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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

vendredi 17 janvier 2025

Maison & Objet édition janvier 2025

J’avais l’an dernier, déploré la fragilité du sac du salon et la perte des cartes de visite que j’y avais glissées, ce qui m’avait inspiré cet article sur le réemploi des tote-bags. Celui de cette année a tenu toutes les promesses, et comme toujours, il est beau. Il a été conçu par Faye Toogood qui est une des signatures emblématiques du design britannique, créatrice de l'iconique fauteuil Roly Poly.

Je crois que je vais réfléchir à un patron de tablier japonais pour donner une seconde vie à ceux de plusieurs éditions, car ils sont tous dans ce même ton de rouge. 

Ceci étant j’aime beaucoup Maison & Objet qui est un salon d’une variété infinie et qui permet toujours de faire des découvertes originales tout en se tenant informé des tendances. Sans parler du plaisir de revoir les marques avec lesquelles on peut ainsi rester en contact.

Cette fois ce furent les Arbres de Vie de l’Arche, cèdres (comme sur la photo) ou séquoias, qui sont morts de mort naturelle ou qui ont été balayés par une tempête, et qui ont trouvé une seconde vie en devenant arbres de méditation au lieu de finir en bois de chauffage ou de broyage. Ils sont désormais magnifiés, imputrescibles depuis que l’aubier a été retiré et peuvent donc autant être placés en intérieur qu’en extérieur.  

Y prendre place (quasiment s’y réfugier) pour passer quelques instants hors du temps et dans une sorte de bulle acoustique provoque un apaisement quasi-immédiat. Les sons nous parviennent dans les graves, avec plus d’efficacité que le frottement d’un bol tibétain. Ces installations uniques sont plébiscitées dans les entreprises où ils ont été installés pour favoriser un regain d’énergie après une courte pause, constituant ainsi une saine alternative à la machine à café.

On peut aussi les trouver dans des hôtels de luxe et même chez des particuliers qui les considèrent autant comme des oeuvres d’art que des espaces de repos. Leur créateur, Philippe Bray est installé comme il le dit "loin de tout, en pleine campagne" en Haute-Vienne à Saint Cyr (87310).
Parmi les jeunes talents coréens j'ai remarqué Lee Lisan qui propose un cintre d'une simplicité et d'un modernisme insensés.
L'agence d'architecture et de design Uchronia a présenté son hôtel éponyme et conceptuel de 200 mètres carrés pensés comme une suite d'hôtel surréaliste, jouant des règles de perception et des sens pour offrir un voyage hors du temps. Bien connue pour son usage des tons vifs et des formes ludiques elle répondait à la thématique « Sur/Reality » en imaginant une installation oscillant entre réalité, monde imaginaire et esthétique seventies. J’ai bien entendu pris des notes en traversant ce parcours immersif.

Mon premier coup de coeur fut cette année pour Fermob qui s'affirme en tant que "jardin d’idées et d’inspiration". Je ne prétendrai pas qu’il s’agit d’une découverte car j’imagine que vous connaissez tous leur chaise iconique, ponctuant les allées du Jardin du Luxembourg ou des Tuileries. Mais sans savoir peut-être qu'on la doit à ce fabricant français, situé depuis plus de 35 ans au coeur du Beaujolais à Thoissey, dans l’Ain. Beaucoup d'entre vous savent sans doute que la marque a conçu le premier lampadaire solaire, d'une hauteur de 1,80 mètre.
Le savoir-faire du travail du métal (d’où le nom de la marque dans lequel on reconnaît la diminution de mobilier associée au mot fer) est un héritage des anciens ateliers de maréchal-ferrant. Les compétences ont traversé le temps en s’enrichissant des technologies modernes comme la ligne de peinture zéro déchet et émission de particules.

A propos de couleurs, les nouveautés seront Tonka brut, Orange confite (que j’ai vu sublimer un vestiaire Funambule) et Bleu Maya.

Il y a comme une touche de magie dans le design des pièces Fermob. Ainsi le vestiaire Funambule est à mi-chemin entre fonctionnalité et fantaisie, évoquant une structure de cabane ou les lignes d'un chapiteau circassien. Ce meuble 3-en-1 combine un banc accueillant, une tablette de rangement et 7 patères en bois disposées à différentes hauteurs des mains des petits et des grands.

Parmi  les nouveautés, je citerai le côté rétro-chic de Swing, qui est un luminaire à poser imaginé par Tristan Lohner. Cette lampe d'apparence simple est un petit bijou de technologie : elle innove à travers une nouvelle fonctionnalité, un interrupteur à bascule intégré que déclenche un mouvement à droite ou à gauche pour allumer ou éteindre la lumière d’une simple inclinaison (< à 75°).

Facile à prendre en main grâce à sa structure en aluminium, son diffuseur ciselé est en polycarbonate à sa finition est proche de celle d’un verre opalin. Elle offre deux températures de lumière. Son autonomie, d’une dizaine d’heures, garantit de briller toute une soirée avant de la recharger en trois heures maximum grâce au chargeur "Fermob magnet". Comme une très large majorité de luminaires, elle est éco-conçue : démontable, réparable et recyclable, pour une durabilité prolongée. 
Cette lampe s'adresse autant aux adultes qu'aux enfants comme sur cette table autour de laquelle de mini-artistes ou de mini-canailles pourront prendre place à côté de Mademoiselle rêveuse ou de Monsieur Farceur … et jouer aux grands.

jeudi 16 janvier 2025

Terre des Hommes dans la mise en scène de Thierry Harcourt

Il y a en ce moment une vague Saint-Exupéry (1900-1944) propice à redécouvrir ce grand homme, à la fois aventurier et écrivain, peut-être pour mieux le comprendre et ne pas le réduire à l’auteur du Petit Prince, même si cet ouvrage est totalement remarquable.

Après le très joli film de Pablo Agüero, intitulé sobrement Saint-Ex, autant consacré d’ailleurs à l’aviateur qu’à son mentor et meilleur ami Henri Guillaumet (1902-1940), voici Pierre Devaux qui a adapté le roman Terre des Hommes, un récit qui rend hommage aux deux hommes et au mécanicien, André Prévot (1907-1947) et qui raconte le premier vol d’Antoine de Saint-Exupéry, le 29 janvier 1926 à destination de Dakar.

A son entrée dans la salle du Théâtre de La Flèche, installé dans une cour parisienne paisible de la rue de Charonne, le public (pour la plupart en dessous de la quarantaine) est surpris par un planisphère posé au sol dans un halo de ciel bleu (conçu par le metteur en scène qui signe aussi les lumières) d’où se détachent, au lointain, un blouson et la veste d’un uniforme.

Arrive Pierre Devaux (qui est encore le Chevalier d’Ancenis dans les excellentes Liaisons dangereuses à la Comédie des Champs-Elysées). Très vite il nous embarque dans le cockpit de son Latécoère dont il partage les sensations avant le décollage.

On a compris que l’homme est considéré avant tout comme un rêveur : Vous partirez demain et vous êtes prié de fournir des rapports, pas des poèmes !

On ne viendra pas pour apprendre des faits nouveaux. On connait l’histoire. On sait que c’est Guillaumet qui avait initié Saint-Ex au survol de l’Espagne. Après avoir survolé ce pays et profité de la beauté de ses paysages Saint-Ex raconte le combat contre les orages pendant la nuit, avant de s’écraser dans le Sahara. Comment alors survivre, lutter contre le soleil, la faim, les mirages et la folie… ?

On connait la bravoure de ces héros, tous morts jeunes, entre 40 et 44 ans. Beaucoup de leurs affirmations ont valeur de proverbes et témoignent de leur disposition pour la pensée positive : Dis-toi que ce quelqu’un d’autre a fait tu peux le faire / Un pas, encore un pas, c’est toujours le même pas qu’on recommence.

Jusqu’à la fameuse tirade : Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait.

On a la confirmation de la bonté de Guillaumet qui répandait la confiance comme d’autres la lumière. Pierre Devaux a conservé les citations les plus célèbres et fondatrices du mythe, et les apparitions quasi surnaturelles des deux jeunes filles, d’une mangouste, de vipères et … d’un renard.

Entre conversation et confidences, évocation et retour d’expérience, le comédien est tour à tour chacun des cinq personnages qui se caractérise par une voix, un phrasé et un accent particulier. Il nous fait revivre cette époque héroïque dominée par un dévouement jusqueboutiste pour acheminer le courrier qui force l’admiration, quitte à devoir se contenter d’une orange en guise de dîner après avoir contré les exigences bureaucratiques.

La mise en scène de Thierry Harcourt est sobre et efficace. La direction d’acteur est parfaite. Une grande sensibilité se dégage de son jeu et nous cueille complètement, ce qui n’exclue pas quelques notes d’humour.

C’est comme toujours Tazio Caputo qui collabore avec le metteur en scène pour concevoir la musique que l’on croit déjà connaître alors qu’elle a été conçue spécialement, faisant de Terre des Hommes un spectacle très abouti.
Si vous ne pouvez pas le voir au printemps à Paris vous pourrez vous rattraper cet été durant le Festival d’Avignon : il est programmé au Théâtre des 3 Soleils.
Terre des Hommes d’après Antoine de Saint-Exupéry @Editions Gallimard
Adapté et interprété par Pierre Devaux
Mis en scène et en lumières par Thierry Harcourt
Son et musique de Tazio Caputo
Au Théâtre de La flèche - 77 rue de Charonne – 75011 Paris
Le jeudi à 19 heures du 9 janvier au 13 mars 2025 et prolongation les samedis 12, 19 et 26 avril à 17 heures

mercredi 15 janvier 2025

Le hasard merveilleux de Jean-Christophe Dollé

Les cris des mouettes et le ressac signalent que nous sommes en bord de mer. Une trompe retentit. Un match va opposer des équipes féminines de différentes religions à Constantine. 

Brigitte Guedj est Sylvie, coach sportif, entraîneuse d’une équipe féminine de hand-ball d’Aubervilliers, cinquante ans, est revenue bien malgré elle dans la ville de son enfance et va nous raconter une journée extraordinaire qui aura bouleversé sa vie en lui permettant de se réconcilier avec son passé. Une incroyable succession de hasards.

Il y a un petit souci de temporalité du fait de l’alternance entre des faits très anciens s’étant déroulés à Constantine en 2012 et un passé récent raconté comme s’il était en train de se dérouler, voire parfois comme si les choses n’avaient pas encore eu lieu, ce qui va nuire à des moments de magie qui sont un peu plaqués, surtout quand ils ne sont pas parfaitement maîtrisés. Le spectacle est encore frais. C’est sans doute une question de rodage.

Comme le jeu de la comédienne, bien meilleure dans ses imitations de personnages caricaturaux que dans l’incarnation de cette femme dont malheureusement on entend combien les trois paquets quotidiens de cigarettes ont éraillé sa voix, l’amenant à surjouer la nana forte et féministe à travers des confidences heurtées. Son comportement est paradoxal, comme l’est souvent celui des victimes : elle dit non mais toujours exécute les ordres.

On se souvient de précédentes créations comme Téléphone-moi et Allosaurus. Jean-Christophe Dollé, comme à son habitude, accorde un rôle capital au téléphone pour annoncer les nouvelles et activer les dialogues. Il a l’art de pointer les erreurs de langage. Comme il a raison de souligner que désigner quelqu’un comme étant arabe n’a pas le même sens en région parisienne qu’en Algérie. Mépris dans un cas, qualificatif dans l’autre.

Ponctuée de multiples adresses au public et de « vous me croyez ? » auxquels les spectateurs ne répondent pas, le récit de Sylvie est plutôt émouvant mais il ne dégage pas le potentiel humoristique qu’il est censé dégager au second degré et le public rit très rarement, et peu. Chacun est cependant forcément en totale empathie avec celle qui aura été traitée de « p’tite pute » tout au long de son enfance par un père qui lui interdisait de parler, en particulier du choix de vie de Tata Viviane et qui n’avait que Monsieur Oscar pour la consoler. On se réjouira avec elle que les femmes finissent toujours par être libres. Puisse cet adage devenir universel !

Je n’avais pas vue Brigitte Guedj dans Le Malade Imaginaire mis en scène par Tigran Mekhitarian (elle joue en alternance avec Isabelle Gardien) et qui est actuellement en tournée. Mais je l’avais applaudie dans L’invention de nos vies mis en scène par Johanna Boyé en Avignon
Le hasard merveilleux de Jean-Christophe Dollé
Mise en scène Laurent Natrella
Avec Brigitte Guedj
Création sonore Dominique Bataille
Lumières Elsa Revol
Costumes/ Décors Delphine Brouard
Effets magiques Arthur Chavaudret
Du 8 janvier au 16 février 2025, Relâches les 4 et 11 février 2025
Du mardi au samedi à 21H00, Dimanche  17H30
Au Lucernaire - 53 rue Notre-Dame-des-Champs - 75006 Paris
Âge conseillé pour cette pièce : à partir de 12 ans.

mardi 14 janvier 2025

Museum Connections édition 2025

C’est un grand plaisir doublé d’un véritable intérêt de venir découvrir une nouvelle édition de Muséum connections qui avait lieu les 14 et 15 janvier 2025 qui demeure très intéressant et que je recommande aux acteurs culturels.

Je suis revenue en veillant cependant à ne pas commettre les mêmes erreurs que l’année dernière. J’avais passé beaucoup de temps à suivre une conférence (intéressante au demeurant) au détriment de rencontres interpersonnelles sur des stands. J’ai donc davantage ciblé les entretiens cette année une fois effectuée la visite de presse.

Je ne me suis pas attardée sur les stands que j’avais visités en 2024 et de ce fait son compte-rendu est en quelque sorte complémentaire au présent article.

C’est le genre d’endroit où je cherche à débusquer des tendances et c’est amusée que j’ai découvert les couleurs du sac de cette édition, totalement raccord avec un pull Chacok conçu probablement dans les années 80, tout autant qu’avec les couleurs de la garde-robe imaginée par Bina Daigeler pour les actrices du dernier film de Pedro Almodovar que j’ai chroniqué hier.

L’année dernière, le sac avait déjà fait son petit effet chez moi puisqu’il était en parfaite harmonie avec une très ancienne chaise-longue en rotin.

Tous deux sont conçus et fabriqués par Indispensac dont les valeurs perma-industrielles méritent d’être rappelées. Créée par les salariés des Tissages de Charlieu, près de Roanne, c’est une intra-entreprise qui s’est lancée en 2015 avec une première commande symbolique de 20 000 sacs distribués lors de la COP 21.

En mars 2020, face la pénurie sans précédent de masques chirurgicaux, l'entreprise avait démontré que la désindustrialisation de l'industrie textile française (majoritairement en Chine et en Inde) n'est pas une fatalité et produit 15 millions de masques lavables et accessibles en terme de prix qui offraient aussi l'avantage d'une économie de 34 000 Tonnes de Co2 et la préservation de 400 emplois sur cette période.

Depuis, Indispensac continue à fabriquer, en France, des sacs et packaging textiles accessibles, éco-responsables, socio-responsables et créatifs, notamment pour de grands distributeurs comme Auchan (et je reconnais souvent leurs sacs dans la rue) toujours à partir d’un recyclage de pulls et jeans usagés dont on comprend le processus avec les échantillons placés dans des bocaux  à divers stades.
La question des sacs, ou tote-bags, peu importe leur dénomination est un sujet très vaste. J’ai consacré un article donnant des pistes de réemploi ici. Je ne vais pas les reprendre aujourd'hui. Mais je citerai Brodelec où la confection et l'impression restent 100% françaises, la plupart en coton recyclé et qui avait pensé à un « goodie » vraiment pertinent, une pochette pouvant servir de housse à un IPad que je serai fière d’utiliser.

Je me dois de parler de Filt, Entreprise du Patrimoine Vivant, tellement fière du savoir-faire de leurs couturières que leur prénom est inscrit dans chacun des filets à provisions qu’elles fabriquent. 100% coton, lavable en machine, teinture oeko-tex, disponibles en mastic ou dans une vingtaine de couleurs vives, et même bleu/blanc/rouge, avec petites ou grandes poignées et dans différents formats.

A l’origine Filt 1860 était une coopérative de paysans Normands fondée en 1860 à Saint Sylvain, près de Caen. Les moyens de fabrication ont commencé à être mécanisés en 1910, et les premières expériences à l’export commencent dès 1925. On devine le drame de la Seconde Guerre Mondiale après le bombardement de la ville de Caen. L’usine fut détruite.

La production reprit en 1948 après beaucoup d’efforts et de volonté de reconstruction. A cette période, environ 30% de la production est destinés à l’export, environ 50 ouvriers et plus d’une centaine travaillent à domicile. L’entreprise est présente dans plusieurs secteurs d’activités : La mytiliculture, le loisir, le rangement, l’agroalimentaire, la chasse...

Depuis les années 2000, et sous la direction de Jean-Philippe et Catherine Cousin, elle fabrique toujours à Mondeville (Calvados) les filets iconiques de nos grands-mères, légers, robustes, pratiques et extensibles, mais encore des filets de cuisson, de portage, des filets de rangement, des sacs à pommes de terre, des filets de tennis, des porte-bébés, bien sûr des hamacs et aussi des cordons. Et signe parfois des collaborations pour d’autres marques en déclinant le produit-phare en ajoutant par exemple une sangle en cuir tanné.

J’ai aussi eu un gros coup de coeur pour les Tissages de l’Ouest, dont l’histoire est liée à celle du tissage du coton pendant cinq générations. Installé depuis 1850 dans le bassin textile Choletais, disposant d’un savoir-faire unique, transmis depuis cinq générations, l’entreprise a connu d’énormes difficultés dans les années 2010. La marque À L’Aise Breizh rencontre l’équipe, travaille à ses cotés puis rachète le matériel et décide en février 2015 de rapatrier l’atelier de tissage, l’ensemble de ses machines et ses 9 salariés, sur le site de production morlaisien (Finistère), historiquement lié au tissage du lin où l’atelier reprit sa routine.

On m’a raconté le déménagement, épique.. avec un cortège de 18 semi-remorques progressant à la queue-leu-leu, portant des mastodontes de métiers à tisser théoriquement indéplaçables. L’ourdissage, une machine comportant une multitude de bobines de fils et qui permet de les dérouler pour préparer le tissage, mesurait à lui seul 18 m de long !

Il existe aussi dans le textile une branche « vestimentaire » non négligeable à travers les chaussettes. La variété du catalogue de MuseARTa est impressionnante avec 450 modèles. On les trouve dans de multiples musées, monuments, librairies et … tous les musées Guggenheim. Le nom de l’œuvre figure sur l’étiquette, par exemple Le chat noir de Théophile-Alexandre Steilen. Ce peintre suisse a réalisé cette affiche en 1896 pour promouvoir le fameux cabaret parisien. Les admirateurs de Frida Kahlo sont très chanceux avec un choix entre -au moins- six propositions.
Quand textile et créativité se combinent on obtient des créations dont on comprend qu’elles soient sélectionnées par les boutiques des grands musées. Comme ce que fait le laboratoire de plis ÊKÔ dont le credo est de transformer des déchets textiles en objets design. Les anciens kakémonos et les bâches publicitaires des musées ou lieux culturels se métamorphoseront en créations plissées, témoins de leurs événements passés. Ils deviennent des objets décoratifs élégants, au design raffiné, comme ces enveloppes pour cacher des vases sommaires ou ces sacs de soirée qui se plient dans la poche.
A propos de vase, on peut citer cette sculpture en papier de Mediterraneo qui a de nombreux modèles tous pliables et qui fait partie des objets sélectionnés par Hélène Genter pour les mettre en valeur dans la boutique éphémère du salon qui pointe les tendances.
En reprenant mes notes, je m'aperçois que j'ai davantage été attirée par cette catégorie d’objets et, sans compter ceux dont j'ai parlé l'an dernier comme Belle lurette, qui a toujours de nouvelles boites à musique, c’est dans la partie « Boutiques » que j’ai passé davantage de temps.
Outre le textile, l’offre est marquée par deux grands courants :

lundi 13 janvier 2025

La Chambre d’à côté, réalisé par Pedro Almodóvar

Je suis allée voir The Room Next Door, La Chambre d’à côté, premier film réalisé en langue anglaise par Pedro Almodóvar.

J’en connaissais évidemment le sujet, l’accompagnement d’une personne qui a décidé de choisir le moment de son dernier instant et qui tient à partir dans la dignité. C’est d’ailleurs une question d’actualité en France en ce moment. Je m’étais préparée à des scènes dures mais c’était inutile.

Bien entendu, le film n’est pas à proprement parler réjouissant et il ne déborde pas d’optimisme. Il aborde d’ailleurs -comme en miroir- la question de la fin probable de l’univers terrestre, ce qui est fort intéressant, faisant dire à Damian (John Turturo) combien la survie du néolibéralisme et la montée de l’extrême-droite accélèrent la mort de la planète.

D’autres aspects sont traités comme cette interdiction de toucher le corps de son patient pour corriger une posture et encore mais moins lui faire un câlin. Quel monde absurde. Le coach devra tenter de faire aussi chaleureux en pratiquant un « câlin par les yeux ». 

Mais le scénario est d’abord une ode à l’amitié autant qu’à la nature, scénarisé comme un thriller en nous faisant douter de l’issue. D’ailleurs un rebondissement n’est pas exclu puisqu’aux USA on ne plaisante pas avec la fin de vie. L’interrogatoire du policier sera exemplaire et on se souviendra de l’injonction de Martha : Rappelle-toi, tu ne sais rien de rien.

Chaque scène est un tableau et la multiplication des gros plans, y compris sur les visages, vaut dialogue.

Les objets de décoration sont splendides, semblant surgir de l’imagination d’un architecte d’intérieur pour la prochaine édition du Salon Maison & Objet. Les bouquets de fleurs sont magnifiques eux aussi. Chaque chose est à sa place. Les décors explosent de couleurs vives. Et à peine m’étais-je formulé intérieurement qu’on se croirait dans un tableau d’Edward Hopper qu’une comédienne faisait allusion à cet artiste, réputé pour être le peintre de la solitude alors que le film traite de l’exact opposé.

Almodóvar citait un autre grand tableau américain, Christina’s World d’Andrew Wyeth, qui apparaît dans un flash-back, en inversant certains motifs comme la position de la jeune fille (à noter que la modèle originale était atteinte de la maladie de Charcot, un mal incurable), à gauche dans le tableau, à droite dans le film mais aussi l’herbe, sèche et aride dans le tableau, verte et vivifiante dans le film, ou encore la maison, calme et apaisante dans le tableau, ravagée par les flammes dans le film, faisant dire au personnage que « ces maisons de bois brûlent trop vite », ce qui malheureusement résonne tragiquement avec les incendies frappant Los Angeles.

Les costumes vont faire des envieux. Je devine le nombre d’interrogations publiées sur les réseaux sociaux pour connaître les noms des fournisseurs des pulls, des sacs (Julianne Moore en porte un différent à chaque plan et même ses chaussures sont géniales), de chaque tenue et qui font toutes envie comme rarement à ce point. Les vestiaires des comédiennes ont été élaborés par Bina Daigeler, la costumière, en lien étroit avec Pedro Almodovar qui est très pointilleux sur cela.

Ne croyez pas pour autant que ce film est futile. Et c’est peut-être en raison de la gravité du sujet que notre œil s’est attardé sur des détails vestimentaires ou décoratifs.

Les deux comédiennes se donnent la réplique dans la retenue. Les dialogues sont serrés et loin du bavardage et/ou du pathos. Si quelque chose m’a dérangée c‘est le visage osseux de Tilda Swinton, quoiqu’il convienne parfaitement à la situation, en l’occurrence son rôle de malade. Sa voix, son phrasé, sa silhouette, la couleur de sa peau et sa coupe de cheveux, qui contrastent avec les couleurs vives de ses vêtements et de son maquillage sont tout à fait à propos pour suggérer une femme en prise avec la maladie.

J’ai aimé la relation entre les deux personnages, respectant la liberté de chacune. Son amie Ingrid reconnaît son impuissance au tout début : Je ne sais pas comment t’aider. Je suis désolée. Mais comment s’opposer à son amie Martha qui ne lui demande qu’une chose L’accompagner pour affronter cette guerre, en étant la personne qui sera dans la chambre d’à côté ?

Le spectateur remarquera-t-il que, même si elle accède à son souhait, Ingrid s’installera dans une autre chambre, à l’étage inférieur ?

Il faut dire quelques mots de la maison dans laquelle elles vont passer quelques jours et qui est filmée comme s’il s’agissait d’un personnage. C’est une réalisation architecturale très impressionnante, conçue par le duo d’architectes Aranguren + Gallegos, et qui s’intégre harmonieusement et parfaitement dans le paysage boisé naturel de San Lorenzo de El Escorial. 

Le réalisateur a trouvé la Casa Szoke en Espagne, près de Madrid. Elle offre un cadre spectaculaire pour plusieurs scènes-clés. Achevée en 2020, cette structure audacieuse, composée de volumes imbriqués en cascade, s’accorde subtilement avec le relief accidenté du Monte Abantos, 

L’interprétation est magistrale et si plus haut je reconnais être mal à l’aise par le visage de l’actrice principale je la trouve totalement crédible (aussi) dans le rôle de sa propre fille. S’être glissée dans la peau de la jeune femme apporte une dimension supplémentaire et participe à la compréhension de leur difficulté à nouer une relation familiale.

Pedro Almodovar traite de sujets qui lui tiennent à coeur. Ce n’est pas un hasard si Martha répond à la question confie à son amie que sa pire guerre aura été l’extermination contre les bosniaques, quand elle était reporter.

Il célèbre l’importance des livres. Le film commence par une longue queue devant la librairie Rizzoli par des lecteurs patientant pour une dédicace. On voit un ouvrage sur Elizabeth Taylor et Richard Burton. Les livres sont présents partout, y compris d’occasion quand les deux femmes font des achats dans une enseigne Books new and old. Enfin il y a, sous-jacent, le roman de Sigrid Nunez, paru en 2020, Quel est donc ton tourment ? (What Are You Going Through).

Il multiplie les références cinématographiques, avec les films de Buster Keaton ou Gens de Dublin, le dernier long-métrage de John Huston tourné en 1987 dont il faut rappeler le titre américain, The Dead, à partir du recueil de nouvelles Dubliners de James Joyce publiées en 1914.

La musique joue aussi un rôle particulier, presque familier car on a le sentiment de la connaître déjà.

La Chambre d’à côté, réalisé par Pedro Almodóvar 
Avec Julianne Moore, Tilda Swinton, John Turturo …
En salles depuis le 8 janvier 2025

dimanche 12 janvier 2025

Dialogues de bêtes mise en scène d’Elisabeth Chailloux

Mieux vaut tard que jamais et j’espère très sincèrement que la pièce sera reprise pour ne pas avoir créé parmi vous des envies insatisfaites.

Ces dialogues de bêtes sont un bijou. Lara Suyeux a eu cette idée brillante à se risquer dans l’interprétation  des textes de la grande Colette (1873-1954) qu’elle a adaptés pour le théâtre avec Elisabeth Chailloux à qui elle a confié la mise en scène. Quel régal !

L’œil de la comédienne fait d’incessants aller et retour entre la salle et la table du dessinateur auquel elle mime quelque confidence qui restera secrète. L’homme est très affairé.

Cyrille Meyer restera plusieurs scènes attablé, dessinant en direct et, comme il est gaucher, ce que le spectateur voit n’est pas caché par sa main ni son épaule. Le bénéfice est intéressant (ce qui me rappelle le martyre d’une de mes camarades de classe, gauchère elle aussi, envoyée su systématiquement au tableau pour y tracer les démonstrations de mathématiques sans provoquer d’agacement chez les élèves puisqu’ils assistaient en direct à la découverte de l’agencement des formules).
C’est lui qui nous annonce le premier chapitre 1. Sentimentalités qui se trouve être exactement celui de l’auteure. On est tout de suite nous aussi sur le perron inondé d’un soleil de plomb. Les noms des personnages sont d’une drôlerie insensée, qu’on les connaisse ou pas. On entend le bourdonnement en arrière-plan.

Cent vingt ans après leur publication, ces dialogues n’ont rien perdu de leur saveur. Très vite, Lara est le chien, puis la chatte. Le premier est ridicule, la seconde est féline. D’emblée elle est phénoménale.

Je me sépare du monde minaude la chatte angora tigrée, Kiki-La-Doucette. Tu parles compliqué lui répond le dogue bull bringé Toby-Chien. Il faut comprendre que les deux animaux vont souvent commenter les actions et pensées de leurs maîtres, désignés sous le terme des Deux-Pattes, ou encore Lui et Elle, c’est-à-dire Willy et Colette.

Comment résister quand on la voit faire la bayadère après avoir miaulé à l’oreille de lui (et elle désigne le dessinateur) alors que retentissent les premières notes de la Pavane de Gabriel Fauré ?

Le dessinateur fait bien davantage qu’illustrer les scènettes. Sa présence évoque celle de Willy aux cotés de l’écrivaine. Il est aussi un vrai partenaire pour la comédienne qui passe en un clignement de paupière d’un corps à un autre. Leur complicité fait mouche.

Elle excelle dans la tragédie : Adieu, mon fatal destin m’emporte. Elle nous ravit dans la complicité, cachant elle-même sa pelote de laine pour se faire une surprise. Un trait de plus et la tête devient sur la feuille blanche tout à fait différente.

Le spectateur adopte le point de vue de l’une, de l’autre, cherchant la vérité sur les maître-et-maîtresse dont il parait qu’ils nous cachent tant de choses. La grande scène de jalousie fait rire aux éclats les enfants sur les gradins.
Lara Suyeux est surprenante de naturel et de capacité à se faufiler d’une peau à une autre sans le recours à un masque ou à un accessoire. Tout est dans l’expression, la voix, l’intonation, le phrasé, la posture, la mimique. Elle ose se déployer en usant de ses membres avec une facilité totalement déconcertante.

Elle nous offre, comme elle le promet dans sa déclaration d’intention, le portrait en creux d’un couple, de leur rupture, l’histoire d’un affranchissement, d’une femme, d’une artiste portée par l’amour fou et vital de ses animaux, qui y puisera l’incommensurable force pour saisir sa liberté et qui apparaîtra au terme de la traversée.

Lara Suyeux a été formée au Cours Simon, à l’École supérieure d’Art Dramatique Pierre Debauche, au Studio d’Asnières, en stage avec Joël Pommerat, Philippe Adrien, Galin Stoev. Elle a joué dans une trentaine de pièces du répertoire classique et contemporain, notamment dans Le Roi se meurt avec Michel Bouquet. Elle avait déjà travaillé avec Élisabeth Chailloux et c’est sous la direction de Thierry Harcourt que je l’avais déjà appréciée au Poche Montparnasse dans le rôle de Beverly, dans Abigail's Party de Mike Leigh. Elle lit régulièrement au Festival de la Correspondance de Grignan et enregistre assidûment des livres audios pour Gallimard-Écoutez lire, Acte Sud audio, Audible, Audiolib...

Cyrille Meyer est un dessinateur, auteur, llustrateur et bédéiste qui a l’habitude des performances dessinées en direct. Son deuxième album BD devrait paraître en 2025.

Élisabeth Chailloux a fondé en 1984 le Théâtre de la Balance avec Adel Hakim, avec qui elle dirigera leThéâtre des Quartiers d’Ivry de 1992 à 2019. Je retiens particulièrement un de ses dernières mises en scène à Ivry, Les Reines de Normand Chaurette et plus récemment au festival d’Avignon Camus-Casarès, une géographie amoureuse d’après la correspondance entre Albert Camus et Maria Casarès.
Dialogues de bêtes de Colette
Mise en scène Élisabeth Chailloux
Adaptation Élisabeth Chailloux et Lara Suyeux
Dessiné par Cyrille Meyer
D’après une idée originale de Lara Suyeux
Avec Lara Suyeux (jeu) et Cyrille Meyer (dessin)
Du 13 novembre au 12 janvier 2025 dans la salle Paradis du Lucernaire
Du mardi au samedi à 19 h, le dimanche à 15 h 30
A partir de 12 ans
A signaler que le spectacle est disponible en tournée la saison 2025/2026. Contact de la compagnie : Élisabeth Chailloux- Théâtre de la Balance - 06 81 09 55 15  elisabeth.chailloux@gmail.com

samedi 11 janvier 2025

Faire soi-même des pâtes fraiches

Je croyais le rêve inaccessible et je dois au fait qu’on m’ait prêté une machine (toute simple, aucunement électrique) d’avoir essayé … et réussi.

Ce n’était pas parfait la première fois mais le résultat dans l’assiette, donc après cuisson, était tout de même satisfaisant.

Depuis je récidive régulièrement car la recette est simple, non coûteuse, et finalement rapide dès lors qu’on a le coup de main.

J’ajouterai un petit film ultérieurement pour montrer comment « laminer » mais pour le moment il suffit de dire que la proportion idéales pour deux personnes est : 100 grammes de farine, une pincée de sel et un un œuf.

Je tamise la farine sur un set de table. Je fais un puits au centre, y casse l’œuf, ajoute le sel et commence à mélanger de l’extérieur vers le centre avec une fourchette.

La pâte prend corps assez vite.
On peut alors poursuivre en pétrissant à la main, pendant quelques minutes.
On place la boule au repos sous un film alimentaire pendant au moins une heure. Ensuite c’est là que les choses deviennent amusantes. On coupe le pâton en grosses tranches que l’on va passer chacune trois fois de suite au laminoir à écartement maximum, puis un peu moins (toujours trois fois), encore moins, jusqu’à l’épaisseur minimale.

Est venu le moment de décider si on va faire des tagliatelles ou des spaghettis car l’appareil permet les deux options. Voici celles de mon premier essai, des tagliatelles, crues dans l’assiette de gauche (si on regarde attentivement on verra les imperfections des rubans), après cuisson dans celle de droite (on ne discerne plus d’imperfection, c’est magique).
Quelques jours plus tard le résultat était plus élégant parce que je maîtrisais mieux le laminage, ce qui se remarque à la longueur des rubans, et grâce à une technique plus élaborée de séchage sur torchon. Cette opération doit durer environ une vingtaine de minutes dans une atmosphère propice comme la chaleur d’une salle de bains.
Pour ce qui est de la cuisson on compte 2 à 3 minutes à l’eau bouillante salée. Si on s’organise c’est donc peu dire qu’on peut vite passer à table.
Et voilà une version spaghetti.

Bien entendu, le résultat variera en fonction du type de farine (et c’est ce qui est gratifiant) et de ce qu’on a pu y incorporer, de la poudre de cèpes par exemple …

vendredi 10 janvier 2025

Les 70 ans du Groupe Artistique de Châtenay-Malabry

Fondé en 1955, le Groupe Artistique de Châtenay-Malabry a passé le cap du soixante-dixième anniversaire.

Un des piliers de cette aventure fut longtemps Philippe Chambault, un sculpteur chatenaisien qui expose encore aujourd'hui. C’est son Buste féminin que j’ai choisi comme première illustration de cet article.

L’actuelle présidente, depuis déjà 2017, Freia Sicre, pointe avec humour que l’association a connu moins de présidents que la France pendant la V° République. C’est dire la constance du travail qui a pu être conduit.

Comptant actuellement environ 150 adhérents, tous artistes, parmi lesquels les professionnels œuvrent en bonne entente avec les amateurs. C’est un des objectifs principaux que tous puissent, au fil des rencontres, mieux se connaître, échanger et partager leur passion, en veillant à maintenir une dynamique autour de projets qui vont se concrétiser dans l'avenir.

C’est dans cet esprit que le Conseil d’Administration organise des expositions, et propose différentes activités comme des visites d’expositions, des conférences autour du monde de l’art, des voyages et bien entendu un espace de création installé dans les locaux du Pavillon des Arts et du Patrimoine - 98, rue Jean Longuet.

L’exposition qui y est présentée en ce moment est une invitation à suspendre le temps et poser un regard attentif sur cet univers qui nous entoure.
Deux invités d’honneur ont été sollicités pour célébrer cet anniversaire. D’abord la céramiste Christine Ladeveze qui compose des allégories de la Nature où chaque élément prend vie : la montagne et ses reliefs majestueux, les volcans aux contrastes saisissants, dont on trouve un exemple avec Erébus (ci-dessous), les forêts profondes où mousses et lichens s’entremêlent, et enfin la mer et sa blanche écume et tout ce qui touche à l’eau comme le célèbre Trigone de l’eau, photographié ci-dessus au milieu de la grande salle du rez-de-chaussée.
Les paysages imaginaires de l’artiste sont autant de symboles qui évoquent la beauté et la diversité du monde qu’elle ne se lasse pas d’arpenter car c’est une randonneuse aguerrie. Elle recherche aussi des formes douces et rondes, comme Fusion qui a été retenue pour l’affiche très organiques, inspirées par son admiration pour les sculptures de Jean Arp, dont les oeuvres (et celles de sa première épouse, Sophie Taeuber) sont exposées dans leur maison-atelier classée Musée de France, située 21 rue des Châtaigners, à Clamart, à l'orée de la forêt de Meudon. Le couple y a accueilli les plus grands créateurs de l’époque : Max Ernst, Joan Miro, James Joyce, Paul Eluard, André Breton... 

Christine Ladevèze est connue pour avoir réussi à maîtriser le « Grand feu » (à 1300 °C) et créé des recettes d’émaillage. J’espère un jour prochain en savoir davantage en lui rendant visite dans son atelier d’Igny (91).

Henryk Bukowski est le second invité d’honneur. Cet artiste peintre expressionniste abstrait est né en Lorraine de parents polonais en 1932. Après une dizaine d’années passées en Pologne il s’installe à Paris en 1962 où il expérimente les formes et les couleurs.
Il oscille à la limite de l’abstraction dans les années 70. Un exemple marquant, Lyrique 2, a été choisi pour l’affiche. En voici un autre, ci-dessus, intitulé Lyrique 1 où l’espace blanc domine dans une toile traversée, voire violentée par des fulgurances rouges et noires, faisant vibrer l’espace encore immaculé. Son geste est réfléchi et subtil. On remarque parfois des formes humaines, dans une expression souffrante et dramatique comme on peut le constater avec cet autoportrait.
Une autre période d’une dizaine d’années fut ponctuée de séjours au Zaïre, à L’os Angeles, en Normandie avant de poser ses pinceaux dans son atelier Chemin de la justice, à Châtenay-Malabry en 1990. Je signale que l’on peut louer une de ses œuvres pour la somme modique de 5€ par le biais de l’Artothèque. Il est décédé en février 2024.

Il fut difficile de sélectionner seulement 9 tableaux parmi les 300 composant le fonds. C’est son fils, cuisinier à New-York qui avait écrit et envoyé un discours très sensible et émouvant.

La majorité des oeuvres sont des peintures et, très dictatiquement, la technique utilisée est précisée et commentée. Mais il y a aussi des sculptures. Parmi elles j’ai sélectionné, car il faut bien faire des choix et je ne peux pas donner l’entièreté du palmarès :
Isabelle Chapuis-Lherm, Transformation, Prix de sculpture (sur la gauche) et Jean-Christophe Dupertuis Dryade I, Mémoire des Arbres, grès et feuilles d’or, sur la droite.
Les artistes primés ont posé pour la photo-souvenir avec les élus avant de répondre aux questions des visiteurs.

70 ème Salon artistique du Groupe Artistique
Peinture/Sculpture/Objets d’arts
Du 7 janvier au 1er février 2025
Pavillon des Arts et du Patrimoine
Entrée libre, du mardi au samedi
98 rue Jean Longuet - 92290 Châtenay-Malabry

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