lundi 11 juin 2018

Une mère modèle de Pierre Linhart

Encore un premier roman, et j'ai envie d'écrire qu'il décoiffe. L'histoire de cette mère modèle est bouleversante pour qui la lit au pied de la lettre. Seul l'humour permet de ne pas oublier que c'est une fiction.

L'éditeur le présente comme un roman d’émancipation dont l'héroïne, assoiffée de liberté, y emprunte un chemin inattendu pour redéfinir sa place dans le monde. J'y ai lu le récit d'une femme victime d'une sorte de burn-out sentimental.

Au début de l'histoire que nous conte Pierre Linhart, cette femme a (p. 49) un mari qu'elle aime follement, un fils qu'elle adore, une vie dévouée à la musique ... et semble immensément heureuse. Le lecteur accède à ses moindres pensées et entend ce qu'elle souhaite : Que je sache garder cet état de plénitude en moi. A jamais.

Juste là Florence avait tout maitrisé, depuis la mort de sa petite soeur Sandra, la dépression de sa mère, une série de fausses couches, le départ de son mari pour New-York ... Bref la wonder woman réussit à donner l'illusion que tout va bien dans un présent forcément provisoire, le temps de décider si oui ou non toute la famille va se déplacer aux Etats-Unis.

L'expatriation est un choix difficile, qui s'accompagnera forcément de renoncements. Florence a été fragilisée par des pertes et ne peut pas en assumer une nouvelle. Elle le sait intuitivement et tout ce qu'elle réussit à faire, c'est temporiser. Parce que, c'est dans sa nature, elle déteste promettre des choses qu'elle n'est pas sure d'honorer (p. 120).

Elle se met à douter de tout, de sa relation maternelle avec Joachim, son fils de dix ans, enfant roi souvent capricieux, comparativement à la docilité de Moussa, un de ses camarades d'école pour lequel Florence se prend soudainement d'attachement, d'autant que le gamin est très doué pour la musique, contrairement (apparemment) à son fils. Lequel des deux serait l'enfant idéal d'une femme qui voudrait être la meilleure des mères possibles ?

Elle compromet son couple en cédant au désir que lui inspire Michel, un collègue qu'elle sait volage. Mais la responsabilité est partagée car il (William, son mari) savait que vivre séparément mettait leur couple en péril, tout simplement parce que c'était la preuve qu'ils arrivaient à vivre l'un sans l'autre (p. 98).

Chaque évènement remet en cause ses certitudes, son mode de vie, et fait voler en éclats ses résolutions. On pourra estimer comme William que Florence surréagit et que sa vie pourrait être plus facile si elle ne se la compliquait pas. L'auteur nous fait partager le fil de ses pensées les plus intimes, qu'il nous livre en italiques. Alors on adopte le point de vue de cette femme parce qu'on sait combien elle cherche systématiquement à trouver une solution en réponse à chaque question.

Il nous permet parfois d'accéder au ressenti des autres protagonistes, ce qui nous donnerait envie d'intervenir pour les aider à surmonter leurs difficultés. On comprend que tout est question de point de vue.

Personne n'est Superman pour avoir le pouvoir de remonter le temps ( p. 151). Il en résulte un portrait très sensible, qui démontre l'impuissance de l'entourage, des psy et des médicaments à aider durablement quelqu'un qui traverse une crise existentielle.

Diplômé de la Fémis, Pierre Linhart est réalisateur, et scénariste. Une mère modèle est son premier roman.
Une mère modèle de Pierre Linhart, chez Anne Carrière

dimanche 10 juin 2018

Une journée à Thoiry, premier épisode : la traversée en camion brousse

J'ai passé en famille une journée entière à Thoiry et c'est une expérience que je recommande amplement quel que soit l'âge de votre tribu.

Le parc entre dignement dans sa cinquantième année. Les lieux ont bien changé depuis quelques mois, mais sans perdre du tout la philosophie du projet originel, né en 1968 quand Monsieur de la Panouse a imaginé "sa" révolution, en décidant de présenter les animaux en inversant le processus, les laissant en semi-liberté et enfermant en quelque sorte les visiteurs (dans leur véhicule).

J'avais déjà suivi plusieurs fois le parcours Safari avec mon propre véhicule mais cette fois c'est en camion brousse que j'ai pu pleinement profiter de la visite.

Un autre article sera consacré à un moment privilégié auprès des lémuriens, en compagnie de leur soigneur. Un troisième retracera une visite plus classique et un dernier présentera d'autres nouveautés et perspectives de développement du parc.
Pour le moment nous partons rejoindre le camion brousse stationné près de l’enclos des hyènes qui ressemblent à de gros nounours bien repus. Il est conseillé d'être à l’heure. Le véhicule est équipé de vitres (pour la sécurité des visiteurs) surmontées de grillage, ce qui permet de percevoir toutes les odeurs et d'entendre ce qui se passe. Un marchepied est prévu pour faciliter l'accès. On peut dire qu'on se trouve dans un quasi grand confort.
Nous allons traverser le continent africain, puis américain. On reviendra ensuite dans la partie africaine et on fera une incursion dans le territoire des lions. Cet espace est ultra sécurisé avec un sas fermé par deux portes électriques. Les autres sont ouverts mais les animaux ne risquent pas d'en sortir soit parce qu'un passage canadien (une série de tubes) dissuade les animaux à sabots de s'y aventurer en raison de leur instabilité, soit, pour les autres, par des plaques métalliques électriques posées sur le sol.

On entend parfaitement la voix de notre chauffeur-guide, Philippe, qui va nous donner des renseignements rigoureux sur chaque espèce rencontrée, à commencer par les antilopes presque cachées dans le sous-bois.

vendredi 8 juin 2018

La nuit introuvable de Gabrielle Tuloup

J'ai eu la chance de découvrir ce premier roman de Gabrielle Tuloup parce qu'il a rejoint la sélection du premier semestre 2018 des 68 premières fois ... 

Le sujet n'est pas en soi très original : un fils qui se plaint de n'avoir pas été suffisamment aimé est confronté à une mère qui glisse dans la maladie d'Alzheimer.

La nuit introuvable est un livre qui se lit vite et qui est pourtant intense.

Nathan a quarante ans. Il a perdu son père il y a quatre ans et s'est depuis expatrié en Slovénie, ce qui lui permettait d'oublier le naufrage de son couple et de ne plus voir une mère qui n'a jamais été affectueuse avec lui.

Deborah me quittait parce qu'elle voulait un enfant que je ne lui donnais pas. Ma mère revenait vers un enfant qu'elle n'avait jamais vraiment voulu (p. 31).

Le roman commence quand sa mère exprime le souhait de le revoir d'urgence. Marthe a confié huit lettres à sa voisine Jeanne, avec pour instruction de les remettre à son fils selon un calendrier de visites précis, très ritualisées qui vont s'étaler sur dix-huit mois. Nathan voudrait refuser mais la curiosité l'emporte et bientôt il se prend au jeu.

Le lecteur découvre en même temps que lui la teneur de ces courriers qui ont le poids de la confidence. Ce n'est qu'à la fin que nous comprenons l'ampleur du non-dit qui est à l'origine de la difficulté de la mère à témoigner de l'amour à son fils.

Nathan en ressortira bouleversé mais grandi. Jeanne avait bien raison de l'en prévenir : On ne sauve sa vie qu'en accompagnant celle des autres. Autrement la maison s'écroule (p. 92).

Ceux qui baignent dans une atmosphère familiale chaleureuse trouveront l'intrigue cousue de fil blanc. J'ai trouvé pour ma part que la situation est parfaitement crédible. L'amour maternel n'est hélas pas automatique, loin de là et les dernières pages sont très émouvantes.
La nuit introuvable de Gabrielle Tuloup, Éditions Philippe Rey, en librairie depuis le 1er février 2018

jeudi 7 juin 2018

Yomo, des yaourts italiens


J'ai eu l'occasion de découvrir les yaourts de la marque YOMO que j'ignorais totalement et qui pourtant sont arrivés en France il y a deux ans.

Cette marque appartient au groupe coopératif Granarola qui est le premier groupe laitier italien, auquel appartient aussi Casa Azzurro dont j'apprécie beaucoup les produits.

YOMO est une marque très ancienne puisqu'elle a été créée en 1947 à Milan autour de l'idée de proposer un yaourt au lait entier à la texture plus crémeuse que le yaourt standard (dit bulgare, que l'on connait particulièrement en France).

Le plus crémeux revendique "recette crémeuse" sur l'emballage. Composé de yaourt, crème, fruits et sucre, il ne contient pas d'additifs. Il existe en duo de deux pots de 125 grammes, en trois parfums : cacao, noisette et pistache, qui est celui que j'ai testé.

La douceur du parfum est étonnante. La pistache est discrète et la texture est soyeuse, comme promis.

mercredi 6 juin 2018

Cinq ami(e)s au soleil de Emma Sternberg

Surpendre son fiancé adoré à califourchon sur sa meilleure amie a de quoi vous désespérer de l'amitié (et de l'amour).

Linn n'a guère le temps de pleurer parce qu'une nouvelle incroyable l'oblige l'instant d'après à s'envoler pour la péninsule des Hamptons qui est sans doute un des spots préférés par les new-yorkais les plus riches. La jeune femme a hérité de sa lointaine tante Dorothy d'une immense maison dans ce paradis où la nature y est incroyablement belle et apaisante.

La maison est un rien délabrée, mais pleine de charme, et sera remise au goût du jour par Linn qui est adepte du style shabby chic (romantique féminin et vintage).

Elle va découvrir au Sea Whisper Inn cinq colocataires, tous amis de sa tante, et tous seniors, qui ont pour point commun d'aimer la vie et de la savourer.

Adoptée par cette communauté atypique, Linn se laisse charmer par leur philosophie et leur humour. Elle reprend doucement goût à l’existence et se laisserait bien charmer par le fils d'une de ses nouvelles amies, Ted, s'il n'était pas marié et père d'un petit garçon.

Ce sera difficile pour elle d'avoir le coeur de vendre la propriété. Il serait urgent de trouver une idée pour la conserver et régler les droits de succession. Voilà qu'un (très séduisant) journaliste en quête de sensationnel frappe à la porte.

Emma Sternberg, née à Hambourg en 1979, a étudié la communication avant de travailler à la radio.

Ce premier roman est plutôt réussi. Cinq ami(e)s au soleil est un livre plaisant à lire. L'intrigue est solide et l'attention du lecteur est toujours maintenue. Tout ne va pas toujours pour le mieux si bien que le suspense est entier jusqu'à la fin. On découvre un mode de vie, un paysage, la douceur de vivre devient communicative. L'auteure est habile pour nous envoûter. On croirait presque que le personnage du peintre Paul Byron a réellement existé.

Ce qui est amusant c'est que, bien qu'écrit en langue allemande, on découvre des expressions italiennes (Ornella est un personnage originaire de ce pays) et d'autres très américaines, comme there's life in the old dog yet, que l'auteure ne traduit pas vraiment mais dont on devine le sens, à savoir il y a toujours quelque chose de bon à tirer d'une vieillerie;

Alors que Linn estime miraculeux qu'un auteur réussisse à nous entrainer dans un  long voyage alors que lui-même se trouve dans une simple chambre d'hôtel (p. 119), Patty, une des colocataires, lui donne la réponse : tout cela est dans nos têtes! Il est tout aussi miraculeux qu'il suffise, pour nous donner faim, que quelqu'un parle avec passion de crêpes au sirop, ou qu'on puisse être amoureux de quelqu'un vivant à l'autre bout du monde.

Voici un livre en compagnie duquel on a un avant-goût de nos futures vacances.

Cinq ami(e)s au soleil de Emma Sternberg, traduit de l'allemand par Jean-Marie Argelès et Laurence Richard, éditions de l'Archipel, en librairie depuis le 6 juin 2018

dimanche 27 mai 2018

Roméo à la folie de Christine Sagnier

J'avais entendu parler de Roméo à la folie au Salon du Livre Paris au moment de la présentation de quelques-uns des romans retenus dans le cadre du troisième Prix Hors Concours. L'envie de lire davantage qu'un extrait était très forte.

C'est un roman qui s'est avéré à la fois facile et difficile à lire.

L'auteure traite deux sujets complexes, l'adoption d'un enfant qui se révèle différent de ce qu'on avait annoncé aux futurs parents et les troubles psychiatriques d'un adolescent.

On découvre au fil du récit combien les médecins sont arqueboutés dans la théorie avec conformisme sans considérer les parents, perçus comme des bourreaux, forcément, puisque ce sont les seuls à exprimer une angoisse. Comme il est commode de les désigner coupables, surtout la mère qui est l'os que les psys rongent quand ils n'ont rien d'autre à se mettre sous la dent. Elle est abusive, fusionnelle, castratrice ... trop ... toujours trop (p. 83).

Forcément ils vont se remettre en cause, s'interrogeant sur le moment où ils ont pu fauter (p. 57).

Le garçon porte un prénom de séducteur. Roméo est beau comme un ange, mais ses agissements sont diaboliques.

Que d'espoirs ruinés depuis ce jour où les adoptants ont croisé le regard de ce gosse originaire d'Abyssinie, de soit-disant 4 ans et demi. Premier mensonge : on le dit orphelin alors que sa maman biologique est toujours en vie. Seconde tromperie : le môme avait déjà au moins huit ans, et quand on sait qu'une psychanalyste de renom avait dit que tout se joue avant six ans ...

L'enfant a eu de formidables capacités d'adaptation (au climat européen, à la différence de mode de vie, à des codes culturels et éducatifs très différents ...). Il aura été très aimé. Très vite il révélera une tolérance zéro à la moindre frustration.

Christine Sagnier raconte le bad trip de Klara, une maman contrainte à supplier que son cher petit (devenu grand) monstre ait accès à des soins. Mais comment convaincre les psychiatres quand ceux-ci ne voient que le sourire qui charme tout le monde ? 

Comme il leur est facile de ne voir qu'un conflit familial (alors que le garçon a tout de même cassé le poignet de son père) sermonner des parents qui ne peuvent qu'avoir tort, prônant qu'un enfant, il faut le prendre comme il est (p. 28), au mépris de la règle fondamentale que les adultes doivent être garants d'un cadre. Etre conciliant avec un tyran ne pourra conduire qu'au désastre ... à la folie pour tous, dans une sorte de mimétisme infernal.

Le lecteur découvre, médusé, les a priori négatifs des professionnels et leurs propos surréalistes, que l'auteure n'a pas eu besoin d'inventer. Ils sont très largement inspirés de la réalité. Dans un tel contexte, on peut facilement confondre les propos d'une patiente égarée avec la conversation d'un médecin psychiatre. La frontière est ténue.

Faire soigner son enfant, lorsqu'il est atteint de troubles psychiatriques, exige un maximum de disponibilité car les rendez-vous sont donnés sans tenir compte de leur emploi du temps professionnel. Tout ça pour entendre : Vous êtes forts, continuez ! (p. 34)

Leur force se nourrit d'un humour décapant et cette politesse, que l'on dit être du désespoir, ne fait pas recette en psychiatrie. Cette maman en a à revendre. Certaines scènes sont d'une immense drôlerie comme l'arrivée à l'hôpital de leur voiture repeinte de fientes d'oiseaux quasi indécollables (ayant connu un tel épisode j'imagine très bien la catastrophe).

Pleurer, boire (trop) et puis courir pour s'abrutir (p. 74) ... on ne peut leur jeter la pierre quand tout fout le camp.

On est heureux d'apprendre qu'aujourd'hui tout va désormais bien. L'écriture est décidément plus vertueuse qu'un anxiolytique.

Le roman s'adresse à tous les parents d'enfants qui ont, ont eu ou auront des ados.

Roméo à la folie de Christine Sagnier, éditions Zinedi, en librairie depuis le 15 juin 2017

samedi 26 mai 2018

Change me mis en scène par Camille Bernon et Simon Bourgade

Axel n'a que vingt-et-un ans, un âge qu'on présente comme celui de tous les possibles. Son voeu le plus cher est de changer de sexe et Change me pourrait être son invocation. Pour le moment la jeune fille se débrouille seule et on la découvre dans la salle d'eau, affairée à sa transformation, incomprise d'une mère à la sensualité provocante (Pauline Bolcatto, qui interprète aussi le rôle de Stéphanie).

On la verra ensuite très à l'aise parmi ses copains. Rien ne laisse supposer qu'un drame couve et que les amis avec qui elle s'éclate seront ses bourreaux ... au moment où Axel s'apprêtera à vivre son premier rapport sexuel avec la jeune fille qui a gagné son coeur (Pauline Briand).

Camille Bernon et Simon Bourgade se sont inspirés d’un fait divers qui s'est déroulé aux Etats-Unis il y a déjà 25 ans et qui pourrait hélas s'inscrire dans une actualité récente tant que l'homophobie demeurera un fléau. Brandon Teena, jeune transgenre, a été violée puis assassinée par ses amis quand ils ont découvert sa véritable identité. Les deux metteurs en scène auraient pu s'arrêter là. Ils ont fort intelligemment relié cette tragédie au mythe d’Iphis (puisé dans les Métamorphoses d’Ovide au premier siècle de notre ère) et à la reprise de ce mythe par Isaac de Benserade au XVII° siècle.
Nous voulons écrire un mythe contemporain qui réponde aux enjeux de cette figure, et comme en établir la généalogie : montrer comment – parce qu'on a toujours censuré, nié ou marginalisé cette partie de la population –, l'histoire n'a cessé de se répéter ; comment –parce qu'elle a été occultée –, elle est toujours au travail à travers le temps, depuis les mythes d'Ovide jusqu'à nos faits divers contemporains ; et comment elle a été, à chaque époque, source de violence.

jeudi 24 mai 2018

Tabarnak du Cirque Alfonse

Après avoir retourné la France avec Timberle Cirque Alfonse, qui est le plus québécois des cirques québécois revient à Paris à Bobino du 16 mai au 09 juin 2018 avec ce nouveau spectacle plus déjanté que jamais et à la folie contagieuse. 

Tabarnak démonte fougueusement les rites traditionnels au profit de numéros sensationnels qui laissent bouche bée. On assiste à une fresque musicale aux allures de show rock, une célébration exubérante qui mêle cirque et musique façon Alfonse…

Au tout début quelques artistes sont déjà sur scène quand le public commence à s’installer.

Deux d'entre eux lisent et trois autres tricotent, ce qui en soi est déjà inhabituel, d’autant plus quand vous saurez que ce sont des hommes. Ils ne se débrouillent pas si mal. Leurs doigts sont habiles et nous aurons bientôt d’autres preuves de leur agilité.

Ils finiront par être neuf. Notre œil tente de décoder la signification des accessoires. Beaucoup d’objets auraient leur place dans un cabinet de curiosités ou sur un marché aux puces. Un soldat de plomb de la taille d’un enfant de six ans, une paire de skis de randonnée datant du siècle dernier, un masque d’oiseau.
La radio grésille. Un bonimenteur fait office de commissaire priseur pour faire monter les enchères à propos d’un bonnet rouge, qu’il attribuera pour 130 euros à une spectatrice ahurie de le recevoir sur ses genoux, lancé par une jolie blonde.

La troupe connaîtra une ovation debout à la fin du spectacle. Mais pour l’heure rien n’est gagné et le public est sur la réserve. Le chauffage de salle est laborieux.
Alors, fémurs et tibias protégés par d’épaisses couches, la blonde hockeyeuse donne les règles. De un on se lève pour l’hymne. De deux on tape des pieds. Se lever c’est facile, les spectateurs obtempèrent. Taper des pieds c’est une autre affaire. On la laisse chanter et se déhancher pour mener une incantation peau-rouge.

On se rassoit rassurés. Nous allons passer un chouette moment.

mardi 22 mai 2018

Un peu plus que parfait... de Louise Pentland

Louise Pentland est journaliste à Londres. Elle anime aussi une chaîne YouTube qui affiche près de 4 millions de followers. Nommée ambassadrice des Nations Unies pour l’égalité des sexes, elle signe son premier roman, Un peu plus que parfait...  qui est déjà un best-seller traduit dans une dizaine de langues.

Robin est une mère célibataire qui jongle avec plus ou moins de succès entre les différentes facettes de sa vie. Entre sa profession, sa fille, et les obligations qu'elle s'impose pour ressembler à la femme parfaite aux yeux des autres mamans, la jeune femme subit une pression qui menace son équilibre psychique.

Pas le temps dans un tel contexte de songer à trouver un compagnon. C'est pourtant un de ses voeux et Robin va mettre tout en oeuvre pour y parvenir en ayant recours à un site de rencontres.

L'auteure a écrit une comédie très actuelle dans un ton plutôt humoristique. La scène où la fille de Robin envoie des flashs aux profils inscrits sur le site à partir du téléphone de sa maman (p. 116) ne manque pas de piquant.

La jeune femme et ses acolytes gloussent et jurent à qui mieux mieux. Chacune trouve toujours matière à s'extasier sur quelque chose de "fun" à longueur de journée.

Même si le roman se lit facilement, il aurait gagné à une écriture plus soutenue. C'est une lecture "parfaite" pour les vacances.

Un peu plus que parfait... de Louise Pentland, traduit de l'anglais par Ariane Maksioutine, City éditions, en librairie depuis avril 2018

samedi 19 mai 2018

Taste of Paris, rencontre avec quelques Producteurs-Artisans de Qualité du Collège Culinaire de France, Episode 1


Ils s'appellent Monsieur Appert, Caviar de Neuvic, Doumbea, Bayard, Honly ... et ont en commun avec une trentaine d'autres producteurs présents sur la manifestation d'être labellisés Artisans de Qualité par le Collège Culinaire de France, une appellation qui existe depuis 2014.

Taste of Paris qui vient d'avoir lieu du 18 au 21 mai, sous la nef du Grand Palais, était une occasion d'aller à leur rencontre. Voilà une manifestation très gourmande que je vous recommande d'inscrire à l'avance dans votre agenda. On peut grosso modo s'y livrer à trois types d'activités : des leçons de cuisine, dîner ou déjeuner à prix modeste des repas conçus par de grands chefs, et rencontrer les producteurs d'un marché gourmand.

Je n'ai eu le temps, l'espace d'une soirée que de suivre une recette dans l'espace Electrolux et de parcourir disons la moitié du marché, riche d'une trentaine de producteurs-artisans.

Beaucoup d'exposants viennent régulièrement d'année en année et ont une clientèle fidèle qui profite du salon pour goûter les nouveautés, en acheter ou les commander en connaissance de cause ultérieurement sur les sites dédiés parce que, pour la majorité d’entre eux, leurs produits ne sont vendus qu’aux professionnels.

C’est donc une occasion unique d’avoir accès à ces produits d'exception que l’on ne retrouve habituellement que sur les plus grandes Tables de France.

J'ai retrouvé des visages connus. Par exemple Gilles Tessierqui produit les jus de pommes et pétillants sans alcool des Vergers de la Silve (Pays-de-la-Loire), Yves le Guel, le dernier à faire le véritable jambon de Paris dans son atelier de la rue de Charonne, chez DoumbeaFrançoise Bayard, qui produit avec son mari et ses enfants des variétés spéciales de pommes de terre (Hauts-de-France).
Parmi eux, Monsieur Appert auprès de qui une halte est toujours la promesse de réjouir son palais. Je n'avais pas pu déguster une de ses dernières créations, le Mille-Feuilles d'Agrumes par Sonia Ezgulian, qui a toujours des idées créatives gourmandes et au delà.

La cuisinière en achète des cagettes entières et les cuisine en version salée ou sucrée. "Rien n’est jeté, tout est conservé, comme les feuilles pour parfumer des bouillons. Je coupe les fruits en lamelles pour les mettre sous vide et les congeler ", confie Sonia qui présente son savoir-faire dès 2015, dans son livre "Cuisiner, tout simplement" paru aux éditions de la Martinière. Sauf que sa méthode n'est valable que pour une consommation somme toute familiale. Sonia ne pasteurise pas. Et avisez-vous de stériliser le bocal (indispensable pour sa vente) et la mise au point sera longue avant d'obtenir autre chose que de la marmelade.

Le résultat est beau, élégant, on le voit bien en cadeau, mais n’allez pas croire que ce soit un petit truc facile à préparer. C'est parce que Patrick (Elzière, alias Monsieur Appert) connaissait déjà Jean-Philippe (le créateur de O Mà! gourmandises) que la réussite fut au rendez-vous depuis mai 2018, après avoir retravaillé et adapté la recette pour une mise en pot et conservation longue durée.

vendredi 18 mai 2018

Les Déraisons d'Odile d’Oultremont

Voilà bien un titre particulier, Les Déraisons, (vous remarquerez d'ailleurs le D majuscule) et une couverture déroutante, évoquant l'art pictural des années 50-60.

L'histoire est surréaliste. Pourquoi pas, ce n'est pas cela qui m'a dérangée. L'ennui est qu'elle fait immédiatement penser à L'écume des jours de Boris Vian. Trop pour moi. Cela a gâché ma lecture.

La folie du premier roman d'Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles, m'avait enthousiasmée, lequel avait déjà quelque chose de "vianesque". Mais il était écrit à la première personne, et en adoptant le point de vue d'un enfant. Je m'étais laissée porter par la musique.

Cette fois non. L'artifice ne prit pas malgré d'évidentes qualités stylistiques. L'idée (un homme déserte son travail pour s'occuper de sa femme, gravement malade) n'est pas assez neuve pour me séduire.

Béatrice Giraud avait traité une situation semblable dans Pas d'inquiétude où un père bénéficiait des journées de RTT de ses collègues pour soigner son fils.

Appeler un chien Le-Chat ne m'amuse pas longtemps. Ce que Boris Vian a réussi à la perfection (même si son roman ne rencontra le succès qu'après sa mort) n'est pas réitérable. Chloé et Colin sont uniques. Les réflexions de l'écrivain sur le monde du travail étaient déjà profondes. Il n'était aps indispensable de recommencer et il ne suffit pas de transformer un nénuphar en honey pops pour ébaudir le lecteur. Le cancer est un sujet trop grave pour qu'on puisse le situer en Absurdie (p. 104) comme le fait Odile d’Oultremont.

J'allais employer le pluriel en désignant "les" auteurs, influencée sans doute de l'avoir vue à la télévision défendre son oeuvre avec l'aide de son mari, Stéphane de Groodt qui, curieusement sort un livre au même moment, sur ce même registre de l'absurde. Ils ont tant l'habitude d'écrire ensemble que j'ai du mal à distinguer l'un de l'autre. Il est certain que s'ils l'avaient co-signé (je ne dis pas pour autant que le roman a été co-écrit) l'auteure n'aurait pas pu concourir pour le Prix de la Closerie des Lilas puisqu'il n'est décerné qu'à des femmes.

Beaucoup de romans auront été publiés cette année par des personnes qui sont déjà célèbres. Cela nuit, de mon point de vue, à la fraicheur de la révélation. Mon opinion peut choquer mais on est d'autant plus exigeant que l'intéressé est depuis longtemps sous les feux des projecteurs. Et le second roman sera forcément attendu avec une grande attention.

Revenons au livre. La progression de la lecture est hachée parce que le présent s'intercale dans le passé. On sait très vite que Louise Olinger succombera. On veut bien croire un temps qu'être catapulté en Sibérie professionnelle (p. 112) par un plan social au bout d’un couloir peut constituer une chance pour quelqu'un qui a besoin de disponibilité car personne ne viendra réclamer un certificat médical pour justifier des absences.

On connait le monde du travail et on se doute qu'on demandera des comptes à Adrien un jour ou l'autre. Le procès intenté par l'employeur ne fait pas de doute. Son issue n'est cependant pas un vrai suspense. La seule surprise provient de la langue et jamais de l'histoire, ce qui émousse l'intérêt. Dommage parce que l'amour fou est un thème inépuisable.

Le personnage de Louise est très cerné. On a vite compris que son objectif est de ne pas en avoir (p. 105). Par contre Adrien aurait mérité davantage de psychologie qu'un regret sur ce qu'il allait devoir apprendre à "ne plus" des tas de choses, à peu près tout (p. 191).

Ceux qui n'ont pas lu L'écume des jours ni En attendant Bojangles pourront éprouver un grand plaisir à la lecture de cette plume virevoltant dans la fantaisie ... même si on est toujours triste que la mort soit inéluctable. Je ne suis donc pas étonnée que Les Déraisons soient un coup de coeur pour beaucoup.

Pour ma part j'attends le second pour me prononcer définitivement.
Les Déraisons, d'Odile d’Oultremont, aux éditions de l'Observatoire, en librairie depuis le 10 janvier 2018

jeudi 17 mai 2018

Talking about a revolution! au 22 Visconti

L’exposition "Talking about a revolution!" emprunte son titre à une chanson de Tracy Chapman. Parler de la révolution, donc, à défaut de la faire !

Les artistes conviés par Paul Ardenne à exposer au 22 Visconti en ce mois de mai 2018, cinquante ans exactement après Mai 68, ne sont pas tant des révolutionnaires, des activistes, que des "irréconciliés".

Impossible de tout commenter. Je voudrais d'abord pointer trois des oeuvres que l'on découvre sur la vue d'ensemble de la salle d'exposition. Et d'abord "I'm not on Facebook", 2009, une peinture acrylique sur bâche de 105 x 204 cm de Gianni Motti
Né en 1958,  Gianni Motti vit et travaille à Genève. Il s'intéresse en particulier à la société contemporaine et à ses enjeux politiques. A l'époque des "social media",  l'artiste expose ici son refus de ces nouveaux moyens de communication d'essence totalitaire en utilisant la technique la plus ancienne : la lettre et la peinture.

mercredi 16 mai 2018

Le maitre et Marguerite dans la mise en scène d'Igor Mendjisky

Igor Mendjisky a adapté Le maitre et Marguerite. Il en a imaginé une mise en scène très foisonnante que le public parisien découvrira à la Tempête jusqu'au 10 juin.

La pièce migrera au festival d'Avignon (à 19h40 au 11 Gilgamesh Belleville). Elle sera en tournée à la rentrée et vous pourrez par exemple le retrouver les 12 et 13 mars 2019 au Théâtre Firmin Gémier La Piscine de Chatenay-Malabry (92).

Igor est jeune (35 ans), est comédien et metteur en scène, d'origine polonaise ... et ce qu'il aime le plus c'est raconter une histoire. Le chef d'oeuvre de Boulgakov était une mine pour réfléchir à une scénographie qui relève (positivement) de la performance (les puristes diront qu'il s'agit d'un théâtre de tréteaux), avec parfois l'accent de l'improvisation.

Certaines scènes sont d'ailleurs réinventées chaque soir en fonction des interactions avec le public, invité à monter sur scène. La disposition trifrontale facilite la proximité entre les comédiens et les spectateurs dès leur entrée dans la salle. On remarque notamment Ivan (Igor Mendjisky) qui scrute silencieusement l'assemblée, assis sur une simple chaise, dans un des coins.

L'intrigue est complexe parce que trois histoires se croisent et que de nombreux passages sont dans une autre langue que le français (parfois en araméen, mais toujours surtitrés) comme la rencontre entre Ponce Pilate et Yeshoua Ha-Nozri (Jésus). On suivra tant bien que mal l’histoire d’amour entre le Maître et Marguerite. Et Moscou des année trente ressuscitera par moments.

Du coup je ne décrirai pas l'enchainement des scènes.

Je me limiterai à dire combien certaines sont belles, poétiques, à la limite du surréalisme, par exemple quand le magicien Woland (Romain Cottard) suggère à Marguerite de devenir une sorcière et qu'on la voit chevaucher un balai et s'envoler. Il a auparavant multiplié des tours de magie noire, avec pour conséquence de nous montrer un oeil à l'envers et d'envoyer Ivan dans un asile psychiatrique et Berlioz à Yalta. Et juste avant il aura secoué nos consciences en posant un billet de 5 euros sur une chaise et annoncé que le spectacle ne reprendrait qu'une fois que quelqu'un aura osé monter le prendre.

Comme ça marche il récidive avec 20 euros ... et même 100. Vous voilà informés. Entrainez-vous à courir et à sauter.

Certains moments sont carrément loufoques. J'ai été surprise d'entendre l'énorme succès de la star portoricaine Luis Fonsi de l'année dernière sur les ondes, Despacito (et non pas El Pasito comme j'ai pu le lire ...) avec l'invitation au public de danser si le coeur lui en dit.

La musique est d'ailleurs étonnamment utilisée au cours du spectacle : chaque tableau est introduit par une musique. Avec beaucoup d'éclectisme entre la Marche hongroise de la Damnation de Faust de Berlioz, Sympathy For The Devil des Rolling Stones (dont les paroles sont "raccord" avec la pièce puisqu'il y est question de Jesus-Christ et de Pilate), Ameno qu'Era a créé en 1996, et puis à la fin Just a perfect day, entendu pour la troisième fois au théâtre en quelques semaines (dans Papa va bientôt rentrer et dans le Lauréat), entonné par un mystérieux gros chat (Alexandre Soulié) et qui fait écho à Une si belle journée dont il est question au début du spectacle.

C'est sur cette chanson, interprétée avec originalité, mais qui ne plaira pas aux puristes qui ont en tête la voix de Lou Reed, que la soirée prend fin alors qu'un ciel de feu irradie sur le cyclo en fond de scène. J'ai retenu la réflexion d'une spectatrice en sortant de la salle : c'est particulier.

Le qualificatif résume bien ce théâtre parfois déroutant, toujours créatif, élégant et souvent onirique, servi tambour battant par des comédiens excellents qui nous interrogent sans répit sur le bien et le mal. le metteur en scène souhaitait que le spectateur soit placé au cœur de la folie de Boulgakov. On dira que c'est réussi.
Le maitre et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov
Adaptation et mise en scène d'Igor Mendjisky
Texte publié à L'Avant-scène Théâtre
Scénographie Claire Massard et Igor Mendjisky
Avec : Marc Arnaud, en alternance avec Adrien Melin, Romain Cottard, Pierre Hiessler, Igor Mendjisky, Pauline Murris, Alexandre Soulié, Esther Van den Driessche, en alternance avec Marion Déjardin, Yuriy Zavalnyouk
Lumières Stéphane Deschamps
Costumes May Katrem
Vidéo Yannick Donet
Du 10 mai au 10 juin 2018
Du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h
Théâtre de la Tempête
La Cartoucherie, route du champs de Manoeuvre 75012 Paris
Réservations : 01 48 08 39 74

lundi 14 mai 2018

Celui qui disait non de Adeline Baldacchino

Celui qui disait non est un livre étonnant, inclassable, qui provoque une forte émotion.

Adeline Baldacchino y raconte une histoire d'amour et de rébellion. Celle d'August qui, tout simplement, ne fit pas le salut hitlérien le 13 juin 1936 sur le quai d’un chantier naval de Hambourg, alors que tous ses confrères le faisaient machinalement et sans sourciller.

"Tout simplement" parce que seule une photo révèle cet acte, et qu'il aurait pu passer inaperçu si elle n'avait pas été largement diffusée.

Ces bras qui restent croisés scellent une décision brave, sincère, mais lourde de conséquences puisqu'elle précipitera sa mort et celle de sa femme Irma par voie de conséquences.

La couverture du livre place l'homme en noir et blanc au centre de la page, comme s'il était mis en lumière par un projecteur. Sans cet artifice j'avoue que je n'aurais pas remarqué sa posture, du moins pas au premier coup d'oeil. On peut se demander s'il s'agissait d'un moment d'égarement ou d'un choix mûrement réfléchi et qui, quoiqu'il arrive, aurait été suivi d'autres actes du même ordre.

dimanche 13 mai 2018

Une tarte à l'abricot et au romarin

J'adore les abricots, et la tarte faite avec ce fruit, quand elle est réussie. Par chance j'ai trouvé une technique que je vais vous donner.

Le secret réside dans l'emploi de la préparation pour pâte brisée sans gluten de Mon fournil que j'ai convertie en version pâte sablée.

Il suffit de mélanger un sachet avec 80g de beurre tempéré coupé en dés, 1 oeuf entier, 60g de sucre et 40 d'eau.

J'utilise toujours des gants en silicone pour malaxer les ingrédients. Je trouve que la chaleur de la main accélère la confection d'une boule qu'ensuite je filme et laisse reposer une demi-heure au réfrigérateur.

J'étale ensuite au rouleau entre deux feuilles de papier sulfurisé. Puis je la place dans un moule rectangulaire à hauts bords spécialement adapté à un mini-four (ultra pratique parce qu'il chauffe très vite et est économique).

Je pique la pâte à la fourchette et dépose les oreillons d'abricots, peau en dessous. Puis je saupoudre généreusement de graines de tournesol (elles sont délicieuses) et de graines de lin (dont le goût est complémentaire aux précédentes), elles aussi Mon Fournil.
Quelques brins de romarin et je cuis une trentaine de minutes à 210°.
Ce dessert a vraiment été apprécié parce que la pâte est friable sans être trop sucrée. Elle a absorbé l'excès de jus des abricots sans se détremper. J'utiliserai donc plutôt cette préparation de Mon Fournil de cette manière plutôt qu'en pâte dite brisée, avec une garniture salée.

L'association entre les abricots et les graines fonctionne à la perfection, de manière plus rapide et plus saine que la frangipane que l'on associe souvent à ce type de fruit.

Couteau Pradel et fourchette à dessert Jean Dubost

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