jeudi 28 avril 2016

Ce que vous pourrez bientôt découvrir dans ces colonnes

Les coulisses du Mémorial de Falaise dont l'ouverture officielle aura lieu le 9 mai prochain. Dédié aux victimes civiles des guerres son emblème est un grand C.
Un pas en arrière dans l'Histoire avec le château de Guillaume le Conquérant, qui fut roi d'Angleterre ...
 Un menu exclusivement végétarien composé par Alain Passard autour de céréales
Un déjeuner au rapport qualité-prix imbattable ... dans un restaurant qui hélas est à deux heures de train de Paris
Une rencontre avec une jeune auteure qui monte, qui monte ... Virginie Grimaldi. Son second roman, Tu comprendras quand tu seras grande sort chez fayard dans quelques jours. Je l'ai déjà lu et beaucoup aimé.
Mon avis (positif) sur l'EP de Gatha qui est une autre artiste émergente et qui a fait la première partie de Julien Doré. Je suis allée l'entendre, elle et Gustave (son violoncelle) aux Trois Baudets. Renaissance est une belle promesse.
... et quelques autres choses ...

samedi 23 avril 2016

Le Recommandé au Val-André (22)

On va croire que je suis abonnée aux ambiances d’autrefois. Cela fait partie des hasards de la vie, même si effectivement je constate deux tendances diamétralement opposées dans l’ouverture des nouveaux restaurants. Soit ultra design, soit retour aux sources.

Le Recommandé est de cette veine. Valérie et Hugues Pommereul  ont eu un véritable coup de cœur pour cet ancien bureau de Poste (d’où le nom qu’ils lui ont donné) qu’ils ont conservé le plus possible dans son jus tout en parvenant à y installer une cuisine fonctionnelle et moderne.

La salle est restée dans l’ambiance des jours anciens. On s’assoit sur la banquette  de la salle d’attente, et on pose les coudes sur une table des années cinquante.

Quelques chaises d’origine ont pu être recyclées. Leur assise métallique a été rendue confortable avec l’ajout d’un coussin cousu dans un vieux sac de tri postal en toile de jute.

La signalétique est restée ainsi que les casiers, et les cloisons coulissantes. Le guichet est devenu bar. Les éclairages qui ont été ajoutés sont des lampes d’architecte. Les sets de table sont des feuilles de papier kraft et les verres des Duralex, comme dans les années soixante.
Coté saveurs le jeune couple a misé haut. Valérie sait recevoir chaleureusement. Elle gère depuis plusieurs années et accueille tout au long de l'année les quatre chambres d’hôtes de la Villa Nazado, une belle demeure du XIXe siècle dans un esprit "maison de famille", située au cœur de la commune voisine, à Erquy.

La création de ce salon de thé il y a trois ans est un tournant dans leur vie mais elle correspond aussi à leur souhait d'être complémentaires de la maison d’hôtes  en ouvrant un lieu généreux à leur image. Ils sont les premiers à préférer pousser la porte d'un salon de thé plutôt que de s'accouder à un bar et ce type d'endroit n'existait pas dans les alentours de Pléneuf.

Le métier de pâtissier est une reconversion professionnelle pour son mari, autrefois minotier et qui a voulu passer un CAP de pâtissier. Il est maintenant entouré de Guillaume Menant, chef pâtissier et Charline Cousté, au service et également pâtissière.

La reconversion est le deuxième point un point commun avec Stéphane, de la Crêperie des Druides de Saint Brieuc dont je vous parlerai bientôt.
Quand on aborde les rivages de la quarantaine avec un tel projet on fait les sacrifices nécessaires pour réaliser son rêve. Le couple ne ménage pas sa peine et le résultat est là. Bien entendu tout est fait maison, et quotidiennement. Il n’est pas question pour moi de dénoncer tel ou tel boulanger voisin mais plusieurs clients, alertés par les émissions de télévision sur le sujet, ont compris que certains artisans ne font pas la viennoiserie eux-mêmes et sont devenus des clients réguliers du Recommandé.

L’étendue de la proposition sucrée en parts individuelles ou gâteaux grand format en 4, 6 ou 8 parts, est digne des plus grandes pâtisseries parisiennes, entre 10 et 25 chaque jour.
Hugues peut être fier de ses créations tant sur le plan de leur esthétique que sur celui, essentiel, du mariage des saveurs. Jugez plutôt ... De gauche à droite vous devinez le Dôme vanille poire, léger et fruité (bavaroise vanille, confit de poire, liqueur de poire, biscuit aux amandes).  A coté, le Chocolat feuilletine aux 3 textures : fondant, moelleux, croquant, (mousse chocolat noir Equateur 66%, brisures de crêpes dentelles, praliné caramel beurre salé, biscuit joconde chocolat, glaçage carmin chocolat) puis la Tarte Vanille Ananas Jasmin, la Tour Chocolat coeur coulant gianduja, la Tarte Poire Chocolat (pâte sucrée chocolat, compotée poire citron vert fève de tonka, vanille, crémeux chocolat, poire au sirop, décor chocolat et billes chocolat croustillantes), le Citron vert crémeux goyave ...
et puis la Tour Paris Brest (pâte à choux, crème légère gianduja, caramel de noisette) que voici prête à se faire croquer.
On poursuit avec le 3 Chocolats, le St-Honoré Fruits exotiques, l'Opéra café chocolat, la Tarte Agrumes Pistache (pâte sucrée, crème d’amandes à la pistache, segments de pomelos et oranges) et la Sphère Orange chocolat au lait.
L'éclair, pas banal est ananas-coriandre. Je ne vous montre pas en gros plan la Tarte Citron Meringuée (pâte sucrée, crémeux citron, meringue italienne) qui est tentante elle aussi. Elle se laisse deviner sous les éclairs à coté d'une Tarte Caramel-noix-sirop d'érable. Vous avez compris, le plus difficile est d’arrêter un choix.
Puisqu’il fallut trancher ce furent une Religieuse Caramel Beurre Salé : pâte à choux, crémeux caramel beurre salé, fondant, nougatine et une Tarte Chocolat façon Recommandé composée de deux demi disques de pâte sucrée chocolat et amandes enserrant un Crémeux au chocolat "Haïti" de Cacao Barry (notes d'agrumes et de mangue fraîche, long en bouche) et un Soupçon de caramel, le tout surmonté d'une Chantilly caramel dressée à la douille St-Honoré.
Auparavant nous avions opté pour deux belles portions de tarte salée, Saint Jacques-potiron-champignons, et poulet-curry-coco, toutes deux rassasiantes.
Si les photos laissent penser à deux jumelles, les goûts sont radicalement différents. Et la salade bien relevée d’un vinaigre de framboise.
La carte des boissons s’organise autour de suggestions classiques, riches en thés (Kusmi Tea), cafés Richard et chocolat maison, et des jus de fruits de qualité puisqu'ils sont pour l'essentiel produits par Alain Millat.

L’endroit est agréable. On peut déjeuner pour 15-20 euros. C’est une excellente adresse à faire circuler, aussi bien pour déjeuner que pour y goûter. On peut aussi emporter et déguster à la maison.
Le Recommandé, en ce moment du jeudi au dimanche de 9h30 à 19h en continu
Tous les jours en été, sauf le mercredi, de 9h30 à 19 h en continu (jusqu'à 22 h en juillet et août),
Service de petit-déjeuner, déjeuner, brunch (de 11 à 15 heures), boissons et pâtisserie toute la journée.

3, rue Amiral-Charner à Pléneuf Val-André, 22370
tél. 02 96 65 34 67 - www.lerecommande-valandre.fr

vendredi 22 avril 2016

Le silence de mon père de Doan Bui

Doan Bui est grand reporter au Nouvel Obs. Elle vient d'écrire un livre sur l'histoire de son père, dont elle ne connaissait que quelques bribes avant d'entreprendre cette plongée qu'elle sous-titre enquête sur mon père, cet inconnu.

Née en France au milieu des années 1970, elle est l'aînée des cinq enfants d'un couple originaire du Vietnam. Elle a grandi au Mans avant de poursuivre ses études à Paris. Dans son nouveau livre, la journaliste, Prix Albert-Londres en 2013, mène une enquête passionnante sur ses origines et sur la vie passée de son papa, victime d'un AVC en 2005 et aujourd'hui condamné au silence.

Il faut dire qu'en terme de révélation, elle aura son compte. Et on peut s'interroger sur ce silence paternel qui conduira à un mystère autour d'un secret familial, lui-même se doublant du poids de la perte de son dernier enfant.

On apprend (p. 30) que Baudelaire devint lui aussi aphasique après un AVC ... enfermé dans sa solitude ... au supplice de comprendre et de ne pouvoir répondre. Comme Ravel. Et on partage la compassion de Doan Bui à l'égard de celui dont les mots se sont envolés comme des oiseaux gracieux.

On pourrait se demander quel fut le réel élément déclencheur car sa mère si bavarde s'est murée elle aussi dans le silence.  (p. 20) C'était son bouclier dans la tristesse. Ma mère est d'une génération et d'une culture où l'on ne parle pas. Parler c'est perdre la face (...) un truc de français.

Je ne suis pas certaine que cette manière de se draper dans le silence soit si typiquement vietnamienne.  Je pourrais dire la même chose à propos de ma famille qui n'a pourtant aucune racine étrangère. C'est vraiment une question de génération et de circonstances.

Pareillement pour l'exigence de voir son enfant monter au tableau (p 52). Elle pointe que ses parents ne vibraient que pour les diplômes, les titres, les récompenses (...) c'était réparer l'outrage d'avoir perdu et quitté son pays.

Mon propre père était dans la même rigidité comme tous ceux qui se sont trouvés "immigrés" dans leur propre pays, contraints de quitter une campagne qui ne pouvait pas nourrir tous les enfants et se frotter aux codes de la ville où ils se sentaient comme "déclassés". Quand il arriva en région parisienne, mon père parlait essentiellement patois. Il a appris le français à l'âge adulte.

Un des aspects particuliers du livre de Doan Bui est de nous éclairer néanmoins sur la manière asiatique de considérer les choses puisque par exemple la langue vietnamienne ignore le "je" et les enfants portant le même nom on les distingue par un numéro. Et surtout elle resitue la trajectoire de ses parents dans le tourbillon de l'Histoire. Elle analyse d'autant plus finement les choses qu'elle les découvre à l'âge adulte, et avec la manière de penser propre aux journalistes : J'ai aimé étudier l'Histoire dans mes manuels d'écolière (...) j'ai écouté des dizaines d'exilés, étudié toutes les guerres et compulsé beaucoup de récits avec fascination mais je ne savais rien de l'histoire du Vietnam ni surtout de celle de mes parents. (p. 58)

Ce sont des survivants d'un monde perdu, celui d'avant le 30 avril 1975 (p. 112) et il faut lire avec attention sa reconstitution des épreuves du dossier de naturalisation française et les analyses de l'administration. Son père semble alors le plus "français" des deux. On s'interroge avec elle sur les qualités qui permettent de juger qui de l'un ou de l'autre serait le plus intégrable.

Ils furent les premiers asiatiques à s'installer au Mans et non en région parisienne. Arrivés en avion, avec des enfants nés sur le sol français, ils n'avaient rien à voir avec les boat people. Mais les petits Bui bénéficièrent de cette compassion accordée par contagion. Il n'empêche qu'ils appartiennent à la plus invisible des minorités visibles (à l'inverse des Blacks et des Beurs qui se font remarquer à coté des Blancs), désintégrée à force de vouloir être intégrée.

Elle parle peu de l'Asie mais nous offre quelques jolies lignes (p. 62) sur les arbres et les odeurs des marchés. Et c'est une image de mobylette (en réalité un Vélosolex) d'une balade racontée p. 173 qui a été choisie pour illustrer la couverture.

Comme Eloïse Lièvre avec des photos réelles, ou Isabelle Monnin avec un lot acheté aux Puces (Des gens dans l'enveloppe, chez JC Lattès), Doan Bui adopte le regard du photographe pour révéler le passé.

Une photo, c'est une tombe qui tient dans la poche, et garde la trace d'instants évanouis. (p. 130) Au Vietnam, nous apprend-elle, on ne fête pas les anniversaires de naissance mais de décès.

Le silence de mon père dégage une grande sagesse. Les mots auront été dits pour clarifier le passé de  et ramener les chers disparus à la surface mais en grande philosophe Doan Bui songe que les mots s'effaceront eux aussi. La mer avalera tout.

Le silence de mon père de Doan Bui, l'Iconoclaste, en librairie depuis le 23 mars 2016

jeudi 21 avril 2016

Premier disque pour Mathilde : je les aime tous

Mathilde est une artiste comme je les aime. Un caractère entier, une franchise inaltérable, un sourire qui s'entend au téléphone et une passion pour la musique et le travail qui, forcément, me donnent envie d'aller plus loin.

Elle est de ces personnes qui donnent la pêche. Ce qui n'empêche pas son album d'être un petit bijou de sensibilité.

Elle regrette des "petites bleuvetés" qu'elle n'aurait pas voulu entendre mais son entourage lui a fait remarquer qu'elle devait mettre un terme à sa quête de la perfection sous peine d'être taxée de psychotique.

Je n'ai pas l'oreille pour remarquer ces défauts minimes mais je dirais qu'ils sont sans doute bien là où ils sont parce qu'ils garantissent l'humanité de l'enregistrement. Dans le monde moderne du son, l'authentique est perçu souvent comme un défaut. L'oeil est tellement habitué à la très haute définition qu'il a perdu l'habitude de voir le grain d'une image. Or ce sont les aspérités qui donnent leur charme à un cliché. C'est pareil en musique.

Mathilde est donc satisfaite qu'on l'entende respirer, qu'on devine un rire dans le lointain. Elle ne cherche pas à tout contrôler mais à donner le meilleur dès la première prise. Enregistrer avec elle doit se faire dans le plaisir, l'énergie en plus. Elle connait l'exigence du travail. Avec des parents artistes, la chanteuse sait depuis toute petite que ce n'est pas un loisir mais un vrai métier.

Elle est heureuse d'avoir signé chez Naïve et elle plaint ceux qui se font "bouffer" par leur label. Elle savoure le plaisir d'avoir pu enregistrer avec Jacky Terrasson dont c'est le 20ème album, avec à son actif tout de même 3 avec Aznavour. Personne n'est venu revoir mes compos, ni corriger mes textes. C'est tout juste si on a tenté de me suggérer parfois un autre arrangement.

Mathilde affirme dans son album qu'elle les aime tous et elle va faire des adeptes :


La jeune femme a mûrement réfléchi avant de lancer ce projet. Elle tenait absolument à ce que son travail s'inscrive dans la tradition, ce qui en fin de compte trahit une forme de modernité. Mathilde a envie que les choses bougent. Elle est capable "d'envoyer" comme disent les spécialistes. Mais elle peut aussi chanter avec une extrême douceur et c'est bien.

Alors que je la complimente sur son interprétation des grands standards en lui disant que j'ai apprécié que ce ne soit pas des reprises de plus elle s'enflamme aussitôt : je n'ai pas cherché à copier. J'aime exprimer des émotions. C'est un peu le job quand même ...

On dira d'elle que c'est une artiste émergente parce qu'on la voit sortir de l'ombre. Mais ce n'est pas sa participation à The Voice qui a fait sa carrière. Mathilde a intégré à 7  ans un conservatoire où elle a appris le chant lyrique, avec la Callas pour modèle. Elle a chanté le gospel à Londres. Elle a sous les pieds 17 ans de chant classique et une vraie reconnaissance dans le jazz. Elle a monté un groupe et enchaîné les concerts dans des bars et des clubs. Ça fait maintenant plus de six ans qu'elle arpente la scène parisienne. Un parcours qu'on pourrait qualifier d'atypique mais qui constitue un bon bagage pour concevoir un album dans la chanson française.

The Voice aura été un accélérateur de particules musicales
La chanteuse sait ce qu'elle doit à l'émission de TF1. Ce serait snob et prétentieux de la considérer comme l'incarnation du diable. La télévision n'est pas une finalité. On n'a pas "réussi" parce qu'on est passé devant le petit écran (avec le risque de faire le trajet d'une comète) mais c'est un moyen. Elle estime qu'elle était arrivée au bout d'un processus dans le jazz et qu'il lui fallait d'urgence ouvrir une nouvelle fenêtre. (et elle s'ouvrira si vous cliquez sur "plus d'infos")

mercredi 20 avril 2016

Rivalité d'Alyson Noël chez Mosaic

Il faut de tout pour faire un monde prétend la sagesse publique. Il faut tous les genres sur les étagères. Et que celui qui ne lit que de la grande littérature me jette le premier livre ... Je les aime tous (comme le chante Mathilde sur son dernier album).

Enfin, pas vraiment tous, mais en tout cas j'ai beaucoup apprécié de me détendre avec Rivalité d'Alyson Noël dont je suis heureuse de pointer que ce volume est le premier tome de la série Beautiful Idols.

Il est catégorisé "jeunes adultes" mais il se trouve que jeune ou pas il a les ingrédients qui accrochent le lecteur.

Je me suis amusée à suivre le combat que se livrent trois jeunes américains qui ont envie (pour des motifs différents) de réussir et de percer dans le Tout Hollywood : Layla Harrison qui rêve d’envoyer promener son blog et de devenir reporter pour décrocher de vrais scoops; Tommy qui rêve de s’offrir une guitare à douze cordes et de prendre sa revanche sur son père en devenant une rock star; Aster qui rêve d’échapper aux conventions de sa famille et de devenir actrice.

Chacun son rêve pourvu qu'on puisse avoir l'occasion de le réaliser. En répondant à l’invitation d’un VIP des nuits californiennes, ces trois jeunes gens vont concourir pour devenir la nouvelle star du Clubbing en multipliant les entrées dans leur boite de nuit. Aventure ou cauchemar ? Alors que leurs souhaits commencent à peine à prendre forme, une star habituée du monde de la nuit disparaît. Et tous les trois sont soupçonnés…

Classée en tête des listes du New York Times, Alyson Noël est l’auteur de 23 romans dont les séries "Eternels" et "Les Chasseurs d’âmes" ont été vendues à plus de 600 000 exemplaires en France. Elle apparait dans de nombreuses listes de best-sellers et ses livres ont été traduits dans 36 langues

Née en Californie, dans le comté d’Orange où elle a grandi, Alyson Noël a vécu à Mykonos et à Manhattan avant de retourner s’installer dans le sud de la Californie, où elle travaille à son prochain livre. Autant vous dire qu'elle connait parfaitement la côte Ouest où j'ai eu la chance de voyager il y a quelques années.

Ce n'est pas chaussée de Louboutin que j'ai arpenté Sunset Boulevard, mais Rivalité a ravivé des souvenirs enfouis et j'ai accepté de prendre parti pour un des trois clubs. Vous découvrirez lequel à la fin de ce petit film que je vous invite à partager si vous l'appréciez.

Je n'ambitionne pas une carrière d'actrice mais pourquoi pas de youtubeuse si ce type de video vous distrait.

mardi 19 avril 2016

Fashion Forward, 3 siècles de mode (1715-2016) au Musée des Arts décoratifs

La nouvelle exposition du Musée des arts décoratifs propose un parcours sur trois siècles de mode avec trois cents pièces remarquables de la mode féminine, masculine et enfantine du XVIII° siècle à nos jours, issus de son fonds, regroupées pour dessiner une frise chronologique inédite.

À l’occasion du 30ème anniversaire de l’ouverture, en son sein, du musée des Arts de la Mode, fondé en 1986 à l’initiative de Pierre Bergé et de l’industrie française du textile.

C'est à un voyage au fil du temps que nous sommes conviés pour répondre peut-être à l'interrogation de Gabrielle Chanel : " J’aimerais réunir les couturiers et leur poser la question : Qu’est-ce que c’est la mode ? Expliquez-moi. Je suis persuadée qu’il n’en y a pas un qui me donnerait une réponse valable… Moi non plus d’ailleurs".
Entre clivage social et goût pour le beau, des codes de la Cour à ceux de la rue, ce sont trois siècles d'apparat et d'apparence que nous sommes invités à parcourir.
 

lundi 18 avril 2016

Les soins dans un spa comme le Val André

J'ai déjà consacré plusieurs billets à cet endroit qui est un hôtel fort agréable, doublé d'un restaurant qui pourrait être étoilé. Il ne faudrait pas que j'en oublie l'essentiel. C'est tout de même avant tout un établissement de thalassothérapie.

Le Spa Marin de Pléneuf Val André est une véritable bulle de bien-être qui s'étend sur près de 2000 m² dans une ambiance intimiste et zen.

Il dispose d'un parcours marin d'eau de mer chauffée, un couloir de nage, un hammam, une salle de cardio-fitness High tech, un espace tisanerie.

La carte des soins propose un ensemble de protocoles et de produits Thalgo et LPG CelluM6 dont on trouve les gammes spécifiques en vente à l'espace Lounge boutique.
La clientèle ne se perdra pas dans de trop classiques couloirs blancs. Le personnel ne sera jamais intrusif. Mais chacun pratiquera l'art de mettre la clientèle à l'aise.

Ici les curistes osent prendre leur petit-déjeuner en peignoir. On nous rappelle régulièrement que nous sommes là pour nous reposer et recharger nos batteries.

Il faudrait être bien difficile pour ne pas apprécier. Certains mettent si bien leurs soucis à distance qu'ils oublient leur cordon de recharge de téléphone. C'est un grand classique.

Une vingtaine de personnes se relaient pour assurer toutes les prestations. Ce qui fait la différence ce sera l'accompagnement apporté au niveau des soins pour en faire des moments uniques.

Vous trouverez sur votre lit un sac suffisamment vaste pour emmener ce dont vous aurez besoin au cours d'une journée (un livre, des lunettes, une bouteille d'eau, une serviette ...). IL renferme votre programme détaillé et une paire de chaussons ultra légers anti dérapants qui vous sont prêtés le temps de votre séjour.
L’écologie est discrètement pratiquée. Les peignoirs ne sont pas fournis à discrétion mais chacun peut en obtenir un propre dès qu’il le souhaite. Et votre peignoir vous attendra sur un radiateur chauffant pendant votre bain ou votre douche, si bien qu'il sera fort agréable de vous y glisser dedans.
L'atmosphère est élégante. Les cabines de soins du rez-de-chaussée sont éclairées par la lumière naturelle de l'extérieur. Dans les espaces de circulation, le décor est sobre mais chic, ponctué de sculptures en métal brossé argent.
Au sous-sol elles deviennent tables basses comme de gros galets où l'on peut déposer une boisson, un livre ... en attendant d'être appelé(e) pour la prochaine étape de son parcours de soins.

dimanche 17 avril 2016

Fork en concert ou quand l'a cappella autorise le grand spectacle

L'a cappella est un genre mal connu en France alors que les pays anglo-saxons y consacrent depuis longtemps des festivals. Cela va changer, je le prédis.

Florent Pagny (qui pourtant en connait un rayon dans le domaine instrumental) ne savait pas ce qu'était un looper en assistant à la prestation de MB 14 au cours d'une épreuve éliminatoire de The Voice. En résumé, un appareil qui permet de reproduire en boucle du son qu'on vient d'enregistrer. Cela permet à une personne seule en scène de superposer plusieurs voix. On peut aussi l'utiliser pour renforcer des accords de guitare. Cela se fait beaucoup dans le domaine de la variété, pas seulement dans l'a cappella.

Toujours est-il que l'expression est une francisation de l'italien alla cappella, signifiant à la chapelle, en référence aux chants pratiqués dans les lieux sacrés, sans accompagnement instrumental. Il s'agissait de chants religieux jusqu'au XVIII° siècle.
Depuis le milieu du XX° siècle, le chant a cappella s'est étendu à la musique populaire, au jazz, au R&B, au slam et certains chanteurs contemporains s'accompagnent parfois d'une simple rythmique faite de claquements de doigts, de claps des mains, ou autres percussions corporelles. Si je vous dis Pow Wow, le lion est mort ce soir ... vous admettrez que vous savez de quoi il retourne.

Avec Fork on entre dans une autre dimension. Ce  groupe finlandais a réinventé le chant a cappella. La mise en scène est travaillée comme un opéra. Les fabuleux costumes sont haute couture. Les lumières de Tobias Lönnquist composent un décor. Et surtout les arrangements sont travaillés comme un habillage musical. C'est du grand spectacle d'un bout à l'autre du show.
Tout en étant ultra professionnels les quatre interprètes, Jonte Ramsten et Kasper RamströmMia Hafrén et la dernière à avoir rejoint le groupe, Anna Asunta, font preuve d'une sensibilité qui conquiert tous les publics, acquis ou non au genre.
Ils ont l'art de se les mettre dans la poche sans pour autant maitriser la langue française. Si bien qu'à la fin on dansait tous debout dans la salle de Saint-Germain-en-Laye où je suis venue les voir. Et je peux vous assurer qu'il n'y avait pas que des groupies de moins de vingt ans.

Le spectacle offre un enchainement de reprises de tubes internationaux, connus de tout le monde, souvent célébrés par des Grammy Awards, ce qui aide à apprécier le travail vocal. Chanter a cappella impose de se passer d'instrument mais pas de technique.

Il faut un immense savoir-faire et un entraînement digne des champions sportifs pour restituer les riffs de guitares comme les lignes de basse, avec "simplement"… des voix humaines. Vous remarquerez sur les photos (l'article n'est reproduit "qu'une" quarantaine sur les 130 que j'ai prises durant le concert) qu'ils n'utilisent pas des micros cravates quasi invisibles. Certes ils auraient l'avantage de les laisser davantage libres de leurs mouvements mais sur le plan acoustique ce type de sonorisation est plutôt décevante.

C'est un ingénieur du son français, Grégory Maisse, qui accompagne le groupe finlandais. Et son travail est fondamental. Il a créé un son particulier, sorte de trésor qui relève du secret-défense.
Le déroulé est conçu de manière à ce que chaque artiste puisse témoigner de ses qualités. Chaque voix est mise en valeur et garçons et filles occupent le devant de la scène à tour de rôle, seul ou en duo, en alternant avec des effets de choeur. L'équilibre est subtil mais il existe bel et bien.
Avec tantôt Jonte au premier plan...
... ou Anna ...
... Kasper ...
Et Mia.
Ils alternent les morceaux chantées et les parties parlées, forcément explicatives, mais qui ont aussi valeur fédérative pour entrainer le public à partager leur univers. Et ça marche au-delà de ce qu'on peut imaginer. Jonte et Kaspar n'hésitent pas à fendre la foule en escaladant les fauteuils comme dans les meilleurs spectacles des rocks-stars mondiales.
A la fin, c'est en toute simplicité qu'ils rejoignent leurs fans pour signer des autographes sans avoir pris le temps de se démaquiller.

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