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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

vendredi 18 juin 2021

L’anomalie de Hervé Le Tellier

Il y a des Goncourt qu’on plébiscite avant même d’ouvrir le livre primé. Parce qu’on a déjà éprouvé tant de plaisirs de lecture avec l’auteur qu’on approuve a priori. Et de tous les romans d’Hervé Le Tellier il est probable, maintenant que je l’ai lu, que L’anomalie est finalement celui qui était le plus susceptible à déclencher le jury.

Pourtant ce n’est pas le plus facile. Il est très réussi mais je dirais qu’ "il faut le suivre". Non pas que le lexique soit abscons, bien que très recherché. Non, ce sont les imbroglios du scénario qui sont complexes et qui finissent par laisser entrevoir une éclaircie pile au milieu du roman qui compte 336 pages.

C’est que l’auteur multiplie les écritures et les points de vue, que le nombre de personnage est conséquent et que, du coup, à peine s’est-on laissé porter par un style qu’il en change, nous déroutant sans répit, à l’instar d’un avion pris dans des turbulences. Ajoutez à cela qu’il fut accueilli par des lecteurs confinés par un virus très spécial. Vous comprendrez que ce roman puisse être qualifié de phénomène.

Hervé le Tellier semble sincèrement surpris de son succès. On ne s'attend jamais à un prix comme le Goncourt. D'abord on n'écrit pas pour l'avoir, et puis on ne peut pas s'imaginer l'avoir, ce n'était pas du tout dans mes projets, a-t-il déclaré.

Comme je l’ai lu ce mois-ci alors que notre pays, bien qu’inquiet du virus indien (plus que du nombre de morts en Inde) se réjouit unanimement de sortir d’une crise dont il ne voyait plus la fin je ne me suis même pas étonnée que l’action se passe … en juin 2021, c’est-à-dire maintenant, un an après sa publication.

Il y a des vertiges, des moments de grâce, des éclairs de génie, un humour fou (j’adore la blague des triplés p. 264), mais, car oui je poserai un bémol sur le tombeau de louanges accordées à l’auteur, sa lecture est d’une facilité apparente. Il est davantage qu’un roman à clés. C’est un trousseau qu’il faut posséder pour ouvrir toutes les cachettes qui permettront de déguster cet ouvrage comme on le ferait des chocolats dissimulés derrière les fenêtres d’un calendrier de l’Avent.

L'auteur revisite le mythe de sosie. On a tellement répété qu'on a tous un double quelque part qu'on est tenté de le croire, voire de le chercher. Une telle aventure m'est arrivée. je la raconte dans cette nouvelle, intitulée Avoir rencontré son double. Avec L'anomalie l'hypothèse devient réalité, et ce double est plus fidèle qu'un jumeau homozygote.

Le roman est truffé d'hommages, à Georges Perec (p.171), à Emmanuel Carrière (en citant "d’autres vies que la sienne" ( p. 172), Albert Camus (p. 224), Stéphane Mallarmé (p. 262), à plusieurs romans de J.M. Coetzee, notamment Disgrâce. Tous les éléments sont digérés et en quelque sorte régurgités. Y compris une allusion "à propos du drame de l’année dernière, ce long confinement contre la pandémie, les jours et les semaines qui s’annoncent doivent devenir un temps pour penser, mais aussi un temps pour trouver la paix. (…) C’est en soi et en soi seul que chacun trouvera des réponses". 

De nombreuses citations sont savoureuses :

Vivons-nous dans un temps qui n’est qu’une illusion, où chaque siècle apparent ne dure qu’une fraction de seconde dans les processeurs du gigantesque ordinateur ? Qu’est-ce que la mort alors, sinon un simple "end" écrit sur une ligne de code ? (p.196)

A quoi ça sert de savoir ? Il faut toujours préférer l’obscurité à la science. L’ignorance est bonne camarade, et la vérité ne fabrique jamais du bonheur. Autant être simulés et heureux (p.200). 

Je ne connais pas de problème qui résiste à une absence de solution (p.214).

La mouche ne prend jamais rendez-vous avec l’araignée (p.218)

Quand on a un marteau, tout finit par ressembler à un clou (p.274).

L’anomalie de Hervé Le Tellier, Collection Blanche, Gallimard, en librairie depuis le 20 août 2020

jeudi 17 juin 2021

Les présentations presse reprennent

Les restrictions sanitaires s'allègent. Même si nous gardons le masque en intérieur, rien n'empêche plus de reprendre les présentations de nouveauté à la presse, dans tous les domaines, et après Interfel la semaine dernière c'est l'agence de Nathalie Lavirotte qui organisait aujourd'hui une rencontre entre ses clients et des journalistes à laquelle elle avait convié une consoeur, Gaëlle Miel qui représente la Maison Roussot, Le Régal et Andrée jardin.

Bien entendu elle a toujours été active, adressant régulièrement des communiqués de presse mais rien ne vaut de voir les produits en situation, et de pouvoir discuter avec les chefs de produits des marques en question. 

Il est assez rare que je consacre un article à ce genre de manifestation. Je préfère parler des objets à l'occasion de l'usage que j'en fais. Une fois n'est pas coutume et puis comme je connaissais plusieurs des produits je me sens légitime pour donner mon point de vue. Ce qui ne m'empêchera pas ultérieurement de consacrer à certains un billet particulier.

Commençons par Microplane. C'est une marque dont j'avais retracé l'histoire dans une chronique à la radio, réécoutable en podcast. Quand on cite son nom on pense aussitôt au Zesteur-râpe (environ 21,95€) qui est l'indispensable de tout cuisinier moderne qui, pour zester un agrume, qui pour râper des fèves ou du chocolat. Mais je dispose dans ma cuisine de plusieurs outils de cette marque.

L'emploi d'un acier inoxydable chirurgical permet un résultat est léger, floconneux et sans effiloches que cet objet est devenu culte dans toutes les cuisines de chef. Me croirez-vous si je vous dis que je la glisse dans ma valise avant de partir en vacances ? J'ai choisi le modèle "léopard" (édition limitée) pour illustrer ce billet. Il est vendu avec son étui de protection qui permet de le ranger en toute sécurité.

Cette année la râpe gros-grains a été redessinée pour s'adapter sur un bol et râper plus efficacement et plus proprement légumes, fruits, fromages sans effort directement dans un récipient. J'ai remarqué les deux poignées arrondies et antidérapantes.

Je l'ai essayée avec des courgettes mais je la verrais bien pour le chou-fleur, si délicieux cru, en le râpant ce qui lui donne une texture de couscous (prix 19, 95€).

L'usage de certains ustensiles peut être délicat, je pense en particulier à la mandoline. Même les candidats aux émissions de cuisine se blessent. Je recommande de porter le gant conçu pour éviter un accident grave.
J'aime beaucoup le moulin à épices qui contrairement aux moulins classiques équipés d’un broyeur et de meules, est conçu avec la même technologie que les râpes, pour râper sans broyer les condiments, leur permettant ainsi de conserver tous leurs arômes et saveurs. Idéal pour la noix de muscade, les fèves Tonka, le cumin, la cardamone, les bâtons de cannelle, les fruits à coque, et les piments que je ramenais de mes séjours au Mexique (24,95€). C'est bientôt la saison des barbecues. Voilà un cadeau de circonstance.
  
Restons en cuisine et poursuivons avec Mathon, une marque que je croyais connaitre mais dont j'ignorais l'histoire. C'est Vincent Mathon, traiteur-cuisinier à Saint Marcellin qui chercha des fournisseurs particuliers en 1989. Il édita au bout d’un moment un catalogue qu’il envoya aux entreprises, aux comités d’entreprise puis décida de démocratiser son offre en créant un site Internet. Il obtint 1 million d’utilisateurs. C'est une entreprise toujours française où de nombreux salarié travaillent depuis plus de trente ans.

J'ai réalisé des pyramides de coeurs pour la Saint-Valentin avec des emporte-pièces Mathon, et des dents de loup avec un moule spécial. La marque ne propose pas que des ustensiles de pâtisserie, loin de là. La grande nouveauté, presque une révolution, est d'avoir mis dans leur catalogue une gamme de cocottes en fonte légère qui offrent malgré tout les avantages de la cuisson lente des cocottes traditionnelles.

C'est le type d'article qu'il faut prendre en mains et soulever pour le croire. Le plus grand modèle est en dessous de 2 kg. Non seulement c'est moins fatigant à manipuler mais surtout on ne craint plus d'endommager la plaque à induction qui se raye facilement, et qui serait susceptible de casser suite à une manœuvre un peu brusque. Leur prix est très compétitif par rapport à l'équivalent en fonte de fer puisque la plus grande dépasse à peine la centaine d'euros. Il n'y a plus qu'à choisir entre rond et ovale, noir et gris perle.
 
Le coloris gris perle est très réussi mais le noir reste symboliquement très attirant. Le revêtement anti-adhérent garantit une cuisson facilitée avec peu de matière grasse. Elle dispose d'un couvercle à picots qui transforme la vapeur d'eau en gouttelettes permettant d'arroser en continu les préparations pour les rendre plus tendres et moelleuses. Ce qui fait trois qualités majeures avec la légèreté.

Je conseille d'opter pour la plus grande, parce que lorsqu'on aime cuisiner les légumes on constate qu'avant qu'ils ne réduisent ils occupent un grand volume. Et puis c'est tellement agréable de pouvoir cuire un poulet entier sans devoir le tronçonner.

Mathon a conçu un panier vapeur inox (photo de droite) qui s'adapte sur les cocottes, casseroles, sauteuses … quel que soit le diamètre de celle-ci, 20, 22 ou 24 cm. Il est perforé de trous de taille moyenne permettant un usage de passoire pour les pâtes.
D'autres produits très élégants étaient présentés, comme une essoreuse à salade qui n'a rien à voir avec les modèles plastique dont nous avons tous honte, un rouleau à pâtisserie plus long, plus gros, plus lourd que les traditionnels qui offre de multiples qualités. La plus originale est de pouvoir être passé quelques minutes au congélateur afin d'accumuler du froid et de travailler les pâtes plus facilement. Et, je garde le plus beau pour la fin, un seau à compost de 5 litres avec couvercle en inox, équipé de deux filtres à charbon sous un couvercle doté de trous d'aération.

mercredi 16 juin 2021

La mégère apprivoisée, mise en scène par Frédérique Lazarini

Je n'imaginais pas voir La mégère apprivoisée, mise en scène par Frédérique Lazarini, car j'étais partie pour assister à un autre spectacle, qui ce soir là, exceptionnellement fut en relâche, le temps d'assurer sa captation

Alors voilà comment j'ai bénéficié d'une représentation particulière, sans public. J'en suis ressortie enchantée par le travail de mise en scène et le jeu des acteurs. Ç'aurait été dommage de s'en priver. C'est une chance pour les festivaliers avignonnais qu'il soit programmé au Chêne noir cet été. Il avait été créé à l'Artistic Théâtre fin 2020 mais je n'avais pas pu venir le voir, en raison des contraintes sanitaires.

C'était alors Sarah Biasini qui jouait Catarina. Je ne peux rien dire de son interprétation mais je vous garantis que celle de Delphine Depardieu vaut le déplacement.

Pour résumer le propos en quelques mots, c'est l'histoire d'une jeune femme profondément insoumise, résolument moderne. Frédérique Lazarini a choisi de nous raconter son combat pour gagner le droit à la parole et conquérir une certaine liberté dans la salle d'un cinéma ambulant, installé sur la place d'un village.

On connait les pâtisseries revisitées. Il va falloir compter avec les classiques eux aussi revisités car je serais surprise que Frédérique ne poursuive pas sur sa lancée. Son adaptation est le fruit d'une lecture attentive et intelligente de la pièce de Shakespeare qu'il serait stupide de jouer "à la lettre" après les secousses de mouvements féministes comme #metoo.

Elle a bien raison de s'interroger sur la nature de l'insoumission de la Mégère en nous la montrant rebelle certes, mais fine d'esprit. Puisque Shakespeare, en son temps, avait rompu de façon cruciale avec les décennies précédentes, en donnant à voir les paysages de Venise, de Vérone, ou de Padoue sur la scène londonienne, elle peut se permettre de situer l'intrigue dans une atmosphère de comédie italienne des années 50-60. D'autant que le cinéma italien de cette époque puise ses sources dans plusieurs traditions théâtrales : la commedia dell’arte bien sûr, dont l’influence reste prépondérante quant à la typologie des personnages et le récit picaresque pour la trame générale du récit, mais aussi dans les intermèdes comiques du Music-Hall populaire, très en vogue à la fin de la guerre.
Le spectacle commence dans l'atmosphère d'une fin de soirée estivale, avec des chants d'oiseaux et des aboiements, qui s'entrechoquent avec des rires qui s'échappent des coulisses. Les scènes jouées s'enchaînent avec les moments filmés, en noir et blanc, avec les mêmes comédiens, plus quelques autres, ce qui a permis une distribution plus resserrée (sans nul doute utile en période Covid, mais de toute façon justifiée artistiquement).
Bianca, la fille cadette est amoureuse de Lucentio. Mais le père ne consentira à son mariage qu'après avoir casé l'ainée, laquelle apparait en véritable diablesse, surtout au cinéma. Elle veut maitriser son destin et la pauvre Bianca doit subir sa jalousie et ses sautes d'humeur. Catarina n'a pas beaucoup de charme mais elle a une dot conséquente. L'amoureux transi cherchera un "bon sacrificateur" susceptible d'épouser celle qu'il  veut voir devenir sa belle-soeur. Petruchio sera le candidat idéal : un bel homme, désargenté, beau parleur.

L'heureuse surprise sera que Catarina comme Petruchio vont prendre plaisir à se chamailler. Le futur beau-père commande à Petruchio de se cuirasser et celui-ci fait le coq en affrontant Catarina en tenue rouge, mais sur les hanches comme une torera. Leurs joutes verbales pourraient bien s'inscrire dans un jeu de séduction réciproque, ce qui signifierait que la femme, tel un roseau, aura plié sans rompre, et qu'elle n'aura rien perdu de ses aspirations. Elle resplendit le jour de son mariage, irradiant de beauté alors que son prétendant surgit en rockeur croquant la pomme. La cérémonie sera fantasque. Catarina se fâchera si elle veut : la femme aussi doit imposer sa volonté. c'est ce qu'on nomme égalité.

Le père les qualifiera se couple d'amants explosifs. C'est la célébration de la folie et la scène du dîner de spaghettis bolognese est digne de Fellini. Aucun doute que ces deux-là ont la cervelle malade. Et à la toute fin ce sera la sœur de Shakespeare qui, à travers la voix de Catarina, aura le dernier mot, en lisant un extrait de Une Chambre à soi de Virginia Woolf.

Les costumes de Dominique Bourde ont quelque chose d'élisabéthain tout en évoquant les années 50. Ils sont d'une élégance folle. Les jeux de lumières sont à propos. Les chants sont jolis. Les accents chantent. Le jeu des comédiens est savoureux. Je me suis retenue de rire avec difficulté (n'oubliez pas que pendant une captation le silence absolu est requis dans la salle).
La Mégère apprivoisée de William Shakespeare
Adaptation et mise en scène Frédérique Lazarini
Scénographie et lumières François Cabanat
Costumes Dominique Bourde
Film Bernard Malaterre
Avec sur scène : Delphine Depardieu (Catarina), Cédric Colas (Petruchio), Pierre Einaudi (Lucentio), Bernard Malaterre ou Maxime Lombard (Baptista) et Guillaume Veyre (Tranio)
Et à l'écran : Charlotte Durand-Raucher (Bianca ) Didier Lesour (Le prêtre) Hugo Petitier (Gremio) et Jules Dalmas (Hortensio)
Au théâtre du Chêne noir du 7 au 31 juillet 2021 à 12h (Relâche les 12, 19 et 26 juillet)
8 bis, rue Sainte Catherine 84000 Avignon location 04 90 86 74 87 - www.chenenoir.fr

mardi 15 juin 2021

Novecento : pianiste au théâtre dans l'adaptation de Laurent Orry

Comment dire les choses sans être taxée de provocation ? Laurent Orry a choisi de s’atteler au magnifique texte d’Alessandro Baricco, relativement récent puisqu’il a été publié en 1994, pour monter "son" Novecento pianiste. Il a pour cela bénéficié d’une résidence dans le cadre du programme Adami déclencheur sans lequel cette création n’aurait pas pu avoir lieu.

Je suis allée la voir en avant-première cet après-midi mardi 15 juin à 16h (durée 1h15) au Théâtre Le Lustre du Centre de la Nouvelle Athènes, 14 Rue de La Tour Des Dames - 75009 Paris. 

Il sera réellement créé dans un mois au festival Off d’Avignon, au Grand Pavois, à 16 h 20 (sauf les mardis).

Quand on donne le titre du spectacle Novecento : pianiste, à toute personne passionnée de théâtre on la voit froncer les sourcils et on devine qu’elle pense à la sublime version d’André Dussolier, qui lui valut entre autres le Prix du brigadier. Comme il est périlleux d’être le suivant !

Laurent Orry réussit parfaitement son pari, quasiment sans décor, avec juste une caisse et une flasque de whisky pour accessoire, un costume vieilli (il pourrait l'être encore plus car son personnage a tant bourlingué qu’il ne doit pas avoir grand chose de neuf à se mettre sur le dos). Et surtout sans l’enveloppe musicale que l’on s’attendrait à entendre.

J’avoue que, au tout début du spectacle, mes oreilles chatouillées par les notes d’Erik Satie (curieux choix au demeurant que de faire écouter Gymnopédie alors que le public s’installe) avaient furieusement envie d’entendre les grands standards du jazz américain.

Et puis la magie a opéré. Celle du texte qui met en lumière le pouvoir de l’imagination. Celle du comédien qui incarne le trompettiste Tim Tooney, dépositaire de l’histoire de cet enfant abandonné dans un carton sur le piano d’un bateau – le Virginian –  devenu un pianiste hors normes et qu’on désigne sous le nom de Dany Goodman T.D. Lemon Novecento. Il ne posa jamais un pied à terre, tant le monde extérieur l’effrayait. Navigant sans répit entre l’Europe et les Etats-Unis, il passa ses journées devant son instrument, à jouer sa musique qui représenta, dans une solitude à la fois subie et voulue, un refuge et le moyen de supporter le monde.

Un jour, pourtant, il affirme son intention de descendre à terre, mais renonce à la troisième marche. Je sais maintenant que ce jour là Novecento avait décidé qu’il allait s’asseoir devant les touches blanches et noires de sa vie, et commencer à jouer une musique, absurde et géniale, compliquée mais superbe, la plus grande de toutes. Et plus jamais être malheureux (p. 69).

On comprendra que ce qui l'a arrêté ce n’est pas ce qu’il a vu. C’est ce qu’il n’a pas vu la fin du monde. Un piano. Les touches ont un début. Et les touches ont une fin. Toi tu sais qu’il y en a 88, là-dessus personne peut te rouler. Elles ne sont pas infinies elles et toi tu es infini, et sur ces touches la musique que tu peux jouer elle est infinie (p. 75).

Il finit par conclure : La terre, c’est un bateau trop grand pour moi. C’est un trop long voyage. Une femme trop belle. Un parfum trop fort. Une musique que je ne sais pas jouer. (p. 77)

Cependant des désirs, il en a, alors il dit qu’il les à ensorcelés. Et je les ai laissés l’un après l’autre derrière moi. De la géométrie. Un travail parfait. (…) J’ai dit adieu aux miracles quand j’ai vu rire ces hommes que la guerre avait démoli, j’ai dit adieu à la colère quand j’ai vu ce bateau qu’on bourrait de dynamite, j’ai dit adieu à la musique, à ma musique, le jour où je suis arrivé à la jouer toute entière dans une seule note d’un seul instant, et j’ai dit adieu à la joie, en l’ensorcelant elle aussi, quand je t’ai vu entrer ici (…) J’ai désarmé le malheur. J’ai désenfilé ma vie de mes désirs.

Aujourd’hui, on qualifierait son génie comme le symptôme d’un autisme de type Asperger. Je sais bien qu’il s’agit d’un personnage fictif mais Laurent Orry nous raconte sa vie comme si elle avait été réellement vécue, et c’est magnifique.

On l’écoute attentivement. C’est une vraie leçon d’humanité et d’humilité. Une métaphore philosophique sur la manière d’être fidèle à un idéal de vie, sur le respect de l’autre, sur l’attachement aux valeurs. Le spectacle soulève énormément de questions sur la gloire, la notoriété, la condition humaine, le talent, l’inné et l’acquis et bien entendu sur ce qu’on appelle "le point de vue".

La musique n’est finalement qu’un prétexte à nous dire ce qui est essentiel dans la trace qu’on laissera, ou non, derrière nous. Alors la compagnie Les âmes errantes a raison de ne pas alourdir le spectacle avec une bande son. La véritable musique du spectacle est intérieure, au fond de notre conscience, et notre coeur la perçoit.

Cette histoire est, je le répète, une fiction, mais on y croit, ce qui prouve bien le pouvoir de l'imagination souligné par Alessandro Barrico, philosophe et musicologue de formation. Quand on reprend son livre on réalise qu’il a écrit ce texte pour un comédien et un metteur en scène en particulier, soulignant "Je ne sais pas si cela suffit pour dire que j’ai écrit un texte de théâtre ; en réalité, j’en doute. A le voir maintenant sous forme de livre, j’ai plutôt l’impression d’un texte qui serait à mi-chemin entre une vraie mise en scène et une histoire à lire à voix haute. (…) J’aime bien l’idée que quelqu’un la lira".

Le parti-pris de Laurent Orry est donc légitime. Il le justifie aussi par le fait qu'il a connu lui aussi une époque intense et heureuse au plan artistique avant d'être vaincu, lui aussi, par l'adversité, la peur et l'isolement. Ayant vu sombrer sa compagnie, il se retrouve dans le destin de Tim et de Novecento, qu'il désigne sous le terme de "perdants magnifiques" sans vouloir les imiter dans le regret du passé et la sublimation des désirs, mais au contraire chercher à toujours les réaliser sur scène.

Un dernier mot : n'allez pas croire que ce spectacle soit déprimant; il est au contraire lumineux, ponctué de touches d'humour comme le texte original d'Alessandro Baricco que je me suis empressée de savourer ensuite.

Novecento : pianiste d’Alessandro Baricco
Traduction de Françoise Brun
Monologue mis en scène et interprété par Laurent Orry
Du 7 au 31 juillet à 16 h 20, relâche 13, 20 et 27 juillet
Au Grand Pavois - 13, rue Bouquerie - 84000 - Avignon

Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting® # 4 : Wolfberger

Considérée comme leader en Alsace, Wolfberger est une grande maison proposant 15 grands crus, sur les 4 cépages nobles. La production est de 12 millions de bouteilles (sur 1200 hectares de vignes appartenant à 360 familles composant 13 000 parcelles s'étendant sur plus de 100 km) par an dont la moitié en Crémant.

Ce sont aussi des eaux-de-vie et spiritueux qui sortent de leur distillerie sur le site de Colmar depuis 1979 puisqu'il y a une longue tradition d'entretien de vergers. La Fleur de Bière®, produit phare et emblématique de la Distillerie a été dévoilée lors du salon Eurobière à Strasbourg en 1989. C'est un  distillat atypique de bière de garde aux notes de fruits exotiques, d’épices et d’agrumes, très prisé à Noël pour l'intégrer dans un cocktail.

Les variétés de proposition sont très larges, y compris pour séduire une clientèle américaine. Ils seraient les pionniers en matière de Vendanges tardives à partir de 1984 et de sélection de Grains Nobles. Quant à la viticulture raisonnée, elle est appliquée depuis plus de 12 ans. La certification bio a été obtenue en 2003 et 75% des vignobles sont HVE, en visant 95% à terme.

Emilie Lejour, oenologue, fait état du millésime 2021 qui est en pleine période de floraison. Les vignes embaument littéralement, faisant augurer de belles vendanges d'ici cent jours. L'hiver fut assez long mais le mois de mai ne fut pas favorable même si l'Alsace a été privilégiée par rapport au gel. Des concurrents d'autres régions ont perdu jusque 75%.

Historiquement les caves d'Eguisheim sont nées en 1902. La marque a été créée en 1976 en même temps que l'Appellation Crémant d'Alsace. Les valeurs sont concentrées autour de la solidarité et de l'entraide, de la passion et de la qualité sans oublier l'innovation avec l'ambition d'être ambassadeur des terroirs alsaciens.

Si j'entends l'affirmation d'être les plus vertueux possibles je comprends néanmoins qu'une balance s'établit entre un mix raisonné de bio et d'usage de produits phytosanitaires-sanitaires et d'intrants restreints et ciblés. L'objectif est de concevoir la fertilisation durable et de favoriser la dynamique des sols. de favoriser la biodiversité et la typicité des vignobles, où se trouvent des cépages anciens et historiques pour en faire une bibliothèque à ciel ouvert. De s'adapter aux changements climatiques.

Parmi les succès de Wolfberger on peut citer le Crémant Révérence IX, dont el coffret, dans la version Magnum, se transforme en seau à glace, et les vins tranquilles de la Gamme Signature avec chaque année, en février, 3 propositions pour chacun des 7 cépages principaux. Il existe une Gamme Vieilles Vignes avec récolte manuelle. Une gamme Grande Réserve. Une Gamme bio depuis 2003. Une gamme Vins de saison qui se décline en 3 cépages. Et même un assemblage dont la composition précise est tenue secrète, pour bousculer les convenances, et accompagner le repas de l’apéritif au dessert. Ce vin AOC d’Alsace d’assemblage sec, frais et croquant, se prolonge avec une belle longueur en bouche et peut s’associer avec un large choix de mets. Il porte un nom qui résonne comme un nom de code : Black Papillon.

N'oublions pas la gamme Vendanges Tardives qui existe aussi en Muscat quand l'année est favorable. Et, plus rares, les Grains Nobles.

Passons maintenant à la dégustation pour laquelle j'avais reçu des indications très précises (valables pour tous les domaines au demeurant) : Veuillez noter que certains vins peuvent révéler un léger masque aromatique en raison du conditionnement en format 3 cl. Pour une dégustation optimale de chaque référence, notre œnologue vous conseille de mettre les échantillons au frais (8°-10°C) pendant plusieurs heures avant dégustation. Puis de faire délicatement tourner le vin dans le verre de façon à l'aérer. Il pourra ainsi s'ouvrir et s'exprimer. Une fois aéré, entre 5 et 10 minutes, le vin est prêt à être dégusté.

De gauche à droite (tous sont bien entendu des AOC Alsace. Je ne le répèterai donc pas)
  1. Alsace Grand Cru Muenchberg Riesling 2018
  2. Riesling 2018 Rottenberg - Colline rouge
  3. Pinot Noir 2018 la Grande Louve
  4. Alsace Grand Cru Rangen Pinot Gris 2015
Alsace Grand Cru Muenchberg Riesling 2018
Qualifié de meilleur Riesling du monde il y a quelque temps, Le Muenchberg offre des Riesling d'exception car ce cépage atteint une maturité tardive ainsi qu’une réelle et rare plénitude sur ce terroir exceptionnel dont le nom signifie "montagne des moines" en français. Dès le XIIe siècle les moines cisterciens de l’abbaye de Baumgarten, toute proche, y cultivaient la vigne.

C’est sur un sol formé de sédiments volcaniques vieux de 250 millions d’années que le Muenchberg accueille et retient le soleil. Aujourd’hui le sol caillouteux et sableux permet un excellent drainage et un réchauffement rapide des sols car très bien abrité des pluies et installé de part et d’autre d’un vallon. Le terroir Muenchberg accueille avec facilité le Riesling. La noblesse de ce cépage est dû à une maturité tardive ainsi qu’à une réelle et rare plénitude sur ce terroir exceptionnel qui connait une faible fertilité, la vigne produisant peu de raisins mais en concentrant toutes ses qualités.

Ce Riesling Grand Cru Muencherg est intense et citronné, voire citron vert, le nez développe des arômes complexes d’agrumes et de verveine. Une nuance minérale commence à se développer au bout de 2 années de vieillissement. La bouche est dense et fraîche, structurée et complexe avec une acidité élégante mûre. La fin de bouche développe des amers élégants provenant du sol volcanique et une pointe de salinité. C’est un vin qui demande à s’ouvrir et appréciera d’être carafé les 3 prochaines années pour s’ouvrir. Idéal sur un excellent poisson en sauce.

Riesling 2018 Rottenberg - Colline rouge
Les sols de la colline sont rouges parce qu'ils sont ferrugineux et que l'oxyde de fer est rouge sur le calcaire. Le nez est plus frais au niveau des agrumes et des fruits blancs, avec une note de poire juteuse. Il est sec mais est plus ample en bouche.
S'accordera avec une volaille aux écrevisses, une tarte à la rhubarbe et aux pommes.

Pinot Noir 2018 la Grande Louve
Issu du cépage Pinot Noir, ce vin est le fer de lance de la gamme de La Grande Louve. Les vignes proviennent de terroir à dominante calcaire et les rendements sont volontairement limités à 55 HL/HA afin de concentrer au mieux le potentiel organoleptique des raisins. La vendange est égrappée et une macération adaptée permet d’obtenir une robe soutenue.
La vinification et l’élevage se font en pièce bourguignonne afin d’obtenir des tanins fondus et des arômes vanillés subtils.On observe une vraie renaissance du Pinot noir en Alsace par rapport à il y a vingt ans.
Ce vin charpenté et boisé, mais pas trop, d'un beau rouge rubis profond, se révèle par une belle intensité aromatique de notes de petits fruits noirs comme la myrtille, la mûre et le cassis et par la vivacité des épices. Je reconnais des arômes de réglisse. La bouche, ample et équilibrée, restitue le fruité des baies sauvages.
A servir par exemple avec un magret de canard.

Alsace Grand Cru Rangen Pinot Gris 2015
Le Grand Cru Rangen est le plus méridional des terroirs Grands Crus et sans doute aussi le plus mythique. Orienté plein sud avec un ensoleillement maximal, cet unique terroir volcanique d’Alsace, composé de roches siliceuses et de laves basiques, s’impose dans le paysage de Vieux-Thann sur une pente vertigineuse et raide à 85%. Ce terrain abrupt où rien ne tient debout, nécessite des vendanges encordées. Il mérite bien son nom Rangen qui signifie "pente" en vieil allemand.

Il se situe sur la commune de Thann tout au sud de l’Alsace. Il a la particularité de posséder un sol volcanique qui emmagasine la chaleur du jour et la restitue la nuit. La composition du sol permet aux racines de la vigne de puiser profondément dans un sous-sol riche en éléments minéraux. Il est exposé plein sud et profite de vents rafraîchissants et desséchants en cas d’humidité.
 
Dès le XIIIe siècle des moines pèlerins évoquaient élogieusement les particularités du Rangen. Puis de fameux écrivains et auteurs, tels que Fischart, Brand ou encore Michel de Montaigne, racontèrent à leur manière le paysage majestueux et la culture de vignes qui s’imposaient à leurs yeux.

Sa robe est d'or soutenue. Elle révèle des notes de fruits secs et de torréfaction. La bouche est soyeuse avec une finale qui s'étend sur le velouté de l'abricot compoté et du cacao. Il pourrait être confondu avec un Vendanges Tardives. Parfait comme vin de garde, il révélera encore davantage ses qualités gustatives après quelques années en cave. Il accompagnera un tartare de flétan fumé à la pomme verte, un filet de boeuf en croûte de café, un Soumaintrain ou un vieux Parmesan, un gâteau Opéra chocolat et café.

Il se décline aussi en Riesling mais ici c'est le Pinot Gris qui a été choisi.

Je vous invite à lire les autres comptes-rendus de dégustation des coffrets Haag, Muré et Dussourt, chacun publié à la date du 15 juin 2021, et Bestheim le 26 octobre 2021 :

Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting®  # 1 : Haag
Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting®  # 2 : Muré
Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting®  # 3 : Dussourt
Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting®  # 5 : Bestheim


Et bien entendu l'article général sur la manifestation : Millésimes Alsace 2021, un salon vécu en digital, publié le 14 juin 2021

Renseignements utiles :
CIVA : Conseil Interprofessionnel des Vins d’Alsace
12 avenue de la Foire-Aux-Vins - BP 11217 - 68012 Colmar Cedex
03 89 20 16 20

6 Grand’Rue - 68420 Eguisheim
03 879 22 20 04

Je remercie Véronique Renck, responsable Marketing Communication, d’avoir permis de surmonter les problèmes techniques en organisant une rencontre spéciale par visio conférence

Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting® # 3 : Dussourt

Dussourt était le coffret étiqueté numéro 1. Je remarquerai plus tard combien les étiquettes sont élégantes, ornées d’un cerf.

Les deux Rieslings, tous deux Scherwiller Réserve prestige proviennent de vignes, vieilles de plus de quarante ans, poussant sur des graves d’origine sablonneux-granitiques et ont des caractéristiques proches en termes de degré d’alcool et de sucrosité. Scherwiller est une appellation communale. Ce sont des vins secs aptes à une garde de plus de 10 ans qui ont reçu de multiples récompenses.

On les servira à 9° en entrée entrées (tartines au chèvre frais, tomates et pistou), en plat avec des poissons, fruits de mer (bar en papillote, poisson mariné) et bien entendu avec une choucroute ou un baeckaoffa.

De gauche à droite (tous sont bien entendu des AOC Alsace. Je ne le répèterai donc pas.)
  1. Riesling 2017 - Scherwiller Réserve prestige
  2. Riesling 2019 - Scherwiller Réserve prestige
  3. Pinot noir 2015 - Rouge Alsace Réserve prestige
  4. Pinot Gris 2018 - Rittersberg - Réserve prestige
On commence par le plus jeune. Le Riesling 2019 est encore sur les arômes primaires du Riesling, donc des agrumes, mais encore très floral, me faisant penser à l'acacia. Il exprime cependant la salinité typique du cépage en fin de bouche. 

Riesling typé Scherwiller sec et fruité. Nez d’une belle finesse aromatique accompagné de notes florales et de fleur d’oranger. Palais avec une belle attaque verticale associant une combinaison de subtiles notes de fleurs blanches et d’agrumes.

Le 2017 est déjà plus minéral, mais les notes fruitées demeurent. Elles se sont même épanouies.
Riesling Scherwiller est de couleur or pâle brillant. Il est sec et droit, nez fruité sur des notes de coing et petits fruits jaunes. La bouche indique des notes fines, fruitées, fraiches et minérales, associées avec une belle verticalité.

A signaler la faiblesse de la récolte de ce millésime suite au gel de printemps (14 Hl/Ha) qui fut vendangé le 11 septembre.

Pinot Gris 2018 - Rittersberg - Réserve prestige
Le vignoble s'étend sur les coteaux, au-dessus du village, sur des arènes granitiques et exposés uniquement sud-sud-est. On y travaille en rendements faibles. Pinot Gris typé du terroir granitique du Rittersberg donnant une belle expression aromatique sur des notes de fruits secs et de safran. Palais riche et corsé composé d’une belle harmonie et d’un bel équilibre qui en font un vin de gastronomie par excellence.

Le millésime 2018 révèle une très grande maturité, très ronde. Presque sucré avec une minéralité douce en fin de bouche pouvant donner envie de le servir en vin de dessert. Il est d’ailleurs qualifié de demi-sec. Très belle surprise pour moi qui connaissait surtout le Gris Meunier du Val de Loire.

Pinot noir 2015 - Rouge Alsace Réserve prestige
Issu de vignes poussant elles aussi sur un sol granitique, cultivées en mode raisonné, ce Pinot est un grand rouge d’Alsace de garde. Il est travaillé à la manière bourguignonne avec une macération de 12-15 jours, une garde de 18 mois en barrique. Il a été mis en bouteille en 2017. Le vignoble est sur terroir granitique mais situé à Blienschwiller (alors qu'en Bourgogne c'est argilo-calcaire). Ses tannins sont arrondis. Il a besoin de s'affiner. On le boit comme un Bourgogne, pas trop chambré. Le voit très bien sur une côte de boeuf. Belle possibilité de garde.

Vin à la belle robe pourpre, riche et complexe aux notes de griottes avec un boisé fondu. Un palais avec une structure tanique veloutée en harmonie avec les arômes de fruits rouges. Se servira avec du gibier et toutes les viandes rouges, grillées ou mijotées en sauce.

Je vous invite à lire les autres comptes-rendus de dégustation des coffrets Haag, Muré, Wolfberger, chacun publié à la date du 15 juin 2021, et Bestheim le 26 octobre 2021 :

Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting®  # 1 : Haag
Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting®  # 2 : Muré
Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting®  # 4 : Wolfberger
Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting®  # 5 : Bestheim

Et bien entendu l'article général sur la manifestation : Millésimes Alsace 2021, un salon vécu en digital, publié le 14 juin 2021

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2 rue de Dambach - 67750 Scherwiller
06 86 00 86 62

Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting® # 2 : Muré

Deuxième dégustation de la série avec le Domaine du Clos Saint Landelin, propriété de la famille Muré, est situé à Rouffach dans le sud de l’Alsace et couvre 28 hectares dont 12 pour le seul Clos Saint Landelin.

Le travail effectué au vignoble s'effectue avec des labours traditionnels et une culture biodynamique qui est le reflet du respect du terroir. Le domaine tire son nom de son fleuron, le Clos Saint Landelin, monopole familial de 12 hectares, en terrasses exposées plein sud et bien aérées, mais difficiles à travailler, dont deux vins ont été choisis pour figurer dans le coffret.

Le travail en cave se veut minimaliste et lui aussi proche du terroir : fermentation par levures indigènes et élevage des vins sur lies. Aujourd’hui, ce sont Véronique et son frère Thomas Muré, la 12ème génération, qui sont aux commandes du domaine.

Tous les vins présentés sont élevés selon les règles du mode de production en biodynamie.

De gauche à droite (tous bien entendu des AOC Alsace. Je ne le répèterai donc pas)
  1. Alsace Grand Cru Vorbourg Riesling 2019 Clos Saint Landelin
  2. Alsace Grand Cru Zinnkoepfle Riesling 2019
  3. Pinot Noir 2018 Lutzeltal
  4. Alsace Grand Cru Vorbourg Riesling 2017 Clos Saint Landelin - Vendanges Tardives
Pour Véronique Muré, il est également préférable de commencer par le Pinot noir Lutzeltal avant la série des blancs. Lutzeltal est un lieudit dont le nom signifie "petit vallon". C'est un plateau situé au-dessus du Clos Saint Landelin, à la forme d'un vallon évasé. Le sol est particulièrement caillouteux. Il s'agit de calcaire gréseux peu argileux. Le site est d'autant plus sec qu'il est exposé aux vents.

Les vignes de pinot noir ont 40 ans d'âge moyen. Les vendanges sont manuelles. La macération s'effectue avec moitié de grappes entières. L'élevage se fait en barriques. L’année 2018 n’est pas trop tannique. Il est très agréable, d’une élégante finesse, avec des tannins très soyeux, n’asséchant pas la bouche. 

Cette cuvée se situe en gamme intermédiaire. La robe est rouge rubis et le nez gourmand, sur la vanille et le chocolat puis la cerise, et toute la famille des petits fruits rouges, de groseilles bien mûres, jusqu’à la myrtille, avec la réglisse en fin de bouche. Beaucoup de profondeur.

Plus tard je découvrirai le Pinot noir V (comme Vorbourg dont le nom signifie "devant la montagne") qui a vocation à devenir Grand Cru lorsque les vignerons seront parvenus à faire modifier le cahier des charges qui pour le moment ne peut l'associer qu'aux cépages blancs Riesling, Gewurtztraminer, Pinot gris ou Muscat.

Les vignes de ce pinot noir ont 19 ans d'âge moyen. Les vendanges sont elles aussi manuelles. La macération s'effectue avec 45% de grappes entières. L'élevage se fait en barriques, dont un quart de neuves.

Cette cuvée est noble. La robe est rouge rubis et le nez délicat, davantage sur la cerise que le précédent, puis la vanille. En bouche l'attaque est fruitée et très vite arrivent des notes plus complexes de poivre, myrtille et chocolat. S'il est idéal sur une côte de veau il accompagnera aussi un dessert.

Dégustons maintenant les Rieslings en commençant par l'Alsace Grand Cru Zinnkoepfle Riesling 2019.

Les vignes, d'âge moyen d'une dizaine d'années, poussent à l'ouest de Rouffach sur un coteau aux pentes escarpées d'un sol de calcaire coquillier, exposées plein sud. Le nom du terroir est une déformation de "Sonne Koepfle" signifiant en alsacien la tête au soleil.

Atteignant 440 mètres d'altitude c'est le grand cru le plus élevé d'Alsace. Les vignes sont installées sur un sous-sol calcaire parcouru de quelques veines de grès rose, le même que celui des pierres de la cathédrale de Strasbourg. La belle exposition plein sud permet une belle maturité mais tout en conservant la forte acidité du calcaire.

Le vin est sec, à l'acidité citronnée. Nez caractéristiques d’herbes fraîches, quel que soit le millésime, de camomille, et de foin séché. Grillé et épicé, avec aussi le caractère affirmé de fruits dorés et exotiques. 

L'Alsace Grand Cru Vorbourg Riesling 2019 Clos Saint Landelin explose en bouche, plus exubérant et démonstratif que le précédent. Des notes de pamplemousse rosé se révèlent à la fin. Racé et élégant, c'est un grand vin de garde.

Les  deux sont secs, et offriront un bel accord sur des poissons, des chèvres, des viandes blanches, mais ceux qui leur trouveront une acidité trop marquée se tourneront vers un Pinot gris.

Enfin l'AOC Alsace Grand Cru Vorbourg Riesling 2017 Clos Saint Landelin - Vendanges Tardives est -comme je m'y attends- un vin liquoreux relevé par une fine acidité et des notes d'agrumes. Une dégustation en complet aveugle ne laisserait aucune place au doute. Cette vendange tardive est très réussie sur le riesling. Ce cépage garde sa fraîcheur, c’est sucré mais moins qu’un Gewurtztraminer.

Les levures n’ont pas tout fermenté, si bien que ce vin demeure léger et on pourrait (en toute modération malgré tout) en boire davantage. Liquoreux en subtilité, il pourrait même être proposé en apéritif.

Je vous invite à lire les autres comptes-rendus de dégustation des coffrets Haag, Dussourt, Wolfberger, chacun publié à la date du 15 juin 2021, et Bestheim le 26 octobre 2021 :

Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting®  # 1 : Haag
Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting®  # 3 : Dussourt
Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting®  # 4 : Wolfberger
Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting®  # 5 : Bestheim

Et bien entendu l'article général sur la manifestation : Millésimes Alsace 2021, un salon vécu en digital, publié le 14 juin 2021

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Domaine du Clos Saint Landelin - Route du Vin - 68250 Rouffach
03 89 78 58 00

Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting® # 1 : Haag

Tout le domaine est classé HVE, Haute Valeur Environnementale. C'est Myriam Haag qui mène la dégustation  Elle a la voix chaleureuse et le parler franc. Ce qu'on dit aujourd'hui, on ne le dira pas dans quelques années, confie-t-elle avec humilité, signifiant l'évolution constante du travail.

Elle-même n'est pas issue du milieu, mais elle entretient avec son métier une osmose continuelle qui évolue positivement en spirale ascendante. L'écouter est riche d'enseignement.

La différence entre les domaines tient d'abord à l'identité de leurs terroirs, ensuite à la façon de travailler. Le vin se fait toujours dans la vigne, ai-je entendu, donc bien en amont, même si le millésime compte et fait que sur la même parcelle on obtient tous les ans un vin forcément différent. Le Riesling est (trop) souvent acheté jeune pour son côté floral, sans doute parce qu'on ne sait pas spontanément apprécier sa minéralité, comme on le constate avec des Riesling 2014, voire 2010. Il faut en donner les clés. Voilà pourquoi il est nécessaire d'organiser régulièrement un apéro gourmand présentant des accords vins-mets, pour favoriser les découvertes des clients, ce qui est impossible en ce moment en raison du Covid.

A l'époque, les moines sélectionnaient les terroirs. Les parcelles du domaine sont vieilles de plus de 60 ans et comme on n'y utilise pas de désherbant (depuis 10 ans) les racines s'enfoncent dans le sol et sont moins sujettes à la sécheresse. Le domaine est pour la troisième année en conversion bio.

Le Riesling qui occupe un peu plus de 60% des superficies est moins un vin d'apéritif qu'un vin de repas. Il convient très bien à la charcuterie, même à un thon fumé. Avec les années il prend un coté pierre à fusil qui ne convient pas à tout le monde, (voire même des accents pétrolés dans les situations extrêmes) qui est vraiment sa signature, et auquel bien sûr il faut avoir été initié.

Le Riesling est conçu pour être consommé sec. Mais il n'est pas exclu de faire une vendange tardive (comme je l'apprendrai avec Muré) même s’il est difficile d'atteindre les 15°3 réglementaires, et d'éviter la pourriture.

De gauche à droite (tous bien entendu AOC Alsace. Je ne le répèterai donc pas)
  1. Alsace Grand Cru Zinnkoepfle Riesling 2018
  2. Riesling 2018 Vallée Noble
  3. Pinot Noir 2019
  4. Gewurztraminer 2019
Myriam Haag estime, et je vais la suivre, qu’il vaut mieux titiller les papilles en commençant avec le Pinot noir 2019, ce qui se révèle inhabituel au cours de ce salon digital.

Il est issu de vignes poussant sur le sol sol calcaire coquillé du Muschelkalk de parcelles classées Grand Cru. Les raisins sont vinifiés en barriques de chêne, en demi-muids de 500 litres. Il pourrait se garder 15 ans. Le travail est effectué "à la bourguignonne" me précise-t-on. On le dégustera donc à peine chambré.

D’un rouge soutenu, ce pinot noir révèle des arômes de fruits noirs très mûrs. En second nez on découvre un arôme de cigare lié à la maturité du vin. Sa bouche fraîche exprime des tanins élégants et soyeux, structurant le vin sans l'alourdir qui apportent équilibre et persistance. Il accompagne toutes sortes de viande, des viandes fumées, crues et grillées, certains fromages corsés.

Le Pinot noir progresse en encépagement global sur le domaine parce qu'il permet aussi de faire des Blancs de noirs et du crémant rosé.

Des recherches sont constantes pour les choisir à bon escient les meilleurs fournisseurs de barriques. Les réactions diffèrent selon le tonnelier, c'est flagrant. Les Pinots peuvent provoquer des pics émotionnels, Myriam Haag l'a constaté. Et aux réfractaires elle prévient que le non c'est le début d'un oui.

Place ensuite aux Riesling, volontairement choisis la même année mais sur deux terroirs très différents de manière aussi à révéler la patte du vigneron car le vin se fait toujours dans la vigne, donc en amont. Le Riesling est un vin minéral qui a besoin d'être expliqué en en fournissant les clés d'appréciation.

Riesling 2018 Vallée Noble
Ce riesling en appellation communale est issu d’une parcelle en coteau orientée vers le sud, sur un sol de Grès Avoltzia (Buntsandstein). Cette pierre offre à ce vin fraîcheur, salinité et grande pureté ainsi qu’une expression aromatique complexe. Il se marie avec tous les poissons et crustacés, le veau, la cuisine accompagnée d'herbes (estragon, coriandre, basilic) et les fromages de chèvre. Garde possible de 15 ans.

Alsace Grand Cru Zinnkoepfle Riesling 2018
Ce riesling est issu d’une parcelle orientée plein sud d'un sol Calcaro-gréseux de Muschelkalk. Le calcaire coquiller transmet une sensation de bouche pleine, large salinité et grande pureté ainsi qu’une expression aromatique presque mentholée aux notes de tisane de fleurs blanches, loin de certaines effluves d'hydrocarbures ou de pierre à fusil que l'on peut constater sur des rieslings. On constate une pointe de fraicheur au bout de la langue. On pourrait le confondre malgré tout avec un demi-sec.
Parfait avec la cuisine raffinée, les coquilles Saint-Jacques, le homard, les poissons, les fromages de de chèvre affinés. Garde possible 25 ans.

Gewurztraminer 2019
Planté sur le versant sud-ouest du Zinnkoepflé, donc lui aussi sur le calcaire Muschelkalk, ce gewurztraminer exprime des notes florales et épicées typiques de cette colline qui sont déjà présents. Il exprimera de la minéralité quel que soit le millésime, même le 2019 qui fut une année assez chaude. Sa bouche est ample, longue, équilibrée et grâce à sa fraicheur liée au terroir calcaire. C'est un vin très élégant, typique de ce cépage, et néanmoins léger. Il est demi-sec, 12 ans de garde possible.

Je vous invite à lire les autres comptes-rendus de dégustation des coffrets Muré, Dussourt, Wolfberger, chacun publié à la date du 15 juin 2021, et Bestheim le 26 octobre 2021 :

Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting®  # 2 : Muré
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17 rue des Chèvres - 68570 Soultzmatt
06 86 94 17 52

lundi 14 juin 2021

Millésimes Alsace 2021, un salon vécu en digital

(mis à jour Novembre 2022)
Millésimes Alsace est un salon professionnel qui aurait dû se tenir en présentiel. L’édition 2021 aurait été purement supprimée si les organisateurs n’avaient pas mis en œuvre une logistique impressionnante pour permettre de vivre l’événement en digital et à distance.

Une fois l’inscription validée, on recevait un lien permettant de visiter les fiches de chacun des domaines ayant adhéré au programme. On était invité à en choisir 4 (ou 8), ce qui n’était pas aisé parce que soit on partait sur ceux qu’on connaît déjà, par fidélité, soit on tablait sur le hasard. Il était fastidieux de parcourir toutes les pages, et de suivre tous les liens, pour ensuite seulement établir sa liste.

Personnellement, j’aurais aimé disposer d’une carte de situation des vignobles de manière à repérer assez vite des terroirs différents. A la réflexion c’est sans doute une illusion puisque  quelques kilomètres de distance suffisent pour changer radicalement de terroir. C’est une des spécificités alsaciennes et elle est unique au monde.

J’aurais aussi apprécié un index répertoriant ceux qui travaillent en bio (pour ne pas devoir les chercher au petit bonheur). J’étais sensible à d’autres critères comme l‘ancienneté du domaine (ou sa jeunesse), la présence de vigneronnes … De grandes maisons comme de plus modestes, indépendantes. Autant de pistes d’amélioration que je suggère pour une prochaine édition.

Une fois les 4 demandes de coffret enregistrées, il suffisait de patienter jusqu’à la réception des échantillons qui arrivèrent dans des boites conçues spécialement (voir première photo). Quatre minuscules flacons de 3 cl pour chaque domaine, que nous devions conserver au réfrigérateur pour les blancs, à température ambiante pour les rouges. Vingt au total puisque un domaine « surprise » était ajouté, ce qui finit par être conséquent même avec la formule « 4 domaines », a fortiori avec 8.

Quelques jours plus tard, on pouvait prendre rendez-vous pour une conversation -entre le 7 et le 9 juin 2021- avec le viticulteur, en face à face numérique, pendant lequel nous étions censés procéder à la dégustation, … sous les yeux de notre interlocuteur.

Le montage était un peu complexe mais l’idée était excellente. Il y eu divers soucis de prises de rendez-vous avec certains. Ensuite de connexion le jour J car l'ergonomie du site n'était pas totalement intuitive (et il est probable que selon le navigateur employé, les pages ne s’affichaient pas exactement à l’identique sur tous les ordinateurs).

Je n’ai jamais trouvé où cliquer pour lancer la première vidéo. Je me suis décidée à appeler le domaine. Le viticulteur n’était pas libre, n’ayant pas terminé la conversation avec la précédente personne. Tout s'est décalé et je n'ai pas pu suivre car j’avais pris d’autres engagements, certes avec un quart d’heure de marge mais je me suis rendue compte que cela ne suffisait pas. J’ai finalement fait trois entretiens au téléphone, et sans vidéo.

Un problème particulier s’est posé avec un domaine dont les Riesling avaient fermenté au cours de leur envoi. La dégustation fut impossible (alors que cette fois la vidéo fonctionnait). J’ai reçu depuis les bouteilles correspondantes et j’en parlerai ultérieurement.

Enfin le cinquième avait décliné toutes mes tentatives de rendez-vous, sans que ce soit intentionnel mais consécutif à une difficulté technique. Nous avons mené une réunion, très longue, avec vidéo (mais unilatérale puisque mes interlocuteurs n’ont jamais pu avoir mon image).

Malgré ces aléas, je salue grandement cette initiative. Qui a permis sans doute à des personnes très éloignées géographiquement (et qui n’auraient pas fait le déplacement même si les conditions sanitaires l’avaient permis) de communiquer entre elles. Ce fut sans doute précieux pour ceux qui travaillent à l'exportation. Et cela a permis de garder le contact avec les cavistes.

Le fait de mener ces entretiens dans une certaine intimité, en étant préservé des bruits qui résonnent toujours dans un salon professionnel, était propice à une meilleure écoute. On pouvait répartir les conversations sur trois jours (voire même plus en fait), ce qui permettait d’échelonner les dégustations. Car si j’ai qualifié les flacons de "minuscules" le volume total aurait tout de même été conséquent en l’espace de quelques heures. Et cet aspect n’est pas négligeable malgré l’emploi habituel de crachoir.

Un aspect manquait bien entendu, et non des moindres, celui de la bouteille et de l’étiquette qui, soit traditionnelle, soit moderne, joue très certainement un rôle non négligeable dans le déclenchement d’achat. Tous les flacons étaient rigoureusement identiques, si bien que nous étions quasiment dans une dégustation à l’aveugle, avec juste l’influence (non anodine il faut l’avouer) du nom.

Libre à nous de consulter les notices sur Internet, avant ou après, sur le site du CIVA ou sur celui du producteur.

Les viticulteurs étaient parfaitement au fait de leurs gammes et ce fut un plaisir d’échanger avec chacun, sans être interrompu par un autre visiteur comme c'est souvent le cas dans les salons. J’ai beaucoup appris. Dans un salon classique, je serais allée spontanément vers ce que je connais le mieux et qui correspond le plus à mes goûts, à savoir le Gewurtztraminer et le Pinot noir. J’aurais occulté le Riesling dont je sais pourtant qu’il est le cépage alsacien le plus important.

L'Alsace est riche d’autres magnifiques cépages comme l'Auxerrois, le Sylvaner, et quelques autres, sans compter les assemblages dont certains domaines ont fait leur spécialité, mais on ne peut pas tout présenter alors le salon, depuis sa création, a décidé de se focaliser. En mettant l'accent sur le Riesling, qui est le cépage emblématique de l'Alsace. Désormais je commence à le connaître, et à l’apprécier.

Chacun avait aussi choisi un Pinot noir et je me suis rendue compte que ce cépage était une valeur montante parmi les propositions alsaciennes. Son travail a beaucoup évolué positivement depuis les vingt dernières années.
J’espère que l’épidémie de Covid va s’éteindre et que de nouveau les rencontres pourront se faire en face à face. Il n’empêche que ce type de salon demeure très intéressant et à reproduire, de mon point de vue, mais je n’en mesure ni les contraintes ni les coûts par rapport aux solutions habituelles.

Le salon va se répéter en 2023, sous une forme plus élargie puisque nous sommes invités à commander 5 coffrets, au choix parmi la sélection de domaines proposés. DigiTasting® ajoute 2 coffrets découverte pour nous faire découvrir des domaines auxquels nous n’aurions peut-être pas pensé.

Enfin, 1 coffret Masterclass sera joint pour assister au live le 27 février 2023 (10H ou 17H), qui sera également visionnable en replay. Soit une sélection de 8 coffrets et 32 mini-flûtes de Vins d’Alsace à déguster. Il va falloir de la rigueur pour gérer tout cela mais c'est très positif.

Sans dévoiler mes choix je peux dire que j'ai repris deux domaines précédemment retenus (j'en aurais bien pris un 3ème mais je ne l'ai pas trouvé sur la liste). J'en ai ajouté deux avec qui j'ai récemment discuté, lors des dégustations qui ont suivi la master-class Alsace Rocks et un dernier qui avait été sélectionné pour la master-class et que je souhaite davantage découvrir.

En attendant je vous invite à lire les comptes-rendus de dégustation des coffrets Haag, Muré, Dussourt, Wolfberger, chacun publié à la date du 15 juin 2021, et Bestheim le 26 octobre 2021 :

Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting®  # 1 : Haag
Dégustation digitale avec les Vins d’Alsace - Alsace DigiTasting®  # 2 : Muré
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