Publications prochaines :

La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

jeudi 21 octobre 2010

Corps de Fabienne Jacob

L’écriture de Fabienne Jacob est à la fois déroutante et familière, quasi familiale. Le livre s’ouvre sur un départ, se clôture sur une arrivée. Entre temps aura surgi une série de corps féminins dont l’histoire résonne avec sa généalogie, la sienne propre, ou celle de la narratrice. Avec, au milieu du roman, la traversée d’une figure paternelle au regard flottant et brûlant.

Monika, celle qui raconte, porte un « nom de fraise sauvage dans une clairière qui lui fait connaitre la Suède sans y être jamais allée ».

Monika, l’esthéticienne, a le regard d’une photographe quand elle scrute la peau des clientes de l’institut. Elle vit à la ville mais elle est restée campée sur ses assises paysannes. On pourrait penser parfois à Marie-Hélène Lafon.

Que le roman ait dérouté plus d’un lecteur professionnel de la chose écrite ne me surprend guère. Ce n’est pas un livre qui se laisse lire avec précipitation. Qu’il ait séduit le jury d’un Prix littéraire ne m’étonne pas davantage. Parce qu’il est singulier, assez cohérent avec l’image que l’auteur a des femmes.

Elle écrit (page 57) qu’elle préfère celles à qui il manque quelque chose, celles qui désirent à celles qui possèdent, celles qui continuent d’attendre qui continuent de palpiter.

Et puis au cas où le lecteur n’aurait pas « imprimé » -comme on dit aujourd’hui-, elle nous le ressert page 157 avec les mêmes mots. On pourrait lui retourner le compliment.

Les femmes sont belles quand elles sont dans leur vérité. Exactement dans la coïncidence de leur corps et des années. Là encore cela nous sera dit deux fois.

Fabienne Jacob ne s’est pas dépouillée de la grande matrice de l’enfance. Son modèle demeure Else, la grande sœur et sa supériorité qui l'autorise à croire qu'elle peut lui faire croire presque tout ... Elle tourne autour de la scène primitive et nous fait valser dans son tourbillon.

Le livre devient une chanson douce, avec ses couplets écrits comme des nouvelles (ce qu’elle avait excellé à faire dans son premier livre), autant de petits hymnes à des femmes qui ne seront jamais des héroïnes, et des petits refrains qui enfoncent le clou de ses convictions. Avec une poésie de l'extrême.

L’écriture bute sur la syntaxe, enjambe les premières parties de négation, s’affranchit des virgules, raconte par bribes, flirte avec le franc parler (Ludmilla ! Arrête le gloss, arrête les caleçons). Çà sonne. Çà tonne. Çà remue dans un monologue titubant, un déhanchement du texte, un swing. Et çà résonne à tue-tête comme la musique de Jacques Brel.

Oui les magazines sont remplis de corps de femmes qui n’existent pas. Oui elles veulent avoir le même. Au diable s’il faut pour cela avoir des seins morts. (page 34) Oui, les femmes en sont sans doute conscientes. Mais non, elles ne veulent pas qu’on leur montre autre chose. Les publicitaires qui ont osé photographier de vraies personnes sans faire les retouches habituelles n’ont pas vu les ventes progresser. Les femmes s’accrochent à leurs rêves. Voilà tout.

La photo de couverture montre d’ailleurs un dos assez exemplaire. En noir et blanc tout de même. Presque dans la position figée avant une radiographie. Le texte est couché sur un papier crème. Un livre d’automne …

Avant de le refermer mes yeux portent sur la dédicace : à mon père, où qu’il soit. La petite phrase fait intimement écho aux premiers mots du roman : Quand tout aura disparu, il restera cela. Pouvoir éteindre une lampe (…) Le pouvoir de faire disparaitre.
J'avais rencontré Françoise Jacob à Nancy, invitée pour la première fois au Livre sur la place. La mosellane était plutôt émue de retrouver la ville où elle avait fait ses études avant d'entreprendre de lointains voyages. L'échange qui avait été arbitré entre elle et Claire Castillon par Sarah Polacci pour Radio Bleue Lorraine avait été très intéressant. Leur vision du corps féminin était assez complémentaire.

Je publierai bientôt un portrait de Fabienne Jacob sur Lorraine de cœur. Dans cette attente écoutons là s'exprimer plus personnellement:


"Corps" de Fabienne Jacob
envoyé par editionslibella. - Regardez plus de courts métrages.

mercredi 20 octobre 2010

Be bad, la comédie de Miguel Arteta, elle est terrible !

Les cinéphiles ne vont pas admettre que je donne 4 étoiles à ce film et que je ne m'extasie pas devant les Amours imaginaires de Xavier Dolan. Disons que c'est une question d'ambition et de simplicité.

Il s’agit en résumé des aventures sentimentalo-rocambolesques inspirées de la série best-seller de C. D. Payne Youth in Revolt. On suit un adolescent amoureux lancé sur les traces de Sheeni, la fille de ses rêves rencontrée dans un camping, qui s'invente un double pour se donner le courage de la séduire. Ce garçon maladroit apprendra à se connaître en essayant de devenir un autre.

Nick Twisp (je ne suis pas spécialiste de sémantique américaine mais je flaire le jeu de mots dans ce patronyme) construit ce « double » pour répondre aussi bien à l’idéal masculin de Sheeni qu’à la projection qu’il se fait du séducteur idéal, qui pourrait être un jeune français des années soixante. Il lui donne le prénom de François, le nom du braqueur de banque Dillinger (interprété par Johnny Depp dans Public Enemies de Michael Mann), lui fait porter la moustache à la Patrick Dewaere, l’habille comme jacques Dutronc, lui met dans la poche le paquet de cigarettes de Serge Gainsbourg et lui fait prendre des airs de dandy qui aurait été un mauvais garçon dans une autre vie.

Bien entendu c’est le même acteur qui interprète les deux rôles. C’est un régal de voir Michael Cera passer de l’un à l’autre avec agilité. On avait déjà pu le voir en 2007 dans le rôle du petit ami d' Ellen Page dans Juno ou encore dans SuperGrave. Il tient également cette année le haut de l'affiche de la superproduction Scott Pilgrim vs. the World.

Sa partenaire, Portia Doubleday, joue une adolescence raide dingue des artistes français et de la culture française. Là encore c’est un régal (nombriliste je l’accorde) de l’entendre citer le cinéma de la nouvelle vague, et fredonner des airs familiers de notre propre adolescence (enfin je parle pour moi). On reconnait Bang bang de Sheila, dans la version originale de Dalida, et puis Brigitte Bardot dans une chanson qu’on ne se souvient même pas soi-même d’avoir entendu.

Cela nous change de la trop caricaturale image du gaulois en béret avec sa baguette sous le bras. C’est même plutôt flatteur de passer pour un peuple intellectuel, surtout dans un film qui est une vraie comédie. Je préfère les discrètes mais claires références à la vague Belmondo que les citations appuyées de Xavier Dolan. Les bons divertissements se font rares et quand on en trouve un on a envie d’applaudir.

Le film intègre de belles séquences animées qui apportent une fantaisie supplémentaire aux génériques et à quelques scènes de transitions.

On ressort de ce film attachant avec un regard plus tendre envers la jeunesse et les quatre cents coups qu’elle réinvente à chaque génération. On est prêt à lui pardonner toutes (presque) ses bêtises … peut-être moins à tendre les clés de sa voiture. Ceux qui sont allés voir le film comprendront !

Je suis allée voir le film dans une des rares salles qui le programmaient encore, loin de l’agitation élyséenne.

C'était le beau et confortable cinéma Jean-Vilar, 1 rue Paul-Signac, 94110 Arcueil - 01 41 24 25 50.

On devrait penser davantage aux équipements de la banlieue, souvent excellents et à des tarifs très compétitifs.

mardi 19 octobre 2010

L'Arc-en-ciel de l'humanité à la Maison des arts d'Antony (92)

Shigeko Hirakawa est une artiste japonaise vivant et travaillant en région parisienne depuis très longtemps. Elle a répondu à une commande de la ville d'Antony pour mettre en valeur les arbres du Parc Bourdeau où se trouve la Maison des Arts. Son œuvre la relie avec la nature et sa protection. Il faut savoir qu'au Japon on a très tôt eu conscience des risques de pollution en raison de la forte densité d'habitants au km² : 2000 si on ne considère que les plaines.

Cette artiste, peintre de formation, a désormais l'habitude des réalisations monumentales en extérieur même si c'est toujours une prise de risques supplémentaire parce qu'on y est menacé par la nature, météo et le vandalisme. La fixation de son Toboggan des dieux entre deux arbres est visible sur le net et représentative de son travail.


A Antony, Shigeko Hirakawa s'est livrée à une longue série de calculs pour que la structure soit en exacte proportion avec les deux arbres qui l'encadrent et la soutiennent, un tilleul argenté et un grand pin. Ces deux arbres imposent une verticalité d'une hauteur saisissante : 12 mètres de haut pour 2, 70 mètres d'emprise, ayant nécessité 200 m² de surface de tissu.

L'arc-en-ciel est le phénomène naturel de décomposition de la lumière vue à travers un rideau d'eau en suspension en haute atmosphère. Inversement il suffit de faire tourner un disque coloré de manière égale avec chacune de ces couleurs pour reconstituer visuellement la couleur blanche. Cette expérience est toujours frappante. Elle est souvent réalisée à l'école élémentaire pour la plus grande surprise des élèves qui remettent en cause l'idée reçue croyant que le blanc est une absence de couleur.
"Mon travail consiste principalement à transformer un espace pour lui donner un aspect singulier par des installations de grandes dimensions, sur le thème de l’appropriation de la nature par l’homme, ou de l’homme par la société. [...] Personne ne vit indépendamment de son environnement, et l’on est obligé d’appartenir à la société dans laquelle on vit."
De tout temps la civilisation a été fascinée par ce phénomène naturel. On peut lire dans la Bible qu'après le déluge Dieu s'est engagé auprès de Noé à ne plus détruire la terre. L'arc-en-ciel de l'humanité est une œuvre apaisée qui suppose qu'on peut avoir confiance en l'avenir. Elle ne cherche pas à reproduire avec exactitude un arc-en-ciel mais à en donner une représentation métaphorique, signe de l'engagement de l'humanité envers la planète.

En bas, c'est le vert qui prévaut, évoquant une prairie. En haut c'est le bleu, d'inspiration céleste.

D'immenses disques translucides sont posées sur la pelouse comme autant de gouttes d'eau symboliques.

La structure est conçue pour être visible depuis la rue par les 20 000 personnes qui transitent chaque jour par la gare RER. C'est néanmoins une installation éphémère qui ne s'attardera pas au-delà du 15 décembre.

Parc Bourdeau
Entrée face au RER, 20 rue Velpeau, 92160 Antony
tel 01 40 96 31 50

Ouvert du lundi au dimanche de 8 h à 19 h

lundi 18 octobre 2010

Pain blanc aux graines

Toujours heureuse d'avoir retrouvé le plaisir de faire mon pain c'est aujourd'hui un pain blanc aux graines que je vous propose :

On met dans l'ordre :
200 ml d'eau
100 ml de lait
15 grammes de beurre (inutile de le couper en petits morceaux)
2 cuillerées à soupe de sucre
1 cuillerée et demie à café de sel
500 grammes de farine spéciale pain (inutile de chercher loin pour cette recette : n'importe laquelle, mais de type 55, fait l'affaire et je n'ose toujours pas donner le prix : moins de 50 centimes le kilo !)
1 sachet de levure boulangère spéciale pains
programme pain normal

Au bip on ajoute 5 cuillères à soupe de graines, par exemple sésame, lin, courge, cacahuètes ...

Autres recettes de pain sur le blog en 2009 : le 3 avril (pain des écureuils gourmets et gourmands), 7 avril (banane, sirop d'érable et noix de pécan), 13 avril (garrimande, pain aux saveurs méditerranéennes), 15 avril (brioche),18 avril (pain de seigle aux noix), 20 avril (pain châtaigne et graines de lin), 22 avril (brioche du Diable rouge au chocolat blanc), 7 mai (pain au curry et graines de lin), 9 mai (pain au cumin et à l'oignon), 21 mai (pain à l'anis vert et au miel), 9 juin (pain à la feta et au basilic), 29 juillet (pain à la moutarde et au miel), 31 juillet (pain cévenol au cacao), 11 août (Brioche des Reines)

En 2010 : le 7 octobre pain de seigle aux dattes.

dimanche 17 octobre 2010

Convoi exceptionnel programme les Indépendances à Vélizy sur la Grande scène de l'Onde (78)

Convoi Exceptionnel est une association loi 1901 à but solidaire, humanitaire et culturel qui accompagne et soutient plusieurs équipes artistiques structurantes sur le continent africain (Maroc, Congo, Togo, Mali, Burkina Faso ...) grâce à des partenaires publics et privés. Son aide se manifeste par la mise en réseau de structures culturelles, françaises essentiellement. L’association développe ainsi des fonds documentaires, de l'accompagnement administratif, des formations techniques, du recyclage de matériel, des bourses de formation pour des artistes africains sur leur continent.

Convoi Exceptionnel est allé plus loin en initiant des actions artistiques rassemblant des artistes français et africains, sur la notion d'indépendance. Ce travail s’est concrétisé autour de trois pièces chorégraphiques, sous le titre Les Indépendances, qui ont été dansées au Potager du Roi de Versailles (78) dans le cadre de Plastique Danse Flore avant d’être présentées sur la scène de l’Onde à Vélizy (78). les 15 et 16 octobre 2010.

Il y a 50 ans cette année, la majeure partie des pays d’Afrique vers lesquels l’action de Convoi exceptionnel se développe ont vu leur destin se tourner vers l’indépendance de leur nation. Les diverses communautés ont appris à vivre cote à cote ici ou là. Si bien qu'aujourd’hui, cette histoire un peu oubliée, est rarement interrogée.

Le principe fondateur des Indépendances est de migrer du cote à cote vers un ensemble, en rassemblant des créateurs autour d’un projet fédérateur, artistique, esthétique, politique et de permettre à des structures culturelles de collaborer solidairement et artistiquement, autour de la notion d’indépendance. Le but était aussi d’offrir plus de lisibilité aux artistes africains soutenus par l’association.

Pari délicat mais réussi dès le vendredi 15 octobre devant un public très jeune, très attentif et dont la seule déception glanée dans les couloirs après le spectacle fut une impression de « trop court ».

La première chorégraphie est le fruit d’une rencontre entre Myriam Gourfink et Orchy Nzaba (Congo)

Myriam Gourfink créé depuis quelques années des chorégraphies où la lenteur se mêle avec un travail très précis sur la conscience du corps. Une pratique intense du yoga lui a permis d’acquérir une précision spectaculaire dans la bascule des appuis qui se déploie en ellipse centimètre par centimètre dans un continuum ralenti, au bord du déséquilibre. L’exercice est intense pour les danseuses et l’assistance fait l’expérience d’écouter le mouvement.
Orchy Nzaba est chorégraphe interprète et pédagogue, fondateur de la compagnie Li-Sangha, directeur des rencontres chorégraphiques internationales de Brazzaville Makinu Bantu, dont il est l’initiateur. Sa danse est souple et fluide, évoquant la remontée d’un fleuve.

La seconde chorégraphie est le résultat du travail entre David Bobee et Hafiz Dhaou (Tunisie)

Un moment fort autour de l’exclamation : je veux mon présent. Je l’ai perdu, qui se clôture sur une supplique : aimez-moi maintenant. Le texte a été écrit par Ronan Cheneau, complice habituel de David Bobee. Il est bien dans le sujet, au cœur de cette notion d’Indépendance qui représente pour chacun quelque chose de différent.

Avec la troisième, la compagnie Salia ni Seydou (Burkina Faso) nous offre un morceau de ce qu’elle fait depuis qu’elle a été repérée par Mathilde Monnier, directrice du Centre national chorégraphique de Montpellier

Les corps sont littéralement élastiques au service d’une danse à mi-chemin entre la tradition africaine et la modernité gestuelle.

C’est avec l’appui de Lionel Massétat et du Théâtre de l’Onde à Vélizy (et en association avec plusieurs structures de création, de diffusion ou de résidence dans les Yvelines et la Région) que le projet s’est concrétisé. Donner quelques jours de rencontres à des binômes artistiques, entre Europe et Afrique, un espace, un lieu, pour travailler, un peu de temps pour se rencontrer, et un moment pour partager.

Au final ce spectacle en forme de puzzles nous invite à réfléchir au bilan que nous pourrions faire, ensemble, de cette histoire partagée. Comment chacun vit avec ce passé, comme une richesse, un fardeau, une chance, ou pourquoi pas une épine dans le pied … Ces voyages inventés, comme des paysages rêvés, idéalisés, seront programmés au Théâtre de la Cité internationale, 17 boulevard Jourdan, 75014 Paris au premier trimestre 2011 (plus de renseignements dès que les dates m’auront été communiquées).

Photos Convoi exceptionnel, sauf mention A bride abattue pour la dernière.
on peut voir Salia Sanou et Seydou Boro sur l'avant-dernière.
La compagnie Li-Sangha à Brazzaville sur la précédente.

L’Onde - 8 bis av Louis Breguet- 78140 VELIZY VILLACOUBLAY www.londe.fr
Tél.: 01.34.58.03.35 Fax : 01.34.58.03.36 labilletterie@londe.fr

samedi 16 octobre 2010

Tiramisu aux fruits rouges

Ma fille n'aime pas le café. J'adore le tiramisu. Ce dessert aux fruits rouges devait concilier nos goûts. Vous adapterez les quantités à la taille de votre plat et à l'appétit de vos convives.

Les proportions sont de 200 grammes de biscuits à la cuiller parfumés à la framboise (Brossard)
250 grammes de mascarpone
2 œufs
3 cuillères à soupe de sucre en poudre
au moins 100 grammes de framboises
au moins 100 grammes d'un mélange de fruits rouges (j'ai pris des fruits congelés pour pouvoir adapter la quantité à mes besoins et ne rien laisser perdre)

On mélange les jaunes avec le sucre, avant d'incorporer le mascarpone puis les blancs en neige.

On couche des biscuits dans le fond du plat et on les arrose d'un coulis fait d'un mélange fruits rouges-eau-crème de cassis (ou de framboise, ou de mûres).

On dispose quelques framboises.

On recouvre d'une bonne épaisseur de crème.
Puis on recommence

On dispose sur le dessus quelques framboises et fruits rouges bien choisis.

On abandonne au frais au moins trois heures.

Verdict : excellent mais j'aurais préféré une version tout chocolat ... Ah ces enfants !

vendredi 15 octobre 2010

Rencontre avec François Robin, fromager chez Fauchon

(billet mis à jour le 28 octobre 2010)
La Semaine du Goût est désormais quasi annuelle. Se tournant vers les consommateurs de demain elle organise régulièrement depuis deux ans des actions d'information et de découverte de produits dans les universités. Intitulées Chef sur le campus, ces rencontres sont passionnantes. J'ai eu la chance de pouvoir ainsi assister à un atelier animé par François Robin, fromager chez Fauchon, venu spécialement dans le grand amphithéâtre de l'Institut géographique national, 191 rue Saint Jacques, Paris V° à l'invitation de l'association Geofood qui propose aux étudiants chaque mois un atelier du goût.

On commence par le B.A. BA, à savoir la définition officielle de ce qu'on a le droit d'appeler fromage en France, instituée par le Décret n°88-1206 du 30 décembre 1988.
La dénomination "fromage" est réservée au produit fermenté ou non, affiné ou non, obtenu à partir des matières d'origine exclusivement laitière suivantes : lait, lait partiellement ou totalement écrémé, crème, matière grasse, babeurre, utilisées seules ou en mélange et coagulées en tout ou en partie avant égouttage ou après élimination partielle de la partie aqueuse. La teneur minimale en matière sèche du produit ainsi défini doit être de 23 grammes pour 100 grammes de fromage.
Lundi dernier François Robin était lui-même sur le grill des examinateurs chargés de sélectionner les candidats au prestigieux titre de MOF, entendez Meilleur Ouvrier de France. Le 28 octobre j'apprenais qu'il figurait parmi les neuf finalistes.
Cet après-midi ce sont nous qui sommes soumis à l'interrogatoire : tout ce qu'il a disposé devant lui appartient-il bien à cette catégorie ? On flaire le piège. Difficile néanmoins de loin de trouver l'intrus : ce râpé qui est en réalité un "produit spécial cuisson" vendu à prix gagnant (donc très bas) si j'en crois ce qui est écrit sur l'emballage. La liste des ingrédients fait frémir car le pourcentage de fromage est dérisoire.

Il est rassurant de savoir que la dénomination de fromage est bien encadrée dans notre pays et qu'on ne peut pas vendre n'importe quoi sous ce nom. Pas plus qu'on ne pourrait y ajouter du gluten par exemple. La seule recommandation est de bien lire les étiquettes.

Il nous annonce ensuite qu'il va fabriquer un fromage sous nos yeux. En ajoutant "simplement" un jus de citron dans du lait bouillant. Il aurait pu prendre du chardon ou des feuilles de figuier. Une recette garantie avec tous les laits frais ou pasteurisés (pas le lait stérilisé).

Une fois égoutté à travers une étamine et après avoir bien pressé le résultat a l'apparence d'un chou-fleur mais c'est bien un fromage, tout à fait consommable avec tomates et oignons pour relever le goût.

Il existe au Mexique un dessert très populaire qui est proche de cette méthode. On mélange 10 gouttes de présure pendant une minute dans un litre de lait cru de vache. On verse sans un saladier et on enfourne 1 heure à 40 degrés. Puis on découpe en formant un gros quadrillage. On transvase alors dans une casserole et on laisse reposer sous un mélange de 140 grammes de sucre roux en poudre, une cuillerée à café de cannelle et une pointe de vanille en poudre. Au bout de 10 minutes on fait chauffer à feu doux 2 heures, jusqu'à réduction quasi complète du lactosérum et formation d'un sirop. Ce sont les chongos zamoranos (p. 146 des très intéressantes Variations inventives autour des fromages au lait cru de Véronique Chapacou chez Tana Editions en septembre 2009)

François Robin soumet l'assistance à un travail de reconnaissance des 7 familles, des origines géographiques, des noms. Les étudiants ont de solides connaissances mais on apprend tous de nouvelles choses, comme l'absence de pâtes filées dans les gammes françaises à l'instar de la mozarella ou la spécialité suisse en matière de pâtes pressées cuites. La notoriété du camembert remonte à 1914. Un fabricant étiqueta sa production le Patriote et l'envoya nourrir les soldats sur le front. Le camembert est devenu alors le plus populaire des fromages jusqu'à la caricature.

Il nous rappela aussi que la saison du chèvre s'étend de février à octobre et qu'on fait les fromages de brebis de décembre à juin.
Il démystifie des modes de consommation en nous faisant bénéficier de son savoir-faire. Prenez par exemple un carré quelconque (c'est lui qui le dit) du Val de Meuse. Coupez le en carré réguliers. Surmontez d'une cuillerée à café d'une compotée de mirabelles (ou de tout autre confit de votre choix). Pulvérisez du gin et servez au bout d'une pique. L'astuce de François Robin est de se fournir en flacon sans propulseur acheté chez les grossistes fournissant les coiffeurs (nombreux dans le quartier de la gare de l'Est).

Autre présentation possible avec des carrés de fromage blanc qui ont macéré quelques heures dans une infusion à froid de jus de betterave enrichi de badiane. Surprenant ...
Le meilleur était à venir. Un Beaufort Chalet d'alpage a remporté unanimement tous les suffrages. Un goût de beurre frais, des arômes de muscade, un fondant exceptionnel pour un fromage de grand cru. Avec un croquant qui fait penser à des grains de sel. Ces minuscules étoiles blanches visibles sur la tranche de section du fromage sont des cristaux de tyrosine. Ils attestent de la protéolyse lors de la maturation. Elle intervient dans la synthèse de la mélanine, le pigment naturel de la peau et des cheveux et des hormones thyroïdiennes. Je crois honnêtement n'avoir jamais dégusté de fromage aussi aromatique.

Beaucoup de questions lui furent posés. Il avait réponse à toutes, rappelant qu'entre le Salers et le Cantal les différences essentielles concernent la période et le lieu de fabrication. Le Salers est fait uniquement pendant la période de mise à l’herbe des vaches, c'est-à-dire entre le 15 avril et le 15 novembre, obligatoirement à la ferme, deux fois par jour après chaque traite. L’affinage dure au minimum 3 mois, et peut se prolonger jusqu’à 1 an selon le goût recherché.

Une nouvelle dégustation attendait les participants à la sortie de l'amphithéâtre dans le hall de l'Institut. L'étoile du Vercors avait amené ses spécialités au lait cru. Et quelles spécialités ! Deux vaches, le Saint-Félicien fondant (l'Étoile est le seul à l'enrichir de crème fraiche) et le Saint Marcellin, deux chèvres, le Rocamadour et le Picodon furent appréciés unanimement.






Le banon eut un peu moins de succès, probablement parce que la température de la pièce avait favorisé une explosion de saveurs boisées un peu (trop) corsées. Ce fromage devra être regouté dans un contexte plus favorable.

Autres recettes aussi originales qu'appétissantes dans le livre de Véronique Chapacou Variations inventives autour des fromages au lait cru chez Tana Editions en septembre 2009.

Recettes et explications détaillées sur les fromages de
l'étoile du Vercors sur le site dédié.

La visite du nouveau site du Goût s'impose également. Il y a des nouveaux articles tous les jours.

Renseignements sur le
Master Alimentation, cultures alimentaires auprès des enseignants de l'Institut, Gilles Fumey ou Vincent Moriniaux au 01 44 32 14 36

Association Geofood, 191 rue Saint Jacques, 75005 Paris

jeudi 14 octobre 2010

Strates et discontinuités au Micro Onde de Vélizy (78)

Les artistes admirent la beauté du paysage et le représentent en peinture depuis la Renaissance. Le Centre d'Art contemporain de l'Onde a choisi d'exposer des œuvres d’artistes qui lui portent un intérêt qui est loin d'être contemplatif. Chacun à leur manière ils s’intéressent à la formation et à la composition des paysages et nous font découvrir que l’art n’est pas étranger à la géologie et aux sciences de la nature.

Pour apprécier cette exposition il faut savoir que le relief de la Terre n’est pas immuable, même s'il met parfois plusieurs milliers d’années à évoluer. Ces changements sont provoqués par des grands mouvements de plaques. C’est comme cela que les montagnes se forment. Vue en coupe, l’écorce terrestre ressemble à un gigantesque mille-feuille. Elle est composée de couches de roches superposées (les strates) séparées par de fins espaces de vide (les discontinuités). D'où le titre de l'exposition Strates et discontinuités.

Elodie Huet est peut-être celle qui traduit le concept de manière la plus explicite avec ce Flyers Wall qui s'élève à la perpendiculaire du plus haut mur du centre culturel. Parmi les milliers de cartons d'invitation et de tracts d'exposition qui composent ce fragile empilement certains proviennent d'expositions qui se sont déroulées à l'Onde.

La jeune femme a réussi à composer une pièce extrêmement belle, autant soumise au risque que le sable d'une dune en plein vent. Elle était très inquiète que les visiteurs ne tendent la main vers les tracts, malgré l'absence d'un panonceau "servez-vous".







Une barrière de corde a, depuis, été installée pour éviter toute bousculade destructrice.

Le catalogue de ses expositions témoigne d'un bel humour. Elle aime les collages de couleurs vives et les accumulations qu'elle considère avec dérision, baptisant l'une de ses œuvres : it's peanut sculpture ...
Betty Bui a réalisé l'image d'un pays utopique sans identification et sans lieu qu'elle a appelé l'Utopays, représenté par des courbes de niveau qui se révèle par intermittence sur un miroir sans tain. Le paysage perd sa caractéristique physique pour devenir un espace de projection mentale. L'image devient vite hypnotique dès que la Rue traversante est éteinte. L'Utopays occupe également un drapeau hissé sur un des mats devant l'Onde alors que traditionnellement il y en a trois, celui de Vélizy, celui de la France et celui de l'Europe. Il est tentant de faire un parallèle avec l'exposition que présente actuellement le Centre culturel Vuitton Qui es-tu Peter ? Les points communs sont nombreux autour de ce concept de territoire de la pensée.
Simon Boudvin nous rappelle que pour construire quelque part il faut creuser ailleurs. Il a posé des néons sur le sol de carrières d'extraction du calcaire et pris un cliché qu'il a insolé plusieurs fois. Il a ensuite retourné l'image de Concave 04, ce qui n'apparait pas au premier regard.

Les règles (la mesure du lieu) se compose de trente thermomètres fixés sur trois immenses règles (non photographiés ici) qui mesurent non pas une distance mais une température, en temps réel, avec ses variations, mêmes infimes, révélant des irrégularités non perceptibles. Il suffit de s'approcher pour le vérifier. Nicolas Boulard est un artiste déroutant qui bouleverse une fois de plus les règles avec le Clos Mobile. L’artiste a créé un vignoble ambulant dans une remorque qu’il déplace au gré de ses projets, le faisant échapper de toute évidence à toute appellation géographique.
Gérard Singer a poursuivi ses recherches grâce à l'outil informatique qu'il célèbre à l'intérieur de ses œuvres : on distingue une disquette en bas à gauche de l'Envers des Aiguilles. C'est un arpenteur chevronné qui cherche à traduire les paysages en trois dimensions. Les Desseins de nature (ci-dessous) sculptés dans le polystyrène, rehaussés d'encre, en sont une expression évidente.
Vincent Ganivet est capable de faire des roues ou des igloos avec des parpaings. Il les met en tension sur des cales pour composer des Stairsteps de dimension monumentale déjouant la pesanteur comme un enfant empilerait des briques de Duplo. C'est un artiste modeste qui s'étonne d'être comparé aux bâtisseurs de cathédrales : "Je suis touché. J'avais pas pensé soulever tout çà." La formule est amusante. Comme l'est sa démarche quand il joue aux dominos avec ces mêmes parpaings, ce que faisait autrefois les publicitaires pour la Collective du sucre avec des morceaux de sucre. Il applique le même principe à des voitures en stationnement qu'il superpose en carambolage géant.

Il est aussi peintre et vidéaste.

Je n'ai pas commenté l'œuvre de Betty Bui mais je vous invite à visiter son site qui est particulièrement artistique : http://www.bettybui.com/

Samon Takahashi présente des points de vues sur le paysage témoignant de la domination et de la maitrise de l'homme sur le paysage.

Paul-Armand Guette ajoute de la poésie aux sciences de la nature. Il a interprété avec la Compagnie Naomad un texte qu'il a écrit en 1959, Variations géologiques le samedi 2 octobre au cours d'une performance unique combinant lecture, chorégraphie et musique, qui a été très appréciée. Sophie Auger, qui est par ailleurs commissaire de l'exposition, a prêté sa voix à ces jeux de langage avec beaucoup de talent. Surtout quand il s'est agit de lire un texte privé de ses voyelles.

Exposition Strates et discontinuités
Micro Onde – centre d’art contemporain de l’Onde
8 bis, avenue Louis Bréguet 78140 Vélizy-Villacoublay Tél : 01 34 58 19 92
jusqu'au 11 décembre 2010 du mardi au vendredi de 13h à 19h - le samedi de 10h à 16h
et les dimanches de spectacle de 15h à 16h

mercredi 13 octobre 2010

Coings confits inspirés par Yves Camdeborde

Yves Camdeborde est partout, surtout visible à la télévision, où il co-anime une émission censée pêcher le chef de demain. A se demander si trop d'émissions culinaires ne vont pas écœurer le quidam néophyte.

Seul il n'aurait pas eu le temps de finaliser un livre qu'il aurait été dommage de laisser dans le placard. C'est Isabelle Dreyfus qui a pris le cabas, fait les courses, repéré les produits avantageux, discuté le bout de gras pour apporter au cuisinier de quoi imaginer de vraies recettes de chef réalisables à moins de 10 euros pour nourrir une tablée de 4 personnes, entrée plat et dessert.

Le chef a relevé le défi avec le même état d'esprit que celui qui présidait ses choix quand il officiait à la Régalade, 49 avenue jean Moulin, au bout du XIV° arrondissement.

On ne trouvera pas de lapin, désormais inabordable. Il y aura pas mal d'abats et de morceaux moins nobles que la cote de bœuf, mais pas moins gouteux. Par exemple la joue de boeuf. Une cuisine mi-gastro, mi-bistrot. Beaucoup de plats à laisser mijoter longtemps ou à cuire au four et je préconise alors de doubler les proportions pour économiser du temps de réalisation et de l'énergie.
Les dépenses d'épicerie et d'énergie n'ont pas été comptabilisées par les auteurs.

Je n'ai pas cherché à vérifier leurs additions. On sait bien que l'on ne paie pas la même somme selon l'endroit où on habite, selon les commerces où on s'approvisionne, et l'heure de ses courses (les prix baissent en fin de marché).

J'ai plutôt cherché à débusquer des idées qui me permettraient d'élargir la palette de mes habitudes alimentaires. C'est ainsi que je me suis surprise à avoir envie de coings rôtis, un fruit de saison en plus.

Yves Camdeborde les propose en dessert. Je les préfère en accompagnement d'un magret de canard. Chacun ses goûts, n'est-ce pas !

C'est en copiant la recette pour vous que je m'aperçois d'une erreur d'interprétation. J'avais estimé que faire cuire l'équivalent de 3 coings dans 25 cl de jus d'orange était mission impossible et j'avais limité mes ambitions à un seul fruit.

Je constate que le texte commence par "versez 75 cl d'eau, le jus d'orange et le sucre dans une casserole. Ajoutez les épices (etc) "... sauf que ces 75 cl d'eau ne figurant pas dans la liste des ingrédients (page 74) je ne les avais pas remarqués à première lecture. Vous ferez comme bon vous semblera mais le pochage dans du jus d'orange pur y fut peut-être pour quelque chose dans l'excellence du plat.

Donc on amène à ébullition 75 cl d'eau, 25 cl de jus d'orange, 150 grammes de sucre, 1 bâton de cannelle, 3 étoiles de badiane, 2 clous de girofle et 1 gousse de vanille (je prends la vanille Lord Vanilla). puis on baisse le feu et on fait cuire à feu doux pendant 10 minutes.

Le temps d'éplucher 3 coings et d'en retirez les pépins. Ne vous étonnez pas si les fruits sont durs comme du bois. c'est normal et c'est pour cela qu'on ne les consomme jamais crus.

On plonge alors les coings coupés en deux dans le sirop une trentaine de minutes. Puis on égoutte et on les coupe en grosses tranches alors que le sirop réduit un quart d'heure.

Dans une poêle, on fera caraméliser les fruits dans 60 grammes de beurre avant de saupoudrer de 3 cuillerées à soupe de sucre et de finir en déglaçant avec le sirop réduit.

Aussi bon chaud que froid avec le sirop.

40 menus de chef à 10 euros pour 4 personnes par Yves Camdeborde et Isabelle Dreyfus, photographies de Denys Clément, chez Tana editions, 2010 ... un livre à 10 euros, comme de bien entendu ...

mardi 12 octobre 2010

Christophe Fiat en performance au Centre culturel Vuitton

Moins d'une semaine après le vernissage de l'exposition Qui es-tu Peter ? je suis revenue rue Bassano pour assister à la performance de Christophe Fiat, conçue spécialement pour l'occasion.

L'envie de regarder par la fenêtre pour guetter une apparition était trop tentante ... Cette composition a été imaginée par Laurent Pernot en écho à cette phrase tirée du livre de James Matthew Barrie : tandis que Madame Darling rêvait, la fenêtre s'ouvrit à la volée et un petit garçon atterrit sur le sol.

Le réglage de la "balance" était un peu délicat, ce qui donnait le temps de regarder une nouvelle fois quelques unes des œuvres présentées dans l'exposition, et que je n'avais pas montrées dans le premier billet consacré à cette exposition.
Comme Penser l'utopie, une installation de papier, céramique et porcelaine de Marina De Caro, argentine de Buenos Aires, qui se répand sur le sol et sur les murs.

Un tube d'aluminium compose le Scribble où se cache Michel François comme dans le gribouillis de l'esprit de Wendy se cache Peter Pan. Cette écriture sculpte l'espace entier de la rotonde.
Melonie Foster Hennessy, photographe américaine, utilise une technique faire de miroirs, de réverbérations et de projections permettant une suspension en trois dimensions.

On voit le visage séraphin de Peter traverser le temps en soixante images tandis que Wendy vieillit jusqu'à explorer en poussières d'étoiles.

Nicolas Julliard emploie la vidéo pour révéler le Pelomorphe, sorte de peluche chimérique anthropomorphe que l'artiste fait grandir depuis 2004 .

Le Fool's Rock de l'artiste allemand Lothar Hempel est sans concession pour le monde de l'enfance dont il nous rappelle qu'il n'est pas un espace candide.

Le Passe Apache de Virginie Yassef, sorte pépite d'or agrandie à l'échelle d'une porte en résine bois et métal, signifie le passage du connu à l'inconnu. Il suffit de faire glisser l'objet pour pénétrer dans l'univers de Mélonie Foster Hennessy.










Campé devant la porte dorée, Christophe Fiat, est prêt à livrer sa version peterpanesque, ponctuée de sésame pour nous faire entrevoir cette histoire sous un autre angle.

Il interroge à multiples reprises pourquoi les femmes rêvent-elles de Peter Pan ? Et pourquoi les enfants ? Question à laquelle sa propre fille répond dans un éclat de rire : et les papas ?
Christophe Fiat est philosophe de formation. Il a étudié le matérialisme chez Sade, la violence chez Georges Bataille, a enseigné pendant plusieurs années la philosophie en lycée et à l’Université de Franche-Comté. Il a animé jusqu’en 2001, la revue pop et littéraire The Incredible Justine’s Adventures où il a publié de courts textes sous forme de poèmes ou de réflexions qui annonçaient certains de ces livres comme Ritournelle une antithéorie (2002) Épopée, une aventure de Batman (2004) ou Héroïnes (2005). Il dirige aujourd’hui la revue de littérature Mission Impossible avec Vincent Menu. Il mène actuellement une recherche sur l'univers du compositeur Richard Wagner.Selon Christophe Fiat, seule la narration épique peut nous permettre de comprendre la situation de l’homme contemporain. Inspiré par la poésie sonore et la danse contemporaine, ses pièces s’imposent très vite sous forme de performances qui mêlent le texte (par le biais de la lecture à haute voix) et la musique (par le biais de la guitare électrique qu’il utilise comme une sculpture sonore).
Le public, assis sur le sol réfléchissant les Araignées, Singes et Esprits de Janaina Tschäpe, a perçu sa vision esthétique du conte. Ceux qui n'ont pas pu venir l'entendront probablement prochainement sur le site du Centre culturel quand la captation aura été mise en ligne.

Ses aller-retours incessants entre le texte et l'analyse psychanalytique (ou philosophique) qu'il fait m'ont donné envie de me plonger dans le texte original. Et je rêve d'une version franco-anglaise à l'instar de la superbe édition d'Alice au pays des merveilles réalisée par les Éditions de l'Oxalide.

On repart après s'être assuré que le ciel de Paris demeure calme. Même si le Jolly Roger, cette bannière noire à tête de mort de Grégoire Bourdeil flotte toujours au-dessus de l'immeuble Vuitton, signifiant que les pirates ont infiltré notre monde, économique, administratif, religieux ... comment l'oublier ?

L'exposition reste ouverte au public jusqu'au 9 janvier 2011, à deux pas du Carrefour de l'Étoile.

Programmez-en la visite pour oublier les tracas des transports parisiens !

Espace culturel Louis Vuitton, 60 rue de Bassano, 75008 Paris, 01 53 57 52 03
du lundi au samedi de 12 à 19 heures, dimanche et jours fériés de 11 à 19 heures

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