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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

mardi 10 février 2009

Ceux qui aiment Jean-Michel ALBEROLA ont dû prendre le train

Soit pour aller voir une exposition intitulée La précision des terrains vagues (extension) au musée d'Art moderne de Saint-Etienne (entre le 11 octobre 2008 et le 25 janvier 2009), soit pour découvrir au Musée des Beaux-Arts de Nancy un nombre impressionnant d'œuvres de cet artiste contemporain dans le cadre d'une exposition temporaire jusqu'au 28 janvier 2009.

Comme vous pouvez le deviner, c'est à Nancy que je me suis rendue et même si l'exposition a refermé ses portes, elle était suffisamment extra-ordinaire pour que je décide d'en rendre malgré tout compte ici (après en avoir parlé en son temps sur le blog lorrain). D'abord parce que l'artiste est encore assez méconnu et parce qu'il me semble nécessaire de prolonger le travail des conservateurs. Ainsi la prochaine fois que vous lirez son nom vous serez davantage enclins à aller voir par vous-même.

Né à Saïda, en Algérie, père de famille, professeur à l'école des Beaux-arts de Paris, cet homme de 55 ans, a la réputation d'être très discret. Absent le jour du vernissage il ne donne pas d'interviews, mais ses œuvres parlent pour lui... Pour qui les regarde de près, les tableaux de celui qui se tait ne sont pas si énigmatiques qu'on veut bien le faire croire. Je vous invite à une petite visite très personnelle, à laquelle m'a entrainée Claire, jeune conférencière passionnée et passionnante.
Jean-Michel Alberola aime créer des objets, des néons, des murs peints et même des films. La peinture est malgré tout "la chose centrale de la vie" de cet artiste prolifique qui a tenu à assurer lui-même la scénographie de l'exposition. Rien ne doit donc être attribué à autre chose que sa volonté propre.
Le titre de la plupart des huiles sur toile commence par "Celui qui ... ou celle qui". Une désignation qui retentit comme une interrogation car enfin on se demande qui est qui dans cette affirmation. Ou bien c'est le regardeur (le visiteur, donc vous et moi). Ou bien c'est celui qui est la cause de tout (le maître, l'artiste, un Dieu).
Que d'écritures ! Petites phrases tortueuses. Phylactères. Mots fléchés. Chacun en fera sa propre lecture.
A n'en pas douter, Jean-Michel Alberola accorde énormément d'importance à ce que l'œil du visiteur parcourt toute la toile, et plusieurs fois. Regarder un de ses tableaux, c'est accepter de se laisser mener par le bout du nez. Confronter son intime conviction aux suggestions de l'artiste. Vous me suivez ? Ce petit tableau a été accroché exactement en face d'un autre (dont le titre est "Bonjour le mur"). On peut lire, comme en écho sur cette toile : Bonjour le mur d'en face !
Mais tout ne sera pas aussi simple à décrypter. On me dit que Jean-Michel Alberola reprend régulièrement ses toiles, en laissant apparaitre la couche précédente, quitte à ce que le profane juge à la va-vite que c'est mal peint. Il travaille aussi en série. Comme s'il était trop difficile, voire impossible, de donner à voir une seule œuvre qui serait la bonne. Par exemple sont accrochés côte à côte cinq " Roi de Rien" dans un ordre décidé par l'artiste : le Roi de rien I, puis II, puis IV, puis V, puis III. Le premier a été exécuté sur une période de 11 années entre 1993 et 2004. Il serait donc effectivement stupide de placer les tableaux selon un ordre strictement chronologique. La superposition des couches n'est qu'un signe de l'évolution de la vision de l'artiste. D'ailleurs rien ne dit que les tableaux ne soient vraiment achevés : rares sont ceux qui sont signés. Et quelle signature ! JMA fequit, formule latine qui signifie humblement "voici ce que Jean-Michel Alberola a fait".
Qui est alors ce Roi aux pieds nus ? David ? Les lorrains devinent le profil de Stanislas sur la première toile qui est aussi l'affiche de l'exposition. Ce ne peut être qu'un hasard significatif qu'on ne voit que ce qu'on cherche. Pour ma part j'ai remarqué 3 visages, 2 pieds et 1 main sur le II. Les corps se précisent de plus en plus jusqu'à 4 têtes et 4 paires de pieds sur la version V. Ma préférence s'attarde tout de même sur le dernier, le III (ci-dessus), peint en 2000-2002. La référence à Roy Liechtenstein est possible, à Andy Wahrol, évidemment, ou encore celle à Mark Rothko avec le IV .
Chaque tableau est toujours pour moi un fragment : je demande à ce que l’on ne considère jamais un tableau seul, ce qui compte, c’ est l’ ensemble de l’ histoire qui avance. Un tableau est comme un mot et pour faire la phrase, il faut beaucoup de mots ou de tableaux.
Celui qui cycliste nie les règles classiques de la réalité et de la perspective. Avec cette imploration écologique : "DONNE-MOI de l'air !" tracée comme sur un papier punaisé en incrustation dans le tableau.
Jean-Michel Alberola rejette, dit-on, le marché de l'art. C'est un des rares peintres français à être reconnus à l’étranger. Il a exposé à New York, Londres, Tokyo, Naples, Düsseldorf… et dans une des plus fameuses galeries parisiennes, celle de Daniel Templon. Mais disons au moins qu'il interroge le marché avec humour. Voici Le Prix à payer (2002). Chacun fera le rapprochement entre la couleur verte, l’argot des voyous où le mot oseille signifie argent, utilisé en France depuis le XVIe siècle pour symboliser la richesse. Parce qu'alors le sel était sujet à des impôts énormes, et qu'on n'avait rien trouvé de plus efficace que l’oseille pour relever le goût des plats, et surtout les soupes. Il fallut attendre la Révolution pour que le sel devienne une denrée de prix abordable. La symbolique est riche puisque seule l'oseille fraiche est consommable : elle devient vite toxique.
Ce qui m’a toujours fasciné est le jeu qui consiste à raconter une histoire à quelqu'un, qui va la répéter à son tour, etc. C’est cette perte relative de la phrase initiale, cette transformation qui fait que l’histoire du début va continuer à vivre en même temps et à mourir.
Le marché de l'art aussi est égratigné par l'artiste qui a peint un (petit) tableau (70x50 cm) intitulé Celui qui Gilles entre 1994 et 98 où il nous montre une tête masculine dans une fenêtre comme une guillotine, couronnée d'un bonnet d'âne. Ce pourrait-il qu'il ait cherché à se mettre lui-même en scène ?

Que penser alors de Celui qui s'autoportrait (2004-2008) où il se montre nounours débonnaire. Il suffit de se souvenir que l'ours est l'animal le plus dangereux au monde. C'est aussi la proie de riches chasseurs. Le plus célèbre est Théodore Roosevelt qui, parce qu'il a épargné une mère et son petit, est à l'origine de l'emploi de l'ourson comme doudou pour les enfants. L'univers du peintre baigne dans les couleurs douces et harmonieuses de l’enfance, celle du rose bonbon, jaune-citron, bleu ciel ou vert menthe à l’eau.
En terme de coup de griffe Jean-Michel Alberola est un maître. Car cet artiste adopte aussi un discours politique, peu choquant quand il évoque le nazisme avec la couleur jaune qui dégouline sur la tête de Celui qui stratège, plus sévère avec une suggestion cannibale avec les dents sur Celui qui Pablo (il fut reproché à Picasso de s'inspirer trop largement de ses amis sans citer ses sources) et à la limite de ce qui est admis avec par exemple Celui qui fait le Gilles (ci-dessous), où on murmure qu'il a représenté Mitterand travesti en Watteau... Il faudrait aussi s'arrêter sur le tableau intitulé l'Idée de François (2004-2005) avec la citation "la pauvreté est une idée neuve en Europe", allusion probable à la phrase de Saint-Just : "le bonheur est une idée neuve en Europe" et à cette autre affirmation qui aurait voulu qu'il n'y aurait plus de SDF en 2010 en France... Ce ne sont pas les références mythologiques, bibliques, voire politiques qui manquent. La peinture utilise aussi toutes les catégories du vocabulaire pictural -abstrait, figuratif, conceptuel, géométrique, gestuel, intégrant les références à Vélasquez, Tintoret, Picabia, Manet, Watteau comme en témoignent les photographies que j'ai été autorisée à faire.
Jean-Michel Alberola peut avoir recours à des formats originaux pour signifier un autre point de vue sur des personnages célèbres. Ainsi, Celui qui Lénine (2002-2003), et ces autres sur Errico Malatesta, l'anarchiste communiste italien.
Avec un peu d'attention on discerne deux mains, paumes ouvertes, devant un visage qui pourrait être celui d'un clown ... ou de l'ours de l'auto-portrait ... ou du peintre lui-même, impuissant face à l'Histoire.
Attardons-nous aussi sur ces installations, technique mixte, enfermées dans une boite, qu'il nomme "Protégée" en hommage à deux "éléphants" de l'art contemporain que sont Marcel Duchamp avec un morceau de couronne des Rois, à Salvador Dali avec un escargot emballé dans du papier doré (le peintre affirmait dans une publicité pour des chocolats : je suis fou du chocolat Lanvin, en prononçant "f" le "v" de la marque, ce qui lui rapporta une considérable somme d'argent).
Comment ne pas penser aux "vanités" qui renvoient à la mort ?
Depuis 1981, l’artiste s'est fait un nom dans la «figuration libre» (expression que l'on doit à Ben pour désigner une remise en cause des avant-gardes par des peintres italiens et français des années quatre-vingt) parmi les artistes dits «cultivés», comme Gérard Garouste, pour sa pratique de la citation. De tous les artistes d’aujourd’hui, il serait celui qui associe le plus étroitement peinture et écriture. Rien d'étonnant à ce qu'il expose aussi deux abécédaires, dont l'un est encore en cours de fabrication depuis 2004.

La question du pouvoir demeure centrale. Jean-Michel Alberola la répète sur une des pages (1991) de la vitrine centrale.
Et pour les nombreux lecteurs d'un des premiers portraits que j'ai rédigé sur le blog en l'occurrence celui de la créatrice du premier café-tricot ouvert dans l'est de la France, je terminerai par Celui qui bonnet de laine, que je leur laisse le soin d'interpréter...

Musée des Beaux-Arts de Nancy
3, place Stanislas -54000 Nancy

lundi 9 février 2009

Cours de cuisine chez Alain Cirelli, troisième recette

Après le Nougat, sucrine marinée et caramel de balsamique réalisé jeudi 5 février, puis le pot-au-feu de foie gras de canard à la citronnelle du 7 février nous allons terminer la série des recettes autour du foie gras par une papillote de foie aux petits légumes et au gingembre.
On peut dire que la matinée aura été productive. De quoi convaincre ceux qui douteraient de l'intérêt de suivre un cours de cuisine. C'est toujours Yannick, du cours de cuisine Alain Cirelli, qui est aux commandes. Il va nous apprendre le geste à faire pour trancher correctement les légumes en julienne.
On pousse en appuyant.On tire en levant la lame.
Le couteau glisse sur les phalanges pliées, de telle façon qu'on ne peut absolument pas risquer de se blesser.
Le truc à intégrer c'est qu'il est plus efficace de couper avec le talon du couteau qu'avec le bout. Et nous allons détailler en fins bâtonnets carottes,courgettes et même un morceau de gingembre (sans se donner le mal de l'éplucher au préalable). Ces légumes seront cuits à l'étouffée dans la papillote. Mais pour le poireau Yannick préfère le précuire dans un fond d'eau et de beurre avec sel et poivre.

En terme de papillote, Yannick a une méthode très fonctionnelle et facilement adaptable au nombre de convives. Il suggère de préparer des papillotes géantes, dont l'ouverture sera très spectaculaire lorsqu'on percera le papier d'aluminium, et qui seront plus faciles à servir que les papillotes classiques, en papier sulfurisé, parce que bien souvent les invités se retrouvent à mastiquer ledit papier.

Les légumes sont donc disposés dans un plat creux ovale en alternant les couleurs (le poireau précuit en dessous) et en ajoutant quelques bâtonnets de gingembre si on aime.
On escalope alors un lobe de foie gras (inutile de le déveiner) avec un couteau à lame étroite, pour frotter le moins possible sur la chair. La lame aura été trempée dans de l'eau bouillante pour faciliter la découpe. On essaiera de faire des morceaux de taille équivalente.
La cuisson s'effectuera dans une poêle très chaude, fumante. L'opération s'effectue fenêtres ouvertes et ventilation au maximum. On sale franchement les tranches et on prépare du papier absorbant pour déposer les morceaux après cuisson. On les fait dorer un à un d'un seul côté, 7 à 8 secondes. On retourne un bref instant pour vérifier si le degré de cuisson est suffisant. Il peut arriver qu'il faille les re-saissir quelques secondes de plus. On peut remettre la poêle à chauffer entre deux. Il se peut aussi qu'il faille essuyer le fond de la poêle au papier absorbant. Tout cela peut être fait d'avance (la veille par exemple, de manière à ce qu'il n'y ait plus que la cuisson finale à entreprendre). C'est un des points forts des conseils de Yannick : tout devient simple.
Ensuite on dépose une (ou plusieurs selon la taille du plat) escalopes sur les légumes.
On poivre et on sale et on commence à emballer le plat selon un process très rigoureux. il faudra prévoir beaucoup de papier. On plie, on replie, on ferme les pointes. Puis on suremballe. C'est-à-dire qu'on recommence.
On cuit 15 minutes au four, thermostat 7-8. On crève le papier d'un coup de couteau sur la table et les vapeurs parfumées s'échappent alors librement.

Chacun se sert dans son assiette en toute convivialité. En commençant à interroger Yannick sur le thème des futures leçons ...

A titre indicatif : si le foie gras en terrine est vendu environ 120 à 130 € le kilo, il s'achète 25 à 50€ le kilo frais. Il sera moins cher en été qu'en hiver, question d'offre et de demande. Mais en terme de goût il sera aussi bon à n'importe quelle saison. On peut l'acheter en été, le congeler (cru, c'est préférable) et le travailler en période de fêtes. Le foie d'oie est plus gros et un peu plus cher que celui de canard, parce que l'animal est plus long à gaver. Il est plus pâle, de parfum plus subtil, un peu plus difficile à trouver, mais c'est surtout une affaire de goût. Par contre éliminer un foie dont la qualité serait douteuse : présence de poches de sang attestant de coups. Un foie peu cher mais trop gras fondra dans la poêle et sera au final de mauvais rapport qualité/prix .

dimanche 8 février 2009

Diamants sur canapé

Le film de Blake Edwards est repassé il y a quelques jours à la télévision. Si j'en avais entendu parler je n'avais jamais eu l'occasion de voir ce classique dont j'apprends qu'un remake se prépare ... Ce serait Anne Hathaway qui reprendrait le rôle d’ Audrey Hepburn et cette perspective ne m'emballe pas.

Diamants sur Canapé, puisque tel est le titre français, n'a pas besoin d'une nouvelle version. Celle qui a été tournée en 1961 me convient parfaitement. Paramount se fourvoie en croyant avoir trouvé une perle rare pour interpréter le rôle de la mondaine new-yorkaise Holly Golightly !

Ce n'est pas que l'histoire soit sensationnelle. En résumé, une soit-disant croqueuse de diamants (qui fait également en toute candeur passer des messages entre un truand notoire emprisonné et son gang) cherche à épouser un homme riche alors que son voisin écrivain s'intéresse à elle. Lorsque la police interroge la jolie et naïve Holly (Audrey Hepburn), celle-ci n'aura aucun mal à prouver son innocence mais son futur époux, riche planteur brésilien, s'éloignera par peur du scandale. Si j'écris "soit-disant" croqueuse de diamants c'est parce qu'on s'aperçoit vite que la belle n'est pas si vénale qu'elle en a l'air et que le luxe est un pansement destiné à réparer de profondes blessures.

Ce qui est formidable c'est d'une part l'interprétation extrêmement personnelle et inimitable d'Audrey Hepburn. D'autre part le rendu d'un passé révolu qui en fait un film d'époque en quelque sorte. (Ah le papier peint aux grands motifs baroques noirs et blancs qui revient à la mode ...). Enfin la "relecture" du film montre que ce scénario a été le gisement de nombreuses jolies idées qui ont émaillé d'autres films ensuite. Un remake n'aurait donc aucun sens. Il n'y a aucun besoin à faire mieux. Bien au contraire. L'extrême lenteur de certains plans confère un charme, une innocence qui ne serait plus palpable avec un découpage en plans courts comme on a l'habitude aujourd'hui de procéder. Si c'est pour faire comme avec l'Affaire Thomas Crown, dont la version 1999 n'a plus rien à voir avec la version originale de 1967 avec les merveilleux Steve Mc Queen et Faye Dunaway autant ne rien tenter.

Ne perdons pas la nostalgie de la première scène devant la vitrine de Tiffany's, en long plan séquence, avec surimpression du générique, dont ces quelques photos restituent l'atmosphère.

Le chignon impeccable trahit mal une nuit qui a été blanche. Mais peut-être ne s'est-elle pas amusée du tout. Il faut l'avoir vue, la tête penchée de coté, scrutant la vitrine du joaillier comme s'il s'agissait d'une peinture du Louvre. La caméra passe de l'autre côté de la vitre (de même forme d'ailleurs qu'un tableau), filmant le profil de la comédienne qu'on jurerait être la petite soeur de Néfertiti. Son lourd collier de perles pèse sur son buste comme une parure égyptienne.

Elle grignote pensivement un croissant (français, comme ce devait être un produit haut de gamme il y a cinquante ans !) tiré d'un sac en papier (très américain lui ...). Elle s'éloigne à petits pas, entravée par le long fourreau noir, son écharpe de soie blanche soufflée par le vent. L'orchestration monte en puissance, un peu à l'instar d'Un jour mon prince viendra, la musique de Cendrillon.

On peut songer aussi à Pretty Woman, ou à Carla Bruni. C'est selon.
Pour ceux qui voudraient un aperçu du film voici la bande annonce, en anglais, I'm so sorry !

Tout y est. Le joli minois mutin sous la grande capeline, nous regardant par en-dessous des immenses lunettes de soleil. Le chat, qui n'a pas de nom, mais qui joue un rôle de premier plan et que, pour des raisons très personnelles j'aime beaucoup, parce que j'ai un chat qui lui ressemble comme un frère. A la toute fin du film, après l'avoir abandonné sous une pluie battante, elle se plaint que "personne n'appartient jamais à personne, qu'elle est comme ce chat. Une oubliée. Une anonyme". On lui répond avec colère qu' "appartenir à un autre être est la seule chance qu'on ait de connaitre un amour véritable. Qu'il est ridicule d'avoir peur d'être mis en cage. Parce que nos limites sont en nous. Que quel que soit l'endroit où l'on va c'est sur soi-même qu'on tourne."

Les dialogues sont savoureux même s'ils masquent les sentiments : Fred chéri chéri, je suis folle de joie de vous voir. Si vous étiez riche je vous épouserais pour votre argent à la minute. Et vous ? Moi aussi (dit-il avec sérieux) Alors on a de la veine d'être riche ni l'un ni l'autre !

La proposition du début de film : soyons amis et rien d'autre, est un peu un marché de dupes qui autorise malgré tout tous les gestes, (puisqu'ils ne sont "qu'amis") . Et quelques instants plus tard : j'ai une merveilleuse idée. nous allons passer toute la journée à faire ce qu'on n'a jamais fait, chacun son tour. A vous le premier, ensuite moi.

Qu'elle est jolie alors dans son manteau rouge et son chapeau cloche. Évidemment elle l'entraine chez Tiffany, bien sûr, où il n'a jamais mis les pieds ... je me fiche des bijoux ... Mais il me semble que rien de désagréable ne peut arriver là.

Je comprends ce sentiment, que j'ai déjà ressenti dans certains magasins parisiens haut de gamme où effectivement on rencontre dans le personnel "beaucoup de compréhension", ce qui dans le film se manifeste par la gravure d'initiales sur un anneau de fer-blanc gagné dans une pochette-surprise. Difficile en effet d'avoir davantage l'esprit commercial.

Il va lui faire découvrir une bibliothèque. Elle va l'entrainer au vol à l'étalage ... des masques de chien pour lui, de chat pour elle. (cela ne vous rappelle pas d'autres films ?) C'est l'escalade.

Il y a de la comédie là-dedans. Quand elle s'introduit chez son voisin par l'escalier de secours c'est un peu du Feydeau à l'américaine car pendant ce temps la rivale monte l'escalier. Plusieurs scènes de cet ordre se répètent.

Puis les années ont passé. On la voit tricoter une sorte de tunique rouge démesurée tout en tentant de se mettre en tête les verbes irréguliers portugais. Ce sera probablement très joli, lui dit-on poliment (comme le tricot du père Noël est une ordure ...). Je confonds les points de tricot avec les plans de José. Peut-être qu'à la fin je vais tricoter un ranch.

On comprend là l'état de confusion de ses pensées. Est-il bien raisonnable de partir à Rio ? L'arrestation par la police est cocasse et la déclaration ultime est mélodramatique. Mais il subsiste une jolie comédie dramatique au charme désuet. Et c'est déjà bien.

Photos © Paramount Pictures sur allocine

samedi 7 février 2009

Cours de cuisine chez Alain Cirelli, deuxième recette

Après le Nougat, sucrine marinée et caramel de balsamique réalisé jeudi 5 février, nous allons faire aujourd'hui la terrine classique puis un pot-au-feu de foie gras de canard à la citronnelle

C'est toujours Yannick, du cours de cuisine Alain Cirelli, qui est aux commandes.
La terrine se monte avec des lobes déveinés, salés et poivrés selon la méthode donnée avant-hier. Il faudra environ 5 lobes pour une belle terrine comme la nôtre (soit 2,5 kilos). On mettra le coté le plus joli du lobe en-dessous pour obtenir un bel aspect au démoulage. Ne pas craindre de faire dépasser. Cela va se tasser tout seul à la cuisson. La preuve en photo :
On posera simplement la terrine dans la lèche-frite avec de l'eau et on cuira au four, au bain-marie donc, 10 minutes à 150°. Sans craindre que le foie ne coule à l'extérieur. Mais j'avoue qu'il faut l'avoir vu pour oser le faire !
On laissera refroidir à l'air libre, sans retirer la terrine de la plaque, ni l'eau du bain-marie, parce que la graisse va s'y écouler tranquillement. Une toute petite partie est partie pendant la cuisson. Jugez plutôt :
On commencera à presser pour de bon le foie quelques minutes après la sortie du four, mais très progressivement, pendant deux heures. L'opération n'est pas très esthétique, ni très académique mais c'est le résultat qui compte ... il suffit de recouvrir une plaque de bois avec de l'alu, de la poser sur le dessus de la terrine et d'ajouter un poids. Cela peut commencer par une petite casserole vide, puis pleine d'eau, puis une plus grosse etc ...
A la fin on aura une terrine bien pleine, qui finira tranquillement de refroidir. On la dégustera 24 heures plus tard. Quand je dis "on" c'est une façon de parler parce que nous ne sommes pas revenus pour l'occasion. Mais nous avons eu de quoi régaler nos papilles avec ce qui suit....

Pour le pot-au-feu, il a fallu commencer la veille en préparant un bouillon de volaille assez corsé. Yannick recommande plutôt de prendre du bouillon en poudre plutôt qu'en tablette.On y aura fait infuser deux bâtons entiers de citronnelle fraiche (mais la citronelle séchée ferait aussi bien l'affaire). Le jour même on épluche 2 pommes de terre, 1 oignon et 2 navets (qu'on coupe en quartiers), 2 carottes (qui seront coupées en rondelles), 1 courgette (non épluchée et coupée en gros bâtons), 1 poireau (qui sera tranché en fuseaux). Ainsi chaque légume ou presque aura une découpe différente dans l'assiette.
Les pommes de terre sont mises les premières dans le bouillon froid (à cause de leur amidon), puis l'oignon, les poireaux, les navets, les carottes. De cette manière aucun légume ne sera trop cuit. Veiller à ne pas faire bouillir le "bouillon". Les courgettes ne seront mises qu'à la toute fin, après avoir terminé la cuisson des foies.

Alors que les légumes cuisent on prélève l'équivalent de trois quatre louches de bouillon qu'on va porter à ébullition dans une autre casserole pour y pocher le foie gras coupé en gros morceaux(un par personne) 5 bonnes minutes. On va procéder en surveillant la cuisson : si la lame d'un couteau plongée dans le foie en ressort froide c'est qu'il est trop tôt pour sortir le morceau.
On dresse dans une assiette creuse en disposant harmonieusement les légumes, en versant une louche de bouillon et en posant un morceau de foie poché. On peut ajouter un peu de soja cru, pour le croquant et la surprise, et glisser un bâton sec de citronnelle en guise de décoration. C'est tout simplement divin. Si nous ne l'avions pas fait nous-mêmes avec lui on croirait que Yannick est un magicien.


A titre indicatif : si le foie gras en terrine est vendu environ 120 à 130 € le kilo, il s'achète 25 à 50€ le kilo frais. Il sera moins cher en été qu'en hiver, question d'offre et de demande. Mais en terme de goût il sera aussi bon à n'importe quelle saison. On peut l'acheter en été, le congeler (cru, c'est préférable) et le travailler en période de fêtes. Le foie d'oie est plus gros et un peu plus cher que celui de canard, parce que l'animal est plus long à gaver. Il est plus pâle, de parfum plus subtil, un peu plus difficile à trouver, mais c'est surtout une affaire de goût. Par contre éliminer un foie dont la qualité serait douteuse : présence de poches de sang attestant de coups. Un foie peu cher mais trop gras fondra dans la poêle et sera au final de mauvais rapport qualité/prix .

Prochaine et dernière recette de la série : une papillote de foie aux petits légumes et au gingembre.

vendredi 6 février 2009

J'ai tant rêvé de toi

Sophie Wilhelm emprunté ce vers à Robert Desnos pour en faire le titre de son spectacle sur le thème de la rencontre. Avec l’intention de réciter sur scène ce poème que finalement elle ne dit pas. C’est une phrase qui résonne comme le refrain d’une chanson intérieure. Tout le monde n’est-il pas potentiellement amoureux, toujours ?

J'avais eu l'occasion de faire sa connaissance avec les abonnés de la Médiathèque d'Antony (92) où elle présentait son prochain spectacle en décembre dernier. Elle en avait donné ce soir-là quelques extraits prometteurs que j'avais retranscrits pour le blog.

Elle avait accepté de me revoir une dizaine de jours avant la première représentation, à la Maison du conte de Chevilly-Larue (94). Si elle éprouvait encore beaucoup d’interrogations mais elle se sentait suffisamment à l’aise pour accepter de livrer un peu d’elle, de son parcours, de ses rêves et de ses cauchemars.

Sophie Wilhelm adore les petits détails qui font les rencontres, qui sont toujours les mêmes et pourtant à chaque fois légèrement différents. Elle a procédé par collectage pour composer le texte de son spectacle. Toutes les histoires qu’elle raconte sur scène, des premiers flirts aux amours les plus folles, lui ont été inspirées par des confidences qui ont patiemment été consignées dans un carnet. Pendant notre entretien elle y notera quelques phrases… comme de petits trésors.

Il faut dire que Sophie adore les mots. A tel point que sa compagnie s’appelle Les mots du vent. Rien d’étonnant à ce qu’elle ait fini par s’installer au-dessus d’une rivière, sur une colline battue par les vents, au Sud de Saint-Mihiel, en Lorraine. Quand elle parle de la campagne on sent combien la nature lui est viscéralement essentielle : J’ai vécu quelques mois sans électricité. Cela donne le prix de la lumière qui brûle inutilement.

Est-ce pour cela qu’il y a sur scène un lampadaire qui joue quasiment le rôle d’un partenaire ?
Je m’étais pris les pieds dans le fil d’alimentation. L’abat-jour s’était brisé sous le choc mais je n’avais rien jeté. Je suis retombée dessus alors que je cherchais un objet au cours d’une répétition. Cette lampe a vite pris du sens. Je peux jouer avec, tordre sa tige, m’en servir comme d’un micro, y pianoter un rythme, l’allumer, l’éteindre, l’étreindre aussi.
Car Sophie Wilhelm joue sur scène avec sa voix et son corps. Elle est capable de nous emmener dans un train qui n’est pas qu’imaginaire. Elle ne parvient pas néanmoins à isoler le début du commencement de sa « carrière » de conteuse.
Le monde m’est toujours apparu comme une réserve d’images. Sur la plage, sur le podium d’une fête populaire, en classe de 6ème. Partout ! La vie n’a de sens que si on la raconte.
L’envie et le don n’auraient pas suffi. Née au bord de la frontière allemande, Sophie Wilhelm a passé son enfance près des mines de charbon. Elle a enchaîné le conservatoire d’art dramatique de Metz avec des expériences multi-artistiques à Strasbourg, un passage dans un centre culturel sarthois, les cours de mime de l’école Omnibus au Québec. Elle s'est positionnée à la première place du dernier grand prix des conteurs de Chevilly-Larue en 2000.

Après c’est le travail, le travail et encore le travail qui lui permet de devenir une conteuse qui va compter dans le cercle plutôt fermé des conteurs professionnels. Le public l’a beaucoup appréciée le 30 janvier dernier sur la scène de la Maison du Conte. Et je gage que le public meusien qui viendra l'écouter à Commercy le 27 février prochain (salle des Tilleuls) sera ému et qu'il rira aussi tout autant que nous.

Car ce qu’elle donne à voir est extrêmement abouti. Avec une remarquable économie de moyens elle campe une kyrielle de personnages que tout oppose. Sans effets sonores abusifs (comme cela semble malheureusement devenir la mode), avec un décor ultra-minimaliste et une délicate mise en lumières (signée par Sam Mary) elle réussit à nous transporter très loin. On prend le TGV, on surfe sur Internet, on va dans les cafés, on danse avec elle, on se noie dans les yeux du marchand de glaces et on l’approuve quand elle nous confie que le regard d’amour neuf est le plus beau de la rencontre.

J’ai tant rêvé de toi est un de ces « petits » spectacles qui font du bien et dont les directeurs de salle auraient tort de priver leur public. Qu’on se le dise !

Renseignements complémentaires : Compagnie Les mots du vent - http://lesmotsduvent.org/

jeudi 5 février 2009

Cours de cuisine chez Alain Cirelli, première recette

C'était une première pour moi. J'étais invitée à un cours de cuisine. Je ne connais pas l'ambiance qu'il y a généralement dans ce type d'endroit mais je peux vous garantir qu'avec Yannick Leclerc au piano ce n'est pas une fausse promesse de garantir "ambiance chaleureuse et conviviale". J'ajouterai "dans le calme absolu et la saine détente".Je suis sortie de cette matinée de travail avec le sentiment d'avoir passé quatre heures dans un lieu conçu pour la relaxation (tel que je me l'imagine, parce que je n'en aucune expérience de ce genre de chose). C'est Alain Cirelli qui a créé le concept d'Evènements culinaires avec son compère, proposant conseils, formation et service de chef à domicile.

Yannick a la charge des cours, dans la spacieuse cuisine du rez-de-chaussée du 24 rue Condorcet, dans le IX° arrondissement de Paris, tout près de la gare du Nord. La table est déjà mise avant l'arrivée des élèves, laissant présager que nous dégusterons ensemble nos réalisations. Le foie gras était le thème du jour et je peux vous dire que les idées fausses ont été balayées les unes après les autres.

D'abord on ne dénerve pas le foie. On retire les veines, donc on le déveine. Et pour ce faire il ne faut pas tirer dessus au risque de les faire éclater. Mais patiemment suivre le cheminement de la veine en appuyant avec son pouce dessus, sans avoir peur de lui faire du mal. Cette pression va faire fondre le foie suffisamment pour pouvoir retirer le réseau sanguin sans faire de dégâts même si apparemment nous avons transformé notre foie en charpie. Après avoir dissocié les deux lobes on a retiré les veines du plus petit lobe (à droite sur la photo) que l'on aperçoit en petit tas sur le haut à droite. A savoir : il y a toujours deux veines importantes par lobe.Yannick nous rassure : tout se reconstituera à la cuisson. Notre travail est impeccable et il ne serait pas possible de faire mieux.

Deuxième chose : le salage. Avec une proportion de 15 grammes de sel et de 5 grammes de poivre pour un kilo de foie. Ceci pour la base, qu'on peut améliorer avec des épices selon ses préférences. Et je peux vous dire qu'une telle quantité de sel, cela se voit comme de la neige sur une pelouse.
J'apprends au passage qu'on sale toujours une viande avant cuisson (pour favoriser la formation d'une très fine pellicule de croute qui va retenir les sucs) mais qu'on ne poivre qu'après. Sinon la viande prend de l'amertume.

Maintenant que les foies sont prêts, première recette Nougat, sucrine marinée et caramel de balsamique (je vous donnerai les autres recettes un autre jour ... le temps de vous faire saliver). C'est la façon la plus simple de préparer une ballotine qui ressemble, en terme de résultat gustatif, à un foie cuit en terrine.
On répartit sur le foie (déveiné et salé-poivré) des pignons, des raisins secs et des pistaches. (On remarque nettement sur la photo la différence de taille entre le lobe principal, sur la gauche, et le lobe secondaire, sur la droite). On aurait pu employer tout autre mélange pourvu qu'il soit composé de fruits secs.
Ensuite on forme une sorte de gros boudin que l'on roule sur du papier sulfurisé.
On transfère sur du papier d'aluminium et on tasse efficacement afin de ne pas laisser d'air. On torsade les bouts comme si c'était un bonbon géant.
On a pris soin de choisir une cocotte d'un diamètre suffisant pour que la ballotine puisse y cuire sans subir de déformation. On y fait bouillir de l'eau. Quand elle bout on glisse la ballotine et on retire la cocotte du feu. Aucune inquiétude à avoir : si un peu d'eau pénètre à l'intérieur il n'y aura aucun dommage. Quant à la cuisson elle va se faire à la chaleur de l'eau sans avoir besoin de plus d'énergie (c'est économique !). Après 6 minutes, on prend délicatement les deux extrémités du boudin que l'on sort de l'eau en faisant attention de ne pas le tordre. On le plonge tel quel dans une bassine d'eau glacée pour arrêter la cuisson pendant une demi-heure. Puis on l'abandonne 24 heures au réfrigérateur (sans avoir bien sur retiré le papier alu). Notre impatience nous a amenés à employer les grands moyens : 2 heures de congélateur ont permis de gagner du temps pour qu'on puisse le déguster au déjeuner.

Quelle que soit la nature du refroidissement il suffit ensuite de "déballer" le rouleau au moment de servir et de trancher avec un couteau trempé dans l'eau chaude pour faire une découpe bien nette. On peut conserver 2-3 jours au frais ce qui n'aurait pas été consommé la première fois.


Yannick nous a conseillé de le servir avec une salade très facile à préparer, la sucrine. Presque rien à éplucher. On la coupe en quatre. On dispose dans un plat.
On verse un filet d'une bonne huile d'olive sur les pointes et on arrose avec un caramel de vinaigre balsamique. On laisse mariner une heure ou deux après avoir salé et poivré. Elle sera juste croquante.
Le caramel balsamique est ultra-simple à faire lui aussi. On verse une demi-bouteille de ce vinaigre dans une casserole qu'on porte à ébullition (sans rien ajouter du tout). La cuisine embaume alors autant en préparer une bonne quantité. D'autant que cela se conserve 8 à 10 mois. Quoique ... c'est si bon que je l'utilise à tout bout de champ, pour parfumer, assaisonner et faire des dessins sur les assiettes de présentation. Yannick nous alerte sur le temps de cuisson. Parce qu'en refroidissant le liquide va épaissir. C'est en faisant qu'on apprendra, un peu comme la gelée ou la confiture. D'après lui, inutile d'acheter un vinaigre cher. Un premier prix assurera un résultat correct.
Et voilà ! J'avais réalisé la veille un confit d'oignon (non photographié) avec du beurre de cacao non désodorisé et du miel, que j'avais amené pour partager avec mes coéquipiers. Cette association sucrée-salée a composé une belle mise en bouche.

A titre indicatif : si le foie gras en terrine est vendu environ 120 à 130 € le kilo, il s'achète 25 à 50€ le kilo frais. Il sera moins cher en été qu'en hiver, question d'offre et de demande. Mais en terme de goût il sera aussi bon à n'importe quelle saison. On peut l'acheter en été, le congeler (cru, c'est préférable) et le travailler en période de fêtes. Le foie d'oie est plus gros et un peu plus cher que celui de canard, parce que l'animal est plus long à gaver. Il est plus pâle, de parfum plus subtil, un peu plus difficile à trouver, mais c'est surtout une affaire de goût. Par contre éliminer un foie dont la qualité serait douteuse : présence de poches de sang attestant de coups. Un foie peu cher mais trop gras fondra dans la poêle et sera au final de mauvais rapport qualité/prix .

Prochaines recettes : la terrine "classique", un pot-au-feu de foie gras à la citronnelle et une papillote de foie aux petits légumes et au gingembre
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mercredi 4 février 2009

L'avant-garde russe au Musée Maillol

Le promeneur de la rue de Grenelle ne se doute de rien mais le Musée Maillol est immense. De par sa superficie, plus de 3000 m² sur 27 salles, mais aussi de par l'originalité de celle qui fut son initiatrice, Dina Vierny.

C'était une grande dame qui est partie il y a une dizaine de jours sans que la grande presse n'ait rien remarqué, ce qui rend furieux à juste titre les fidèles du musée.

L'un d'entre eux a écrit sur le livre d'or combien il avait été touché par cette femme : vous avez changé notre regard sur l'art moderne.


Elle a rassemblé une énorme collection d'œuvres de Maillol, qui ne fut pas seulement le sculpteur qu'on connait, mais aussi un peintre délicat (cf le tableau ci-dessus). Ce fut son modèle pendant les dix dernières années de la vie de cet artiste. Elle posa aussi pour Bonnard, Dufy, Matisse. C'est lui qui lui conseille d'ouvrir une galerie d'art à Saint-Germain-des-Prés, qui sera très vite très prisée. Dina Vierny s'intéressait à toutes les formes de peinture moderne. Elle avait découvert l'existence du mouvement russe avant-gardiste à la fin des années 60.

Après la donation des sculptures de Maillol installées dans les jardins des Tuileries sous l'autorité d'André Malraux en 1964, et réimplantées depuis peu dans le jardin du Carrousel , Dina Vierny avait pris la décision de créer sa Fondation pour rendre publique toute l'oeuvre d'Aristide Maillol. La création du musée mobilisait ses forces depuis trente ans. Elle était aussi restée une collectionneuse avisée. Nous espérons que ce tout jeune musée (il a ouvert ses portes en 1995), qui est une fondation privée, ne changera pas et que le cap sera maintenu.

L'actuelle exposition temporaire est un des choix audacieux de la fondation : faire découvrir à un large public ce qui fut l'avant-garde russe. Je l'ai visitée en allant voir les tableaux de Séraphine Louis.

Les œuvres constituent l'essentiel d'une collection rassemblée par Georges Costakis. Chauffeur de l'ambassade de Grèce en Russie, cet homme s'est passionné pour cette extraordinaire période d'expérimentation des débuts du XX° siècle qui va rebondir ensuite avec la révolution russe pour s'éteindre sous les dogmes staliniens du réalisme soviétique. Si bien que lorsqu'il débute sa collection, en 1947, les œuvres d'avant-garde ne sont même plus exposées dans les musées et n'ont quasiment aucune valeur vénale. Jamais quelqu'un d'aussi modeste que Costakis n'aurait pu, dans d'autres conditions, et avec aussi peu d'agent, constituer un tel fonds.

Costakis en a donné la moitié à la Tretyakov Gallery de Moscou. La seconde moitié a été acquise par l'état grec en mars 2000 et est exposée au musée de Thessalonique.

Paysage et portails de Kislovodsk, huile sur toile de 1913, Moscou, Galerie Tretyakov
Contre-relief au pied de chaise, 1914-1915, de Vladimir Tatline (1885-1953)
bois, acier, fer-blanc, peinture et laque

Jusqu'au 2 mars 2009, Musée Maillol, 61 rue de Grenelle, 75007 Paris, tous les jours sauf mardi et jours fériés, de 11 à 18 heures, tel : 01 42 22 59 58 - site du musée: www. museemaillol.com

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