jeudi 25 juin 2015

Kiki, Le Montparnasse des années folles à la Huchette


Il est toujours émouvant pour moi d'entrer dans la salle du Théâtre de la Huchette où 2 pièces d'Eugène Ionesco, La Leçon et La Cantatrice Chauve (jouées en ce lieu depuis 1957 sans interruption) ont contribué, dans mes jeunes années, à éveiller mon goût pour le théâtre.

Mais ce soir, autre temps, autre décor ; nous avons rendez-vous avec Kiki, dans l'ambiance du Montparnasse des "années folles". Elle est là, devant nous, sur scène, jouée par Milena Marinelli, formidable interprète de cette artiste au destin exceptionnel. Nous sommes curieux de l'entendre, ravis de nous plonger dans cette époque si particulière qui révéla tant de peintres aujourd'hui si bien reconnus.

Qui n'a jamais entendu parler de Kiki, leur modèle et leur muse, peintre elle-même, actrice de cinéma, chanteuse de cabaret ? Mais qui connaît intimement son parcours semé de moments douloureux et de chances inespérées ?

Elle fut muse et modèle pour les grands peintres de l’Ecole de Paris, témoin de l’éclosion de Modigliani, Soutine, Fujita, Utrillo, Desnos, Cocteau, Man Ray et tant d’autres… Kiki fut aussi peintre, chanteuse et "amuseuse" de cabaret, toujours animée d’une irrépressible envie de "donner de la gaité aux gens".

En 1929, Paris s'amuse avant de connaître la crise, et elle, à 28 ans, rédige déjà ses mémoires grâce à son nouvel amant, Henri Broca, fondateur du magazine Paris-Montparnasse dans lequel paraissent les premiers chapitres. Une édition américaine est envisagée, Ernest Hemingway en écrit la préface, mais le puritanisme américain juge les propos trop osés...

Ressorti de l'ombre en 2005, les Souvenirs retrouvés de Kiki de Montparnasse sont publiés aux éditions Corti. Ainsi Hervé Devolder avait-il à sa disposition une documentation authentique pour réaliser ce spectacle subtilement intitulé "fantaisie musicale".

La "fantaisie", ce sont les anecdotes de la vie de Kiki qui nous sont contées, livrées simplement, sans retenue aucune. Elle raconte d'abord son enfance, son amour pour sa grand-mère qui l'a élevée dans le plus grand dénuement, elle, Alice Ernestine Prin, née en 1901 à Châtillon-sur-Seine, d'une union illégitime.

Triste réalité, mais elle nous rassure d'emblée : "ce n'est pas du Zola". Ayant rejoint sa mère à Paris, sa vie n'est guère plus prometteuse jusqu'à ce que sa rupture avec elle change la donne. Rire, sourire, c'est maintenant l'alternative proposée au spectateur. Je ne souhaite pas faire l'inventaire de tous les évènements biographiques cités - ils sont si nombreux ! - mais je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager la série des épisodes croustillants qui concernent sa virginité, finalement déflorée par le peintre russe Maurice Mendjizki dont elle tombe amoureuse, et qui ont toute la fraîcheur des émois de l'adolescence.
L'aspect "musical", ce sont bien sûr les chansons qui ponctuent, complètent les récits. On y retrouve le style des chanteuses de cabaret avec lequel Milena Marinelli est tout à fait à l'aise. Elle chante, accompagnée au piano par Ariane Cadier, dissimulée derrière un voile au fond de la scène mais à la présence certaine.

Le décor est sobre - un zinc, celui de la Rotonde, de la Coupole, du Jockey ou celui de son propre cabaret, l'Oasis ...

Un accessoire vestimentaire fait soudain basculer le statut de Kiki : c'est le chapeau, le bibi ; reléguée dans l'espace du seul bar avant de le porter, la femme accède à la salle dès lors qu'elle peut s'en montrer coiffée ; elle est bibi, elle est Kiki.

Elue "Reine de Montparnasse", elle n'en est pas moins rattrapée par les réalités de la vie, les maladies de ses proches (sa mère, Henri Broca) auxquelles elles fait courageusement face.

Kiki a des ressources infinies. Le spectacle qui la présente est fort bien rythmé, à voir sans modération.

Kiki, Le Montparnasse des années folles 
Fantaisie musicale d’Hervé Devolder et Milena Marinelli
Mise en scène et musique de Hervé Devolder
Avec Milena Marinelli et au piano Ariane Cadier
Costumes : Michèle Pezzin
Lumières : Denis Koransky
Chorégraphie : Catherine Arondel
Assistante à la mise en scène : Pauline Marbot
Théâtre de la Huchette, 23 rue de la Huchette, 75005 Paris,
Depuis le 17 juin 2015
Du mardi au vendredi à 21h et le samedi à 16h.

Photos Lot
( Cet article a été rédigé par Anne, qui est allée voir le spectacle ce soir. Je l'en remercie)

mercredi 24 juin 2015

Ateliers pour enfants à la Villette

Le Parc de la Villette est un lieu extraordinaire ... C'est une succession de jardins à thèmes, des salles d'expositions, un Musée, un Cirque, une salle de cinéma à 360°, la Géode.

C'est aussi un endroit où les enfant peuvent s'amuser tout en apprenant dans les Ateliers Villette.

Je m'étais promis de vérifier un cette promesse. C'est chose faite.
Il suffit de suivre la signalétique du couple "parent-enfant" pour trouver un des ateliers.

Ce fut aujourd'hui En l'air ! d'une durée de 1 h 30.

L'objectif était de fabriquer des cerfs-volants après avoir percé le mystère de ces objets volants dont la dénomination scientifique est "aérodyne", c'est-à-dire un objet volant plus lourd que l'air.

Le point de ralliement était la Folie-Information, Porte de Pantin, où il était recommandé de se présenter avec un quart d'heure d'avance. L’animatrice, Marion, a réuni la dizaine d'enfants inscrits pour les conduire au point d’accueil d'un bâtiment  qu'on appelle aussi "folie" et qui est une sorte de cube rouge.

Un certain nombre de cerfs-volants attendaient les participants. Une cafeti'air, une hôtesse de l'air, une chambre à air, un vol-au-vent, tout un bric-à-brac qui pourrait voltiger dans le ciel au bout d'un fil de nylon!
Les adultes pouvaient rester à l’animation (ou partir si les enfants ont plus de 6 ans).
Assise sur des coussins, Marion esquisse un petit historique des cerfs-volants qui sont apparus d'abord en Asie du Sud Ouest, inventés peut-être par des pêcheurs.
On apprend qu'ils ont été utilisés en Chine (pour passer des messages, pour mesurer les distances, grâce à la longueur du fil, pour faire peur à l’ennemi...).

Marion raconte une légende, interroge les enfants puis leur donne un cerf-volant qu’ils vont décorer aux feutres.
Chacun s'applique, visiblement très motivé.
Le résultat est déjà prometteur mais l'enjeu est surtout de parvenir à le faire voler. Il va donc falloir attacher une ficelle avant de faire un nœud pour le tenir à bout de bras.
Les enfants pourront toujours ajouter ultérieurement un fil plus long. Pour le moment ils s'élancent en tenant leur engin précieusement et dans une pure allégresse ... jusqu'à essoufflement.

mardi 23 juin 2015

Les Millésimes de ces Dames

La vie d'une blogueuse est ponctuée de rencontres et de découvertes plus ou moins heureuses. J'aurais très franchement loupé quelque chose si je n'avais pas accepté l'invitation lancée par Victoria Solal-Audoin qui est l'instigatrice d'une entreprise originale consistant à sélectionner des vins de femmes pour des femmes.

Que les hommes se rassurent. Le sexe dit fort était dignement représenté ce soir et a beaucoup apprécié les choix de Victoria. Et même si je respecte le positionnement de la jeune femme ce serait vraiment dommage que les hommes s'imaginent que ses choix sont exclusivement dédiés aux amatrices de vin.

Sans lui faire la moindre critique je dirais que ses bouteilles sont avant tout des vins excellents. Forcément elle ne pouvait s'autoriser la moindre erreur ... de goût.

J'ai d'ailleurs appris que plus de 65% des achats de vin en France sont effectués par des femmes. Qu'elles sont des consommatrices régulières : 43,8 % au moins une fois par semaine. Et surtout que de plus en plus de femmes sont présentes en tant qu’acteurs économiques aux différents niveaux de la filière vin. Un oenologue sur quatre est une femme. Le tout avec modération, comme il se doit.

Bref, le marché du vin se féminise et c'est en toute logique que Victoria, petite-fille et arrière petit-fille de négociant en vins, a lancé en septembre 2012 une gamme de vin au féminin joliment intitulée "Les Millésimes de ces Dames"qui est aussi une boutique en ligne.
Il existe 6 ou 7 références. D'autres sont d'ailleurs à venir, en particulier un rouge. Nous en avons découvert trois au cours d'un apéritif gourmand organisé au Bar du Caveau, en bordure d'une place Dauphine qui avait jolie mine ce soir.
Victoria nous a suggéré de commencer avec un Rosé Bio, un Côtes de Provence du Domaine Saint Roman Desclans. Il est très clair, à la limite d'un Gris, léger mais fruité. On sent immédiatement le bénéfice de l'absence de sulfites. Ce n'est pas lui qui nous "tapera sur la tête".
Nous poursuivons avec un Blanc, un Côtes du Roussillon du Domaine de Vénus, élaboré par Alice Euvrard. La vigneronne est discrètement présente. J'espère qu'elle aura entendu les compliments qui ont été faits sur son travail.
Et pour terminer, un Rosé Pétillant, Côte Roannaise du Domaine Sérol dont les bulles roses, fraiches et pétillantes,  a séduit l'assemblée avec ses notes de mûres. on l'imagine très bien en apéritif comme pour accompagner un dessert.

Les trois cuvées ont été élaborées par des vigneronnes et sélectionnées avec soin par Victoria qui pouvait à juste titre savourer les avis des personnes présentes. Victoria est persuadée qu'il existe un vin pour chaque femme … correspondant à sa personnalité. Son objectif est de proposer un breuvage qui, par ses subtilités et ses qualités comblera les papilles de chacune.

Je ne sais pas encore quel est mon profil et je ne demande qu'à le savoir mais pour le moment je suis très largement convaincue par cette dégustation.

L'idée née au cours d'une soirée (entre filles) est donc validée haut la main et nous allons suivre le développement du site. On y retrouve l’ensemble des vins sélectionnés d'abord pour les femmes avec leur provenance et leur histoire. Les productrices sont mises en avant de manière à ce que la passion pour un travail féminin de qualité soit partagé avec les internautes. La livraison est assurée gratuitement sur la région parisienne à partir de 6 bouteilles.

Le virtuel n'étant pas l'objectif ultime Victoria organise aussi des réunions à domicile et peut se déplacer chez les personnes qui souhaiteraient organiser une vente dégustation ... entre filles ... ou pas que ...

dimanche 21 juin 2015

Vincent Warin revient au Festival Solstice avec l'Homme V.

J'avais découvert Vincent Warin au Festival Solstice il y a cinq ans. Certains s'en souviennent encore, évidemment. Quel chemin parcouru quand je relis ce que j'avais alors écrit.

L'artiste revient aujourd'hui pour ce même festival et comme à son habitude l'entrée en scène étonne. Il est cette fois réellement caché, sous plusieurs morceaux de toile noire.

On peut voir un géant bossu dans cette étrange silhouette… ou bien un dromadaire. J'ai pensé à ces marionnettes géantes du Bread and Puppet Theater.

Le début est spectaculaire mais il reste une marge de progression parce que Vincent est entravé dans le tissu. Il doit au sens propre tourner en rond pour se dépouiller de ses oripeaux. Je ne suis pas sure que ce soit absolument nécessaire.

Ce qui ne fait aucun doute c'est que Vincent Warin a choisi de théâtraliser son art. Il évolue désormais sur une vraie piste quand autrefois il se satisfaisait d'un terrain de volley goudronné.

Du coup cet ancien champion de France de BMX free style va pouvoir exécuter des figures beaucoup plus sophistiquées parce que les pneus adhèreront ou glisseront différemment.

La présence d'un violoncelliste qui joue en direct est un "plus" incontestable. Le public devient spectateur d'un spectacle qui prend une dimension chorégraphique, fortement imprégnée de hip-hop.
Le vélo est toujours un partenaire à part entière et la performance ne se relâche jamais.
Quand Vincent ne tourne pas il mouline. Faire du "sur place" lui permet de jouer avec le public, provoquant les rires. Il mime l'agacement pour amuser la galerie, avance en "nageant", saute sur place, sur une ou deux roues. Le vélo fait corps avec lui et il semble pourvoir obtenir tout de cet instrument que l'on croirait fabriqué en caoutchouc.
On en oublie qu'il prend des risques.

mardi 16 juin 2015

The Art of the Brick à Paris Expo, du 14 mai au 30 août

Voici une exposition qui se trouve juste à coté de Lascaux 4 où je vous emmenais hier. Elle est très différente mais tout autant susceptible d'intéresser une famille par ses aspects récréatif, ludique, pédagogique et son ouverture sur l'art contemporain.

L'art ne suit pas les règles, prévient l'artiste d'emblée. Il est inspiré par tout partout. Et surtout par ce tout petit élément qui s'appelle judicieusement "brique" et qui révèle un énorme potentiel créatif qui fascinera autant petits et grands visiteurs.

C'est à l'âge de cinq ans que Nathan Sawaya a ouvert un matin de Noël son premier baril en comprenant tout de suite qu'il n'y avait aucune obligation à faire le modèle photographié sur la boîte.

A 10 ans, Nathan se vit refuser l’adoption d’un animal de compagnie par ses parents. Il réalisa alors un chien en briques LEGO, grandeur nature.

Ce n'est que beaucoup plus tard, à l'âge adulte et après un début de carrière prometteur comme avocat qu'il revient à sa passion, la construction de figures en LEGO®.
Son atelier de Los Angeles est riche de 4 millions de pièces, toutes rangées par forme et par couleur. Il a donné naissance à un processus créatif ancré dans le ludique, que beaucoup considèrent comme une révolution dans le domaine des arts.

Ses oeuvres sont en ce moment à Paris et la visite de l'exposition est plutôt fascinante, même si on peut ne pas apprécier tout avec la même admiration.
On peut penser que c'est une question de diplomatie. L'artiste met un point d'honneur à entreprendre une œuvre spécifique pour honorer chaque ville accueillant l'exposition. Paris reçoit donc son blason  et sa devise Fluctuat nec mergitur qui ouvre le parcours proposé sur 1500 m².

C'est au Baron Haussmann que l'on doit l'ajout de cette devise, "Il flotte mais ne sombre pas" sur les armoiries de la capitale, en référence au bateau figurant sur le blason, évoquant l'époque où le commerce et les échanges maritimes avaient lieu sur la Seine. Pour ma part je ne peux m'empêcher d'associer le choix de Nathan Sawaya (qui aurait pu tout aussi bien exécuter une Tour Eiffel) au Mayflower qui fut le bateau avec lequel arrivèrent les premiers émigrants dans son pays.

Les armoiries remontent à 1190 et à Philippe Auguste, roi capétien de France et elles sont restées le symbole de Paris jusqu'à la Révolution Française avant d'être rétablies par Louis XVIII.
Le public prend connaissance avec des oeuvres qui ne sont pas à proprement parler très originales, et sans doute choisies pour leur proximité avec les originaux. Ici Pencil Yes, haute de 61 cm qui a demandé 9800 pièces.
Une girafe tigrée réalisée avec 1650 pièces.
Des pommes, dont une à l'échelle 1/1, avec 1292 autres.

On peut aussi admirer un violoncelle (non photographié) en taille réelle, faite après une rencontre avec le maître Yo-Yo Ma, avec pas moins de 7 695 briques. 
Une main, une autre main ... une composition intitulée "la foule" ... 
Il a recomposé des sculptures célèbres comme la Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace ou le Penseur de Rodin. Une seconde évocation de ce dernier est installée dans un fauteuil et le visiteur est invité à se photographier en miroir.
Il ne coupe jamais une pièce, étant attentionné à ce qu'un enfant puisse refaire la même chose sans outil particulier. On notera dans les petits films qui sont présentés qu'il colle cependant les pièces pour assurer la solidité de l'ensemble.

lundi 15 juin 2015

Si vous n'allez pas à Lascaux la grotte s'invite chez vous

L'émotion qui a été ressentie par quatre adolescents en vacances dans le Périgord le 8 septembre 1940 devait être énorme. Ils venaient de découvrir des peintures et des gravures qui avaient été réalisées par des ancêtres 200 siècles plus tôt.

Le nom de Marcel Ravidat figure parmi les inventeurs (c'est comme cela qu'on désigne quelqu'un qui fait une découverte de cet ordre, comme on le fait aussi quand il s'agit d'île ou d'étoile).

S'il existe vingt-cinq grottes ornées dans la région celle de Lascaux est sans doute la plus riche puisqu'elle a été surnommée la Sixtine de la Préhistoire.

Une exposition itinérante permet d'approcher ce sentiment. Intitulée Lascaux III à l’initiative du Conseil Départemental de la Dordogne, elle se déplace depuis 2010. Elle est en ce moment présentée au Parc des Expositions de la Porte de Versailles, à Paris jusqu'au 30 août 2015.

Lascaux fut immédiatement reconnu comme site remarquable et draina un très grand nombre de visiteurs. On constata assez vite un certain nombre de maladies qui affectaient les parois. Des algues et des champignons commençaient à endommager les œuvres. Le ministre de la culture André Malraux décida alors de fermer le site en 1963.

Grace aux progrès techniques il fut possible d'ouvrir vingt ans plus tard une réplique de la galerie principale sous le nom de Lascaux II, que j'avais eu la joie de visiter il y a une dizaine d'années.

L'exposition restitue par le biais d'un film en 3 D le décor de la Salle du Taureau et du diverticule axial, long d'une vingtaine de mètres que l'on regarde avec des lunettes spéciales.
Je ne me souvenais pas exactement de la beauté du lieu, sans doute parce que j'étais le jour de ma venue préoccupée par la surveillance de mes enfants. Je me rappelle d'une température très froide.

Le film est d'excellente qualité et l'effet 3 D est impressionnant. Il est ensuite plus facile d'observer les dessins qui sont reproduits sur des plaques de bois.
Des maquettes 1/10 en six tronçons permettent de se rendre compte de l'architecture et du réseaux de couloirs souterrains.
Après quelques panneaux explicatifs, le public est invité à pénétrer dans le cœur de l'exposition pour voir grandeur nature des œuvres qui ne figurent pas dans Lascaux II. Ce sont les répliques exactes de leurs œuvres les plus célèbres composant un ensemble de cinq fac-similés, réalisés en 2011 selon la technique du "voile de pierre" à partir des parois de la grotte périgourdine.
Des scènes qui, à ce jour, n’avaient jamais été vues du grand public. Ce sont les panneaux de la Nef, composés de la frise des bouquetins et le panneau de l'empreinte, le panneau de la vache noire, le panneau des bisons adossés,...
... la frise des cerfs qui rassemble 4 têtes de cerfs sur une longueur de cinq mètres ...
... et la scène du puits, qui est l'unique représentation humaine que l'on surprend au fond du puits d'un mystérieux homme-oiseau au sexe dressé.
Surgissent des Bouquetins affrontés, des Chevaux chinois, la Vache qui saute et des signes abstraits.

dimanche 14 juin 2015

Paris Basque réussi au Trinquet

Tous ceux qui ont des liens avec le Pays Basque connaissent cette enclave située en bord de Seine, sur le quai Saint Exupery dans le XVI° arrondissement de Paris. On l'appelle le Trinquet et c'est en quelque sorte l'équivalent de Roland Garros pour le sport national basque.

Depuis plus de cent ans s'y déroule une manifestation qui met à l'honneur la pelote basque.

Elle s'élargit désormais avec une proposition de street food respectant les codes de la gastronomie basque et change de nom du même coup, devenant Paris-Basque.

J'y suis allée par curiosité, y suis restée avec appétit et y reviendrai l'an prochain c'est certain.

Un astucieux système de jetons permettait de résoudre la question de la monnaie. Les plats et les boissons étaient affichés en général à deux jetons verts, ce qui mettait la portion à un prix raisonnable de 4 €, à condition d'en avoir acquis pour 20 €. C'était le minimum requis et correspondait à un budget suffisant pour déjeuner pour deux personnes. Les célibataires devront s'associer ... à moins que les jetons ne soient thésaurisés d'une année sur l'autre.

Commençons par la recette de Rémy Escale avec les produits du charcutier Iker Alzugaray, tous deux en photos ci-dessus. Le jeune chef ouvrira bientôt un restaurant à Biarritz.
Une fois posée le pétale de pensée le plat prend immédiatement une allure gastro.
De grands chefs avaient imaginé les recettes. Tous n'étaient pas présents, mais tous avaient concoté les recettes. Je n'ai évidemment pas goûté à tout mais tout fut bon, et les portions généreuses, sauf exception, vous jugerez sur photo.
Yves Camdeborde avait eu l'audace d'associer le tarama et le coeur de canard, d'excellents produits de la maison Barthouil qui ne figurent pas encore dans la série Frères de terroirs mais cela ne saurait tarder, si vous voulez mon avis.
J'ai eu la chance de pouvoir discuter avec Guillemette Barthouil qui m'a raconté comment son grand-père, charcutier à Peyrehorade en était venu à fumer le saumon, sur le conseil d'un ami parisien qui lui suggéra de puiser dans l'Adour.

Il est allé au Danemark pour apprendre la technique. Encore aujourd'hui tous les saumons sont fumés avec des copeaux d'aulne qui sont fournis par un savetier local et salés au sel sec de Salies-de-Béarn. L'aulne est un bois aux essences volatiles dégageant un goût doux et rond, non résineux et sans acidité. L'opération prend 24 heures mais il faut compter une semaine à partir du moment où la maison reçoit le saumon frais, entier, sous glace mais jamais congelé.

A la période de Noël il peut y avoir jusqu'à neuf différences de goût et de texture selon que l'on choisit un saumon fumé d'élevage (il est alors norvégien) ou sauvage (baltique, norvégien, écossais ou français) ou encore certifié bio (norvégien, écossais ou irlandais) ...

Et pour donner une idée des volumes on peut estimer à 100 tonnes de saumon à l’année : 30 tonnes de sauvage de l’Atlantique nord et de l’Adour, 70 tonnes d’élevage - dont 30 de bio. Les parisiens ne sont pas obligés d'aller dans le Sud-Ouest puisqu'une boutique s'est ouverte rue Charlot.

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