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lundi 14 septembre 2026

Encore une Marilyn mais cette fois-ci la vraie !

Le chemin est long avant d’accéder à la (très jolie) salle du Théâtre Grévin. Nous croiserons notamment Franck Dubosc et Omar Sy et surtout Marilyn Monroe dans son iconique robe doré

Kad Merad nous accueille personnellement mais c’est avec la star d’Hollywood que nous avons rendez-vous … ou plutôt d’abord avec Norma Jeane Baker, née le 1er juin 1926 à Los Angeles.

Elle aurait eu cent ans aujourd'hui ! Elle a fait l'objet de multiples célébrations parmi lesquelles une exposition très sensible de la Cinémathèque. 

On a dit tant de choses à son propos qu'Alice d’Arceaux avait promis Encore une Marilyn mais cette fois-ci la vraie !

Et je lui donne raison. Parce qu’elle nous raconte cette vie hors du commun de son point de vue, ce qui entraine une empathie sans faille. Sans chercher à lui ressembler à 100%, ce qui renforce paradoxalement le côté authentique du témoignage.
 
Sophie Forte a eu raison de s'atteler à écriture et à la mise en scène. Le rôle titre est assuré naturellement par Alice d’Arceaux, qui en a eu l'idée et avec qui elle avait joué dans Mon Isménie au Poche Montparnasse.

Elle incarne Marilyn en compagnie de Guillaume Nocture qui interprète avec brio tous les autres personnages. On avait pu le saluer auparavant dans le très réussi spectacle musical Génération Barber (également mis en scène par Sophie, mais que je n'avais pas vu à l'oeuvre car le soir de ma venue il était remplacé par Damien Dufour).

L’interprétation est sensible et humoristique. La pièce reprend les moments les plus connus, et sur lesquels il n’est pas indispensable de s’appesantir, ce qui rend les choses plus légères, très vivantes. Le texte écrit par Sophie Forte a été mitonné aux petits oignons pour la comédienne et la mise en scène, simple mais bigrement efficace, place le spectateur du côté de cette femme intelligente qu'on a voulu faire passer pour une sotte.

On voit les choses à travers son point de vue, ce qui instaure une forte empathie. En premier lieu pour la gamine ballotée entre onze familles d’accueil et qui bégayait, à la famille biologique de fous qui compose une généalogie affreuse difficile à encadrer. Impossible d’être jalouse de ses mensurations idéales : 95-62-95 pour 1, 66 et 54 kilos. La jeune femme constamment doit s’adapter aux circonstances et on tombe sous le charme. On l’approuve dans son raisonnement : la seule façon de devenir quelqu’une st de devenir quelqu'un d’autre.

En féministe assumée, Sophie lui fait dire qu’il faut être très intelligente pour jouer les idiotes. Et je suis féministe mais une femme qui cherche à être l’égal de l’homme.

Il y a un savant mélange de tendresse et d'espièglerie, d' humour, d'absurde et de désespoir parce que, quoiqu'on en pense, la vie de cette femme fut tout autant extraordinaire que tragique. Avec de belles trouvailles de mise en scène par exemple pour suggérer la fausse couche.

Ajoutez à cela qu'Alice d’Arceaux danse et chante divinement, accompagnée à la guitare par Guillaume Nocture, nous faisant retrouver avec grand plaisir les chansons de Marilyn (la vraie…). Et que la gestion du son est remarquable (rarement micros auront été si bien réglés). La voix de la petite fille est très touchante. Le duo aura même réussi à faire chanter le public qu’il y a un Very bad mood à Hollywood.

La pièce avait été jouée quelques fois à l’Essaion avant d’investir le Mois Molière à Versailles, puis le festival d’Avignon. Je n’ai pu la voir qu’à la rentrée et dans un cadre ultra propice à l’évocation des célébrités puisqu’il s’agit du théâtre du musée Grévin, dont l'acoustique est exceptionnelle et qui est connu surtout pour ses concerts dans une atmosphère intime et féerique, éclairée à la seule lueur des bougies. C'est un lieu tout à fait magique construit en 1900 par l'architecte Eugène-Émile Esnault-Pelterie, à l'occasion de l'Exposition Universelle.
D'une capacité de 210 places, cette salle est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques, notamment en raison de son rideau de scène, une toile originale du célèbre affichiste Jules Chéret représentant des personnages de la Commedia dell'Arte ainsi qu'à un haut-relief intitulé Les Nuées signé Antoine Bourdelle sur son fronton.

La soirée était unique mais rassurez-vous, cette Marilyn reviendra à Essaion à partir du 2 octobre prochain et vous pourrez vous aussi la rencontrer.
Encore une Marilyn mais cette fois-ci la vraie ! 
Théâtre Grévin
10 boulevard Montmartre
75009 Paris

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