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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

samedi 3 janvier 2026

Visite de la Villa Cavrois

Je m'étais inscrite à une visite commentée de la Villa Cavrois le 24 décembre qui fut finalement annulée mais j'ai été accueillie par Arnaud Devin qui m'a communiqué l'essentiel de ce qu'il fallait savoir pour apprécier aussi bien la modernité, exceptionnelle à son époque, de cette habitation que le travail de restauration colossal qui y a été entrepris, complété par une politique d'acquisition des meubles d'origine (dispersés après la vente) afin de redonner vie aux lieux. Je l'en remercie infiniment.

Natif de Roubaix, l'administrateur adjoint de la Villa l’a connue abandonnée, et il est heureux de la voir désormais quasi miraculée. Il n'est pas le seul à ressentir la nécessité de maintenir le souvenir des heures noires. Une salle a été conservée en l'état et c'est très émouvant de constater l'ampleur des dégradations qu'un film présente également dans le sous-sol. Mais je ne commencerai pas cet article par cet aspect.

Robert Mallet-Stevens a imaginé d’autres maisons, prestigieuses elles aussi, mais celle-ci est la plus aboutie, ce qui justifie sans doute qu'il ait dédié en février 1934 le bâtiment à Madame et Monsieur Cavrois qui m'ont permis, grâce à leur clairvoyance, leur mépris de la routine et leur enthousiasme, de réaliser cette demeure. Avec toute ma gratitude et la fidélité de mon amitié.

Plutôt que de restituer un parcours de visite strictement chronologique je me suis attachée à rendre compte du travail architectural en pointant ses spécificités et tout ce qui en fait un acte original amenant à qualifier la villa Cavrois d'oeuvre d'art totale.

J'aborderai donc les thèmes suivants :
Les extérieurs, l'entrée et les escaliers, les salons de réception, les pièces à vivre (chambres, salles de bains), les espaces de travail des domestiques (la cuisine et la buanderie) et enfin la question de la restauration.

Tout commence quand Paul Cavroisun riche industriel textile, à la tête des tissus Cavrois-Mahieu à Roubaix, désire faire construire une (grande) maison ici, à l’écart des 5 usines, où il employait près de 700 employés. Sa Société, Cavrois-Mahieu & fils de Roubaix, fondée en 1887, fabrique des draps de laine pour costumes d’hommes, en plus des activités de filature et teinturerie.

L'industriel désire vivre dans un environnement plus sain là où il n’y avait que des champs sur cette colline de Beaumont. Il avait initialement songé à faire bâtir une maison régionaliste, dans un style anglo-normand avec colombages comme en font alors construire les autres grandes familles bourgeoises et dont on peut encore voir des exemples dans ce quartier. Sa rencontre avec l’architecte au salon international des arts décoratifs de 1925 à Paris où il y avait un pavillon dédié au textile change tout. Il lui parle de son projet dont il a déjà les plans d’un autre architecte. Les deux hommes se lient d’amitié. Mallet-Stevens l’emmène aux Pays-Bas voir l’hôtel de ville d’Hilversum, construit avec cette même brique jaune. M. Cavrois décide de faire confiance à son nouvel ami.

Mallet-Stevens imaginera pour cette famille une œuvre singulière, emblématique de son art, figure du courant moderniste, à la pointe de l'avant-garde … qui est à tort parfois caractérisée comme s'inscrivant dans les arts décoratifs.

La construction prendra trois ans (1929-1932). Malgré des avancées technologiques majeures et un confort de vie évident elle ne fut pas habitée très longtemps puisque la Seconde guerre mondiale arriva assez vite, provoquant l’exode de tout le monde. La famille se réfugia en Normandie. La villa fut alors occupée par les officiers allemands. Si on peut considérer que la Wehrmacht pris globalement soin des intérieurs par contre le miroir d’eau fut comblé pour accueillir des canons anti-aériens afin qu'il ne puisse pas servir de signal à l’aviation. en renvoyant la lumière. Sa suppression était inéluctable.

A la Libération, la famille revient mais les besoins ayant évolué des modifications importantes sont apportées, sous la conduite d’un autre architecte, P. Barbe, pour adapter l’intérieur au regroupement nécessaire des enfants, tous sous le même toit. Dans les années 1940-1950, il réorganise l'espace pour accueillir les familles de Paul et Francis Cavrois, transformée en trois appartements autonomes, chacun doté d'une entrée et d'un escalier. Cette adaptation entraine des modifications majeures : des meubles d'origine sont transformés, et le salon, seule pièce commune, voit sa hauteur divisée pour aménager des espaces au premier étage, perdant ainsi son rôle central. Les parents, Paul et Lucie Cavrois, conservent l'aile est, tandis que l'aile ouest est attribuée à la famille de Paul. Au deuxième étage, la salle de jeux devient un salon, et la pergola est partiellement démantetée. Ces transformations s'étendent sur 12 ans et sont achevées en 1959.

Paul Cavrois meurt à Ville-d'Avray le 10 octobre 1965. Le tissage fut arrêté en 1976, tandis que la filature a persisté, tout en déclinant, jusqu’en 2000. Pendant vingt ans Madame Cavrois poursuivra l'entretien de la villa et les volontés du commanditaire jusqu'à son décès à Croix le 29 avril 1986 à l'âge de 94 ans. Ses enfants ne voulurent ensuite pas poursuivre. Le mobilier fut dispersé, la maison vendue à un promoteur intéressé pour lotir le parc, et peut-être même démolir la villa pour gagner encore davantage d’espace à bâtir. Une association de défense du site se constitue et s'y oppose. Des recours sont formulés qui provoquent l’abandon du projet. Hélas la villa est déjà pillée, squattée … et vandalisée.

Considérant son aspect patrimonial elle est classée monument historique en 1990, puis achetée par l'État en 2001. Sa restauration a été pensée dans le style des années 30.
Malgré le soleil, la température était fraiche le jour de ma visite et je n'ai pas arpenté le parc dont l'ordonnancement n'était pas laissé au hasard. Tout a été tracé au cordeau, avec symétrie par Mallet-Stevens, justifiant sa réputation d'architecte de la précision. Et comme il avait publié en 1934 des indications en matière de hauteur, de matériaux, de dimensions en décrivant ce qu’il faisait ces informations permirent de restaurer Das le respect de l'oeuvre.

Autrefois déployé sur 3 hectares de terrain, aujourd’hui réduit à la moitié, il était ordonné en plusieurs vergers, potagers, basse-cours et une roseraie qui ont tous disparu. On y produisait ce que l'on consommait.

L’arrivée des invités était  mise en scène conformément au souhait de Monsieur Cavrois. Les véhicules devaient suivre une allée en arc de cercle à l’instar des limousines déposant les milliardaires devant la porte à tambour d’un cinq étoiles, même si à l’époque la villa n’est évidemment pas un "monument". On notera que les fournisseurs entrent eux aussi par le Nord, mais en amont sur la droite, par un escalier qui leur est spécialement dédié et que l'on voit sur la photo ci-dessous à gauche. Quant aux enfants, ils disposent eux aussi de leur propre accès, visible au centre de la photo de droite.
Les dimensions du perron sont impressionnantes. On y est bien entendu abrité des intempéries. Les invités descendent de voiture et leur chauffeur contourne le bâtiment pour se garer dans l'immense sous-sol.
La lumière traversante éblouit avant même qu’on soit entré dans le bâtiment. Sitôt la porte franchie, l'espace et le luxe sautent aux yeux.
Le grand hall s'ouvre sur le Grand salon rétabli dans sa configuration des années 30 (en 1950 ses proportions étaient réduites par une mezzanine installée pour accueillir des nouvelles chambres d’enfants comme précisé plus haut) et laisse apparaître le miroir d'eau. L'ensemble donne sur le sud.

vendredi 2 janvier 2026

Les mots modernes de David Delabrosse

Commençons l'année par un équilibre délicat, de petites choses hors format, celui du prochain album de David Delabrosse et qui ne sortira que le 6 février prochain.

Il a griffonné sur des petits bouts de papier des mots modernes, ceux qui marquent, ceux qui claquent, (piste 1) sur une musique qui donne envie de danser en tournant comme un derviche.

Toi, tu s’rais plutôt quoi, footing ou yoga ? nous lance ensuite le chanteur (piste 2) dans un titre qu'il interprète en duo avec Denis Piednoir. Les questions n'appellent pas de réponses catégoriques, et l'image est brouillée à l'instar de la pochette. Et les deux artistes sont si complices, si en équilibre qu'on ne saisit pas à la première audition que ce sont deux voix qui s'intercalent.

David Delabrosse s'interroge sur tout, la faute parait-il à la crise de la cinquantaine dont il fera un tableau assez sombre mais si réaliste (Super Quinqua, piste 11). Mais pour l'instant il pointe avec ironie l'usure de la relation amoureuse au fil des années (On a beau se connaitre, piste 3). Il regrette qu'on a beau s'aimer, on ne s'prend plus dans les bras. Et c'est hélas si vrai.

C'est son quatrième disque tout public et il ose aussi l'humour à propos de ses soucis capillaires (Une longue lignée, piste 4) en scrutant son arbre généalogique, dans une tonalité qui évoque les années 80. 

Les bouts de cervelle (piste 5) filent avec tendresse la métaphore entre les mots et la vaisselle, comme si nos pensées composaient une mosaïque.

Les cordes de guitare crissent sur Comme des fantômes (piste 6) et le ton bascule dans la nostalgie tout en affirmant la volonté de garder le cap en se prémunissant des écrans pour profiter des moments suspendus en dehors du temps. On sent là que l'auteur de textes pour enfants n'est pas loin derrière celui qui écrit pour les adultes.

Peter Pan (piste 7) confirme cette analyse. Il y aborde avec pudeur les angoisses de tous ceux qui subissent des humeurs en dents de scie. Chacun pourra plus ou moins s'y reconnaitre.

Une vie en l'air (piste 8) semble être la suite du précédent. On comprend en tout cas la nécessité de gagner un supplément d'oxygène, quel que soit le risque encouru, que l'on devine dramatique.

Envie de changer (piste 9) voudrait rebattre les cartes dans un rythme pop très engageant dans un dialogue engagé de nouveau entre David et Denis. Il est probable que ce désir de transformation a été déclenché par leur rencontre en juin 2023 aux Rencontres d’Astaffort, les ateliers initiés par Francis Cabrel.

Si David Delabrosse reste fidèle à la poésie de sa plume la présence de son nouveau complice apporte une couleur vocale complémentaire et renforce l’intimité du morceau, créant un dialogue musical qui donne au titre davantage de profondeur.

Ta Story (piste 10) poursuit en positivant. L'accompagnement de frappés de main apporte une belle énergie, sans omettre un petit clin d'oeil pour rappeler qu'on peut fort bien se passer de wifi.

Le bilan est posé là : y a rien d'autre à la ronde que la sortie. Ça pourrait être noir mais tout est une question de vision (En cinquantaine, piste 12) et on est heureux d'apprendre qu'il est enfin devenu zen. La lucidité reste malgré tout de mise et il faut soutenir la jeune génération qui elle n'a pas le choix.

La réalisation de Denis Piednoir (Clio, Bruno Putzulu) est irréprochable. Guitares acoustiques et claviers analogiques installent une atmosphère feutrée et les arrangements laissent toujours respirer les mots. Cette collaboration est si réussie qu'on souhaite qu'elle s'éternise.

Les Mots Modernes sont des mots d'aujourd'hui posés sur des problématiques actuelles qui résonnent en écho à nos propres vies. Ce n'est pas si fréquent.

jeudi 1 janvier 2026

Meilleurs voeux pour 2026

Je vais respecter la tradition en vous présentant à vous lecteurs, qui que vous soyez, mes meilleurs voeux pour 2026.

A vous lecteur d’un jour ou de toujours.

A vous dont je parle ou à qui je m’adresse.

Ayant de droit de formuler moi aussi un vœu ce sera celui de galoper ensemble de concert.

Avec à tout instant le droit de ne pas terminer la lecture d'un article et tout autant celui d’y revenir à votre envie.

Je vous invite à sortir de vos sentiers battus. Si vous montez sur le manège pour découvrir un restaurant pourquoi ne sauteriez-vous pas sur un film ou un livre ? Si vous arrivez ici pour chercher de l’aide à la visite d’une exposition serait-il envisageable d’aller grappiller un de mes secrets de cuisine ?

Vous m’avez vue venir avec mes gros sabots. Je cherche à valoriser les actions éco-responsables, et surtout à éviter l’écueil des fake news, ce qui est de plus en plus difficile. Et de célébrer sans relâche ce qui touche au patrimoine, qu’il soit culturel, culinaire ou industriel.

N’hésitez pas à faire un commentaire ou poser une question. Mais soyez juste patient parce que toute remarque est modérée et ne s’affichera jamais sans ma validation. C’est une question de prudence et de responsabilité éditoriale. 
Photo prise au Musée des arts forains, 53, avenue des Terroirs de France 75012 Paris

samedi 27 décembre 2025

Oser la dinde … pour célébrer les fêtes de fin d'année

Quand j’ai la charge d’un repas de fêtes et qu’on me réclame une dinde je tente d’esquiver. J’ai fait front cette année avec une "petite" dinde, qui faisait tout de même 3 kilos, mais dont la taille était compatible avec celle du plat et du four de cuisson qui était à ma disposition.

Ayant lu un peu partout qu'il était indispensable de la farcir j'ai fait une préparation à base de chair, de petits cubes de jambon, de mie de pain trempée dans du lait, de fenouil et de céleri finement haché, de persil et j'ai détendu avec deux cuillères à soupe de Calvados. Bref, que de bonnes choses, que j'avais sous la main.

Le moment le moins agréable consiste à fourrer l'animal qu'il faut ensuite coudre solidement et par chance j'avais préparé une quantité suffisante de farce. Par chance encore la couture a résisté à la cuisson.

S'agissant de la durée de la cuisson il faut prévoir 1 heure par kilo donc s'y prendre à l'avance. Je l'avais placée dans un plat à rôtir et contrairement aux injonctions de mon entourage je n'ai pas ajouté la moindre matière grasse.
La bête en a sué suffisamment pour que j'ai de quoi l'arroser régulièrement (c'est très important) tout en la faisant tourner d'un quart de tour à chaque manoeuvre.
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Régulièrement j'ai même prélevé du jus de cuisson pour éviter les éclaboussures. De cette manière elle fut plus facile à découper et la sauce fut servie en saucière.
Pour l'accompagner, en toute modération cependant, j'ai ouvert une bouteille d'un IGP Côtes catalanes du Domaine Aïchoux, fort réussi parce qu'il est vraiment sur le fruit, avec de beaux arômes de cerises et de framboises dès l'ouverture même s'il fut carafé.
Ce domaine de 8 hectares est niché sur les hauteurs du Roussillon, à Sournia dans les Pyrénées-Orientales à plus de 600 mètres d'altitude. Les vignes bénéficient d’une combinaison sol/altitude singulière, conférant aux vins une fraîcheur et une élégance singulière et une signature unique.

Il est entièrement cultivé en Agriculture Biologique, se voulant le reflet d'un engagement double : envers l'Homme et envers la Nature. Son exploitation est faite par l’E.S.A.T. "Les Ateliers de Val de Sournia" avec la mission de favoriser l'épanouissement professionnel et social des personnes en situation de handicap, faisant de chaque bouteille le fruit d'une démarche d'inclusion concrète, globale, éthique et sociale (plus de renseignements sur vds-asso.fr).

Le travail en vigne et en cave est dicté par le respect des sols et du fruit dans une approche minimaliste, cherchant à limiter au maximum les intrants, en suivant l'expertise de Gabriel Castany, vigneron oenologue passionné. De l'absence de produits de synthèse en vigne à l'intervention mesurée à la cave, en privilégiant les macérations douces (grappes entières) et des élevages en contenants naturels (grès, terre cuite, bois) qui laissent respirer le vin, tout est mis en œuvre pour laisser s'exprimer la pureté du terroir d'altitude, sans masque ni artifice.

Le vin rouge Evolution est une association de Carignan et de Syrah. Les vendanges sont bien évidemment manuelles et l'élevage se fait en barriques bois de 400 litres. Son attaque est souple avec une belle fraîcheur. Les tanins sont fondus, offrant une texture soyeuse. La finale est longue, sur des notes épicées et une touche minérale.

La "petite" dinde nous a régalés pendant trois jours soit une dizaine de portions. Restait la carcasse que je n’ai pas voulu jeter et qui a généré un excellent bouillon. Je l’ai cuisinée à la mexicaine, avec des légumes et un morceau de piment chipotle (dont j’avais retiré les pépins mais qui apporta une force tout à fait remarquable au breuvage).

Élodie Gossuin poursuit son aventure créative avec l’enseigne Tissaia

C'était il y a un peu plus d'un mois. J’étais invitée à découvrir la nouvelle collection de linge de maison co-créée par Elodie Gossuin avec les équipes Tissaia de E.Leclerc pour le printemps 2026.

J'ai écrit un certain nombre articles à propos de Leclerc, mais jusqu'à présent surtout dans le culinaire (en particulier à propos de Nos régions ont du talent et j'ai plusieurs fois imaginé des menus de saison à petits prix pour Marque Repère), et un peu en beauté. Je n'avais plus eu de contact depuis longtemps et j'étais curieuse de voir de près comment l'enseigne avait évolué et si en mode comme en alimentaire elle propose les indispensables du quotidien, à petits prix. 

Autant le dire tout de suite, j'ai tout apprécié. La collaboration avec la Miss France 2001,  puis Miss Europe la même année, devenue icône feel good n'est pas un coup d'essai. Pendant plusieurs saisons, Élodie sélectionnait dans une collection déjà existante, ses pièces préférées. Un rôle qui convenait parfaitement à cette mère de famille de quatre enfants, hyperactive et elle-même cliente de la marque.

Leur aventure pleinement créative a démarré en 2023 et c'est la seconde fois qu'ils collaborent en linge de maison, avec entre temps une capsule de lingerie dédiée à Octobre rose en 2024 consistant en 4 parures inédites à moins de 15 €, après un travail de plus d’une année sur les formes, les couleurs, les matières pour donner naissance à une collection élégante et accessible.
Cette collection de linge de maison a été pensée comme un véritable cocon, qu'il s'agisse du linge (et les serviettes éponge sont épaisses et douces) comme des coussins où Elodie a tenu à faire apposer des messages. Elle a cinquante idées à l'heure et ne manque pas d'humour. Plusieurs évoquent la Dolce Vita et ses origines italiennes. Elle aime les serrer dans ses bras, pelotonnée dans un canapé.
Les parures de lit sont 100% coton et sont réversibles, ce qui est un plus indéniable. Il faut que tout soit beau, et solide également. Vous remarquerez ci-dessous la présence de la couleur "sauge" qu'Elodie a remarquée sur des planches de tendance.
Je craignais qu'Elodie Gossuin soit le prête-nom et se contente de signer des pièces, mais elle a fait bien plus. Il suffit d'entendre Elodie en parler pour comprendre qu'elle s’implique totalement.

Elle pense les choses en termes d'accessibilité, non seulement économique mais aussi d'envie de s'approprier telle ou telle pièce. Ses meilleurs juges sont ses propres enfants,  des adolescents hyper-exigeants qui ne valideraient pas les propositions de leur maman par simple affection. Ils rejettent tout ce qui ne serait pas "tendance". Mais pour recueillir de larges avis elle fait (aussi) tester à sa maman.

Créé en 1991 par Hélène Leclerc avec un groupe d'adhérentes du Mouvement E.Leclerc, Tissaia est la marque de prêt à porter pour toute la famille qui combine le style, les coupes et le confort. Tissaia propose toute l’année des collections femme, homme, enfant, sport, ainsi qu’une gamme de linge de maison allant de la chambre à la salle de bain.

On proposait de vivre la douceur d'un été suspendu avec et de me laisser inspirer par la découverte des pièces mode tendances femme, homme et enfant de la prochaine collection Printemps / Été 2026. L'occasion était trop forte de jeter un oeil sur ce qui sera en rayon dans quelques mois … et j'ai été emballée. Il y a un premier axe qui, bien que portant des phrases en italien, m'a évoqué le Mexique, d'où je revenais, pour l'emploi de couleurs vives. 
Les imprimés léopard continuent leur progression et je me sens en territoire connu.  Il s'impose du chapeau aux sandales, en passant par le maillot de bain.
J'ai adopté ce sac qui est pile poil de la bonne taille … 
… mais que je me suis empressée d'améliorer à mon retour en lui ajoutant un bouton de chaque coté pour en réduire l'ouverture afin d'éviter de tenter les mains baladeuses dans les transports en commun.
Enfin, et c'était un petit plus bien sympathique, j'ai participé à un atelier brume pour le linge en confectionnant un spray personnalisé pour la senteur du linge, 100% naturel, sur les conseils avisés de Johanne Gagner, la fondatrice de Bienaturopathe.
Après une carrière dans l’industrie du luxe, elle a choisi de remettre la santé naturelle au cœur du quotidien et accompagne petits et grands vers plus de vitalité, de sérénité et d’autonomie santé, à travers des consultations individuelles, des ateliers créatifs, des massages bien-être, et des ateliers olfactifs.

Le thermomètre affichait 2 degrés ce matin, alors que je me rendais à cette présentation. Je me suis pris un coup de soleil en découvrant cette collection et j'ai hâte du retour du beau temps.

Je suis heureuse d'avoir perdu 4 cm de tour de taille. Je m'imagine déjà dans un ensemble veste multicolore et pantalon bleu grec ou une robe dans un imprimé de fruits et de légumes ou une tenue de plage palmier avec des sandales argentées. Vivement le retour du beau temps en mai prochain !

Je ne manquerai pas non plus de suivre les futurs choix d'Elodie Gossuin. Hier ambassadrice, aujourd'hui styliste, je suis curieuse de savoir jusqu'où elle ira avec Leclerc ?

jeudi 25 décembre 2025

Un perdant magnifique de Florence Seyvos

Curieusement j’associe surtout le nom Florence Seyvos à un livre de littérature jeunesse dont elle a écrit le texte et qui a été illustré par Claude Ponti en 1993. Une petite fille y affronte une grave intempérie à l’abri d’une maison improvisée avec ses parents dans … son lit.

Intitulé La tempête, cet album est un condensé de poésie, de rêve et d’amour dont j’ai retrouvé de nombreuses caractéristiques dans Un perdant magnifique.

Jacques est un looser se voyant toujours comme un gagnant. Le roman raconte sa faillite vue par ses deux belles-filles. Il pèse avec tyrannie sur leur vie, en leur imposant sa volonté tout en paradoxalement leur donnant des ailes parce qu’il les aime infiniment, les admire et leur prodigue une affection exceptionnelle.

On comprend vite qu'Anna, et sa sœur aînée Irène, aiment vivre avec Jacques l’exaltation enfantine et d’une vie qui n'est jamais enlisée dans la norme ni la routine. C'est sans doute pour cela qu'elles n'ont pas brisé l’enchantement, tout en n'étant pas dupes. Le lecteur ne l'est donc pas davantage et accepte de se laisser porter par cette histoire, insensée, qui frôle plusieurs fois le drame, et dont on pressent qu'elle ne peut que "mal tourner".

La situation est plus délicate pour leur mère, Maud, parce qu'elle peut être co-responsable des dettes abyssales de cet homme qui ne cherche qu'à faire plaisir mais qui provoque sans le vouloir le malheur autour de lui. Et je ne pense pas que dans les années 80 il y avait des dispositifs de protection contre le surendettement.

Il y a un passage qui m'a particulièrement touchée (p. 105) lorsque pour contrer les huissiers et menaces de saisie cette femme décide de vendre une bague (qui s'avèrera de piètre valeur, ce qu'elle ne sait alors pas) : J'ai réfléchi, me dit ma mère à voix basse, il ne faut pas que je pense que j'ai trahi mon père en vendant le tapis, ni que je trahis ma grand-mère en vendant sa bague. Il faut que je me dise que c'est justement pour ça qu'ils m'ont offert ces objets, pour me venir en aide quand j'en aurai le plus besoin. En ce moment, ce qu'il me faut, c'est un miracle. (…) Il faut que je laisse mon père et ma grand-mère faire ce miracle, chuchote-t-elle. Ce ne sont pas les objets eux-mêmes qui sont sacrés, c'est le geste de mon père, le geste de ma grand-mère qui le sont. Bien sûr, j'ai eu de la peine pour le tapis, et j'en ai encore, et c'est difficile pour moi de me séparer de cette bague.

Cette lecture provoque une certaine nostalgie. Nous sommes en province, dans les années 80 et plusieurs pratiques ont été abandonnées depuis. Même la plus simple comme celle d'écrire des lettres … alors que la Drôme s'apprête pourtant à fêter avec faste le 400 ème anniversaire de la naissance de la célébrissime épistolaire Madame de Sévigné.

Aucun adulte, à part notre mère, ne nous avait jamais écrit une lettre de deux pages. Irène et moi avons aussitôt comparé nos lettres, et sûrement Jacques savait-il que nous le ferions car il n'y avait pas deux lignes semblables (p. 81).

Et qui communiquerait la nuit aujourd'hui en envoyant de longs fax crépitants ? Ce qui est là encore amusant c'est qu'en argot ce terme est synonyme de "vérité" alors que pouvons faire le pari -mais sans certitude- que Jacques est mythomane.

Ce qui est certain c'est que cet homme va mourir. On le perçoit très vite dans les confidences de la jeune fille : Je me suis demandé comment nous allions tenir jusqu'au départ de Jacques. Il m'arrivait parfois de désirer qu'il sorte de notre vie. (…) Alors quelquefois je faisais le voeu enfantin qu'il disparaisse, sans drame, par simple enchantement. Je mets les mains sur mes yeux, je compte jusqu'à trois, et tu disparais. Quand Jacques est mort, sûrement ai-je éprouvé de la culpabilité. Il est mort quelques mois après ce séjour au Havre et son soliloque dans la voiture. Mais ce n'est pas la culpabilité qui me fait écrire aujourd'hui, je crois. En tout cas pas celle-ci. Plutôt la culpabilité de l'avoir, d'une certaine manière, abandonné, de ne pas lui avoir rendu justice, ou d'être restée du côté de ce qui était raisonnable, tandis qu'il ne vivait, lui, que dans la démesure (p. 18).

En tant que lecteur on ne peut qu'être d'accord et on entre dans l'histoire comme si elle se déroulait actuellement. On sourit des frasques de Jacques. Par exemple : Il fallait qu'il y ait un piano pour le cas où Irène aurait envie de jouer. Pour le cas où, un jour, elle se mettrait à jouer Bach, Beethoven et Chopin. Il fallait qu'il y ait un piano pour le cas où l'un de mes amis, ou l'un des amis d'Irène, jouerait du piano. Pour le cas où Irène tomberait amoureuse d'un pianiste. Il fallait qu'il y ait un piano pour que quelqu'un, un jour, n'importe qui, puisse en jouer (p. 30).

On pourrait en rire … si ce genre de "caprice" ne coutait pas si cher. J'ai choisi aussi ces deux exemples pour illustrer la musicalité de l'écriture de Florence Seyvos avec des mots très simples.

L'auteure pianote sur plusieurs registres, le familial, l'éducatif, l'historique, mais aussi à petites touches avec le policier. Les deux soeurs partagent leurs doutes et leurs informations à propos de l'admiration de Jacques pour tout ce qui est allemand mais qui aussi levait la main pour nous intimer de nous taire parce que soudain on entendait Le Chant des partisans. () Nous avancions des pions pour en faire reculer d'autres. (p. 76). Le roman s'inscrit ainsi dans une sorte d'enquête dont l'objectif serait de comprendre qui est véritablement leur père de substitution qui souvent apparait comme un homme que tout accuse (p. 80).

Nous avions compris depuis longtemps que Jacques n'était pas Barbe-Bleue (…) parce que la vie avec lui était aussi difficile qu'une ascension en haute montagne. C'était lui qui inventait à chaque heure le paysage, les parois, les abîmes, les points de vue stupéfiants. Notre mère s'y adaptait, nous aussi. Pourtant quelque chose en lui nous émouvait, au-delà de l'amour qu'il nous portait. Peut-être était-ce justement sa folie. Peut-être était-ce, aussi, son ridicule.

Florence Seyvos l’avait commencé il y a une vingtaine d’années sans parvenir à le développer. La lecture de Canada de Richard Ford (2012) déclencha le déclic. Cet auteur y raconte la trajectoire de vie d’un adolescent après que ses parents aient commis un acte insensé, un hold-up qui tourne à la tragédie et qui impacte à jamais la conscience du jeune homme. Il interroge sur la possibilité de vivre heureux malgré un tel contexte. Et ce qui est amusant c’est que Richard Ford a lui aussi tardé à terminer son roman, qu’il a laissé dormir des années, en compagnie d’autres manuscrits, … dans un réfrigérateur qui lui sert d’armoire.

Florence Seyvos est née en 1967. En 1992, elle publie un récit, Gratia, aux Éditions de l'Olivier. Puis, en 1995, son premier roman, Les Apparitions, très remarqué par la critique, couronné du prix Goncourt du premier roman 1995 et du prix France Télévisions 1995. Ce furent ensuite L'Abandon en 2002, et Le Garçon incassable en 2013 (prix Renaudot poche). Elle a également publié à l'Ecole des loisirs une dizaine de livres pour la jeunesse et coécrit avec la réalisatrice Noémie Lvovsky les scénarios de ses films, comme La vie ne me fait pas peur (prix Jean-Vigo), Les Sentiments (prix Louis-Delluc 2003) ou Camille redouble.

Un perdant magnifique de Florence Seyvos, L’Olivier, en librairie depuis le 3 janvier 2025. Prix livre inter 2025

mercredi 24 décembre 2025

Ma buche de Noël

Ce soir c'est Réveillon et la buche est un composant quasi indispensable. J'avoue qu'exceptionnellement, j'aurais bien acheté cette pâtisserie dans une grande maison mais voilà il y a parmi les convives quelqu'un qui est allergique aux fruits à coque et TOUTES les versions commercialisées emploient au moins un peu de poudre d'amande.

Alors j'ai surmonté ma crainte de la louper et je l'ai faite maison. 

J'avais commencé hier par la base du gâteau roulé en suivant une recette classique de génoise avec 4 oeufs, 100 g de farine et autant de sucre. C'est assez simple à faire.

Dans un saladier, je mélange sucre et jaunes d’œufs à la fourchette (inutile de se retrouver avec des fouets à devoir nettoyer) avec énergie jusqu’à ce que le mélange éclaircisse et épaississe un peu. J'incorpore ensuite la farine progressivement après l'avoir tamisée. Il ne faut pas craindre que la préparation devienne un peu épaisse. C'est normal.

Le fouet électrique est par contre indispensable pour monter les blancs en neige, à moins d'avoir conservé une antique version de batteur manuel. On sacrifie l'équivalent d'une cuillère à soupe bombée pour assouplir la pâte. Ensuite on incorpore délicatement le reste à la spatule souple sans casser les blancs de manière à y faire entrer de l'air.

Je verse sur une plaque à biscuits d'un rectangle de 25 cm x 30 cm, préalablement tapissée de papier sulfurisé (c'est très important). Puis je tapote la plaque sur la table pour faire remonter les bulles d'air. J'enfourne à four préchauffé à 180 °C.

Théoriquement 12 minutes suffiront parce que la génoise n'a pas besoin d'être ultra dorée. A la sortie du four il est essentiel de soulever la feuille de papier afin que le gâteau ne continue pas à "cuire" sur la plaque toujours chaude.
On pose sur le plan de travail un torchon (propre évidemment), mouillé d'eau froide et essoré. Ensuite on place la génoise dessus (le papier étant sur le dessus de manière à le retirer délicatement) et on roule le gâteau AVEC le torchon. On laisse refroidir jusqu'au lendemain, ou quelques heures si on est pressé.

Il ne restera qu'à préparer une crème Chantilly maison (crème fraiche et sucre). J'avais fait l'erreur d'acheter une crème qui avait moins de 30% de matière grasse si bien qu'elle n'est pas "montée" mais elle était excellente. Tout le monde a trouvé que les coulures étaient d'un bel effet.

La génoise, une fois déroulée fut tartinée de crème, puis parsemée de framboises que j'avais mise à décongeler dans le réfrigérateur. L'important est de bien aligner la première rangée qui se trouvera au centre de la buche. On peut aussi utiliser pour moitié des brisures de framboises (moins chères et aussi bonnes). Ensuite on roule. On tartine la buche avec la crème restante. On décore de framboises.
Du chocolat noir fondu a permis de figurer les stries que l'on voit sur l'écorce d'un bouleau. Sur la photo on remarque aussi quelques myrtilles parce que j'en avais en réserve.

On peut évidemment disposer des personnages miniatures si on en a conservé d'une année sur l'autre. Voilà en tout cas un dessert qui est peu sucré et qui convient aussi bien aux grands qu'aux petits.

mardi 23 décembre 2025

La licorne, l’étoile et la lune, une exposition du duo Florentine & Alexandre Lamarche-Ovize

J'ai profité de ma venue au musée de la Chasse et de la Nature pour la remise des Prix Coal pour visiter l'exposition du duo Florentine & Alexandre Lamarche-Ovize intitulée La licorne, l’étoile et la lune.

Nés en 1978 et 1980, Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize collaborent depuis 2006. Installés à Bobigny, ils développent une pratique où le dessin, la céramique, le textile et l’objet se combinent dans un esprit de collage. Leur univers, nourri de références littéraires, d’images populaires et de motifs décoratifs, assume l’hétérogénéité comme principe créatif. Héritiers du mouvement anglais "Arts & Crafts", né à la fin du XIXᵉ siècle et prônant le retour à l’artisanat et l’unité entre beaux-arts et arts décoratifs, ils s’inscrivent aussi dans la lignée française de "L’Art dans Tout" (vers 1900), qui abolissait les hiérarchies entre art et artisanat avec l’ambition d’embellir la vie quotidienne.

Leur pratique associe dessin et céramique, dans un langage visuel riche en motifs et en couleurs, inspiré autant de l’histoire de l’art que des savoir-faire artisanaux. Leur travail brouille les frontières entre art et décoratif, entre objet et image, et revendique un dessin libre, exubérant et narratif.

Leur présence au Musée de la Chasse et de la Nature relevait de l’évidence. Fréquentant depuis longtemps ce lieu qu’ils considèrent comme une source d’inspiration, ils trouvent ici un terrain naturel pour leur travail. Leurs œuvres, dont de nombreuses inédites, dialoguent étroitement avec les collections permanentes, qu’ils citent et réinterprètent à travers de multiples emprunts.
Dans la présente exposition, le premier concerne la relecture du Bestiaire d’amour de Richard de Fournival (vers 1250), traité associant observations animales et rhétorique amoureuse, et dans la lecture des Grenouilles d’Aristophane (405 av. J.-C.), comédie où un chœur de batraciens accompagne une descente aux enfers. Ces récits, tour à tour érudits et burlesques, offrent aux artistes un réservoir d’images transposées dans un répertoire visuel riche, et souvent teinté d’humour.
Le titre La licorne, l’étoile et la lune évoque l’univers du conte ou du grimoire médiéval. Il condense des thèmes chers au duo : la licorne, créature fabuleuse entre mythe et réalité ; l’étoile, qui rappelle notre lien au cosmos et à l’infini ; et la lune, astre familier qui rythme les cycles de la nature et du vivant.
Le duo a construit pour cette exposition des environnements immersifs où chaque salle devient un microcosme habité d’animaux, de figures hybrides et de formes abstraites. Le visiteur y est entrainé dans un univers poétique où l’imaginaire devient le lieu d’une rencontre entre humains et non-humains.

lundi 22 décembre 2025

Peut-on être beau et éco-responsable ? La Cour des Icônes a des réponses

Alors que le débat gonfle et s’envenime à propos de l’arrivée de Shein au BHV, j’avais reçu une invitation à me rendre à une présentation presse d’une "agence" dont le credo est de représenter une majorité de marques écoresponsables, pas forcément déjà très connues, mais promises à devenir des icônes parce qu’elles portent chacune une belle histoire.

La Cour des Icônes les présente un peu à l’instar d’un cabinet de curiosités. Je suis allée à leur découverte le 26 novembre dernier, certes par goût pour l’originalité mais aussi par conviction. Je suis en effet la fille de parents qui ont traversé la Seconde guerre mondiale et dont l’enfance a été vécue dans une certaine misère qui a ensuite fortement impacté leur mode de vie bien qu’ils aient ensuite été à l’abri de ce qu’on nomme "les soucis matériels". Ça m’est totalement naturel d’avoir un comportement éco-responsable.

J’ai retenu cette après-midi là une dizaine de marques. Je vais commencer par une femme aux multiples talents et dont j’avais croisé plusieurs fois la trajectoire de vie sans le savoir.

Saranguerel Tseelaajav est née sous la yourte de sa grand-mère, dans une région de Mongolie réputée pour ses élevages de chèvres, yaks et chameaux. Elle a grandi en symbiose avec la nature, mais elle est venue étudier à la Sorbonne et a décidé en 2011 de lancer sa marque éponyme de cachemire haut de gamme, éthique et solidaire, entre tradition.

Saranguerel est d'abord née de la volonté de préserver un savoir-faire ancestral en voie de disparition. Le tricotage se fait sur machine, sans électricité et l’assemblage à la main par une centaine de femmes qui ont encore un mode de vie nomade, justifié par la nécessité d'accompagner les élevages, pour la plupart de petite taille, dans les steppes de Mongolie.

La fondatrice garantit à ces artisanes une rémunération et des conditions de travail justes. Côté consommateurs, la traçabilité est sans reproche.

Le vestiaire est composé de pulls, sous-pulls, gilets, pantalons, châles, écharpes, gants et bonnets, vendus exclusivement sur le site internet, ce qui n'exclue pas des commandes personnalisées. La tradition n'interdit pas une certaine modernité comme en témoigne le  coeur tissé sur le col d'un pull. Cet autre motif, sur le pull beige, est exactement celui du  mandala porte-bonheur qui était peint sur toutes les portes des maisons et qui peut être exécuté en plus petite taille.
Tseelaajav est depuis 29 ans en France parle sept langues. Elle a traduit les dialogues de nombreux films. En particulier Si je pouvais hiberner qui fut le premier film mongolien présenté au festival de Cannes. Elle connait très bien les lieux de tournage. C'est là que se trouve le petit atelier de métiers à tricoter.

Sa prochaine collection s’inspirera de son prénom qui signifie "clair de lune" et s’appellera lune.

Revenons en France, et plus précisément dans la quartier parisien de la Goutte d'or où se trouve un atelier qui combine trois belles valeurs : le recyclage, le Made In France et le travail solidaire. Depuis 2008, l'Association Chaussettes Solidaires révolutionne le recyclage des chaussettes usagées en les transformant en nouveaux fils, donnant naissance à des collections d'accessoires et vêtements à la fois esthétiques et respectueux de l'environnement. Elle ne se limite pas à la revalorisation textile. Elle s'engage aussi à l'insertion sociale et économique des personnes éloignées de l'emploi.

L'association recycle les anciennes chaussettes en les transformant en nouveau fil pour en faire des chaussettes neuves, mais aussi des gants, écharpes, et d'autres accessoires de mode élégants et intemporels, qu'elle vend sous sa marque Chaussettes Orphelines.

Le fil issu d'une filature du sud ouest de la France est obtenu en associant aux fibres de chaussettes recyclées des matières ayant un faible impact sur l'environnement (coton recyclé, laine recyclée, lin...) pour encore plus de douceur, de confort et de résistance.

Tous leurs produits sont fabriqués en France par des tisseurs, tricoteurs et confectionneurs soucieux de la qualité et de la durabilité des produits. Et pour prouver qu'ils ne font pas "que" des chaussettes j'ai choisi de présenter un grand sac cabas.

Il faut la suivre sur les réseaux pour se tenir informé de certains évènements auxquels vous pourriez participer. Par exemple le 15 mars dans l'Espace créatif de Marcia de Carvalho, 2 Rue des Gardes, 75018 Paris (inscription ici dans la limite des places disponibles). La fondatrice de la marque interviendra à propos de l'économie circulaire dans la mode à 15 h en compagnie de Catherine Dauriac, présidente de Fashion Revolution France. Suivra un atelier d'upcycling pour apprendre à réparer et personnaliser des vêtements. Puis apéro convivial et concert de musique brésilienne.

Mon oeil a été attiré par les volumes et la fluidité des lignes des modèles d'Ekjo, une marque dont le nom est tiré des initiales de la créatrice sud-coréenne Eun Kyung Jo.

dimanche 21 décembre 2025

Quels plats associer avec un Lo Vièlh

C’est un Lo Vièlh blanc qui avait été servi sur l’entrée du dîner auquel j’avais été conviée un soir pendant le spectacle des Folies Gruss et c’est ce même vin que vous pouvez déguster, en toute modération comme il se doit, si vous choisissez une des formules dîner-spectacle.

Ce vin est un muscat sec, IGP Coteaux de Béziers, médaillé d’or du Concours général agricole en 2025. Il accompagna parfaitement une excellente tourte aux petits légumes.

Comme promis en novembre dernier, je vous propose aujourd’hui un accord spécial mets-vin avec cette cuvée. En fait deux, poisson et viande.

D’abord donc un cabillaud cuit en papillote sur une fondue de poireau avec crème fraiche, avec une compotée de légumes du soleil, courgettes, tomates, aubergines, longuement mijotés avec des herbes de Provence, du laurier, de l’ail et des oignons.

Comme viande je l’ai associé avec une cote de porc accompagnée de fenouil confit et de lentilles, servie avec crème fraiche et cumin en poudre.

On pourrait aussi bien le servir en apéritif, avec des asperges, des fruits de mer, un dessert (biscuits sec, ou mieux fondant au chocolat),  mais également des fruits, en particulier le melon ou une salade de fruits.

De multiples accords sont rendus possible avec ce vin rond au nez puissant avec des notes de raisin frais et de bouton de rose et à la bonne persistance aromatique autour d’arômes de fruits et de fleurs, caractéristiques du Muscat d’Alexandrie.
Le Lo Vièlh est un vin élégant, à la robe jaune pâle aux reflets vert, proposé à un prix très abordable largement inférieur à 10 €.  Il témoigne qu’on peut être accessible et être primé. En effet, outre le Concours général agricole de Paris il a aussi été distingué la même année au Concours national des vins qui lui attribua également une Médaille d’Or.
Le vignoble est installé sur des terrasses anciennes du quaternaire à structure argilo-graveleuse acide, bénéficiant d’une exposition sur la façade maritime. La récolte des raisins s’effectue nuitamment en fonction de la maturité recherchée avec analyse sensorielle des baies.

La Vinification se caractérise par une extraction des jus par pressurage direct (pressoir pneumatique). Débourbage statique par le froid. Levures sélectionnées et maîtrise des températures de fermentation (14 à 16°). Elevage sur lies fines.

On ne pense pas assez souvent au muscat sec alors qu’il offre tant de possibilités. Je l’avais déjà souligné dans un autre article l’année dernière, avec des accords sensiblement comparables sur un Muscat Sec IGP Vallée de Thongue, du Domaine Saint-Georges d’Ibry.

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