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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

mardi 18 octobre 2011

Amour et vieillesse dans la Maison de Chateaubriand (92)

Marc Jeancourt est directeur du théâtre Firmin Gémier-La Piscine, également pôle national du cirque. Mais il est aussi acteur. Il avait repris le costume pour jouer il y a deux ans le « petit rôle » d’Etienne dans la Puce à l’oreille, mis en scène par Paul Golub (qui très prochainement signera Dans le vif). Petit, fort drôle, et essentiel car personne n’est inutile dans le monde du spectacle. Marc l’avait fait avec tout le sérieux nécessaire, se laissant pousser de longues moustaches pour l'occasion.

Cette fois le changement est apparemment moins spectaculaire. Il a rallongé ses « pattes » et ébouriffé gentiment ses cheveux. Mais lorsqu’on le découvre, marmonnant et classant des papiers dans la bibliothèque de Chateaubriand, celle-là même où l’écrivain travaillait dans sa vaste maison de la Vallée-aux-Loups on ne peut qu’être frappé par la ressemblance.

Le spectacle, que j'avais annoncé fin septembre, se voulait sous l’angle du romantisme, mais l’homme est si près du bord de la détresse que je l’ai trouvé plus pathétique que romantique.

Les textes ont été découverts par Sainte-Beuve après la mort de l’écrivain. Il les a publiés en 1862 sous le titre de Confession délirante, ce qui explique que la Maison de Chateaubriand (qui appartient au Conseil général des Hauts-de-Seine) ait annoncé la soirée comme révélant des confessions clandestines.

Rédigées à des époques différentes, elles concernent des femmes réelles, comme Juliette Récamier, la belle des belles, ou fantasmées mais toutes témoignent d’un refus d’aimer, doublé d’une jalousie morbide, et présentent du coup, une image un peu dissonante du grand homme qui fut aussi un diplomate.

Certes, on me dira qu’il ne faut pas réagir au premier degré, et que ces textes sont sublimement écrits. Il n‘empêche qu’en tant que femme on peut avoir envie d’entendre autre chose et souhaiter qu’un modèle plus positif soit montré à titre d’exemple.

Puissiez –vous messieurs ne pas hurler à vos amoureuses qu’elles sont des objets charmants, que vous les adorez mais que vous ne les acceptez pas.

Si vous les repoussez tout en les menaçant de ne pas leur pardonner d’être heureuses ailleurs, ne comptez pas sur moi pour compatir à votre supplice, à votre désespoir, à votre confusion incroyable et à vos rêves pesants. La solitude me semble être la seule issue vivable et je vous laisse vous complaire dans le supplice que vous organisez vous-même.La première partie se déroule dans la bibliothèque où le public investit aussi la coursive, histoire de prendre de la hauteur sur le personnage.

Il tourne en rond, déchire des lettres, où il fut probablement question de sentiments, sans doute non partagés, soupire … et lâche qu’il y a dans une femme une émanation de fleur et d’amour … montrant un Chateaubriand vieillissant, en pantoufles et robe de chambre, s’abreuvant d’une camomille.
Les spectateurs ont ensuite été invités à rejoindre le Grand Salon, dont les murs sont tendus d'une toile indienne Braquenié, inspirée des décors rapportés par les grandes expéditions du XVIII°.

Une chanteuse y incarna toutes les femmes qui ont traversé sa vie. L’écrivain avait rajeuni. Elle chantait de cette voix qui, dit-il, le rend fou et lui fait mal.

On sait que Chateaubriand adorait l’opéra. C’est Mayuko Yasuda qui a interprété pour « lui », et pour nous, plusieurs œuvres de sa magnifique voix de soprano :
L’air de Gilda de Rigoletto de Giuseppe Verdi,
Une mélodie de Francis Poulenc, Chemin de l’amour,
L’air d’Ophélie, dit encore Scène de la folie du Hamlet de Ambroise Thomas,
La Barcarolle de Jacques Offenbach.

Elle se meurt elle-même de désespoir. Il la repousse tout en priant le ciel de faire un miracle en lui rendant jeunesse et beauté sans y croire un instant. Il s’interrompt pour noter ses (bons) mots. Elle traverse la pièce comme un petit nuage, revient dans une ultime tentative, et s’enfuit puisqu’elle est cette fleur charmante qu’il ne veut point cueillir.
Tout est dit. Elle est partie par l'escalier à double branche évoquant l'attachement de René à la Bretagne. Ses talons claquent sur le plancher du premier étage. Elle peut toujours chanter la Barcarolle, la belle nuit, la nuit d’amour ne verra pas le jour.

La mise en scène transforme les monologues en un quasi dialogue et se trouver à portée de main des comédiens renforce l’émotion. Le pari est de ce point de vue totalement réussi et il est regrettable que le spectacle ne soit programmé que deux fois seulement.

La chanteuse comme le comédien ont beaucoup travaillé. Ils ont du déployer de gros efforts pour s’adapter au lieu et pour rendre l’aventure vraisemblable et crédible. L’environnement lui-même racontait une histoire très forte et contrairement à ce que le public pourrait penser il est plus difficile de jouer dans la maison de Chateaubriand que dans un théâtre.Les spectateurs avaient d'ailleurs envie de s'attarder et d'admirer (par exemple la salle à manger ou le buisson aux oiseaux) ... Ils auront le loisir de revenir aux heures légales de visite. Quant à moi je ne serais pas étonnée de retrouver ce spectacle prochainement sur une scène. Dans cette attente vous pouvez visionner ce petit extrait publié sur le site du Conseil général.

Amour et vieillesse, Mardi 18 et jeudi 20 octobre à 20h45
87, rue Chateaubriand, 92290 Châtenay-Malabry, Téléphone : 01 55 52 13 00
Mise en scène: Lionel Parlier
Avec Marc Jeancourt et Mayuko Yasuda, Piano : Emmanuel Christien
Coiffure/maquillage : Arno Ventura

lundi 17 octobre 2011

Journée du Patrimoine au Plaza (suite)

Je vous propose de revenir au Plaza. Vous vous souvenez peut-être que j'y ai passé une demi-journée dans le cadre de la célébration du patrimoine vivant que cet établissement avait décidé de mettre en avant pour la première fois cette année. C'était il y a quelques jours, mercredi 12 octobre. Dans le premier billet je relatais mes rencontres avec un concierge, le fleuriste, le fruitier, un cuisinier et le directeur du bar.Aujourd'hui ce seront le chef pâtissier, un sommelier, un maitre d'hôtel et ceux qui ont la charge de l'entretien de ce patrimoine.
Un exemplaire de chaque assiette est ici représenté. Beaucoup de vaisselle japonaise (un sujet dont j'ai récemment parlé sur le blog) pour servir les premiers plats, qui déclinent plusieurs modes de dégustations du cèpe. Au centre de la table se trouve la poêle Le Buyer où crépitent quelques petites choses afin de solliciter aussi bien la vue que l'odorat et l'ouïe. Les fourchettes en forme de baguette sont en titane pour picorer directement ce qui vient de cuire.

On peut être surpris d'apprendre que la présence de couverts à poisson n'est pas systématique sur la table triplement étoilée d'Alain Ducasse. Quand cet aliment est servi ultra frais sa texture est si ferme qu'il est préférable d'employer un couteau dit à viande, en l'occurrence un couteau Hervé Rivolin désigné exprès pour le Plaza. Il faut en effet se rappeler que les couverts à poissons ont été inventés au début du XX° siècle pour consommer des plats où la chair avait été très cuite, et qui donc s'effilochait.Le maitre d'hôtel prend soin de demander avant même d'apporter la carte si le client a un interdit alimentaire ou une intolérance quelconque. A l'intérieur de ce papier de boucher se cachent des toasts qui sont servis en début de service en tenant compte de ces réponses. On grignote ensuite "le lard et le maigre" avec une coupe de champagne tout en choisissant son menu. Le lard provient d'un cochon d'Auvergne tandis que le maigre est le nom d'un poisson qui ressemble au bar et qui est juste mariné, servi avec un pain frotté au beurre demi-sel.On devine au centre de la photo les deux beurriers employés pour servir cet ingrédient à table. le rond, en marbre blanc, est dévolu au beurre doux, le rectangulaire et vitré contient du beurre salé. Un peu plus haut une tablette d'argent contient du chocolat que l'on casse avec le couteau habituellement utilisé pour le parmesan.

Juste à coté, le ramasse-miettes indissociable des grandes maisons. Les assiettes à dessert sont vert céladon, posées entre des couverts en vermeil, très élégants , alors que le repas a été commencé avec les doigts. Comble du raffinement, la serviette est changée à trois reprises au cours du repas.

Le terme de dessert désigne ce que l’on mange quand on a desservi tout le reste sur le dressoir et vient du fait qu'autrefois on changeait la nappe et les serviettes avant d’apporter le plat sucré.

Ils sont 10 sommeliers au Plaza, supervisés par Gérard Margeon. Outre les achats et le soin apporté à la gestion de la cave (1700 références, 35 000 bouteilles), il est capital de veiller à l'entretien des verres et des carafes.

Celles-ci sont nettoyées avec des billes d'acier, du gros sel et du vinaigre d'alcool, recette applicable à la maison. La question est alors de savoir s'il faut ou non "carafer" le vin qu'on va servir. J'ai retenu qu'il fallait éviter cette opération sur les cépages fragiles, comme par exemple le Pinot noir qui développe très vite sa sensibilité alors que le doute existe peu avec un Cahors.

Que l'ouverture de la carafe avait une importance déterminante. Quand elle est grande elle agira avec davantage de douceur, ce qui conviendrait davantage à un Cote du Rhône. Et qu'il n'y avait pas non plus que les vins rouges à pouvoir être servi en carafe. Un blanc aussi peut gagner à être aéré.

Mais que surtout, dans le doute, il valait mieux s'abstenir, en se disant qu'utiliser un grand verre était déjà un mode mineur de décantation. Si vous avez donc un millésime ancien, une bouteille du type "on l'ouvrira pour célébrer les 20 ans de telle ou telle occasion" le risque qu'elle soit en phase de déclin est très probable.

La meilleure solution consistera à la sortir de la cave, la laisser debout tranquillement et ne l'ouvrir qu'à l'instant de la consommer (et surtout pas de la chambrer une heure avant de la servir). Au pire vous pourrez décanter le dernier quart au cours du repas.

L'opération est codifiée. On ouvre la bouteille; on goute le vin; on avine la carafe, c'est-à-dire qu'on y verse un vin banal que l'on reversera ensuite (pour l'utiliser dans un coq au vin par exemple). Ce n'est qu'ensuite qu'on y fera couler le vin choisi, en le faisant glisser délicatement le long de la paroi : c'est pas l'écume des mers !
Le sommelier regrette les mauvaises habitudes qui consistent à servir le vin à des températures trop élevées. Ici on l'ouvre en salle mais on le remet en cave à 14° jusqu'au moment de le servir avec le plat correspondant.

dimanche 16 octobre 2011

Une nouvelle collection de romans policiers aux Editions la Branche

Je ne connaissais pas les Éditions La Branche, sans doute parce que je m'intéresse insuffisamment au genre policier. Leur nouvelle collection, dirigée par Patrick Raynal, appelée Vendredi 13, ne pouvait que m'interpeler parce que c'est un chiffre que j'aime, et pour la première raison qu'il est mon jour de naissance.

Il faudrait être masochiste pour craindre qu'il porte malchance. Tant qu'à être superstitieuse, je serais positive et je gage que la série va connaitre le succès. Surtout avec un titre comme Samedi 14. Qui plus est avec la signature de Jean-Bernard Pouy dont je sais tout de même qu'il est le créateur du Poulpe et, depuis 2007, le directeur de la collection Suite Noire, aux mêmes éditions La Branche.

Il n'y a pas besoin d'avocat. La maitrise du style Pouy est la meilleure défense. Ce roman doit être le quatre-vingtième que ce spécialiste a commis. C'est dire s'il maitrise les codes de la catégorie. Son écriture est incisive et percutante. Les phrases, souvent courtes, servent une intrigue à rebondissements où il démontre la fragilité du pouvoir, la bêtise des gros bœufs des services secrets et l'intelligence poétique d'un terroriste retraité qui n'a rien oublié des réflexes essentiels pour garantir sa survie dans la clandestinité.

Armé de la Pléiade des romans de Raymond Queneau en guise de viatique, ce drôle de héros va subir de sérieux manque de bols (avec un s parce que c'est pluriel) qui lui feront oublier son mal de dos, se dépouiller de ses frusques de pékin normal et entreprendre un périple, parfois de gré, souvent de force, qui lui fera escalader les marches de l'escalier du futur avec autant de vitalité qu'il fera l'ascension de l'Etna.

L'homme aime les mots bakélite, moleskine, Formica ... désignant des années où le 06, le plastique et IKEA n'avaient pas encore impacté notre mode de vie. Un temps où l'on pouvait prendre celui de le perdre. Un mode de vie où la pudeur des sentiments s'exprime à demi-mots, sans jamais laisser de traces de chaleur sur les oreillers de passage, de crainte de se laisser emporter par une traîne de comète.

Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se reproduit
(p.10). Arrive un matin où l'on comprend que si l'on a toujours le choix l'alternative est si relative qu'oser sera un moindre mal.

La suite se lit avec un plaisir comparable aux films d'Audiard, ou au dernier roman de Beigbeder. Le livre à peine refermé, on tend la main vers le suivant, dont l'auteur nous fait de l'œil à travers la couverture fendue comme un trou de serrure.

Je choisis un titre en songeant au dernier d'Amélie Nothomb, estimant que l'univers de la magie s'accorde avec le chiffre 13. Et je me dis en ouvrant Close-up de Michel Quint qu'une collection de 13 romans sera bien maigre à savourer.

samedi 15 octobre 2011

La haute patisserie existe, la preuve ... à l'Etoile du berger

Frank Debieu a rêvé les desserts qu’il va proposer cet automne comme un couturier penserait une collection.

Le premier défilé a eu lieu aujourd’hui, ce matin à Meudon, le second cet après-midi à Sceaux, sous un chapiteau de toile blanche, à proximité des boutiques où tous les clients étaient invités puisque ce sont eux qui seront décideurs in fine.Un peu en avance sur la semaine du Goût. Juste à temps pour la saison.

L’emploi des fruits de saison est en effet un des points sur lesquels on ne fait pas de concession. Le respect des rythmes naturels et l’approvisionnement chez des producteurs locaux est essentiel.

Les habitués de l’Etoile du Berger savent que la dégustation des produits est un principe de base. A toute heure, et dans chaque boutique, le partage est naturel. Une façon de faire connaitre les produits mais aussi de recueillir les avis des consommateurs sans étude de marché interposée.

Deux heures durant les pâtissiers et les vendeuses ont donc fait déguster les nouveautés en format mignardise. Les fidèles appréciaient d’entendre la composition de chaque nouvelle recette. Les plus téméraires goutaient en préférant faire confiance à leurs papilles.

Commençons par la Tarte Ambre, une pâte sablée de forme carré, recouverte de pommes fondantes façon Tatin. Le choix s’est arrêté sur des Canada grises dont la forte teneur en pectine assure du liant et de la Royale Gala dont le goût apporte plus de parfum. Une quenelle de Chantilly crémeuse, deux bâtonnets de fin chocolat et un bijou de violette assurent la finition.

L’ensemble conjugue le raffinement propre à la vallée de la Loire ponctuée de châteaux Renaissance et la robustesse du terroir solognot, où les sœurs Tatin officiaient. La légende voudrait que les jeunes femmes aient oublié leur tarte quelques minutes de trop dans un four brûlant et que pour sauver leur dessert elles aient décidé de le présenter retourné sur le plat de service à une horde de chasseurs qui se serait régalé. Depuis on fait strictement le contraire en faisant cuire les pommes dessous, la pâte dessus pour finalement retourner l’ensemble au moment de servir.
Arrive ensuite l’Agatha qui est une profiterole garnie de pommes fondantes, étuvées et caramélisées, rehaussées d’une légère chantilly caramel. Un pur bonheur.Les éclairs ont été revisités pour surprendre le palais avec un craquant qui ne trahit pas le fondant habituel. Dans la version café c’est une fine tablette de chocolat au lait qui relève le défi mais alors que ce type de chocolat est composé habituellement de 33 à 35% de cacao c'est un 38% qui a été retenu ici. Le résultat est à la hauteur.Restons dans le chocolat avec la tarte Papouasie, elle aussi composée d’un chocolat au lait. Il s’accorde avec un caramel et la banane. Le résultat est si onctueux et si fondant que mêmes les aficionados de chocolat noir seront séduits.

La tarte Oaxaca (prononcer Ouaraca ) porte le nom de la région du Mexique où la maison s’approvisionne en chocolat. Le sablé est intentionnellement très friable, enrichi de chocolat pour la couleur, et accueillir une ganache chocolat et noix de coco. Le délice à l’état pur, tout simplement.

Le millefeuille dit de saison va surprendre les clients. D’abord parce que cette pâtisserie a disparu de la carte depuis plus de 18 mois. Le feuilletage ne satisfaisait pas suffisamment les exigences de qualité de l’équipe qui a préféré l’arrêter pour mieux le retravailler. Aujourd’hui sa tenue est parfaite et, pour vous permettre de le trancher sans le briser il est servi verticalement. Le fruit de saison est bien entendu la fraise Mara des Bois, nature en décoration, semi-confite à l’intérieur du gâteau. C’est le dessert préféré de Franck Debieu.

Erinea et Annaella sont plus classiques avec malgré tout l’originalité de la cranberrie pour la première, d’une combinaison mangue-ananas-coco pour la seconde. Dans le même esprit, Capucine est une alliance très réussie de kiwi et de mangue sur un coulis de litchis, le tout sur une pâte parfaitement sablée. Adéquation parfaite pur tous ceux qui aiment les tartes aux fruits tout en souhaitant un peu d’originalité.

Le Saint Honoré est arrivé en dernier comme une robe de mariée clôturerait un défilé. Celui là joue sur tous les tableaux. Esthétiquement il est étonnant par la juxtaposition de nougatine, choux et macarons. Gustativement par l’association pêches de vigne et mousseline champagne. Sensitivement la composition joue sur les textures.

Dès que la saison de la pêche de vigne sera passée c’est sur une association praliné-pamplemousse-agrume que ce dessert sera composé.

Globalement ce qui est différent ce sont les volontés de miser sur les fruits de saison et de travailler des propositions qui soient moins riches en beurre et en sucre. Avec, on l’espère, des desserts qui seront accessibles dans quelque temps aux diabétiques. Ce serait une vraie innovation et Franck Debieu ne ménage pas ses efforts en recherche et développement pour parvenir à un résultat satisfaisant.Le patron a toujours l'oreille attentive avec sa manière toute personnelle d'écouter tout en réfléchissant à plusieurs manières possible de mettre en œuvre des solutions aux problèmes que ses consommateurs lui soumettent sans faiblir. Les uns voudraient du pain (et des gâteaux sans doute) sans gluten. Les autres voudraient concilier leur gourmandise sans augmenter leur diabète. A chacun il répond qu'il y travaille avec son équipe, que c'est complexe mais qu'on ne baisse pas les bras.

La collection
sera disponible (uniquement à Sceaux et Meudon) à partir du 5 novembre, et tout au long des mois de novembre et décembre, le temps que Steve, le nouveau pâtissier, fraichement débarqué de chez Costes, ait acquis le tour de main nécessaire et puisse travailler en autonomie. L'équipe pourra alors reprendre ses recherches pour finaliser les buches de Noël dont on nous promet 5 versions très surprenantes. C’est qu’à l'Etoile du berger on ne s’arrête jamais !

D’autres surprises nous attendent, comme par exemple avec le Paris Brest qui a entièrement été décomposé avant d’être remonté ensuite, d’une manière totalement surprenante. Un travail qui a été très compliqué pour un résultat étonnant que Mickaël a hâte de placer en vitrine.

Ce passionné a fait une école hôtelière puis un CAP de chocolatier (à Bayonne), un CAP de pâtissier et aussi un BTM. Il a déjà une belle expérience professionnelle, démarré chez André Mandion à Anglet. En arrivant à l’Etoile du Berger il a voulu d’abord travailler sur ses lacunes, apprendre à bouler une brioche, à cuire un beau croissant, à réaliser un fonçage parfait, une belle tarte. Une fois ces bases maitrisées à la perfection il a pu commencer à travailler sur de nouvelles recettes, ou à revisiter les grands classiques. Le plus difficile à mettre au point dans cette collection haute-pâtisserie fut le Mika-Nashi qui n’est d’ailleurs pas présenté ce soir.

Mickaël est responsable de la pâtisserie et son parcours illustre la démarche de formation qui est aussi une marque de fabrique de Franck Debieu. Si celui-ci a une exigence sans faille dans ses attentes en terme de résultat gustatif et esthétique il garde toujours le souci de permettre à chaque membre de l'équipe de s'enrichir humainement et de progresser.

Rien d'étonnant à ce que Mickaël soit un puriste et qu'il n'accepte pas de déroger à la ligne quand celle-ci a atteint la perfection. Il fallait l’entendre décrire le process du fraisier à une cliente. Il raconte que la veille il infuse la vanille dans le lait entier, qu’il faut laisser le temps. Il détaille chaque opération depuis la pâte de sablé breton allégée de riz soufflé, jusqu’à la fine couche de confiture de fraises indispensable pour équilibrer à la découpe. Pas question de la remplacer par de la pâte d’amande comme le souhaitait la jeune femme pour son anniversaire. Au final il consent d’ajouter une plaque au gâteau, ce qui rassure pleinement la cliente.

Il ne reste qu'à gouter ... pour approuver.

vendredi 14 octobre 2011

Journée du patrimoine vivant à l'Hotel Plaza Athénée

Ils ne sont que trois à Paris à pouvoir prétendre au titre de palace. Celui-ci est le Plaza Athénée, dont les corbeilles de la façade débordent de fleurs rouges comme autant de lèvres vermeil, situé au cœur de la rue Montaigne, serti des marques qui font le prestige français.

L’accueil y est feutré. Le hall est intime. Des orchidées virginales se dressent comme des ballerines autour d’une piste de danse inondée par la lumière d’un lustre vénitien. Il y a ici quelque chose d’italien et de new-yorkais. L’hôtel est un lieu de repos et de travail, toujours en mouvement. On y vient aussi pour des réunions de travail au sommet. Ai-je rêvé ou était-ce bien le pas énergique et la poignée de mains décidée de celle qui est devenue la nouvelle patronne du FMI qu'il m’a semblé reconnaître ?

J'y ai passé une demi-journée dans le cadre de la célébration du patrimoine vivant que établissement a décidé de mettre en avant pour la première fois cette année. C'était il y a quelques jours, mercredi 12 octobre. dans ce premier billet je relaterai mes rencontres avec un concierge, le fleuriste, le fruitier, un cuisinier et le directeur du bar. Une autre fois ce seront le chef pâtissier, un sommelier, un maitre d'hôtel et ceux qui ont la charge de l'entretien de ce patrimoine.

Une fois le hall franchi on poursuit sur la droite, par la galerie où sont exposées les œuvres de Christophe Michalak, Champion du Monde de Pâtisserie en 2005, comme des bijoux dans des vitrines parallélipédiques. Les bisounours (qui ont différemment inspiré la cinéaste Maïwen pour le générique de son film Polisse) sont des sucettes de guimauve allégée de chocolat au lait ou d'une couverture de fraise, enrobée d'une fine couche de chocolat à croquer.

La galerie fait officie de salon de thé comme de couloir pour conduire au bar ou à la cour intérieure investie ce jour-là pour témoigner des savoir-faire de la maison.

Les fleurs sont de la première importance. Ce sont elles qui captent le premier regard. Guillaume Henry est pointilleux sur des détails comme le sens de la retombée du phalaenopsis qui est l'orchidée la plus utilisée au Plaza. Elle doit être disposée comme sur la photo et non la tête en bas comme on la voit couramment.

Le fleuriste de l'hôtel prodigue volontiers ses conseils : éviter les rayons directs du soleil sur les bouquets, couper les tiges en biseau à chaque changement d'eau, ajouter quelques gouttes d'eau de Javel pour éviter le croupissement.

Dans ses compositions il évite les lys qui laissent échapper un pollen orange parfois indélébile, et les anthuriums pour leur exotisme qui évoque davantage Punta Cana que le bon chic parisien.
Par contre l'orchidée violette Vanda est la bienvenue. La durée de vie des fleurs est un critère déterminant, minimum une semaine. Les feuillages d'automne ont leur place mélangés à des chrysanthèmes. Ici ce sont, entre autres, des eucalyptus "rouillés" par des projections d'encre spéciale.Dans les chambres, la rose demeure la vedette, avec un minimum de 15 tiges pour le "FL1", nom de code du bouquet de base. Le "FL2" est multifloral sur une base de roses et le FL3 est une version plus haute, avec des orchidées.
Jorge Ferreira est le fruitier du Plaza, un métier qu'il est probablement le seul à exercer sur la place de Paris. Il est arrivé dans l'hotel à 18 ans, après avoir terminé des études de packaging et il a évolué progressivement dans cette maison.
La présentation qu'il a adoptée dans des cageots lui est tout personnelle. Il les décline avec des fruits de saison qui lui sont livrés jusqu'à trois fois par jour. Difficile de faire plus frais. La gamme des jaunes orangés des mirabelles a beaucoup plu aux clients. Actuellement il y a encore de la fraise Mara des bois ... rangée cote à cote comme des pâtes de fruits, avec son pédoncule évidemment et le raisin a été coupé avec son sarment. Son choix de pommes se porte sur la rubinette qui est une variété de terroir.

jeudi 13 octobre 2011

Le Dindon jusqu’au 23 octobre à la Cartoucherie de Vincennes avant son envol pour une phénoménale tournée

Hier le Dodo, aujourd’hui le Dindon, vous allez dire que je donne dans le volatile. Hasard du calendrier, voilà tout.

La pièce mise en scène de Philippe Adrien a été un des grands succès de la saison passée avec pour preuve quatre nominations aux Molières. Je n’avais pas pu la voir « en chair et en os » mais j’avais visionné un enregistrement qui m’avait convaincue du potentiel à remporter plusieurs trophées.

L’académie des Molières fut sévère en récompensant ce travail d’une seule statuette en la personne de Guillaume Marquet, Molière du jeune talent masculin. Le Molière du Théâtre public a été attribué à un autre Feydeau, le Fil à la patte, donné à la Comédie française. N’empêche que Philippe Adrien et toute son équipe ont fait un travail exceptionnel et ce n’est que justice d’afficher complet tous les soirs.



Qu’on me pardonne, je ne cite pas tous les noms mais j’ai choisi de faire figurer toutes les dates de la tournée pour être pragmatique. Profitez des vacances de Toussaint pour y aller : il reste quelques places à cette période. Vous passerez une soirée formidable.On en sort complètement dopé, absolument réjoui que le théâtre puisse encore nous surprendre de cette manière là avec un sujet que l’on connait par cœur. Deux jolis cœurs n’ont de cesse de multiplier les conquêtes. Deux femmes fidèles décident de ne pas se laisser berner par le machisme masculin. Faites les se rencontrer dans un décor à donner le tournis (sur une idée géniale de Jean Haas), multipliez les quiproquos, habillez les de costumes extravagants (les photos en donnent un léger aperçu) … et demandez leur d’aller au bout du bout de leurs personnages.
C’est un plaisir colossal qui ne se représentera peut-être pas de sitôt. A ne pas bouder en ces temps de morosité pour vivre deux heures quinze de jubilation non stop. Je vous prédis qu’en ressortant vous ne regarderez plus jamais le rituel du haka avec le même œil et, désormais les All blacks feront office d’enfants de cœur dans leur pratique.

Le Dindon de Georges Feydeau, jusqu’au 23 octobre, du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h
Renseignements et réservations par tél : 01 43 28 36 36, du mardi au samedi 11h30-13h et 14h-18h ou par mail : billetterie@la-tempete.fr
Théâtre de la Tempête, Cartoucherie, Route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris
collectivités : 01 43 74 73 83
En magasin : Fnac, Kiosque, Crous, Virgin, Cultura...
Sur Internet : www.fnac.com, www.theatreonline.com, www.ticketnet.fr

TOURNÉE 2012, en banlieue parisienne, en régions et à l'étranger

• Théâtre de Cachan (94) les 4 - 5 janvier 2012
• La Mals - Sochaux (25) le 10 janvier 2012
• Théâtre La Passerelle - Gap (05) les 13 - 14 janvier 2012
• Théâtre de l'Archipel - Perpignan (66) les 17 - 18 janvier 2012
• Sortie Ouest - Beziers (34) le 20 janvier 2012
• Théâtre de Rousset (13) le 26 janvier 2012
• Théâtre des Bergeries - Noisy-le-Sec (93) le 29 janvier 2012
• Théâtre Firmin Gémier / La Piscine - Châtenay-Malabry (92) les 31 janvier - 1er février 2012
• Les Passerelles - Pontault-Combault (77) les 3 - 4 février 2012
• Equinoxe - Châteauroux (36) les 6 - 7 février 2012
• Théâtre d'Angoulême (16) les 10 - 12 février 2012
• Théâtre national de Bordeaux Aquitaine / TnBA (33) les 14 - 17 février 2012
• Les Treize Arches - Brive-la-Gaillarde (33) le 21 février 2012, • Le Mail - Soissons (02) le 24 février 2012
• L'Espal - Le Mans (72) les 27 - 29 février 2012, • Théâtre de Privas (07) le 3 mars 2012, • Théâtre André Malraux - Rueil-Malmaison (92) le 6 mars 2012
• Théâtre d'Argenteuil (95) les 8 - 9 mars 2012, • Théâtre Claude Debussy - Maisons-Alfort (94) le 11 mars 2012
• Théâtre Alexandre Dumas - Saint-Germain-en-Laye (78) le 13 mars 2012, • Théâtre de Corbeil-Essonnes (91) les 16 - 17 mars 2012
• Théâtre du Beauvaisis - Beauvais (60) le 19 mars 2012, • Maison de la Culture - Amiens (80) les 22 - 23 mars 2012
• Espace Jean Legendre - Compiègne (60) les 27 - 28 mars 2012, • Théâtre de Saint-Quentin (02) le 30 mars 2012
• Théâtre municipal de Coutances (50) le 3 avril 2012, • Théâtre du Préau - Vire (14) le 5 avril 2012
• Espace Marcel Carné - Saint-Michel-sur-Orge (91) le 10 avril 2012, • Théâtre La Coupole - Saint-Louis (68) le 13 - 14 avril 2012
• Le Manège / La Luna - Maubeuge (59) les 17 - 18 avril 2012, • Théâtre municipal de Roanne (42) le 21 avril 2012
• Théâtre des Treize Vents - Montpellier (34) les 24 - 28 avril 2012, • Théâtre de Narbonne (11) les 3 - 4 mai 2012
• Espace Nuithonie / L'Equilibre - Fribourg (Suisse) le 7 mai 2012, • Théâtre de l'Onde - Velizy-Villacoublay (78) les 10 - 11 mai 2012
• Espace culturel Boris Vian - Les Ulis (91) le 13 mai 2012, • Centre d'Art et de Culture - Meudon (92) le 15 mai 2012
• Espace des arts - Châlon-sur-Saône (71) les 21 - 22 mai 2012, • Théâtre Gérard Philipe - Saint-Cyr-L'Ecole (78) le 25 mai 2012
• Centre dramatique régional de Tours (37) les 29 mai - 2 juin 2012, • Théâtre national La Criée - Marseille (13) les 5 - 9 juin 2012

mercredi 12 octobre 2011

Le Dodo, vu et interprété par Yannick Jaulin

Un rayon lumineux intime l’ordre de faire silence parmi les spectateurs alors qu’une ambiance de Carnaval retentit sur le plateau. Yannick Jaulin esquisse quelques pas de danse (il en fera bien d’autres au cours de la soirée). La soirée démarre comme une fête de patronage avec des vivas et des bravos préenregistrés comme dans un banal sitcom.

Le conteur se propose de livrer l’histoire d’un drôle d’oiseau disparu en 1860. On retrouve le Yannick que l’on connaît bien faire un parallèle constant entre le volatile et un certain Maurice qui vivait, non pas dans l’ile du même nom, mais dans le célébrissime village de Pougne Hérisson (Deux-Sèvres).

Tous deux sont ébaubés … ce que l’artiste s’empresse de traduire, au cas improbable mais, où nous n’aurions pas compris : abruti, naif, gentil. Ce dernier mot instaure un silence de plomb, sans doute parce que les spectateurs hésitent entre deux inclinaisons, du coté des gentils, au risque de passer eux-mêmes pour des demeurés ou du coté des vifs d’esprit, ce que l’on pense être naturellement sinon que venons-nous faire ici ?

Comparaison n’est pas raison mais tout de même … Le Dodo, aux ailes et aux pieds raccourcis était dans l’incapacité de courir, pouvant tout juste piéter en rond autour de son île comme Maurice dans sa cahute. Soit-dit en passant Yannick égratigne la dérive consistant à prendre l’auto pour aller chercher une baguette de pain, s’alarmant que bientôt personne ne saura plus marcher.

Le cri du Dodo était assez discordant. Il blerquait un peu comme la mère à Maurice quand elle l’appelle. Il mangeait de tout comme l’homme. Il n’était pas un oiseau mais un oisif, comme devinez qui ? Pour preuve Maurice répétait à l’envie : mon père y fait rin, et moi y l’aide.

Nos oreilles se délectent des sonorités patoisantes qui sont la marque de fabrique de Yannick. Une fois transcrites elles composent des dictons qui peuvent avoir une coloration ironique mais sur scène elles ne sont que sucre. Il n’est pas faux de croire que Maurice n’est pas bénaise par bêtise mais par sagesse. Car le s’compare pas, comme çà l’est heureux.

La question de la langue mérite qu’on s’accorde une pause pour en discuter. A intervalles réguliers l’ami Yannick intervient en lieu et place du personnage qui occupe la scène, prenant à témoin sa mère pour lui confier un rôle d’arbitre. Pâtois ou pas, il y a du pour et du contre. Il sonne avec beauté. Mais il est juste beaucoup trop local, pas assez universel, quoique …

La définition scientifique se discute aussi. Buffon décrivait le dodo comme une tortue affublée d’une parure d’oiseau. Lewis Caroll a lui aussi mis son grain de fantaisie dans la construction de sa légende. Jamais animal n’aura suscité autant de versions, si bien qu’à la fin on va perdre de vue la recherche de la vérité, biologiquement parlant.

L’important en fin de compte, ou de conte, c’est selon, c’est de ne jamais céder au fatum. S’il y a un message à retenir de la soirée c’est bien celui-là et il me satisfait pleinement de l’entendre sur scène : ne pas céder à la victimisation.

Nous avons tous un rôle à jouer là dedans. En premier lieu bien sur le conteur dont c’est le métier de raconter des histoires. Qui mieux que l’artiste a ce pouvoir d’exhorter l’individu à oser être ce que nous sommes ? Yannick l’a dit clairement tout au long de la soirée, à travers de multiples métaphores (y compris la dernière, du combat de boxe de Ali qui certes peut sembler incongru au premier abord, moins au second).

D’autre l’ont chanté comme Christophe l’an dernier. Et cela fait partie des axes que je défends d’article en article, en témoignant de l’immense vitalité qui irrigue notre pays, et singulièrement aussi la banlieue et ce qu’on désigne sous le nom de « régions » depuis que le mot province n’est plus politiquement correct.

Yannick nous le dit : il y a urgence. Il y a le monde entier à sauver. On ne va pas passer notre temps (précieux) à pleurer ! En ce sens le Dodo devient un symbole donnant espoir à ceux qui vivent au bord du monde, avant de n'être réduit qu'à un pauvre petit tas de plumes ...
Ceux qui voudraient revoir le spectacle, lequel mérite qu’on y revienne pourront sélectionner une ville de la tournée :

3 et 24 novembre 2011, La Comète, à Châlons-en-Champagne (51) Tél: 03 26 69 50 99
25 novembre 2011, au Théâtre des Sources, à Fontenay aux Roses (92) Tél: 01 41 13 40 80
13 décembre 2011, au Théâtre de l'Hôtel de Ville, à Saint Barthélémy d'Anjou (49)
En janvier 2012 à Yzeure (03), Rezé (44), Bellac (87), Auray (56) et Pantin (93)
Les 03 et 04 février 2012 au Théâtre Antoine Vitez d'Ivry (94), Tél: 01 46 70 21 55
Puis VIenne (38), Pont-Audemer (27), Saint Benoît (86)
Toutes les dates sur le site de Yannick Jaulin

mardi 11 octobre 2011

Des pains en un tour de main avec Francine

Je n'ai passé qu'un bref moment à Bercy dans le cadre de Cuisine en fête, non pas que la manifestation ne soit pas digne d'intérêt mais je dois avouer que, même en courant, je n'ai pas le temps de tout faire.

C'est donc avec grand plaisir que j'ai accepté de tester les nouvelles farines Francine. J'apprécie de faire mes propres préparations pour déguster des pains qui ne sont pas ceux de "tout le monde". Mais cela demande de l'organisation et de prévoir en amont les ingrédients qu'il faudra avoir sous la main le jour J.

Jusqu'à présent j'avais hésité à employer des mélanges tout faits, sauf à ce qu'ils proviennent de moulins artisanaux et dont les recettes sont venues régulièrement enrichir la catégorie "pains".

J'avais malgré tout expérimenté le pain paysan de Lidl alors que, et c'était un pur hasard, la marque était en pleine tourmente médiatique.

J'espère que le contexte est suffisamment paisible pour que vous, lecteurs, ne voyez aucune relation de cause à effet à mon présent compte-rendu concernant cette fois des farines qui on été conçues par une grande marque, leader dans le domaine.

J'employais pour la première fois des recettes avec levure boulangère incorporée où il suffit de rajouter de l'eau. Le sachet étant conçu pour 2 pains j'ai d'abord voulu le tester sans ajouter aucun ingrédient pour en apprécier le goût nature. Rien n'empêche ultérieurement assaisonner en quelque sorte la préparation du Pain Bastide avec des feuilles hachées d'origan ou de basilic.

Ce mélange de farine de blé, de semoule de blé dur et de gluten de blé confère une douceur méditéreannéenne au résultat, aussi bon nature qu'avec un beau miel.

Ma préférence va néanmoins sans conteste au Pain Milgrain dont les graines de pavot sont nettement visibles et savamment dosées.

Cette préparation contient du lait en poudre. Doit-on y voir le secret de sa mie, proche d'un pain viennois ?

Je me souviens d'un slogan publicitaire prônant qu'essayer c'était approuver et je trouve qu'il s'applique parfaitement à la situation. Alors j'ai poursuivi avec une farine à pain sans levure.

Mon choix se porta sur le Pain de Campagne (un mélange de farine de blé, farine et son de seigle, gluten de blé, levain de seigle). Son goût typé, mais pas trop, s'accorde avec les fromages et les charcuteries.

Dans quelques jours je poursuis avec les préparations dites "Inratables", le temps de lancer les invitations.

Pour en savoir plus ... le site de Francine

lundi 10 octobre 2011

Rouler de Christian Oster, aux éditions de l'Olivier

Vous allez adorer ... ou pas.

Peut-être faudra-t-il avoir la simplicité de vous laisser embarquer sans connaitre la destination, sans même avoir la certitude que la route mènera quelque part.

Sachez qu'il y aura des escales, où vous pourrez vous poser comme pour une visite touristique.

Que la route sera ponctuée de surprises, parfois minuscules mais que vous ne connaitrez pas l'ennui.

Il se pourrait qu'ensuite la perspective de partir en vacances vous inquiète. Que même vous décidiez d'acquérir un GPS pour ne pas risquer, vous aussi de tourner en rond et de vous perdre. Ou qu'au contraire la lecture de la page 89 parvienne à vous convaincre d'abandonner cet appareil sur une aire d'autoroute pour vous libérer des contraintes.

Les surprises du parcours vous apparaitront alors vite comme autant de métaphores des aléas d'une vie lancée sur une trajectoire absurde.

Et si par malheur vous ne parvenez pas à entretenir la conversation avec votre passager(ère) il se pourrait tout aussi bien que vous savouriez "un silence à l'intérieur du silence, qui s'apparenterait à une pause" (p.65).

Dans l'agitation extrême où nous nous complaisons trop souvent il est doux de lire un livre qui nous montre le chemin où aller quand on se croit être revenu de tout. Et surtout que le suivre ne va pas étrécir notre panorama, bien au contraire. Alors roulons !

Rouler de Christian Oster, éditions de l'Olivier, 2011

dimanche 9 octobre 2011

Bouillon aux champignons vietnamien

Nicolas Vienne m'avait gentiment donné à l'issue de l'atelier qu'il a animé pour Village de chefs quelques lamelles de ces champignons langue de bœuf qu'il ne viendrait pas à l'idée de consommer en France. Mais là-bas où l'on ne perdrait pas un seul grain de riz, tout a son emploi et ce champignon peut parfumer un pot-au-feu.

Le résultat ne m'a pas convaincue, hormis pour ce qui est de l'originalité à disposer ces lamelles au-dessus des légumes.

Inutile de les mastiquer, toute leur saveur (si saveur il y a) s'est diffusée dans le bouillon. Ne soyez donc pas jaloux de ne pas partager ce bol !

Par contre le "poivre" du Setchuan qu'il m'avait également donné était autrement explosif. J''aurai dans quelques jours l'occasion de vous parler de ces petites baies aux arômes extraordinaires et je vous dirai où vous pourrez vous en procurer pour vous lancer vous aussi dans des expériences mémorables.

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