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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

mardi 2 juillet 2019

Festival d'Avignon 2019, bilan au soir du premier jour

Les chiffres donnent le tournis : 1592 spectacles recensés, et uniquement dans ce qu’on appelle le festival off (je rappelais les circonstances de sa création ici) dans 139 lieux différents, soit environ 29 000 représentations.

Il y en a 54 que j’ai déjà vus, soit l’année dernière, soit en avant-première juste avant de partir, c’est beaucoup mais c’est mince. Finalement en quatre semaines je ne pourrai voir (et c’était prévisible) "que"  115 représentations : 108 dans le off dans 40 théâtres différents, 5 dans le in dans 5 lieux différents, 2 dans ce qu’on appelle le if dans 2 lieux différents.

115 spectacles sur 47 lieux, soit en moyenne quatre par jour mais il m’est arrivé les lundis de "monter" jusqu’à 7 ... parce que ce jour-là je ne "travaillais pas" car, pour financer le logement,  j'avais trouvé un contrat de quatre heures par jour dans un bar associatif, ce qui me permettait aussi de vivre le festival en immersion et de pouvoir en rendre compte avec davantage d'authenticité dans une des émissions que je produis sur Needradio.

Avignon exacerbe tout, le climat, les emplois du temps, les tempéraments, les comportements. Tout est démesuré et les réactions également. On se rend vite compte que les enjeux sont énormes pour les grosses productions qui ont investi énormément d’argent comme pour les petites compagnies qui auto-subventionnent leur venue et pour qui la visibilité est un critère déterminant, primant sur le talent parce que celui qui n’est pas vu ne sera pas reconnu et risque de disparaître de la scène culturelle dans un proche avenir, alors que l'équipe s'est endettée sur plusieurs années.
Avignon, c’est d’abord la lutte pour la survie. Il faut le savoir.

Une fois ce constat posé, on pourra dire que ce festival, qui est réellement le plus grand du monde, est aussi le le rendez-vous des passionnés de théâtre et que l’entraide règne entre tout le monde, que le théâtre est une famille formidable où tout le monde s’aime et se respecte... Il n’empêche que l’électricité est immédiatement palpable et chacun déploie son énergie et sa propre technique pour lever le rideau sur son activité. Il y a des théâtres qui organisent des conférences de presse. D’autres misent sur les avant-premières donc trois jours avant l’ouverture officielle.

Certains canalisent leur énergie sur l’affichage en respectant plus ou moins les règles qu’ils ont tous signé. On apprendra en cours de festival que de nombreuses troupes recevront des amendes importantes pour avoir accroché leurs affiches par exemple en haut des descentes de gouttière. La police les repère facilement puisque leurs noms figurent en toutes lettres.

Car en Avignon tout est réglementé, les jours de relâche, la période, les conditions et les lieux d’affichage d’affichage, la régularité des rémunérations, et coté estivants le stationnement des véhicules m'a semblé sans pitié. Les policiers se sont investi à cœur joie pour verbaliser.
En ce 2 juillet, "premier" de mon séjour, l'énergie est maximale. Je décide de commencer par des avant-premières, dans un lieu qui n’est pas nouveau mais qui est investi cette année par un théâtre qui fait son premier Avignon, la Croisée des chemins, 25, rue d’Amphoux avec 14 spectacles ou rencontres, répartis dans deux espaces, en intérieur, côté cour dans une salle de 35 places et en extérieur, côté jardin dans un espace en plein air pouvant accueillir jusqu’à 45 personnes, C’est ce qui en a fait un des lieux les plus agréables du festival, même en période de canicule parce que l’espace, abrité de parasols, était arrosé chaque matin avant l'ouverture pour procurer une certaine fraîcheur.

J’ai vu ce mardi les générales de Lalla Aïcha, le chant berbère de l’eau, à 10 h 30, où Khadija El Mahdi installe quelque chose de l’ordre du sacré, avec une voix qui étanche la soif des premiers festivaliers. A 17 h 45 Les petites femmes de chambre. Marguerite Chaigne et Louise Corcelette m’ont embarquée dans leur univers surréaliste et poétique à la lisière de la comédie musicale. A 20 h 15 Sylvain Zarli a déployé une large palette d’émotions dans Journal d’un fou. J’ai terminé cette soirée à 21 h 50 avec le concert de Louise O'sman, ... sorte de Brel au féminin, dont les textes questionnent avec mélancolie et tendresse. J'avais déjà vu à Paris Rapport pour une académie (12 h 15) interprété par Mahmoud Ktari et Discours d'investiture de la Présidente des Etats-Unis, par Claudine Guittet, ce qui m'a permis d'aller à deux conférences de presse pendant ce laps de temps.

J'ai ultérieurement pu assister à quelques autres spectacles programmés à la Croisée des chemins et je vais rendre compte de l'ensemble dans ce billet, en commençant par le coté cour.

lundi 1 juillet 2019

Changer le sens des rivières de Murielle Magellan chez Julliard

L'histoire se passe au Havre et ce cadre n'est sans doute pas anodin. Car la ville, reconstruite après la seconde Guerre Mondiale est une sorte de métaphore de la proposition de Murielle Magellan : Changer le sens des rivières.

De nombreux romans (et films) ont emprunté leur décor à cette ville depuis Quai des Brumes jusqu'au film éponyme de Aki Kaurismäki. Plusieurs romanciers l'ont choisie comme Linda Lê, Julia Deck, Mailys de Kerangal, Françoise Bourdin, Valérie Tong Cuong ... et ce n'est sans doute pas un hasard si Manhattan-sur-Mer (comme l'appelle l'écrivain Christophe Ono-dit-Biot) est à ce point inspirante.

Elle a su renaitre de ses cendres, est désormais inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2005, et surprend par un centre ville totalement refait (et surtout pas à l'identique) et par ses quartiers périphériques ultrachics comme Sainte-Adresse. Murielle Magellan décrit de multiples trajets en voiture sans jouer les guides touristiques mais il suffit de connaitre les lieux pour que notre lecture soit influencée, ne serait-ce qu'inconsciemment. Et cela même si on ignore que Monet y a peint Impression de Soleil levant qui a donné son nom au mouvement pictural ... la culture du lecteur a le droit d'être limitée...

On remarquera que Changer le sens des rivières n'est pas un impératif, comme s'il s'agissait d'une prescription énoncée sans avoir rédigé l'ordonnance. Autrement dit ce sera au lecteur de trouver son propre mode d'emploi s'il a l'intention de suivre le conseil. Car il s'agit bien de cela, on le devine immédiatement : il appartient à chacun de faire trembler le déterminisme, qu'il soit social, culturel ou psychologique.

La quatrième de couverture fait allusion à deux mondes clos qui, sous-entendu se côtoieraient sans se mélanger, mais ce ne sont pas les codes qui les régissent qui érigent les barrières les plus solides. Elles sont au plus profond de nous et c'est donc en nous qu'il faut agir. Ce n'est jamais facile mais c'est possible. Et ce n'est jamais à sens unique parce qu'un changement en entraine une série d'autres.

C'est peut-être la plus forte "leçon" qu'on peut tirer du roman. Un parcours de vie est un puzzle et modifier une pièce impose de faire bouger les autres.

dimanche 30 juin 2019

Ce que j'irai voir en Avignon et ce que je vous recommande

Avec plus de 1500 propositions, le Festival d’Avignon est sans doute le plus important au monde.

Même si ce nom est synonyme de théâtre, ce festival est bien plus que cela. C’est un rendez-vous sans pareil autour de toutes les formes de spectacles vivants parce qu’on va y voir bien entendu du théâtre, toutes les formes de théâtre, aussi bien en salle qu’en extérieur, du théâtre classique, du drame, de la comédie, de l’improvisation, du stand up, du boulevard, du théâtre d’objets, de la marionnette, du théâtre contemporain … et aussi de la chanson, de la danse,

Beaucoup de créations sont faites en Avignon. C’est un vivier pour les directeurs de salles pour leur permettre de finaliser leur programmation.

vendredi 28 juin 2019

303, un film réalisé par Hans Weingartner

303 sortira sur les écrans le 24 juillet. Je l'ai découvert en avant-première. Il m’a beaucoup touchée et comme je serai au festival d'Avignon en juillet je n'attends pas pour vous le présenter.

303 c’est son titre et il surprendra le public français. Il parlera davantage à nos voisins allemands car dans leur pays tout le monde sait qu’un 303 c’est un camping-car Mercedes.

Ils sont sans doute attachés à ce modèle comme nous pouvons l’être à notre deux-deuche, sauf que leur 303 est beaucoup plus grand et autrement mieux adapté pour partir en vacances.

Le réalisateur Hans Weingartner a filmé un road-movie amoureux dans l’air du temps, qui conduit le spectateur d’Allemagne en Belgique puis en France, en Espagne et jusqu’au Portugal.

Même si les paysages sont plutôt bucoliques ce ne sont pas eux qui font l’intérêt du film mais la confrontation entre les points de vue, radicalement opposés, de deux jeunes adultes (qui eux à l’inverse du mythique 303 sont bien de notre époque) sur différents sujets tels que l’écologie, l’économie, le pouvoir, l’individu, l’amour, la fidélité…

Le réalisateur n’a pas craint d’oser de long plans séquence, y compris en travelling arrière, ce qui permet de situer la progression de la discussion qui s’installe entre les deux jeunes gens. Le film est d’ailleurs assez long, et en deux heures, il a tout le loisir de restituer la manière dont les idées vont faire leur chemin dans le cerveau de chacun

Hans Weingartner a prévenu le spectateur par une citation de Rainer Maria Rilke : Zeit haben zur Liebe (avoir du temps pour l’amour, Ceci est la première anticipation de l’éternité -Dieses ist das erste Vorgefühl des Ewigen).

Les deux comédiens sont confondants de naturel. Le réalisateur dit avoir mis quatre ans pour constituer son casting. Jule (interprétée par une très jeune comédienne mais très prometteuse, Mala Emde) échoue à ses examens de biologie. On refuse d’octroyer une bourse à Jan (interprété par Anton Spieker), jeune étudiant en mathématiques. Tous deux sont un peu en échec. Pour une raison que vous apprendrez plus tard dans le film Jule va souhaiter aller au Portugal retrouver son petit ami et décide d’y aller en  303.
Jan s’apprête à descendre en Espagne voir à Bilbao un père biologique qu’il n’a encore jamais rencontré, mais son covoiturage l’a subitement laissé tomber. Le hasard veut que Jule s’arrête près de lui et accepte de le prendre en stop dans son vieux van.

jeudi 27 juin 2019

Tartines bressanes

Je croyais connaître ce fromage. Le Bresse bleu n’a pas été inventé hier et j’en ai déjà mangé bien entendu mais celui-là, est-ce à cause de sa cloche, est-ce à cause d’une autre formule, allez savoir toujours est-il que c’est un vrai bonheur en bouche.

Il s'appelle Suprême de Bresse Bleu et il ultra crémeux, avec des notes fruitées absolument addictives.

Le goûter c'est l'adopter !

S’il faut faire une comparaison je dirais qu’il m’a fait penser au gorgonzola cremoso, ce fromage italien qui allie à la fois la puissance du bleu et la douceur de la crème. J’ai eu donc envie d’aller encore plus loin en l’utilisant d’une façon très ludique très fraîche puisque nous sommes en période de canicule

Et comme à mon habitude j'ai imaginé des recettes rapides à mettre en oeuvre et que vous pourrez décliner avec les produits que vous aurez sous la main, surtout avec ce que vous aimez ...

Donc je vous donne juste le principe et faites vous ensuite plaisir en copiant ou en innovant. En hiver vous pourrez avoir envie de griller le pain mais en plein été ces trois recettes sont appréciables parce qu'elle ne nécessitent aucune cuisson supplémentaire.

mercredi 26 juin 2019

Piaf, Fréhel, Damia et moi

(mise à jour 8 septembre 2019)

J'ai assisté à une représentation unique de Piaf, Fréhel, Damia et moi, interprété et chanté par Livane au Théâtre de Dix Heures juste avant de partir pour le festival d'Avignon.

Seule en scène, Livane, revisite l'univers des trois chanteuses, Damia (1889-1978), Frehel (1891-1951) et Piaf (1915-1963) en déclinant l’amour, la passion, mais aussi la décadence. Nous découvrons par bribes leurs points communs, leur histoire.

Livane, avec humour et malice, tisse un fil entre nous et ces trois femmes, nous révélant des secrets oubliés, des enfances cabossées, des anecdotes historiques. Elle nous fait part de son ressenti, sa réflexion, sa fantaisie... au cours d'une soirée ponctuée de chansons et de commentaires adressés au public.

Le spectacle commence avec les notes cristalline de la Java bleue au xylophone. Les trois chanteuses ont en commun d’avoir été de grandes amoureuses, et malheureusement de s’être laissé emporter par l’alcool et les drogues. Elles ont été souvent également très malheureuses mais le spectacle ne tombe pas dans le travers pathologique.

Livane est une personne imprégnée de pensée positive. Elle entreprend d'expliquer au public comment trouver les endorphines du bonheur. Elle ne fait pas que discuter. Elle met en application ses propres conseils en faisant circuler une boite à bonheur pleine de chocolats qu'elle a dû compter avant de monter sur scène pour ne créer aucune frustration.

lundi 24 juin 2019

Bernard Dimey père et fille

Je connais le père ; je sais qu'il fut un grand parolier. Les hasards de la vie m'ont d'ailleurs amenée à programmer Syracuse dont il a écrit les paroles sur une musique composée par Henri Salvador pour illustrer sur Needradio l'émission Une journée à ... consacrée à la Haute-Marne dont Bernard Dimey était originaire.

Je connais la fille, Dominique Dimey dont la voix, si particulière autant qu'elle est mélodieuse, enchante les enfants avec son Roi du silence, sa Mère Noëlle, Charango et Siku. Elle s'est pleinement engagée dans le combat pour l'écologie et sensibilise les petits à la protection de notre planète.

J'ignorais qu'ils étaient père et fille. Ne riez pas. Dominique avait plus de vingt ans quand elle fit la connaissance de Bernard, totalement par hasard, et avec grande surprise puisqu'alors elle ne portait pas son nom. C'est un scénario qu'on n'oserait pas écrire.

Il était logique qu'un jour ces deux là se retrouvent sur une scène même si la présence de Bernard est désormais symbolique, avec ce portrait grandeur nature qui lui ressemble tant. Elle dira plusieurs poèmes de son père. Elle en chantera plusieurs chansons.

L'hommage est vibrant mais réaliste. La fille ne cache rien des souffrances endurées. Et elle chante avec sa voix naturelle, sans amplification micro. Magnifique !

La soirée commence par une traversée de Paris par coeur (paroles de Bernard Dimey, musique de Jean Ferrat) dont la symétrie avec Il est cinq heures de Jacques Dutronc m'a frappée. Dominique raconte son arrivée à la capitale, précisément dans ce Montmartre où nous sommes ce soir. Le quartier était alors essentiellement peuplé de travestis, de peintres et artistes. Elle décrit, en se livrant presque à une scénette de théâtre d'objets, l'activité des bars, en particulier le Lux Bar (toujours au 12 rue Lepic) où les hommes racontaient leur vie en séchant un coup de blanc.

Ce qui est formidable dans leur histoire c'est combien la fille a marché dans les pas de son père alors qu'elle en ignorait l'existence. Elle a suivi l'enseignement de Jean-Laurent Cochet, a écrit très jeune ses premières chansons, qu'elle chantait dans le métro, place de Clichy, Ses premiers cachets lui permettent de se sentir libre et vivante.

samedi 22 juin 2019

Hiroshima mon amour avec Fanny Ardant


Hiroshima mon amour avec Fanny Ardant, c'est ainsi que le spectacle est partout annoncé. Je connais le texte de Marguerite Duras que j'avais tant apprécié au Lucernaire il y a cinq ans.

Je m'en souvenais parfaitement, trop sans doute. On peut bien avoir un immense talent, on peut bien être internationalement célèbre, il est impossible de faire oublier le travail de quelqu'un qui vous a précédé. Dominique Journet Ramel demeure la parfaite incarnation de Nevers. Et ne ne parle pas d'Emmanuelle Riva, elle-même mythique à la création.

Même si on est heureux d'entendre la sublime voix de Fanny Ardant et surtout je dirais celle de son partenaire, off mais si présent, Gérard Depardieu qui a réussi à supplanter celui qui assurait ce rôle dans la version précédente. D'autant que -et c'est nouveau- cette voix est parfois celle du japonais, tantôt vivant, tantôt fantôme, parfois aussi celle du soldat allemand.

Il faut rappeler que le film a été pensé et voulu par Alain Resnais qui avait demandé à une femme, écrivain en vogue à l'époque, d'en écrire le scénario. Il s'était tourné vers Françoise Sagan que le challenge effraya. Marguerite Duras accepta. C'était en 1959.

Contrairement à ce qui se passe habituellement avec le 7ème art, ce n'est pas Resnais qui a "monté" le livre de Duras mais Duras qui a écrit le film de et pour Resnais. Ceci explique combien faire jouer ce texte sur une scène de théâtre est un défi.

Surtout dans une mise en scène, signée par Bertrand Marcos, dépouillée à l'extrême avec pour seul accessoire un fauteuil (très peu utilisé d'ailleurs puisqu'il a demandé à la comédienne de s'allonger par terre plus souvent que de s'y asseoir).

Fanny Ardant est vêtue d'une robe à la coupe harmonieuse et classique, intemporelle, noire, comme on s'y attend. Elle est enveloppée de lumières dosées et dessinées par Patrick Clitus qui vont instaurer le climat et le décor du spectacle. La soirée commence dans un noir absolu, pendant lequel elle avance jusqu'au bord de la scène, d'une démarche presque chaloupée, ne cachant rien d'une fragilité dont il est difficile de juger si elle est voulue ou réelle, arrivant sur scène avec sa voix pour seul habillage.

Gérard Depardieu est d'une justesse stupéfiante, même si on l'en sait capable. C'est un plaisir pour nos oreilles. Le couple Depardieu-Ardant a été souvent réuni au cinéma, et même déjà à Paris au théâtre. C'était en 2004, pour La Bête dans la Jungle d'après Henry James, adapté par Marguerite Duras (déjà elle) dans une mise en scène de Jacques Lassalle au Théâtre de La Madeleine.

vendredi 21 juin 2019

Comment ça va ? de Stéphane Guérin

C'est un peu Avignon avant l'heure ce mois de juin à Paris. Cette après-midi je découvrais au studio Hébertot une des nouvelles pièces d'un auteur qu'on va finir par qualifier de "prolifique", Stéphane Guérin avec Comment ça va ?

Il avait l'été dernier dézingué la famille avec Kamikazes. Il poursuit dans la même veine, avec davantage de ressorts comiques.

Dans les soirées que nous racontent cet auteur On peut se parler et ne rien entendre comme le disait si justement un des personnages de Kamikazes. C'est forcément segmentant. On aime si on partage son point de vue, on chipote si on estime qu'il va trop loin. Personnellement j'adore. Je n'oublie pas qu'on est au théâtre et je me laisse aussi emporter par le jeu des comédiens qui, le connaissant bien, et tout particulièrement Raphaëline Goupilleau, savent à la perfection donner à ses monologues un air de dialogues.

Comment ça va ? nous ramène les pieds sur terre. La réponse est évidente .... non ? Comme ci, comme ça si on ne veut pas se plaindre. Les paroles de Shorts sont toujours d'actualité sauf que dans le théâtre de Stéphane Guérin ce n'est pas la différence de nationalité qui est la cause de l'incompréhension. Il faut la chercher ailleurs, et c'est ce qui fait la saveur du spectacle.

Ça commence joyeusement sur la musique entrainante du vieux tube néerlandais des années 80 dansé façon reggae par Paul, interprété par un Patrick Catalifo que je découvre dans un registre bien différent de ce que je l'ai vu jouer au théâtre de La Tempête.

Le spectacle est grinçant mais l'humour est constant, noir mais toujours présent. Il est ravageur dans la vie de couple en péril de Paul et Florence (formidable Florence Pernel qui tient là un de ses meilleurs rôles ... de composition bien sûr). Il n'est pas moins acide dans les rapports mère-fils entre Pat (Raphaëline Goupilleau) et Phil (Pascal Gautier).

Le doute est permis au tout début. Il se pourrait que Pat ne soit "que" dépressive, que Paul retrouve vite du travail, que Florence accepte de vieillir et que Phil se satisfasse de son avenir. petit à petit les non-dits surgissent dans une écriture qui s'enclenche en zigzags.

Stéphane Guérin parvient, avec des paroles d'une simplicité absolue, à pointer des vérités parfois cruelles : Le temps parait toujours plus long quand don attend / La société c'est les autres, l'humanité c'est nous / L'âge n'est pas un problème pour une femme, c'est juste une épreuve de plus ...

On peut tout se dire ; on se connait depuis si longtemps ! (...) Je suis là pour toi. Aïe, aïe, aïe la comédie tournera au tragique. Le non dit va être déballé sur la scène et fera des dégâts. Chômage, changement climatique, dérive des continents, attirance pour les cougars, ménopause, une maladie dont le traitement n'est plus remboursé par la sécurité sociale ... chacun videra son sac mais il n'est pas sûre qu'il aille mieux après. Comment relativiser des soucis devenus envahissants, à l'instar de déchets radioactifs dont on ne parvient pas à se débarrasser ?

Raphaëlle Cambray a réalisé une mise en scène efficace qui reste sobre. La fantaisie la plus originale est le recours à un mobilier de carton modulable à l'envi, tout à fait dans l'air du temps et des dernières tendances que j'ai vues au Salon Maison et Objet que les comédiens déploient de toutes les manières possibles. Et puis à la toute fin dans cette "robe de jeune créateur" imaginée par Chouchane Abello-Tcherpachian, qui a fait de si beaux costumes pour la Dame céleste et le diable délicat, à laquelle j'aurais préféré cette fois un de ces tabliers d'exception cousus main par une artiste comme Zélia et qui aurait été du meilleur effet.

Est-on heureux ? Faut-il l'être ? Advienne que pourra et écoutons les propositions de réponse que nous fait Stéphane Guérin. Il signe également Oh maman qu' Hélène Zidi met en scène au Théâtre du Roi René et il a co-écrit le texte du spectacle de l'humoriste Sandrine Sarroche qui joue dans la salle du Paris.

Comment ça va ? de Stéphane Guérin
Mise en scène de Raphaëlle Cambray assistée de Pierre-Louis Laugérias
Avec Florence Pernel, Patrick Catalifo, Raphaëline Goupilleau, Pascal Gautier
Lumière de Marie-Hélène Pinon
Scénographie de Catherine Bluwal
Costumes de Chouchane Abello-Tcherpachian
Festival d’Avignon le OFF
Théâtre de la Luna – Salle 1
1 rue Séverine - 84000 Avignon
Du 5 juillet au 28 juillet 2019 à 16h10
Relâches les 9, 16 et 23 juillet 2019

jeudi 20 juin 2019

Tête de tambour de Sol Elias

Incontestablement je n'aurais pas découvert Tête de tambour sans l'intermédiaire du groupe des 68 premières fois. Je dois être honnête, ce type de roman n'est pas ma "came". Il est très difficile à lire quand on a un emploi du temps surchargé comme le mien.

Ce n'est pas une lecture qui vous emporte et vous fait rêver. C'est un témoignage, par personne interposée, mais qui a très bien connu le personnage principal, qui éclaire sur les souffrances de quelqu'un qui a été diagnostiqué schizophrène.

Sol Elias aurait pu choisir la voie du documentaire. Elle a préféré le roman et elle a eu raison car elle ne prétend pas à restituer une réalité totalement exacte. Sa rigueur nous fait néanmoins percevoir l'enfer que son oncle aura enduré.

Ce roman, qui est magnifiquement porté par une écriture rigoureuse, néanmoins dialoguée, fait partie de ces livres "nécessaires" auxquels il faut consacrer un certain temps de lecture. Quoiqu'il en soit je suis heureuse de l'avoir eu entre les mains. Je sais qu'il existe. Je peux le recommencer et y revenir.

Ils ne m'avaient pas tué quand ils avaient vu mon visage cyanosé de bébé tenu pour mort à la sortie du ventre de la mère. Anaël aurait pu leur en être reconnaissant mais au contraire, il va décider de leur faire payer le prix fort (p.18) avant de prendre une seconde décision, celle d'écrire partout, sur tous les supports possibles et tout le temps.

Son excuse alors est peut-être ce premier constat, posé par Anna-Sol, sa soeur jumelle, d'un enfant hypersensible, hyperémotivité, hypersusceptible (p.21) : j'étais trop de tout, ou trop de rien.

mercredi 19 juin 2019

Le Dictionnaire délicieux de l’Italie de Emmanuelle Mourareau

Je suis sure que vous aimez la pizza, qui fut longtemps ce plat du pauvre qui faisait le repas des ouvriers napolitains. Ce n’est pas un hasard si le plus grand restaurant de Paris, installé sur une friche industrielle de la SNCF, et qui s’appelle la Felicita, est italien. Les Français adorent la cuisine du pays en forme de Botte.

On associe quasi systématiquement une assiettes de tomates à de la mozzarelle pour nous sentir en été. Le succès du tiramisu est en passe de détrôner la tarte Tatin dans les bistrots. On s’est mis à préparer les pâtes selon les règles de l’art, en adoptant la cuisson al dente. On commence à savoir les accommoder avec une sauce. La cuisine italienne est maintenant partout, même à l’Elysée où dans les années 80, François Mitterrand a fait servir le premier plat de pâtes au cours d’un repas officiel.

Ce n’est pas parce qu’on aime cette cuisine qu’on la maitrise bien, que l’on sait en décrypter les codes et que l’on connait l’histoire de ses spécialités. Je ne vais pas vous parler d’un nième livre de recettes mais d’un dictionnaire qui commence avec l’amande d’Avola, qui est cependant sicilienne, et qui se termine avec la Zuppa inglese dont il nous donne les différentes explications historiques justifiant plus ou moins cette appellation "d’anglaise" et qui est composé de plusieurs couches de crème pâtissière entre des biscuits imprégnés de liqueur, avec parfois quelques morceaux de fruits frais.

J'ai puisé tous ces renseignements dans le Dictionnaire délicieux de l’Italie que Emmanuelle Mourareau a publié dans la maison d'édition qu'elle a créée et qui s'appelle les Editions du pétrin.

J’ai fait la connaissance de cette éditrice dans une librairie atypique, spécialisée dans les livres de cuisine qui racontent aussi une histoire et qui s’appelle Appétit, rue Ferrandi. Les libraires y organisent régulièrement des rencontres avec les auteurs et je vous recommande d’y aller. C’est toujours intéressant. Il y avait ce soir là un autre ouvrage présenté sur les recettes culte de Venise.

Emmanuelle a fondé les éditions du Pétrin, en clin d’oeil à l’endroit où l’on pétrit le pain, et aussi pour conjurer le sort puisqu’il est connu que ce métier d’éditeur est difficile. Elle a d’ailleurs participé avec son savoir, son énergie et son sourire à une émission de la Grande Question sur Needradio consacrée à l’avenir du livre.

Elle a lancé en 2014 une collection de Petits Précis en P tous dédiés à l’Italie et sa gastronomie. Elle a démarré avec le petit précis de … parmigiano écrit par Alessandra Pierini. Puis ont suivi polenta, pasta, pesto, polpette, prosciutto di Parma, pomodori, pistacchi, pane, panettone, pizza qui ont été réalisés par divers auteurs.

Sans être exactement des livres de recettes, les Petits Précis s’adressent à tous ceux qui aiment creuser un sujet en s’amusant et qui apprécieront de visiter l’Italie à travers ses traditions culinaires. Écrits à la première personne du singulier, en format poche de 30 pages guère plus, ils mêlent anecdotes, souvenirs, recettes et illustrations, tout en réservant quelques surprises…

Cette fois c'est l'éditrice qui a mis, si je puis dire, la main à la pâte pour concoter ce Dictionnaire délicieux d'un pays qu'elle connait parfaitement et qu'elle aime infiniment, l’Italie, en parvenant à satisfaire trois de ses passions : l'Italie, l'écriture et la nourriture.

J'ai été intriguée par la barbagliata qui est une boisson typiquement milanaise composée à parts égales de café, de crème de lait et de chocolat. J’ai appris dans ce livre qu’elle a été inventée par Domenico Barbaja avant qu’il ne devienne le plus grand impresario que le XIX° siècle ait donné à l’opéra.

J’ai appris aussi que les cantuccis que j’aime faire pour Noël depuis plus de dix ans (et dont voici la recette) étaient à l’origine composés de farine, de sucre et de blanc d’oeuf. C’est bien plus tard qu’on ajouta des amandes. Par contre leur forme n’a pas été modifiée, et leur a donné leur nom qui signifie tranche de pain. Ils ont conquis les visiteurs de l’Exposition universelle de Paris de 1867.

Le caviar de Venise doit sa notoriété à la communauté juive de Ferrare et à Crémone, la mostarda faisait sérieusement de l’ombre à un certain … Stradivarius. On constate combien l’histoire de la cuisine italienne se croise avec celle de la musique.

Vous y apprendrez aussi que le guanciale est au lard ce que la truffe est au champignon et découvrirez aussi l’histoire de la fourchette arrivée en France avec les Médicis et que Louis XIV n’aimait pas utiliser. Vous saurez tout sur le Nutella dont la composition a bien changé depuis sa création en 1964.

Emmanuelle Mourareau a sans nul doute du se limiter en retenant seulement 50 mots pour composer ce Dictionnaire qui nous régale d’anecdotes, de légendes et de vérités gourmandes. Il peut constituer une introduction à la découverte de l’Italie avant d’y partir en vacances, un complément à son retour, ou une consolation pour ceux qui ne partent pas.

Dictionnaire délicieux de l’Italie, par Emmanuelle Mourareau, aux éditions du Pétrin 

mardi 18 juin 2019

L’histoire silencieuse des sourds au Panthéon

Vous savez sans doute que les grands personnages ayant marqué l'Histoire de France et qui furent militaires sont enterrés aux Invalides.

Les civils auxquels la nation veut rendre hommage sont au Panthéon. Parmi eux on trouve des écrivains comme Voltaire, Victor Hugo, Émile Zola, Alexandre Dumas, des hommes politiques comme Jean Jaurès, Jean Moulin, Jean Monnet, des scientifiques comme Pierre et Marie Curie. Les derniers à y être entrés sont Simone Veil, et son époux Antoine Veil, depuis le 1er juillet 2018.

Y repose aussi Louis Braille dont vous savez combien il a compté pour les déficients visuels. Par contre aucune personne ayant oeuvré pour les droits des sourds n’a eu cet honneur, malgré la quasi promesse de François Hollande et de son successeur d’y faire entrer l’Abbé de l’Epée.

Un premier pas est effectué cette année avec une exposition dans un grand espace du rez-de-chaussée de ce monument national qui retrace comment des gens placés en situation d’infériorité sociale ont conquis leurs droits à l’éducation, au mariage et au travail grâce à une vraie langue, qui se nomme la LSF et qui permet l’autonomie.

L’histoire silencieuse des sourds a été réalisée sous le commissariat scientifique de Yann Cantin qui est (entre parenthèse le seul sourd en Europe à avoir ce titre) docteur en Histoire à l’EHESS, et maître de conférences à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Il aura fallu vingt ans pour parvenir à organiser cet hommage national.

Cette exposition est ponctuée avec intelligence par des petits films conçus avec des comédiens signants de l’IVT, International Visual Théâtre, qui est un lieu unique dédié à la culture sourde à Paris. Ils ont enregistré quatre portraits vidéos de personnalités capitales pour la culture sourde : Madeleine Le Mansois (XVIIIe siècle), Ferdinand Berthier (XIXe siècle), Henri Gaillard (XIX-XXe siècle) et Emmanuelle Laborit (XXe siècle).

On peut voir aussi un extrait du film Ridicule réalisé par Patrice Lecomte, il y a un peu plus de 20 ans, se moquant de la réaction de la noblesse du XVIII° siècle à l’égard des sourds et comment l’abbé de l’Epée parvient à démontrer les compétences des sourds car l’intelligence n’est pas dépendante de l’audition.

On attribue souvent à ce grand homme la création de la Langue des signes alors qu’en fait on a retrouvé quelques traces datant de l’empire romain. Platon fait état de sourds communiquant par gestes. Elle a réellement émergé spontanément au Moyen-Age et s’est déployée dans les villes. C’est une langue à part entière comme le français oral et il est important de la distinguer du "français signé" qui est totalement différent. Et bien entendu il existe des langues des signes. On ne signe pas maison par le même geste en Chine et en France, ne serait-ce que parce que le toit est différent. Ce n’est pas une langue internationale ni universelle.
L'exposition présente des traces de "langue" très anciennes. Comme le Livre de raison de Lincel, témoignage unique du quotidien d'un seigneur sourd au XVI° siècle, qui est un livre de comptes, où Antoine de Rincel note ses dépenses et revenus.

lundi 17 juin 2019

Trophées de la Comédie musicale 2019

La troisième édition des Trophées de la Comédie Musicale s'est déroulée ce soir au Théâtre Édouard VII ... sous le signe évident de l’humour et de la bonne humeur, ce qui n'empêchait pas le respect et la qualité d'être au rendez-vous.

La soirée s'est enchainée sans temps mort (et sans ennui, ce ne sont pas toutes les cérémonies qui peuvent s'en vanter) et nous n'avons pas vu les 3 heures passer. Je ne comprends pas qu'une chaine de télévision ne retransmette pas un moment pareil, qui est une formidable occasion de démontrer la vitalité et la variété de la comédie musicale en France. La cérémonie sera podcastée en intégralité sur Youtube d'ici quelques jours mais ce n'est pas équivalent à une retransmission en direct.

Sans doute voulez vous immédiatement savoir qui furent les "grands" gagnants en terme de nombre de récompenses. Ce furent L’Homme de Schrödinger (4 trophées) et Chicago (5 trophées, quelle revanche pour une troupe qui repartit bredouille des Globes de cristal l'an dernier et que l'on voit au complet sur la photo ci-dessous) mais ce sont au total 11 spectacles qui se sont partagés les 17 trophées.
Des extraits de chacun des spectacles en lice pour le Trophée de la comédie musicale ont ponctué la soirée, ce qui permettait de tous les honorer, quels que soit l'issue des votes :  il y eut des morceaux de Chicago (qui fut le gagnant, annoncé en clôture de la soirée), Into The Woods, Berlin Kabarett, L’Homme de Schrödinger
 avec Juliette Behar, Julien Ratel
un extrait de We will rock you
avec Doryan Ben
et Charlotte Hervieux (nominée trophée de l'artiste interprète féminine)
Alexandre Faitrouni (Trophée du second rôle masculin l'an dernier pour son rôle dans Grease – Le musical) fut un maître de cérémonie chaleureux, souvent taquin avec le public (l'incitant à participer) ou avec les musiciens (ah la séquence "roulements de tambour et tout et tout" restera culte ....). Il s'est inspiré des costumes qui lui ont été imposés tout au long de sa carrière pour apparaitre régulièrement -et sans peur du ridicule, ce qui fait son charme- dans un des personnages qu’il a joué ou dans un costume emprunté à une célébrité comme celui d'Igor, fidèle serviteur des Frankenstein, le manteau de Peau d'Ane, la robe de chambre de Ebenezer Scrooge, personnage du conte Un chant de Noël, la tenue de Madonna imaginée par jean-Paul Gaultier ...

Ce fut d'abord en Coco Lapin qu'il démarra la soirée aux cotés de Cloé Horry (les Funambules) et Alyzée Lalande (Grease).

dimanche 16 juin 2019

La Tosca mise en scène par Agnès Jaoui pour Opéra en plein air

J'avais hier après-midi assisté à la version "junior" de la Tosca pour un jeune public. 

J'avais quitté le Parc de Sceaux sur cette très belle image où je trouvais astucieux d'avoir placé une toile en fond de décor complètement "raccord" avec la façade (en travaux) du château.

Puccini s’est battu pour avoir les droits de Sardou et composé son opéra qui fonctionne comme une pièce de théâtre.

Ce drame a quelque chose de Victorien. Napoléon va bientôt entrer dans la ville, se proclamer roi de Rome. L’action se déroule sur trois jours, dans des lieux parfaitement reconnaissable, de la capitale italienne. Par exemple à l’acte II nous serons au palais Farnèse qui est aujourd’hui l’ambassade de France à Rome et qui existe toujours.

Je n'imaginais pas un instant que des video projections allaient amplifier et littéralement faire décoller la mise en scène. Le public sera subjugué tout au long de la représentation. Aucun effet n'est superflu. Le travail d'Agnès Jaoui, la metteuse en scène est tout simplement magique.
L’action commence en plein jour. Il est 20h45 et le soleil brille sur le manteau doré de la madone.
Le portrait que Cavaradossi est en train de réaliser se matérialise sur un second écran à jardin, alors qu'au centre on voit la Tosca remonter en courant l'allée des Clochetons qui mène au château.

samedi 15 juin 2019

La Tosca d'Opéra en plein air version junior

Opéra en plein air est une formidable entreprise de démocratisation de l'opéra que je soutiens depuis très longtemps. L'entreprise évolue avec une nouveauté très intéressante cette année consistant à s'adresser aux enfants, avec une représentation adaptée, à un horaire qui convient au jeune public et conçue comme une initiation à l’opéra.

Tosca a été revue par Philippe Bonhomme pour devenir une sorte de conte, en respectant la trame dramatique du livret tout en adoptant un ton humoristique, grâce à des personnages clownesques et un rythme dynamique.

S'il y a nécessairement plusieurs personnages ils sont par contre tous interprétés par un seul comédien qui n'a pas peur de surjouer, pour le plus grand plaisir des enfants, de 5 à 12 ans.

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