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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

dimanche 25 novembre 2012

Une affaire conjugale d'Eliette Abecassis

Ce roman est paru en 2010 mais il demeure plus que jamais d'actualité. Ce n'est pas un documentaire, il reste un roman, mais il sonne tellement vrai pour tous ceux, surtout celles d'ailleurs, qui ont approché un pervers narcissique que le livre finit par prendre une allure de témoignage. De nombreuses pages sont édifiantes de vérité.

C’est aujourd’hui la journée consacrée aux violences faites aux femmes. Les statistiques sont affligeantes et même si les femmes commencent à oser dénoncer les mauvais traitements qu’elles subissent ce n’est pas pour autant qu’ils diminuent en nombre et en puissance.

L’intérêt du livre d’Eliette Abecassis, qui reste cependant un roman, et non un récit, est de faire la lumière sur un mode de relation qu’il est très difficile de débusquer et qui fait des dégâts très importants. Il n’est pas question de bâtir une échelle du pire. Ce que chacune subit est une forme de « pire » à son niveau. Mais l’emprise psychologique est sans doute une des choses les plus abominables parce qu’elle s’attaque à l’intégrité psychique d’une personne, en général hors la vue de témoins.

Tout commence dans cette affaire par une conversation qu’Agathe surprend malgré elle entre son mari et une voix féminine, faisant naitre, non pas des soupçons mais carrément des preuves de ses mensonges. Dès lors elle mène l’enquête et pirate son ordinateur.

Le mari a une page facebook le présentant comme une bombe sexuelle. Il s’est construit un réseau de 1602 amis et sa messagerie déborde de mails témoignant des tendances sado-maso.

La frontière entre virtuel et réalité a tremblé. Les valeurs de cette mère de famille implosent. Ce qu’elle croyait impossible devient son quotidien. Le bien-être de sa petite famille vient de fondre comme neige au soleil. Et le pire est à venir.

Ignorante de l'ampleur de ce qui va advenir Agathe joue franc jeu et annonce à son époux qu’elle sait tout, lui laissant sans doute la chance de se reprendre. L’homme ne nie pas mais contre attaque. Tout est de sa faute à elle. Les scènes de ménage s’enchainent avec une mauvaise foi évidente d’un coté et une tentative désespérée de comprendre de l’autre.

Quand la jeune femme affirme qu’elle veut le voir réfléchir sur le sens de ses actes il   incrimine : Et voilà l’hystérie qui recommence ! On ne peut pas parler avec toi, sans que ça tourne au drame. (page 29)

Agathe ne souhaite pas divorcer, mais comment faire autrement puisque le mari qu’elle s’est choisi n’est pas le bon ? Les souvenirs remontent à la surface pour alimenter une conclusion accablante : Il me semble que depuis mon mariage, je n’ai jamais cessé de divorcer (page 42).

En femme de bonne volonté et d’esprit sain elle imagine (encore une erreur de jugement) que la séparation sera aisée puisque rien ne va plus. Le premier entretien avec l’avocate va lui remettre les pieds sur terre. On accorde maintenant la garde alternée à tout va, y compris pour un bébé de six mois encore allaité. Autrement dit, il n’y a aucune chance que ses petits garçons soient dispensés des aller-retour entre deux domiciles. Et la culpabilité est à son comble.

Le magique des premiers mois de vie à deux devient tragique. La fin du couple, c’est quand chaque mot signifie sans le dire la fin du couple.

Agathe resonge au passé et tout devint clair. L'alcoolisme du conjoint apparait sans ambigüité. Elle réalise qu'elle a tout assumé, toujours, sur tous les plans, y compris financièrement. Il a profité d’elle et il n’a pas l’intention de cesser, séparation ou pas.

le lecteur découvre que si elle a tout payé et qu'elle peut le prouver cela ne change rien au problème. Etant mariés sous le régime de la communauté de biens la femme « doit » au mari la moitié de l’appartement, des meubles et même de ses économies. Plus la garde des enfants, puisque c'est une quasi-règle et qu'en prime la maman commence à montrer des signes de faiblesse psychologique. S'ajoutera une pension alimentaire car l'homme a triché sur ses revenus et qu’il apparait que c'est elle qui a des revenus supérieurs. Bref elle va être dépouillée de tout, de ses rêves et de sa réalité.

Ce qui est original dans la manière de traiter le sujet c’est que l’auteur dépeint une femme qui est encore amoureuse de son mari ou du moins qui, sous couvert de comprendre, va échafauder un stratagème pour entrer en communication avec lui. Elle va investir son terrain de chasse en se créant un profil facebook et le séduire via Internet. L’hameçon est gros mais il est efficace.

Comme le souligne Eliette Abécassis, nous vivons dans une époque de la traçabilité, d’espionnage et du retour de l’écrit. On peut brûler des papiers, perdre un ordinateur mais on ne peut jamais effacer le virtuel. (...) Avant l’ère technologique, les petites et les grandes infidélités passaient comme lettre à la poste. Mais depuis qu’il n’y a plus de lettre à la poste, c’est devenu impossible. Nous sommes dans le temps de la surveillance, traqués par nos portables … Les comptes se piratent, les boites vocales s’écoutent. Chacun est pisté. (page 86).

Comment croire qu’une nouvelle relation à deux puisse être simple et vraie après cela ? Agathe ne se sent ni aimable ni capable d’aimer (page 116). Elle n’y prête pas attention et pourtant un homme s’intéresse à elle. Pourra-t-elle croire en la sincérité de ce nouveau venu ? Qui en prime est un homme marié.

La situation se complique. La guerre s’accentue. Il faut des témoignages, vivre à la Columbo (si tu n’as pas de preuves, fabriques-en peut-on lire page 154). C'est un nouveau déluge de désillusions avec les proches ou la famille qui refusent, lui conseillant surtout de ne pas s’épuiser dans un combat qui n’en valait pas la peine. C’est là qu’elle compte ses amis, pas ceux de facebook, mais les vrais. A l'inverse, certains perdus de vue se révèlent de précieux alliés.

Elle constate que ses affaires disparaissent, des photos, des vêtements. Elle doit vivre en conservant sur elle en permanence sa précieuses clé USB, ses dossiers, ses contrats, Elle découvre que son ordinateur porte les traces de visites, que son Iphone a une application la localisant. Chacun engage un détective. Elle n’est plus sûre de rien.

Sauf de son amitié avec un certain Solal, ... sur Internet évidemment. Il la soutient, lui prodigue des conseils. Y compris de lâcher prise sur l’appartement et sur l’argent, ce qui serait le (moindre ...!) prix à payer. Ce genre de personnalité à besoin de vous arnaquer, d’une façon ou d’une autre. Donnez-lui donc cet os à ronger. Et utilisez votre énergie pour faire quelque chose de constructif. Réfléchissez bien (page 215). Solal justifie sa compréhension de la particularité du contexte parce qu'il aurait vécu quelque chose de semblable.

On nous décrit bien sûr les inévitables confrontations et audiences. Les deux versions sont radicalement opposées. Laquelle la juge pourrait-elle croire ? La tension monte. Le mari poursuit son harcèlement par des mails provocateurs auxquels Agathe a envie de répondre du tac au tac, en sortant de ses gonds et en l’insultant. Intervient alors une professionnelle dont j’ignorais la compétence : une psychiatre chargée de faire du « démailing ». C’est elle qui répond à sa place avec des je comprends, il m’a semblé judicieux, je ne veux pas être en conflit, libre à toi de croire, il me semble, je te souhaite, ne t’en fais pas ...

L'auteur a choisi l'oeuvre la plus connue de Gustav Klimt pour illustrer la couverture. Le baiser est emblématique de l'amour fusion d'un couple qui s'étreint en dehors du temps et de l'espace et de toute contrainte matérielle ou domestique. La profusion d'or confère à l'instant une dimension quasi sacrée, mais on peut remarquer que le parterre de fleurs semble au bord du vide sous les pieds de l'homme, que la prodigieuse cape est presque une métaphore de l'engloutissement, que la femme est agenouillée, yeux fermés, et que cette harmonie ne durera peut-être que l'espace d'un instant. C'est peu visible sur le livre parce que le plan est resserré. C'est plus apparent sur le tableau entier et observé avec un peu de recul.

De même, chacune pourra suivre le déroulement de cette affaire conjugale comme une pure trame romanesque, y voir une peinture de la société ou une mise en garde contre des pratiques (hélas) trop fréquentes et banalisées par des siècles de soumission. En tout état de cause il y a beaucoup de vrai dans tout cela. Le site pervers-narcissique.blogspot.com référencé page 299 existe bel et bien et est susceptible d'apporter des informations très utiles.

Une affaire conjugale d’Eliette Abecassis chez Albin Michel 2010

samedi 24 novembre 2012

Des livres à 1 euro ... c'est possible

Il faut guetter les déstockages des médiathèques. C'est une vraie aubaine à quelques jours de Noël, pour compléter les cadeaux que l'on veut offrir si on a de tous petits moyens ou pour se faire plaisir à soi-même sans se ruiner.

En plus on réalise une "bonne" action puisque la recette est versée à une association. Aujourd'hui c'était la médiathèque d'Antony (92) qui vendait livres et CD promis au pilon. Et il y avait du choix !

J'étais venue pour jeter un oeil. Je suis repartie avec trois gros sacs. Les deux tiers étaient remplis de livres que j'ai déjà lus et chroniqués sur A bride abattue mais que je vais pouvoir prêter autour de moi. D'ailleurs avis aux amis amateurs : les titres sont lisibles sur la photo de cette PAL (Pile à Lire) un peu particulière.
Je ne vous montre pas les CD que j'ai choisis parmi ceux qui étaient disponible dans les bacs mais là encore il y avait de quoi. Du connu et du moins ...

Le tiers restant des ouvrages que j'ai ramenés était composé de livres que je voulais lire parce que j'ai rencontré les auteurs à l'occasion d'un autre titre. Ou de romans policiers qui m'ont été conseillés parce que c'est un genre que j'explore en ce moment.

Car les bibliothécaires ne se contentaient pas de faire du chiffre. Elles continuaient à exercer leur métier principal qui est le conseil.

Samedi 8 décembre ce sera la médiathèque du Plessis-Robinson qui vous accueillera toute la journée dans le hall dans le cadre du Téléthon.

Les deux établissements ont vendu ou vendront 1 euro les documents qui sont sortis des collection. Et ce serait une bonne idée que les autres communes feraient bien de copier. D'une part parce que c'est un pur scandale que des ouvrages encore impeccables soient purement et simplement détruits alors qu'ils ont été financés avec de l'argent public. D'autre part parce que c'est une bonne action pour tout le monde.

C'est une honte vis à vis des auteurs, des éditeurs et des lecteurs. Certes cela demande un effort de sortir un par un les ouvrages des inventaires (mais il me semble qu'il faut de toute façon le faire avant de "pilonner"). Qu'il faut une délibération municipale, mais ce n'est tout de même pas la mer à boire pour nos élus.

J'invite ceux qui voudraient comprendre comment fonctionne l'édition à lire un article paru dans le Point intitulé le Grand cimetière des livres. Il faut savoir que le « désherbage » représente tous les trois mois l’équivalent du chargement d’un gros camion. D’autres voies sont pourtant possibles comme la Bouquinerie solidaire qui vient d’ouvrir à Paris.

C’est Bibliothèques Sans Frontières qui en a eu l’initiative. L'objectif est simple : revendre des livres ont fait l'objet de dons, et qui ne peuvent pas être utilisés dans le cadre de leurs projets. L'endroit est atypique : sous le toit du Comptoir Général, un espace à la lumière sourde accueille l'envie de rêver. Les livres attendent dans leur diversité, beaux, anciens, rares et sages. Ces objets ont vécu mais ils restent en excellent état et pourront encore apporter beaucoup de satisfaction. Les prix sont négociables. 

Enfin, samedi 1er décembre la médiathèque d'Antony organise à 10 heures 30 un café gourmand autour des livres sur le thème de la cuisine. Beaucoup d'ouvrages vous seront présentés et commentés. Et j'apporterai mon grain de sel personnel ... Celui ou celle qui devinera le jeu de mots que je viens de glisser gagnera un livre de cuisine. C'est promis !

Médiathèque du Plessis-Robinson (92) 2, rue André-Le Nôtre Tél. : 01.46.01.44.70
Courriel : bibliotheque@plessis-robinson.com
Site Internet : http://www.plessis-robinson.com Rubrique « Vivre au Plessis » – « Culture »
Portail de la médiathèque d'Antony ici, Elle est située à proximité de la station de RER Antony-Centre, au 20 rue Maurice Labrousse.
Librairie solidaire : le vendredi de 18h à 21h et le samedi et dimanche de 12h à 21h.
Le Comptoir Général, 80 Quai de Jemmapes, 75010 Paris
Métro Jacques Bonsergent (ligne 5) ou Goncourt (ligne 11)

vendredi 23 novembre 2012

Au pays des kangourous couronné par un Prix littéraire


Le Prix Littéraire Folire a été créé en 2011 d’un partenariat original entre le Centre Hospitalier de Thuir (Etablissement Public de Santé Mentale des Pyrénées-Orientales), la Caisse d’Epargne Languedoc-Roussillon et le Centre Méditerranéen de Littérature (CML).

Il a pour objectif de permettre aux personnes souffrant de troubles psychiques de couronner la qualité littéraire d’un récit ou d’un roman d’un jeune auteur francophone. Composé de 58 patients de l’établissement de santé, le jury avait la lourde tâche de départager les trois finalistes de l’édition 2012 :
  • Gilles Paris, Au pays des kangourous (Don Quichotte)
  • Julie de La Patellière, Notre nuit tombée (Denoël)
  • et Martin Belskis, Dans le square (Buchet Chastel). 
Réuni aujourd'hui le jury a réparti ses votes entre Gilles Paris, qui obtint 36 voix,  Julie de La Patellière 12 et Martin Belskis 10. Le Prix Folire 2012 a donc été attribué à Gilles Paris au premier tour du scrutin. Il y a des partis politiques qui ne sont pas capables de faire aussi bien !

Après Patrick Poivre d'Arvor en 2011, le parrainage de la manifestation sera assuré cette année par Bernard Pivot de l’Académie Goncourt. Cette annonce fut très appréciée parce qu'elle signe un encouragement pour les jurés-patients et une forme très nette de reconnaissance.

De son côté Gilles Paris a déclaré son émotion, en particulier parce que son livre a été choisi par des patients qui comme lui, connaissent la dépression, qui est aussi le sujet de son roman. Peut-être me trompais-je en relevant dans la chronique que j'avais écrite à propos du livre en janvier dernier cette phrase de l'auteur : La dépression est un miroir devant lequel personne n’a envie de s’arrêter.

Le roman abordait en tout cas cette maladie du point de vue d'un enfant et avec une bonne dose d'humour, sans concéder à la gravité du sujet, ce qui était une des qualités du livre. Sans connaitre les deux autres finalistes je me réjouis du couronnement de Gilles Paris.

L'an dernier le jury, qui se réunissait pour la première fois avait attribué le Prix Folire le vendredi 25 novembre 2011 à Alain Llense pour son premier roman  «Elle fut longue la route » (Ed. Talaïa).
Gilles Paris Au pays des kangourous Editions Don Quichotte 18€30, 256 pages

jeudi 22 novembre 2012

Visite éclair de Vaux-le-Vicomte

J'y étais venue pour le Palais du chocolat et de fait je n'ai pas vu grand chose du château. Je n'ai eu le temps cette fois ci que de faire le tour de l'édifice, de traverser quelques pièces d'apparat, de m'attarder dans les cuisines ( mais quelles cuisines ! ) et de jeter un bref coup d'oeil sur l'étendue des jardins.

Je vous avais promis de vous montrer ces photos dans un billet spécial puisque celui que j'avais consacré à la manifestation gourmande était déjà très long et chargé en photos.

Le château est impressionnant par sa taille, son étendue, l'ampleur des jardins. Cela saute aux yeux dès l'arrivée et il faut marcher un bon moment avant de monter les marches du corps principal. Rien d'étonnant à ce qu'il soit le plus grand domaine  privé de France et qu'il donna à Louis XIV l'idée de construire Versailles.
18 000 ouvriers ont travaillé d'arrache-pied pendant seulement 4 ans sur ce chantier pharaonique. L'objectif du propriétaire, le surintendant Nicolas Fouquet, était d'épater le jeune Louis XIV le 17 août 1661 sans imaginer un instant que la soirée allait se conclure sur deux drames.
Il faut songer à lever le nez de temps en temps pour admirer notamment les toitures. Le lanternon vient d'être refait et la visite du dôme permet d'observer les environs depuis un panorama exceptionnel après être passé sous les grandes charpentes.
Si l'architecture est signée Louis Le Vau c'est le peintre Louis le Brun qui eut la charge de la décoration.
Et c'est probablement le Sommeil qui orne le plafond de cette salle de jeux qui est sa plus belle oeuvre.

mercredi 21 novembre 2012

Le Cake de Léon à la farine d'épeautre et à la banane

J'espérais avoir trouvé un gâteau que les régimes pauvres en gluten pourraient consommer mais il ne me semble pas au final que la farine d'épeautre leur soit supportable.

Quoiqu'il en soit le résultat est très agréable et mérite que je vous donne la marche à suivre. C'est un gâteau qui convient très bien à un gouter de mercredi après-midi.
J'ai cassé 2 petits oeufs dans un premier saladier avec la surprise de voir deux jumeaux ... est-ce à dire qu'on peut considérer qu'au final j'ai mis plus de jaunes qu'il ne fallait ?

Tout ce que je peux dire c'est que le résultat fut satisfaisant. J'ai ajouté 125 grammes de beurre fondu, 2 cuillères à soupe de lait entier (mais ce n'est pas indispensable), 3 bananes bien mûres et écrasées à la fourchette.
Dans un autre saladier j'ai tamisé 280 grammes de farine d'épeautre, 1 cuillère à café de bicarbonate de soude, 90 grammes de sucre type vergeoise, 100 grammes de noix de pecan, 90 grammes de graines de pavot (j'ai eu la main lourde pour donner à ce cake un goût polonais que j'apprécie beaucoup), et un zeste de citron.

Si vous n'avez pas de râpe microplane (c'est bientôt Noël, il est encore temps d'ajouter cet instrument magique à votre liste.

Si vous avez lu mes compte-rendus du Salon du blog culinaire de Soissons vous savez que je ne saurais me passer de cet instrument) vous pourrez toujours employer un éplucheur en veillant à ne pas attaquer le blanc du fruit qui est amer.
Il ne manque qu'une pincée de sel, que je vais puiser dans celui que j'ai en permanence parfumé à la vanille. 
Ensuite on mélange les deux préparations. On verse dans un moule à cake beurré et on met à four chaud, th 6, pour 30 minutes.

On essaie de se retenir de se couper une tranche avant qu'il n'ait (au moins un peu) refroidi.
Pour le coup c'est tout à fait envisageable de le consommer avec un milk-shake à la banane (vous savez ... celui que je ne pouvais pas avaler avec la tartine de Katie) ou avec un fromage blanc enrichi de framboises (vous me direz que ce n'est plus de saison. Certes, mais mon fruitier liquidait 5 barquettes pour le prix d'une. Je n'allais pas rechigner).
Léon préconisait des noix de cajou, et ajoutait 2 cuillères à soupe de germe de blé. L'idée des noix de pecan et du sel parfumé sont des idées personnelles. Voilà d'ailleurs une bonne idée de cadeau -le sel parfumé maison- vraiment pas onéreux pour la fin de l'année. Rien ne vous empêche d'en prévoir une série.

Mais je cause, je cause, et j'oublie de vous dire qui est ce Léon. Vous trouverez la recette que j'ai exécutée page 185 de leur livre, sous le nom de Pain à la banane de Glasgow, en face d'une illustration dessinée par la soeur d'un des fondateurs, qui a croqué Henry le jour de l'ouverture du premier restaurant, en juillet 2004, sur Carnaby Street.

Le pari du restaurant était de prouver qu'on pouvait cuisiner pour une clientèle de fast food des recettes faciles et rapides avec des produits sains. Il y a bien entendu des tartines, très semblables à celle de Katie. Le concept fut une réussite puisque quelques mois après son ouverture, Leon recevait le prix du meilleur nouveau restaurant de Grande-Bretagne. Une dizaine de restaurants Leon existent aujourd'hui.

Le livre donne ses meilleurs recettes, avec abondance de croquis et de commentaires. c'est très anglais bien sur mais c'est une belle source d'inspiration pour varier les menus et surprendre ses invités avec des cocktails et des boissons qui apportent de la fantaisie.
Me reste à programmer un aller-retour pour Londres pendant les vacances de Noël pour goûter in situ les plats de Léon. 

Léon Fast-Food ... au naturel, de Henry Dimbleby et John Vincent, Hachette cuisine, 29,90 €, paru en septembre 2012

mardi 20 novembre 2012

Rencontre avec Lionel Massétat, directeur de l'Onde

Si vous voulez entamer le dialogue avec Lionel Massétat ne l’interrogez surtout pas à propos des attentes de « son » public. Il est le directeur de l’Onde depuis déjà huit ans mais ne s’estime pas propriétaire des lieux et encore moins des spectateurs.

A tout prendre il vaudra mieux parler avec lui de cuisine. Ne vous engagez pas dans un quizz sur les fromages avec lui, vous seriez sûr de perdre. C’est une de ses passions et on comprend au final pourquoi il y a chaque année un spectacle, un concert ou une exposition en lien direct avec ce domaine.

Ce fut Convivio, les sessions de In vino musica réunissant amateurs de vins et de jazz il y a deux ans autour de François Théberge. Cette année Cucinema transformera le plateau du théâtre en un excentrique restaurant trois soirs durant les 28, 29 et 30 novembre. Je ne manquerai pas ce spectacle.

Des choix qui ne sont pas forcément intentionnels mais qui s’inscrivent dans une forme de logique parce qu’en cuisine comme au théâtre on pratique l’éducation au goût et on développe l’esprit critique. Dans l’idéal un théâtre ne devrait-il pas être construit autour d’un restaurant ?

Le cirque n’est pas une priorité mais de très belles soirées ont été programmées, par exemple avec le Grand C, de la Compagnie XY que j'avais découverte en juin 2009 au festival Solstice.

Le théâtre de boulevard n’a pas vraiment sa place dans un établissement public, ce qui n’empêcha pas d’accueillir l’an dernier le Dindon de Feydeau, dans l’excellente mise en scène de Philippe Adrien, couronnée d’ailleurs par les Molières. Mais Lionel Massétat a davantage le souci de faire découvrir des spectacles moins médiatiques.

Depuis trois ans le conte devient un fil rouge artistique. A l’inverse de la cuisine, c’est un choix tout à fait intentionnel. De nombreux metteurs en scène et chorégraphes ont pris le parti de relire les contes, ouvrant le choix en terme de programmation. Après Cendrillon l'an dernier, ce seront la Reine des neiges en décembre, puis Peau d'âne en janvier, Alice au pays des merveilles en février et le Petit Poucet en mai.

L’idée de la Fête des Mômes est venue naturellement en association avec la Maison du conte de Chevilly-Larue. Concerts, siestes musicales et goûters contés sont au rendez-vous de la seconde édition, les 8 et 9 décembre prochains, avec certains moments accessibles dès l’âge de 18 mois. C’est la sortie familiale qui se trouve ainsi privilégiée. La fête se terminera le dimanche après-midi par un grand bal des familles sur la scène de l’Onde avec le Surnaturel Orchestra.

La manifestation avait créé la surprise l’an dernier en attirant 1200 spectateurs. Beaucoup découvraient l’Onde pour la première fois. Ce sera aussi l’occasion de découvrir la vision que Joël Pommerat a de Pinocchio au cours d’un spectacle (samedi à 18 heures) conseillé à partir de 8 ans. 

Ce metteur en scène reviendra les 21 et 22 février pour la Grande et fabuleuse histoire du commerce. Il y a toujours des grands noms de la variété qui sont accueillis. Après Alain Souchon les 22 et 23 novembre prochains ce sera la Grande Sophie le 12 février. De quoi consoler tous ceux qui n'auront pas eu de places à l'Olympia où elle se produit ces jours-ci. Le premier écrit, interprète, dans une sorte de dépouillement et de simplicité très rares et somme doute plutôt difficiles à atteindre. La seconde vient de sortir un dernier disque dont les arrangements sont très réussis.

Encore peu connu du grand public, Michel Fau est un immense comédien, qui évoque le célèbre duo Poiret-Serrault dans les émissions de Maritie et Gilbert Carpentier, sorte de théâtre de la réalité comme le fut Hold on la saison dernière. Il donnera son Récital emphatique le 9 avril.

D'autre surprises nous attendent, qui seront probablement à la hauteur de celles que nous avons connues avec la troupe Kolyada avec le Revizor et Hamlet. Ce sera une avant-première internationale avec Carte Blanche, une pièce du chorégraphe chinois Sang Jijia qui sera créée par la Compagnie nationale Norvégienne de danse contemporaine le 30 mai pour clôturer la saison.

Il y aura aussi Frères de Sang les 21, 22 et 23 mars, une nouvelle création de Dos à deux qui avait présenté Fragments du désir. C'est avec ce spectacle que j'ai découvert qu'il y avait en banlieue sud une salle de spectacle aussi belle. J'ai fait la connaissance du même coup avec le Micro-Onde dont je n'ai manqué aucune exposition depuis.

Plusieurs spectacles de Dos à deux vont tourner dans le cadre du Groupe des Vingt réunissant une vingtaine de salles en région parisienne. La Piscine de Chatenay-Malabry accueillera Frères de sang qui sera donné le 3 avril au théâtre Victor Hugo de Bagneux. Dos à deux, deuxième acte, directement inspiré de Beckett, sera accueilli par le théâtre Jean Arp le 18 janvier.

Le Théâtre de l’I.V.T. (International Visual Theatre de Paris 9ème) présentera Absence. Cette création d’Artur Ribeiro et d'André Curti sera interprétée par Luis Melo qui sera seul en scène pendant trois semaines du 16 janvier au 3 février 2013. C'est un véritable challenge pour ce comédien shakespearien ultra célèbre à Rio, mais parfaitement inconnu en France.

Avec Qui vive le magicien et comédien Thierry Collet promet de dévoiler quelques secrets. Le 6 avril à partir de 16 heures Thomas Joly mobilisera les spectateurs plus 8 heures durant pour tout nous dire sur Henri VI. Le festival Immersion achèvera d'emmener le spectateur sur des territoires inhabituels : un semi-remorque garé sur le parvis de l'Onde, une salle d'audience de tribunal, une école. Et si le duo Amadou & Mariam se produira "classiquement" sur la scène ce sera dans le noir complet, procurant une autre forme de dépaysement au public.

Etre spectateur de l'Onde ne sera pas de tout repos cette saison, et c'est tant mieux !

Pour tout savoir de la programmation de cette année, consultez le site de l'Onde. Attention, l'ouverture des réservations pour le second trimestre démarre le samedi 1er décembre à 10 heures, sur place uniquement. Les demandes par téléphone, courrier et internet ne seront traitées qu’à partir du mardi 4 décembre à partir de 13h. Les courageux feront donc la queue samedi entre 10 et 16 heures ou dimanche entre 10 et 13. Et je sais que vous serez nombreux.

lundi 19 novembre 2012

Cinquième édition du Salon du blog culinaire de Soissons les 17 et 18 novembre 2012 2ème partie

(suite et fin du billet commencé hier)

Claire Baron joua le rôle de la photographe officielle, ce qui n'est pas du tout sa spécialité de base. Après tout ce fut aussi sympathique de poser devant son photocall improvisé. Claire prenait les individuels ou les groupes, non pas devant un mur publicitaire mais tout de même un double rideau noir avec deux arbustes évoquant le logo de l'année. Nous repartions avec les clichés sans délai puisqu'elle a utilisé nos appareils. Astucieux ! 

Et telle est prise qui croyait prendre voici Claire en pleine action entre deux prises. Je vous raconte tout dans le désordre, les festivités comme ces petits moments d'intimité qui sont amusants à saisir.

La première journée avait démarré prestement, avec un panier d'ingrédients mystères qui attendait deux volontaires pour relever le défi de préparer un plat avec la contrainte de devoir plaire à des enfants en 20 minutes chrono. Cyril était déjà prêt et en l'absence d'autres candidats je me suis dit que c'était une bonne occasion d'étrenner le tablier rouge de cette année.

Logiquement nous aurions dû n'avoir que 10 minutes mais sans aucune préparation antérieure les 20 minutes attribuées sans qu'on ne réclame de rab ne furent pas de trop pour nous remettre de la surprise et choisir un ingrédient supplémentaire dans l'épicerie.
Si Mamina m'avait demandé quel est l'instrument de cuisine le plus essentiel pour moi (elle nous a donné la plus jolie réponse selon elle, de Philippe Conticini, la petite cuillère pour goûter) ce serait la râpe Microplane depuis que ma fille m'en a offert un exemplaire.
Alors quand j'ai vu l'objet sur la table je n'ai pas hésité à préparer en premier un petit sel aromatisé ... à la clémentine. Cela me donna le temps pour commencer à imaginer l'assiette que j'allais faire.

J'ai préféré réfléchir en terme d'assiette parce que c'était un critère de jugement et que lorsqu'on veut séduire des enfants il vaut mieux tenter le repas complet et équilibré en un plat.

Je ne savais pas cuire l'émincé d'Agneau Presto mais entendant qu'il ne fallait pas dépasser 2 minutes la contrainte m'a permis de trouver un mode de cuisson que je vais rééditer très souvent étant donné le succès qu'il a remporté. Il mérite bien un billet spécial que je mettrai en ligne dans quelques jours pour que la recette demeure facilement accessible.

Je peux tout de même dire ici que j'ai préparé un caramel avec du beurre et du sucre pendant que j'épluchais les trois pommes de terre. Je les ai râpées avec une autre Microplane que je n'avais pas l'habitude d'employer et zou un petit copeau de pouce est parti rejoindre les légumes.

Ce fut moins pratique de poursuivre avec un pansement ... Bien fait pour moi qui ai raillé les épreuves de Master Chef. La salle commençait à se remplir, la tension à monter. Je ne savais toujours pas vraiment où mes préparations me conduisaient. J'avais fendu les radis que j'avais mis à tremper dans l'eau froide, espérant les faire friser pour faire joli (c'est important pour les enfants) mais j'ignorais que cela ne marche qu'avec des radis longs.

Je m'amuserai plus tard à mettre un gros radis en parallèle avec un Babybel coque ouverte. Je savais que les pommes de terre demanderaient du temps pour devenir fondantes. Je les ai donc mises dans la poêle avec une pincée de raz-el-hanout (mon ingrédient supplémentaire) pour obtenir des pommes paillasson alors que je retirai celle où j'avais fait le caramel pour y faire cuire en aller-retour l'émincé au dernier moment. Le caramel présentera alors l'avantage d'harmoniser la cuisson en enrobant la viande qui pourra être servie rosée à coeur.

J'ai paré les tranches de pain de mie dont j'ai retiré les bords et les ai écrasé avec un rouleau à pâtisserie pour pouvoir les rouler ensuite, une fois que j'aurai tartiné de Kiri et posé un morceau de banane rôtie (pour faire fondre le fromage). Restait ensuite à couper en trois biseaux. Ce n'est pas le plus beau wrap que j'ai photographié ... mais c'était correct en terme de goût.

L'assiette prenait l'allure d'un repas complet avec crudité, viande, légumes, fromage et dessert. La touche finale consistait à saupoudrer l'agneau caramélisé avec une pincée de sel à la mandarine.
Au cours du week-end je suis passée plusieurs fois à coté de la table présentant la vaisselle officielle du Salon sans réaliser qu'elle était à disposition pour le dressage des plats. Ce n'est au moment de partir dimanche que j'ai compris que l'ardoise que j'avais mise en valeur la veille sur mon écharpe faisait partie du lot. Guy Degrenne avait bien fait les choses en proposant des assiettes et des coupes au design original. J'aurais pu faire mieux avec l'agneau même s'il n'y a rien à regretter puisque mon plat me permit de remporter un lot fort sympathique : une série de boites à épices. J'ai pu ramener le reste de mon sel spécial.

J'ai zappé le Foodcamp dont l'horaire mobilisait toute l'après-midi du samedi. Et j'ai loupé la démonstration de Pierrick. Gyosas et dorayakis resteront des mystères. J'étais à ce moment là à l'Abbaye Saint-Léger en train de cuisiner.

La fourme d'Ambert n'est pas un de mes fromages préférés, autant l'avouer. Mais à force de jeter un oeil aux démonstrations, et après avoir gouté ... les idées sont venues que je vais bientôt réaliser à la maison.

Pour être complète, sans viser l'exhaustivité, je devrais aussi relater les festins qui nous rassemblèrent le samedi midi autour des plats et des boissons amenés par chaque participant. On nous fournit des étiquettes pour coller sur les contenants. Quand on connait la personne on n'oublie pas que le farci poitevin a été cuisiné par Hélène, qu'Edda a apporté des antipasti, que le bonbon au chocolat a été imaginé par Létitia de Piment Oiseau qui s'est inspirée d'une recette de fudges en remplaçant les noix de pecan par des noix de cajou salées, que la tarte à la courge est celle de Pierrick ... Mais qui a fait ce sablé décoré au logo de l'année ? Je l'ai su ... Hélas, j'ai gouté le midi des choses délicieuses et je n'ai pas pu me souvenir du nom de leurs créateurs.

Je suggère donc que l'an prochain chacun prévoit des cartes avec le nom de leur plat, sous celui de leur blog. On prendra un de ces petits papiers en même temps que la portion et on pourra ensuite nouer le contact.
J'ai admiré la composition de Sigrid pour le vin d'Alsace associant la betterave rouge et blanche chioggia cru avec une purée de topinambour et de fines tagliatelles de panais cru, le tout arrosé d'huile d'olive et poivré. Si j'ai déjà mangé cette betterave crue je n'aurais pas songé à le faire avec le panais. J'ai découvert aussi le blog de Cuisine d'instit de Natacha. Et les magnifiques photos de celui d'Emilie.

Parce que c'est très agréable de pouvoir élargir le nombre de nos connaissances qui au départ ne sont que virtuelles. Me faire aborder comme madame Calissons (la recette que j'avais faite l'an dernier) par des visages inconnus m'a stupéfaite. J'ai regretté de n'en avoir pas amené.

J'avais préparé un plat de lasagnes car nous devions soit venir avec un plat sucré soit un salé, selon que notre nome figurait dans la première moitié ou la seconde de l'alphabet. La recette a plu et on me l'a demandée. J'ajoute donc en fin d'article la marche à suivre tout en précisant que cette fois j'ai intercalé des couches de riste d'aubergines, de lasagnes, de béchamel (maison), de pois gourmands et de carottes en longues lamelles préalablement blanchies, de viande hachée bio revenue avec des oignons émincés, des tomates confites (maison) et des cèpes dorés à la poêle. Un pecorino a remplacé l'emmenthal habituel.

Comparativement au déjeuner, le dîner fut plus simple et moins varié. Avec des alignements d'entrées, plats et desserts préparés par les élèves du lycée le Corbusier comme ces pana cotta très colorées.
Nous avons apprécié d'avoir plus d'espace que l'an dernier pour pouvoir dîner tous assis, et organiser de grandes tablées. Certains d'entre nous ne se voient que ce week-end là et même si cela dérange les nouveaux qui peuvent se sentir "à part" c'est quelque chose à conserver. Même s'il y a des progrès à faire pour les intégrer. En instaurant peut-être un système de parrainage ? Chacun a sans doute malgré tout élargi le cercle de ses connaissances.

Nina Couto a travaillé quatre jours, avec quatre élèves, pour assurer de magnifiques gâteaux célébrant le cinquième anniversaire. Et comme le travail était titanesque elle n'a même pas profité pleinement du Salon, étant mobilisée tout le samedi à la finition de celui qui reproduit le logo.
Elle anime des ateliers à longueur d'année et assure toutes les commandes spéciales. Et en plus, contrairement aux autres gâteaux de fête que j'ai pu admirer avant de les croquer les génoises de Nina sont réellement bonnes.
Il y eu aussi de la musique, des danses ... et même une chorégraphie spéciale en l'honneur de Damien sur une chanson de Stromae. Le Chef aurait bien aimé savoir qui a lancé l'idée. Je n'ai pas l'info mais peut-être faut-il chercher du côté de la Belgique, très représentée ici. La mère du chanteur d'Alors on danse est belge. Il manquait l'orchestre symphonique que Stromae convoque en concert mais ce fut un moment très sympa, abondamment facebooké et twitté.
 
J'ai été hébergée par le plus grand des hasards (enfin presque) dans la maison d'hôtes que j'avais découverte l'année dernière, et que j'ai partagée avec Ophélie, Clémence, Myriam, et quelques autres, mais pourquoi est-ce que je vous raconte tout çà ... comme dirait un des bloggeurs les plus fameux.
Pour finir, et bien qu'il y aurait encore des choses à dire, je pense que vous aurez compris que le Salon du Blog Culinaire est un évènement majeur dans le domaine. Que tous les organisateurs qui y travaillent à longueur d'année soient vivement remerciés ! Toute l’équipe de 750 grammes (Vincent, Anne-Charlotte, Florentine, Marie-Rose, Florent, Cécile, Agnès et ...Damien) et tous les partenaires.
Edition précédente du salon du blog culinaire, la journée du samedi 19 novembre 2011 c'est ici. Celle du dimanche 20 novembre c'est là
Sans oublier un billet sur une maison d'hôtes vraiment reposante.
Et pour lire les compte-rendus des autres bloggeurs participants, je vous conseille le site de 750 grammes à cette adresse récapitulative.
Blogs et recettes cités : Nina et son Atelier des gourmandises
Létitia et Piment Oiseau
La recette des fudges au chocolat de Beau à la louche
Pierrick A pas peur du Bento
Le farci poitevin d'Hélène, blog de Linou
Edda et son Déjeuner de soleil aux accents iatliens
Un plat de lasagnes, à adapter selon ses provisions
Sigrid et sa Douce cuisine dans les nuages
Natacha et Cuisine d'Instit
Emilie de Griottes

dimanche 18 novembre 2012

Cinquième édition du Salon du blog culinaire de Soissons les 17 et 18 novembre 2012 1ère partie

L'année dernière, sans doute parce que c'était ma première participation à la manifestation, je voulais rendre compte de l'essentiel et j'avais écrit trois billets (références en fin d'article).

Quelques autres ont suivi parce que nous revenons toujours avec des échantillons que l'on prend plaisir à tester à la maison ensuite.

De grandes affiches annonçaient le Salon dans le métro et je m'attendais à quelque chose d'encore plus impressionnant qu'en novembre 2011. Cette fois-ci je voulais pourtant tenter d'être plus concise. Mais au fur et à mesure que j'avançais dans la rédaction j'avais du mal à renoncer à telle ou telle photo, la citation d'un atelier qui était vraiment formidable ... et me voilà maintenant convaincue qu'il va falloir scinder en deux le billet soit disant synthétique.

Le soleil n'était pas au rendez-vous pour donner envie de faire des photos en extérieur, mais la pluie se fit très discrète et bonne humeur et convivialité ont permis de passer deux journées riches de rencontres et de découvertes.

Les Salons se suivent et ne se ressemblent pas, ce qui déroute un peu de prime abord. On s'habitue à l'apéritif en fanfare, au dîner de gala, à la séance photo type Cannes ... On a noué des liens avec les partenaires des éditions précédentes et on aimerait reprendre les discussions, éclaircir quelques points sur des difficultés d'emploi des produits ...

Il faut accepter le principe de la table rase, s'interdire surtout de regretter ou de comparer (ah !!!  le saumon et les fromages irlandais de l'an dernier !!!! l'atelier découpe du lapin !!! le sorbet framboises-huile d'olive !!!) et ouvrir des yeux neufs.
 
Les escargots de Bourgogne, très à l'aise dans leurs coquilles ont réussi à nous séduire. Leur arrivée était raccord avec la météo. Chef Damien avait préparé une série de beurres qui changeaient radicalement de l'ail persillé mais pour les servir malgré tout dans la traditionnelle coquille qui donne toute la noblesse à cet escargot de beau calibre. Il nous donna le secret de la réussite : associer moitié beurre-moitié chapelure et ajouter un peu d'acidité.

J'ai adoré le beurre de Montpellier pour lequel il a pris 2 bottes de cresson, en a coupé les queues, l'a ébouillanté une minute pour en extraire ensuite le jus, a ajouté du cerfeuil, du jus de citron, du poivre du moulin, des anchois pilé et ... une pointe d'alcool anisé. Il a mélangé le tout avec beurre et chapelure.

Pour la version bordelaise il a préparé une vraie sauce avec des oignons qu'il a fait très longuement suer dans l'huile d'olive avant d'ajouter de la chair à saucisse, du thym, du laurier de l'ail haché. Il a laissé longtemps réduire et, c'est l'exception de la règle, il a mixé un tiers de chapelure avec un tiers de beurre et un dernier tiers de sauce.

Cette recette lui a été inspirée par une façon locale de préparer non pas le Bourgogne, mais les Petits gris, dans une sauce tomate blindée d'ail et mijotant longuement avec de la chair à saucisse. On la sert à la louche comme au Maroc.

Plusieurs bloggeurs ont imaginé des recettes originales comme ce petit burger sur une prairie de roquette par Elise Labide de "Eat design".
Damien dit souvent copier les bloggeurs. Inversement il n'est pas avare de "bons trucs" nous expliquant combien il est facile de réparer une réserve d'ail confit. On laisse les gousses en chemise. On ajoute thym, laurier, on couvre d'huile et on porte à ébullition et on laisse refroidir. on répète l'opération 2 ou 3 fois avant de conserver au frigo un an ... si on ne consomme pas tout avant. Il vous reste quelques jours pour vous lancer car pleine saison de l'ail est quasi terminée (septembre-octobre dans l'idéal).

Nous avons terminé dimanche midi par une démo dynamique de Chef Damien, au top de sa forme après une soirée haute en couleurs (je vous promets les photos demain) pour marier le mollusque avec le légume du coin, le fameux haricot de Soissons. Aucune trace de la recette sur le programme, comme quoi Soissons c'est aussi être au bon endroit au bon moment.
Les échanges ont été passionnants, un peu difficiles à suivre quand même parce que les digressions s'enchainèrent à très grande vitesse. Ceux qui furent de la partie me corrigeront le cas échéant. Il vous faudra des haricots ... tant qu'à faire de Soissons, des escargots en boite que vous ne rincerez pas. Il suffira de les égoutter. On a retenu la leçon : le visqueux est vecteur de goût. A bien regarder la photo il me semble qu'il y eut aussi des petits lardons, des tomates confites et du piment d'Espelette (une pincée suffira).
Je me souviens avoir entendu qu'il ne fallait jamais de la vie poivrer avant la cuisson pour cause d'amertume. Que les fines herbes ne s'écrasent pas sinon on aura un plat qui sentira le jardin après le passage de la tondeuse à gazon. On cisèlera donc le cerfeuil ... avec ... une paire de ciseaux.
Je me souviens aussi de trois gouttes de vinaigre ajoutées à mi-cuisson. Le plat fut prêt en quelques minutes, le temps d'apprendre que le jour où on fera un Bourguignon on ajoutera un os, un vrai, au moment où on colorera la viande. Que si on a besoin d'un bouillon et qu'on n'en a pas sous la main on prendra de l'eau mais surtout pas un PAI (Produit Alimentaire intermédiaire).

Le temps aussi de constater la passion de Damien pour l'aspect scientifique de la cuisine. Son maitre pourrait être Heston Blumenthal, le chef anglais du Fat Duck, réputé comme un des meilleurs au monde. Il fut le pape de la cuisine moléculaire avant d'inventer le "foodpairing". Ce concept innovant consiste à faire des associations apparemment audacieuses entre des ingrédients qui ont des propriétés organoleptiques communes, par exemple framboises et petits pois, foie gras et chocolat ... ou escargot et haricot.
L'Abbaye Saint Léger, 2 rue de la Congrégation, près de la Mairie de Soissons, avait été investie pour s'ouvrir au public. Malgré des conditions un peu rustiques (pas de frigo dans les caves, pas d'eau courante dans les espaces de cuisine, un fond d'épicerie limité) tous les participants ont été enthousiastes des échanges qu'ils ont eus avec les visiteurs. Quel plaisir de s'entendre poser des questions de base dont on sentait que nos réponses allaient motiver à cuisiner, et le plus souvent en famille.
Public comme démonstrateurs ont été épatés par l'ampleur du dispositif, notamment les miroirs qui permettaient de faciliter le déroulé des recettes comme au Salon de l'agriculture.

Il était difficile de se partager entre l'Abbaye et le Corbusier. Chacun a essayé de concilier ses envies quitte à faire des coupes franches.
C'est ainsi que je n'ai assisté qu'à la première partie du montage de la terrine de Philou et de Mamina pour les Champagnes de Vignerons. Le Liégeois et la Berruyère étaient parfaitement accordés. Je serais volontiers restée écouter ce duo qui intercalait les tranches de légumes translucides et les conseils, avec des petites confidences humoristiques ou tendres mais j'avais une promesse à tenir.
Philou insistait sur la finesse du tranchage afin de réduire le temps de cuisson. Mamina sur la nécessité de toujours saler la vinaigrette. Elle suggérait aussi d'avoir la main légère pour aromatiser le jus d'orange tout en le portant à bonne température pour y pocher les légumes.
Le but ne peut pas être de camoufler le goût du radis green meat ou de la variété red meat alors il vaut mieux ne pas insister sur la citronnelle, le gingembre, la coriandre ou la cardamone verte ... évidemment ce ne sont que des alternatives, il ne s'agit pas de tout mettre. Un choix s'impose.
Cette recette est astucieuse parce qu'il n'est pas nécessaire de disposer d'un four. La terrine de légumes anciens à l'orange avec coquilles Saint-Jacques rôties et sweet vinaigrette était donc diablement tentante. La boisson à bulles devait l'accompagner à merveille. Mais, je vous l'ai dit plus haut, j'avais une promesse à tenir.

N'ayant pas de démonstration programmée cette année j'ai pu être disponible pour seconder Ophélie qui avait ajouté une seconde recette aux Cake pops au Philadelphia Milka en atelier participatif. Elle a donc fait avec un groupe des moelleux au chocolat pendant que je me lançais dans les cake pops en suivant ses indications. J'ai été ravie de ce temps de partage avec des enfants. Ces ateliers étaient une nouveauté qui avaient légitimement justifié l'affichage vu dans le métro.
Intervenir au débotté vous libère du stress de la préparation pour ne vivre que le plaisir de l'échange et j'en remercie Ophélie. Apprenant le soir que des démonstrations avaient du être annulées parce que certaines personnes s'étaient désistées au dernier moment j'ai même suggéré qu'une équipe de "remplaçants" soit constituée l'an prochain.
Ce qui est resté difficile, et qui n'a sans doute pas de solution, ce fut de parvenir à jongler entre le centre ville et le lycée hôtelier. On peut facilement perdre 2 heures dans les transports malgré les navettes, et du coup on loupe des ateliers ou des portions d'ateliers. 

Certains sont sans doute champions pour bâtir leur circuit. Je ne sais pas faire. Il me faudrait le programme à l'avance. Il figure incomplet sur le site du SBC, et dans une version illisible à l'impression. Cette année il y avait deux programmes, dont un ouvert au public. J'aurais du consacrer un quart d'heure à leur étude comparative au lieu de me lancer dans la découverte au petit bonheur ...
J'ai gouté le tartare de bar et d'escargots au chorizo de Claude sans avoir été présente au déroulé de sa recette. J'ai pu échanger quelques mots avec Sylvie puisque l'atelier pour lequel Ophélie m'avait cooptée avait lieu dans la même crypte.
J'ai traversé samedi au pas de course le marché gourmand,
... me promettant d'y revenir le lendemain ... promesse cette fois non tenue ...
J'ai vu dimanche le lancement de la "battle" des vins d'Alsace remportée par Clémence et Myriam. Guettez la parution sur leurs blogs pour savoir avec quelle recette elles ont gagné.

C'est après son départ que j'ai réalisé que Christophe Felder avait montré comment employer du Canderel. J'ai compris a posteriori pourquoi il y avait tant de monde samedi dans la salle du Pôle 1 en fin de matinée.

J'ai aperçu Philippe Conticini, véritable chef d'orchestre de la Pâtisserie des Rêves auquel j'ai consacré plusieurs très longs billets. Sachant que je vais avoir l'occasion de le revoir dans quelques jours j'ai laissé d'autres bloggeurs l'aborder et se faire photographier à ses cotés. Sait-il qu'il provoque des soupirs ?

Je n'ai tout de même pas tout fait au pas de courses et j'ai découvert des associations et des préparations nouvelles. J'ai eu envie de tester une fournée inventive de Moulinex et une préparation pour yaourtière de SEB. Et la Boite à Miam de Gastronomiz est tentante sur le principe du sachet surprise.

J'ai retrouvé le Cottage Cheese qui me régalait dans mon enfance. Il y a comme cela des produits qui passent un peu aux oubliettes parce que d'autres, plus modernes viennent bousculer nos habitudes alimentaires. Pourtant, le coté granuleux de ce fromage blanc s'accorde très bien avec des crudités lorsqu'il est travaillé en dip par Pascale.
Il donne une certaine onctuosité à des pancakes que bien entendu Pascale nous a servis avec un sirop d'érable. Il faudrait que je compare avec la recette au formage blanc que j'avais testée en avril. Ce qui est sûr c'est que ce type d'ingrédient est préférable au lait.
Le nouveau soda Obo ne sera peut-être pas présent à longueur d'année dans mon frigo mais je ne suis pas prête de l'oublier et j'ai déjà proposé à mes enfants de me donner leur avis.
La qualité des produits Repères de Leclerc n'a jamais cessé de me surprendre très positivement, et particulièrement le dimanche, parce que le mauvais temps ne donnait guère envie de "monter" jusqu'à la salle de restauration du lycée pour y déjeuner. On ne peut d'ailleurs pas se plaindre d'éprouver la faim. Personne ne se sentait brimé de rester dans le bâtiment principal, d'autant que chaque passage devant la table Repères était l'assurance de découvrir quelque chose de bon, voire de très bon : pain surprise, cookies, saumon fumé, et même chocolat ou marron glacé pour accompagner un café.

L'intérêt pour ces produits grandissait. La démonstration de Dorian a achevé de me convaincre (je suis certaine que celle de Pascale, qui proposa elle aussi un menu de Noël à moins de 7€ était du même intérêt mais je devais partir)
Son capuccino de marrons au foie gras fut illico plébiscité.
Alors qu'il préparait un rôti de saumon et sa purée de céleri croustillante il occupa les mains libres en confiant du travail à toutes les bonnes volontés. Je me suis retrouvée à finaliser les Pavlova poires chocolat.
Il nous a fait bosser tambour battant mais régalé tout autant.

Rendez-vous demain pour la suite des aventures blogistiques à Soissons ....
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Edition précédente du salon du blog culinaire, la journée du samedi 19 novembre 2011 c'est ici . Celle du dimanche 20 novembre c'est là
Pour lire les compte-rendus 2012 des autres bloggeurs participants, je vous conseille le site de 750 grammes à cette adresse récapitulative régulièrement mise à jour.
Mes articles sur la Pâtisserie des Rêves
Le site d'Elise Eat Design, peu fourni mais par des billets aussi artistiques qu'appétissants, et la marche à suivre pour le burger d'escargot dénichée sur 750 g
La terrine est détaillée sur le blog de Philou
Le site de Mamina, Et si c'était bon
Le blog d'Ophélie Philo aux fourneaux, et sa recette de Cake pops
Le site de Claude le Cuistot du 77   
Celui de Sophie, les Bonheurs gourmands
Celui de Clémence dont les Tentations culinaires sont très appétissantes et celui de Myriam, Chez Pupuce
Les pancakes moelleux au cottage cheese de Pascale sur son blog C'est moi qui l'ai fait
Le blog de Dorian Pourquoi je vous raconte çà ... S'il ne sait pas nous on a la réponse ...
Par contre je n'ai pas encore trouvé les autres recettes auxquelles je fais référence mais je les ajouterai au fur et à mesure.

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