vendredi 9 juin 2017

Santiago Lomelli est le premier grand couturier mexicain installé à Paris

Quand on pense haute-couture on imagine l'inaccessible. Ça l'est bien sûr, et en terme de prix surtout, parce que les matières sont nobles et que les heures de travail placent les pièces réalisées à un niveau de coût de production très élevé mais ce n'est pas pour autant que tous les grands couturiers vivent sur un nuage.

En tout cas, il en est un qui sait être abordable. C'est Santiago Lomelli qui est le premier grand couturier mexicain installé à Paris, et depuis 2012 dans cette maison du Saint Germain-des-Près du 7ème arrondissement où je l'ai rencontré il y a quelques semaines. L'atelier est à la fois le lieu où il travaille avec son équipe et celui où il reçoit sa clientèle.

C'est à deux pas du Prince jardinier dans une ambiance assez proche, à l'allure presque cabinet de curiosités.

Si je n'écris pas "ses clientes" c'est parce qu'il a aussi bien une collection destinée aux femmes que de très beaux costumes pour les hommes. Ce sont malgré tout surtout les robes qui ont attiré mon regard parce qu'elles sont tout simplement sublimes.
Mais convenez que ce noeud papillon puisse faire envie. Le papillon est très inspirant pour ce créateur, en l'occurrence le Morpho Didius qui, posé sur le manteau de la cheminée, donne son nom au salon bleu.

jeudi 8 juin 2017

Nue sous la lune de Violaine Bérot chez Buchet Chastel

Nue sous la lune est un livre bouleversant parce que derrière cette oeuvre manifestement de fiction, en tout cas on l'espère, Violaine Bérot met en mots tout ce que la violence psychique peut faire comme ravages, bien plus que la violence physique, même si souvent les deux modes sont liés.

Celle (je pourrais tout autant écrire celui) qui a été meurtrie ne peut rien dire. En général elle est très forte, et c'est pour cela que le bourreau l'a choisie. Très souvent, comme dans cette histoire, ça commence par un déracinement : Elle a tout abandonné pour lui. Elle avait du talent, commençait à être reconnue comme sculpteur. Mais elle est devenue moins que sa servante. Insidieusement. S’est oubliée, reniée.

Au fil des années, car la relation d'emprise s'installe toujours durablement, il n'y a guère que deux voies possibles, supporter, ou fuir.

La victime pense naïvement que l'absence de plainte fera cesser l'agression, mais le silence n'est pas un paravent contre la cruauté.  C'est souvent dans le regard d'un proche qu'elle comprend que l'autre va trop loin mais le reconnaitre est plus douloureux que de continuer à nier.
C'est arrivé un matin alors que nous déjeunions. Un jeune homme m'a regardée, il a regardé les marques sur mon visage, le pourtour bleu de mon œil, il m'a regardée et j'ai senti qu'il aurait préféré ne pas comprendre ce qu'il était pourtant en train de comprendre (...). Çà voulait dire que je n'étais pas folle, que tu avais vraiment fait ce qu'il me semblait que tu avais fait.
Ces paroles sont déterminantes : la victime n'est pas persuadée que c'est elle qui a raison. Elle se sent confusément coupable. Voilà pourquoi elle s'est tue. Et quand elle comprend c'est la honte qui l'empêche de parler.

Si elle exprimait ses souffrances à son entourage, ce qu'elle ne fait pas dans le roman, il est probable qu'elle ne serait pas réellement crue ni soutenue. Elle serait alors exposée à une sorte de double peine. Elle ne pourrait que se replier dans le silence, pour oublier, le temps d'un répit. Jusqu'à s'oublier elle-même, devenir personne, comme l'écrit Violaine Bérot. Et avoir perdu jusqu'à toute raison de vivre.

La fuite, parfois, est salutaire, à condition de partir assez tôt, pour ne pas rechuter dans cette relation diabolique. C'est ce que tente la jeune femme dans les premières pages. Mais quand le processus est sévèrement installé le départ physique ne suffit pas pour déclencher une prise de conscience de sa capacité à se reconstruire ailleurs.

Violaine Bérot n'explique rien, ne justifie aucun geste, aucune décision. C'est arrivé, comme une maladie, contre laquelle il serait vain de chercher à lutter. Jouer à te quitter me rendait la vie supportable (p. 12). Si une rémission est envisageable, la guérison elle, ne l'est pas. C'est irrémédiable, c'est à dire littéralement sans remède.

On aura beau se raccrocher à ce qu'on peut, à des objets qui ne nous trahiront pas, ni ne nous remettront en cause (si le bourreau ne vous les jette pas ...). Ces objets sont par essence inanimés et inappropriés pour communiquer une force. Les petites femmes de bois de la jeune femme sont sans effet, comme le furent probablement les Causeuses de Camille Claudel. La destruction de la personnalité est si lente que même l'individu concerné ne s'en rend pas compte. Mais un jour vient où l'on n'est plus personne, donc effaçable.

Violaine Bérot a ancré le roman dans l'univers de la sculpture, ce qui est très habile parce qu'on remarquera que le sculpteur n'emploie pas le ciseau que sur les troncs d'arbres. Il sculpte et rabote aussi les pensées de sa compagne. A la référence, jamais citée, mais si présente de Rodin, on verra le Christ de Zadkine (p.88). Mais cela pourrait se passer dans n'importe quel milieu.

Elle démontre que l'art n'exonère de rien et qu'on ne peut pas s'en sortir tout seul, sans appui. Elle m'avait déjà touchée avec Des mots jamais dits. Elle est discrète mais ses livres ont une force incroyable pour dénoncer toutes les formes de violence dans une langue empreinte de poésie.
Violaine Bérot élève des chèvres et des chevaux en Ariège. Ecrire est pour elle totalement vital et plutôt que résumer sa biographie je préfère lui laisser la parole, tirée de son site.

Je suis née en 1967 au fond d’une vallée pyrénéenne. Ensuite il y a eu les études, la ville, une belle situation – informatique, aéroports et voitures de location, parfaite jeune cadre dynamique…

A 30 ans, j’ai tout lâché. Me trouvais ridicule dans cette vie-là. Suis retournée vivre au plein cœur des Pyrénées. Loin. Adossée aux arbres, avec la montagne en plein regard.

Par chez moi, on sait peu que j’écris, on l’oublie, ça n’importe pas. Écrire ne ressemble pas à un travail. Le seul métier que l’on me reconnaisse dans ma vallée, est celui d’éleveur. On ne fait pas appel à moi pour parler littérature mais lorsqu’une mise-bas est difficile, ou parce que mes mains savent traire et qu’il faut remplacer quelqu’un. Pour les gens de mon pays, que j’écrive n’est pas gênant, c’est seulement comme superflu.

J’écris pourtant. En-dehors du travail des bêtes, je crois même ne faire presque que cela. Quand je n’ai pas l’air d’écrire, j’écris encore. Je lis au soleil, et c’est pour écrire. Je marche des heures durant, et c’est encore écrire. Je ne dors pas la nuit mais c’est toujours écrire. Parfois je m’assieds à ma table, il ne me faut presque rien, un stylo, un papier – et puis, oui, une chose encore, cela surtout : me refermer très fort sur moi. Écrire c’est me retrouver seule, intensément.

Nue sous la lune de Violaine Bérot chez Buchet Chastel, en librairie depuis le 12 janvier 2017
Photos provenant du site de l'auteure

mercredi 7 juin 2017

Le Zicatela, un restaurant authentiquement mexicain

Je devrais écrire "les" Zicatelas puisqu'un petit frère a rejoint la maison mère, ouverte en 2003 au 8 rue Geoffroy-Marie 75009 Paris, à quelques mètres des Folies Bergère.

Celui-là est pile en face du Grand Rex, au 42 rue Poissonnière, 75002 Paris et n'est ouvert, midi et soir, que depuis trois jours. C'est donc tout frais !

La façade va être bientôt refaite, pour donner directement sur le trottoir mais elle est déjà aux couleurs du Mexique.

Pepe Iglesias ne relâche pas la pression. Ce n'est pas pour autant qu'il abandonne un sourire indéfectible.

Il a débauché son cuisinier Christopher il y a quelques semaines en le faisant venir du Mexique où il avait un restaurant et tous les deux ne chôment pas car les clients ne cessent d'arriver. Tous semblent venir en connaissance de cause et s'adressent en espagnol pour commander, parfois directement au comptoir de la cuisine ouverte.

Christopher est heureux d'être à Paris car si sa mère est mexicaine, son père est français.

Avec l'affluence il faut un peu patienter et un verre de sangria (en toute modération cela va de soi) permet d'attendre.

La décoration est sobre mais elle évoque le Mexique sans aucun doute possible : cactus, drapeau national, récipient en forme de tête de mort ...

jeudi 1 juin 2017

Dégustation de thés de La Compagnie Française de l'Orient et de la Chine

Vous connaissez sans doute le concept store parisien de la Compagnie Française de l'Orient et de la Chine. Celui du Boulevard Haussmann est complété par le restaurant le Yoko alors que l'établissement Rive Gauche, installé depuis un an boulevard Raspail, vient d'ouvrir un bar à thé.

La nouvelle gamme est disponible dans les 2 concept stores mais la dégustation n'est envisageable que rive Gauche. On y propose une sélection de thé d'exception, à commencer par  des "Grands Crus",  sans oublier les "Thés Verts" et les "Oolong",  et puis les "parfumés" qui ont toujours leur public.

J'ai participé à une dégustation menée par Gilles Brochard, qui est un grand spécialiste de cette boisson à propos de laquelle il a publié plusieurs ouvrages. En sa qualité de président-fondateur du Club des buveurs de thé on ne pouvait qu'avoir l'assurance de passer un moment dans la grande tradition du thé.

Il avait amené son plateau spécial, qui s'appelle un bateau, pour préparer la boisson selon la cérémonie du Gong Fu Cha (qui signifie le temps du thé), permettant de jeter les premières eaux et de répartir les suivantes dans les petites coupelles.

mercredi 31 mai 2017

Le 3 ème Benjamin Show (édition 2017)

La soirée porte son nom et ce n'est pas un hasard. Benjamin Zeitoun a de nombreux talents et il entend les cultiver. Ce soir, outre celui d'être présentateur selon lui à l'égal de Michel (Drucker), auquel il a réussi à faire allusion plusieurs fois, il a voulu démontrer une nouvelle facette du brelan de ses dons.

Il a profité de la présence sur scène d'excellents musiciens, frères au demeurant, les Spacenotes, et d'une violoniste formidable (dont le nom n'a pas été donné, c'est dommage, mais retenez-le : elle s'appelle Sophie Durteste) pour faire semblant de n'avoir pas prévu de pousser la chansonnette. Quand assumera-t-il son désir de devenir un showman ? Il entretient une relation ambiguë avec les artistes, dont il est selon le moment, ami, faire-valoir ou programmateur.
On ne sait plus très bien si sa prestation était un bonus ou si celles des têtes d'affiche (qui avaient accepté de se produire bénévolement) étaient le cadre qui lui permettait d'enfin pouvoir jouer la vedette. Il ne chante pas mal et l'hommage adressé à son grand-père était émouvant. L'homme transforme en or tout ce qu'il touche. Mais rien ne dure sans un immense investissement de soi. On devine qu'à peine il a monté une marche, il ne pense qu'à la suivante.

lundi 29 mai 2017

La 29ème cérémonie des Molières, un palmarès resséré

La 29 ème Nuit des Molières s'est déroulée comme l'an dernier aux Folies Bergère, mais de "folies" il y eut beaucoup moins. Les artistes seraient-ils devenus soudainement plus "raisonnables" ?

L'an dernier les Faux British avaient fait sensation avec leurs costumes. Julie Depardieu avait enchanté les photographes en brandissant une poule, une vraie. Et beaucoup de vedettes avaient excité les photographes des magazines.

L'ambiance était digne, les remerciements souvent conventionnels peut-être parce qu'il y eu moins de lauréats que les années précédentes. Il est certain qu'au bout du 5ème Molière on a déjà tout dit.

Et pus les intermittents, pour une fois, ne sont pas montés sur scène pour faire diversion.  Il y eut bien ce soir quelques pas de danse des Sea girls décidées à jouer les Pom Pom Girls de service, mais il est serait excessif de relater qu'Emmanuelle Devos a enflammé le  photo call. Elle aura davantage de succès tout à l'heure en imperméable, portant des sacs (de marque) à bout de bras.

D'ailleurs à en juger par le nombre réduit de robes longues il n'y eut guère qu'Isabelle Huppert pour être la reine de la soirée. Et on peut dire qu'elle aura mis le temps pour obtenir la statuette !

C'est sans doute un travers professionnel que j'ai gardé de l'époque où je travaillais dans les statistiques mais j'aime me livrer à quelques calculs. Figurez-vous que l'actrice a été nominée 7 fois entre 1989 et 2016 et que jamais elle ne fut récompensée. En 1989 pour Un mois à la campagne, 1994 Orlando, 1995 pour la même pièce, 2001 Médée, 2005 Hedda Gabler, 2014 pour Les Fausses confidences, et encore en 2016 pour Phèdre(s) dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski à l'Odéon.
Même lorsqu'elle ne figurait pas dans les moliérisables son nom était cité dès les premières minutes de la soirée ... Je me souviens d'une soirée où Nicolas Bedos qui officiait (déjà) lançait la cérémonie en demandant d'applaudir l'impériale photo d'Isabelle Huppert, lui prédisant le Molière de la meilleure actrice pour son rôle à l'Odéon dans les Fausses confidences, et dans la foulée (je le cite encore) elle gagnera deux Molières d'Honneur, celui de la révélation féminine ET masculine, et Anne Hidalgo rebaptisera les Champs Elysées Boulevard Isabelle Huppert.

samedi 27 mai 2017

Noces d'Albert Camus par Raphaël Enthoven

Beaucoup sont venus pour entendre Raphaël Enthoven, en particulier les élèves de son cours de philosophie. Mais tous repartiront avec l'envie de lire ou relire Albert Camus.

Je songe à ce Concours des P'tits lecteurs dont j'étais juré à Bobigny il y a un mois à peine et je me demande quelle note j'aurais mise à cette prestation. On ne peut faire aucune reproche à Raphaël Enthoven si ce n'est de n'être pas comédien et du coup de donner une version plutôt neutre du texte.

A nous alors de forger notre "interprétation". En tout cas il a le mérite de nous le faire entendre parfaitement. Je ne savais pas Camus si bucolique. Ce recueil de nouvelles est un modèle de célébration de tous les sens, la vue, l'odorat, le goût. Les références florales sont très justes pour qui connaît la flore méditerranéenne.

Noces est un recueil d'essais, à caractère autobiographique d'Albert Camus, comportant quatre textes écrits en 1936 et 1937, sous le titre Noces, suivi de l'Été. Le plus connu des quatre textes est Noces à Tipasa qui exalte la nature sous le soleil et la mer, dont sont souvent extraites les citations de l'auteur, relatives à cette époque.

On glane des phrases qui pourraient à elles seules faire l'objet d'une dissertation : Ce n'est pas si facile de devenir ce qu'on est / Le contraire d'un peuple civilisé c'est un peuple de créateurs / Vivre c'est ne pas se résigner / Le bonheur résulte de l’accord entre un être et l'existence qu'il mène.

On devrait aussi retenir des leçons subliminales. Sans employer ce mot de méditation, aujourd’hui tant à la mode, Camus nous enjoint à apprendre à respirer pour nous rendre davantage présent au monde. Car l'âpre leçon des étés d'Algérie nous enseigne aussi la mort.

Tout de noir vêtu, souvent debout, rarement assis, le philosophe lit, corne une page de temps en temps et parfois nous sert le texte par cœur, avec alors un rythme presque enflammé.

Ne crions pas au génie. Soyons prudents. Camus le disait : toutes mes idoles ont des pieds d'argile.

Après une lecture plutôt sobre, le professeur nous donne sa propre parole et analyse un morceau, jamais le même. Là il devient très bon en nous expliquant comment Noces exprime la réconciliation du bonheur et du plaisir que la tradition philosophique a tendance traditionnellement à opposer.

Ce poème en prose n'est pas que beau, et hors de lui pas de salut. A certaines heures la campagne est noire de soleil écrit Camus à la cinquième ligne. Est-ce le noir de la mélancolie, une allusion physique à une éclipse de l'astre, ou le résultat d'un plissement d'yeux ? L'hypothèse la plus recevable serait homérique. Le soleil est inséparable de l'ombre. Pour preuve les peintres rendent la notion de soleil en ajoutant des ombres.

On lit ce texte preque pieusement et on y découvre toujours quelque chose de plus. Camus a vingt ans et il écrit : marquez l'éternité dans l'instant !

Alors Enthoven se permet d'ironiser. Quand on me demande si on n’est pas trop jeune à l'école pour faire de la philo ... je réponds que c'est très compliqué de faire entendre Camus en Terminale. En maternelle oui, auprès d'adultes autant, mais en Terminale sans doute pas.

On a acquis la force de vivre avant celle de penser. Les cons ! Il n'y a aucune récompense à vivre ainsi. L'orateur est impitoyable et s'échauffe. Consentir, parce qu’on est mortel, à regarder la vérité, c'est-à-dire la mort, en face. La vie ne s'arrête pas à "sa" vie !
Un troisième temps s'écoule dehors dans l'impasse qui borde le théâtre. Les spectateurs forment un demi-cercle spontané autour d'Enthoven, décontracté, le verre à la main, le livre dans l'autre, et qui est toujours le prof philosophe mais il n'est plus en représentation et on pourrait l'écouter, dialoguer, avec lui pendant des heures.

La conversation est de haute volée. Il compare Camus, Sartre et Raymond Aron. Les enseignants présents relancent la conversation. Les étudiants boivent les paroles. Il ponctue la démonstration de petites phrases qui font relativiser tout ce qu'on a entendu : Tout ce que sais, disait Camus, je l'ai appris sur un terrain de football.

Il cherche un stylo pour une dédicace improvisée avant de s'éloigner avec, dans sa poche, son vieil exemplaire des Noces, jauni, annoté, corné.

Noces d'Albert Camus par Raphaël Enthoven
Du 17 mai au 28 juin 2017
Lundi, mardi et mercredi - 18h30
Relâches exceptionnelles les 22 / 23 / 29 mai et 05 / 07 / 12 / 13 / 19 / 20 juin
Théâtre de Poche Montparnasse
75 boulevard du Montparnasse
75006 Paris - 01 45 44 50 21

vendredi 26 mai 2017

Molière Malgré Moi de Francis Perrin

C'est peu dire que le décor est sobre. A cour, un paravent de bois sur lequel sont accrochés une perruque, une veste noire et une somptueuse robe de chambre évoquant celle que porte le Bourgeois gentilhomme. A jardin, un pupitre symbolisant les activités d'écriture de l'auteur.

Le fauteuil trône au centre de la scène, si je puis dire. Cet élément est central car c'est dans son fauteuil que Molière mourra. L'original est conservé à la Comédie française. Francis Perrin accourt et les applaudissements retentissent immédiatement. Le public est sans doute d'abord venu pour lui. Et il a raison. Presque essoufflé, il s'excuse de nous livrer un marathon : je n'ai que 100 minutes pour vous raconter sa vie. Laquelle ? Mais celle de Molière bien sûr !

Parce qu’il a endossé les costumes de Scapin, Alceste, Philinte, Sganarelle, Mascarille, George Dandin, le comédien est bien placé pour nous parler de lui, à propos duquel il a écrit en 2007 l’ouvrage “Molière, chef de troupe” chez Plon. 

Il a longtemps hésité à en faire un spectacle. Le déclic s'est fait quand des universités américaines l'ont sollicité pour le faire découvrir aux étudiants. Il s'est produit outre-Atlantique, en octobre 2014 à Washington et New York avec un spectacle précédé d’une Master Class. Et depuis, il ne cesse de faire vivre le grand auteur.

jeudi 25 mai 2017

Déjeuner au Caffé Artcurial et se croire en Italie ...

Sophia Loren disait avec humour et sérieux qu'elle devait ses rondeurs aux spaghetti. Elle veille (en photo) sur la cuisine du Caffé Artcurial où s'active aujourd'hui Filippo Rossato, un des deux chefs italiens (avec Ilario Paravano) engagés par le maître des lieux Enrico Einaudi, un ancien analyste financier, reconverti dans la restauration.

Il faut oser monter le perron de cet hôtel particulier construit en 1844, appartenant toujours à Marcel Dassault, pour découvrir le restaurant, de 65 couverts, installé juste à coté de la maison de vente Artcurial.

L'accueil est la première clé du succès. Jacky est un maître d'hôtel très attentionné et Luca un sommelier aguerri. Quant aux deux chefs, il ont vite compris que l'endroit se prêtait à une cuisine créative sur des bases traditionnelles.

Faire aussi beau que bon, telle fut la feuille de route qui leur a été assignée. Évidemment en leur fournissant des produits de qualité, majoritairement en provenance d'Italie du Nord, car il connait très bien le Piémont dont il est originaire.

mercredi 24 mai 2017

Un Renaud pour moi tout seul ... par Monsieur Lune

Monsieur Lune m'avait donné rendez-vous au Félicie. Cela m'avait amusée qu'un musicien ait pour QG un café dont le nom est un titre de chanson, certes désuet mais tout de même.

Je connaissais l'endroit parce que j'ai habité longtemps dans ce quartier du XIV° arrondissement mais j'ignorais qu'il s'appelait ainsi.

J'avais beaucoup aimé Il pleut des luges, un CD plutôt romantique. Voilà pourquoi je me suis intéressée à ce musicien, qui sinon m'aurait semblé avoir voulu tenter un coup médiatique. J'étais intriguée à l'idée de rencontrer celui qui faisait un album de reprises des chansons les plus noires de Renaud.

Je suis un mec qui chante, je n’analyse pas trop. N’empêche que la progression des titres n’est pas anodine. Entre Deuxième génération en piste 1 (1983, de l’album Morgane de toi) et Les Charognards, piste 11 (1977) la boucle est bouclée. Il n’y en a pas une épargnée par la violence. Toutes les chansons qu’il a retenues parlent de lutte des classes. Parce que je ressens qu’on est dans une société où les inégalités n’ont jamais été aussi fortes.

Renaud les chantaient il y a tout de même quarante ans. Avec la gouaille qui a été sa marque de fabrique. Alors pas question surtout de verser dans l'imitation avec une voix un peu rauque. Il a fallu beaucoup travailler pour obtenir le résultat souhaité et 90% de l'album a été enregistré en live pour obtenir de la fragilité. Curieusement Monsieur Lune n'aime pas trop sa voix. Mais il aime tant la scène qu'il a fini par s'accepter.

Nicolas (c'est son prénom) a voulu gommer les aspérités, apporter de la douceur, de la fluidité et beaucoup de musicalité. C’est tout à fait l’impression que j’ai éprouvée dès la première écoute. J’aurais voulu soumettre l’album à quelqu’un qui ne comprend pas le français. Je parierai qu’il aurait cru à un enchainement de gentilles balades. Pourtant elles sont terribles. Dans la première, atrocement réaliste, Slimane, 15 ans se vante d'un CAP de délinquance, et prétend n'aimer que la mort dans cette vie de merde. Le slogan nihiliste des Sex Pistols est-il plus vrai que vrai : No future alors ?

Il n’y a pas de place pour la nostalgie de Mistral gagnant, ni pour le romantisme de Ma gonzesse. S’il avait apprécié l’album de reprises en 2014 par la Bande à Renaud, il n’allait pas pour autant faire la même chose. On remarquera trois titres en commun, mais l’interprétation n’a rien à voir.

D’ailleurs ces chansons "noires" ont été peu reprises. Certes il y eut la Médaille par Benoit Dorémus et Jeanne Cherhal, sur scène à Paris, à la Maroquinerie, la Chanson pour Pierrot par Calogero, et puis La teigne il y a dix ans par le groupe Zebda.
La pochette est juste parfaite. Une bouille de gosse attentif, portant le bandana emblématique signifiant l'appartenance au clan. Ce qu'elle a de formidable c'est qu'il n'y a aucun trucage, aucune intention d'attendrir. C'est Nicolas, en 1982, l’année de l’album Un olympia pour moi tout seul. Il n'a que 7 ans, l'âge de raison. Il ne s'appelait pas encore Monsieur Lune.

lundi 22 mai 2017

Allez vite au Musée Dapper avant sa fermeture définitive


Le musée Dapper est une institution privée, créée en 1986, installée dans le XVI° arrondissement de Paris. On en parlera bientôt au passé car le bâtiment du 35 bis rue Paul Valéry va fermer ses portes le 18 juin. Son fonctionnement coûte trop cher à la Fondation Olfert Dapper et le musée accuse une baisse de la fréquentation.

Avec son extraordinaire collection de masques, de statuettes venues de toute l’Afrique, et son remarquable programme d'activités autour de séances de cinéma et de contes pour les plus jeunes, le musée Dapper était devenu une référence sur l’art africain. Depuis son ouverture, plus de 40 expositions ont été présentées.

Sa directrice, Christiane Falgayrette-Leveau, ancienne journaliste et cofondatrice en décembre 1983 avec son mari, Michel Leveau, de la Fondation Dapper, regarde désormais vers le Sénégal et les Caraïbes et continuera "à soutenir les arts de l’Afrique, d’hier et d’aujourd’hui".

Je ne peux que vous inciter à aller voir la dernière exposition, regroupant des Chefs-d’œuvre d’Afrique, des œuvres majeures, uniques pour certaines, telles des sculptures du Gabon (Fang, Kota, Punu…), du Cameroun (Bangwa), du Bénin (Fon), ou encore du Mali (Dogon, Soninké). En voici quelques pièces. A commencer par cette tête en terre cuite, datant du XVIII°, et provenant  du Ghana.

dimanche 21 mai 2017

Dessert aux perles du Japon et Calvados

Après l'inauguration des nouveaux sites de production de Spirit France, j'ai eu envie, de retour à la maison, de combiner un dessert qui associerait pommes, Calvados et des perles du Japon, parce qu'en ce moment c'est un peu mon produit fétiche.

Peut-être pour me mettre en condition de mon prochain voyage au Mexique où on les utilise pour faire un dessert à la façon du riz au lait.

Et puis comme tous les produits à base de manioc elles peuvent être consommées par les personnes souffrant de maladie coeliaque pour remplacer les farines contenant du gluten. C'est aussi un souvenir d'enfance car ma maman les cuisinait régulièrement.


samedi 20 mai 2017

Monsieur Nounou au Rive Gauche

Monsieur Nounou à été écrit au XIX siècle alors que le téléphone entrait à peine dans les maisons bourgeoises. Le public est donc invité à éteindre ses portables dans un souci de reconstitution historique.

Le ton est donné pour cette pièce dont on apprend qu'elle se déroule en pleine campagne ... à Courbevoie. Nous avons certes un effort d'imagination à faire, lequel va être un peu secoué par les ajouts imaginés par les adaptateurs.

Les références musicales contemporaines s'enchainent. Le téléphone pleure, on pouvait s'y attendre. Et puis ça s'en va et ça revient. Le député se déclare ... en marche. Plus tard on se moque d'un Tu vas descendre de ta barricade mon petit Poutou.

Il sera ensuite question de baraque au bas mot. Et on glissera la formule du jeu télévisé devenue culte : C'est mon dernier mot Jean Pierre.

Que de liberté avec le texte d'origine mais on reste dans l'esprit du vaudeville. Et les spectateurs rient de bon coeur.

vendredi 19 mai 2017

Sandwich façon croque

Depuis 2007, Quiveutdufromage.com, le site de référence du fromage, a su évoluer avec le temps. Aujourd’hui, il s’enrichit d’une nouvelle plateforme plus moderne, plus adaptée et plus dynamique.

Avec plus de 400 fromages référencés, il traite des 3 grands thèmes chers aux consommateurs : l’authenticité et la tradition, les nouveaux usages et les questions santé. Au menu : des secrets dévoilés, plus de 2500 recettes et dossiers, rencontres de passionnés, découvertes de savoir-faire et aussi des informations sur les atouts du fromage, pour l’inviter naturellement dans son assiette.

Pour fêter sa nouvelle plateforme, 6 recettes sont proposées. Le sandwich façon croque est inspirée du Croque de Florent Ladeyn et que j'ai adaptée.

jeudi 18 mai 2017

Inauguration d'un nouveau site pour le groupe Siprit France

Né en 2007, Spirit France produit et commercialise des marques emblématiques de spiritueux français issus de terroirs spécifiques dans deux aires d’appellations d’origine contrôlée (AOC), le calvados et l’Armagnac.

Son histoire est le fruit du regroupement de plusieurs maisons autour de quatre marques leaders dans leurs catégories : les calvados Père Magloire, Boulard et Lecompte, ainsi que l’armagnac Grand Armagnac Janneau, dont la distillerie est restée en Gascogne.

Le 12 avril dernier, le groupe a officiellement inauguré de nouveaux à Reux, près de Pont-l’Evêque, en bordure de l’autoroute A13.

Le site de Coquainvilliers où est distillé le Calvados Boulard demeure intact. J'y ai reconnu le parfum de pommes confites  qui m'avait quasiment envoutée quand j'avais visité l'installation en septembre 2013.

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