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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

jeudi 7 mai 2009

Variation de caviar d'aubergine, pain au curry et graines de lin

Avant d'obtenir ce joli résultat il y a un tout de même un petit peu de travail.

Pour ce qui est du caviar je me suis contentée de laver une aubergine, de la couper en deux et de la poser sur le dernier plateau de mon cuiseur-vapeur.

En dessous j'avais placé des pâtes dans un panier (mais ceci est une autre histoire), des pommes dans l'autre pour refaire une compote dorée (c'est trop bon, voir recette publiée le samedi 11 avril) et des oignons dans un pot (selon la recette publiée le samedi 18 avril)
Appréciez au passage combien la cuisson vapeur respecte les aliments. Qui croirait que les pommes et l'aubergine photographiées ci-dessous sont cuites à point ?La chair de l'aubergine a simplement été raclée, écrasée, assaisonnée et mélangée à un peu de crème fraiche. Le reste n'est qu'affaire de présentation. Dans la verrine de gauche, le caviar repose nature sous un édredon de laitue coupée en lamelles et surmontée d'une olive noire.La verrine de droite est un duo de caviar, pour moitié coloré en rose, pour moitié mélangé avec du colorant noir. Plus une pincée de piment d'Espelette pour faire joli et avec un oignon au caramel pour apporter une note sucrée.

La cuisine embaumait le curry ... pour ceux qui aiment ce parfum si particulier. J'avais suivi la recette (page 46) du livre de Cécile le Hingrat. en employant de la farine "basique" pour l'occasion. Je trouve que ce pain est meilleur quand il est légèrement toasté au grille-pain.
Cette association, en terme de couleur et de saveurs me convenait tout à fait.


Autres recettes vapeur les 5 avril (risotto et moelleux mi-cuit), 11 avril (farcis niçois et compote dorée), 18 avril (petits oignons au caramel) et 1er avril (présentation de l'appareil).
Autres recettes de pain le 3 avril (pain des écureuils gourmets et gourmands), 7 avril (banane, sirop d'érable et noix de pécan), 13 avril (garrimande, pain aux saveurs méditerranéennes), 15 avril (brioche),18 avril (pain de seigle aux noix), 20 avril (pain châtaigne et graines de lin), 22 avril (brioche du Diable rouge au chocolat blanc) et 7 avril (présentation de l'appareil)
Article complet sur le moulin de Nomexy le 12 avril 2009.

mercredi 6 mai 2009

L'amante anglaise de Marguerite Duras

J'avais hésité entre deux invitations aussi tentantes l'une que l'autre. Mais puisqu'il fallait choisir j'ai penché pour l'Amante anglaise et j'ai passé une belle soirée.

J'aurais pu aller voir "Et pourtant ce silence ne pouvait être vide", une pièce récente de Jean Magnan, interprétée par la très grande comédienne qu'est Anne Alvaro (couronnée aux Molières) et la non moins grande Catherine Mouchet au théâtre de la Piscine de Châtenay-Malabry. Une pièce difficile, certes, écrite à partir de l'histoire vraie des soeurs Papin. Le double meurtre horrible de la femme et de la fille d'un avoué à la retraite assassinées par leurs deux bonnes en 1933, après sept années de bons et loyaux services. J'en connaissais la trame pour avoir vu au cinéma les Blessures assassines (2000) qui m'avaient fait découvrir Sylvie Testud et la Cérémonie (1995) de Claude Chabrol, où Isabelle Huppert et Sandrine Bonnaire jouaient les rôles principaux.

"L'Amante anglaise", est la dernière création du Théâtre de la Madeleine, avec Ludmilla Mikaël, André Wilms et Ariel Garcia-Valdès. Encore des comédiens d'exception. Un sujet aussi difficile, même si -pardonnez ce trait d'humour noir- il n'y a cette fois qu'un seul meurtre et que c'est quasiment l'inverse, avec la patronne qui tue l'employée.

Dans les deux cas la mort surgit comme par effraction, sans aucune préméditation. Les faits sont établis, indubitables, monstrueux, et incompréhensibles. Les coupables n'expriment aucun regret. Aucune circonstance atténuante pour alimenter leur défense. Si ce n'est une toute petite phrase, là encore dans les deux situations : "on ne se parlait pas". D'où l'affirmation du psychanalyste Jacques Lacan : et pourtant ce silence ne pouvait être vide. Ce propos s'appliquerait aussi bien à l'Amante anglaise et il est d'ailleurs étonnant que les deux pièces soient sur scène au même moment.

Il faut savoir que Marguerite Duras s'était indignée à plusieurs reprises de la façon dont étaient menés les interrogatoires et du manque d'écoute de la machine judiciaire. Ce qui passionnait cet écrivain n'était pas de savoir qui avait commis le meurtre mais comment on pouvait en arriver à cette extrémité. C'est bien le silence de l'accusée qu'elle cherchait à faire parler. Les lecteurs se souviennent peut-être du titre de l'éditorial qu'elle avait écrit dans le journal Libération en 1985 à propos de Christine Villemin (on croyait alors que c'était une mère infanticide. Depuis le procès s'est conclu par un non-lieu) où elle s'enflammait à propos de la mère de Grégory qu'elle voyait "Sublime, forcément sublime". Cet article était maladroit, fut très mal compris et fit scandale.

L'Amante anglaise est sans rapport avec l'affaire Grégory puisque la pièce a été écrite en 1968. Marguerite Duras s'était inspirée d’une autre situation réelle dont elle a modifié quelques paramètres (l'épouse Rabilloux tue son mari en 1949, dépèce le cadavre, s'imagine le dissimuler en en jetant les morceaux la nuit dans des trains de marchandise ... qui passent tous sous le viaduc de son quartier ... à Savigny-sur-Orge) pour explorer à sa manière à qui profite un tel crime. Le présupposé de Marguerite Duras est d'éclairer l'inexplicable, partant du principe que rien n'est gratuit ni fortuit.

Claude Régy avait monté la pièce le premier en 1968, avec Madeleine Renaud, Claude Dauphin et Michaël Lonsdale. En 1999, Patrice Kerbrat la reprend avec Suzanne Flon, Jean-Paul Roussillon et Hubert Godon.

La volonté de l’auteur était de jouer sans décors ni costumes, devant le rideau de scène baissé. Marie-Louise Bischofberger réussit à contourner l'injonction sans la trahir. Le texte du prologue défile sur la paroi métallique, en surimpression sur des images de trains. La vidéo n'est pas purement décorative comme c'est trop souvent le cas ces temps-ci au théâtre. Son emploi est tout à fait judicieux pour donner un ton documentaire au spectacle tout en apportant une respiration.

La direction d'acteur est remarquable. Tous ceux qui trouvent insupportable le ton "durassien", avec ce qu'il exige de distanciation peuvent courir voir la pièce. Le texte est respecté à la lettre mais il est dit de telle manière qu'on se croirait sur scène avec les comédiens.
Le mari, Pierre Lannes (Ariel Garcia-Valdès) est questionné le premier. Son innocence, du point de vue de la justice, vacille lorsqu’il avoue que oui vraiment cette mort est une aubaine inespérée, d’où la conclusion : vous avez tué en rêve, elle en vrai. Elle, c’est sa femme, Claire Lannes (Ludmilla Mikaël), l’assassin de sa cousine, que l’on entendra dans la seconde partie.

L’époux rejoint le public, aussi libre que lui. Libre, mais pas complètement innocent. Les images de trains défilent de nouveau sur le rideau de fer, nous propulsant en quelque sorte sur le viaduc. Aspirer un peu d’air, prendre de la hauteur. Le huis clos s’ouvre sur les aiguillages, précédant de nouvelles questions. On en a presque le tournis. Prenons garde de ne pas dérailler nous aussi ! Mais voici Claire qui pousse la porte.

L’interrogateur (André Wilms) suppose, réfléchit, relance. Il a parfois une façon de pencher la tête, en plissant les yeux , qui m'évoque la silhouette de Dustin Hoffman. Avec empathie, sans lumière aveuglante, devant une salle plongée dans une semi-pénombre, associant ainsi le public au déroulement de la pensée.

Quand la rubrique « faits divers » relate de tels crimes elle les qualifie souvent d’actes gratuits, par raccourci, dans un aveu d’incompréhension ou par déni d’un sens profond. La criminelle elle-même ne saurait expliquer son geste. Alors je cherche pour elle dira l’Interrogateur, patiemment, car à défaut de raison objective il espère débusquer une ébauche de motif, un indice de motivation …
Tout le monde rêve de crime. Elle-même l’a confié à son mari. Elle craint maintenant la sentence. Elle sait que plus les criminels sont clairs plus on les tue (la peine de mort n’est pas encore abolie) et pourtant faire la lumière l’attire même si elle a d’abord estimé que ce n’était pas la peine d’expliquer. Elle a tout dit à la justice mais ce n’est pas tout à fait vrai. Elle n’a pas révélé où elle a caché la tête.

Sa cousine était grosse, trop grosse, cuisinant systématiquement des viandes en sauce. Quel écœurement ! Chaque dîner était la fin du monde. Claire en a vomi. Dans le jardin, sur le banc où à force de rester immobile lui venaient des pensées intelligentes. Elle pense au bonheur, s’enivrant du parfum mentholé des herbes aromatiques. Au suicide aussi. Elle vacille, sombrant dans l’anorexie mentale jusqu’à la folie.

Le titre de la pièce s'explique brutalement quand on réalise que c'est un simple jeu de mots avec la plante, la menthe.

Ce qui n’est pas pensé ne peut être dit. Avec une honnêteté intense, l’accusée, lumineuse, répond, élabore, dit tout ce qu’elle peut, s’efforçant de ne pas perdre la tête. Oui elle a aimé. Oui à la folie. Oui, un jour on lui a menti et le ciel s’est écroulé. Oui sans doute n’était-elle pas assez intelligente pour l’intelligence qu’elle avait.

Elle parait dès lors moins coupable, voire même presque victime d’une sorte de vie étriquée sans occasion de rencontre ni affective, ni intellectuelle, sans personne à qui parler. Coincée entre un mari massif et distant, une servante sourde et muette, souffrant de l’absence d’un ex-amant, dans ce village enserré dans un nœud ferroviaire. Au fond, seul l’Interrogateur constituera un partenaire intellectuellement de son niveau. Fiévreux, sérieux, tenace mais découragé subitement il cesse d’autopsier un meurtre dont l’essentiel vient d’éclater in extremis aux pupilles des spectateurs. Et c'est vainement que Claire Lannes le supplie de l’écouter.

La cousine était grosse. Elle mijotait des ragoûts immondes qu’elle était contrainte d’avaler. Elle la dégoûtait. Alors elle l’a tuée dans une sorte d’accès de cannibalisme inconscient. La vérité n’est pas plus compliquée que cela même si elle est décourageante. Le rideau de fer peut se lever et la salle va s’éteindre. Nous avons remonté le cours de toute l’histoire.

Tous les ingrédients étaient réunis ce soir là pour anticiper que la soirée allait être heureuse : texte magnifique, metteur en scène talentueux, comédiens d’exception … Il n’y avait guère qu’un paramètre inconnu : la qualité d’écoute de la salle.

L’oreille affûtée, entendant la moindre virgule, comprenant tout, même les silences, appréciant le moindre souffle, il n'y a pas eu de fossé entre la scène et la salle, et Ludmilla Mikaël me confiait plus tard qu’elle s’était sentie littéralement portée jusqu’au bout.

Il y eut aussi un je ne sais quoi de magique qui a exalté les émotions et qui autorisait même le rire, parfois. Vous avez bien fait, Ludmilla, de revenir au théâtre. Après neuf ans d'absence vous nous apportez beaucoup de plaisir.

Théâtre de la Madeleine, du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 15h.
Durée : 1h30 sans entracte (01 42 65 07 09/0892 68 36 22)
A noter, comme c'est la tradition au Théâtre de la Madeleine, le programme contient le texte de la pièce et un dossier documentaire très intéressant.
Les photos sont de Pascal Gély.

mardi 5 mai 2009

Paris-plage avant l'heure

Partie en balade sur les bords de la Seine j'avais envie de chantonner Sous les ponts de Paris ...
Parce qu'ils sont vraiment très beaux vus d'en dessous.

Mais n'allez pas croire qu'une telle virée soit très confortable. La circulation cycliste n'est absolument pas organisée le long des berges de la Seine.

Je pensais que depuis les opérations Paris-plage quelque chose était pérennisé sur quelques kilomètres. Que nenni !
Ralentisseurs, barrières, pavés disjoints, marches, circulation à contre-sens ... les obstacles ne manquent pas pour gâcher le plaisir. Le pire c'est lorsque la voie s'arrête brutalement et qu'on se retrouve face à l'arrivée d'un flot de voitures rugissantes, sans aucune autre solution de repli que devoir faire demi-tour. Mais pour passer ensuite par où ?
Ce fut très difficile d'arriver jusqu'à Notre-dame, but ultime du périple. Les aménageurs urbains devraient "urgemment" sillonner Paris à bicyclette pour se rendre compte de toutes les ruptures de parcours.

Il ne faut pas juger sur les quelques jours où les voies sur berge sont interdites aux automobilistes pour s'enthousiasmer. C'est au quotidien que tout cela se mesure.







Et je rappelle à tous ceux qui l'oublieraient que le vélo avance avec de l'énergie humaine. Et que cette énergie là aussi n'est pas inépuisable !

Restent les classiques pistes cyclables, que j'ai empruntées au retour et qui mènent là où on veut bien nous laisser aller.

Comme au Musée du Quai d'Orsay dont les sculptures arrivées en 1986, sont elles aussi dignes des Ponts de Paris. Toutes commandées pour l'exposition universelle de 1878, elles appartenaient précédemment au décor des jardins du premier Palais du Trocadéro.

Cheval à la herse, de Pierre Louis Rouillard (1820-1881), fonte de fer de Durenne.
Rhinocéros d'Alfred Jacquemart (1824-1896), fonte de fer de Vornzainé.
Jeune éléphant pris au piège d'Emmanuel Freniet (1824-1910), fonte de fer de Durenne.

lundi 4 mai 2009

Bon anniversaire au Nuage des Filles

Le Nuage des Filles, c’est un site Internet sur lequel chaque internaute peut retrouver des news et des coups de cœur sur les livres, les expos, les pièces de théâtre… mises en beauté par les femmes. On y trouve également un swap (troc) où les femmes peuvent échanger leur sac à main contre des escarpins ou des low boots. Une shout box donne la possibilité d’informer la communauté et les internautes de son humeur… Chaque semaine, une bloggeuse-rédactrice en chef du Nuage se livre au jeu de l’interview et rédige trois billets.

Le Nuage des Filles, c’est également un référencement de blogs de filles où chacune peut inscrire son blog. Les blogs sont classés par catégories : modeuses, beauté addicts, créatrices-artistes, gastronomes, diaristes et humeuristes.

Je n'ai jamais écrit d'articles pour le Nuage. Il faut dire qu'entre A bride abattue, le blog du CRT de Lorraine et mes contributions pour les Trois coups je ne pourrais pas augmenter ma production. Mais c'est avec plaisir que je suis l'actualité du Nuage où A bride abattue est référencé dans la catégorie "diaristes".

J'avais rencontré un certain nombre de membres lors d'un troc sympathique le 9 novembre dernier. Alors quand j'ai reçu l'invitation à venir fêter le deuxième anniversaire du Nuage j'ai répondu "oui je viens". J'y suis même allée avec une amie parce qu'une fête se vit encore mieux à deux.

Le compte-rendu de la soirée est plutôt mince sur le Nuage, malgré la profusion des photos. Alors j'y vais de ma plume pour dire combien c'était réussi. Je ne sais pas écrire dans le style branché habituel des rédac chef du mag. Je pourrais en me forçant un peu mais je vais rester nature. D'abord je peux maintenant le confesser : j'avais prévu une solution de repli en cas de tempête. Entendez par là que c'était pas gagné du tout pour moi qui ne suis plus de la dernière jeunesse de ne pas trop me faire remarquer dans un groupe de JFBB (jeunes femmes belles et branchées).
Il était donc convenu avec ma cop (mon amie) qu'à la moindre moue, qu'au premier regard assassin on irait au théâtre. J'avais repéré une séance à 21 heures, pas trop loin où j'étais sûre d'être accueillie même in extremis. Hormis le fait que nous avons été badgées à notre arrivée comme des poulettes avec un bracelet rose vif (mais c'était pour pouvoir aller et venir sans devoir remontrer patte blanche) il n'y a rien à redire et nous n'avons pas perçu de désapprobation.

Bien mieux, Elodie Jacquemond, celle que j'ai surnommée dans le passé la chef d'orchestre du Nuage, nous a accueillies avec son habituel sourire, sa décontraction contagieuse et une flute de champagne ...

Alors ? Alors on a fait patiemment la queue pour une jolie manucure. Pour une fois mes ongles affreux ont arboré un orange pétant totalement mode. Et j'ai absolument voulu le "rouge" à lèvres assorti. J'avais repéré cette couleur sur le faire-part de la soirée et j'avais anticipé en portant une veste (vieille mais Kenzo tout de même) couleur tango. L'équipe de Gloss up fut très pro, très cool, très efficace, et mes lèvres très gloss. Le vernis ultra-tenue a tenu sa promesse, éclatant une semaine durant.
On a salué ces gâteaux de mariage, spécialement concoctés pour l'occasion par Wedding cakes Avenue, en nous disant que ne manquent que les rois charmants pour pouvoir passer commande.












Bientôt je m'essaierai à quelque invention dans le style Cupcake tant à la mode (une fois que je serai sortie des pains en série). L'ennui est que c'est plus beau que bon. Il doit y avoir une histoire de goût là-dessous. Il faudrait pouvoir conserver l'apparence et travailler en finesse les arômes et surtout la texture du gâteau. Les regarder ne vous feront pas prendre un gramme alors on ne va pas se priver de vous faire saliver.
On n'a pas remarqué les filles de Elle adore, mais à voir le nombre de fois que x ou y apparait sur les photos du billet d'Elodie on se dit que la prochaine fois on saura les reconnaitre. Restera à trouver quoi leur dire. C'est là que la soirée avait ses limites. Les petits groupes ne se mélangeaient guère. A croire qu'à force de taper sur nos claviers on ne sait plus communiquer pour de vrai en live. Mais bon, c'était tout de même sympa. Pour un peu on se serait même cru à une fête de famille un soir d'été en province. Reprenons nos vélos et repartons dans la douceur de la nuit. Les photos qui ne sont pas marquées A bride abattue proviennent du site du Nuage.

dimanche 3 mai 2009

Le mariage de Figaro

Le théâtre c’est comme le cinéma. Quand on est tombé sur un navet on n’a plus envie de sortir pendant des semaines. Mais dès qu’on a vu un bon spectacle on ne souhaite qu’une chose e: n voir un autre. C’est au théâtre du Lucernaire que j’avais apprécié Motobécane. Alors je suis arrivée avec entrain pour le Mariage de Figaro même si j’avoue que ce n’est pas ce titre là que j’aurais choisi spontanément.

Je connaissais bien la pièce, ses marivaudages et ses quiproquos. Je craignais de m’ennuyer un peu mais pas du tout. Par bonheur François Ha Van signe une mise en scène très contemporaine et respectueuse d’un texte dont on redécouvre toute la saveur.

Il réussit à nous servir la pièce de Beaumarchais entière et intacte. Elle en devient moderne. On se surprend à en apprécier le fond et les costumes contemporains nous font oublier qu’elle a été écrite en 1778. Comme ces querelles de pouvoir résonnent avec justesse ! Terrible dialectique de l'emprise des forts sur les faibles : prouver que j’ai raison pourrait accorder que je puisse avoir tort. Alors n’insistons pas.

Les comédiens (pour beaucoup d’anciens élèves formés par François Ha Van) sont excellents. Notamment la comtesse (Julie Quesnay) qui joue en finesse contre son époux sadique et qui complote à merveille avec sa soubrette. Et capable de jouer en direct sur scène … de l’accordéon.

Le comte (Guillaume Tagnati, ci contre), est incroyablement drôle sans être ridicule, lorsqu'il arrive la raquette de tennis à la main et même quand il s'attaque à une porte à la tronçonneuse. Et Figaro (Rafael Reves, ci-dessous) donne merveilleusement la réplique à chacun.

Beaumarchais a placé sur scène un fauteuil de malade, en référence au Malade imaginaire. François Ha Van fait son propre clin d’oeil en choisissant un fauteuil de barbier, rappelant que le Mariage de Figaro a été écrit dans la foulée du Barbier de Séville.

Ce fauteuil prend toute sa dimension au cours du dialogue entre Figaro et le comte (acte III scène3) où chacun essaie, l’air de rien, de soutirer des informations à l’autre. Figaro manie le rasoir avec dextérité tout en effrayant son partenaire dans un subtil rapport de forces.

Les costumes bleu/blanc/rouge annoncent un avenir républicain. Un camaïeu de bleus désigne le monde du travail. Les « patrons » sont en blanc, dans un stylisme d’inspiration japonisante et si réussis que personnellement je me verrais bien habillée de la sorte. Les vêtements de la noce sont coupés dans des tissus unis ou imprimés à dominante rouge.

Il n’y a qu’un regret : la scène manque de profondeur pour autoriser des déplacements plus amples et le décor a du être resserré. La salle est toute petite mais les spectateurs y sont très confortablement installés (ce n’est pas le cas dans tous les théâtres, loin s’en faut) et on ne dira jamais assez combien il est appréciable de se trouver dans un lieu où toutes les places sont « bonnes », sans angle mort.

Je ne vais pas tout vous raconter. Ce mariage là mérite une large audience et je crois savoir que son succès lui vaut d’être présenté jusqu’à la fin du mois d’août. N’attendez pas trop quand même. Parce que ce serait dommage de se priver d’une belle comédie comme celle-là.

Le Mariage de Figaro, de Beaumarchais par la Compagnie du Vélo Volé - Tel / Fax : 01 46 28 27 70
Durée : 2 heures
- Photos David Kruger
Théâtre du Lucernaire - 53, rue Notre-Dame-des-Champs - 75006 Paris - 01 42 22 66 87
du mardi au samedi à 21 h 30

samedi 2 mai 2009

J'ai participé à un concours de cuisine

Cela pourrait être une de ces affirmations que l'on fait au cours d'une soirée-jeu quand les participants doivent deviner si c'est vrai ou faux. Parce que je ne me sentais pas d'un niveau qui m'autorisait à m'inscrire à un tel concours. De plus il fallait tenir un blog culinaire et A bride abattue n'est pas strictement spécialisé dans le domaine. Il y a tant de talents sur la toile ... que je ne m'imaginais pas faire partie du lot.

Preuve à l'appui avec le sourire de Fanja sur cette photo, l'équipe de la Fédération Française de Cuisine Amateur est très sympathique et j'avais participé en tant que jury au premier championnat, le 7 décembre dernier (compte-rendu ici). Il me semblait "logique" de me placer dans la position du candidat pour vivre l'expérience différemment. Je prenais les choses sous l'angle du défi amusant. Et je n'ai pas regretté.

Le challenge consistait à préparer en une heure trente la recette la plus originale, la plus complète (au regard des ingrédients du panier-surprise), la plus appétissante, et sans doute la plus goûteuse. Je vous passe les difficultés techniques : la découverte de plaques à induction, d'un immense four vapeur réglable au degré près, le matériel inhabituel, la présence du public (nous étions sur un immense stand de la foire de Paris), le stress du bruit et de la course contre la montre, le souci de servir à la bonne température ...

Étant persuadée que je ne pouvais pas gagner j'ai choisi de profiter de l'instant. Les autres candidates (Karine, sur la gauche, Patricia sur la droite) étaient souriantes. Nous échangions assez tranquillement quelques impressions. Un animateur mettait de l'ambiance en nous interrogeant en direct sur la progression du travail. Le public semblait attentif et le jury désireux de savourer.

Les ingrédients imposés m'ont surprise : je n'avais jamais cuisiné de fèves fraiches. Pour le reste : escalope de veau, tagliatelles, carottes, courgettes et basilic .... je me demandais quoi faire de bon et d'original. Toute petite je détestais les courgettes. J'ai opté pour une déclinaison cru-cuit. La peau verte, épluchée en longues bandes et juste ébouillantée a donné naissance à une poignée de tagliatelles vertes. La chair, passée à la mandoline, et assaisonnée d'une vinaigrette de vinaigre de cidre-huile de sésame composait une salade rafraichissante.

M'accordant quelques secondes je suis allée découvrir les quatre bouteilles entre lesquelles il fallait choisir celle qui s'accorderait le mieux à la création. J'élimine le rosé, pourtant délicieux. Pas de Gigondas, trop puissant me semble-t-il. Je m'arrête sur un Sablet, un Cote-du-Rhône Village, issu d'un vignoble contigu à celui de Gigondas dans la partie nord des Dentelles de Montmirail.

Les carottes ont été cuites, écrasées au pilon (on prend ce qu'on a) et améliorées par un peu de crème fraiche. Pendant ce temps cuisait ce qui devait être un biscuit roulé. Nous avions des œufs, de la farine, du beurre et de la levure dans le fonds d'épicerie alors c'était un jeu d'enfant que d'en préparer une plaque. Mon idée était de le fourrer avec un hachis de basilic cru, pour réinterpréter les trop classiques associations de salé-sucré.

Le roulage a été fait trop tôt, trop vite ... toujours est-il que le gâteau s'est brisé et qu'au final c'était un triangle. Je suis restée sur cette forme en découpant à l'emporte-pièce deux autres morceaux. Le premier sur lequel j'ai posé la salade de courgettes (pour éviter que la sauce ne coule de façon disgracieuse). Le second en appui de la décoration.

Toujours parallèlement j'ai fait réduire du vinaigre balsamique pour obtenir un caramel. Cela devait permettre une touche de déco. J'ai testé la cuisson de quelques fèves à l'eau bouillante, ignorant tout de leur mode de cuisson. J'ai croqué, apprécié, et décidé de faire le reste à l'identique et de servir nature et croquant. J'ai salé la viande que j'ai poêlée. J'ai surpris un regard désapprobateur de Siméon, chargé, non pas de nous coacher mais de nous aider sur la manipulation des appareils électriques. Après je lui ai donné le "truc" appris en cours de cuisine auprès de Yannick Leclerc : saler la viande permet de conserver tout le suc parce que le sel forme une infime croute imperméable quand la viande est saisie. (portrait du chef le 15 février sur le blog)

J'ai découpé la viande en triangle elle aussi. Il n'y avait plus qu'à dresser. Et voici :
Une pincée de piment d'Espelette pour rehausser la salade. Un badigeon de caramel balsamique pour dorer la viande, en équilibre sur un bourgeon de basilic. Cette assiette était un vrai festival de saveurs. Puisqu'il fallait donner un nom à la recette ce fut Impromptu versaillais. Par association d'idées entre les fèves, le roi, Versailles (nous étions porte de Versailles), le palais, les fêtes, un ballet de Lully ne s'appelle-t-il pas l'Impromptu de Versailles ... et ce panier surprise était bien cela, avec ses surprises.

Le jury a apprécié. Le verdict est tombé, surprenant lui aussi. Je remportais la manche.

L'après-midi c'était la grande finale du Championnat des Blogs Culinaires de Paris, et c'est Calou du blog cesstra qui a été sacré grand champion ... Il avait préparé quelque chose de très appétissant et de fort réussi. Beaucoup plus sophistiqué que mes petits plats. Debout depuis 6 heures du matin, je n'avais plus assez d'énergie et d'imagination (le panier surprise de l'après-midi avait en commun les courgettes et les carottes avec celui du matin. Difficile pour moi de trouver quelque chose qui ne soit pas une reprise du matin). Cette fois nous devions réaliser un plat et un dessert. Il n'empêche que je me suis régalée le lendemain avec les restes d'un risotto aux champignons et aux asperges justes poêlées dont j'avais ramené une barquette.

En dessert mes étoiles au coeur n'ont pas convaincu le jury, trop simples comparativement aux autres assiettes. Je maintiens que c'est une recette ultra-simple qui peut faire le bonheur d'une famille en camping. Les pommes de terre sont cuites à l'eau bouillante, puis écrasées à la fourchette, mélangées avec du chocolat fondu, et moulées directement sur l'assiette dans un emporte-pièce en forme d'étoile. La grande était au chocolat noir. La petite au chocolat au lait. Si j'avais eu du chocolat blanc j'en aurais fait une troisième. La fraise était découpée elle aussi mais en forme de cœur. J'avais saupoudré d'un nuage de sucre glace, peu visible parce que le jury a voulu faire une pause et qu'entre temps le sucre a fondu. De minuscules morceaux de pomme de terre fondaient sous la dent. Le public, autorisé à goûter, a cru reconnaitre des morceaux de châtaigne. Une recette que je referai à coup sûr !

vendredi 1 mai 2009

Je suis en colère mais çà me fait rire

Enfin un titre prometteur ! Je savais que le spectacle était une commande. L'affiche (Einstein tirant la langue) semblait donner le ton et dire : voyez nous y sommes arrivés ! Je craignais néanmoins un rire jaune, sûrement ironique, raillant les aléas quotidiens. J'attendais quelque chose que n'auraient pas renié Coluche, Le Luron, Desproges qui avaient le don de nous faire rire tout en exacerbant notre conscience politique. Mais voilà un talent qui n’est pas si fréquent et on peut être un homme de théâtre très brillant sans y parvenir.

Faire rire sur commande quand on n’a pas le cœur à cela relève de la mission impossible. De là à reprocher à Jean-Louis Hourdin de l’avoir accepté, il n’y a qu’un pas que je ne ferai pas. Parce qu’au final il offre au public un spectacle totalement abouti. Un public qui ne s’y trompe pas. Qui pardonne et applaudit chaleureusement la performance.

Les textes, magnifiques de rhétorique et de poésie, représentent une manne de sujets de réflexion pour les examinateurs des prochains bacs philo. Et comme il est regrettable qu'ils ne soient pas publiés ( j'espère que ce n'est qu'une question de temps) . Ils sont servis par des comédiens qui vont pouvoir concourir pour la soirée des Molières 2010.

La musique est magistralement composée par Karine Quintina et superbement interprétée par toute la troupe, malgré des partitions complexes. L’emploi du micro est parcimonieux. Quel régal de profiter d’une interprétation en son direct, sans amplificateur, et suffisamment rare pour le souligner. Pour une fois qu'il ne nous pleut pas des décibels à nous casser les oreilles ! Et laissons nous chatouiller les oreilles par les accords argentins du xylophone de Marie-Claire Dupuy...

Les costumes sont eux aussi originaux, illuminés de touches de couleur composant des aplats apparemment désordonnés un peu à la manière de Jean Bazaine, à qui l'on doit la décoration en lave émaillée des murs et de la voûte de la station de métro "Cluny-La Sorbonne".Inspirés des tissus des années 70, ils sont aussi résolument "à la mode" puisque les motifs graphiques sont présents dans les actuelles collections de prêt-à-porter. Je n'ai cessé de penser à l'univers du peintre clamartois (j'ai vu le spectacle à Clamart ...) qui disait que les grands peintres, comme tous les grands novateurs, prennent le monde dans leur main et nous le rendent différent, [...], agrandi, élargi pour toujours.

Il n’y a que le décor sur lequel je ne m’extasierai pas. Quoique, le principe de s’en passer soit une idée de génie. Voici un spectacle qu’aucun théâtre de la décentralisation la plus lointaine ne pourra refuser l’an prochain sous prétexte qu'il ne passe pas sous les cintres.

Notre monde est une triste boutique. C’est bien pourquoi les hommes politiques avaient tant souhaité pouvoir programmer une jolie comédie dans leurs salles subventionnées aux deniers publics. Pour la colère, il y avait de quoi faire, mais pour le rire … Jean-Louis Hourdin confesse que ce fut très douloureux, que le spectacle ne trouvait pas sa place, malgré de gros efforts.

Durif, Pick et Siméon, auteurs des textes, ont même brandi quelques jokers : On a bien rigolé, remake de la Cigale et la fourmi concocté par Fred Vargas pour Europe Ecologie, un pamphlet de Victor Hugo contre Napoléon III qui colle aux semelles de l’actuel président aussi solidement que les blagues empruntées aux américains à propos de l’acteur Chuck Morris. Vous avez peut-être déjà reçu ces extraits en fichier joint dans vos messageries électroniques. Cela fait un moment qu'ils circulent sur Internet. Sinon libre à vous de les chercher, mais les pépites du spectacle sont ailleurs.

En traitant le sujet au pied de la lettre les auteurs ne nous ont fait grâce d’aucunes colères. Et bien que ce ne soit pas franchement drôle de les entendre l’art du metteur en scène est de nous les mettre sous le nez de telle manière qu’on ne zappe pas le propos et qu’on se mettrait volontiers au contraire à vouloir créer le buzz.

Le spectacle démarre avec le nombre de morts crachoté par un poste de radio des années 50. De 12 victimes on passe vite à 5000 disparus, qui deviennent bientôt des milliards, et sans doute plus, pour s’achever dans un bain de sang avant le massacre.

La troupe, atterrée par ces annonces, fait son entrée en tir groupé sur la scène, collés serrés les uns contres les autres. Une atmosphère brechtienne s’installe à mesure que la salle s’assombrit. Un comédien, tout de blanc vêtu semble endosser le rôle du chef d'orchestre, mais ne nous y trompons pas : ils sont tous sur le même pied d'égalité. Et chacun prendra la parole à son tour qui pour déclamer, qui pour relater, qui pour jouer un petit air, qui pour chanter en solo ou en chœur, selon son talent.

Laurent Meineinger nous promet au micro, avec juste ce qu'il faut de "réverbe", qu'il ne nous décevra pas . Il nous servira trois jolis petits discours parodiant ces langues de bois qui parlent tant pour ne rien dire aux oreilles des chers con-citoyens.

Viendra ensuite un joli chant aux accents patriotiques plaidant que ceux qui n’ont rien ont encore leurs yeux pour pleurer. Rupture de ton avec Paul Fructus qui interprètera joliment un Monsieur Content, illuminé par le cuivre de l’hélicon qui brille comme un soleil au-dessus des têtes, tel Monsieur Heureux de Roger Hargreaves, le créateur britannique d’intemporels Monsieur Madame dotés de personnalités fortes et singulières et que les bambins adorent découvrir dans les classes maternelles.

Les tableaux se suivent, développant de nouveaux points de vue idéologiques dans une succession de raisonnements d' idées logiques. Invoquant ainsi la légitime défense (si l'on accepte de considérer que les riches prennent l'argent des pauvres), un comédien répètera en boucle faut tuer les riches pour finalement consentir que c’est l’argent qu’il conviendrait d’éradiquer. Passons donc tous les soucis à la machine à déberdiner , un engin que le père Ubu aurait pu imaginer lui-même, et rigolons un bon coup avant d’avoir de nouveau envie d’en pleurer !
Avec un immense talent de tragédienne, Priscilla Cuche harangue sans perdre haleine, fouillant où sont les révoltes possibles. Un de ses camarades carbure à la haine quand une autre voudrait mourir de sa colère. Pierre Henri a les intonations d’un Serge Reggiani quand il soupire qu’il a d’la neige au fond qui jamais ne fond. Normal que certains jours Stephanne Gueydan, sosie de Mister Bean, prenne froid. Quelle poésie dans l’hymne aux noyés de Gibraltar que Julie Kpere interprète avec retenue. Décidément, l'âme de Bazaine ne me quitte pas ce soir, lui qui disait aussi que l’art, avant d’être un instrument de volupté, est une affirmation des droits de l’homme.

Les références plastiques, philosophiques, littéraires … sont multiples. Bazaine, Cranach, Alfred Jarry, Ionesco, Queneau, La Fontaine, mais aussi Boris Vian, Louis Aragon, et même Philippe Léotard ou Tchékhov quand l’accent devient slave. J’ouvre les bras. Mais si personne ne vient s’y blottir est-ce que j’aurai le courage de les ouvrir encore …

Pour ne pas gâcher la soirée et que tout cela ne nous empêche pas de dormir on nous donne de la farce à doses homéopathiques. Des devinettes à six sous, dignes des Guignols de l’info, qui -je l'ai écrit plus haut- circulent sur Internet et que vous allez reconnaître à cet aperçu :
- La seule chose qui arrive à la cheville de Nicolas Sarkozy c'est sa chaussette.
- Un jour, au restaurant, Nicolas Sarkozy a commandé un steak. Et le steak a obéi.
- Jésus-Christ est né en 55 avant Nicolas Sarkosy.
- Si Nicolas Sarkozy dort avec une lampe allumée, ce n'est pas parce qu'il a peur du noir mais parce que le noir a peur de lui.
Mais savez-vous que ce ne sont pas des blagues belges, mais américaines, raillant au départ la personnalité d’un acteur de kung-fu ? Je ne résiste pas au plaisir de vous en donner deux supplémentaires:
- Quand Chuck Norris s'est mis au judo, David Douillet s'est mis aux pièces jaunes.
- Chuck Norris peut faire des tacles au babyfoot.
Libre à Jean-Louis Hourdin de les ajouter au spectacle !

Il est pourtant trop tard pour recommencer l’histoire. Notre monde est une peau de banane. On aimerait lever le petit doigt pour dire pouce, réclamer un changement de fiction, et surtout de scénariste pour logiquement obtenir une autre réalité. Nous serions alors les enfants que nous voulions être autrefois, pour le meilleur et sans le pire.

J’étais venue pour rire davantage, je l’avoue. Je repars légère malgré tout, parce que du beau et du bon spectacle comme cela n’est pas si fréquent. Difficile d'imaginer que tout cela a pris forme en sept petites semaines de travail. Bravo monsieur Hourdin d'avoir mené votre troupe aussi loin sur la route du "savant et du populaire". Et même je vous dirai que j’ai envie de refaire un bout de chemin en votre compagnie … J'ai tout de même une requête : accueillez les rappels comme un hommage et faites choisir au public le tableau qu'il voudrait revoir et ré-entendre. Pour ma part j'aurais adoré réécouter la complainte qu’Eloïse Brunet nous offre en lançant la pierre du rêve qu’elle a prise au jardin de ses nuits.

J'ai trouvé comment obtenir satisfaction : en vous annonçant que je reviens le 19 mai pour la dernière en région parisienne.

Coproduction le groupe des Vingt théâtres en Ile-de-France -Théâtre Dijon Bourgogne - GRAT-Cie Jean-Louis Hourdin - SPEDIDAM-Renseignements et réservations - 01 49 58 17 00
Représentations annoncées les 5 et 6 mai à Elancourt, le 12 à St Ouen, le 14 à Villejuif, le 15 à Chevilly-Larue, le 19 au Théâtre Firmin Gémier d'Antony (01 46 66 02 74) avant de partir pour Dijon au Festival de Théâtre en Mai du 20 au 24 mai.
Les citations empruntées au spectacles sont en gras brun. Photo Antoine Richard

mardi 28 avril 2009

Tombe la grêle !


C'est peut-être cela, notre vie à tous : une oxymore entre deux extrêmes. Un joli soleil qui titille toutes les espérances et puis une averse de grêlons qui lapide les fleurs du cerisier.

Il est des jours où le proverbe s'inverse quand le beau temps a précédé la pluie.

vendredi 24 avril 2009

Madeleine, ma petite reine

Les éditions First ont publié le 8 avril dernier, le jour de la Ste Julie, un nouveau livre de recettes de la styliste culinaire Julie Schwob "Madeleine, ma petite reine". Un pareil titre, mettant en avant une spécialité lorraine, ne pouvait qu'attiser mon désir d'en savoir plus.

Les photos sont sublimes. Royales, vraiment. Et les recettes sont originales, ce qui n'est pas toujours le cas dans les livres qui traitent d'un seul sujet. Combien de déception avec ces séries sur des cakes, des crêpes, mais bon ... parlons de ce qui est beau et bon.

Après avoir longuement hésité (tout me tente) je décide de réaliser une version salée et une version sucrée. Ce sera ricotta-épinards pour l’une et black madeleine pour l’autre. Et pour témoigner de la facilité d’exécution j’ai photographié moi-même le résultat. De quoi saliver, pardonnez-moi, mais je vous donne la marche à suivre … en attendant que vous n’alliez ouvrir le livre pour faire votre propre choix.

Commençons donc par les madeleines ricotta-épinards. Voici la recette vite fait/bien fait :
2 œufs, 60 grammes de ricotta, 60 grammes d’épinards hachés surgelés (j’ai pris une poignée de frais que j’ai émincés tout crus), une demi-cuillerée à café de muscade en poudre. On mélange bien.
On ajoute 125 grammes de farine tamisée, un sachet de levure chimique, une demi-cuillerée à café de sel, puis 50 grammes de beurre fondu refroidi.
Hop, dans les moules beurrés. Thermostat 8 (oui, 240°) pour 10 minutes. Voilà en gros plan le résultat !
Moelleux et doux à la fois. Juste tiède c’est un bonheur.

Passons à la version sucrée. En fait j’ai remplacé le sachet d’encre de seiche préconisé par l'auteur par une demi-cuillerée à café de colorant noir parce que j’en ai depuis que j’ai essayé de faire des macarons noir. Autant vous dire tout de suite que le dosage n’est pas “évident”. La preuve : les gâteaux sont bruns à l’extérieur, couleur pain d’épices, et noir brillant à l’intérieur, avec parfois une bande rouge orangée entre les deux, bien visible sur la photo ci-dessous. En fait cela ne gêne pas. Le goût n’est pas dénaturé.
L’intérêt, comme le dit ma fille, c’est qu’on dirait que c’est fourré au chocolat noir alors que pas du tout ! C’est un point de vue …

Donc la recette des black madeleines toujours sur le mode vite fait/bien fait :
2 œufs, 4 cuillerées à soupe de lait, une pincée de sel, 80 grammes de sucre (amplement suffisant). On mélange bien.
On ajoute 125 grammes de farine tamisée, un sachet de levure chimique, puis 75 grammes de beurre fondu refroidi, et une demi-cuillerée à café de colorant.
Hop, dans les moules beurrés. Thermostat 8 (oui, toujours 240°) pour 10 minutes.Vous en reprendrez bien une petite ?

Tous mes compliments à Julie Schwob parce qu’avant elle, je ne vous dis pas le nombre de déception avec ces séries sur des cakes, des crêpes, mais bon … concentrons nous sur ce qui est beau et bon.

jeudi 23 avril 2009

Quelques bâtiments sénonais et douceurs icaunaises

La ville de Sens est très ancienne. Elle a conservé des hôtels particuliers qui témoignent de la splendeur qu'elle a connu au XVI° puis au XVIII° siècle. Les guerres de religion l'avait entre temps affaiblie.

Un des monuments historiques les plus pittoresques de Sens est certainement la "Maison d'Abraham", qui s'avance comme la proue d'un navire dans la rue de la République. Ce qui a failli d'ailleurs causer sa perte en Mars 1970 quand un camion la percuta, avant qu'elle soit achetée par la ville en 1985, après avoir été longtemps un magasin, notamment de vêtements ...

Il faut savoir que le nom actuel résulte d'une erreur d'interprétation qui remonte au moins au début du XIX° siècle, car c'est l'arbre de Jessé qui a été sculpté sur le poteau cornier.

Théodore Tarbé se trompe donc en écrivant dans son histoire de France qu'il s'agissait d'Abraham.

La maison porte aussi le nom de "Maison des Quatre Vents", ce qu'explique par sa position à un carrefour.


D'autres façades de la même époque sont remarquables Grande rue. Presqu'en face de celle-ci, d'un bleu évoquant davantage des demeures d'Honfleur, se trouve la maison Depreux.

Derrière une vitrine ultra-contemporaine se cache une épicerie fine où l'on peut s'approvisionner en spécialités locales. Par exemple des bonbons feuilletés au praliné noisette, emballés individuellement dans un papier doré comme des petits lingots, connus sous le nom de buchettes sénonaises.

Ou, plus récents, ces pavés au chocolat enrobant un autre feuilleté, en souvenir de la réfection du parterre de la cathédrale.

Beaucoup de confiseries sont faites à base de noisettes, probablement parce que c'est une richesse de la toute proche forêt du Pays d'Othe.












Le toit du palais synodal est reconnaissable avec ses damiers de tuiles vernissées qui font penser aux toits des Hospices de Beaune.












En baissant les yeux on est surpris de cette toute petite fontaine que j'ai toujours connue là, pour étancher la soif de nos amis les bêtes.







Le marché couvert, récemment restauré m'attire. Mes souvenirs sont intacts. La maison Dosnon est toujours là pour présenter son pain d'épices, et j'en salive d'avance.
Pourtant, s'il a exactement le même aspect il me semble moins moelleux, et différent en bouche du souvenir que j'ai gardé. Je suis certaine qu'un ingrédient a été modifié.

Par contre ces meringues sont une découverte. Adoptées à l'unanimité ! Glissées dans une coupe avec la glace du parfum de votre choix elles ont font merveille. Ou croquées "la main dans le sac" ... lequel est vide. J'ai réussi quand même à immortaliser les trois dernières, juste à temps.

La visite de la cathédrale Saint Etienne mériterait plusieurs articles. C'est la première des cathédrales gothiques. Saint-Louis y épousa Marguerite de Provence en 1234. Y sont conservés les restes du Dauphin, fils de Louis XV, et de la Dauphine, parents des trois derniers rois de France ... Impossible de tout montrer. Je retiendrai juste cette fois le Mausolée du Cardinal du Perron et de son frère, dans un "pur" style baroque XIX° :
En gros plan, cela change tout !

Depreux Epicerie Fine, 115 Grande Rue, 89100 Sens, 03 86 65 10 40
Maison Dosnon, apiculteur producteur, 10 rue du Collège, 89500 Villeneuve-sur-Yonne, 03 86 87 17 64

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