Au tout début ils dansent tous ensemble, au coeur d'une "teuf d'enfer" soudainement interrompue par Amor : J'appelle mes frères et je dis : il s'est passé quelque chose de complètement fou. Préparons-nous.
Une voiture piégée a explosé semant l’inquiétude dans une ville européenne. Sans doute un acte terroriste. Amor, fils d’immigrés, marche dans cette ville, sa ville. Quelle attitude adopter quand on ressemble comme un frère à ceux qui…? Le téléphone sonne, ses proches s’inquiètent eux aussi, ils connaissent ses angoisses, ses colères, ce grondement apeuré au fond de lui. Et Amor marche encore, cours, tremble, erre, doute, sous le regard des passants. Est-il réellement observé, traqué ? Il s’inquiète de la suspicion, il se méfie de la méfiance, il a peur de son ombre.
Une voiture piégée a explosé semant l’inquiétude dans une ville européenne. Sans doute un acte terroriste. Amor, fils d’immigrés, marche dans cette ville, sa ville. Quelle attitude adopter quand on ressemble comme un frère à ceux qui…? Le téléphone sonne, ses proches s’inquiètent eux aussi, ils connaissent ses angoisses, ses colères, ce grondement apeuré au fond de lui. Et Amor marche encore, cours, tremble, erre, doute, sous le regard des passants. Est-il réellement observé, traqué ? Il s’inquiète de la suspicion, il se méfie de la méfiance, il a peur de son ombre.
Toute l’oeuvre de Jonas Hassen Khemiri est axée sur la place de l’étranger dans les sociétés occidentales, les identités multiples, la place du langage, de la langue et la complexité nécessaire de ces questions. La juxtaposition de plusieurs niveaux de langage est nettement repérable. On entend les invectives habituelles des gars des tecis : vas-y, envoie, balance. Mais on remarque aussi des réflexions plus soutenues. J'ai noté :
- la haine ne cesse pas par la haine.
- le passé est l'histoire, le futur un mystère, le présent un cadeau.
Toutes les voix se font entendre, y compris celle de la grand-mère qui confluera : rien ne se passe jamais comme on imagine.
La création a eu lieu en janvier 2018 à la Comédie de Béthune avec un choeur de 11 amateurs de tous les âges et de toutes les origines. Ce sont 11 autres personnes qui ont rejoint les quatre acteurs sur le plateau d'Avignon pour les scènes du choeur, tels des Amplificateurs de voix, comme les nomme la metteuse en scène Noémie Rosenblatt, et il en sera de même dans chaque ville où le spectacle est programmé, avec notamment toujours une lycéenne et quelqu'un de plus de 70 ans.
Elle tient beaucoup à ce que ces personnes soient à l'image de la mixité de chaque ville où le spectacle se joue. Ils n'ont pas nécessairement une expérience du théâtre.
Pour situer le contexte on peut dire que tout est parti d'une tribune que l'auteur a écrite dans le quotidien suédois Dagens Nyheter après les attentats qui ont secoué Stockholm en 2010. Il est tout de même important de souligner qu'il n'y eu qu'un mort (le poseur de bombe, un citoyen suédois né en Irak et résidant en Angleterre) et deux blessés légers, mais le choc est énorme parce que l'acte n'est pas banal.
Il va de soi que ces évènements font écho dans nos mémoires à des situations beaucoup plus lourdes, vécues en 2015. Jonas Hassen Khemiri a d'ailleurs réécrit le texte à ce moment là pour Libération, avec le même titre, J'appelle mes frères.
Le personnage principal, Amor (Slimane Yefsah) connait une crise identitaire et traverse la ville dans un état proche de la schizophrénie. C'est la nuit et les très jolis éclairages de Claire Gondrexon donnent l'illusion que les cages de fer qui composent un scénographie très simple, mais efficace, sont autant de gratte-ciels.
Pour situer le contexte on peut dire que tout est parti d'une tribune que l'auteur a écrite dans le quotidien suédois Dagens Nyheter après les attentats qui ont secoué Stockholm en 2010. Il est tout de même important de souligner qu'il n'y eu qu'un mort (le poseur de bombe, un citoyen suédois né en Irak et résidant en Angleterre) et deux blessés légers, mais le choc est énorme parce que l'acte n'est pas banal.
Il va de soi que ces évènements font écho dans nos mémoires à des situations beaucoup plus lourdes, vécues en 2015. Jonas Hassen Khemiri a d'ailleurs réécrit le texte à ce moment là pour Libération, avec le même titre, J'appelle mes frères.
Le personnage principal, Amor (Slimane Yefsah) connait une crise identitaire et traverse la ville dans un état proche de la schizophrénie. C'est la nuit et les très jolis éclairages de Claire Gondrexon donnent l'illusion que les cages de fer qui composent un scénographie très simple, mais efficace, sont autant de gratte-ciels.






















