Publications prochaines :

La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

samedi 14 septembre 2019

Hors normes, un film d'Eric Toledano et Olivier Nakache

Le 18 ème Festival Paysages de cinéastes s’est clôturé ce soir, à l’instar de celui de Cannes -mais oui tout à fait- par une projection du film d’Éric Toledano et Olivier Nakache Hors normes, après la remise du palmarès couronnant particulièrement Papicha.

Mounia Meddour a réalisé ce film en s'inspirant de faits réels qui se sont déroulés à Alger dans les années 90, rendant hommage à des jeunes filles qui voudraient vivre libres, coûte que coûte et malgré le danger, sans devoir quitter le pays qu'elles aiment. La sélection officielle concoctée par Carline Diallo, la Déléguée générale du festival, a respecté la contrainte de retenir uniquement des longs-métrages qui ne sont pas encore sortis en salle mais qui aussi avaient en commun, de célébrer une forte pulsion de vie quelle que soit la situation de crise.

On connaît Éric Toledano et Olivier Nakache pour Intouchables que j’avais découvert en avant-première il y a déjà huit ans. Ils n’ont peut-être pas tout à fait le sens de la fête mais ils ont complètement le sens du social.

Les réalisateurs portent ce film en eux depuis de nombreuses années. Ils connaissent le sujet et depuis longtemps les associations de Stéphane Benhamou et de Daoud Tatou dont le travail est salué dans le film. Les acteurs ont rencontré les personnages réels pour s'imprégner de leur vraie vie et la restituer. Éric Toledano et Olivier Nakache ont pris leur temps, rencontré beaucoup de personnes œuvrant auprès d’enfants autistes et de jeunes en difficulté, et essayé de se poser les bonnes questions à chaque étape. Le film explore ce qu’est la "norme", la "marge", et ce qui la définit.

Ce qui est très réussi avec Hors normes c’est qu’ils atteignent parfaitement l’objectif d’interroger sur ce qu’on appelle pudiquement "la différence". Eric et Olivier n'ont pas peur des mots. Chacun peut la voir au quotidien dans son école, son travail, dans la rue, dans le métro. Par contre les institutions, et je pense particulièrement à l’ASE et à la MDPH, sont loin de faire ce qu’il faut quand il faut. Ne commentez pas en pensant que je ne connais pas le sujet. Je me suis trouvée au cœur du réacteur pendant 18 ans, moins que Bruno et Malik, mais avec des cas lourds à gérer sans moyens. Espérons qu’un tel objet bousculera les consciences.

Ce que j’ai trouvé le plus "hors normes" ce ne sont pas tant les adolescents autistes mais Bruno (Vincent Cassel) et Malik (Reda Kateb, César du meilleur acteur dans un second rôle avec le film Hippocrate en 2015) qui, à travers leurs associations respectives, font le travail de terrain que les institutions ne devraient pas laisser tomber en vertu de la loi de 2005, laquelle est appliquée de façon déplorable.

Ce film a toutes les qualités d'abord parce que c’est un film et pas un documentaire, comme l'était Rain man en 1989. Le plateau a été ouvert à des autistes, des éducateurs, des personnels soignants. Il est porteur d’une énergie phénoménale, alliant l'émotion est le rire, toujours dans le respect, sans tenir compte de la couleur de la peau ou de la religion, avec un message très simple : laissez-nous exister.

La demande a été entendue des pouvoirs publics qui ont "à titre provisoire et exceptionnel" autorisé Le Silence des Justes à poursuivre son activité". Et j'ai remarqué dans le générique de fin que 5 % des bénéfices seront reversés aux associations. Sans être donneurs de leçon, Eric, Olivier, les comédiens, professionnels ou pas, et les techniciens, éclairent le grand public sur la transformation de la prise en charge des personnes qui ont ce grand trouble de la communication et sur la nécessité de leur rendre la vie normale.

J'ai été amusée de retrouver un début comparable à la course poursuite du premier plan d'Intouchables. Il se dégage de l'émotion mais aussi du rire dans de nombreuses séquences.

Sortie sur les écrans le 23 octobre 2019.

Le festival s'achève mais vous aurez eu la possibilité de voir aussi, hors compétition, trois autres longs métrages où l’enfance est à l’honneur : La vie scolaire de Grand Corps Malade, Ma famille et le loup et puis aussi l’histoire si touchante du jeune petit footballeur Théo dans Fourmi.

Merci à toute l'équipe du festival pour le travail accompli. Rendez-vous est donné aux spectateurs pour les sorties officielles prochaines, notamment sur les écrans du Cinéma Le Rex mais aussi du Sélect de la Ville d'Antony avec Ceux qui travaillent, Papicha, Fahim, bien entendu Hors normes ... et quelques autres.

vendredi 13 septembre 2019

Fahim, de Pierre-Francois Martin-Laval


Fahim est le sixième film de Pierre-Francois Martin-Laval, dont nous nous rappelons comme comédien dans Les Robins des Bois. C’est le prénom de ce petit garçon dont l’histoire, vraie, a inspiré le réalisateur qui dédie le film au vrai Sylvain Charpentier (Gérard Depardieu), décédé il y a quelques années à 54 ans.

l'histoire d'un petit garçon qui failli mourir au Bangladesh de la jalousie provoquée par son talent aux échecs et qui devint français pour ce mérite.

Il commence par des images d’archives de répression tournées au Bangladesh dont j’ignorais le nom de la capitale, Dacca. Nous sommes en mai 2011. Le réalisateur a été tourner des images terrifiantes qui témoignent de la pauvreté, la surpopulation, l’atmosphère. La caméra s’attarde dans la rue sur Fahim, en train de faire une partie d’échecs sur le chemin du retour de l’école. Le regard du gamin fatigué balayant l’échiquier est touchant. Il est manifestement exploité par un parieur qui gagne de l’argent sur le dos de l’enfant qui doit réclamer sa (petite) part. On remarquera ensuite que son père exerce un métier qui témoigne de grandes valeurs humaines puisqu’il est pompier.

On entre avec lui dans la maison après quelques plans intermédiaires qui rappellent le moment tragique où l’enfant faillit être enlevé sous les yeux de ses parents. Ils ont tous les deux promis à leur fils que le voyage est destiné à lui faire connaître un grand maître dans l’art des échecs (la caméra s'attarde sur le livre "un roi clandestin" dont est tiré le scénario...). La scène d’adieu entre la mère et le duo père-fils est particulièrement touchante parce que le spectateur comprend que l’enjeu est tout autre : ensuite on sera tous ensemble promet le mari à sa femme.

Ils vont prendre un autobus, le bac puis payer un passeur pour franchir la frontière avec l’Inde où la corruption est importante on on suit leur difficile voyage et la foire d’empoigne pour monter dans le train. Encore heureux d’avoir une petite place sur le toit. Puis ce sera le tuk-tuk jusqu’à l’aéroport. Le réalisateur fait une ellipse et nous ne saurons pas comment ils obtiennent un billet d’avion ni pourquoi ils atterrissent à Orly. Ce trajet est l’occasion de nous de pointer le grand désir de l’enfant de découvrir la mer (qu’il confond avec les nuages) et l’étonnement de voyager dans un métro aérien sans conducteur.

Pour le père, la France est associée à l’image de la tour Eiffel que l’on voit se profiler derrière lui (et qui plus tard sera le lieu où il se fera arrêter par la police alors qu’il essaiera misérablement de gagner sa vie en vendant des tours Eiffel). Pour l’enfant la France est synonyme de Zidane. Les voici ensuite dans un hôtel qui porte le nom sans doute pas anodin d’hôtel de la paix. La recherche de travail échoue pour le père. Ils dorment bientôt dans la rue mais sont secourus par La Croix rouge en maraude. L'enfant s’étonne de n’avoir pas rencontré le fameux professeur d’échecs et les voilà à Créteil, dans le quartier si reconnaissable à ses immeubles aux balcons en forme de feuilles (qui constituaient le décor du livre Le fou de Hind).
C'était une grande chance de découvrir ce film en avant-première dans le cadre du festival Paysages de Cinéastes. Il sera sur les écrans le 16 octobre. Gérard Depardieu y est, sans surprise, exceptionnel. La première confrontation de l'enfant avec le maitre des échecs révèle son mauvais caractère et la difficulté de communication en raison également de la langue. La scène d’explication de leur motivation à demander l’asile est terrible. D’autres films ont déjà révélé de la malhonnêteté de certains traducteur désireux d'avantager une ethnie plutôt qu’une autre.

Six mois ont passé. Sylvain est toujours bourru comme on s’y attendait. Les échecs ce n’est pas un jeu mais une guerre. C’est un sport violent disait l'immense champion Kasparov. L’entraîneur oblige ses élèves à faire régulièrement une activité sportive pour libérer des hormones qui ensuite favoriseront leur concentration.

Plusieurs anecdotes sont inévitablement présentes dans le scénario comme l’épisode de l’apprentissage du maniement de la fourchette et du couteau, une séquence de danse à la mode Bollywoodienne vécue en rêve.

La secrétaire du club d'échecs (Isabelle Nanty) est le combiné de trois personnes "réelles" : la secrétaire du club, une dame qui les a aidés pour l'administration et une autre qui, après avoir vu son titre de champion sur Facebook, a interpellé sur son cas, en direct sur France Inter, François Fillon, alors Premier ministre.

Le personnage de Sylvain a été confié à Gérard Depardieu sans penser à un autre comédien. Le réalisateur a connu le vrai entraineur de Fahim et a donc dirigé le comédien en connaissance de cause. Quand apparaissent ses photos au générique de fin les spectateurs perçoivent la cohérence du choix. Par contre il fallut des mois de casting dans les communautés Bangladeshi avant de trouver Fahim ... ne savait pas jouer aux échecs.

Certaines répliques de Sylvain sont à double sens comme par exemple celle-ci : il y a plus d’aventure sur un échiquier que sur toutes les guerres du monde. On apprend des termes techniques. Ainsi un match se dit une ronde.
Avec les images du camp de réfugiés de la porte des Lilas, le film devient un film social. Qui pointe des dysfonctionnements dans l’attribution des papiers, qui témoigne de la rigidité des statuts de certaines fédérations, qui montre avec beaucoup de sensibilité la manière qu’ont les parents de ses petits camarades de vouloir l’aider mais qui en fait lui témoignent surtout de la pitié.

Mais tout finira bien. Faim deviendra champion de France d’échec des moins de 12 ans, ce qui lui vaudra d’acquérir la nationalité française et les papiers qui vont avec. Il donne pleinement raison à Sylvain : J’ai vu des nains devenir des géants.

Fahim est l'adaptation du roman "Un Roi clandestin", un récit autobiographique coécrit par Fahim Mohammad, Sophie Le Callennec et Xavier Parmentier, publié en 2014 aux éditions Les Arènes.

Xavier Parmentier, né le 9 décembre 1963 à L'Haÿ-les-Roses et décédé le 30 avril 2016 à Paris des suites d’un cancer du cerveau et de la moëlle épinière, était un entraîneur d’échecs français de nature exceptionnelle. Ayant appris à jouer aux échecs vers l’âge de 12 ans il donne ses premiers cours en tant qu’entraîneur vers l’âge de 17 ans tout en menant parallèlement des études de mathématiques appliquées aux sciences sociales, qu’il arrêtera ensuite pour se consacrer totalement aux échecs. 

Il a commencé sa carrière d'entraîneur en 1983. Il a entrainé de nombreux champions dans les catégories jeunes, parmi lesquels Jonathan Dourerassou, Quentin Loiseau, Aurélie Dacalor, Fahim Mohammad, Marie Sebag, Murtas Kazhgaleïev ou encore Wassel Bousmaha : 13 podiums en France, dont 4 titres de champions de France.

Il a entraîné bénévolement durant des années le jeune Fahim Mohammad, enfant sans papier arrivé du Bangladesh à l’âge de huit ans mais aussi soutenu matériellement, jusqu’à ce que Fahim devienne champion de France des pupilles en 2012 puis champion du monde des scolaires en 2013. La forte médiatisation de cette histoire a permis à Fahim et à sa famille d’obtenir des papiers pour demeurer en France.

Il a également été entraîneur d’entraîneurs, et atteint le grade d’entraîneur d’échecs FIDE, le plus haut niveau mondial pour un entraîneur, en 2006. Passionné infatigable, il donnait encore des cours via Skype sur son lit d’hôpital. Il fut un des meilleurs pour entraîner et repérer des champions.

jeudi 12 septembre 2019

Tu mérites un amour, le premier long métrage de Hafsia Herzi

Un pot de miel fermé ça ne sert à rien dit Ali (Djanis Bouzyani), le confident de Lila (Hafsia Herzi) dans Tu mérites un amour.

La réalisatrice est passionnée par le cinéma depuis très longtemps. Elle a été révélée à 18 ans dans La graine et le mulet (2007) d’Abdellatif Kechiche qui lui valut le César du meilleur espoir féminin, et a joué dans son dernier film Mektoub My Love: Intermezzo.

Elle est venue présenter son travail au cinéma le Sélect d'Antony, auprès de Christine Bauchemin-Flot, et avec Alexandra Maio qui assura auprès d'elle l'assistanat à la réalisation avec panache.

Tu mérites un amour est son premier film en tant que réalisatrice et ce petit bijou a été présenté à Cannes. Elle y joue le premier rôle mais la vraie performance est d'avoir réussi à tenir dans une enveloppe budgétaire de l'ordre de ce qu'on consacre habituellement à un court-métrage et que le film est auto-produit.

Elle s'est entourée de passionnés. De toute évidence c'est toute l'équipe qu'il faut féliciter car on devine l'ampleur des efforts de chacun. Il n'y a pas de poste maquillage, coiffure, décor, régie et tous les techniciens jouent dans le film. La galerie existait réellement et la comédienne y travaillait à temps partiel (la boutique n'existe plus depuis). La patronne du restaurant libertin exerce bien ce métier dans la vraie vie.

Le jeu des comédiens est très naturel mais ne vous y trompez pas : tout a été écrit et pensé en amont, sans laisser de la place à l'improvisation. Cependant la réalisatrice a tenu à privilégier un jeu naturel, en faisant les accidents, les bafouillements, et les fou-rires qui sont tous naturels. Et ce n'est pas parce que le tournage s'est déroulé en 3 fois 5 jours, avec des moyens financiers et techniques proches de ce qu'on connait dans le court-métrage, que le résultat n'est pas un chef-d'oeuvre.

mercredi 11 septembre 2019

Les courts-métrages du festival Paysages de Cinéastes

(mis à jour le 15 septembre 2019)
Le court-métrage est un genre hélas peu représenté dans les salles de cinéma et Carline Diallo, la Déléguée générale du  Festival Paysages de Cinéastes a grandement raison de lui accorder une place importante, tant pour le public scolaire (mais vous pouvez, adultes, venir aux séances) que pour les adultes. C'est une vraie mise à l'honneur.


Il y a eu hier un ciné-contes durant lequel les enfants ont pu découvrir un programme de 4 petits films d'animation sur le ciel et les étoiles, accompagnés par la conteuse Charlotte Gilot.

La compétition jeune public est ouverte aux écoles de la ville qui vont envoyer de nombreuses classes comme chaque année. Je ne signalerai qu’un seul des 4 films, celui qui s’intitule Loups tendres et loufoques et qui est composé de 6 courts-métrages d'animation.
Le regard de l'enfant est guidé par la chouette du cinéma. Ce programme réalisé par Arnaud Demuynck, Producteur et réalisateur de La Chouette du cinéma, commence par deux adaptations d’albums de Mario Ramos, un auteur-illustrateur si talentueux de l’Ecole des loisirs, parti prématurément. Réalisés par Anaïs Sorrentino et Arnaud Demuynck (qui assure aussi le scénario), ce sont C’est moi le plus fort, et C’est moi le plus beau, que j’avais d'ailleurs eu la chance de voir en avant-première il y a quelques jours au cours de la présentation de la rentrée littéraire de cette maison d'édition. On y retrouve l’univers de ses livres, et leur humour décapant, et néanmoins à la portée des enfants dès l’âge de 3 ans.

mardi 10 septembre 2019

Maison et objet, confirmations et découvertes

J'ai passé une journée fort intéressante sur le Salon Maison et Objet. Je n'en doutais pas mais j'ai eu confirmation de la vitalité de la créativité des designers.

J'étais venue prioritairement pour soutenir Zelia qui fut mon invitée sur Needradio et qui était pour la première fois présente ici.

Sa marque Zézette by Montmartre évolue sans cesse. Elle vient d'ajouter des patères à la liste de ses références et ... même quelques pièces de lingerie.

Mais c'est en tablier que défileront des personnalités à l'occasion des vendanges de Montmartre comme les années précédentes. Bien entendu j'en serai avec grand plaisir, en toile matelas, léopard, camouflage ou madeleine hirondelles ...
Récemment les grands chefs Christian Etchebest et Gilles Marchal lui ont donné carte blanche pour leurs lignes de tabliers. J'ai revu aussi avec intérêt des marques que j'apprécie comme Cristel, de Buyer, Berard ou Maison Cisson que j'avais découvert dans la librairie Appétit. L'imagination de la créatrice, Catherine Kerboull est sans limite en matière de fromages et de saucissons ... tricotés, en France ... à Clamart.
Ils sont vegan en quelque sorte. On ne fera que les admirer. pas question de les trancher avec un des couteaux de Jean Dubost de plus en plus tourné vers le développement durable.
La gamme tradition est très complète avec de gauche à droite, le "bec d'oiseau" pour retirer les yeux des pommes de terre, effectuer de petites découpes, et ciseler. Puis l'éplucheur, le couteau d'office, le couteau à légumes. En cinquième position, très utile, le couteau pour trancher finement les tomates ou couper en deux le pain ficelle du petit-déjeuner. Viennent ensuite le beurrier, le couteau de table et le couteau à steack.
La gamme Sacasalades s'élargit. Rien n'est plus pratique et plus malin (et beau aussi) pour conserver plus longtemps les aliments et dans de meilleures conditions que ce soit sur la table comme le pain ou la viennoiserie que dans le réfrigérateur. C'est le leader français et européen en matière de sacs alimentaires de conservation à double enveloppe et coton enduit.
(Cliquer sur Plus d'infos pour voir davantage de photos)

lundi 9 septembre 2019

Tempête en juin et Suite française, d'après Irène Némirovsky

La rentrée théâtrale est au moins aussi bonne que le cru estival avignonnais. Certains spectacles y figuraient déjà comme Suite française qui après deux festivals arrive à Paris mais d'autres sont nouveaux, comme Tempête en juin dont la création a eu lieu ce soir, en avant-première, au Théâtre la Bruyère.

C'est peut-être le texte le plus émouvant écrit par Irène Némirovsky parce qu'on devine qu'il est peu romancé. Et néanmoins les ressorts comiques sont multiples (je ne m'en souvenais pas).

On aurait pu le croire inadaptable au théâtre puisqu'il comporte une quarantaine de rôles. C'était sans compter sur la détermination de Virginie Lemoine et de Stéphane Laporte qui ont admirablement adapté ce roman, comme ils l'avaient fait avec le précédent.

C'était sans compter aussi avec le talent de Franck Desmedt qui passe d'un personnage à l'autre en une fraction de seconde. Il est époustouflant. On a le sentiment que les 39 personnages sont tous sur scène au même moment ... même le chat.

Nous sommes en juin 1940 avec lui (avec eux) sur la route de l'exode et pour ma part il étaient bien plus nombreux encore car se sont joints ma grand-mère, mon grand-père, ma mère, mon arrière grand-mère, leur carriole tirée par leur cheval infatigable. Ne manquait que le chien qui s'était donné pour mission (pleinement réussie) de défendre la maison éventrée par les bombes (mes grands-parents habitaient tout près de la gare de Soissons) où nous pûmes beaucoup plus tard récupérer mobilier, vaisselle et autres effets qu'il n'aurait pas raisonnable d'emporter pendant la fuite.

Ce que nous donne à voir Franck Desmedt (Molière du comédien l'année dernière pour son second rôle dans Adieu Monsieur Haffmann) est prodigieux puisqu'il rend parfaitement le caractère de chacun des personnages, lâche ou courageux, simple ou extravagant, homme, femme ou enfant, jeune ou vieux ... et même tous les autres qui ont été pris dans cette tourmente. Chacun son désastre.

Ce qu'il nous donne à entendre est aussi savoureux et situe l'âge des personnages, sans oublier la radio. Son affirmation "je ne peux pas y croire" est très drôle. Qui s'attendait à rire dans un tel contexte ? C'est une des qualités du spectacle et la tragédie ne perd pas de force car on sait combien elle fut réelle. La plume de l'auteure est sans concession et raille nos comportements. c'est vrai, à bien y réfléchir, qu'il est peut-être stupide d'habiller des morts ... destinés à pourrir sous la terre.

C'est peut-être cet imperméable et la coupe de cheveux, ou parfois la diction, qui font penser à Francis Huster, avec quelques années de moins et un talent augmenté.

J'ajoute que les lumières sont extraordinaires pour sculpter les atmosphères et la musique a été composée "sur mesure" si je puis me permettre.
Tempête en juin étant programmé à 19 heures en semaine (à 15 h le samedi), on peut fort bien enchainer avec Suite française et passer ainsi une soirée Némirovsky. Cet enchainement a été très applaudi ce soir. Le couple s'accorde à merveille.

Tempête en juin, d'après le roman d'Irène Némirovsky
Adaptation Virginie Lemoine et Stéphane Laporte
Mise en scène Virginie Lemoine et Stéphane Laporte
Avec Franck Desmedt
Lumières Denis Koransky
Musique Stéphane Corbin - Création Sonore Vincent Lustaud
A partir du 10 septembre 2019
Du mardi au samedi à 19h00 et matinée le samedi à 15h00
Au Théâtre La Bruyère - 5 rue La bruyère - 75009 Paris
Quant à Suite française, je renouvelle les compliments que je faisais l'été 2018 en Avignon. Les parisiens peuvent s'estimer heureux. La pièce est enfin accessible, et ils pourront en quelque sorte voir "double". A noter un changement de distribution avec l'arrivée de Guilaine Londez.

Suite française, d'après le roman d'Irène Némirovsky
Adaptation Virginie Lemoine et Stéphane Laporte
Mise en scène Virginie Lemoine
Avec Florence Pernel, Béatrice Agenin, Guilaine Londez, Samuel Glaumé, Emmanuelle Bougerol, Cédric revolons ou Gaétan Borg
Lumières Denis Koransky
Musique Stéphane Corbin - Création Sonore Vincent Lustaud
A partir du 10 septembre 2019
Du mardi au samedi à 21h00 et matinée le samedi à 16h45
Au Théâtre La Bruyère - 5 rue La bruyère - 75009 Paris

dimanche 8 septembre 2019

Adam, Papicha et Nuestras Madres

(Mis à jour le 14 septembre 2019)
Second jour de compétition pour moi au Festival Paysages de Cinéastes avec au programme Papicha, Adam et Nuestras Madres. Papicha recevra trois Prix (du Grand Jury, du Public, et de la Jeunesse). Il sortira très bientôt en salles, le 9 octobre 2019.

Tout en respectant la contrainte de retenir uniquement des longs-métrages qui ne sont pas encore sortis en salle la sélection officielle a majoritairement présenté des films qui ont en commun de célébrer une forte pulsion de vie quelle que soit la situation de crise.

Des trois films dont je veux parler aujourd'hui Papicha semble le plus moderne alors que l'action se situe il y a trente ans dans l'Algérie des années 90, à l'époque de la montée de l'intolérance et de la multiplication des attentats, quand l'Algérie est alors une grande salle d'attente où rien ne s'obtient facilement, que ce soit un logement, un travail et même des médicaments.

Nedjma, 18 ans, étudiante habitant la Cité universitaire, rêve de devenir styliste. A la nuit tombée, elle se faufile à travers les mailles du grillage de la Cité avec ses meilleures amies pour rejoindre en taxi clandestin la boîte de nuit où elle vend ses créations aux " papichas ", jolies jeunes filles algéroises. La situation politique et sociale du pays ne cesse de se dégrader. Refusant cette fatalité, Nedjma décide de se battre pour sa liberté en organisant un défilé de mode, bravant ainsi tous les interdits. Y compris celui d'un rassemblement de femmes un vendredi.

Mounia Meddour s'est librement inspirée de faits réels, ce qui donne une force insensée à sa démonstration et on sort bouleversé de la projection. Elle montre des jeunes filles éprises de liberté mais qui veulent rester en Algérie et qui n'ont pas le rêve de l'expatriation. Elles font tout pour vivre "normalement". Elles sont capables de tout, y compris de jouer au football à pieds nus, sur un air d'opéra (magnifique Vivaldi, Il Giustino, Sento in senso). Elles s'habillent comme bon leur semble, malgré les problèmes encourus en assumant le paradoxe : se tirer pour se construire ou prendre une balle.

La réalisatrice, qui dédie son film à la mémoire de son père, pose cette question au spectateur. La réponse est dure à entendre quand on voit comment sont les rescapées. Elle rend hommage à ces jeunes filles qui voudraient vivre libres, coûte que coûte et malgré le danger, sans devoir quitter le pays qu'elles aiment et en démontrant que vivre libre ce n'est pas lutter contre les autres.
J'ai beaucoup apprécié Papicha, mais j'avais été très touchée par la sensibilité de Maryam Touzani (une autre femme et on notera combien leur talent explose en cette rentrée si on considère aussi Tu mérites un amour et Portrait d'une jeune fille en feu).
Avec Adam, elle nous donne à voir un Maroc d'aujourd'hui (alors que peu de choses nous signalent que l'action se passe de nos jours) complètement enkysté dans les tabous où une mère célibataire n'a pas d'autre choix, a priori, que d'abandonner son enfant. Nous voilà confrontés encore une fois, après Ceux qui travaillent, à un cas de conscience car Samia pense que garder son enfant équivaut à le condamner.

Nous sommes pourtant à Casablanca, et pas dans un village reculé. La Médina est admirablement filmée avec son dédale de rues, les bruits d'une vie sociale qui pulse tout au long de la journée. Alors que Samia (Nisrin Erradi) épuisée, erre à la recherche d'un travail ... et d'un gite, se faisant rembarrer de tous dès lors qu'on se rend compte de la taille de son ventre, Abla (Lubna Azabal) prépare la pâte pour réaliser les pâtisseries traditionnelles qu'elle vend dans son échoppe, comme on le faisait au Moyen-Age. Je l'écris sans me moquer. Car sa façon de vivre est touchante. Son atelier donne directement sur la rue et communique avec la maison où elle élève seule, depuis la mort de son mari, une fillette de 8 ans, qui est d'une vivacité incroyable.

Autant la mère est comme figée derrière le masque d'une travailleuse, autant l'enfant est animée par un sourire lumineux. Mais toutes deux sont unies par un immense amour. Peut-être Samia aura-t-elle perçu la puissance de ce sentiment. Pour le moment c'est la perspective de proposer son savoir-faire qui la motive à entrer en contact avec Abla qui, dans un premier temps la repousse : Tu n'as pas à m'aider, juste à partir .... Elle ajoutera un instant plus tard : je ne veux pas de problème.

On remarque Samia acquiescer d'un hochement de tête. Pourtant elle obtiendra le droit de rester quelques jours, le temps de souffler pour mieux repartir. Le temps surtout de démontrer son immense compétence dans la préparation de ses spécialités. Les plans sur les mains qui pétrissent la pâte dégagent de la noblesse autant qu'une scène de prière. On remarquera qu'elle aussi (comme Antoine Russbach) filme beaucoup de dos.
Petit à petit, et grâce à la complicité active de la petite fille, chacune des deux apprivoisera l'autre et lui apportera un souffle de liberté. Car, chacune à leur façon s'est emmurée dans ce qu'elle croit être son devoir.

Abla revivra sa propre grossesse à travers celle de Samia. Rien n'est dit sur les circonstances de la mort de son mari, peut-être a-t-il connu un accident de pêche (on entend plusieurs fois un cri de mouette). On remarque que les femmes sont exclues du cérémonial de l'enterrement, ce qui a du être extrêmement traumatisant pour Abla (qui était alors peut-être enceinte ...) : peu de choses nous appartiennent vraiment, dira-t-elle.

La pâtisserie est devenue son art, et ce sera difficile de le partager avec Samia, mais source de bonheur aussi. Pour les gourmands je précise que les Msemmens sont des crêpes feuilletées à base de semoule. La réalisation de la Rziza (petit turban) ou Razzat al cadi (turban du juge) est très complexe. Elle est préparée à base d’une pâte à Rghayef (pâte à crêpes feuilletées). Il faut savoir filer très finement la pâte en l'enroulant autour de la main fermée, puis l'aplatir pour la cuire à la poêle dans un mélange de beurre et d’huile. Ces crêpes, qui ressemblent à des nids, sont consommées au petit déjeuner ou au goûter avec du thé à la menthe mais elles sont aussi servies au déjeuner ou au dîner, arrosées d’une sauce à la volaille ou à la viande. Voici un lien vers une recette pour celles et ceux qui voudraient se lancer.

Maryam Touzani est autant scénariste que réalisatrice. Elle a écrit ce film avec son conjoint le réalisateur Nabil Ayouch. Doit-on y voir une explication pour justifier la douceur et la justesse des points de vue qui sont démontrés sans s'affronter. Le personnage de Slimani (Aziz Hattab) amoureux transi d'Abla est lui aussi très touchant.
On s'attache vite à chacun que l'on rêve de voir vivre en famille autour de ce petit Adam qui sera peut-être le premier (homme) d'une lignée tolérante envers des femmes qui auront conquis leur liberté et leur égalité. La maternité est parfaitement représentée dans ce qu'elle a de positif et de contraignant aussi. Voilà un film simple, efficace jusqu'au bout, essentiel. C'est un énorme coup de coeur. Date de sortie de ce film franco-belge et marocain : le 4 mars 2020.
L'action de Nuestras Madres se situe en 2018 au Guatemala alors que le pays vit au rythme du procès des militaires à l’origine de la guerre civile qui a décimé la moitié des habitants.

Ernesto, jeune anthropologue à la Fondation médico-légale, travaille à l’identification des disparus. Son travail consiste à aller déterrer les morts pour les rendre à leur famille qui leur accordera une sépulture digne, et qui pourra encaisser une indemnisation. Avant cela il faut enchainer les témoignages et les vérifier car la souffrance exprimée n'est pas garante de vérité.

Un jour, à travers le récit d’une vieille femme, il croit déceler une piste qui lui permettra de retrouver la trace de son père, guérillero disparu pendant la guerre. Contre l’avis de sa mère, il plonge à corps perdu dans le dossier, à la recherche d'une vérité qui lui permettra peut-être d'entreprendre un travail de résilience.

Avec un scénario où la petite histoire rejoint la grande, César Díaz réussit à nous captiver en éclairant un pan méconnu de l'histoire de son pays. Le film sortira en salles le 8 avril 2020.

samedi 7 septembre 2019

Ceux qui travaillent, un film d'Antoine Russbach

Le festival Paysages de cinéastes s’articule autour d’une compétition de 6 longs-métrages, qui ne sont pas encore sortis en salle. La situation est un peu particulière cette année avec Ceux qui travaillent puisqu’il sera à l’affiche dès le 25 septembre. C’est le premier film d’Antoine Russbach. Il est programmé 6 fois et c’est une très bonne occasion de le découvrir.

Les films en compétition ne sont pas choisis par rapport au thème de cette édition (l'enfance cette année) mais on remarquera que dans ce film là les enfants ont une position qui impactent les décisions de leur père puisqu’ils lui annoncent qu’ils refusent de baisser leur niveau de vie.

Je voudrais signaler aussi L’orphelinat qui se passe à Kaboul dans les années 80 et qui raconte la vie de Qodrat, obligé d’intégrer l’orphelinat soviétique de la ville. C’est sans doute un film à situer par rapport aux Hirondelles de Kaboul qui est ou sera prochainement à l’affiche dans les salles.

Revenons à Ceux qui travaillent, porté par un scénario implacable, une réalisation sans faille, et un comédien exceptionnel (on comprend que les frères Dardenne en ait fait leur acteur fétiche). J'ai été très touchée par le personnage de Frank (Olivier Gourmet) pour lequel j'ai éprouvé de la compassion alors que sa conduite est monstrueuse. Cet homme n'est en réalité aimé que par une seule personne, sa plus jeune fille, et c'est d'ailleurs parce qu'elle est subitement malade qu'il est amené à prendre la décision qui lui sera reprochée.

Et puis cet homme n'est lui-même qu'un pantin d'une société capitaliste qui veut toujours plus sans se préoccuper des moyens mis en oeuvre pour satisfaire ce qui, parfois, est plutôt de l'ordre du caprice que de la nécessité. C'est ce que Frank tentera d'expliquer à sa fille à la fin du film en l'amenant à réfléchir sur la manière dont on remplit les rayons de supermarché.
Quel contraste entre le cadre supérieur qui porte costume et cravate au bureau et le père en jogging qui se promène avec sa fille ! Et pourtant, le système est tellement exigeant qu'il n'aura pas pû remettre en question son mode de vie. Et ça aussi c'est touchant ... car il ne faut pas l'oublier, nous sommes dans un film et l'objectif du réalisateur n'est sans doute pas de nous apporter des réponses mais de nous amener à nous interroger sur ce que, nous, nous aurions fait à la place de Frank.

Il me semble, pour ma part, que le refus d'obéir à certaines injonctions et la volonté de vivre en décroissance sont des réponses, même si leur mise en oeuvre est difficile.

Le réalisateur a pris le parti de ne pas souligner les images par une musique. Il soigne ses plans et chacun est porteur de sens. A commencer par l'affiche d'un homme qui regarde au loin à travers la vitre de son bureau, à moins qu'il ne soit en train de voir dans la glace celui qu'il va devenir, évoquant aussi l'expression "pouvoir se regarder dans le miroir" signifiant être en paix avec sa conscience.

L'instant où Frank dévore son sandwich sur l'esplanade de la Plaine de Plainpalais, en plein coeur de Genève, en scrutant une statue n'est pas anodin. Car il s'agit de Frankie, du groupe genevois KLAT, qui représente le personnage créé par Mary Shelley lorsqu’elle séjournait à Cologny (une commune du canton de Genève), chez son ami écrivain anglais Lord Byron. Les artistes ont voulu le représenter en sweat à capuche comme un de ces vagabonds qu'on croise sans les voir.

Le cargo devant lequel Frank s'arrête avec Mathilde est précisément le Cervantès, celui dont il était chargé de permettre l'acheminement au début du film.

Le titre du film est extrait d’une réplique ayant pour objectif de motiver son fils à se bouger : toi qui a l’air d’être un mec intelligent, travailler pour gagner plus, t’en penses quoi ? Tu veux être du côté de ceux qui travaillent ?

vendredi 6 septembre 2019

Ouverture du 18 ème Festival Paysages de Cinéastes Châtenay-Malabry avec le film Demain est à nous

L'ouverture du 18 ème Festival Paysages de Cinéastes de Châtenay-Malabry a eu lieu hier soir dans le cadre magique de la Maison de Chateaubriand, dans le Domaine départemental de la Vallée aux Loups. 

D'accord, quelques gouttes sont tombées, inquiétant Carline Diallo, qui est la déléguée générale du festival, les membres du conseil municipal de Chatenay-Malabry et chacun de nous s'interrogeait. Mais quelle récompense ensuite !

Nous avons pu déambuler dans le parc éclairé comme je n'imaginais pas avoir la chance de le revoir un jour.

Les arbres se découpaient dans des lumières bleues, oranges, vertes.

L'affiche de La nuit du chasseur (1955) était placardée sur la porte d'un souterrain.

Pinocchio attendait Chateaubriand au pied de la Tour Velléda, où l'écrivain aimait se réfugier pour écrire. On pouvait en apercevoir l'ombre, derrière une toile d'araignée. Et entendre Geppetto In Allegria de Fiorenzo Carpi qui appartient à la bande originale du film de Luigi Comencini (1972).
Blanche-Neige (1937) était prévenue qu'elle devait se cacher dans la forêt. Nos ombres se découpaient entre les arbres et plus loin un dragon soufflait. 

Dorothy venait de rencontrer l'Homme en fer-blanc et l'Epouvantail. Elle s'est emparée des chaussures rouges de la mauvaise fée, posées sur le vélo qu'elle allait enfourcher pour aller voir le Magicien d'Oz dans son palais d'Emeraude (1946).
Nous étions enchantés par ce Paysage de lumières tout à fait raccord avec le thème de cette 18ème édition, consacrée à l'enfance.
Nous avons enchainé sur le très émouvant documentaire de Gilles de Maistre, Demain est à nous que nous avons découvert en avant-première. Le réalisateur nous a dit que depuis trente ans il faisait des films sur les enfants qui souffrent ou font la guerre en espérant que le monde s'améliorerait pour eux.

jeudi 5 septembre 2019

Michel for ever au Poche Montparnasse

Voilà un spectacle qui est respectueux, joyeux et inventif.

Si je connais peut-être 80 % de l’œuvre de Michel Legrand, qu’il s’agisse de musiques de film ou de chansons, ce n’est pas le cas de tout le monde et beaucoup de personnes hier soir m’ont dit avoir découvert des titres qu’elles n’avaient jamais entendus.

Michel for ever se déroule dans une forme de cabaret, dans la salle du sous-sol du Poche Montparnasse, et vous pouvez même commander une boisson à un prix très modeste en début de spectacle alors que les deux musiciens ont déjà commencé à jouer. L'ambiance club de jazz aurait énormément plu à Michel Legrand, né en 1932 d'un père compositeur autodidacte.

À l’occasion d’un prétendu reportage sur la famille Legrand, un journaliste réunit trois passionnés de l’œuvre du compositeur pour faire revivre son esprit et son univers. Et surtout ses mélodies enchantées et ses orchestrations élégantes. 

La mise en scène s’organise autour de ce personnage qui tire les cartes d'un jeu qui reprend les thèmes principaux de l'oeuvre du grand musicien.
Le propos est un petit peu tiré par les cheveux puisque le comédien intègre la troupe pour lui aussi chanter et danser. Il est donc manifeste qu’il connaît parfaitement le sujet mais ce n’est pas dérangeant.

Et surtout le travail de Stéphan Druet et Daphné Tesson est formidablement inventif pour illustrer chaque morceau tout en évoquant la vie de cet immense musicien. Ils ont voulu imaginer un feu d'artifices pour traduire son éclectisme puisqu'il était autant capable de composer la musique d'un dessin animé, que celle d'un film, d'une comédie musicale, d'un ballet ou un concert entier. C'était un pari et c'est très réussi.

mercredi 4 septembre 2019

Je ne suis pas Michel Bouquet interprété par Maxime d'Aboville

(mise à jour juillet 2020)

Une génération n'apprend rien à une autre, c'est ce que Michel Bouquet a dit à Charles Berling au cours d'un des entretiens qui ont été publiés sous le titre Les joueurs chez Grasset, déjà en 2001.

C'est ce que rapporte Maxime d'Aboville sur la scène du Théâtre de Poche Montparnasse devant un public qui sait parfaitement qu'il n'est pas Michel Bouquet, alors que cet acteur s'est lui-même exprimé ainsi et que son visage occupe l'affiche et que j'ai eu l'impression (était-ce une hallucination ?) d'entendre Fabrice Luchini.

Même ton, même phrasé ... un peu lent, un peu trop fort aussi, la faute au micro sans doute. Mais pourquoi sonoriser un comédien et courir le risque de fatiguer les premiers rangs et surtout de déformer la voix ? S'il était accompagné d'un orchestre cela pourrait se justifier, mais seul, de face, et dans une salle aussi modeste ... je n'en comprends pas l'intérêt.

Le spectacle est cependant d'une admirable simplicité, qui permet au spectateur de se concentrer au bout de quelques minutes sur le texte, et rien d'autre. Maxime d'Aboville ne fait pas grand chose, et c'est parfait. Il n'aurait pas été nécessaire d'en "rajouter" comme on dit. Damien Bricoteaux a épuré la mise en scène. Marguerite Danguy Des Déserts a imaginé un décor qui évoque le rideau de fer des grandes scènes rendant le doute impossible. Nous sommes au théâtre.

Il y a une certaine facétie à se confier en public : je suis content de bavarder de tout ça car comme ça ça m'oblige à me découvrir.

De fait, on apprend que Michel Bouquet a vécu en pension de 7 à 14 ans, que son père traumatisé par la Première Guerre mondiale ne lui parlait pas, qu'il a subi l'exode et tout le bastringue ... (ma grand-mère m'en a tant parlé que j'imagine ce que cachent les points de suspension), qu'il a élevé les deux enfants de sa femme Juliette, qui sont devenus les siens, qu'il n'a jamais su conduire, au grand désespoir de Claude Chabrol dont il massacra une Mercedes, qu'il regrette que la Sologne ait été coupée en deux par une autoroute, même si ça peut être beau ... une autoroute.

On comprend qu'il doit probablement sa passion pour le théâtre à son père comme à sa mère, mais pour des raisons différentes. Maxime d'Aboville fait vivre avec émotion, mais sans pathos, le désarroi du petit garçon, si souvent mis au piquet à l'école qu'il en eut ce surnom et qui, une fois adulte, trouve sa voie : Je vais être heureux dans un monde totalement inventé.

Enfant, il s'installait dans une bulle, en s'inventant une histoire pour ne pas crever. Plus tard il découvre l'extraordinaire tranquillité des acteurs que personne ne vient déranger tant qu'ils sont dans leurs rôles. Et il développe un style de jeu particulier : Tu peux être touché, tu dois pas le montrer (...). Moi je ne suis rien, je ne suis pas Michel Bouquet.

Il guettera la sortie des artistes de l'Opéra comique, en face des Noces de Jeannette (le restaurant existe toujours) et implorera un rendez-vous avec Maurice Escande qu'il a tant admiré dans le Malade imaginaire. Et on se souvient de l'interprétation que Michel Bouquet en fit dans la mise en scène Georges Werler.

Nous y voilà. Bientôt ce sera la voix off qui s'élèvera rejouant la scène entre lui et celui dont il voulait tant devenir l'élève. J'aimerais vous dire un texte. De qui ? De vous !

Le maitre approuvera : Bonne voix. Bonne diction.

Personne n'aura donné de leçon à personne et surtout pas une leçon de théâtre. Pourtant nous aurons beaucoup appris ce soir, comme toujours lorsqu'il est question du parcours d'une vie. Et nous aurons gouûé une forme d'humour tout à fait "bouquetienne".

Je ne suis pas Michel Bouquet, de Michel Bouquet
D'après Les Joueurs, entretiens avec Charles Berling (Editions Grasset) avec Maxime d'Aboville 
Mise en scène Damien Bricoteaux
Décor Marguerite Danguy Des Déserts
Lumières François Loiseau
A partir du 4 septembre 2019 à 19h
Au Théâtre de Poche Montparnasse
75 boulevard du Montparnasse - 75006 Paris
Réservations 01 45 44 50 21

Reprise dans le cadre du Festival NAVA du 23 juillet au 1er août 2020 les Jeudi 23 et Samedi 25 Juillet 21h30 sur le site de l’ancienne cathédrale d’Alet-les-Bains.

mardi 3 septembre 2019

Le Sélect d'Antony (92) annonce lui aussi sa rentrée avec Play

Christine Beauchemin-Flot a mis en lumière ce soir ceux qui oeuvrent avec elle pour que fonctionnent les quatre salles obscures du Sélect d'Antony : David et Corinne à la billetterie, Pascal et Abdelhakirm en cabine, Jérémy à la médiation culturelle, Christiane, Corinne et Philippe à l'administration.

De fidèles cinéphiles étaient pressés de découvrir les films qui vont être à l'affiche de ce cinéma d'art et d'essai dans les prochaines semaines. J'ai repéré Donne-moi des ailes de Nicolas Vanier, Jumanji, La belle époque, La reine des neiges II, Les misérables de Ladj Li, Maléfique, Shaun le mouton (La ferme contre attaque) Sorry we missed you de Ken Loach, Trois jours et une vie, Un jour de pluie à New York, Un petit air de famille et bien entendu Les hirondelles de Kaboul auquel j'ai consacré l'article d'hier.

Christine Beauchemin-Flot a composé un programme qui satisfera tous les goûts et beaucoup de films font envie. Plusieurs rencontres avec les réalisateurs sont déjà programmées. Vous pouvez en voir l'agenda sur le site du cinéma et il est fortement conseillé de réserver votre place à l'avance, ce qui permet d'avoir une idée de la jauge et de programmer le film dans une salle offrant un nombre de fauteuils suffisant.

Elle avait sélectionné, pour clôturer la soirée, un film-mystère dont le titre ne fut pas révélé, et qui ne fut introduit que par quelques mots, situant juste le contexte de sa découverte, à Cannes, hors compétition, et qui lui avait fait l'effet d'une bouffée d'oxygène.

Je l'approuve. C'est le type de film qu'on n'a pas envie d'expliquer mais qui pourtant ne peut pas se défendre tout seul, du moins devant ce qu'on appelle "le grand public".

J'ai relevé en quittant la salle des réflexions désabusées de spectateurs qui ont trouvé les premiers plans fatigants, qui se demandaient quel pouvait bien être le titre de cet ovni (Play a-t-on crié derrière nous) et qui jugeaient qu'il ne passerait pas à la postérité.
Play est un de ces mots qui, en anglais, comme en français, ont un double sens. A l'instar d'apprendre dont seul le contexte permet de saisir si on étudie ou si on enseigne. Play, c'est l'intitulé de la touche qui permet de lancer un programme, une musique ... un film. C'est aussi le verbe jouer où je lis la recommandation du réalisateur qui nous propose de nous amuser, comme il l'a fait avant nous.

A faire comme si ... c'était vrai. A chercher la réalité dans la fiction, et réciproquement. A me laisser prendre par le play-back d'Alain Chabat chantant la Bohème à la cuillère. Et surtout à apprécier au premier degré la dernière chanson du film, Ironic, chantée par Alanis Morissette et qui raconte le tragique destin d'un certain .... Monsieur Play :
Isn't it ironic, don't you think
N'est-ce pas ironique, vous ne pensez pas

Voyez comme ces quelques bribes sont en train de vous faire regretter de n'avoir vu ce film hier soir ? La bande-son est d'ailleurs incroyable, d'une longueur insensée, à la mesure des remerciements qui s'étirent comme un jour sans fin, témoignant du nombre des hommages contenus dans ce long-métrage.

Voulez-vous mon (propre) avis ? J'ai moi aussi été chahutée par la rapidité des plans des premières minutes dont la maladresse est touchante. L'annonce au générique d'Alain Chabat et de Noémie Lvovsky m'avaient mis la puce à l'oreille. J'avais aussi lu le nom d'Alice Isaaz qui jouait (si bien) la fille de Julie Depardieu dans Les Yeux jaunes des crocodiles, ce qui lui valut le Swann d’Or du Festival du film de Cabourg de la révélation féminine. Et puis à la production Dimitri Rassam (fils de Jean-Pierre Rassam, grand producteur, et de Carole Bouquet). Ce qu'on voulait me faire passer pour des rushs d'amateur ne pouvait pas être authentique. On allait se jouer de moi.

Et pourtant ... j'ai été bouleversée par la dispute des parents cachés derrière les figurines de Homer et Marjorie Simpson dont, pour une fois, on n'entendait pas les voix éraillées. J'ai revu avec émotion les images de la victoire des Bleus, du passage à l'an 2000 et j'ai revécu un instant la terrible tempête qui avait dévasté une grande partie de nos forêts juste la veille.

Plus tard les séquences de l'accident le jour de l'obtention du permis de conduire, celle du pédalo la nuit, et surtout celle du gâteau d'anniversaire ... d'une drôlerie inspirée des meilleurs sketchs de la bande des Nuls (mais qui serait un cauchemar dans la vraie vie) ont achevé de me convaincre que tout cela c'était de la triche.

Je n'ai pas pris ces vessies pour des lanternes. Play n'est pas le portrait d'une génération mais le clin d'oeil appuyé d'un réalisateur culotté qui a voulu préempter le genre du vrai-faux. Il le fait sans dossier de presse (évidemment puisque c'est un canular) mais avec grand talent. Vous voilà prévenus.
Mais s'il vous en faut davantage, je vous donnerais malgré tout le pitch du film et j'ajouterai même la bande-annonce (suivre le lien) :

lundi 2 septembre 2019

C'est pas le bon moment, une pièce de Frédéric Tokarz

Nous sommes parfois comme les personnages de la comédie écrite par Frédéric Tokarz, indécis ...  On prétextera une "bonne raison" de ne pas aller au théâtre.

Ce sera la rentrée, la crainte des embouteillages, la fin du stationnement gratuit dans Paris ... Alors là je vous arrête, cela fait belle lurette que le Cabinet d'Anne Hidalgo a supprimé ce si petit avantage qui concernait d'ailleurs plus les banlieusards que les habitants de la capitale.

A la différence avec nous, les personnages de la comédie C'est pas le bon moment ont beau le dire, ils osent et surmontent leurs appréhensions. Ils aident leurs enfants à s'installer, même au bout du monde. Ils se lancent dans de nouvelles aventures professionnelles. Ils assument leurs décisions.

Est-ce parce que je leur ressemble que je les aime ? Je les approuve : les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais. Gustave et Béa, Samuel et Zoé débattent de leurs projets avec conviction en assumant des problématiques qui sont tout à fait dans l'air du temps.

On a le sentiment qu'ils avancent mais ... s'écoutent-ils vraiment ? Il n'est pas certain qu'ils soient sur une même longueur d'onde. En tout cas ils sont souvent dépassés par les évènements. Alors il font semblant de les organiser.
Le quatuor est interprété par Christine Anglio et Jean-Michel Lahmi, Elsa Pasquier et Frédéric Tokarz. On a vu Jean-Michel Lahmi à la télévision dans Scènes de ménages et Pep’s. Il était l'année dernière Mr. Robinson dans Le Lauréat.

Si t'attends le bon moment, tu ne fais jamais rien .... La bonne période pour voir cette comédie se poursuivra jusqu'au 13 novembre, du dimanche au mercredi à 21 heures, mais ce n'est pas un motif pour différer votre venue au Théâtre de la Manufacture des Abbesses.

C'est pas le bon moment de Frédéric Tokarz
Mis en scène par Nicolas Lartigue et Frédéric Tokarz
Avec Christine Anglio, Jean Michel Lahmi, Elsa Pasquier, Frédéric Tokarz
Scénographie Laurent Martini
Lumière Yann Legoff
Musique Arthur Orcier,
Au Théâtre de la Manufacture des Abbesses
7 Rue Véron, 75018 Paris - 01 42 33 42 03
Du 25 août au 13 novembre 2019
Du dimanche au mercredi à 21h.
Le texte de la pièce a été publié aux éditions de La Traverse

dimanche 1 septembre 2019

Cyrano dans la mise en scène de Bastien Ossart

Ils furent nombreux à me dire que je devais absolument aller voir Cyrano au théâtre le Funambule Montmartre. Je n’en avais aucune envie parce que j’en avais déjà vu plusieurs versions, au théâtre, au cinéma et même en BD, et que personne jusqu’à présent n’avait égalé Gérard Depardieu dans le rôle. Je connais la pièce presque par cœur. Plusieurs phrases sont cultes. Bref,  j’y allais à reculons. Je suis ressortie enthousiaste au dixième degré.

Je me souviens de nombreuses versions de Cyrano, au théâtre, au cinéma et même en bande dessinée ... mais celle-là les surpasse toutes. Elle sera parfaite ... quand l'affiche aura été liftée parce que -et je ne suis pas la seule- je n'y avais pas vu le moins du monde ... le profil d'un nez.

La couleur violette ne m’attirait pas. C’est en sortant du théâtre, alors que je discutais avec une des trois comédiennes que mes yeux l’ont décryptée : c’était le profil de Cyrano qui était représenté sur la gauche avec Roxane assise sur son nez tandis que la pleine lune se détachait sur un ciel crépusculaire. Ce n’était pas évident au départ parce que le bas de l’affiche est souvent tronqué. Si la mâchoire n’est pas reconnue ... on croit voir une fée clochette posée sur un rocher noir. 

J'ai beau savoir que Cyrano est la sublimation de la méprise, il y a des actes manqués dont on peut se dispenser, parce qu'au prochain festival d'Avignon une affiche comme celle-là ne sera pas attractive.

Mais revenons au spectacle. L'éclairage à la bougie et aux lampions avec une gestuelle élégante comme une danse met le public dans l'ambiance. Le metteur en scène a choisi trois femmes, ce qui ne perturbe pas la compréhension. Je dirais presque "au contraire" parce que le timbre de voix féminin apporte au personnage de Cyrano toute la douceur qui manque parfois aux interprètes masculins.

Une autre idée majeure est de n'avoir pas attribué un rôle en particulier à chacune des trois comédiennes. Iana Serena de Fruitas, Lucie Delpierre et Marjorie de Larquier font ce qu'il faut, au bon moment, sans s'approprier un personnage plus qu'un autre. Le résultat apporte une universalité aux personnages principaux qui nous surprennent toujours, par une intonation, un geste, une manière de se déplacer, alors que bien entendu aucun doute ne s’installe jamais puisque un masque ou un vêtement permet immédiatement d’identifier celui qui parle.

L'emploi des masques renforce l'effacement du comédien au profit de chaque personnage qui, de ce fait, existe pour lui-même. La beauté des alexandrins écrits par Edmond Rostand est restituée sans faille. La diction est d'une maitrise absolue. Les comédiennes ont fait un travail exemplaire pour faire résonner chaque alexandrin sur la bonne longueur d’onde. Pas un mot ne nous échappe. On entend le texte à la perfection. L'auteur est un grand poète : Le baiser est un point rose que l'on met sur le verbe aimer.
J'ai découvert cet après-midi des intentions que je n'avais pas remarquées jusque là. Par exemple que Roxane ne s'appelait pas Roxane, mais Madeleine. Qu'elle faisait preuve de prévenance (et peut-être déjà alors de sentiments) à l'égard de son cousin en persuadant De Guiche de le priver de guerre. Qu'elle lui avouait son amour à la toute fin. Que Christian avait proposé à Cyrano de renoncer à Roxane. Que peut-être la mort de Christian au combat n'était pas fortuite et relevait du sacrifice.

Vivre une nouvelle lecture de cette pièce dont je connais des pans entier absolument par coeur fut une surprise autant qu'un immense bonheur.
Les trois jeunes femmes sont autant à l'aise en paroles qu'en gestes. C'est un régal et plusieurs scènes sont de petits bijoux. La mise en scène de Bastien Ossart est à saluer chapeau bas. Il y a beaucoup de gravité mais aussi beaucoup d’humour. À commencer par la première scène interrompu par la tirade du téléphone portable qui est un petit bijou. Une autre scène plus tard sera assez amusante, avec sa distribution de petits gâteaux. Le public est souvent interpellé mais sans aucune adresse racoleuse.

On entend quelques mesures de la Marche pour la Cérémonie des Turcs de Lully (c'était inévitable) mais le morceau qui revient régulièrement est le thème du Mariage de l'album Shine de Hicham Chahidi et il se prête à merveille à de savoureuses chorégraphies.

Ne vous dispensez pas d'aller voir ce spectacle seul, en famille, avec vos élèves si vous en avez. C'est au Théâtre Funambule Montmartre où il est prolongé jusqu'au 12 décembre. Envoutement garanti !

La compagnie Théâtre Les Pieds Nus méritera de monter sur la scène de la remise des statuettes organisée par Les Molières. Merci à ceux qui m'ont poussée à surmonter mes réticences. J'ai failli manquer un des meilleurs spectacles que j'ai vu de toute ma vie ... même si j'en collectionne plusieurs dans cette catégorie.

Il est irréprochable. Tenez, si je m’écoutais, j’y retournerai encore et encore.
Cyrano dans la mise en scène de Bastien Ossart
Avec Iana-Serena de Freitas, Lucie Delpierre, Nataly Florez en alternance avec Marjorie de Larquier
Une production Théâtre Les Pieds Nus & Le Funambule Montmartre
Au théâtre Le Funambule Montmartre
53 rue des Saules - 75018 Paris
Du mercredi au samedi à 19h ou 21h (en alternance une semaine sur deux)
Les dimanches à 17h30.
Jusqu'au 12 décembre 2019 (et plus si nouvelles prolongations)

Articles les plus consultés (au cours des 7 derniers jours)