans les lettres qu’il envoie régulièrement à Mrs Moore. Un jour, il lui annonce une « nouvelle incroyable ». Alors que la guerre fait rage, sa famille a accepté de quitter les États-Unis pour retourner vivre au Japon… non loin d’Hiroshima.
C'est je crois la première fois que je parle d'un livre que je n'ai pas entièrement lu. Je n'ai pas encore dépassé la page 24 mais il est déjà un formidable coup de coeur et j'ai eu envie de partager ce voyage historique et géographique sans attendre la rentrée. Encore un livre que le nouveau ministre de l'Education nationale ferait bien d'inscrire au programme de français ou d'histoire ...

Le fil à recoudre les âmes de Jean-Jacques Greif, collection Médium, Ecole des loisirs, avril 2012

vendredi 13 juillet 2012

Une vie sans gluten


Je fanfaronnais hier, soulagée d'avoir enfin réussi à sortir de ma cuisine un cake digne d'être présenté. Je lisais avant-hier le livre des copines qui s'achevait sur une sympathique leçon de savoir-vivre. Et voilà que je rencontre sur ces entrefaites Delphine, pas encore une copine, mais en bonne voie de le devenir, qui me semble gourmande et à qui j'adorerais faire plaisir sauf que ... j'apprends qu'elle est gravement intolérante au gluten. Je vais devoir remettre mon tablier pour réfléchir à la manière de faire un cake sans cet ingrédient. Et surtout surtout me documenter sur la question.

Je savais grosso modo que le gluten est synonyme de farine. J'ai appris que cela concernait la farine de céréales (blé, orge, seigle, avoine, épeautre) et que s'en passer n'est pas impossible mais un peu délicat dès lors qu'on souhaite faire un plat où il faut du liant. Qui dit gluten dit glu. Il est indispensable à l'élasticité de la pâte à pain, ce qui lui permet de lever. Il améliore l'onctuosité des aliments pour pas cher et vous comprendrez que les fabricants en mettent partout, y compris dans les médicaments.

Vous me direz qu'il reste le riz, le maïs, le quinoa, la châtaigne ... et même le sarrasin (qui n'est pas une céréale, mais donc non panifiable) et qu'il y a aussi toute la gamme des fruits et des légumes pour se nourrir.

Certes. A partir du moment où on connait son allergie (médicalement le terme n'est pas rigoureusement exact mais il est plus parlant que l'expression maladie coeliaque) ou degré d'intolérance la situation peut être "contrôlée". Mais avant ? Et c'est là que l'ouvrage écrit par Delphine de Turckheim est passionnant parce qu'on y apprend qu'une personne sur cent est dans la cible, que deux personnes sur trois sont des femmes. Peut-être vous, peut-être moi et nous l'ignorons, ce qui ne signifie pas que nous soyons en bonne santé.

On peut vivre pendant longtemps sans symptômes ou dans l'ignorance de leur déclaration futures. On ne sait pas pourquoi la maladie se développe et elle peut arriver à n'importe quel âge. Pour Delphine, ce fut à dis-sept mois, peu après que son alimentation soit diversifiée, avec l'introduction de farines. Un mois d'hospitalisation pour déshydratation avec un verdict de malnutrition.

Le corps médical a d'abord pensé qu'elle était capricieuse. Comme si à cet âge on pouvait vomir juste pour embêter ses parents ! Des bien pensants ont même estimé que sa mère était la cause de ses maux ... réaction misogyne assez classique, et tout autant déplorable. Soit dit en passant on n'imagine jamais que cela puisse être le père ... même si c'est lui qui prépare les repas.

Alors qu'on n'insistera jamais assez sur les mérites de l'allaitement ... qui procure au "nourrisson" (quel joli et juste terme) une alimentation équilibré, adaptée à son âge, et qui le prémunit des allergies. Et puis un médecin plus futé que les autres, le bon docteur jacob auquel le livre est dédié, ayant aussi voyagé dans des pays où on avait découvert cette intolérance, a l'idée d'investiguer du coté de son intestin et de prescrire une biopsie. Verdict : une paroi rongée qu'il était urgentissime de cesser d'irriter.

Dans les cas graves comme celui-là on en meurt. Tout "simplement". Tout va bien désormais pour l'auteur qui sait parfaitement comment débusquer le traitre, et qui fait tout pour éviter la confrontation. Pas égoïste pour deux sous, elle milite à l'AFDIAG, une association qui existe tout de même depuis 23 ans.

Son témoignage est important. Sur le plan de l'information. Et sur celui de la leçon de vie. Elle offre un message d'espoir à tous ceux qui comme elle doivent subir (ou subiront) un régime draconien. Elle écrit avec humour. Parfois le lecteur peine mentalement à suivre cette jeune femme énergique et sportive, dont on achèterait la santé quand on connait seulement son parcours professionnel. Depuis Intervilles sur France 2, en passant par les Randonneurs d'aventure pour la chaîne Equidia, cette baroudeuse affiche une détermination formidable.

Les frustrations alimentaires auraient pu l'aigrir. Elles n'ont pas entamé son appétit de vivre et lui ont même inculqué une sagesse qui fait défaut à beaucoup d'entre nous. Quand on sait que l'odeur est meilleure que le goût (leçon à retenir page 78 : après avoir senti une odeur exquise, une fois en bouche, le goût est complètement différent) on supporte mieux les interdits.

Quoique ... celui ou celle qui lui offrira des pains au chocolat et/ou des churros consommables, entendez sans gluten, odorants et bons, gagnera sa reconnaissance éternelle ... Que le meilleur gagne !

Une vie sans gluten, de Delphine de Turckheim, Tchou éditions, 137 pages, 15,50 €

jeudi 12 juillet 2012

La guerre des cakes n'aura plus lieu

Ma déception dans le domaine du cake fut cruciale un bel été (mais oui çà existe ... le beau temps) de 2009 quand Julie Andrieu m'a contactée pour son émission Coté Cuisine. Le but du "jeu" était de résoudre un problème avec le secours d'un chef. Celle qui m'avait été attribuée était une toque ultra renommée et je peux vous dire que j'étais joyeuse de lui soumettre ma difficulté : je ne parvenais pas à faire un cake digne de ce nom.

Les péripéties furent assez pénibles. J'en ai raconté l'essentiel dans un billet plutôt salé-sucré sur le rôle de "comédienne" auquel nous avons été plusieurs à être cantonné(e)s. Je pestais toujours depuis ce temps de ne pas avoir "la" recette de cake qui allait satisfaire mes amis.
Le 5 juillet un commentaire d'Hervé sur le blog de Dorian, notre bloggeur chef préféré, me mettait sur la piste du fameux cake au citron de Pierre Hermé. J'avais à peine décidé de me lancer dans l'aventure que le même Dorian publiait le lendemain sa recette de Tanguy lemon cake qui a ravivé mon désir. J'ai longtemps hésité et puis aujourd'hui je me suis décidée pour celui-là, tout en apportant quelques modifications parce qu'au fil des mois, à force de côtoyer des spécialistes, on finit par prendre quelques réflexes.

Je n'ai utilisé qu'une orange et un citron. Il fallait les zestes de chacun. Grâce à la microplane qui ne râpe qu'en surface j'ai pu facilement ensuite récupérer les jus des deux fruits qui m'a servi pour le sirop. Imaginant qu'il serait moins acide qu'avec du citron pur j'ai diminué la quantité de sucre à 75 grammes.

Pour la pâte j'ai choisi d'employer de la farine "normale" et ai donc ajouté un demi sachet de levure. Si j'ai bien utilisé 3 oeufs, j'ai conservé un blanc que j'ai battu en neige et incorporé à la fin, espérant gagner en hauteur et en légèreté.
Essayez et gagnez ! Le résultat fut parfait. Et me voilà désormais prête pour l'adoubement cake-chef, par Dorian bien sur au prochain pique-nique où vous êtes tous conviés dans le parc de Bercy le premier dimanche d'août.

Plat de la série Mise en bouche Appolia  couleur fleur de sel

mercredi 11 juillet 2012

Le livre des copines de Laurence Caracalla revient pour l'été

La première édition datait de 1999. Le voici réimprimé et enrichi, publié par un second éditeur, Jean Claude Lattès, et ce "petit mais costaud" livre des copines trouvera facilement place dans un sac de plage.

On pourrait estimer le sujet futile mais l'auteur fait le tour de la question avec grand sérieux. On savait l'amitié fragile. On en découvre d'autres facettes. On se prend à picorer puis à lire sérieusement sans sauter une ligne.

L'auteur balaie toutes les catégories : les copines d'enfance, d'adolescence, plus tardives, celles qu'on s'est fait au bureau ou sur le web, celles qu'on adoooore, qu'on s'est mise à détester, les vraies, les insupportables, les amoureuses, les fusionnelles, j'en passe et des meilleures.

On reconnait des proches. On se voit soi-même comme dans un miroir. On comprend rétrospectivement ce qui a marché ou ce qui a été loupé avec les unes et les autres. On se dit qu'on aurait du emmener en vacances son ancien carnet d'adresses, et pianoter sur son portable un sms bien pensé à cette amie perdue de vue dont le rire (ou la dérision, ou les aventures, ou ...) nous manque tant.

On se promet qu'à la rentrée on prendra de jolies résolutions pour entretenir nos relations.   On mettra en application le dernier chapitre écrit par Laurence Caracalla concernant le savoir-vivre. On peut rire de certains conseils ... mais il y en a forcément 2 ou 3 qui nous "remettront les pendules à l'heure" et cela, même en été cela peut être utile.

Le livre des copines de Laurence Caracalla, chez Jean Claude Lattès, mai 2012

mardi 10 juillet 2012

Fauchon partenaire olympique

S'il n'y a pas de magasin Fauchon à Londres, les produits sont tout de même un peu connus des anglais qui les trouvent chez des revendeurs.

Mais pendant les Jeux Olympiques ce nom va acquérir ses lettres de noblesse chez nos voisins puisque la maison régalera les sportifs ... et les invités. C'est la candidature française qui a été retenue pour l'occasion et une quarantaine de personnes s'apprêtent à partir pour Londres pour travailler en collaboration avec une entreprise locale.

La filiale événementielle du groupe Fauchon proposera son savoir-faire culinaire au sein du Club France et la filiale Réceptions assurera la restauration des zones VIP, soit près de 20 000 couverts pour les 19 jours que dureront l’évènement du 27 juillet au 12 août 2012.
Ce soir on découvrait le nouveau macaron imaginé par Fabien Rouillard, avec un parfum de cassis qui devrait réconcilier les ennemis terribles, puisque cette baie est appréciée d'un coté et de l'autre de la Manche, où il est préparé aussi bien en version salée que sucrée. La bouchée n'est ni trop sucrée ni trop acidulée, à mi-chemin entre les goûts des uns et des autres.

lundi 9 juillet 2012

Mon métier de père de Gilles Verdiani, éditions JC Lattès


Mais Pourquoi est-il si compliqué d'élever ses enfants ? Gilles Verdiani s'est tellement interrogé sur le sujet qu'il a fini par penser que son expérience pourrait être utile à bien d'autres parents partageant les mêmes soucis, ou du moins des tracas comparables.

Parce que la première chose à savoir c'est qu'il n'existe pas de solutions miracles, juste des pistes à explorer comme on peut, le désir de bien faire n'étant pas toujours positif.

Je me souviens d'une réflexion de mon père à qui je demandais s'il y avait quelque chose qu'il regrettait dans sa propre façon d'avoir élevé ses enfants ... me répondant, oui surement, j'ai fait des erreurs, mais si c'était à refaire ce ne serait pas mieux, on ne fait jamais bien.

Paradoxalement cette "confession", entendue alors que je découvrais moi-même le rôle de "parent" m'avait extrêmement apaisée. Savoir que je serai une mère imparfaite avait allégé mes épaules. Je serais bien en peine de vous raconter un quelconque souci éducatif avec aucun de mes enfants ... jusqu'à ce qu'ils entrent de plain pied dans la foutue adolescence que je peux précisément dater. C'était un 13 juillet et les deux s'y sont mis au même moment.

Avoir été une maman jusque là tranquille est un phénomène assez extraordinaire si j'en crois les confidences des "nouveaux" parents. Il est vrai qu'il devient rare de rencontrer des couples qui ne sont pas exténués par leur progéniture. On se dit que les temps ont changé. Vrai et faux à la fois. Et le livre de Gilles Verdiani m'a sincèrement passionnée.

Le terme de "métier" surprend, sous-entendant qu'être parent serait une activité sérieuse, à exercer de manière professionnelle, avec un temps d'apprentissage, et l'espérance d'une médaille au moment de la retraite. Tout le vocabulaire du monde du travail pourrait s'appliquer à ce domaine, y compris le licenciement auquel s'apparentent les crises de déni de l'autorité parentale des ados, quand ils ne fuguent pas ...

L'auteur fait honnêtement le point entre ses certitudes, ses erreurs, sa recherche de "vérité" en balayant l'influence des sites comme Doctissimo, des livres cultes comme ceux d'Edwige Antier ou Laurence Pernoud, et des conseils familiaux, à commencer par son psychanalyste de père. Il n'invoque pas la paternité en général, mais la sienne, ce qui est d'une très grande honnêteté.

Gilles Verdiani est scénariste, auteur de l’émission Le Cercle sur Canal +, ancien critique de cinéma à Première et journaliste à Elle. Autant dire qu'il a le verbe facile. Il est le père de deux fils, Marcello, 4 ans et Virgile, 18 mois. Il aborde tous les problèmes qui attendent les parents au fur et à mesure que les enfants grandissent : vaccins, sommeil, langage, autorité… Autant de choix difficiles, de questions parfois sans réponses, qui font que l’aventure est unique et passionnante.

L'essentiel à retenir est qu'il n'y a pas deux enfants pareils, ni d'ailleurs deux papas ou deux mamans identiques. Qu'il faut de la mesure en toute chose. Que patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.

Vous l'aurez compris : on sait (presque) tout mais on continue à souffrir de la difficulté à vivre (un peu) sereinement au quotidien. Gilles Verdiani nous surprend avec sa manière de reprendre les choses au point de départ en analysant les situations sous un autre angle. Et cela fait du bien parce que cela ouvre des horizons.

D'une part il absout le lecteur de la culpabilité des sentiments de lassitude et d'exaspération face aux demandes des bébés (page 94). D'autre part il tord le coup à nombre d'idées reçues qui empoisonnent les relations.

Premier coup de tonnerre (page 25) en apprenant qu'on vous a interdit de boire de l'eau à vos accouchements par pure bêtise. Vous réalisez que si on vous a mené par le bout du nez sur ce point il y a forcément moult autres choses sur lesquelles on vous a berné. Et votre soif de comprendre s'en trouve aguerrie.

Le grand commandement Tu ne frapperas pas (ton enfant) prend du plomb dans l'aile ... sans que l'auteur ne recommande de le faire évidemment. Les écrans perdent leur voile diabolique.

Et surtout on apprend qu'il existe des bébés aux besoins intenses ... et qu'alors il faut les satisfaire faute de quoi on sortira pas du bras de fer. On découvre avec surprise qu'il existe aussi des enfants qui "ne savent pas obéir" (page 124) alors qu'à bien y réfléchir c'est une évidence.

On ne s'étonne pas de voir un bambin vaciller sur ses deux jambes étant persuadé que très bientôt il gambadera sans aide extérieure. On pourrait donc accepter qu'il ait besoin de soutien pour admettre qu'obéir n'est pas déshonorant. Que ce serait même davantage une preuve de force que de faiblesse. Obéir s'apprend ... comme devenir parent. Qu'on se rassure, c'est juste un tout petit peu compliqué mais çà reste tout à fait envisageable.

Un livre à glisser dans votre valise, ou celle du père de votre progéniture, à lire comme un jeu, sans malentendu : ce n'est pas un devoir de vacances, mais un cadeau pour la vie.

Mon métier de père, pourquoi est-il si compliqué d'élever ses enfants ? de Gilles Verdiani, éditions Jean Claude Lattès, mai 2012

dimanche 8 juillet 2012

Cérémonie du thé et sieste acoustique au musée du Quai branly


Le week-end est décidément très festif. Après le Before de vendredi soir, les visites, ateliers et rencontres de samedi, c'est aujourd'hui une cérémonie du thé qui est proposée au Café Branly, toutes les demi-heures de 15h à 18h, et que je prolongerai par une sieste acoustique.

Véritable institution en Chine, le thé n'a pas le statut de simple boisson d'agrément. C'est, à l'instar des grands vins français, autant un art qu'un fleuron de la gastronomie, qui a sa place dans l'exposition les Séductions du Palais, sous-titrée cuisiner et manger en Chine. Le thé se déguste également en toute convivialité. Le musée du Quai Branly a convié un spécialiste du thé pour initier les visiteurs dans la découverte de cette cérémonie du thé telle qu’elle est pratiquée en Chine, et dont l'aboutissement fut une séance de dégustation pour tous.
La préparation des instruments est un préalable essentiel. Le matériel également. Il faut une table spéciale munie d'un écoulement des eaux mais on se satisfera chez soi d'une pierre d'évier. La théière est individuelle et plutôt petite, toujours, et on prévoit un pot pour y verser le thé après infusion. La tasse ou le bol seront affaire de goût. Nous eûmes ici des bols de dégustation de petite taille.

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