jeudi 4 juin 2020

La salade César de Cyril Lignac

Hier Cyril Lignac présentait un grand classique de la cuisine internationale, la Salade César. C'est une entrée un peu copieuse qui peut largement être proposée comme un plat.

Il en existe de multiples versions mais il faut savoir que plusieurs ingrédients sont incontournables : les filets de poulet, la romaine, l'ail, les croutons, et la sauce Worcestershire ... et les anchois qui lui donnent ce goût si particulier.

Ce n'est pas parce qu'on la prépare avec de la salade romaine qu'elle a pris le nom d'un empereur romain. C'est un certain Cesare Cardini, un italien installé au Mexique puis revenu aux Etats-Unis qui a établi la recette en 1924 pour satisfaire l’appétit de clients de dernières minutes en combinant ce qu'il avait sous la main.

Il lui donna le nom de Salade Caesar, en déformant son prénom pour lui conférer davantage d'exotisme. Curieusement c'est à partir des années 1990 que la recette est devenue populaire.

Dans un mixeur, déposez un œuf dur avec le jaune d’œuf, la pâte d’anchois, la gousse d’ail et le parmesan râpé, commencez à mixer. Versez le vinaigre et le jus de citron. Raclez les bords. Versez en filet l’huile et ensuite la crème liquide puis raclez de nouveau les bords, assaisonnez de sauce Worcestershire et de tabasco, salez. Gardez cette sauce de côté.

Hachez les 4 œufs durs restants. Dans un saladier, mélangez les dés de poulet avec les croûtons et les œufs durs hachés, ajoutez de la sauce César. Assaisonnez de sel et poivre. Gardez de côté.

Coupez la romaine en 2 dans la longueur, creusez légèrement le cœur, assaisonnez-la d’huile d’olive et de jus de citron jaune, fleur de sel et poivre du moulin, ajoutez quelques cuillerées de sauce César puis, au creux du cœur de la romaine, le mélange de poulet. Râpez du parmesan et du citron jaune. Déposez dans les assiettes. Servez.

mercredi 3 juin 2020

La femme révélée de Gaëlle Nohant chez Grasset

J'avais très envie de lire La femme révélée, non seulement parce que j'apprécie Gaëlle Nohant, qui nous avait offert la magnifique Légende d'un dormeur éveillé, mais aussi en raison du thème principal de son nouveau roman. La disparition est en effet un sujet que je porte depuis 1997.

J'ai dévoré ce livre en faisant preuve d'une certaine addiction. l'histoire est très bien construite, écrite au cordeau, documentée sans failles (je n'ai pas vérifié mais ça se sent). C'est du Gaëlle Nohant ! Et je  comprends tout à fait le succès de ce roman.
Paris, 1950. Eliza Donneley se cache sous un nom d’emprunt dans un hôtel miteux. Elle a abandonné brusquement une vie dorée à Chicago, un mari fortuné et un enfant chéri, emportant quelques affaires, son Rolleiflex et la photo de son petit garçon. Pourquoi la jeune femme s’est-elle enfuie au risque de tout perdre  ?

Vite dépouillée de toutes ressources, désorientée, seule dans une ville inconnue, Eliza devenue Violet doit se réinventer. Au fil des rencontres, elle trouve un job de garde d’enfants et part à la découverte d’un Paris où la grisaille de l’après-guerre s’éclaire d’un désir de vie retrouvé, au son des clubs de jazz de Saint-Germain-des-Prés. A travers l’objectif de son appareil photo, Violet apprivoise la ville, saisit l’humanité des humbles et des invisibles.

Dans cette vie précaire et encombrée de secrets, elle se découvre des forces et une liberté nouvelle, tisse des amitiés profondes et se laisse traverser par le souffle d’une passion amoureuse.
Mais comment vivre traquée, déchirée par le manque de son fils et la douleur de l’exil ? Comment apaiser les terreurs qui l’ont poussée à fuir son pays et les siens ?  Et comment, surtout, se pardonner d’être partie  ?
Vingt ans plus tard, au printemps 1968, Violet peut enfin revenir à Chicago. Elle retrouve une ville chauffée à blanc par le mouvement des droits civiques, l’opposition à la guerre du Vietnam et l’assassinat de Martin Luther King. Partie à la recherche de son fils, elle est entraînée au plus près des émeutes qui font rage au cœur de la cité. Une fois encore, Violet prend tous les risques et suit avec détermination son destin, quels que soient les sacrifices.
Au fil du chemin, elle aura gagné sa liberté, le droit de vivre en artiste et en accord avec ses convictions. Et, peut-être, la possibilité d’apaiser les blessures du passé. Aucun lecteur ne pourra oublier Violet-Eliza, héroïne en route vers la modernité, vibrant à chaque page d’une troublante intensité, habitée par la grâce d’une écriture ample et sensible.
On pense évidemment à Une femme en contre-jourGaëlle Josse racontait la vie si tragique de la photographe Vivian Maier. Elles ont en commun d'être tiraillées entre les Etats-Unis et la France, de garder des enfants pour gagner de quoi vivre et d'avoir photographié Chicago à la même époque, toutes deux avec un Rolleiflex.

La différence majeure est d'avoir écrit une totale oeuvre de fiction, tout en s'appuyant sur une réalité historique véridique. A ce titre on pourrait presque ranger La femme révélée parmi les romans historiques. et féministes, cela va de soi.

mardi 2 juin 2020

Les petits palmiers de Cyril Lignac

Inutile de préparer des pesées pour faire ces petits palmiers à la mode de Cyril Lignac.

Prévoyez une pâte à tarte pour une vingtaine de pièces. Du sucre en poudre (le cuisinier préconise 50 grammes mais je suis certaine d'en avoir utilisé moins), et un soupçon de cannelle ... sauf si vos convives n'aiment pas.

Je trouve dommage peut-être de prendre de la pâte feuilletée ronde, car tous les palmiers ne seront pas de taille identique (cf photo de l'avant-dernière étape du pliage). Disons alors qu'il y en aura pour tous les appétits.

Voilà en tout cas de quoi optimiser un dessert qui aurait été trop simple avec quelques fraises du jardin et une boule de glace. Ce sera tout aussi bien pour agrémenter un thé ou un café.

lundi 1 juin 2020

Une fille de passage de Cécile Balavoine

Je crois que je ne vais pas pouvoir écrire une critique comme je le fais habituellement.

Scruter le texte d'Une fille de passage me semblerait indécent. Je sais bien qu'il s'agit d'autofiction, donc librement consentie si je puis le faire remarquer, puisque Cécile Balavoine a publié sans la moindre contrainte, et des années après la période concernée.

En écrivant un livre, elle autorise qu'on la regarde, le cas échéant que l'on juge, peut-être pas qu'on la juge, mais qu'on commente les faits. Et c'est précisément là que je suis comme interdite. Stupéfaite par ce courage, et par son honnêteté à dire. Le terme de "roman" figure sur la couverture mais je sais, je le répète, qu'il s'agit d'une autofiction, et que donc tout n'est sans doute pas rigoureusement exact, mais là n'est pas la question.

Il y a une telle puissance dans les lignes qui se déploient que je ne peux que songer à plusieurs écrivains, comme Joyce Carol Oates, et tant d'autres femmes, qui ont su s'affranchir de la pudeur qu'il faut abandonner pour se livrer. Se livrer, voilà bien tout ce que je peux oser pointer.

Je pressentais, rien qu'en tenant l'objet entre mes mains, cette application de l'auteure à coucher toutes les émotions, et surtout aussi les questions qui n'ont cessé de la secouer pendant tout ce temps qu'a duré sa relation avec Doudou.
Nous remontons avec elle en arrière, en septembre 1997, à New-York. La jeune Cécile est étudiante. L’un de ses professeurs est un écrivain célèbre : Serge Doubrovsky, pape de l’autofiction. Entre elle et lui s’installe une relation très forte. Les années passant, la jeune femme et l’écrivain se voient, à Paris ou à New York, ils dînent ensemble, apprennent à se connaître toujours plus intimement, échangent sur la littérature et sur la vie. Bientôt, ils n’ont plus de secret l’un pour l’autre, une confiance absolue les lie. Pygmalion ou père de substitution, Doubrovsky n’est pour Cécile ni l’un ni l’autre. Du moins se plaît-elle à le croire et à le lui faire croire.
Arrive le cap de l'an 2000 auquel la (encore) jeune Cécile attribue une valeur symbolique. Passage obligatoire pour tout un chacun, inéluctable, à l'instar de la mort, dont l'écrivain éprouve une frayeur obsessionnelle.

Il n'est pas nécessaire d'être "grand critique" pour prédire que, malgré une sortie au pire moment de 2020, Une fille de passage deviendra un de ces ouvrages dont on recommandera la lecture, non seulement aux étudiants en littérature, mais à toutes les femmes. Et je crois que l'on peut dire qu'une grande auteure est là, près de nous, et dans la force de l'âge.

samedi 30 mai 2020

La salade de boeuf mariné de Cyril Lignac

Dans son émission Tous en cuisine, Cyril Lignac a proposé une salade de boeuf mariné qui est toute simple et savoureuse.

Outre la qualité des ingrédients de la marinade son intérêt provient du fait que la viande est mise à mariner sans être tranchée au préalable, que le morceau est ultérieurement cuit entier et qu'il n'est portion que par la suite.

De ce fait la viande conserve son jus et les parfums d e la marinade s'en trouvent valorisés.

Le chef préconise un onglet de boeuf mais on peut parier sur un résultat satisfaisant avec d'autres morceaux, de veau ou de poulet ...

La liste des ingrédients figure à la fin de l'article.

On commence par préparer cette marinade en mélangeant ail écrasé, moutarde, huile d'olive, jus de citron vert et piment d'Espelette. On y dépose ensuite la pièce de viande et on réserve au frais au moins 20 minutes.

On peut alors se concentrer sur la salade qui accompagnera la viande. La vinaigrette est composée d'huile d'olive et du jus d'un citron vert qui assaisonnera les feuilles de mâche, les radis, les tomates cerises et le maïs. On peut, comme on le souhaite, laisser les radis entiers ou les couper en rondelles. Le principe de base est de constituer une salade multicolore.

Peu avant l'heure de passer à table on fera griller la viande à la poêle en aller-retour et on la mettra de côté. On déglacera le contenu avec un peu de jus de citron vert et un trait de vinaigre balsamique.

On aura disposé la salade dans une assiette. On posera dessus quelques lanières de viande assez fines, quelques noix de cajou et on arrosera de la réduction du jus de viande. Ce sera encore meilleur si on saupoudre de coriandre haché et si on râpe un zeste de citron avec la Microplane.

vendredi 29 mai 2020

Un loup quelque part d'Amélie Cordonnier

Ce ne sera pas un coup de cœur alors que j’avais, il y a deux ans, plébiscité Trancher.

Pourtant la langue est belle. Le sujet passionnant. Le développement intéressant. Aucun reproche à faire mais ... je n’ai pas éprouvé ce "petit" plus qui fait qu’on a envie de partager un roman avec le maximum de lecteurs. Dommage.

Il démarrait bien, avec en exergue, quelques mots d'Albin de la Simone dont j'aime tant la chanson ... Dans la tête. Avec plus loin l'allusion au film Loving qui m'avait bouleversée (p. 96).

Entre temps était apparu sèchement (p. 36) le nom de Gregor Samsa, sans explication. Comme si le lecteur était censé savoir qu'il s'agit du personnage principal de La métamorphose de Kafka. C'était une référence très implicite, trop ... et je m'étais dit que j'avais dû en louper d'autres.
Une femme accouche d'un second enfant, magnifique de prime abord. Au début, elle a cru qu’il lui plaisait, ce petit. Seulement voilà, cinq mois plus tard, elle a changé d’avis. Ça arrive à tout le monde, non ? Elle voudrait le rapporter à la maternité. Qui n’a pas un jour rendu ou renvoyé la chemise, le pantalon, le pull, la ceinture ou les chaussures qu’il venait d’acheter ?
Que fait cette tache, noire, dans le cou de son bébé ? On dirait qu’elle s’étend, pieds, mains, bras, visage. Mais pourquoi sa peau se met-elle à foncer ? Ce deuxième enfant ne ressemble pas du tout à celui qu’elle attendait. Aucun doute, il y a un loup quelque part.
Pauvre animal qui est invoqué à toutes les sauces, trop souvent synonyme du mal alors que, dans la plupart des contes, c'est lui le dindon de la farce. Vous me direz que Pierre Perret lui a consacré une  chanson très tendre, sauf que son p'tit loup n'oubliera sans doute rien de ce qui l'aura fait pleurer.

J'étais intéressée par les interrogations de la narratrice sur l'amour maternel, la différence ... les secrets de famille mais aussi sur le devoir conjugal. Mais, sans qu'elle ne me mâche le travail, je ne voulais pas non plus devoir faire un effort de compréhension sur des sous-entendus qui, si je ne les comprenais pas, me privait de l'accès au sous-texte.

J'ai fait l'effort d'entrer dans son cerveau, cherchant un message dans le choix des prénoms de ses enfants. Peut-être n'y avait-il aucune idée préconçue avec Esther, mais celui d'Alban ne pouvait pas être neutre. Le pauvre garçon devient, de jour en jour le scrupule qui la blesse, à l'instar d'un caillou,   de cette petite pierre pointue qui, lorsqu'elle s'interpose entre le pied et la semelle de la sandale, ralentit la progression du légionnaire romain.

jeudi 28 mai 2020

Les Mallorcas de Philo

Chacun son défi. Voici celui que je m'étais lancé en prévision du Top chef d'hier soir et que je vous raconte aujourd'hui.

Il consistait à m'approcher des Mallorcas dont Philo avait publié la recette sur son blog.

Je suis comme mon amie Philo. Je me mets des recettes sous le coude en me promettant de les réaliser un jour. Cette fois je n'ai pas différé parce, hasard ou nécessité, je suis parvenue à trouver l'ingrédient indispensable à cette (simple) recette : de la levure sèche.

J'ai donc pu me lancer dans la confection de ces pains de Majorque qui ne nécessite pas de pétrissage. Malgré leur nom, et c'est mon amie qui me l'a appris, ils sont originaires de Porto Rico. Leur avantage est d'être vraiment peu sucrés, surtout si comme moi on se dispense de la dernière étape consistant à les saupoudrer de sucre glace (lequel sucre est le plus sucré au monde).

Elle les recommande pour le petit-déjeuner ou pour le goûter mais je les ai directement appréciés en dessert, en accompagnement d'un fromage blanc à la menthe. Vous trouverez les proportions en fin de billet. Voici comment comment procéder :

D'abord on recouvre la levure sèche d'un peu d'eau tiède et on laisse reposer dans une coupelle environ 5 minutes jusqu'à ce qu'il soit mousseux.

On mélange dans un saladier le lait, le beurre fondu, le sucre, le sel, les jaunes d'oeuf et l'extrait de vanille puis on ajoute la levure. On remue au fouet jusqu'à ce que le tout soit homogène.

On ajoute ensuite la farine graduellement en mélangeant la pâte à la cuillère en boisson la spatule jusqu'à obtenir une grosse boule qui se détachera de la paroi. On couvre avec un torchon propre et on  laisse la pâte lever pendant 1h30.

Il faut alors la dégonfler (la malaxer quelques instants, sans pour autant la pétrir puisque c'est inutile). est venu le temps de l'abaisser au rouleau sur un plan de travail fariné, autant que ce peut en rectangle, sur une épaisseur de 3 mm. On badigeonnez ensuite la pâte de beurre fondu.
Vous remarquerez que j'ai utilisé une roulette dentelée pour alors la découper en bandes dans la plus grande longueur. Philo parvient à en faire une douzaines. les miennes sont irrégulières mais ce ne fut pas un désagrément car, une fois cuites, ces mallorcas satisferont différent appétits.

On roule chaque bande en spirale et on les dispose en les espaçant sur une plaque de cuisson chemisée ou une feuille spéciale d'Exopat comme la mienne. On couvre et on laisse lever pendant une nouvelle heure. Leur volume va sensiblement augmenter.
On préchauffe le four à 180° pour faire cuire les mallorcas pendant 12-18 minutes ou jusqu'à ce qu'ils soient légèrement dorés. les saupoudrer de sucre glace après refroidissement les rend plus élégants mais ce n'est pas une étape que je retiens.

mercredi 27 mai 2020

Les cœurs imparfaits de Gaëlle Pingault

J'avais hâte de découvrir Les cœurs imparfaits de Gaëlle Pingault parce que j'avais immédiatement plébiscité il y a trois ans son premier roman Il n'y a pas Internet au paradis.

Celui-ci est un livre très touchant, également, avec une fin ouverte qui invite le lecteur à poursuivre longuement en pensée le trajet des protagonistes.

Le coeur de l'action se situe en EHPAD, ce qui, dans le contexte actuel, est loin d'être anodin, d'autant que c'est aussi le cadre d'Une vie et des poussières de Valérie Clo (chroniqué le 30 mars) et de Si belles en ce mouroir de Marie Laborde (le 2 mai). A ce titre Gaëlle Pingault, dont je sais qu'elle connait bien cet univers, nous en donne une critique caustique qui sera particulièrement entendue.

Le personnel y subit les objectifs de rentabilité, les postes fermés, la pression permanente (sans compter l'attachement aux résidents, les non remplacements). On comprend combien se déconnecter est un impératif déontologique. Toute allusion aux dysfonctionnements de ces établissements me fait l'effet d'une craie grinçant sur un tableau noir. Et je crois que le sigle écrit en majuscules dégage une agressivité qui me blesse.

Le réquisitoire est accablant (p. 144-145) car s'il faut jongler, comme partout ailleurs, avec les lignes budgétaires et les contraintes financières (...) Charles, le médecin-chef, souligne qu'il n'a pourtant jamais rencontré au cours de sa carrière un seul soignant qui jette l'argent par les fenêtres, en se disant après moi le déluge ! Les soignants sont des gens sérieux, responsables et souvent engagés. Personne ne s'en est donc encore aperçu ? (...)  Il n'y a quasiment plus de soignants de formation dans les équipes de direction, mais des diplômés en master de gouvernance (...) tablant sur la conscience professionnelle de ceux qui restent afin d'éviter les catastrophes.

Si le roman n'était pas paru "avant" la crise sanitaire qu'on espère traverser on le trouverait opportuniste.

A propos du diktat de la rentabilité (p. 146), l'auteure émet des hypothèses toujours par la bouche de Charles : mascarade éhontée, volonté de nuire, avidité stupide ou déni ? le problème du déni étant qu'on n'en sort pas quelqu'un malgré lui, notion de base. Et les décideurs n'ont aucune envie d'être exfiltrés de leurs certitudes. (...) Le fric comme arme de destruction massive.

La directrice répondra qu'elle est attentive aux équipes (en fonction des moyens qu'on lui consent) et elle en donnera à la fin une preuve de bonne foi, signifiant combien Gaëlle ne leur jette pas la pierre. Cette notion de rentabilité est depuis devenue totalement dérisoire quand on songe à ce que le confinement aura coûté par suite d'incurie et d'imprévoyance. Aurait-il pu être évité ? Sans doute.

Mais revenons à l'essentiel de ce roman qui n'est pas du tout un réquisitoire contre la main mise de l'administration sur la société. Concentrons-nous sur Barbara, Charles, et Lise... qui ont chacun dans leur histoire personnelle, des empêchements venus enrayer leur possibilité d'être pleinement heureux,  sans entraver néanmoins complètement leur capacité à aimer.

dimanche 24 mai 2020

Le curry coco de Cyril Lignac

Cyril Lignac proposait il y a deux jours dans son émission Tous en cuisine une façon de cuire les crevettes qui peut tout aussi bien se décliner avec des blancs de poulet ou avec des filets de poisson comme je l'ai fait aujourd'hui.

Je vous donne les proportions de ce Curry coco en fin de billet.

La première étape consiste à préparer la marinade avec sel, poivre, curcuma, piment et huile d'olive (en quantité raisonnable car les filets comme les crevettes ne doivent pas baigner). Si on a choisi des gambas on décortique t retire le boyau noir du milieu.

On remue et on réserve. Dans quelques instants on fera revenir dans une cocotte chaude et un peu d'huile tous les épices à feu fort pour faire ressortir les arômes : laurier, cannelle, cardamone, fenugrec, piment et curry. On baisse le feu et remue quelques minutes. On ajoute l’oignon et l’ail entière (si on veut ensuite la retirer, sinon on peut l'émincer), puis le gingembre (on remet un peu d'huile d'olive si nécessaire). On cuire quelques minutes.

On ajoute la tomate coupée en dés. Cyril préconise le couteau à pain mais sachez qu'il existe des couteaux à tomate, crantés bien entendu mais à longue lame fine, notamment chez Jean Dubost. L'ajout de cet ingrédient contribuera à allonger la sauce. On peut ajouter un verre d'eau environ pour aider à mijoter.

Dans une poêle bien chaude, on verse les crevettes (ou on dépose délicatement les filets de poulet ou de poisson) avec la marinade sans ajouter d'huile. On colore les deux faces puis on baisse un peu le feu.

On retire ce qui ne se mangera pas : le laurier, la cardamome, le bâton de cannelle et le cas échéant la gousse d'ail.

On ne fait quasiment pas cuire le lait de coco (il devient amer) et on le verse à la fin dans le mélange avec les tomates, et on assaisonne de sel, puis les crevettes (ou poulet ou poisson) et la marinade.

Hors du feu, on presse un  jus de citron. On peut ajouter du piment et des feuilles de coriandre.

Le lait de coco est utilisable de multiples façons comme je le mentionnais dans ce billet. Et je vous recommande, peut-être un autre soir, cette délicieuse soupe de lentilles corail.


Ingrédients (pour 4 personnes)
● 500g de crevettes type gambas crues décortiquées ou crevettes (ou poisson ou poulet)
● 1 oignon épluché et ciselé
● 4 gousses d’ail épluchées et dégermées
● 1 tomate lavée et coupée en petits dés
● 20 cl de lait de coco
● ½ jus de citron jaune
● 3 feuilles de laurier
● ½ bâton de cannelle (ou de la cannelle moulue)
● 4 pièces de cardamome verte (ou de la cardamome en poudre)
● 1 cuillerée à café de graines de fenugrec (ce n'est pas indispensable mais son parfum est typique du curry).
● 1 cuillerée à café de gingembre haché (ou en poudre)
● ½ cuillerée à café de poudre de curcuma
● 1 cuillerée à café de curry
● 1 cuillerée à café de piment en poudre
● quelques feuilles de coriandre
● huile de pépins de raisins ou huile d’olive
● sel et poivre

jeudi 21 mai 2020

Fief de David Lopez

Ils s'appellent Romain, Poto, Habib, Lahuiss, Ixe, Untel à graviter autour de Jonas qui n'est pas le centre du groupe, car on ne peut pas les désigner à proprement parler sous le terme de "bande" même s'ils passent presque tout leur temps libre ensemble. Du temps ils semblent en avoir à revendre. Et ils l'occupent à glander, au sens propre comme au sens figuré, sur le pré carré de leur Fief.

S'ils formaient une bande, Jonas en disputerait la tête avec Lahuiss. Mais oserait-il durablement, lui qui lui concède la capiteuse Wanda ?

Jonas est pourtant un mec qui pourrait en imposer. Il est boxeur. Mais il lui manque sans doute un modèle à qui s'identifier pour aller plus loin, plus haut. Un autre modèle que celui de deux fumeurs régulier de shit, son grand frère, et son père, dont on sait juste qu'il joue au football comme vétéran. Les mères sont totalement absentes du roman.

Et puis surtout, comme l'écrit avec beaucoup de justesse David Lopez, réussir c'est trahir (p. 87), donc risquer de perdre ses amis. Il n'y aurait rien de pire pour Jonas, surtout s'agissant d'amis d'enfance.

Ce roman fait penser à L'attrape-coeurs, autre roman de la Sélection Anniversaire des 68. Celui-ci est proposé par par Julie Estève, qui avait écrit Simple, un roman d'une grande sensibilité. Il est touchant, à condition d'accepter que la réalité (dérangeante) que nous narre David Lopez existe.

Je reconnais n'avoir eu guère d'envie à supporter leurs échanges verbaux, leur inaction, leur inclinaison pour d'interminables parties de cartes que nous lecteurs avons un peu de mal à suivre, entre des bouffées incessantes ... de bédo. Il faut s'acclimater au lexique comme à la syntaxe. Exemple (p. 44 ) : Ixe se place derrière Poto, et dans un rire il dit hey Poto pourquoi t'as un 8 un 2 une dame un valet un 7 et un 5 ?

On n'entre pas dans ce langage comme dans un moulin. L'auteur s'est manifestement battu contre les mots, pour construire ses phrases. Le texte est intentionnellement très parlé, mais très élaboré, d'une précision remarquable. Une fois apprivoisé, sa musicalité devient presque envoutante. On s'installe dans la conversation que Jonas entretient avec nous en le suivant dans l'analyse qu'il fait sur de multiples sujets, chapitre après chapitre, chacun pouvant presque être lu indépendamment des autres. Il nous raconte le meilleur moment de l'année en laissant émerger de la tendresse. Il nous invite à une séance de jardinage sous un angle plutôt décalé quand on s'interroge sur la mauvaise herbe. Et on goûte un humour savamment dosé.

Je referme le livre avec mélancolie, quittant Jonas à regret, avec le sentiment de l'abandonner à son sort sans avoir rien tenté, alors qu'il suffirait peut-être de pas grand chose pour que la partie ne soit pas jouée, et d'avance perdue.

On assiste avec délectation à une scène d'anthologie, avec la dictée de quelques paragraphes d'un extrait de Céline (Chapitre Virgule p. 85) et on en conclut qu'il sont au moins deux (Lahuiss et Jonas) à sortir du lot. Pas tant parce qu'ils ont de l'orthographe, mais de la culture. Et que certaines lectures auraient le pouvoir de les faire bouger. Une phrase de l'écrivain devient carrément provocatrice. On devient rapidement vieux, et de façon irrémédiable encore. On s’en aperçoit à la manière qu’on a prise d’aimer son malheur malgré soi « (Céline, Voyage au bout de la nuit).

Le lecteur comprend que la vérité vient de leur péter à la gueule, mais on s'interroge sur la puissance de la prise de conscience, car de la même façon que réussir c'est trahir, se remettre en cause est un comportement qu'ils semblent avoir décidé d'éliminer. Sinon fumeraient-ils et boiraient-ils toute la sainte journée ?

Quelques fulgurances les traversent parfois. Comme Untel chambrant Jonas : T'sais quoi Jonas, dans la vie t'es comme dans le ring, tu fais que d'esquiver (p. 82). Ou Jonas réalisant que leurs actes ont des conséquences (p. 132) en apprenant l'incarcération de Untel.

Ils consacrent l'essentiel de leur temps à s'ennuyer, activité érigée à un "high level" parce que (p. 46) L'ennui c'est de la gestion. Ça se construit. Ça se stimule. Il faut un certain sens de la mesure. On a trouvé la parade, on s'amuse à se faire chier. On désamorce. Ça nous arrive d'être frustrés, mais l'essentiel pour nous c'est de rester à notre place. Parce que de là où on est on ne risque pas de tomber.

Ils vivent dans un entre deux entre petite ville et campagne, au milieu de hameaux encore emplois déserts ... il y a plus bled qu'eux, c'est certain (p. 61). On devine que Jonas aurait du potentiel avec un peu d'ambition et une hygiène de vie. Mais il laisse les gens et les évènements décider pour lui et ne se laisse pas la chance d'avoir la vie qu'il pourrait gagner. Même l'ultime combat de boxe, il le perd. Comme s'il avait la carrure sans l'envie. Avec néanmoins le courage : L’unique moyen de ne pas souffrir d’un entraînement de boxe, c’est de ne pas y aller. Moi je suis là. Alors qu’on ne vienne pas me dire que je suis incapable de faire des sacrifices (p. 11).

Il est comme asservi par la généalogie, l'environnement. Ses lectures, polarisées sur Barjavel ou Daniel Defoe ne lui permettent pas de rompre la boucle infernale qui mouline dans son cerveau. Même Candide ne le fera pas réagir : Cultiver son jardin, il est gentil Voltaire mais il faut d'abord savoir ce quo'n veut y faire pousser (p. 131). Le vrai souci est qu'il ne maitrise pas les codes (p. 173), ce qu le fait dire : Ça fait que je n'ai pas envie d'avoir à me rendre aimable pour être aimé.

La réécriture de Candide par Lahuiss (décidément le plus cultivé du lot) était désopilante (p. 53) : Les gars, j’vais vous la faire courte, mais "Candide" c’est l’histoire d’un p’tit bourge qui a grandi dans un château avec un maître qui lui apprend la philosophie et tout l’bordel t’as vu, avec comme idée principale que, en gros, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Du coup Candide t’as vu il est bien, il fait sa vie tranquillement sauf qu’un jour il va pécho la fille du baron chez qui il vit tu vois, Cunégonde elle s’appelle. Bah ouais, on est au dix-huitième siècle ma gueule. Du coup là aussi sec il se fait téj à coups de pompes dans l’cul et il se retrouve à la rue comme un clandé. De là il va tout lui arriver ....

L'essentiel de leur énergie est dirigée contre eux. D'abord au travers des défis qu'ils se lancent constamment. C’est toujours plaisant de voir un type qui a déclaré la guerre demander une trêve (p. 149). L'explication est donnée juste après : On a beau s’aimer de toutes nos forces, on poussera volontiers l’autre dans le vide si ça peut nous éviter d’y tomber.

Et pourtant il pourrait y avoir une vraie cohésion entre les potes : On est souvent agressifs entre nous, à s’insulter dans tous les sens, mais quand c’est sérieux on le reconnaît tout de suite (p. 95).

Ecrira-t-on semblablement dans dix ou vingt ans ? Le langage aura doute muté, enrichi de nouvelles expressions. Les piliers de bar des années 60 sont devenus des têtes d'ampoules et on les désignera autrement en 2040 mais je doute que se soit estompées les frontières entre des mondes différents qui vivent l'un à cote de l'autre sans se pénétrer. A ce titre David Lopez signe à trente ans un premier roman essentiel.

Fief de David Lopez, éditions du seuil, août 2017
Prix livre Inter 2018
Livre lu dans le cadre de la Sélection "anniversaire" 2020 : 14 romans (premiers ou deuxième textes, anciens ou récents, français ou traduits) choisis par un panel d’auteurs et 5 seconds romans français

mardi 19 mai 2020

Les ramen de Cyril Lignac

Cyril nous promet de voyager avec ce plat qui serait sa recette japonaise préférée, un bouillon de ramen.

Ayant suivi la réalisation devant le petit écran je m'étais aperçue que la quantité de sauce qu'il recommandait de préparer était énorme, d'autant qu'ensuite il la détend avec un volume équivalent d'eau de cuisson des pâtes. J'ai donc d'emblée divisé par deux les proportions et je vous assure que j'avais malgré tout de quoi régaler 4 personnes. Voici donc les pesées modifiées :

Pour le bouillon :
120 grammes de sauce soja (presque tout le flacon en vérité)
20 grammes de vinaigre de riz
20 grammes de vin blanc
5 cl de bouillon (cube précise Cyril, mais il faut savoir qu'on peut gratter un peu d'un cube dans 5 cl d'eau chaude puisque un carré est conseillé pour un demi-litre d'eau bouillante)
1 pincée de sucre,
1 gousse d'ail ouverte en deux ou écrasée (mais attention à pouvoir la retirer avant de servir)
1 cuillère à café de gingembre haché
Pour la garniture :
4 oeufs (un par personne, mais on pourrait descendre à un demi selon les autres accompagnements)
200 grammes de shitaké frais (on peut aussi parait-il utiliser des champignons de Paris, mais le résultat sera moins croquant et moins authentique)
4 tranches de lard, mais j'ai retenu deux tranches de truite
3 oignons nouveaux émincés (j'avoue que je m'en suis passée, par contre j'ai ajouté de la coriandre en fin de cuisson)
Une poignée de nouilles de blé, sachant que j'ai utilisé des Udons de Nagasaki (il faut savoir qu'à l'inverse des spaghettis, dont elles ont la même forme, les nouilles de blé se réchauffent très bien et collent moins, pour peu qu'on les enroule autour d'une fourchette avant de les déposer dans un pot en verre pour les conserver si besoin 24 heures après cuisson).

Marche à suivre :
1 - Préparer la sauce en mélangeant le tout délicatement avec une grande cuillère. transvasez dans un bocal de verre plus haut que large de manière à ce que tout à l'heure les oeufs puissent y être parfaitement recouverts de sauce.
2 - Faire cuire les oeufs dans une grande casserole d'eau 6 minutes pour qu'ils soient mollets et les placer ensuite immédiatement dans l'eau glacée pour arrêter la cuisson (heureusement que je les ai laissé refroidir à l'air ambiant parce que même ainsi ils ont failli être en sous cuisson. Or il aurait été ennuyeux que le jaune coule ...).
3 - Couper les champignons en gros morceaux (4 ou 6 selon la taille du shitake) et faire revenir dans une poêle avec un fond d'huile. Saler à peine car le soja l'est beaucoup. On arrête la cuisson quand ils sont encore croquants.
4 - Maintenant que les oeufs sont refroidis écalez les, dans l'eau si possible, et laissez les glisser doucement dans la sauce soja qui va les colorer et les parfumer (comme sur la photo ci-dessus).
5 - Faire revenir à la place des champignons la poitrine de porc coupée en morceaux, ou comme moi le poisson. Vous pouvez utiliser aussi des blancs de poulet ou des aiguillettes de canard.
6 - Faire cuire les nouilles 6 minutes dans de l'eau bouillante non salée. Débarrasser dans un saladier en égouttant grossièrement (ne pas utiliser de passoire mais une écumoire).
Dressage (dans un bol assez large ou une assiette creuse profonde) :
Placer la quantité de nouilles souhaitée.
Verser un peu de sauce soja. Compléter avec autant de l'eau de cuisson des pâtes voire plus (au moins une louche par personne). Je vous recommande de goûter pour ajuster.
Poser sur les pâtes (qui ne doivent donc pas être recouvertes), une portion de champignons, une portion de poisson (au préalable coupé en morceaux), un oeuf coupé en deux, une portion d'oignons (si vous en avez) et saupoudrez de coriandre si vous aimez.
Dégustez à la cuillère ou comme moi avec des baguettes Jean Dubost.
Voilà une recette que je referai régulièrement.

lundi 18 mai 2020

Faire un masque, oui mais comment ?

Les tutos sur la confection de masques "grand public" se sont multipliés.

Au début, aussi incompréhensibles que la recette du gâteau magique qu'il faut avoir gouté une fois pour intégrer ce qu'il a de magique : un problème d'homogénéisation de la pâte qui après cuisson produit trios textures différentes, de la plus molle au-dessus (faisant penser à un flan) à la plus consistante en dessous (comme un "vrai" gâteau).

Les tutos c'est comme les recettes de cuisine, le rédacteur omet le petit truc qui assurera la réussite de l'entreprise.

Ayant appris la couture à l'école (j'ai de vifs souvenirs de samedis matins à broder des boutonnières) je ne me suis pas laissée piéger mais j'ai tout de même loupé les deux premiers. Parce que leur technique de former les plis avant de retourner le tissu n'est pas commode à piger. Egalement parce que selon les visages il faut adapter les dimensions. Qu'enfin la puissance de l'élastique compte tout autant dans le succès que le type de sucre dans un fondant au chocolat. Essayez donc d'employer de la vergeoise ...

Bref, je m'y suis mise après avoir étudié les "derniers" tutos. C'est l'avantage d'arriver après la bagarre : les mauvais ont été éliminés des moteurs de recherche.

Comme je ne peux plus aller à des vernissages et comme je suis nostalgique, et surtout récupératrice dans l'âme, j'avais conservé de minuscules serviettes en tissu de plusieurs couleurs vives, ou noires, ou toutes blanches. On se moquait de moi de les avoir gardées, lavées, repassées, rangées. On avait tort. Elles ont pile poil la dimension requise d'un carré de 21 sur 21 cm.
Première étape : former le pli creux central qui, sur l'envers est ce qu'on appelle un pli plat. On le fait indépendamment pour chacun des deux morceaux que l'on superposera ensuite. On voit très bien les points qui maintiennent ce pli car je les ai faits au fil noir sur le tissu orange (visibles en bas de la première photo sur le bas). Ils seront plus tard pris dans la couture, donc invisibles. je signale que le pointillé blanc, bien utile pour guider la couture est une ligne fantaisie du tissu.

dimanche 17 mai 2020

Le détachement de Jérémy Sebbane au Sable polaire

La lecture du Détachement m’avait troublée.

D’une part l’intrigue est écrite comme un roman policier, distillant un suspens assez fort. Ensuite Maxime travaille en cabinet ministériel et je connais bien cet univers pour y avoir passé quelques mois plutôt compliqués. Lire ses déboires m’a rappelé des souvenirs.

Il est probable que des lecteurs ont pu penser que l’auteur exagérait mais je peux garantir qu’il n’en est rien. Tout dans ce roman est plausible et c’est ce qui est peut-être dérangeant.

J’ai appris depuis que Jérémy Sebbane a été la plume de plusieurs personnalités politiques comme Manuel Valls ou Fleur Pellerin, et qu’il connaissait bien l’Elysée, ce qui ajoute de la crédibilité à ses propos. Il a été Chef de cabinet à la Mairie de Paris en charge des questions d’égalité femmes-hommes, membre de l’équipe de campagne présidentielle de François Hollande et deux fois conseiller ministériel.

Cet ouvrage s’inscrit lui aussi dans le contexte encore très proche des attentats terroristes, à l’instar du roman de Constance Rivière, Une fille sans histoire, mais différemment, et je dirais plus "littérairement" il explore le comportement d’une personnalité érotomane (elle aussi) qui se place dans une position de veuve (elle encore). Cette jeune fille, déçue par sa vie préfère s’en inventer une autre et la raconter à son meilleur ami, un jeune conseiller politique qui, confronté à la violence, à la brutalité et à la vacuité de ce milieu décide de se réfugier dans la création.

vendredi 15 mai 2020

Soupe de lentilles corail

Une recette simple et rapide (moins de trente minutes entre le lancement et le passage à table) dont j'apprécie beaucoup la texture et les saveurs. Voilà une Soupe de lentilles corail inspirée du Dahl indien.

On appelle aussi ce plat dal tadka. Ce que j'aime dans cette version c'es qu'on n'a pas besoin de ghee. On utilise une huile neutre (ou à la rigueur d'olive si on veut forcer sur le goût).

On fait revenir 1 gros oignon rouge émincé, 3 gousses d’ail coupées en morceaux,  et un morceau de 2 cm de gingembre frais pelé (émincé ou pas et dans ce cas on pourra le retirer avant de mixer la soupe) dans de l’huile chaude mélangée en veillant à ce que l’ail et l’oignon ne colorent pas trop.

On ajoute 2 cuillères à café du curry de son choix (je dois en avoir 4 ou 5 variétés). Dans l'idéal on ajoute une cuillère à café de coriandre en poudre. n'en ayant qu'en graines je les ai broyées au pilon. Egalement Une cuillère à café de paprika fumé, que j'ai remplacée par du sel fumé ramené du Mexique, celui là même que traditionnellement on consomme (en toute modération) avec la tequila.

Evidemment je n'ai pas ajouté de sel ordinaire.

Il est temps de mettre les lentilles corail (compter 50 grammes par personne) et de couvrir d’eau.
On ajoute une demi boite de conserve de pulpe de tomate et une pointe (ou plus) de piment. On cuit alors à couvert pendant le temps requis pour les lentilles, souvent une vingtaine de minutes à feu doux. Je ne verse la briquette de lait de coco (250 ml) qu'à la fin depuis que j'ai entendu Cyril Lignac dire qu'il faut éviter de faire cuire ce produit qui devient amer après avoir bouillonné.
J'ai alors retiré les deux minuscules (mais forts) piments mexicains "Piquin Entero" et le morceau de gingembre.
On plonge ensuite le mixeur dans la cocotte en veillant à laisser de la texture (sauf si on cherche à obtenir un velouté). On assaisonne de jus de citron vert (dans l'idéal).


Au moment de servir, on peut ajouter : un peu de fêta hachée, de la coriandre fraiche (ou du persil plat) voire de la menthe hachée

jeudi 14 mai 2020

Entre Voix confiné avec Adrien Robineau

(mis à jour le 28 juin 2020)

Après hier, Muriel Réus, et dans le respect de l'alternance homme/femme si chère à cette femme d'exception Adrien Robineau va clôturer la série des Entre Voix confinés.

Le dernier, prévu demain, avec une chasseuse de têtes dans la haute-finance ne sera pas podcasté à sa demande. Rien de ce qu'elle a dit n'est choquant mais les américains sont devenus phobiques depuis quelquse temps.

Cette personne s'est exprimée depuis un Etat qui sortait du confinement et qui va sans doute y retourner ... alors disons que sa vision positive n'est plus guère de mise même si les recrutements dans la finance n'ont jamais ralenti.

Elle avait choisi par optimisme comme musique de fin What a Wonderful world de Louis Armstrong. Je la garde symboliquement en mémoire. Ce sera mon message de clap de fin de cette série que j'ai beaucoup aimé organiser, et dont vous retrouverez ici les 12 podcasts qui sont disponibles.

Adrien Robineau est acteur (dans le cinéma), et vous l'avez peut-être vu dans Les Gardiennes (réalisé par Xavier Beauvois avec Nathalie Baye et Laura Smet en 2016), Patients (réalisé par Grand Corps Malade et Mehdi Idir en 2016), Ami-ami réalisé par Victor Saint Macary (2017), Bêtes Blondes réalisé par Maxime Matray et Alexia Walther (2017), Inséparables réalisé par Varante Soudjian avec Ahmed Sylla (2018), Amoureux de ma femme réalisé par Daniel Auteuil avec Gérard Depardieu, Sandrine Kiberlain (2018)...

Ce sportif de haut niveau explique comment il s'inflige une certaine rigueur pour entretenir son corps dans l'espace restreint de son appartement. Il raconte comment il réussit à rester présent dans les milieux du cinéma et profiter de la période pour optimiser son temps. Vous pouvez écouter la totalité de l'émission en suivant ce lien.

Il s'est mis à la musique et avait choisi Lilac Wine de Jeff Buckley comme musique de fin.

Ce billet est illustré d'une photo prise pendant le tournage du film Les gardiennes.

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