lundi 2 mars 2015

Tu me trouveras au bout du monde de Nicolas Barreau, chez Héloise d'Ormesson

L'écrivain mystère Nicolas Barreau (on sait juste de lui qu'il est un auteur franco-allemand qui travaille dans le monde de l’édition) reçoit une lettre mystère.

Je ne saurais dire si le secret élève le normal au rang de l'extraordinaire comme il le prétend p.156 ... le jeu de pistes amoureux avec lequel il titille le lecteur n'est pas très nouveau.

Il n'empêche que c'est bien écrit et que cela se lit avec plaisir, même si le mode opératoire ressemble encore à celui d'un auteur comme Eric-Emmanuel Schmitt. Après tout Nicolas Barreau a bien raison de creuser ce sillon puisque cela lui réussit.

Tu me trouveras au bout du monde a été publié en Allemagne  en 2008 avant le  Sourire des femmes, qui connut en France un succès phénoménal. Rien d'étonnant donc à ce que le style narratif y soit un peu moins enlevé. Notre auteur secret n'avait pas encore terminé de fourbir ses armes.

Il connaissait déjà manifestement très bien la capitale parisienne. C'est vrai que l'hôtel des Marronniers de la rue Jacob est un vrai bijou et que déjeuner au restaurant du Train bleu est un moment d'exception. Le livre fourmille de références à des lieux qui se situent dans le 6ème arrondissement, qui est le quartier de l'édition. Tout ceci est logique.

Il se répète un peu, passant encore une fois devant le Procope, présent dans le Sourire des femmes. On a parfois l'impression que Nicolas règle des comptes, notamment quand il se plaint que le hamburger du Café Marly, 93, rue de Rivoli, ne soit pas "terrible". Admettons. Je suis sûre que cet écrivain-éditeur aime la bonne chair.

Je n'ai jamais gouté The new Marly cheeseburger, bacon iberico de ce restaurant mais je pense que la critique est sévère. Comment imaginer alors que le restaurant célébré par Gilles Pudlowski sur son blog, Les Pieds dans le plat, comme étant une des perles méconnues du groupe Costes ne soit pas à la hauteur de sa réputation ? Ce qui ne fait aucun doute c'est qu'il offre une des plus belles vues de Paris (en l'occurrence sur la pyramide du Louvre).

Ce même Pudlo chante la douceur suave du thé des poètes servie avec délicatesse au Shanghai Café de la Maison de la Chine, 76 rue Bonaparte dont Nicolas Barreau apprécie le coté minimaliste. Voilà les deux hommes sur la même longueur d'ondes.

D'habitude les lieux sont inventés (même s'ils sont inspirés de la réalité) et l'auteur avance à visage découvert. Ici c'est l'inverse et le roman prend souvent des allures de guide touristique. C'est à se demander quel est l'intérêt de l'auteur ?

Coté hôtellerie nous valsons entre l'Hôtel Duc de Saint-Simon, au 14 de la rue du même nom, dans le 7ème arrondissement et le Bélier du 13 rue des Beaux-Arts, dans le 6ème. Les deux endroits sont historiques et exceptionnels.

Ce dernier faisait partie à l'origine de la résidence de La Reine Margot avant d’être transformé en un Pavillon d'Amour au début du 19e siècle. Oscar Wilde y vécut, selon ses termes "au dessus de ses moyens" jusqu’à sa mort. Beaucoup de célébrités y séjournèrent comme Dali, Mistinguett, Frank Sinatra, Elizabeth Taylor et Richard Burton, et même la Princesse Grace.

Célèbre dans le monde entier pour son charme discret et son glamour, cette institution a été rénovée en 2002 par le légendaire designer Jacques Garcia, avec piscine privée nichée sous les voutes. Il ne s'appelle plus le Bélier (Monsieur Barreau il vous faudra mettre vos fiches à jour) mais somptueusement l'Hotel pour la partie chambres, et pour ses tables le Restaurant, où officie le très talentueux chef Julien Montbabut.

Le héros, Jean-Luc Champollion, jeune galeriste de talent et Don Juan à ses heures, arpente le 6 ème arrondissement. Il va prendre son petit déjeuner chez Laduée Bonaparte. Manifestement il ne connaît que les endroits chics. Si j'avais l'honneur de le rencontrer (j'en doute puisqu'il joue à cache cache avec son lectorat ... Je suis amusée moi-même de cela hier soir à la Nuit du livre à l'Odéon qui rassemblait le gratin de l'édition et je me dis que j'y ai peut être rencontré cet homme) c'est au Café Bouillu, 9 rue de l'Ecole de Médecine, que je l'entraînerais.

Il faudra tout de même qu'il fasse auparavant amende honorable. Je le trouve gentiment misogyne : ce qu'il y a de fantastique avec les chiens, c'est qu'ils vous pardonnent toujours et ne se vexent jamais. Cela les distingue des chats, et de presque toutes les femmes. (P. 112) J'ose espérer que lui-même ne prendra pas la mouche ...

Il aime manifestement les jeux de faux-semblants et est passé maitre dans l'art de la dissimulation.  Il connait bien aussi l'âme humaine : les femmes sont très sensibles aux mots; les hommes, aux images. (P.163) Il est exact que l'homme aime regarder alors que la femme apprécie qu'on lui parle.

L'idylle qu'il nous raconte évoque un moment Edmond Rostand qui écrivit des lettres sublimes pour séduire Roxane par personne interposée. On élabore des réponses sur l'origine des courriels qui inonde la boite mails du galeriste presque au même moment que le personnage principal. On pense comme lui que sa correspondante mystérieuse est Soleil, une artiste tourmentée ou peut être après tout son meilleur ami qui lui aurait joué une farce. Il convoque aussi le mythe de la reine grenouille. On pense à une amoureuse transie (et probablement laide) ou à un amour de jeunesse ...

Le suspense est bien entretenu, c'est là le talent de l'auteur. L'amoureux est accroché à son ordinateur, qu'il désigne fort justement comme la machine à miracles. A ce pling annonciateur de bonnes (ou mauvaises) nouvelles, mais au moins à du neuf.

Il aura échangé plusieurs centaines de mails et construit des châteaux en Espagne ... jusqu'à ce que la citation en exergue de Christian Morgenstren s'accomplisse : on voit souvent quelque chose cent fois, mille fois, avant de le voir vraiment.

Tu me trouveras au bout du monde de Nicolas Barreau, traduction de Sabine Wyckaert-Fetick, chez Héloïse d'Ormesson, en librairie depuis le 5 février 2015.

dimanche 1 mars 2015

Incroyables gâteaux magiques de Véronique Cauvin chez Solar

A force d'en entendre parler partout j'ai voulu moi aussi jouer à la fée cuisinière en testant la recette que Véronique Cauvin décline dans son dernier livre, Incroyables gâteaux magiques, publié dans la collection  Les Délices de Solar.

Je me suis lancée dans une version sucrée, très classique, au chocolat, et dans une version salée, qui fut une création personnelle avec chorizo, fourme d'Ambert et thon.

Ce qui n'a pas été magique c'est que la carte mémoire de mon appareil photo est devenue illisible depuis et que, bien entendu, les gâteaux ont été consommés et ne sont plus rephotographiables.

Dommage ! Autant celui qui était au chocolat était banal, autant le second était appétissant, dans un moule silicone évoquant la corolle d'une marguerite, avec des coupes bien nettes, témoignant des 3 couches recherchées et bien distinctes : 1 flan délicat à la base du gâteau, 1 crème onctueuse au milieu et 1 génoise légère sur le dessus ... enfin exactement l'inverse après l'avoir démoulé.

Servi à peine tiède j'en salive encore. Donc je réitérerai ... sans doute avec d'autres ingrédients en complément car je fais rarement deux fois la même chose. Je vous promets alors de belles photos.

Ce qui ne changera pas, c'est la recette de base avec cinq ingrédients qui n'ont rien d'exceptionnel : beurre, sucre, farine, œufs et lait. Après avoir monté 4 jaunes d’œufs avec 140 g de sucre au batteur, on ajoute 130 g de beurre fondu à la spatule, 106 g de farine en deux fois, puis 50 cl de lait tiède (lui aussi en deux ou trois fois). 

On bat les 4 blancs en neige ni trop ni trop peu. On les incorpore à la spatule à la préparation et ... voilà le plus grand des secrets, on va battre le tout 5 secondes au fouet pour les casser mais pas davantage, attention !

La pâte est liquide, c'est normal. On enfourne pour 35 minutes à 160 °C. Véronique Cauvin précise que si on utilise la chaleur tournante on aura plus de génoise et un dessus craquelé. Ce sera loupé mais ça reste à tenter à mon avis en version chocolat.

C'est surtout cela qui est amusant : chacun va pouvoir peaufiner "sa" recette magique selon qu'il souhaite plus ou moins d'épaisseur à la couche intermédiaire. Personnellement je recherche la consistance d'une crème pâtissière.

Il parait que les premiers magic cakes sont apparus en Angleterre en 2013. On constate que deux ans plus tard le sujet n'est pas encore épuisé.

Le livre de Solar est complet en terme de suggestions et donne vraiment envie de se lancer. Avec des fruits frais, ou secs, des légumes, de simples arômes le choix est vaste. Mon prochain sera sans doute le "gâteau magique nippon" au thé vert que je vais tenter avec une farine de riz ou de sarrasin pour satisfaire les intolérants au gluten.

Après un préambule pédagogique autour du matériel indispensable, des conseils et tours de mains pour réussir immanquablement les gâteaux magiques, on trouve la recette de base expliquée en pas-à-pas (texte et photos) avec un "simple" gâteau magique à la vanille puis ce sont près de 30 recettes qui sont développées. On termine avec la recette de gâteau magique à la fraise de l'invité Benoît Castel, un chef que j'avais rencontré au Salon du chocolat.

En fin d'ouvrage on trouvera les tuteurs de la cuisine (tableau des associations de saveurs, équivalences de mesure, équivalences de température) pour une cuisine improvisée.

Alors, comme dirait Véronique, Abracadabra, et la magie opèrera !

Incroyables gâteaux magiques de Véronique Cauvin chez Solar, 2014

vendredi 27 février 2015

Les tremblements essentiels de Viktor Lazlo chez Albin Michel

Chanteuse, comédienne, Viktor Lazlo est aussi romancière. La Femme qui pleure, son premier roman publié en 2010, a reçu le Prix Charles Brisset. En 2012, elle a publié également aux éditions Albin Michel My name is Billie Holiday. Elle interpréta les chansons de cette chanteuse sur la scène du Théâtre Rive Gauche la même année, dans un show troublant que j'avais beaucoup apprécié.

Elle publie aujourd'hui un nouveau roman que j'ai pu découvrir avant sa sortie en librairie. L'histoire d'une femme qui n'est pas elle mais qui l'évoque à de multiples reprises et où elle confirme son talent pour l'écriture.
Qui était vraiment Alma Sol, cette beauté caraïbe devenue une star de la chanson ? Pourquoi a-t-elle disparu du jour au lendemain ?Sensuelle et mystérieuse, dangereuse et vulnérable, elle exerçait une étrange fascination sur les hommes comme sur les femmes. Aurèle, Diane et Damien, qui prétendent l'avoir aimée, ne peuvent se résoudre à l'oublier.
Voyage intérieur, quête d'identité, le roman de Viktor Lazlo retrace avec infiniment de sensibilité le destin d'une femme écartelée entre deux cultures, meurtrie par l'éclat de la célébrité et les ombres du passé, mue par un irrépressible désir de vivre et d'aimer.
Alma avait dit à Aurèle qu'ils étaient faits pour terminer leur vie ensemble. Ils s'étaient pourtant ratés une première, puis une deuxième fois. Se retrouveront-ils un jour ?

A partir de cette mince trame Viktor Lazlo réussit brillamment un roman choral sous forme d'enquête.

Le titre assez énigmatique fait référence, on le comprend à la fin du livre, à une pathologie (p. 231) qui fait souffrir Alma Sol. À la différence du tremblement parkinsonien, qui se manifeste au repos, le tremblement essentiel atteint les muscles qui se contractent pour maintenir une position ou permettre un mouvement. Il touche d'abord les mains, les bras, parfois le cou et la voix, plus rarement les membres inférieurs, et tend à augmenter lors de gestes précis (écrire, se maquiller, s'habiller...), jusqu'à constituer un véritable handicap.

Il touche une personne sur 200, soit plus de 300 000 personnes en France et il n'existe encore aucun traitement permettant de guérir ou stopper son évolution.

Le roman est traversé de références culturelles : les poèmes d'Emily Dickinson ... des sculptures de Giacometti, et le célèbre tableau de Francis Bacon qui est qualifié de chef d’œuvre absolu, Study of Nude with Figure in a Mirror (p. 142).

Cette toile représente, en fin de compte, la vision métaphorique du lecteur tentant de décrypter la complexité des personnages, à commencer par Alma Sol, alias Luz Gandolfo dont on se demande ce qu'elle a de commun avec Viktor Lazlo.

Les tremblements essentiels de Viktor Lazlo chez Albin Michel, en librairie le 28 janvier 2015

jeudi 26 février 2015

Mon far quercynois

Autrefois servi en Bretagne pour les grands évènements chaque famille avait sa recette de far. Étant dans le Quercy Blanc, du coté de Castelnau-Montratier et pouvant bénéficier d'une part des excellents pruneaux d'Agen de la famille Cabos et d'autre part d'une farine de blé noir fabriquée à la meule dans le moulin de Brousse j'ai décidé de me lancer dans la recette qu'Eric Jubin donne p. 128 de son livre de recettes, véritable ode au blé noir.

Ce pâtissier chocolatier qui fut l'adjoint de Pierre Hermé chez Fauchon, s'est installé dans son terroir où il a ouvert la Chocolaterie de Pont-Aven, juste en face des caves de La part des anges où je vous ai emmenés il y a quelques semaines.

L'odeur du blé noir torréfié est ancrée dans sa mémoire, et il a eu à cœur de sortir des sentiers battus en remettant à l'honneur le blé noir en cuisine.
J'ai suivi son conseil consistant à délayer d'abord la bonne proportion de farine (100 grammes) avec un sachet de levure chimique et 70 cl de lait tiède puis à laisser refroidir. Cette méthode assurera l'homogénéité de la pâte, sinon la farine de blé noir risque de se déposer au fond du plat de cuisson.
Dans un saladier j'ai mélangé 4 œufs entiers, très jaunes, récoltés sous les poules il y a quelques jours, avec 125 grammes de sucre semoule, et un sachet de sucre vanillé. Plus tard j'ai ajouté le mélange farine-lait et 150 grammes de beurre fondu demi-sel puis deux cuillerées à soupe de rhum.

J'ai versé dans un moule à bord haut beurré, placé une douzaine de très beaux pruneaux dénoyautés et enfourné pour une quarantaine de minutes à 165°.
Ce dessert que je voulais quercynois a failli être calciné. Le blé noir a tendance à donner une couleur foncée à un plat mais cette fois le dessus du gâteau était étonnamment noir. Et pour cause, n'ayant pas l'habitude du four, je l'avais laissé en position grill. Si bien qu'il a "cuit" dans cette position durant les vingt premières minutes.

Le tir a été rectifié in extremis et sans être à Cambrai nous avons peut-être trouvé quelque chose de nouveau car le résultat était tout à fait à notre goût, même s'il tenait presque davantage du gâteau magique que du far.
Si vous n'avez pas de pruneaux, vous pouvez suivre une autre suggestion d'Eric consistant à employer des pommes et à remplacer une partie du lait par du cidre ou du jus de pomme.

Ce livre comporte 60 recettes très variées qui permettraient de composer tut un repas, depuis la soupe (p.70), en passant par des tourtes, jusqu'aux desserts tels que cake, pain d'épices, tartes et galettes fines qui sont de précieuses recettes pour les gourmands et les intolérants au gluten.

Et puis on y trouve les meilleurs accords mets-vins puisque c'est Sophie, sa voisine qui les donne.

Vive le blé noir ! , Les recettes gourmandes au sarrasin d'Eric Jubin, préface de Pierre Hermé, publié chez Trop Mad, octobre 2013

mercredi 25 février 2015

Au plaisir d'aimer de Janine Boissard chez Flammarion

Le dernier roman de Janine Boissard sort aujourd’hui en librairie. L'éditeur promet du rire, de l'humour, de l'insolence, du plaisir de vivre et d'aimer, dans un ton joyeusement libertin.

Mais l'auteur ne fait pas un virage à 180°. il est toujours autant question de famille, de secret et d'entraide au fil de sa plume. L'écriture énumérative met en scène une cohorte de personnages très typés. Son écriture demeure érudite, et c'est ce qui plait à juste titre à son lectorat. On apprend ainsi que le poète Ovide a écrit l'Art d'aimer quarante-trois ans avant Jésus-Christ (p.271).

L'optimisme de Janine transparait et cela fait du bien. Elle croit aux dieux, à la chance, à la bonne étoile et nous fait partager sa joie de vivre.

A l'instar du livre précédent, la peinture demeure au cœur du sujet :
Aymar de Fortjoie, 76 ans, veuf, propriétaire d'un château aux portes de Poitiers, vient de mourir, laissant à ses filles un vrai casse-tête. Pourront-elles exaucer le vœu de leur père en conservant le château et, surtout, en continuant d'y abriter de jeunes peintres désargentés ?
Un compte en banque vide, de lourds droits de succession, un château délabré, l'affaire est mal partie. Et malgré les efforts des filles, la caisse de l'association fondée par Aymar reste désespérément vide.
Jusqu'à l'idée de génie ! Proposer aux belles et riches dames de Poitiers de poser pour les peintres, leur commander, à bon prix, leur portrait. Et ça marche ! Les inscriptions affluent, plus de problèmes de trésorerie.
Mais ce qui devait arriver arrive : dans le secret des ateliers, de brûlantes idylles se nouent. Le scandale éclate. La fermeture du château pour atteinte aux bonnes mœurs est demandée.
Cette fois, est-ce la fin ?
C'est sans compter sur des dames prêtes à tout pour défendre leurs artistes.
Au plaisir d'aimer de Janine Boissard chez Flammarion, en librairie le 25 février 2015

mardi 24 février 2015

Le marché aux truffes de Lalbenque (46)

Il a lieu tous les mardis après-midi à 14 heures 30 pétantes, de décembre à mars. On y vient de très loin et la foule se presse sur la place principale qui est noire de monde dès 14 heures. Les connaisseurs savent qu'ils auront quelques secondes pour remporter le contenu du panier qu'ils auront repéré bien avant. Il ne s'agit pas de louper l'affaire.

Lalbenque est le seul marché où la truffe se négocie. Et la fourchette est large. Aujourd'hui ce sera entre 350 et 700 euros, selon la qualité et le bon vouloir des deux parties. Il y a trois semaines on était presque en surproduction et on pouvait l'acheter à 250 euros. Mais les cours se sont envolés depuis.
 
Même avec une bonne oreille on n'entend rien car tout se décide avant le début des opérations, l'acheteur glissant un petit papier au vendeur sur lequel il a écrit la somme qu'il compte mettre. Ce sera le plus offrant qui emportera le contenu du panier (encore que le vendeur peut céder son panier à qui bon lui semble). Car si on discute le prix on ne marchande pas la quantité. C'est tout ou rien. Les poids dépassent rarement le kilo mais c'est tout de même un marché de gros.

Celui qui ne veut qu'une truffe devra l'acheter sur le marché au détail, devant le bar. Il ne pourra pas négocier le tarif et l’obtiendra à 1000 euros le kilo, disons 100 euros les 100 grammes, ce qui est le poids moyen d'un sachet.

J'étais postée derrière la corde, face aux producteurs, alignés en rang d'oignons avec leurs jolis paniers, mettant en valeur leur récolte sur des torchons blancs et rouges.

L'article est long, avec beaucoup de photos. Alors pour le lire en entier il faudra cliquer sur "plus d'infos". Vous pourrez regarder l'ensemble des clichés en les faisant défiler en diaporama après avoir ouvert la première photographie.

lundi 23 février 2015

Retrouver le petit frère de Gisèle Bienne à l'Ecole des loisirs

Gisèle Bienne publie des romans pour adultes et des livres qui s'adressent à un public plus jeune. Elle s'en explique en ces termes : "Il s’agit de la même écriture, même si, lorsque j’écris pour les adolescents, je fais moins de commentaires et je laisse parler les situations. Je pense que les jeunes peuvent tout lire."

C'est le cas de Retrouver le petit frère, recommandé pour les adolescents de 12 à 16 ans, même s'il m'a procuré un vrai plaisir de lecture, en me rappelant l'Année brouillard de Michelle Richmond que j'avais tant aimé, et qui concerne le même sujet.

La disparition d'un enfant est une des pires choses qui puisse arriver à des parents.
Comme elles en ont l’habitude, Emma et sa sœur Sophie vont promener leur petit frère le long de la route, vers l’étang et la forêt. « On va voir les canards, lui disent-elles, on revient dans cinq minutes. » Mais à leur retour, elles ne trouvent qu’une poussette vide. Et une seule chaussure de leur frère. Où est-il passé ? Que s’est-il passé ? Les questions se bousculent dans la tête d’Emma. Mais les recherches, les appels à témoins, les invocations ne donnent rien. Les certitudes d’Emma se fissurent et le doute s’insinue en chacun : ses amies, ses parents, sa sœur. Comment se construire alors et traverser les jours, les mois, les années, au-delà de cette disparition ? Contre l’oubli, contre le silence et contre les soupçons, Emma fait tout pour préserver le dialogue avec celui qui n’est plus là, animée par l’espoir, fou peut-être, de le retrouver.
Toute la famille a été secouée par la disparition d'Odilon, Emma plus que les autres. Parce que c'est l'ainée. Parce qu'elle assume la responsabilité de ce qui s'apparente à un abandon, et qui n'aurait été qu'une étourderie si l'enfant avait été retrouvé sain et sauf.

Sa sœur, Sophie sait "qu'on n'a rien fait de mal mais on n'aurait pas dû ..." (p. 33). En qualité de "seuls témoins" les deux gamines, qui sont avant tout deux enfants, vont être harcelées de questions par leurs parents (c'est compréhensif), par les policiers, et mêmes leurs camarades d'école qui vont bientôt cesser d'être leurs amies. Elles attisent la curiosité.

Chacun pense (espère ?) à un kidnapping. Alors Odilon serait vivant. Mais le mystère reste entier et la chaussure rouge ne livre pas son secret. La situation nous est racontée du point de vue d'Emma : les mots sont comme des obstacles qui surgissent au milieu de ma route, ils pourraient me faire tomber. (p. 42)

Les mois, les années passent. Sophie semble avoir surmonté. Emma traverse plusieurs phases, la colère, le repli sur soi. Elle oublie beaucoup de choses (p. 83) mais ne se résout pas à faire son deuil, comme on dit.

Elle réussit malgré tout à expulser ses émotions au travers des paroles de chansons qu'elle écrit en s'adressant à son frère par la pensée. Le temps passe. Emma devient bachelière. Elle va passer les vacances à Menton chez l'oncle Fabian qui lui a trouvé un job de vacances.

Rêver à l'impossible rendra-t-il l'impossible possible ?

Gisèle Bienne est née en 1946 à Chavanges dans l'Aube. Elle vit à Reims, où elle anime des ateliers d’écriture après avoir été professeur de lettres et peintre. Elle a déjà publié des romans et essais pour les adultes notamment Paysages de l’insomnie, Marie-Salope, La Ferme de Navarin, Katherine Mansfield dans la lumière du Sud, L’Étrange Solitude de Manfred Richter et de nombreux romans pour la jeunesse comme La vie cachée des poupées que j'avais chroniqué sur le blog.

Retrouver le petit frère de Gisèle Bienne à l’École des loisirs, 2015

dimanche 22 février 2015

Déjeuner à la Ferme-Auberge du Coutié

Je suis allée déjeuner ce midi dans une ferme-auberge, au Coutié, dans la région du Quercy Blanc tout près de Molières (82).  La tradition de la ferme-auberge remonte au moins au IXème siècle et elle est probablement née dans les Vosges. Elle est liée à la nécessité de monter les troupeaux depuis les vallées jusqu'aux fermes d’estives posées sur les hautes chaumes des crêtes pour y trouver des pâtures aux herbes parfumées… et surtout pour libérer les prés de fauche situés en plaine.

C'est "sur les hauts", selon l'expression consacrée, que les marcaires (celui qui trait les vaches en pâtois alsacien) faisaient les fromages. Par extension, la marcairie devint l’endroit où l’on fabriquait les fromages. Ces endroits étaient difficilement accessibles par d’étroits chemins muletiers. Alors les marcaires prirent l’habitude de servir à leurs clients des boissons et autres produits de la ferme (fromage, lard, etc.).

Le développement du tourisme rural et de la randonnée a remis au goût du jour la tradition hospitalière des montagnes. Et si la formule de la ferme-auberge était au départ une façon de rompre l’isolement, elle est devenue au fil du temps un moyen de rapprochement entre le monde urbain et le monde rural tout en constituant un complément de revenus. Elle s'est progressivement étendue à toute la France rurale tout au long du XX° siècle.

La famille Lafargue a commencé en 1989. Il a fallu agrandir la maison en lui adjoignant cette salle, après avoir sacrifié un tilleul et le jardin potager (qui sera déplacé plus loin). Depuis, l'endroit résonne régulièrement des coups de fourchette des hôtes qui viennent individuellement, en bandes et même en cars.

Cinq menus sont proposés, du plus simple (compter 21 euros) autour d'un flan, d'un poulet-cocotte et d'un dessert maison, jusqu'au plus gastronomique avec foie gras, poule en galantine, confit d'oie ou de canard et croustade du Quercy (compter 36 euros).

Quel que soit votre appétit, vous aurez aussi la soupe, les fromages, le vin et le café.

Et bien entendu, l'apéritif maison qui est servi sans discussion. Bien malin celui qui réussira à soutirer la recette à Josette Lafargue. Elle consentira à la rigueur à vous dire que oui il y a de la cerise dans ce vin un peu liquoreux, que oui il y a du cassis, que non il n'y a pas de prune, ni de pêche ...
La soupe du jour n'est jamais la même. Aujourd’hui c'est potiron carottes et on en reprendra plusieurs louches.
Le soleil est de la partie. La baie vitrée donne sur les collines voisines. Un couple de tourterelles roucoule dans le néflier. Le battement de l'horloge rythme les secondes. Nous attendons patiemment la suite du programme. Elle revient avec un beau morceau de foie gras de canard, maison comme il se doit, servi sur une belle tranche de pain croustillante, avant de retourner en cuisine.
La voici, triomphante, avec sa grande spécialité, la tourte au confit de canard, accompagnée d'une salade verte. Il est probable que chaque famille a sa façon de procéder, avec plus ou moins de pommes de terre, plus ou moins de crème et d’œufs.
On atteint là un sommet en terme de mélange de saveurs. Le canard effiloché a donné un goût savoureux aux pommes de terre. On devine qu'une herbe a parfumé l'ensemble. La croute feuilletée craque sous la dent.
On ne se force pas pour terminer le plat même si on a conscience que c'est péché. La lecture du Livre d'or de la maison nous dispensera de faire pénitence. Les témoignages de curés et religieuses ayant succombé aux agapes sont multiples. Tous célèbrent Josette, jusqu'à l'Evêque. Sans compter les Guides du Routard ou du Petit Futé.
On vient de toute la région au Coutié. Depuis vingt-sept ans que la famille Lafargue a nourri des cohortes de visiteurs, ceux-ci ont pris le pli. ils reviennent avec leurs enfants, leurs petits-enfants ... Il faut bien initier la jeunesse au bon manger.
Le croquant de la batavia nous dédouane de notre gourmandise à nettoyer nos assiettes et assure une petite place pour le plateau des fromages. Il est servi généreusement autour du Rocamadour local, d'une tomme fermière, d'un fromage de vache et bien sûr d'un Roquefort.
Le dessert maison change tous les jours obéissant à l'humeur de la patronne. Difficile de ne pas lui demander la croustade aux pommes qu'elle  propose avec une crème anglaise. Dans d'autres régions on dira Pastis ou Tourtière, mais ce sera toujours un gâteau rond et feuilleté imbibé d’alcool (eau-de-vie, rhum ou Armagnac), savant empilage de fines portions de pâte étirée, beurrée et sucrée, avec entre les couches, des tranches de pomme elles aussi aromatisées. Les fruits ont été récoltés localement.

Cette pâtisserie, qui remonte au XVII° siècle, serait d'origine mauresque, en raison de la ressemblance de la pâte avec les feuilles de brick. au XVIIème siècle. Sa réalisation n'est pas à la portée de la première cuisinière venue. Elle a fait l'objet d'une épreuve du concours du Meilleur Pâtissier, sur la chaine de télévision M6.

On arrive de très loin aussi pour se régaler ici. Du Danemark, de Russie, d'Australie, des USA et d'Allemagne. Toutes les professions s'accordent à vanter les louanges de la maison. Les ecclésiastiques comme je l'ai mentionné plus haut, mais aussi un escadron entier de Gendarmerie ont signé le Livre d'or. Les voisins sont aussi bien accueillis que les touristes venant des terres lointaines. C'est authentique et c'est l'essentiel.

Ferme-Auberge de Coutié
Espanel, 82220 Molières, 05 63 67 73 51

samedi 21 février 2015

Petits meurtres à l'étouffée de Noël Balen et Vanessa Barrot chez Fayard


Petits meurtres à l'étoufféeJ'ai reçu ce livre d'une de mes amies qui apprécie autant les billets culinaires que les articles culturels. Cette chronique devrait donc satisfaire toutes les audiences. Les éditions Fayard ont intitulé la série "Collection Crimes Gourmands", en confiant à Noël Balen et Vanessa Barrot le soin de créer des romans qui se passent de près ou de loin en cuisine.

Je viens de terminer Petits meurtres à l'étouffée qui m'a replongée dans l'univers des bouillons lyonnais.
Laure Grenadier, rédactrice en chef du magazine Plaisirs de table, part en reportage avec son photographe Paco Alvarez pour dresser l'inventaire des bouchons lyonnais. Au cœur de la capitale des Gaules, tous deux envisagent de rendre hommage aux acteurs de l'excellence gastronomique : chefs illustres, adresses confidentielles, producteurs locaux...
Tout bascule lorsque le propriétaire d'un restaurant typique de la célèbre rue Saint-Jean est retrouvé assassiné au petit matin. La ville est en émoi et un vent de panique souffle sur les collines de Fourvière et de la Croix-Rousse quand, le lendemain, le tenancier d'un bouchon historique de la rue Mercière est à son tour tué selon le même procédé.
Laure Grenadier connaissait ces personnages et cherche à comprendre  ce qui se cache derrière ces meurtres en série. Crimes crapuleux, jalousies corporatistes, vengeances sentimentales ? Elle tente de lever le voile qui masque un milieu peu enclin à se livrer.
Un polar gourmand, quelle bonne idée ! Qui se déroule à Lyon, capitale du bien manger. Pour une fois la gourmande que je suis a pu se régaler de mots et d'imagination sans prendre un gramme, ce qui ma foi commençait à s'imposer un peu parce que je me trouve dans une de ces régions où il vaut mieux ne pas venir en vacances si on compte faire diète.

Je suis tentée tous les jours par des foies ... gras, tourtes, et autres spécialités locales. Il y aurait bien la truffe qui ne soit pas calorique mais pécuniairement parlant on ne peut pas s'en nourrir quotidiennement. Je vous emmènerai dans quelques jours au marché à la truffe de Lalbenque.
Il faudra aujourd'hui vous contenter d'une tortilla de pommes de terre, avec les bons œufs bien jaunes de Jacqueline et Fernand. Nous nous en sommes régalés dans cette belle campagne quercynoise en songeant aux soupirs des enfants qui suppliaient leurs parents autrefois de leur faire cuire des pommes de terre parce qu'ils n'en pouvaient plus de manger des truffes. Ils ne connaissaient pas leur bonheur ...
Revenons au roman qui est un plaidoyer du bien et du bon manger. On se promène en salivant à travers les petites rues de Saint-Jean et les traboules, sur les pentes de Fourvière, dans le quartier de la Croix Rousse, sur les quais de Saône ou la place Bellecour … où les auteurs m'ont donné envie de revenir, leur livre à la main pour gouter quelques-unes (quelques-unes seulement car je n'ai pas l'estomac de cette Laure Grenadier).

En plus d'être sans aucun doute très rigoureux sur le plan culinaire, ce roman est un bon polar. Je n'ai pas résolu l'intrigue avant la fin. Et c'est aussi sans conteste culturel car il nous dit beaucoup de choses sur les traditions lyonnaises de la gastronomie, la naissance des bouchons, les "mères", ces femmes qui ont créé les premiers restaurants réputés,sans lesquelles un immense chef comme Paul Bocuse ne serait jamais devenu ce qu'il est.

Il est probable que ce roman sera le premier d'une série sur ma table de cuisine.

Petits meurtres à l'étouffée de Noël Balen et Vanessa Barrot, collection Crimes Gourmands, chez Fayard, 2014

vendredi 20 février 2015

Le Caveau du Palais, restaurant place Dauphine

Dommage que Jacques Dutronc lui ait trouvé mauvaise mine, la Place Dauphine est un de ces endroits calmes qui, l'été, retentissent du cliquetis des boules de pétanque, laissant croire un instant que nous sommes loin de Paris, peut-être à Saint-Paul -de-Vence où se sont connus Simone Signoret et Yves Montand.

Quand ils se trouvaient à Paris, les deux artistes habitaient au numéro 15, dans une ancienne librairie minuscule transformée en duplex, avec salon au rez-de-chaussée et chambres à l'étage, qu'ils avaient baptisée la Roulotte. Ils venaient régulièrement dîner au Caveau du Palais.

Des photos sous-verre évoquent le couple mythique. Ce soir nous occupons leur table favorite, et nous comprenons pourquoi Simone Signoret a pu qualifier la place Dauphine dans son livre "Adieu Volodia”  (1985) de "plus paisible des placettes provinciales" en rappelant que Jean de la Fontaine y vécut. Pourquoi aussi elle a signé quelques jours avant sa mort, en 1985 une pétition destinée à empêcher le lancement de travaux dits "rénovateurs" et qui auraient défiguré l'endroit.
Aux beaux jours il sera agréable d'y dîner en terrasse. Pour l'heure, on apprécie la chaleur de ce bord de fenêtre d'où l'on devine la masse sombre du Palais de Justice juste derrière le fameux 36 Quai des Orfèvres.

Le restaurant a été récemment rénové tout en conservant le style qui a fait son charme : banquettes de moleskine, bar ancien en zinc, sol de tomettes. Il a rouvert le 5 janvier dernier et ce ne sont pas moins de quatre espaces d'ambiance différentes qui s'offrent à la clientèle. Bien entendu beaucoup de magistrats au déjeuner, en particulier les mercredis et jeudis pour fêter une prestation de serment, davantage de touristes et de parisiens le soir.

Ce seront champagne et purée de pêches blanches, pour démarrer la soire avec cette boisson emblématique de la ville de Venise, en Italie, où le Bellini a été inventé.
 
Le Caveau du Palais propose une cuisine gastronomique. Parmi les entrées le Foie gras poêlé, pain d'épices et crème de châtaignes est une réussite en terme d'équilibre. Le Croustillant de queue de langoustines au jambon de pays allie tradition et exotisme.
Il est servi avec un bouillon de gingembre qui est versé au dernier moment.
On pourrait opter pour plus rafraichissant avec le Carpaccio de Saint-Jacques et betteraves marinées au citron vert et coriandre que Stephano finalise en cuisine en ajoutant un dôme de roquette.
Le Gravlax de saumon aux épices, pomme de terre tièdes s'inscrit davantage dans le registre de la bistronomie.
 
Coté plat on hésitera entre la simplicité d'un Turbot rôti à la fleur de sel et sa purée de patates douces,
et la saveur de Noix de Saint-Jacques poêlées, juste posées sur une fondue de poireaux, crème de coques au basilic.
On pourra se laisser tenter par le somptueux Moelleux de homard et pommes rates cuit aux fines herbes, crème de crustacés, une très belle réussite d'Eneko que l'on peut venir féliciter puisque la cuisine est ouverte sur la seconde salle.
 
Accompagné d'un Chablis Vieilles Vignes, domaine des Genièvres 2013, c'est un pur délice qui m'a réconciliée avec ce cru qui m'avait déçue il y a quelque temps.
Si vous préférez la viande, vous avez le choix entre une Côte de bœuf  qui satisfera l'appétit de 3 personnes (puisqu'elle pèse un kilo), joliment servie avec des champignons et des pommes au couteau et leur sauce béarnaise.
Un estomac plus modeste sera rassasié avec l'entrecôte.
 
Ou un Baron d'agneau cuit en deux façons, poêlée de champignons et artichauts poivrade, caviar d’aubergines. Le gigot est cuit en croute et la selle a grillé sur la plancha.
Arrive le moment des desserts.Les indécis opteront pour la formule Café gourmand, une assiette réunissant le dessert du jour (aujourd'hui une mousse au chocolat blanc et sa brunoise d'agrumes), un sablé au citron, une profiterole sauce au chocolat maison et un sorbet.
J'ai gouté aussi une crème brûlée Vanille Bourbon, une petite portion d'un millefeuille aux poires caramélisées et une tarte à la pistache. Que de bonnes choses ...
Il faut ajouter que le service en salle est effectué avec rigueur et tact par Jacky, François et Emma. L'adresse est à recommander.
Le Caveau du Palais, 17 Place Dauphine, 75001 Paris, 01 43 26 04 28
Juste à coté le Bar du Caveau est ouvert du lundi au vendredi jusqu'à 19 heures

Messages les plus consultés