mardi 30 juin 2015

Dîner en terrasse chez Paul, place Dauphine

Il fait beau, très beau même ... trop me direz-vous pour une terrasse... sauf si elle a un peu d'ombre. Je vous emmène ce soir chez Paul, place Dauphine, à deux pas du Palais de Justice, sur l'ile parisienne de la Cité.

Jacques Sageau est un passionné de gastronomie qui est tombé sous le charme de cette Place. Epaulé par son fils Maxime, il est devenu depuis janvier 2015 le propriétaire de trois établissements mitoyens, le Caveau du Palais, Paul et le Bar du Caveau.

J'avais beaucoup aimé cet hiver l'atmosphère (et la cuisine) du Caveau du Palais. Je m'apprêtais à découvrir la terrasse de la Maison Paul, un bistrot un peu rétro. Cette institution a vu le jour au tout début du 20ème siècle, dans l’une des plus anciennes maisons de la place Dauphine, au numéro 15.

Sa grande salle de 55 couverts présente une double exposition sur la place dotée de sa terrasse chauffée quand c'est nécessaire, et sur le Quai des Orfèvres.

Son décor, dans le style des brasseries parisiennes, a été totalement rénové et les cuisines ont été refaites à neuf. Pourtant, rien ne semble avoir bougé dans ce cadre authentique aux banquettes rouges et aux fresques murales du siècle dernier appréciées des touristes comme des magistrats du tout proche Palais de Justice.

Un chef créatif imagine quotidiennement une entrée, un plat du jour et un dessert à l’ardoise selon son inspiration et les produits du marché.

Vous ne trouverez pas de menu chez Paul. Les plats, issus d’une cuisine traditionnelle française et de terroir, évoluent régulièrement autour de plusieurs standards de la bistronomie parisienne.

Conscients des préoccupations de la clientèle, un grand nombre sont étiquetés "sans gluten" pour faciliter leur repérage.

Nous avons opté pour un classique du bistrot mais qui ne souffre pas l'à peu près. Les Sardines à l'huile "JC David" millésimées 2012 et pain toasté ont rempli leur mission et méritent une excellente note.
Plus originale, la Poêlée de gambas aux épices douces et mousse d'avocat au piment d'Espelette, servie dans un verre cocktail.

lundi 29 juin 2015

Du nouveau dans la beauté ... et au-delà chez Marque Repère

Voilà un billet qui pourrait passer pour un article sponsorisé ... mais non. Je n'écris que ce qui me plait et cela ne me gêne pas de vanter une marque en particulier quand je suis convaincue de ses qualités.

C'est le cas de Marque Repère qui porte bien son nom depuis 1997, en proposant des produits en moyenne 30% moins cher à qualité égale avec les concurrents.

On compte maintenant 6000 références dont 296 issues de l'agriculture biologique, principalement dans la gamme facilement repérable par son nom, Bio Village.

J'apprécie aussi beaucoup la gamme Chaque jour sans gluten depuis 2013 qui s'enrichit de 2 nouveaux produits. Il reste encore une énorme marge de progression puisque cette gamme ne compte encore que 14 produits. Si vous subissez cette intolérance vous pourrez quand même vous régaler avec leurs pâtes (faites à partir de farine de riz). Elles sont parfaites.

Sur le plan de la beauté, les avancées sont là aussi très visibles. J'ai été invitée à un "repérage malin"  dans la boutique de Une Mère, une Fille à Paris qui a achevé de me convaincre.
J'y ai découvert la gamme Mots d'Enfants, composée de 110 produits d'hygiène/soins et alimentaire. Comment parler de tout ?

J'insisterai sur quelques-uns, en complément de ceux dont j'ai largement donné les avantages et inconvénients dans un billet au mois de mai dernier.
Un Baume nourrissant gourmandise, avec lequel Charlotte a fait un massage de mes mains, et le petit truc d'Elodie pour la coiffure, qui conseille de se vaporiser légèrement le bout des doigts avec l'huile sèche avant de se passer les doigts dans les cheveux. Les deux jeunes femmes travaillent dans un Salon conçu pour les Grands et les Petits, 25 avenue de Saint Germain à Maisons-Lafitte (01 39 62 04 54). Elle étaient venues à la rescousse pour animer un atelier dans le concept store très original d'Eugénie 30 ans, et de Caroline 54 ans, mère et fille à la vie comme à la boutique.
Leur volonté commune était de créer un endroit pour les enfants et leurs mamans dans lequel ils pourraient se rencontrer, échanger, créer, acheter… 

A l’origine, Eugénie était nourrice et travaillait donc énormément dans le monde de l’enfance tandis que Caroline, mère au foyer, avait installé un dépôt-vente à son domicile durant lequel elle s’improvisait salon de thé. De ces 2 activités est née une boutique qui cumule les activités.

On entre dans la partie boutique où l’on retrouve des jouets pour enfants, des cadeaux de naissance, des objets de créateurs ... Juste à côté se trouve le salon de thé dans lequel il est possible de déjeuner, goûter, bruncher deux dimanches par mois avec des pâtisseries faites-maison. Derrière se trouvent encore deux pièces dédiées aux ateliers créatifs : tricot, crochet, couture, stylisme, scrapbooking, bijoux gourmands… ainsi que des ateliers mère-enfant.

La partie dépot-vente, très encombrante a été abandonnée au profit des ateliers ... pour le moment.

On peut programmer des goûters d'anniversaire, pour petits ou plus grands ou louer l'espace pour des évènements (baby shower, baptême, anniversaire, brunch privé, etc...). Nous avons testé l'espace buffet avec des nouveautés de Marque Repère qui a un Mojito (sans alcool) digne d'un bar de palace.
Marque Repère est en constante évolution. Des efforts très importants ont permis de supprimer 4250 tonnes de sucre en un an, 1500 tonnes de matières grasses et 175 tonnes de sel.Ce n'est pas rien.
Ce moment fut aussi l'occasion d'apprendre que 122 nouveaux produits ont été retravaillés en 2013 afin de supprimer ou d'alléger leur emballage. Depuis 2010 ce sont plus de 59 000 tonnes d'emballages économisés, preuve que lorsqu'on veut on a des résultats. Tout cela s'inscrit dans une démarche d'éco-conception pour limiter la consommation d'eau, d'électricité et la quantité de déchets. Marque Repère n'est évidemment pas la seule entreprise à le faire mais c'est à souligner.
Une Mère, une Fille à Paris
Du Mardi au Samedi: 10h 00 à 18h 30
Dimanche: selon évènements & réservations
43 Boulevard Garibaldi, 75015 Paris, 09 54 04 04 80
contact@1mere1filleaparis.com

dimanche 28 juin 2015

Cecilia Samartin publie en France son premier roman, Nora ou le paradis perdu

Le premier livre que j'ai lu de Cecilia Samartin fut l'année dernière La promesse de Lola. A raison d'un roman par an son éditeur français rattrape le retard en sortant cette fois ci le roman avec lequel elle a démarré sa carrière d'écrivain, en 2004 aux Etats-Unis.

Il s'agit de Ghost Heart (intitulé aussi Broken Paradise) qui parait à l'Archipel sous le titre de Nora ou le paradis perdu. C'est le cinquième ouvrage publié en France par cet éditeur.

Cecilia Samartin est une écrivaine américaine d’origine cubaine née à La Havane en 1961, pendant la révolution cubaine. Ses parents se sont réfugiés aux Etats-Unis alors qu’elle était encore bébé et elle  a grandi à Los Angeles. Elle a fait des études supérieures en psychologie à l'Université de Californie et en thérapie familiale à l'Université de Santa Clara. Elle travaille depuis plusieurs années aux États-Unis auprès d'immigrants en provenance des pays d'Amérique latine.
J'ai eu le plaisir de rencontrer Cecilia à l'occasion de sa venue en France où elle a conquis un large public depuis la publication du Don d'Anna. C'est une femme authentique, animée de fortes convictions et surtout de l'immense regret que son pays natal, Cuba, ne soit pas libre comme on pourrait le penser.

Cette soirée eut lieu pendant la canicule et nous avons apprécié de nous rafraichir avec un jus de citron à la framboise. mais je n'ai pas arrêté de penser au Cuba libre qui est un cocktail à base de rhum, de citron vert et de cola, appelé aussi rhum-Coca. Son nom date de 1900, année de la perte de Cuba par les Espagnols, et fin de la guerre d'indépendance.

Selon la légende, cette appellation viendrait d'un soldat américain qui, commandant cette association, porta un toast "Por Cuba libre! " (Pour Cuba libre !), qui était le leitmotiv des troupes américaines durant la guerre. L'essor du cocktail date de l'époque de la Prohibition, où la mafia profita de Cuba comme base arrière du trafic d'alcool.

Le Cuba libre est aussi parfois appelé ironiquement mentirita ("petit mensonge" en espagnol) par certains Cubains ainsi que par leurs voisins dominicains qui ne considèrent pas l'île comme libre avec le régime castriste au pouvoir encore actuellement. Cecilia partage sans nul doute ce point de vue et ses romans sont un hommage à sa terre natale.

Les confidences qu'elle recueille dans son travail de thérapeute lui servent de terreau pour alimenter des romans qui ont de multiples points communs et qui pourraient sembler autobiographiques tant ils sont crédibles.

Nora ou le paradis perdu raconte l'histoire d'une petite fille qui se pose beaucoup de questions, tout à fait légitimes pour une enfant scolarisée dans un établissement religieux mais qui, de retour à la maison, grandit au contact avec une bonne vouant un culte aux saints africains.

Ajoutez à cela que sa cousine Alicia lui dit voir Dieu et que ses parents sont de fervents catholiques. Alors quand sœur Margarita leur annonce qu'il faudrait que Nora songe à prendre le voile la petite fille se demande quelle est la nature exacte de cette vie sainte qui est censée l'attendre. Échappera-t-elle à ce destin religieux ?

Cecilia Samartin trace à partir de cette question au final anecdotique le destin parallèle de Nora et d'Alicia sur un quart de siècle, entre 1956 et 1981. Nora fuira avec sa famille la révolution cubaine tandis qu'Alicia s'éprendra d'un Noir révolutionnaire et que son père subira l'enfer de l'incarcération.

L'auteur a beaucoup insisté sur l'exactitude des faits qu'elle relate, ce que le lecteur ressent parfaitement. Il n'y a aucune exagération, nous a-t-elle assuré. On peut prendre le roman comme une vraie histoireC'est mon premier livre, et c'est sans doute le plus personnel.

Elle va jusqu'à comparer Cuba à l'Afrique du Sud en insistant sur le fait que cette ile est faussement paradisiaque. Elle démontre magistralement qu'il n'y a pas que les cigares et le rhum. Et, pleine d'espoir malgré tout elle pointe que ce n'est pas un gouvernement qui change le monde, ce sont les gens.

Ses personnages sont forts, généreux, idéalistes. Il se dégage quelque chose de l'ordre du religieux dans leur courage et la manière qu'ils ont de se lancer à corps perdu (à coeur perdu ?) au secours de ceux qu'ils aiment. Le thème du coeur fantôme revient régulièrement, justifiant le titre original. Quand la vie lui devient insupportable Nora suit le conseil de sa nounou lui recommandant de protéger son coeur pour qu'il ne soit jamais atteint. On verra que le remède n'est pas magique mais la fin sera malgré tout heureuse, parce que Cecilia est une optimiste né. Et on l'approuve.

Elle retrouvera dans quelques jours son pays d'adoption où elle a commencé à écrire le nouveau roman, toujours en américain. Ce sera (encore) un roman générationnel qui aura trois femmes pour héroïnes.

On la laisse savourer quelques jours de vacances parisiennes en compagnie de son mari et on se surprend à rêver à Cuba un jour réellement libre que l'on sera heureux de visiter sans faux semblants. D'ici là il faut mettre ce roman dans la valise. C'est un voyage à faire !
Nora ou le paradis perdu(titre original Broken Paradisetraduit de l'américain par Colette Joyeux, l'Archipel 2015
La promesse de Lola (titre original Mofongo) traduit de l'américain par Maryline Beury, l'Archipel, 2014
Rosa et son secret, traduit de l'américain par Mélanie Carpe, l'Archipel 2013
La belle imparfaite(titre original Tarnished beauty) traduit de l'américain par Mélanie Carpe, l'Archipel 2012
Le don d'Anna(titre original Vigil) traduit de l'américain par Mélanie Carpe, l'Archipel 2011

samedi 27 juin 2015

Des funambules entre Terre et Ciel au festival Solstice

Le Festival Solstice vise toujours plus haut, toujours plus fou. L'édition 2015 se clôture par une promenade de haut vol à la Cité-Jardin de Chatenay-Malabry (92).

Rendez-vous avait été donné ce soir au public devant le Rex pour une soirée renversante, digne d'un film d'action à grand spectacle. 

Odile Gheysens et Violaine Garros sont deux danseuses qui ont évolué d'abord en miroir, ensuite en se répondant l'une l'autre, dans une chorégraphie extrêmement soignée, entre grandes envolées et langoureux pas-de-deux.

La façade du cinéma a comme basculé de 90° pour créer l'illusion d'être devenue une piste de bal. Le talent des artistes nous a vite fait oublier qu'elles avaient la tête en bas.


Soudain, ce fut la Fanfare opus 2 de Circa Tsuica qui fit diversion pour entrainer la foule derrière ses saxophones, tambours et clarinettes.
Les musiciens-acrobates ont enchaîné quelques prouesses entre deux coups de trompette, invitant à les suivre jusqu'à l'ancien bassin de la place François Simiand où le funambule Denis Josselin effectua une grande traversée entre ciel et terre.
Rendez-vous l'année prochaine, toujours en juin et entre Antony et Chatenay ... 

vendredi 26 juin 2015

Couscous du soleil et petits légumes de Tipiak

C'est nouveau. Tipiak a imaginé un Couscous du soleil aux petits légumes et, hasard du calendrier, le voilà en linéaire pendant le Ramadan.

Je pourrais aussi bien dire que le nom est bien trouvé en cette période de canicule. Mais le plus important est que cette recette donne un air de vacances à un plat que l'on fait de manière très (voire trop) classique quand on emploie une semoule toute prête.

Je l'ai cuisiné avec un sauté de porc en choisissant délibérément, puisque les légumes étaient déjà présents, de l'associer avec des fruits, ce que je n'avais jamais osé faire jusque là.

Je vous donne la marche à suivre avec mes commentaires.

Il y a deux sachets dans la boite. C'est bien pratique pour se risquer à faire deux plats différents. Le mode d'emploi préconise un sachet pour 3/4 personnes. On peut considérer que les parts sont correctes pour 3.

Il est recommandé de faire gonfler les graines 7 minutes avec la quantité d'eau prévue et un filet huile olive. C'est tout à fait correct, et le résultat est parfumé si on choisit par exemple une AOP des Baux de Provence.

Auparavant j'avais fait revenir un oignon et les morceaux de viande dans une poêle. J'ai transvasé dans une cocotte et ajouté alors des morceaux de pomme, et de poire, dont j'ai retiré le coeur mais pas la peau pour que leur chair ne se délite pas à la cuisson. Je voulais conserver leur aspect pour qu'à la dégustation on retrouve bien le goût des fruits.

J'avais des branches de citronnelle dans le congélateur (c'est une manière idéale d'en disposer à la demande). J'en ai mis deux dans la préparation ainsi qu'une cuillère à dessert de curry Madras Saravane.

J'ai déglacé la poêle avec un reste de vin blanc, que j'ai fait bouillir avant de l'ajouter sur la viande en le versant le long de la paroi. C'est parti pour un long mijotage à feu doux.

J'ai servi dans une jolie assiette à couscous, venant de Nabeul, en disposant la semoule, les fruits, la viande, et arrosé avec le jus de cuisson.
Tipak a d'autres nouveautés, comme un quinoa à la cuisson parfaite. Je reviendrai sur le sujet cet été.

jeudi 25 juin 2015

Kiki, Le Montparnasse des années folles à la Huchette


Il est toujours émouvant pour moi d'entrer dans la salle du Théâtre de la Huchette où 2 pièces d'Eugène Ionesco, La Leçon et La Cantatrice Chauve (jouées en ce lieu depuis 1957 sans interruption) ont contribué, dans mes jeunes années, à éveiller mon goût pour le théâtre.

Mais ce soir, autre temps, autre décor ; nous avons rendez-vous avec Kiki, dans l'ambiance du Montparnasse des "années folles". Elle est là, devant nous, sur scène, jouée par Milena Marinelli, formidable interprète de cette artiste au destin exceptionnel. Nous sommes curieux de l'entendre, ravis de nous plonger dans cette époque si particulière qui révéla tant de peintres aujourd'hui si bien reconnus.

Qui n'a jamais entendu parler de Kiki, leur modèle et leur muse, peintre elle-même, actrice de cinéma, chanteuse de cabaret ? Mais qui connaît intimement son parcours semé de moments douloureux et de chances inespérées ?

Elle fut muse et modèle pour les grands peintres de l’Ecole de Paris, témoin de l’éclosion de Modigliani, Soutine, Fujita, Utrillo, Desnos, Cocteau, Man Ray et tant d’autres… Kiki fut aussi peintre, chanteuse et "amuseuse" de cabaret, toujours animée d’une irrépressible envie de "donner de la gaité aux gens".

En 1929, Paris s'amuse avant de connaître la crise, et elle, à 28 ans, rédige déjà ses mémoires grâce à son nouvel amant, Henri Broca, fondateur du magazine Paris-Montparnasse dans lequel paraissent les premiers chapitres. Une édition américaine est envisagée, Ernest Hemingway en écrit la préface, mais le puritanisme américain juge les propos trop osés...

Ressorti de l'ombre en 2005, les Souvenirs retrouvés de Kiki de Montparnasse sont publiés aux éditions Corti. Ainsi Hervé Devolder avait-il à sa disposition une documentation authentique pour réaliser ce spectacle subtilement intitulé "fantaisie musicale".

La "fantaisie", ce sont les anecdotes de la vie de Kiki qui nous sont contées, livrées simplement, sans retenue aucune. Elle raconte d'abord son enfance, son amour pour sa grand-mère qui l'a élevée dans le plus grand dénuement, elle, Alice Ernestine Prin, née en 1901 à Châtillon-sur-Seine, d'une union illégitime.

Triste réalité, mais elle nous rassure d'emblée : "ce n'est pas du Zola". Ayant rejoint sa mère à Paris, sa vie n'est guère plus prometteuse jusqu'à ce que sa rupture avec elle change la donne. Rire, sourire, c'est maintenant l'alternative proposée au spectateur. Je ne souhaite pas faire l'inventaire de tous les évènements biographiques cités - ils sont si nombreux ! - mais je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager la série des épisodes croustillants qui concernent sa virginité, finalement déflorée par le peintre russe Maurice Mendjizki dont elle tombe amoureuse, et qui ont toute la fraîcheur des émois de l'adolescence.
L'aspect "musical", ce sont bien sûr les chansons qui ponctuent, complètent les récits. On y retrouve le style des chanteuses de cabaret avec lequel Milena Marinelli est tout à fait à l'aise. Elle chante, accompagnée au piano par Ariane Cadier, dissimulée derrière un voile au fond de la scène mais à la présence certaine.

Le décor est sobre - un zinc, celui de la Rotonde, de la Coupole, du Jockey ou celui de son propre cabaret, l'Oasis ...

Un accessoire vestimentaire fait soudain basculer le statut de Kiki : c'est le chapeau, le bibi ; reléguée dans l'espace du seul bar avant de le porter, la femme accède à la salle dès lors qu'elle peut s'en montrer coiffée ; elle est bibi, elle est Kiki.

Elue "Reine de Montparnasse", elle n'en est pas moins rattrapée par les réalités de la vie, les maladies de ses proches (sa mère, Henri Broca) auxquelles elles fait courageusement face.

Kiki a des ressources infinies. Le spectacle qui la présente est fort bien rythmé, à voir sans modération.

Kiki, Le Montparnasse des années folles 
Fantaisie musicale d’Hervé Devolder et Milena Marinelli
Mise en scène et musique de Hervé Devolder
Avec Milena Marinelli et au piano Ariane Cadier
Costumes : Michèle Pezzin
Lumières : Denis Koransky
Chorégraphie : Catherine Arondel
Assistante à la mise en scène : Pauline Marbot
Théâtre de la Huchette, 23 rue de la Huchette, 75005 Paris,
Depuis le 17 juin 2015
Du mardi au vendredi à 21h et le samedi à 16h.

Photos Lot
( Cet article a été rédigé par Anne, qui est allée voir le spectacle ce soir. Je l'en remercie)

mercredi 24 juin 2015

Ateliers pour enfants à la Villette

Le Parc de la Villette est un lieu extraordinaire ... C'est une succession de jardins à thèmes, des salles d'expositions, un Musée, un Cirque, une salle de cinéma à 360°, la Géode.

C'est aussi un endroit où les enfant peuvent s'amuser tout en apprenant dans les Ateliers Villette.

Je m'étais promis de vérifier un cette promesse. C'est chose faite.
Il suffit de suivre la signalétique du couple "parent-enfant" pour trouver un des ateliers.

Ce fut aujourd'hui En l'air ! d'une durée de 1 h 30.

L'objectif était de fabriquer des cerfs-volants après avoir percé le mystère de ces objets volants dont la dénomination scientifique est "aérodyne", c'est-à-dire un objet volant plus lourd que l'air.

Le point de ralliement était la Folie-Information, Porte de Pantin, où il était recommandé de se présenter avec un quart d'heure d'avance. L’animatrice, Marion, a réuni la dizaine d'enfants inscrits pour les conduire au point d’accueil d'un bâtiment  qu'on appelle aussi "folie" et qui est une sorte de cube rouge.

Un certain nombre de cerfs-volants attendaient les participants. Une cafeti'air, une hôtesse de l'air, une chambre à air, un vol-au-vent, tout un bric-à-brac qui pourrait voltiger dans le ciel au bout d'un fil de nylon!
Les adultes pouvaient rester à l’animation (ou partir si les enfants ont plus de 6 ans).
Assise sur des coussins, Marion esquisse un petit historique des cerfs-volants qui sont apparus d'abord en Asie du Sud Ouest, inventés peut-être par des pêcheurs.
On apprend qu'ils ont été utilisés en Chine (pour passer des messages, pour mesurer les distances, grâce à la longueur du fil, pour faire peur à l’ennemi...).

Marion raconte une légende, interroge les enfants puis leur donne un cerf-volant qu’ils vont décorer aux feutres.
Chacun s'applique, visiblement très motivé.
Le résultat est déjà prometteur mais l'enjeu est surtout de parvenir à le faire voler. Il va donc falloir attacher une ficelle avant de faire un nœud pour le tenir à bout de bras.
Les enfants pourront toujours ajouter ultérieurement un fil plus long. Pour le moment ils s'élancent en tenant leur engin précieusement et dans une pure allégresse ... jusqu'à essoufflement.

mardi 23 juin 2015

Les Millésimes de ces Dames

La vie d'une blogueuse est ponctuée de rencontres et de découvertes plus ou moins heureuses. J'aurais très franchement loupé quelque chose si je n'avais pas accepté l'invitation lancée par Victoria Solal-Audoin qui est l'instigatrice d'une entreprise originale consistant à sélectionner des vins de femmes pour des femmes.

Que les hommes se rassurent. Le sexe dit fort était dignement représenté ce soir et a beaucoup apprécié les choix de Victoria. Et même si je respecte le positionnement de la jeune femme ce serait vraiment dommage que les hommes s'imaginent que ses choix sont exclusivement dédiés aux amatrices de vin.

Sans lui faire la moindre critique je dirais que ses bouteilles sont avant tout des vins excellents. Forcément elle ne pouvait s'autoriser la moindre erreur ... de goût.

J'ai d'ailleurs appris que plus de 65% des achats de vin en France sont effectués par des femmes. Qu'elles sont des consommatrices régulières : 43,8 % au moins une fois par semaine. Et surtout que de plus en plus de femmes sont présentes en tant qu’acteurs économiques aux différents niveaux de la filière vin. Un oenologue sur quatre est une femme. Le tout avec modération, comme il se doit.

Bref, le marché du vin se féminise et c'est en toute logique que Victoria, petite-fille et arrière petit-fille de négociant en vins, a lancé en septembre 2012 une gamme de vin au féminin joliment intitulée "Les Millésimes de ces Dames"qui est aussi une boutique en ligne.
Il existe 6 ou 7 références. D'autres sont d'ailleurs à venir, en particulier un rouge. Nous en avons découvert trois au cours d'un apéritif gourmand organisé au Bar du Caveau, en bordure d'une place Dauphine qui avait jolie mine ce soir.
Victoria nous a suggéré de commencer avec un Rosé Bio, un Côtes de Provence du Domaine Saint Roman Desclans. Il est très clair, à la limite d'un Gris, léger mais fruité. On sent immédiatement le bénéfice de l'absence de sulfites. Ce n'est pas lui qui nous "tapera sur la tête".
Nous poursuivons avec un Blanc, un Côtes du Roussillon du Domaine de Vénus, élaboré par Alice Euvrard. La vigneronne est discrètement présente. J'espère qu'elle aura entendu les compliments qui ont été faits sur son travail.
Et pour terminer, un Rosé Pétillant, Côte Roannaise du Domaine Sérol dont les bulles roses, fraiches et pétillantes,  a séduit l'assemblée avec ses notes de mûres. on l'imagine très bien en apéritif comme pour accompagner un dessert.

Les trois cuvées ont été élaborées par des vigneronnes et sélectionnées avec soin par Victoria qui pouvait à juste titre savourer les avis des personnes présentes. Victoria est persuadée qu'il existe un vin pour chaque femme … correspondant à sa personnalité. Son objectif est de proposer un breuvage qui, par ses subtilités et ses qualités comblera les papilles de chacune.

Je ne sais pas encore quel est mon profil et je ne demande qu'à le savoir mais pour le moment je suis très largement convaincue par cette dégustation.

L'idée née au cours d'une soirée (entre filles) est donc validée haut la main et nous allons suivre le développement du site. On y retrouve l’ensemble des vins sélectionnés d'abord pour les femmes avec leur provenance et leur histoire. Les productrices sont mises en avant de manière à ce que la passion pour un travail féminin de qualité soit partagé avec les internautes. La livraison est assurée gratuitement sur la région parisienne à partir de 6 bouteilles.

Le virtuel n'étant pas l'objectif ultime Victoria organise aussi des réunions à domicile et peut se déplacer chez les personnes qui souhaiteraient organiser une vente dégustation ... entre filles ... ou pas que ...

dimanche 21 juin 2015

Vincent Warin revient au Festival Solstice avec l'Homme V.

J'avais découvert Vincent Warin au Festival Solstice il y a cinq ans. Certains s'en souviennent encore, évidemment. Quel chemin parcouru quand je relis ce que j'avais alors écrit.

L'artiste revient aujourd'hui pour ce même festival et comme à son habitude l'entrée en scène étonne. Il est cette fois réellement caché, sous plusieurs morceaux de toile noire.

On peut voir un géant bossu dans cette étrange silhouette… ou bien un dromadaire. J'ai pensé à ces marionnettes géantes du Bread and Puppet Theater.

Le début est spectaculaire mais il reste une marge de progression parce que Vincent est entravé dans le tissu. Il doit au sens propre tourner en rond pour se dépouiller de ses oripeaux. Je ne suis pas sure que ce soit absolument nécessaire.

Ce qui ne fait aucun doute c'est que Vincent Warin a choisi de théâtraliser son art. Il évolue désormais sur une vraie piste quand autrefois il se satisfaisait d'un terrain de volley goudronné.

Du coup cet ancien champion de France de BMX free style va pouvoir exécuter des figures beaucoup plus sophistiquées parce que les pneus adhèreront ou glisseront différemment.

La présence d'un violoncelliste qui joue en direct est un "plus" incontestable. Le public devient spectateur d'un spectacle qui prend une dimension chorégraphique, fortement imprégnée de hip-hop.
Le vélo est toujours un partenaire à part entière et la performance ne se relâche jamais.
Quand Vincent ne tourne pas il mouline. Faire du "sur place" lui permet de jouer avec le public, provoquant les rires. Il mime l'agacement pour amuser la galerie, avance en "nageant", saute sur place, sur une ou deux roues. Le vélo fait corps avec lui et il semble pourvoir obtenir tout de cet instrument que l'on croirait fabriqué en caoutchouc.
On en oublie qu'il prend des risques.

Messages les plus consultés