Publications prochaines :

La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

mercredi 23 novembre 2011

Confiture d'automne aux épices

On sait combien j'ai adoré le mélange pain d’épices de l'Epicerie de Bruno qui fait merveille dans un pain ... d'épices ! Je ne dirais pas que je l'emploie "à toutes les sauces" mais très largement.

J'apprécie particulièrement qu'aucun des quatre épices ( cannelle de Ceylan, muscade, poivre de la Jamaïque, girofle ... ) ne l'emporte sur l'autre. Cette fois je l'ai ajouté à une confiture de poires et figues.

Le résultat est un délice peut-être aussi parce que les fruits étaient particulièrement murs. J’avais obtenu après épluchage 850 grammes de poires, pratiquement 200 de figues (dont j'avais du retirer la peau parce qu’elle était abîmée) et juste un kilo de sucre en morceaux. J’avais ajouté une cuillère à café rase du mélange pain d’épices, et j’ai laissé cuire longtemps, sans avoir fait macérer les fruits auparavant, et jusqu’à ce que le mélange « nappe ».

Cette façon de faire de la confiture est très classique et ne mérite peut-être pas un billet mais si je peux inciter le lecteur à oser des associations insolites j'en serais heureuse. Il faut savoir que la confiture est toujours meilleure quand on en cuit une quantité peu importante. C’est comme les omelettes qui vous me permettez cette comparaison.

Je suis d'ailleurs preneuse de toute suggestion d'emploi d'épices dans ce domaine.

Mélange pain d'épices Épicerie de bruno (vente possible par Internet)

mardi 22 novembre 2011

Nosferatu fait escale à la Piscine (92) pour le festival Marto

Le Bob théâtre est de retour sur la scène de la Piscine dans le cadre du festival MARTO. Après Hansel et Gretel, puis Princesse K, l'an dernier, c'est Nosferatu qui avait inspiré Denis Athimon et son complice Julien Mellano. On découvre leur version cette année mais la création a eu lieu en 2003.
Deux croque-morts, un grand baraqué et un chauve rivalisent d'inventivité pour revisiter le mythe du fameux vampire des Carpates. Sur fond de musique de films de série Z, et à grand renfort d'ampoules, de mixers et de boites de conserve, ils font hurler ... de rire ou de peur, selon notre humeur !
Comme on le dit dans le jargon, la jauge est minuscule : le public est invité à prendre place sur des coussins ou quelques rangées de gradins installés sur la scène. Nous avons quasiment le nez sur la table qui constitue la pièce centrale du décor. De la fumée s'échappe d'une cloche qui protège un drôle de met. Un parfum d'encens chatouille nos narines. Un enfant se délecte de bonbons alors que, à portée d'yeux, les comédiens vont bientôt sucer un os ...

Logique puisque ce sont des croque-morts ... appelés ainsi parce que leur premier geste était de donner un coup de dent dans l'articulation d'un os du pied. Truc infaillible, non pas pour réveiller un défunt, mais quelqu'un qui n'était "que" dans le coma, et éviter d'enterrer un mort vivant.

La méthode a changé. Le nom est resté. Actualité oblige, on se sent dans l'univers de Twilight alors que la descente au noir commence à flanquer la trouille aux bambins, pourtant prévenus que le spectacle est interdit aux mauviettes.

Allusion à la peste. L'hécatombe creuse les tombes. Tout sera à prendre au second degré, mais point trop tout de même. Ce petit garçon interrogeant sa grande sœur plus tard à propos d'une hostie : c'est des chips ? n'a pas du saisir l'essentiel du propos.

Les Bob ont bien raison de rester sur scène après le spectacle pour faire une explication de texte, même si personne n'a relevé leur traditionnelle réplique de fin : Vous avez des questions ? (silence) Au cas où on va rester un petit peu.

La musique a été composée sur mesure pour accompagner les dialogues et provoquer le frisson. Je vous suggère de faire l'expérience de regarder un film d'horreur en coupant le son. Vous constaterez que vous n'avez absolument pas peur.

L'accessoire principal est une couverture militaire de plus de 25 mètres, constituant ainsi le plus "grand" décor de marionnettes du monde. Ils ont imaginé un travelling qui n'en finit pas pour perdre le spectateur au cœur de la forêt profonde.

Il s'agit davantage d'un théâtre d'objets où les marionnettes sont très spéciales puisque ce sont des ampoules que les deux comédiens animent, n'hésitant pas à changer de rôle pour davantage de praticité, et surtout éviter de se prendre les pieds dans les fils. Les jeux de lumière sont essentiels.
Chaque soirée a une part de surprise. La scène entre le docteur et le maire est volontairement non écrite de manière à laisser une marge d'improvisation. Chacun joue de sa gestuelle ou de sa voix pour tenter de piéger l'autre. Mais je ne vais pas vous en dire plus. un spectacle des Bob ne se raconte pas. Il se vit.

Il faut visiter le site du Bob, lequel reflète leur esprit. Vous apprendrez ainsi qu'il est bon de savoir que Nosferatu peut se jouer en anglais comme en portugais parce que Bob est trilingue.

Le festival MARTO garde depuis douze ans sa spécificité de proposer des spectacles de marionnettes et théâtre d'objets pour adultes, en banlieue sud et précisément à par Fontenay-aux-Roses, Clamart, Bagneux, Malakoff, et bien sûr Chatenay.
Photo des Bob, © Alexandre Musset

lundi 21 novembre 2011

Une bouteille à la mer, de Thierry Binisti, d'après le roman de Valérie Zenatti

La photo n'a pas été prise à Gaza, et l'eau qui coule au pied de ces immeubles n'est pas la mer. Mais, en ce début de soirée, l'image était belle. On se serait cru très loin, pas à Paris en tout cas. Et pourtant l'avant-première était programmée dans la capitale, au cinéma MK2 quai de Loire, non loin de la passerelle où Arletty a immortalisé sa gueule d'atmosphère dans le film de Carnet, Hôtel du Nord. Sauf que la scène avait été tournée en studio ...

La magie du cinéma !

Une bouteille à la mer est un titre déjà utilisé par Luis Mandoki en 1998. Il se trouve que c'est, en raccourci, presque l'intitulé d'un roman que Valérie Zenatti avait publié en 2005 à l'École des loisirs, plus précisément Une bouteille dans la mer de Gaza, et qui va être réédité avec l'affiche du film en guise de couverture.

Synopsis :
Tal est une jeune française de 17 ans dont la famille s'est installée à Jérusalem. L'explosion d'un kamikaze dans un café de son quartier la révolte et la pousse à agir, à sa manière. Elle écrit une lettre à un Palestinien imaginaire à qui elle exprime ses interrogations et son refus d'admettre que seule la haine peut régner entre leurs peuples. Elle glisse cette lettre dans une bouteille qu'elle confie à son frère, militaire près de Gaza. Quelques semaines plus tard elle reçoit un mail de Naïm, le mystérieux "Gazeman" ...
Comme beaucoup de réalisateurs, Thierry Binisti cherche régulièrement à travers les livres quel pourrait être son prochain projet. Le livre de Valérie avait canalisé son désir de comprendre le conflit israélo-palestinien et raconter une histoire portant ces interrogations qui l'animaient depuis ses précédents films. Il a par ailleurs réalisé, dans un tout autre registre Oh boy ! en 2007 pour la télévision.

Malgré la forme épistolaire du roman, Thierry Binisti avait immédiatement vu des images, mais il se doutait qu'une collaboration très étroite serait nécessaire avec son auteur. Ils ont de fait travaillé la main dans la main, comme rarement au cinéma. Ils co-signent le scénario qui est une transposition très libre, parfois un peu éloignée du roman afin de montrer comment on vit des deux cotés. Tant qu'à faire d'être trahie, autant le faire soi-même, dit en riant Valérie.Dans ses précédents livres elle avait déjà soutenu les deux légitimités, même si elles se heurtent dans la douleur. Elles ne sont pas incompatibles à ses yeux et la jeune femme estime que c'est une question de temps. Le conflit est long mais "de basse intensité" comme le jugent les politologues. Il n'empêche qu'il lui arrive de passer, comme elle le dit elle-même "de l'espoir au découragement, et de se sentir pleine de colère". Mais on ne peut pas renoncer à vouloir un monde meilleur. C'est pourquoi un livre, et maintenant un film comme celui-ci est si important, pour rappeler simplement que derrière tout conflit il y a des êtres comme vous et moi qui voudraient juste vivre leur vie.

La collaboration s'est étendue aux repérages, au tournage, au mixage, au montage et bien entendu au choix des comédiens. Naïm est interprété par Mahmoud Shalaby qui jouait déjà dans Jaffa et des Hommes libres. A noter que Jaffa avait été programmé dans le Festival Paysages de Cinéastes il y a deux ans, et que j'en avais brièvement rendu compte. Valérie rêvait que sa mère soit interprétée par Hiam Abbass, jusqu'à ce que le hasard la fasse la rencontrer dans un café parisien, et qu'elles deviennent amies.

Il n'y a pas de symétrie entre les personnages. Ils n'appartiennent pas aux mêmes milieux sociaux. Et le film n'est pas une ultime version de Roméo et Juliette. La relation entre Naïm et Tal est a priori impossible, mais leur "rencontre" est authentique. Elle est aussi métaphorique de l'entente qui pourrait -qui pourra- advenir entre les deux pays ... avec encore beaucoup d'années de patience sans doute. Parce que, comme le juge un des personnages, le conditionnel est un temps indispensable pour les Palestiniens.

Pour des questions de sécurité et de risque d'enlèvement, Israël ne laisse entrer aucun israélien à Gaza. Le film a donc été entièrement tourné en Israël sur une période courte de 35 jours, et avec un planning très dense de 14 heure de travail journalier. L'équipe était mixte et Gaza a été reconstituée dans des villes arabes israéliennes. Par contre, et c'est une première dans l'histoire du cinéma, ils ont bénéficié d'une autorisation de tournage exceptionnelle pour la séquence du passage d'Erez, entre Gaza et Israël. Avoir pu sortir en quelque sorte de la fiction sur ce lieu même du vrai Check Point est hautement symbolique.
Un des mérites du film est aussi d'avoir réussi à transposer un roman pour adolescents en une écriture cinématographique capable de concerner un public d'adultes, et d'avoir aussi une dimension universelle. Car aller vers l'autre c'est se regarder aussi.

Une des différences majeures c'est la place que le mail prend à la lettre. En signifiant aussi qu'Internet est le pigeon voyageur du XXI° siècle.

On est surpris par les images. Parce qu'on est loin de penser que les vagues puissent être si belles sur la cote de Gaza, d'un vert turquoise très tendre, qu'il puisse y avoir autant de vent et que la lumière soit si blanche.

Le rôle de la langue française est intéressant. Au-delà de l'aspect rendu obligatoire pour des raisons de coproductions il faut remarquer que la France est l'unique représentation étrangère à Gaza par l'intermédiaire du Centre culturel français. Et puis Tal est d'origine française. En étant le tiers qui permet de se parler cette langue apporte une vraie respiration. La manière qu'a notamment la mère de Naïm de lui demander, à un moment crucial de lui dire quelque chose en français est tout à fait emblématique de cette dimension affective.

Quant à la jeune Pascale Bonitzer, elle a une manière de jouer qui rappelle Charlotte Gainsbourg, dont un poster orne d'ailleurs sa chambre.

Valérie est un auteur que j'aime beaucoup même si j'en parle peu sur le blog, me limitant souvent à faire référence à un livre ou un autre, à l'occasion d'un billet sur le Salon du livre ou une autre manifestation. C'est à peine si je lui ai consacré quelques lignes à propos de sa collaboration à Il va y avoir du sport mais je reste tranquille et je suis heureuse d'avoir ici eu l'occasion de chanter ses louages alors qu'elle n'est pas à coté de moi, respectant ainsi la mise en garde du Talmud.

La sortie d'Une bouteille à la mer, programmée initialement sur les écrans pour le 28 décembre est reportée au 8 février. Le film a déjà reçu 2 prix et 8 nominations dans plusieurs festivals.

dimanche 20 novembre 2011

Dimanche au salon du blog culinaire de Soissons

Certains ont eu du mal à se lever parce que la nuit fut courte pour les fêtards. J'invite ceux qui débarquent sur le sujet à lire ce que j'ai écrit hier. J'en connais qui étaient soulagés d'avoir fait leur atelier la veille. Et d'autres qui devaient continuer à mobiliser leur belle énergie.

Nous avions en tout cas la chance de bénéficier de la douceur d'une arrière-saison complaisante qui nous permettait de sortir en tablier sans devoir enfiler les manteaux pour aller du lycée au self pour nous retrouver déjeuner ... comme si nous avions encore faim ....

Place d'abord au "travail", par exemple pour apprendre à préparer des boulettes de lapin thai accompagnés d'une sauce coco et cacahuètes, une recette imaginée par Clémence pour Lapin de France qui est un des partenaires du Salon.

Clémence nous a fait profiter de plusieurs de ses astuces, comme allier combava et citron vert, utiliser du lait de coco en poudre pour avoir la saveur sans le liquide, enlever les couches dures et filandreuses de la citronnelle, penser au beurre de cacahuètes pour adoucir une sauce (un produit qui s'accorde très bien à du chocolat pour faire d'excellents cookies).
Benoit Molin, parrain depuis la première édition, passait d'un atelier à l'autre, ne se départissant jamais de son large sourire, ci-dessous avec Dominique le Cren.
Chef Damien, malgré sa "crève" fut sur tous les ponts, attentif au moindre détail, n'hésitant pas à se mettre aux instruments (en insistant sur le fait que l'huile devait être fumante), à reprendre, commenter ... complimenter aussi, les cuisinières et les élèves, comme ici Anny n'hésitant pas à la féliciter : j'apprends de vous tous les jours, a-t-il dit avec humilité.

Les bénéfices de toutes les opérations organisées par le lycée ont permis l'an dernier aux Terminales BTS de dîner un soir dans un très grand restaurant.
On a suivi le processus avec attention et, inévitablement on a gouté et regouté tellement la salle embaumait. Valait mieux pas commencer à compter les calories ... Clémence a publié sa recette sur son blog ici.
Les recettes, histoires et parfums de la cuisine italienne d'Edda Onorato étaient disponibles dans l'espace librairie du lycée.

Elle nous avait fait gouter hier un superbe bocal de lapin vinaigré, suivant une recette vénitienne que vous trouverez sur Déjeuner de soleil.



Claude, le célèbre cuistot du 77, nous prépara une brochette lapin et mangue sur lit de riz au jasmin avec un mérite absolu parce qu'il avait accepté de travailler sur le sujet alors qu'il n'aimait (pas encore) cette viande.

Nous avons joué la carte lapin à fond en nous initiant à sa découpe, laquelle est tout un art si on veut sortir des présentations classiques.

Le Chef Fred est d'une dextérité exemplaire mais il a su nous mettre en confiance et nous persuader qu'avec un peu entrainement nous serions capable de faire pareil.

D'un coup de main, il a fait surgir les petits os des côtelettes. On en aura 6 à 8 par animal que l'on farinera et fera cuire en aller-retour dans une poêle chaude.

Les gestes sont un peu plus techniques pour le râble, le but étant d'obtenir un morceau d'épaisseur constante. En effet si le râble est souvent sec c'est d'une part parce qu'on se trompe sur le temps de cuisson qui pour lui doit être courte, en rôti ou à la poêle, 15 minutes maximum (alors que la cuisse supportera une heure).
L'astuce est de "sectionner sans fracasser au hasard", précisément de chaque coté de la colonne, puis dénuder les os en les suivant, tirer sur la ventrèche, gratter jusqu'au cartilage, et surtout pas plus loin, en veillant à ne pas passer au travers de la peau.
A la toute fin, une fois le morceau refaçonné on palpera la chair à la recherche d'une esquille d'os. Ensuite on peu mettre une farce et refermer la panoufle. Ou encore faire une belle spirale autour d'une petite rognonnade.
Et jugez plutôt comme la présentation de ce petit carré est joliment appétissante.

Autre atelier partenaire avec Lesieur et son Chef Éric Reithler, qui a préparé un sorbet framboise-huile d'olive dans une proportion de 200 grammes de coulis pour 30 d'huile. J'aurais pu en manger un litre, à la petite cuillère, et je ne suis pas la seule.

Éric le sert avec un carpaccio de Saint-Jacques et du poivre fumé.

Pas de doute qu'il sait sortir l'huile de son quotidien. Sa devise est "sentir et voyager" ...Il a réalisé aussi un ketchup vert très surprenant (à base de persil) en jouant sur l'acidité fruitée pour diminuer l'apport en sel, ce qui est possible parce que les deux ont une frontière commune sur la langue. Il emploie l'ananas dans le ketchup vert qu'il recommande de préparer au dernier moment sinon l'ananas prendra une couleur marron.

Le persil est cuit dans une eau salée pour conserver sa couleur avant d'être plongé dans une eau glacée. Cette sauce sera délicieuse sur une simple pomme de terre vapeur.

Nous n'avons pas résisté à demander à Appolina de nous donner la liste des ingrédients, croyant la surprendre un peu comme nous l'avions été le quart d'heure précédent. C'était sans compter sans l'excellence de son palais, longtemps exercé par sa maman. Il faut absolument que Chef Damien ait l'idée de lui demander de piloter un entrainement à la reconnaissance des parfums l'an prochain, idée d'ailleurs qu'elle pourrait elle-même mettre en œuvre au prochain Salon de Bruxelles. Elle a été bluffante. Son expérience se retrouve sur son blog, Bombay-Bruxelles. Appolina avait préparé des petits pots de chutney, une poudre à base de cacahuètes, d'ail, de noix de coco, de piment ... qu'elle recommande sur une tartine de pain, un riz, une mangue. Chutney est un mot intraduisible qui désigne un aliment qui provoque un claquement de satisfaction de la langue. Il peut être sec, en poudre comme en pâte.
Pascale Weeks avait imaginé des petits moelleux pistache & leur salade d'oranges avec une proportion importante de Truvia, un nouvel édulcorant que l'on trouve sur son blog, C'est moi qui l'ai fait.

Il est issu d'une plante que l'on pouvait toucher et même gouter sur place. c'est incroyable combien une simple feuille est sucrée, avec un petit gout de réglisse.

On retrouve chez ce partenaire Dorian, ce qui me donne l'occasion de vous expliquer les règles d'attribution des tabliers les roses pour les bloggeurs qui font des démonstrations, les verts pour les visiteurs, sauf à ce que les partenaires souhaitent qu'on porte le leur. Du coup on se demande pourquoi ces deux garçons n'en ont aucun ? Sans doute n'aiment-ils ni le rose ni le vert ...









Dorian a cuisiné un poulet à l'asiatique comme il aime les préparer, et sans doute aussi s'en régaler.

Et nous avons été nombreux à aimer ...

Aussi bien Angélique du Bruit dans la map, qu'Audrey, avec gourmandise et bien d'autres.
Une porte plus loin l'Irlande, avec Bord Bia, poursuivait la joute entre équipes de deux sur le thème du tourteau qu'il fallait accommoder avec un panier-surprise pour le moins surprenant : fromage blanc, aneth, poivron rouge, pain pita, laitue. Ce fut pas la présentation la plus originale qui gagna, pas davantage que celle que nous avions tenté de réussir, Mamina et moi.
Mais le duo qui avait le plus respecté le gout du produit de base. Bravo à elles, notamment Nawal.
N'oublions jamais dans de telles circonstances que l'essentiel reste de participer, et d'oser ...
Bon, aller, un dernier petit atelier "pour la route" avec Carine, d'un Chat en cuisine, qui préparait une brochette d'agneau tika au yaourt de brebis, risotto de lentilles corail aux courgettes, aussi succulent que les précédents plats que nous avions goutés.Le moment est venu de nous dire adieu, à l'an prochain ... ou avant ...Le lycée va retrouver une activité normale et, sur la route se dresse, magnifique à proximité de Villers-Cotterets, le moulin du pays de A.D. ... vous devinez de qui il s'agit ?
Pour lire d'autres compte-rendus, allez sur le site du Salon. C'est parfois à se demander si nous sommes allés à la même manifestation tant les textes sont différents. Par exemple celui de Bénédicte de Fais-moi croquer.

Ceux qui voudront scruter toutes les recettes les trouveront sur le probable exhaustif billet de Quentin qui les a récapitulés, atelier par atelier.

Merci à Palais des lys pour les photos de Claude et de ses brochettes de lapin. Et à Lesieur pour celles de son atelier.

samedi 19 novembre 2011

Premier jour au Salon du blog culinaire de Soissons

Toute la journée fut intense. A tel point que j'ai mis quelques heures à songer à sortir l'appareil photo. Il me fallait d'abord apprivoiser l'espace qui, pour une néophyte, est un peu complexe en terme de repérage, malgré une signalétique détaillée.
Il y a tant de sollicitations, tant de monde, tant de choses à faire ... qu'on met un moment à se caler, en se disant que l'année suivante on s'organisera différemment.

Sans parler de ce qui se passait en centre ville et rien qu'au lycée il y avait 4 ateliers simultanés dans des cuisines différentes et des démonstrations de partenaires en même temps aux 4 coins du lycée : impossible d'être partout. La première coupe franche fut de me situer (mentalement) dans le groupe des démonstrateurs en occultant tout ce qui se passait dans la ville de Soissons.Alors que les officiels se congratulaient et rendaient un hommage mérité à Chef Damien, pour son investissement depuis quatre ans dans cette manifestation qui grandit d'année en année, les longues tables attendaient patiemment l'assaut des fourchettes.
Chaque visiteur avait apporté un plat et une boisson. C'était pantagruelesque.
Et ce fut l'occasion de démarrer en gourmandise des dégustations qui ont encore le pouvoir de surprendre nos palais.

Un temps de pause avant de partir à l'assaut des ateliers où les blogueurs partagent un de leur savoir-faire avec les visiteurs, pour la plupart d'autres blogueurs, au lycée hôtelier, mais aussi, et ce fut la grande nouveauté de l'édition de cette année, le grand public venu en grand nombre dans le centre ville, par exemple à l'espace Mobalpa.

Le salon est aussi l'occasion de discussions amicales avec ceux et celles qu'on croise principalement sur le Net, même si les occasions de nous voir en chair et en os se multiplient, que ce soit aux traditionnels pique-nique estivaux de Bercy, que dans les manifestations officielles comme dernièrement le Salon de la photo culinaire.

C'est encore la possibilité de faire des découvertes. Parmi elles, Truvia, et de nouvelles utilisations de produits Lesieur dont je parlerai demain.

L'atelier que j'animais était programmé au lycée hôtelier à 15 heures. Je succédais à Mademoiselle M qui avait réalisé de très appétissants bento.J'ai apprécié la gentillesse de l'élève qui me fut adjoint comme commis. La bonne humeur, la bonne volonté et la compétence des étudiants est pour tout le monde une composante essentielle du succès de la manifestation.La recette des calissons est en ligne sur le site de 750 grammes, dont toute l'équipe est partie prenante à 100% du Salon, avec des précisions complémentaires dans les commentaires. Une version un peu différente avait été publiée cet été sur A bride abattue, ici.Juste à coté de l'espace dévolu à ma démonstration se trouvait la cuisine Fraîch’attitude pour qui le chef Charles Soussin avait conçu un Tiramisu banane-avocat-grenade qu'il servait en verrine.Pour reproduire cette recette de saison, et pour 8 personnes, il vous faudra 1 avocat bien mûr, 2 bananes, 1 citron, 12 crackers salés, 1 grenade. Après avoir épluché l’avocat et les bananes on les mixe avec le jus du citron. On ouvre ensuite la grenade pour en prélever les grains. Les biscuits écrasés seront répartis dans les verrines. Le mélange avocat-banane sera posé dessus. On termine par les grains de grenade.

A partir de 19 heures 15 nous étions tous conviés à la soirée de gala, autre moment fort et rituel. Le cocktail était designé et mis en place par Charles Soussin et Géraldine Lorand sur le thème de la photographie culinaire.

Orange sanguine, ananas et crémant d'Alsace. Les invités agitaient leurs longues oreilles (de lapin) de bonheur.Les amuse-bouche étaient aussi beaux que bons. Des tartelettes aux pignons, confiture de chataignes et confit de coing. Des maki revisités avec une feuille de chou enveloppant de a pulpe de pomme de terre et du gingembre. Des verrines d'œuf de caille en gelée d'herbes. Des tranches de pommes citronnées alternant avec un camembert au lait cru, truffé.En début de soirée la performance du chef japonais Hisayuki Takeuchi, suivie de près par Chef Damien, sous le regard détourné d'Archimboldo a été suivie par une assemblée médusée. Sur une musique d'enfer il a fait tournoyer couteau et fourchette pour concevoir une installation plastique et gourmande. Sa femme Elisabeth fut à la fois muse et assistante.

Les lapins, pardon, Sophie, apprécièrent cette buche glacée déstructurée au yuzu.

Et ce fut reparti pour le dîner proprement dit, avec des soupes, des pâtes aux sauces diverses, des légumes en wok, que l'on enchaina entre des "entrées".
Les assiettes firent de nouvelles découvertes, comme le saumon d'Irlande, ou pour les plus chanceux, une viande si fondante qu'on pouvait la trancher même avec un couteau (écologique) en bois. Sans parler des fromages irlandais, une découverte gustative insensée, avec le regret de savoir que nous n'étions pas prêts d'en remanger de sitôt puisqu'ils ne sont pas encore distribués en France. Avis aux amateurs !
Le chariot des desserts apparut soudainement dans un jaillissement d'étincelles qui mirent le feu à la cargaison. L'extinction du feu fut quasi immédiate mais l'odeur dégagée n'avait pas été prévue ...
On peut dire qu'il y avait du monde, certains dire que c'était trop et commençaient à craindre que l'an prochain ...

Les plus gourmands espéraient compenser leurs excès en investissant le dance-floor. Mais ceux qui avaient atelier le lendemain se disaient que ce n'était pas raisonnable de se coucher trop tard. Le ciel de Soissons résonnait de coups de feu. Les artifices explosaient sans qu'on sache s'il y avait un rapport de cause à effet.
Demain je vous raconte la suite, et j'irai plus longuement faire un tour sur les stands des partenaires.
Merci à Philippe Tran pour la photo de mon atelier.
Le compte-rendu de la journée du dimanche est ici.

Articles les plus consultés (au cours des 7 derniers jours)