mardi 21 avril 2015

Mes aventures avec un cuiseur de riz

J'avais flashé un jour sur un petit appareil qui me semblait autre chose qu'un gadget, le cuiseur de riz de Cuisinart.

Être bloggeur donne parfois des ailes. On croit le monde technologique à sa portée. Le récit qui va suivre témoigne que non.

L'objet est arrivé très tardivement et quasi par miracle parce que l'adresse était erronée. Le hasard a voulu que je croise le livreur sur le parking et qu'il me solicite pour ... me trouver.

J'ai ouvert le carton avec enthousiasme et les embarras ont commencé sans délai. Je me suis vite trouvée stupide à ne pas comprendre le mode d'emploi, pourtant écrit en français. J'ai appris depuis que j'étais loin d'être la seule mais à ce moment là j'ai pensé qu'il manquait une notice et j'ai laissé l'objet en plan.

L'appareil avait beau être beau ( n'est-ce pas ?) je n'osais pas me l'approprier. Sa calandre rutilante semblait suffire à ma satisfaction. J'avais un cuiseur de riz ultra moderne. Cette seule pensée me comblait.

Premier essai au bout de x semaines, un jour du Réveillon, oui ce détail ne s'invente pas. Disons qu'il n'y a pas de mauvaise date pour les braves. Inutile de vous dire que j'ai changé le menu en cours de route.

J'ai commencé malgré tout modestement avec 130 grammes de riz rond et 2 cups d'eau. Et le verdict ne tarda pas : çà débordait. La notice prévoit ce type d'événement. Je ne savais pas encore si je devais en être rassurée. On nous conseillait de vérifier.

Là n'était pas la bonne réponse parce que je ne voyais pas "quoi" vérifier. Heureusement qu'Internet existe. Un forum de consommateurs me met sur la piste : il aurait fallu que je rince 3 ou 4 fois le riz avant de lancer la cuisson. On se demande pourquoi Cuisinart ne songe pas à le mentionner dans la fiche jointe au cuiseur. Pourquoi rester autant dans le flou ? Je ne vois aucun intérêt à décourager les ménagères. Et quand j'emploie le féminin c'est juste une façon de parler.

J'ajouterai que la quantité d'eau recommandées pour la cuisson des différents riz est beaucoup trop importante à mon humble avis.

Le jour de ma première expérience, j'ai commis l'erreur de nettoyer à fond la cuisine avec les moyens du bord, en l'occurrence en frottant avec le coté vert de l'éponge. Voilà comment mon cuiseur a perdu très vite son bel aspect d'acier brossé. Il a conservé néanmoins son élégance, et la cuve est demeurée intacte (il y a des bêtises qu'on ne fait pas !).

Je sais maintenant comment il faut l'employer, et je vais partager avec vous mes découvertes, histoire de vous faire économiser de l'énervement. Parce qu'au final c'est un engin que j'adore et qui s'avère très performant et peu encombrant.

Pour cuire du riz "normal" :
Il faut rincer les grains 3 ou 4 fois à l'eau froide jusqu'à ce que l'eau soit presque claire. Il parait, mais je n'ai pas osé tenter le coup, qu'on peut aussi tout simplement ajouter 2 gouttes d'huile dans l'eau de cuisson pour avoir le même effet.
Ne suivez pas les quantités d'eau annoncées, qui sont largement trop importantes, et qui concourent aux débordements. Un volume de riz pour 1 et 1/2 volume d'eau est largement suffisant.
Pour du riz noir de Camargue :
Une mesure de riz bien rincé, deux d'eau et je laisse tremper (gonfler) avant de cuire.
Pour du riz complet :

Cette fois il faut plus d'eau, ce qui augmentera le temps de cuisson. Compter 1 volume de riz pour 4 d'eau.

Au pire on peut sous doser en eau et en ajouter en cours de cuisson si on s'aperçoit que la céréale n'est pas assez cuite. Mais attention, en prenant garde d'ajouter de l'eau chaude pour ne pas créer de choc thermique.

Cas particulier du riz pour sushi :
On commencera classiquement avec un volume de riz japonica et autant d'eau. Dès que la cuisson est terminée et que l'appareil passe en "maintien au chaud" on l'éteint pour couper la production de chaleur (l'interrupteur on/off est très pratique pour cela) et on laisse le riz 10 minutes supplémentaires  gonfler dans l'appareil, couvercle toujours en place.
Eviter la fonction maintien au chaud : 
Continuons dans les désagréments insoupçonnés et pourtant logiques avec la fonction maintien au chaud. Il faut savoir qu'elle n'est pas choisie mais subie. Lorsque votre riz est cuit l'appareil passe automatiquement en "maintien au chaud" sans vous prévenir par une sonnerie ou un bip comme le fait, à tire d'exemple, la plus simple des machines à pain.

Il y a bien une modification mais elle est si discrète qu'elle passe inaperçue : le témoin lumineux passe du rouge à l'orange. Pendant toute la suite du fonctionnement le cuiseur demeure en maintien à chaud, ce qui est au passage un inconvénient de taille si vous avez prévu d'utiliser le riz pour la salade niçoise qui va vous accompagner en pique-nique.

Avec une température interne de 63° (contre 100° pendant la cuisson) l'ingrédient continue de cuire doucement et si l'on n'y prend pas garde va croûter au fond du pot, ce qui est fort déplaisant, sauf si on aime manger le riz ainsi, et je connais des amateurs de ce type de cuisson avec le basmati.

Il vaut donc mieux lancer la cuisson peu de temps avant l'heure de passer à table.

Et attention à ne pas confondre les deux boutons "warm" et "cook". J'ai failli louper un déjeuner en me rendant compte tardivement que j'avais cru démarrer une cuisson alors que j'étais en maintien à chaud.

Une autre façon de cuisiner :
Avoir un cuiseur de riz vous replace à l'époque où l'on disait que les invites devaient attendre le soufflé et non l'inverse. Ajoutez à cette contrainte que le temps de cuisson n'est mentionné nulle part, et pour cause puisque "ça dépend" en particulier de la quantité d'eau. L'expérience m'a appris que la cuisson est considérée comme achevée par cet appareil lorsqu'il n'y a plus d'eau.

J'ai fini par prendre l'habitude de goûter et de rajouter un peu de liquide si je pense que la céréale sera un peu trop al dente, comme disent nos voisins italiens.

En tenant compte de ces éléments cet appareil devient très utile pour réussir à tous les coups la cuisson de son riz, mais aussi de céréales et légumineuses. Aujourd'hui je ne pourrais plus m'en passer. Son design et sa taille très raisonnable font qu'il a trouvé une petite place dans mon étroite cuisine. Il n'a jamais réintégré le carton d'origine, demeurant toujours à portée de main.

Je m'en sers aussi comme cuit-vapeur, pour 2-3 personnes - sans forcément faire cuire des céréales en même temps, juste en mettant de l'eau dans le bac.

Une fois apprivoisé ce cuiseur est devenu un compagnon familier. Je l'ai employé plusieurs fois par semaine, multipliant les expériences. J'aurais du prendre des notes au fur et à mesure. On croit se souvenir mais non. Voilà que je mets autant d'eau pour cuire des lentilles corail que ce que je fais habituellement avec les lentilles vertes du Puy.

Les lentilles corail :
Oui, c'est possible mais attention à mettre moins d'eau que pour les lentilles vertes, sinon ça déborde!

Le sarrasin :
Il faudra multiplier les essais pour éviter une sur-cuisson.
Je l'ai assaisonné ensuite  façon taboulé une fois refroidi.
On peut aussi cuire des pois cassés :
On gagne du temps en ne les faisant pas tremper mais il faut bien entendu abondamment les rincer.
J'ai versé dans la cuve 1 volume de ces légumes dits secs pour 2 d'eau Brita bien sûr. Car je ne l'ai pas mentionné, mais j'emploie systématiquement de l'eau filtrée pour toutes ces cuissons.
Les ennuis ont recommencé avec des débordements intempestifs, mais je ne pouvais tout de même pas cuire 1/2 cup, qui n'aurait même pas été la portion d'une personne. Au troisième débordement j'ai donc retiré le couvercle.
Pour le coup il faut surveiller, remuer régulièrement avec une cuillère en bois, goûter aussi (pouah quand c'est encore croquant) et ne pas se fier au thermostat. Je décide au troisième débordement de poursuivre la cuisson sans couvercle, quitte à rajoute de l'eau (chaude).
J'ai arrêté et transféré immédiatement le contenu pour que ça n'attache pas; on obtient du croquant-fondant.
Particulièrement bon avec des carottes vapeur.

Une fois dompté l'appareil m'inciterait à devenir végétarienne. J'y prépare bien plus que le riz comme vous l'avez constaté. Je ne regrette pas d'avoir choisi le petit modèle même si cela doit avoir une incidence sur la propension aux débordements.

Il est toujours à portée de main dans la cuisine. Je le regretterais si je devais m'en passer.

Aucun commentaire:

Messages les plus consultés