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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

jeudi 17 février 2011

Ailleurs à l'Espace Culturel Vuitton

Après la merveilleuse exposition Qui es-tu Peter ? il était difficile de surprendre encore le public. Pour Marie-Ange Moulonnet, directeur de l'Espace culturel Vuitton, une seule direction possible, celle de l'Ailleurs.

L'intitulé est bref et signifiant. Le pari est encore une fois réussi et à défaut de vous prendre par la main pour vous emmener faire ce voyage, je vais tenter de vous en montrer les principales étapes à travers quelques photographies prises sur le vif.

S'il faut se référer à un artiste-voyageur en particulier c'est Paul Gauguin qui s'impose. Le déplacement physique est vécu comme nourricier. Matelot à 16 ans, Paul Gauguin n'a cessé de voyager, même très affaibli et affecté par la mort d'une de ses filles. Le peintre arrive en 1901 dans les îles Marquises, après un détour par Tahiti. Il peint aussitôt la Fuite, cette petite aquarelle et gouache sur papier au titre évocateur. Il meurt en 1903. Il n'a que 45 ans ...

Bas Jan Ader est une autre figure emblématique. Il s'est forgé une réputation de jusque-boutiste avec une série de chutes, allant jusqu'à 8 mètres de haut. Il était capable de se suspendre à une branche d'arbre jusqu'à tomber d'épuisement. Plus encore que Napoléon il croyait à l'impossible. L'ailleurs était repoussé au-delà de toutes les limites, par parti-pris artistique. Il entreprend la traversée de l'Atlantique sur une embarcation dérisoire, qu'il sait inapproprié et se perdra en mer. Le bateau, In search of the Miraculous, seul, survivra, échoué sur une cote irlandaise neuf mois après le départ.

Joanna Malinowska est une fervente admiratrice de Glenn Gould. Elle ressent l'ailleurs dans le temps que la musique mesure. Elle est allée le plus loin possible en Alaska pour déposer un lecteur de musique fonctionnant à l'énergie solaire et qui diffuse en permanence les Variations Goldberg, là où le pianiste aurait voulu les jouer. La rapidité de son interprétation demeure une référence absolue, et un miracle si on considère sa posture insensée (il jouait assis sur une chaise dont il avait fait scier les pieds, pour avoir les mains en hauteur et le nez sur les touches, pour demeurer dans la même position qu'il avait lorsqu'il avait appris le piano avec sa mère). Nous voyons et entendons l'instrument comme si nous y étions, c'est-à-dire quelques bribes musicales, mais surtout le vent. Se référant explicitement au travail à la mémoire de Bas Jan Ader, elle a intitulé son œuvre In Search of the Miraculous, Continued .../ part II of three.
Olivier Leroi œuvre dans le décalage. J'aurais aimé croiser dans le Parc de Chambord les brigadistes à vélo auxquels il a greffé des bois de cerf en guise de guidon. Je n'ai rencontré cet été que des Médines, déjà bien surprenantes. Olivier Leroi voit les choses différemment du commun des mortels. Le canapé rouge où Michel Drucker reçoit avec bonhommie ses invités de Vivement Dimanche lui apparait comme un moulage de gencive après l'extraction des canines.

L'ailleurs est pour cet artiste très proche ou très lointain. Il apprend que l'Antarctique n'a pas de drapeau. Il lui en dessine un aux couleurs de son principal habitant, le manchot, en respectant la proportion des couleurs de sa robe. Et c'est si réussi qu'on a peine à croire que ce n'est pas la réalité. enfin, pas encore.
Laurent Mulot intervient un peu dans le même état d'esprit. Il fonde le réseau International des Centres d'Art Contemporain Fantômes (CGAC en anglais) dont le titre lui a été suggéré par le premier couple de gardiens australiens, seuls à 8o0 km de la première ville. Le dernier en date a été inauguré en Terre-Adélie. Le réchauffement climatique est suggéré par la fonte d'un lettrage tridimensionnel de glace et suggère la transformation de l'être par le néant, ou presque. Une œuvre en mouvement qui sera différente à chaque moment.
Comme l'indique le terme fantôme, la structure n'existe pas en tant que telle, sauf sa matérialisation par une plaque et son gardiennage. Le centre français est Rochefourchat, dans la Drôme, avec un seul habitant recensé.





Lucy et Jorge Orta pratiquent l'art humanitariste. Ils ont mis en place le Village Antarctique en 2007, un village pionnier de tentes à partir de drapeaux, accompagnant leur démarche de la création d'un passeport mondial remis à tous ceux qui soutiennent leur entreprise et qui sont prêts à vivre en tant que citoyen du monde. Soit en privilégiant le respect de l'autre, de l'environnement, combattre le racisme, la violence et la barbarie, et promouvoir la démocratie.

Changement d'univers avec Fernando Prats qui vit et travaille en Espagne et au Chili. Il noircit des papiers de fumée charbonneuse qui lui servent ensuite de toiles, laissant la nature "faire le travail" pour lui. L'eau, un arbre, le vent fixeront leurs empreintes. On le voit sur cette photo (ci-contre) feuilleter le catalogue des œuvres ainsi obtenues.




On clame aux parents la vertu de l'ennui pour leurs enfants, tentant de les convaincre que c'est le meilleur moyen de développer leur créativité. Marc Horowitz en est la parfaite illustration. Il se sent délaissé et note son téléphone sur un cliché qu'il a réalisé dans le cadre de son travail de publicitaire en ajoutant "Dinner with Marc". Cette blague arrive dans des millions de foyers. Marc perd son job mais gagne des dizaines de milliers d'invitations, affrète un camping-car, prend la route et ... 20 kilos au fil du temps. L'échec devient un succès artistique, médiatisé au-delà de ce qui est imaginable. Avec Marc, l'ailleurs est ici, toujours et maintenant. Bonne nouvelle : l'homme a gardé un sourire communicatif et retrouvé sa ligne de jeune homme.

Fabrice Langlade suscitait l'étonnement le soir du vernissage. Adepte du conseil de Goethe : Créé, artiste et ne parle pas, le sculpteur affichait une préoccupation obsessionnelle, celle de n'être photographié qu'en pied. Le voici acceptant néanmoins de bonne grâce de poser devant la Tour Eiffel, aussi droite qu'un I, laissant apparaitre son projet de Pont en porcelaine en Mongolie comme un rêve holographique.

Ce projet, appelé réellement à être réalisé, sera comme une apostrophe, un nuage posé au croisement de l'Orient et de l'Occident dans le pays du monde qui compte le moins d'arbres. préfigurant le bâton que les cavaliers plantent là où il demeurent quelques instants en paix avant de reprendre la route, on pourra potentiellement passer le pont à cheval dessous, comme dessus.
Andreas Angelidakis est scénographe du merveilleux. Il évolue dans un univers où l'idée et la construction se rejoignent, faisant de son ordinateur un musée. Ses créations architecturales se bâtissent et se déconstruisent en une boucle infinie de 20, 25 ou 40 secondes.

Laurent Tixador se situe à l'opposé de la contemplation d'un jardin. Il s'est enterré deux mètres sous terre, pendant vingt jours, avec Abraham Poincheval pour vivre une expérience particulière de l'ailleurs. L'homme fut le premier artiste au Pôle Nord. C'est dire combien il ne craint pas les péripéties. Cette fois le voyage, quoique court en terme de distance, fut étrange, donnant l'impression de circuler dans la mort, seul face à soi-même. Le rapport émotionnel reste palpable et l'artiste confie que les 4 premiers jours furent les plus durs.

Ils n'ont manqué de "rien". Les trois repas quotidiens étaient précieusement conservés caisse par caisse. Un vieux téléphone de l'armée américaine les reliait au monde du dehors. Les vitrines montrent ce qui a pu être réalisé ensuite sous l'influence du lieu avec des objets souvenirs.

La première œuvre avec laquelle on est en contact à l'arrivée à l'Espace culturel est cette immense carte de Yann Dumoget, lui aussi artiste participatif à l'instar de Marc Horowitz , à ceci près qu'il fut précurseur. Ami Barak, curateur et critique, ami de longue date de Yann, admire sa ténacité, et la permanence de son attitude, l'empêchant de se poser comme une malle ... un comble dans cet endroit !

L'homme est adepte du contact direct. il a entrepris un voyage aléatoire de deux ans le conduisant ici ou là au hasard des rencontres et des messages à porter. C'est sans doute le seul artiste à avouer aussi franchement un échec qui n'en est pas véritablement un car il pressentait que la mondialisation était plus favorable aux marchandises qu'aux êtres humains. Les difficultés administratives ont eu raison de son enthousiasme mais il revient avec bonne humeur, toujours prêt à acheter à tours de bras l'amitié du premier venu en lui tendant un billet portant l'inscription de son numéro de téléphone. Je n'ai pas fait l'expérience d'appeler. Enfin pas encore ... j'attends d'être à proximité de son atelier montpelliérain pour solliciter un entretien, en espérant qu'il ne sera pas déjà parti sur d'autres routes, en Islande probablement.

Yann Dumoget me confiait qu'il avait songé à garder trace de ses expériences dans un blog mais que l'ampleur des contraintes l'avait freiné tant qu'il avait renoncé (je comprends ... et je songe qu'écrire dans un blog peut être une voie vers l'ailleurs dès lors qu'on a pour objectif de faire partager des univers où le lecteur ne serait pas allé spontanément...). Il pose devant sa carte en compagnie d'un violoncelliste qui a joué toute la soirée du vernissage en écho à l'esprit de la songline du marcheur nomade.
Je me suis moins attardée auprès des œuvres de Giovanni Anselmo et de Luc Mattenberger.










En revanche l'univers de Tïa-Calli Borlase m'a fascinée.

Ses "sculptures membranes" se balancent comme des créatures sous-marines sur un fond Bordeaux qui évoque le sang sans vulgarité.

On sent une proximité avec l'univers des Lalanne. Au départ elle sculptait dans la résine mais sa toxicité (les Nanas de Niki de Saint-Phalle ont considérablement abrégé sa vie) l'a conduite vers le latex et les baleines de corsets qu'elle achète par 300 mètres. Elle travaille clandestinement dans des chambres d'hôtel, prend vite une photo-mémoire avant de s'échapper.
Cavalière émérite elle développe aussi des projets plastiques relatifs au cheval comme cette silhouette qui est exposée dans la vitrine de la rue Bassano.

Il m'a semblé que les autres vitrines étaient dans le ton, très noir et blanc de cette exposition qu'il faut aller voir avant le 8 mai 2011, d'autant qu'elle est gratuite et que tous les publics sont accueillis avec le même intérêt.


Espace culturel Louis Vuitton, 60 rue de Bassano, 75008 Paris, 01 53 57 52 03
du lundi au samedi de 12 à 19 heures, dimanche et jours fériés de 11 à 19 heures

mercredi 16 février 2011

Des éclairs de Jean Echenoz

Nous dirons que c’est l’histoire d’un fabuleux inventeur, enfin plutôt une fable historique, le récit romancé d’une vie pas du tout romantique.

Nous dirons qu’il s’appelait Gregor. Nous prétendrons qu’il n’a jamais existé, pour ne pas risquer un quelconque procès pour divagation.

Nous dirons que c’était un homme de l’ombre, un illuminé, un mégalomane exhibitionniste.

Une fois couché sur le papier Gregor est solide comme le pont de Maylis de Kerangal. On les jurerait aussi vrais l’un que l’autre. Question de documentation, d’angle de vue, de talent ou tout cela à la fois. Cette biographie n’est pas davantage conventionnelle que celle de Lennon par David Foenkinos. Et pourtant elle aussi jaillit, coule, enfle, se répand, emporte le lecteur qu’elle secoue et abandonne sur la grève au coucher du soleil.

Jean Echenoz est à l’aise avec les mots comme son héros avec le bricolage. Sa plume oscille entre scénario et didascalies, pratique l’incise avec acuité et nonchalance, lâche une formule familière quand on s’y attend le moins, faisant l’effet d’un cristal de tyrosine dans une bouchée de Beaufort d’exception.

La lecture est exaltante mais facile. L’écriture gouteuse ose des métaphores aviaires qui se faufilent avec audace. Le savant fou se brûle les ailes. Il est volé, pillé, pigeonné. On devine qu’il va finir épouvantail à moineaux ou dépecé par des corbeaux.

Jean Echenoz tient fermement d’une main Nikola Tesla alias Gregor, et nous de l’autre. Ensemble nous progressons dans le Manhattan noir et blanc du début du XX°. Le personnage joue son rôle sans faiblir. Maniaque, obsessionnel, surdoué en tout, sauf sur le plan affectif, rongés par les TOC, l’homme n’irradie aucune sympathie malgré des inventions du tonnerre : radio, radar, robot, rayon X ....

Il appert que lecteur reste donc entièrement libre d’apprécier la musique des mots, le swing de la syntaxe qui déploie les phrases au rythme d’une valse. Çà cogne, çà heurte, çà crépite, çà étincelle, c’est brillant.

Des éclairs de Jean Echenoz, , éditions de Minuit, 2010

mardi 15 février 2011

Aiguille en fête à la Grande Halle de la Villette

C’est le rendez-vous de tous ceux qui aiment les travaux d’aiguilles, au sens large, et j’avais envie depuis longtemps de pouvoir y faire un tour. Alors que les articles concernant les loisirs créatifs sont plutôt rares sur le blog il se trouve tout de même que les explications de l’écharpe-feuille appartiennent aux articles les plus lus depuis que je dispose de statistiques de fréquentation. Il y a tous les mois de nouveaux lecteurs qui entrent sur A bride abattue par cette porte.

Cette année le Salon misait sur la dentelle et il aurait fallu une journée entière pour suivre tout ce qui était proposé. Je me suis concentrée sur quelques endroits, me promettant de rester plus longtemps l’année prochaine.

Grosse affluence chez Phildar où Myriam porte une création très mode en lacet chiné (Savane). Les rayures et le style marin demeurent des valeurs sûres. Mais on revient l’été prochain à la couleur. On portera aussi des modèles inspirés de la lingerie féminine.

Les fils ont évolué. Le lacet progresse ainsi que le ruban de polyamide (Origamini) qui se tricote à la fourche. On peut faire un pull avec seulement 4 pelotes de 25 grammes qui sera donc léger à porter.

On remarque que les femmes s’orientent de plus en plus vers des fils qui « font du profit » et des aiguilles de plus en plus grosses. On peut aussi bien tricoter aéré que serré, comme un tissage, avec des aiguilles 24 qui supportent jusqu’à 100 fils. Celles-ci ont été rapporté d'Angleterre par Rachel John.
Nicole Mounier, des Dentellières confédérées de Massy (91300) a trouvé le moyen de mettre en valeur sa collection de fuseaux en l’encadrant plutôt que de la laisser dans un tiroir.
Beaucoup de boutons aussi (ici ceux de Sucre et Cannelle).

Et puis une initiative très sympathique avec le bar à couture où chaque jour une créatrice différente met sa compétence au service des visiteuses pour les guider dans la réalisation d’un sac. Environ 250 cabas ont ainsi été cousus pendant le salon, dans des styles très différents.
Samedi c’était Judith Thige, la bloggeuse de la marque En toute simplicité, qui m’a donné la marche à suivre pour coudre un sac à partir des tissus qui restaient.

La recette est simple : deux morceaux de 38 sur 70 cm sont pliés en deux puis cousus endroit contre endroit. Ensuite on écrase chacun des deux coins du fond et on pique à 10 cm de la pointe sur une longueur de 10 cm.

On prépare deux bandoulières en piquant un morceau plié quadruple pour lui donner un peu de raideur. Ne reste qu’à positionner les bandoulières à 10 cm du coté, en les glissant entre les deux épaisseurs de tissu et à surpiquer le tour.

On peut « fignoler » en ajoutant auparavant une poche intérieure ou en glissant deux aimants dans la doublure pour assurer une fermeture parfaite.

Une quantité incroyable d’ateliers ont été proposés durant toute la durée du salon, Les techniques de la tapisserie, broderie, point de croix et hardanger deviennent accessibles à tous. Du débutant au confirmé, il y en a eu pour toutes les envies et tous les niveaux ! Les inscriptions se prenaient en général en direct sur le salon ! Comme ici avec DMC pour broder une déclaration d'amour très actuelle en cette veille de Saint-Valentin.Le Salon est aussi le lieu de nombreux défis et records. Par exemple le Championnat de France de Vitesse de Tricot, le fameux Speed Knitting avec Prima et Adriafil selon un règlement ultra-simple : 3 minutes de point mousse sur un rang de soixante mailles avec des aiguilles N° 4. Il n’y avait plus qu’à compter les rangs pour désigner le vainqueur.
L’écharpe des records est une initiative conjointe de l’écomusée de l’Avesnois et de l’office de tourisme intercommunal de Fourmies et ses Environs. Le challenge est ouvert à tous jusqu’au 28 novembre 2012. Cela semble loin mais il faut s’y mettre sans tarder pour battre le record anglais de 54, 29 kilomètres.

Dès que le défi aura été réalisé l’écharpe sera « reconditionnée » en couvertures au profit de plusieurs associations, ce qui donne au projet un versant solidaire fort sympathique. Toutes les petites mains sont les bienvenues pourvu qu’elles apportent ou envoient leur morceau au siège de l’écomusée ou dans un des points relais (voir sur le site http://lalonguecharpe.canalblog.com)
Je n’ai pas l’impression qu’il en existe en région parisienne. Il se pourrait que j’ai une idée … que je vais soumettre à Paul Schuler, le coordinateur du défi. N’hésitez pas vous-même à le joindre au 06 62 85 60 11.

Les bandes doivent mesurer 20 cm de largeur et au moins un mètre de longueur, mais on peut s’y mettre à plusieurs. Toutes les laines, toutes les couleurs et tous les points sont acceptés. Le plus rapide à mon avis c’est le jersey avec de temps en temps deux rangs endroits successifs pour assurer une certaine rigidité.

Le but ultime n’est pas seulement de battre les anglais mais de célébrer le 120 ème anniversaire de la fusillade du 1er mai 1891 qui a eu lieu à Fourmies. Ce haut lieu de la filature regroupait 30 usines qui réclamaient de travailler en « trois huit ». Une grève très dure avait abouti à des arrestations. On devait libérer les prisonniers à 15 heures. Mais l’armée, appelée en renfort par un préfet débordé, s’est trouvée coincée par un mouvement de foule contre le mur de l’hôtel de ville. Malheureusement pour les belligérants les militaires venaient d’être dotés de fusil Lebel, très performants. Il y eu 9 morts.

Beaucoup de journalistes étrangers se sont fait l’écho de cette fusillade. Ce fut un des évènements majeurs qui ont abouti à ce que le premier mai soit choisi comme jour férié pour célébrer le travail. Il n’est sans doute pas inutile de le rappeler.

En plus de correspondre au 120 ème anniversaire de cet événement la région revendique le savoir-faire d’un fil de 120 km de long. L’idée a germé de faire une écharpe de 12 km de commémoration. Devant l’engouement ils ont décidé de placer la barre plus haut en s’attaquant au record mondial. C’est aussi un moyen de faire parler de Fourmies, premier centre mondial de laine peignée en 1875, où il n’y a plus aujourd’hui qu’une filature … de laine produite en Roumanie … L’écomusée me semble également être une destination hautement passionnante pour qui s’intéresse au patrimoine industriel.

A vos aiguilles donc !

L'Aiguille en fête est une organisation "Côté Salons". Elle a eu lieu du 10 au 13 février 2011 à la Grande Halle de la Villette à Paris. Elle a pour prolongement la Journée mondiale du tricot.

J'ai participé aux éditions 2007 et 2008
en faisant un petit reportage sur cette dernière du 14 juin 2008.
Je compte récidiver cette année.

info@aiguille-en-fete.fr

lundi 14 février 2011

Double coeur

Faire cuire quelques carottes et une poignée d'haricots verts dans une eau bouillante salée. Égoutter. Écraser grossièrement à la fourchette en ajoutant une demi-marmite de bouillon de légumes (voir en fin de billet), de la coriandre (à cette saison elle sort forcément du congélateur). Maintenir au chaud.

Disposer des rondelles de Montbéliard en écailles sur une assiette de couleur contrastée. Puis poser dessus deux emporte-pièce en forme de cœur. Les remplir de la préparation de légumes. Saupoudrer l'un d'entre eux de biscotte écrasée et d'un soupçon de sucre en poudre. Caraméliser au fer.

Déguster en murmurant "yummy" comme le diraient des Anglais célébrant la Saint-Valentin avec ferveur !


J'ai découvert ces petites "marmites" qui ont plusieurs intérêts : elles sont sans conservateur, sans colorants artificiels et sans exhausteurs de goût, et principalement sans glutamate (souvenez-vous que c'est un poison pour la santé et traquez le dans vos placards) ; portionnables a minima (on peut prélever à la cuillère la quantité nécessaire et conserver l'autre jusqu'au lendemain au frigo). Elles existent en trois déclinaisons : bœuf, poule et légumes. J'avais employé la saveur "boeuf" dans un bouillon vietnamien.

Les bouillons cubes classiques doivent être dilués auparavant dans un demi-litre d'eau bouillante, ce qui suppose de le prévoir. Les marmites s'emploient en fin de cuisson, autorisent davantage de façons de procéder, notamment pour améliorer ou modifier le goût d'un plat. Et surtout elles ne "détrempent" pas une fondue de légumes ou des restes de riz ou de pâtes qu'on ne pourrait pas replonger dans un bouillon.

dimanche 13 février 2011

Trois ans pour A bride abattue

Une fois par an, le jour anniversaire de la création du blog, je m'impose de faire le point sur le passé et sur les objectifs qui me tiennent à cœur. Le bilan du 13 février 2009 était prémonitoire. Beaucoup de rêves ont pu être réalisés. Le point du 13 février 2010 demeure assez juste, à ceci près que la fréquentation a doublé. C'est un commentaire d'une lectrice qui m'a donné cette fois-ci le point de départ.
Marie-Claire, tu lis beaucoup et avec bonheur (dans ton lit tôt le matin), tu fais des commentaires extraordinaires de concision, subtilité, empathie ou coup de griffe. Quand tu lis, prends-tu des notes au fur et à mesure, ou enregistres-tu tes réactions sur le vif, mets-tu des marque-pages ? Bref comment procèdes-tu pour nous "pondre" de pareilles analyses. Et que fais-tu pour les films et pièces de théâtre ? Joëlle M.
L'envie me prend de faire une réponse à la Fernand Raynaud en disant : je fais comme je peux. Le plus difficile est sans doute de vivre "doublement". Une partie de moi reste lectrice-spectatrice-dégustatrice ordinaire, et c'est ce qui me permet de conserver un vrai plaisir à lire, aller au théâtre, gouter des plats nouveaux. Une autre enregistre des impressions, des sensations, pour les retranscrire ensuite en mots dans les articles.

Tous les moyens sont bons. Je prends effectivement beaucoup de notes, griffonnées dans l'idéal dans un gros carnet que j'emmène partout. Cela permet de ne rien perdre, mais c'est un peu volumineux. Pour les livres je glisse des marque-pages au fur et à mesure. J'écris la critique à la fin en revenant sur chacune des pages qui ont été ainsi pointées. Au cinéma et au théâtre j'écris aussi, dans le noir, et parfois je ne parviens pas à me relire ... Les idées me viennent également pendant que je roule à vélo et le challenge est de les conserver à l'arrivée.
Je mets souvent les bouchées double, voire triple, en publiant plusieurs articles en une journée et me libérer du temps les jours suivants. J'ai créé le blog pour m'exercer à l'écriture dans la perspective d'écrire un roman. Si je comptabilise toutes mes contributions (car j'écris aussi sur d'autres supports) cela représente plus d'un billet par jour et donc un volume largement supérieur à celui d'un livre, que je n'aurai jamais le temps à ce rythme là de concrétiser.

Je ne suis pas devenue une machine. Mes moissons de notes ne sont pas systématiquement utilisables telle que. Il faut parfois laisser "décanter". Ce serait ridicule d'écrire pour écrire. L'intérêt, me semble-t-il, est de faire des liens entre plusieurs univers, de prendre un peu de distance, d'interroger l'actualité, même culturelle, et surtout de toujours conserver intacte ma curiosité et mon désir de partager ce qui est de qualité.

Je n'ai d'ailleurs pas assez de place, même sur mon blog personnel, pour publier tous les articles que je souhaiterais. Il y a donc des sujets qui "tombent à la trappe" et je suis parfois triste de n'avoir pas eu la réactivité suffisante pour parler assez vite de telle ou telle pièce, film, expo ou manifestation. J'ai choisi d'illustrer ce billet avec des photos faisant allusion à quelques-uns de ces loupés. Je ne suis pas toujours seule responsable. Vous n'imaginez pas le nombre d'attachés de presse qui promettent d'envoyer des photos qui n'arrivent jamais.

Certains jours de lassitude je vais jusqu'à me demander pourquoi est-ce que je fais tout cela ... pensant qu'il conviendrait peut-être de resserrer le rubricage. Il suffit d'un commentaire ou d'un courriel (plus nombreux) pour réactiver mes envies.

J'essaie de conserver ma spontanéité. Je limite les influences et choisis mes sujets. Je reçois beaucoup de communiqués de presse qui, s'ils m'informent, ne conditionnent guère mes choix. Et je me retiens de publier des coups de griffe qui laisseraient des marques indélébiles.
Je ne regarde pas quotidiennement les statistiques de fréquentation. Je les ai consultées avant d'écrire ce bilan et j'ai été surprise de constater que les articles les plus lus étaient aussi ceux qui m'avaient donné le plus de travail. Ce sont les visites d'exposition et les portraits, de même que les critiques de restaurant. Probablement parce que ce genre de billet est assez rare sur Internet. Comme quoi il existe un lectorat qui apprécie les compte-rendus construits et documentés.

Je continue à refuser les insertions publicitaires parce que je tiens d'une part à conserver mon entière liberté et celles de mes lecteurs. Il y a un certain aspect "militant" à écrire sur un sujet en particulier que je ne veux pas sacrifier.

J'ai ajouté en fin de page un lien automatique vers les billets qui ont été les plus lus au cours des trente derniers jours. Certains ont plus de deux ans. Je n'avais pas anticipé une telle permanence qui désormais me donne des responsabilités.

A l'année prochaine ... si tout va bien !

Articles les plus consultés (au cours des 7 derniers jours)