dimanche 4 février 2018

Des dents de loup ...

La recette vient de l'Est de la France, peut-être parce qu'il y avait des loups inquiétants dans ces contrées. J'avais envie de tenter ces gâteaux depuis longtemps pour leur forme particulière. Il me fallait un moule adéquat, que j'ai trouvé chez Mathon.

Classiquement les proportions sont de
350g de farine
3 œufs entiers
250g de sucre
250g de beurre

Mais j'ai adapté la recette avec :
165 g de beurre pommade
135 g de sucre en poudre
2 œufs entiers
235 g de farine

samedi 3 février 2018

Maria by Callas de Tom Volf

Après Barbara qui était déjà un film inclassable sur la vie d'une artiste voici Maria by Callas qui est un biopic sous la voie du documentaire. Le réalisateur n'a pas fait de casting pour interpréter Callas. il a demandé à Maria de le faire. Et c'est ultra réussi.

Le film commence par les images d’archives d'une interview noir et blanc dont plusieurs extraits seront diffusés régulièrement. Maria Callas y révèle des compétences hors normes de comédienne.

Son visage est très expressif et sa manière de parler exprime une palette d'émotions aussi large que lorsqu'elle chante. On comprend que Bernstein ait dit d'elle qu'elle était de la pure électricité.

vendredi 2 février 2018

Mémoire d'un tricheur

J’avais apprécié Olivier Lejeune, dans ce même théâtre Rive Gauche il y a deux ans, alors qu’il jouait dans Une folie, une pièce que j'avais beaucoup appréciée.

Sa carrière est prodigieusement remplie aussi bien au théâtre qu’au cinéma, et même à la télévision, en tant qu’auteur ou comédien. C’est un boulimique de travail, qui a collectionné les premiers prix.

J’ai eu la chance d’approcher cet acteur après le spectacle. Il revenait de Prague où il avait tourné une scène d'Edmond, film de Michalik dont la sortie est annoncée pour Novembre 2018.

La pression n’entame jamais sa bonne humeur. Cet homme peut tout faire sans tricher. Il est douée d'une mémoire exceptionnelle qui le dispense d'avoir besoin d'un prompteur. Il écrit des pièces de théâtre depuis l'âge de 6 ans …  et j’ai manqué de répartie. J’aurais dû lui demander à quand vos mémoires ?

jeudi 1 février 2018

Rencontre avec Philippe Delerm pour Et vous avez eu beau temps ?

La rencontre a eu lieu hier, à l'initiative de Babeliodans le 11e arrondissement, non loin du domicile parisien d'un auteur que la langue française parlée quotidienne intéresse parce que c’est la vraie vie.

Et vous avez eu beau temps ? est la neuvième publication de Philippe Delerm de textes courts. L'expression est étrange mais l'auteur nous a expliqué qu'il n'y avait pas d'autres mots pour caractériser ce genre d'écrit qui se trouve être le type de littérature avec lequel il existe le plus.

Depuis que Rémi Bertrand lui a consacré un essai en 2005 (Philippe Delerm et le minimalisme positif aux Éditions du Rocher) son style est systématiquement qualifié de minimalisme positif, et il est assez d'accord avec cette analyse.

C'est cette spécialité qui lui a permis d'entrer en 1997 chez Gallimard, par une petite porte, celle de la collection Collection L'Arpenteur pour laquelle il réalisera la meilleure vente avec La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules.

Il n'a perçu aucun à-valoir (une avance sur les droits d'auteur à venir) et le premier tirage fut limité à 2000 exemplaires. Personne ne se doutait de l'immense succès que cet ouvrage allait être. Il n'avait jusque là publié que de la poésie, aux éditions du Rocher où son éditeur lui avait tout de même affirmé : on est sur que vous êtes un auteur. Un jour ça se saura.

mercredi 31 janvier 2018

French Kiss

French Kiss est un spectacle musical qui est programmé 4 fois seulement et la prochaine aura lieu le 14 février, ce qui sera l’occasion d’une belle soirée Saint Valentin.

Fleur Mino y chante les sopranos de Broadway. Charmantes et sensuelles, romantiques et drôles, un brin fêlées... passionnées et parfois fragiles, elles sont irrésistiblement féminines.

La jeune femme interprète chacune de ses héroïnes avec une élégante simplicité. Son récital est une ode à l’amour, au plaisir de donner, de se donner !

La soirée commence par un instrumental plutôt enlevé qui met en valeur la différence de rapport que le musicien entretient avec son instrument.  Kevin Amos est au piano et Jennifer Hardy au violoncelle. Ils enchainent avec un second, plus mélancolique, Memory (tiré de Cats – Lloyd Webber) qui est un des airs que je trouve les plus beaux.

lundi 29 janvier 2018

Sauveur & fils saison 4 et dernière

Le premier tome de Sauveur & Fils avait été couronné au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil en recevant la Pépite 2016 France Télévisions catégorie "Grands". Le soir de la remise du Prix Marie-Aude Murail, très heureuse, avait annoncé qu'elle portait déjà dans son cœur le numéro 4. Elle avait réitéré sa promesse à la sortie du tome 3. Celui-ci arrive 10 mois seulement après la sortie du précédent, toujours à l'Ecole des loisirs. Mais que les aficionados se préparent, ce sera définitivement le dernier.

Nous sommes un peu tristes d'apprendre cette nouvelle. Mais soulagés de savoir qu’elle continuera de traiter des sujets de société qui nous tiennent à cœur comme les rapports hommes-femmes et l'éducation des garçons.

La série Sauveur aura en tout cas pointé, et particulièrement encore dans les premiers chapitres du 4, la progression du décrochage scolaire suite à un harcèlement ou en raison de l’addiction aux écrans. La manette de jeux figurant sur la couverture donne bien le ton. C’est sans surprise que le personnage de Louise (qui est un peu Marie-Aude) y peaufine un article sur le phénomène des hikikomoris (p. 43) qui commence à se faire remarquer en France.

Elle est très préoccupée par les dégâts que les réseaux sociaux peuvent faire sur les adolescents et par les cauchemars provoqués par les histoires de zombis (ce type de film est lui aussi en progression). Espérons que les parents (qui composent aussi largement son lectorat) finiront par entendre le message qui se multiplie … dans les médias. Ajouté à l‘abus de sucre et au manque de sommeil c’est effectivement toute une génération qui souffre. Je ne veux pas être trop négative mais si on ajoute la progression de l’alcoolisme il y a de quoi s’inquiéter franchement.

Les rechutes d’adolescents (une de ses jeunes patientes a recommencé à se scarifier) minent le moral de Sauveur mais son point de vue sur l’exercice de sa profession reste objectif, il n’est pas magicien (p. 263) comme il le disait déjà, avec d’autres mots, dans le premier tome : n'oublie pas même si tu es très malin que tu n'es pas tout-puissant (p. 115).

L’auteure rencontre un très large public scolaire, en France et parfois très loin. On apprend dans les remerciements qu’elle est allée l’an dernier jusqu’à Mexico. C’est ce qui lui permet d’être si proche de la pensée des jeunes. Bien sur ses enfants lui donnent aussi un éclairage, d’autant qu’ils sont trois, avec un fort écart d’âge, et donc de regard sur le monde. Sa dernière, Constance, est (c’est elle qui le dit) son éclaireuse en ce XXI° siècle, si fragile et si passionnant.

On sent l’écrivaine derrière plusieurs personnages. En particulier Ella, est une jeune fille harcelée par ses camarades de classe parce qu’elle avait une allure garçonne, et à qui elle fait gagner le concours Je bouquine … comme elle au début de sa carrière.

Elle avait été bien inspirée de faire figurer le mot "fils" dans le titre parce que cette saga est transgénérationnelle. Le terme s’écrivant à l’identique au singulier comme au pluriel, on comprend qu’il puisse s’étendre à tous les garçons que le psychologue soutient au-delà de la famille qu’il recompose.

Peut-être que ce qui est différent dans ce dernier tomme c’est la volonté de l’auteure de faire passer un message vraiment positif à travers un personnage jusque-là en demi-teinte, l’enseignante Mme Dumayet qui va initier ses à la philosophie. A propos du bonheur j’ai retenu la sagesse de Noam : le bonheur, c’est de faire des erreurs et de réussir après, là où on a fait des erreurs (p. 158) et la formule de Lazare, digne fils de Sauveur, le bonheur, c’est de donner un sens à sa vie. Le psychologue a une formule un peu différente : c’est savoir quoi faire de son malheur.

Ella déclame un texte qui parle lui aussi de cet état : Et pourtant je vous dis que le bonheur existe/ ailleurs que dans le rêve ailleurs que dans les nues / terre terre voici ses rades inconnues. (p. 232)

A peine ai-je lu les premiers mots que j’entends la voix chaude de Jean Ferrat chantant Louis Aragon. La référence au Roman inachevé aurait mérité une note de bas de page pour ceux qui voudrait en savoir plus sur ce si beau texte. La mention en remerciements est peu explicite.

C’est sur cette quête que Marie-Aude Murail achève la série. La famille est en bonne voie, … malgré les complications à venir, les larmes et les soucis qui ne manqueront sans doute pas d’advenir.

Je recommande particulièrement la lecture de la saga en famille, et tout autant d’en discuter ensuite. Espérons que les enfants-lecteurs s’en porteront le mieux possible.
 
Sauveur & Fils de Marie-Aude Murail à l'Ecole des loisirs, à partir de 12 ans
Saison 1 parue en avril 2016
Saison 2 parue en novembre 2016
Saison 3 parue en mars 2017
Saison 4, en librairie depuis le 17 janvier 2018

dimanche 28 janvier 2018

Barbara, de Mathieu Amalric avec Jeanne Balibar

Le film de Mathieu Amalric a été présenté en ouverture d'Un certain regard au Festival de Cannes 2017. Il arrive maintenant sur nos grands écrans.

Brigitte (Jeanne Balibar), est une comédienne se préparant à entrer dans la peau de Barbara sous le regard du réalisateur Yves Zand. Elle travaille d'arrache-pied pour être prête pour le tournage de ce biopic consacré à la célèbre interprète de "L'Aigle noir".

Elle s’imprègne des images de son modèle, s’approprie ses gestes, pousse la chansonnette, tandis que le cinéaste continue de nourrir son scénario en poursuivant son enquête, en dénichant de nouvelles archives...

Ce qui est très réussi c'est l'imbrication entre le film et le film dans le film. A tel point qu'on finit par nous y perdre, ne distinguant plus la "vraie" Barbara de son interprète. On a compris que c'est volontaire et c'est parfait ainsi.

Parce que cette méthode permet d'être au plus près de l'intimité de la chanteuse. Et cela dès le générique au cours duquel on assiste à la naissance d'une chanson comme le faisait la longue dame brune en laissant des mots en suspends : la voix, ... tu vois .... (quelques notes sont jouées au piano) et on entend de nouveau la voix, ... tu vois ...., à trois reprises sans qu'on ait eu l'impression de redites.

Le processus créatif est au coeur du film. Quel que soit le domaine, chanson ou cinéma.

On surprend l'actrice jouer du piano dans une gare, comme on peut le faire aujourd'hui partout. Ses vêtements sont fantasques. Elle fait arrêter la voiture pour marcher sur le pont de Sully. Mathieu Amalric collectionne les post it sur un mur d'images. La voix de gorge de Balibar prononce la phrase devenue mythique : Je n’ose pas, je n’ose pas ... mais quand j’ose, j’ose.

Les images d'archives sont mixées avec des scènes tournées aujourd'hui. On ne cherche plus le vrai du reconstitué. On veut bien croire que ça s’est passé comme ça. Quelques moments surprennent (elle vouvoie sa mère), preuve qu'on ne savait pas tout de la vie de l'artiste. Jeanne fredonne des chansons qu'on a peu entendu dans les récitals. Comme La petite fille et le père Noël de Brassens. Il faut dire que ses reprises de Brassens sont vraiment anciennes (1960). C'était son second album.

On entendra avec autant de plaisir Du bout des lèvres et Chapeau bas.

Mathieu Amalric ne nous donne pas un biopic à voir, pas davantage qu'un documentaire, c'est étonnant, et somme toute radicalement différent de tous les spectacles d'hommage qui ont été récemment à l'affiche. Je pense notamment au très réussi Homme en habit rouge conçu par son ex compagnon Roland Romanelli (que je trouve trop "discret" dans le film, ce sera mon unique bémol). Sa Barbara est une évocation de l'essentiel, ses coups de colère, sa passion maniaque pour les courses et sa manière personnelle d'offrir des cadeaux à tout le monde.

On la voit prendre possession du plateau qui était, comme elle le disait, son navire. On l'apprécie modeste aussi : De l’Écluse au Châtelet je n’ai fait que traverser la Seine.

Le film s'arrête juste avant le concert de Pantin. Barbara est restée pleinement vivante. L'illusion est troublante et c'est magnifique.

samedi 27 janvier 2018

Et soudain la liberté de Caroline Laurent et Evelyne Pisier

Et soudain la liberté retrace l’histoire d’Evelyne Pisier et de sa mère, deux femmes puissantes en quête de liberté. Une histoire romancée comme l'avait initialement voulu Evelyne et comme a dû le faire Caroline Laurent en raison du décès prématuré d'Evelyne.

Les premières pages sont très émouvantes, relatant la première rencontre entre elles, en quelque sorte l’accouchement du projet du livre dont Caroline Laurent a rendu compte de la genèse il y a quelques jours à Antony (92), auprès des lecteurs de la médiathèque. Je vous invite à lire le billet consacré à ce moment et qui éclaire le roman.

Caroline Laurent est née en 1988. Agrégée de lettres modernes, elle est directrice littéraire aux Escales. Sa rencontre avec Evelyne a signé une amitié. Elle co-signe ici son premier roman.

vendredi 26 janvier 2018

Ruy Blas de Victor Hugo mis en scène par Vincent Caire

Ruy Blas est un drame romantique qui nous est annoncé comme étant d'une modernité absolue. En tout cas il continue de résonner parce que les questions de vengeance, de classes et d'égalité homme-femme sont d'une actualité constante.

L'action se déroule dans l'Espagne de la fin du XVIII°siècle où on peut voir que le harcèlement sexuel était déjà une faute condamnable, ... par Victor Hugo puisque c'est lui qui a imaginé l'intrigue.

On y suit les péripéties haletantes d’un héros romantique et révolté, d’un seigneur cynique et machiavélique, d’un aventurier épicurien, d’une reine prisonnière d’un amour impossible et de ministres corrompus qui pillent le pays pour assouvir leurs ambitions personnelles.

jeudi 25 janvier 2018

Une adoration de Nancy Huston adapté et mis en scène par Laurent Hatat

Je n'avais pas lu le roman écrit en 2003 par Nancy Huston. Le travail (remarquable) de Laurent Hatat m'a donné envie de me plonger dedans, et même de le lire d'une main, avec dans l'autre, le scénario écrit par le dramaturge.

Une adoration est un roman singulier qui semble avoir été conçu pour devenir une pièce de théâtre. Il s’ouvre sur une tribune où chaque personnage s’adresse à un juge silencieux (le public). Les trois membres d’une famille, Fiona la fille (Jeanne Lazar), Franck le fils (Yann Lesvenanet Elke la mère (Océane Mozas), expriment les premiers des propos tout en contradiction et en opposition autour d’un mystère : la mort de Cosmo, l’amant de la mère.

Un amoncellement de chaises sur un banc évoquent un troquet des années 50 laissé à l’abandon, probablement le bar où Elke a travaillé. Des images en noir et blanc grésillent dans un vieux poste de télévision sur lequel la mère est assise, impassible. Deux allées jonchées de feuilles mortes se perdent au lointain. Une verrière embuée s'animera tout à l'heure des très belles images de Nicolas Tourte.

mercredi 24 janvier 2018

Le défilé de la Collection Printemps-Eté 2018 de Ziad Nakad

Pour sa collection Printemps Eté 2018, Ziad Nakad a décidé de célébrer Démeter, la puissance la plus utile pour les dieux et pour les hommes.

C'est la Mère de la Terre ou encore la Déesse du blé. Son culte est particulièrement actif dans les contrées où cette céréale se trouve en abondance, en Sicile, dans la région d'Éleusis, en Crète, en Thrace et dans le Péloponnèse.
Le fond de scène était un visuel proche de la photo que j'ai faite dans un champ en automne et l'effet est très bucolique.

A l'instar de ce que j'ai écrit à propos du défilé de Rani Zahkem je préfère publier un texte personnel accompagné par quelques-unes de mes photos même si j'ajoute des clichés officiels communiqués par Ziad Nakad pour voir les mêmes modèles sous un autre angle.

Demeter a inspiré au couturier l'emploi de teintes douces, souvent pastel comme le rose des terminaisons des grandes herbes, le vert tendre des feuilles, le turquoise d'un lagon, le bleu pâle du firmament, le jaune et l'or du blé, qu'il a associées au bronze des arbres au soleil couchant.

Pas une robe qui ne soit brodée, très somptueusement, de motifs floraux et d'épis, en hommage à la représentation la plus iconique de la déesse Déméter.
C'est magnifique, évidemment. Chaque modèle est éblouissant. La collection est toute entière composée de modèles longs. Toutes les tailles sont marquées, parfois soulignés d'une ceinture.

mardi 23 janvier 2018

Rencontre avec un omnicuiseur

J'avais très envie de découvrir davantage les bienfaits de la cuisson avec un omnicuiseur Vitalité et j'ai été très heureuse d'avoir cette occasion en me rendant à une rencontre avec son créateur, Hervé Mélledo.

Nous avions rendez-vous dans un restaurant à vocation plutôt bio dans le quartier Saint-Georges, The Cure, dont le logo ressemble à un caducée médical ... ce qui m'a mise sous influence dès la porte franchie.

D'habitude j'y vais plutôt pour assister à une pièce de théâtre. Et j'en profite pour vous recommander l'excellent Chagrin pour soi qui est encore à l'affiche.

J'étais prête à plébisciter l'excellence nutritionnelle et gastronomique d'un appareil couronné par le prix "Nutridor" 2016. Je n'ai pourtant pas été convaincue mais ce n'est peut-être que partie remise car rien ne vaut un test en conditions réelles. Je vais disposer de l'appareil quelques semaines pour faire toutes les expériences que je souhaite. Je reviendrai alors dans ces colonnes avec mes résultats, comme je l'avais fait avec un cuiseur de riz.

Mes exigences étaient peut-être trop élevées ... ou bien me l'avait-on "survendu" à grand renfort de caution médicale, de résultats d'analyses et d'argumentation par une nutritionniste, au demeurant fort sympathique.
Manger peu salé, ou peu sucré, du cuit à l'eau sans matières grasses, c'est forcément diététique. On a beau dire, le plus déterminant reste le goût. Le meilleur appareil du monde est suspendu à ce critère. Comme il s'agit d'une cuisson quasi à la vapeur le plat est dépendant de la nature des produits utilisés. Et leur emploi est lui-même soumis à nos goûts personnels.

lundi 22 janvier 2018

Le Défilé Couture de Rani Zakhem

J'ai eu la chance de pouvoir assister à deux défilés, pendant la Fashion Week haute couture, celui de Rani Zakhem et celui de Ziad Nakad dont je rendrai compte dans quelques jours.

Raconter un tel moment est un exercice difficile. Ou bien (et c'est ce que font beaucoup de rédactrices) on recopie le communiqué de presse en intercalant les photos (forcément sublimes) faites par les professionnels et envoyés par l'attaché de presse ... mais on publie dans ce cas  un article sans aucune originalité ...

... ou bien on écrit un texte personnel en utilisant ses propres clichés, forcément moins bons puisqu'on ne dispose pas du recul suffisant au moment où on les prend et surtout parce que tout le monde lève le bras pour capturer chaque instant sur son smartphone.

dimanche 21 janvier 2018

Familie Flöz dans Hotel Paradiso

Familie Flöz s'installe dans Hotel Paradiso à Bobino jusqu'au 4 février 2018 et c'est un immense plaisir de retrouver ces prodigieux comédiens-mimes qui m'avait réjouie avec Infinita au Montfort il y a quatre ans déjà. J'avais alors écrit que leur manière de jouer (sans paroles) était segmentante.

Je les ai retrouvés égaux à eux-mêmes mais avec peut-être encore un peu plus de facéties qui les rendent plus accessibles à un public non initié.

Un massif montagneux se laisse deviner à cour derrière la lumière bleutée des glaciers ; c'est que nous sommes près du paradis, dans un hôtel qui a des allures de pension de famille comme on en connaissait dans les années 45-50.

vendredi 19 janvier 2018

Claire Berest et Caroline Laurent parlent de leurs façon de travailler

Je connaissais Claire Berest que j'avais déjà rencontrée dans un salon. Et puis j'avais chroniqué un de ses romans, Bellevue. Elle a écrit avec sa soeur Anne un portrait de leur arrière grand-mère Gabriëlle Buffet-Picabia.

Je connaissais un peu aussi Caroline Laurent avec qui j'avais discuté à l'occasion des 68 premières fois puisque son premier roman Et soudain la liberté avait été remarqué par ce collectif de bloggeurs (que je vais d'ailleurs rejoindre).

J'étais donc très heureuse d'assister à leur face à face à la Médiathèque d'Antony (92). La soirée promettait d'être intéressante. Elle fut bien plus que cela.

Chacune d'elles a écrit "à quatre mains". L’expression est musicale et on comprend bien qu'il s'agit de l'association de deux personnes. On l'emploie aussi en littérature pour désigner l’écriture d’un livre par un duo d’écrivains. C’est d’autant plus juste qu’aujourdhui, en utilisant un clavier chacun emploiera ses deux mains.

Les deux jeunes femmes étaient invitées pour raconter la genèse de leurs romans et leur manière de travailler. La rencontre fut passionnante en raison de leurs propres personnalités et de celles des sujets dont elles font le portrait dans leurs livres. Gabriëlle comme Et soudain la liberté sont deux ouvrages dont la lecture vous emporte ailleurs.

jeudi 18 janvier 2018

Un second Melt à Paris, aux Batignolles

Melt signifie fondant et pour être fondante la viande du second restaurant de ce nom l'est sans conteste. Le premier est installé sur Paris, dans le quartier d’Oberkampf. Le second vient de voir le jour, un an après, dans un décor très différent, dans la portion dynamique du quartier des Batignolles, tout près du studio Hébertot où je vais si souvent.

Tous deux ont en commun de sacraliser la viande telle qu'on la déguste au Texas, où l’art du BBQ est très développé.

Je suis allée à l'inauguration et j'ai pu gouter à plusieurs spécialités. Il ne faut pas complètement se baser sur les photos prises ce soir là en terme de quantité dans l'assiette (façon de parler car vous verrez qu'il n'y en pas chez Melt) mais elles rendent compte d'une ambiance.

Antoine Martinez a eu l’idée d’importer la technique de cuisson texane par la fumée de chêne en France après avoir travaillé à New York avec ceux qui allaient devenir ses associés. Son modèle est le Mighty Quinns qu’il a découvert dans East Village.

mercredi 17 janvier 2018

Bakhita de Véronique Olmi

Bakhita est un livre qui ne s'oublie pas. L'écriture de Véronique Olmi est prodigieuse et le sujet est bouleversant. J'ai dû me retenir à plusieurs moments de mettre les mains sur les yeux, comme un enfant le fait entre lui et un écran quand les images lui sont insupportables.

Le livre raconte l'histoire réelle de Joséphine Bakhita, née en 1888 au Soudan, province du Darfour, à Olgossa, près du Mont Agilerei, dans la tribu nubienne des Dagiù.

Elle a été enlevée à sept ans dans son village et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un (autre) pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion. Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres. Elle est canonisée en 2000 par le pape Jean-Paul II.

Bakhita est donc le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte. Véronique Olmi a reçu pour ce livre le prix du roman Fnac, succédant à Gaël Faye récompensé l'an dernier pour Petit pays (Grasset), qui se situait également dans une Afrique difficile à vivre.

Le roman a également été plébiscité par les bloggeurs littéraires.

Bakhita est le nom qui a été donné par ses kidnappeurs à la petite fille qui avait tout oublié de sa prime enfance, jusqu'à son nom. Il signifie la chanceuse, ce qui est vrai si on considère qu'avoir survécu était improbable après avoir été vendue et achetée 5 fois jusqu'à l'âge de 16 ans, avoir traversé les continents, un siècle, deux guerres mondiales, avant d'entrer dans un couvent en Vénétie. Il s'agit d'un roman mais c'est une manière d'approcher l'enfer et le paradis de cette trajectoire hors du commun, découverte presque par hasard par la romancière à la faveur d'une visite de la petite église de Langeais, en Touraine, où figure son portrait puisqu'elle est la patronne du lieu.

Véronique Olmi a fait un travail remarquable et il était logique qu'elle en soit récompensée. Elle est partie des quelques dates biographiques lues à Langeais et a remonté le cours de l'histoires, jusqu'aux pratiques d'esclavage au Soudan à la fin du XIX° siècle. Elle s'est aussi rendue en Italie, dans les lieux où avait vécu son héroïne, a visité les couvents. C'est ce qui lui a permis de rendre la force intérieure de Bakhita qui a toujours été portée par la certitude que la vie est un cadeau.

Bakhita de Véronique Olmi, Seuil, prix du roman FNAC 2017 et Prix des bloggeurs littéraires.

mardi 16 janvier 2018

Galette et pétillant de Silve

J'avais déjeuné en début de mois chez François Gagnaire dans le restaurant où il officie à la gloire de sa région, Anicia.

L'été il fait une tarte à la pulpe de lentilles et aux myrtilles. En hiver c'est la galette des rois, selon une technique proche, ... avec un petit secret malgré tout. Et je suis revenue spécialement pour la déguster. 

Le chef patissier la prépare vers 14 heures pour qu'il ne soit pas nécessaire de la réchauffer à l'heure du goûter.

Si elle brille tant c'est parce qu'elle est lustrée au sirop de marron confit de chez Imbert.

Tout le monde ne peut pas boire du champagne pour accompagner une galette. Pour de nombreuses raisons : le coût, la santé, l'interdiction religieuse de consommer de l'alcool. Il est essentiel aussi de disposer d'un breuvage qui rassemble enfants et adultes et qui s'accorde avec le dessert.
Les vergers de la Silve apportent une alternative très intéressante. Tout d'abord avec un jus de pomme 100% naturel qui procure le sentiment de croquer dans le fruit, avec la présence d'une agréable acidité.

lundi 15 janvier 2018

Les reines de Normand Chaurette

Je suis allée voir Les Reines à la Manufacture des oeillets, un lieu au passé industriel, réhabilité en espace culturel, pour le Théâtre des Quartiers d’Ivry, qui convient très bien à la création et qui n'est pas encore très connu parce que son ouverture est récente (décembre 2016). Ensuite parce que c'est en banlieue, proche, mais en banlieue tout de même et que le public est un peu frileux pour se déplacer, ce que je regrette infiniment, d'autant que c'est tout à fait accessible en métro.

Le nom m'évoque la Révolution des oeillets, mais cela n'a rien à voir ... quoique le spectacle des Reines se situe en pleine guerre civile des Deux-Roses qui déchire l’Angleterre depuis 1455.

Ce qui était fabriqué ici c'était des oeillets ... métalliques, ceux qui consolident les trous pratiqués dans du tissu ou du cuir, pour y faire passer un lacet, un cordage (mot prohibé au théâtre). Et il faut se réjouir que le Théâtre des Quartiers d’Ivry dispose enfin d’un lieu autonome où regrouper toutes ses activités de création et de production, de formation professionnelle et amateur, et de rencontres.

On entre dans la vaste Halle dotée d’un bar et d’une librairie, destinée à l’accueil du public, où pourront avoir lieu des rencontres, débats, cafés philosophiques et littéraires. On accède par un escalier à la Fabrique, qui est la grande salle de 400 places (mais il existe aussi Le Lanterneau, d’une centaine de places) surmontée de coursives qu'Elisabeth Chailloux a judicieusement exploitées.

Elle s'est entourée de fidèles collaborateurs comme Yves Collet, artiste associé au Théâtre des Quartiers d’Ivry depuis de nombreuses années, qui signe également la création graphique du théâtre, comme Dominique Rocher, et, il faut lui rendre hommage, Adel Hakim qui a pu participer à sa dernière collaboration artistique. Le co-directeur nous a quittés à la fin du mois d'Août 2017.

On nous dit que la scène se passe à Londres le 20 janvier 1483 mais ce que la metteuse en scène nous propose est résolument (et heureusement) contemporain. D'abord par un texte écrit en 1991 par Normand Chaurette à partir de Richard III et qui l'a conçu uniquement pour des femmes. Né en 1954 à Montréal, cet auteur, également romancier, connu pour ses traductions de Shakespeare, a fourni une des plus fortes et des plus singulières oeuvres de la dramaturgie québécoise.

Ensuite par la scénographie qui suggère très bien les souterrains d'un donjon et une brume qui d'emblée fait penser à la capitale anglaise, ce que renforce le souffle d'un vent qui ne cesse jamais. Elle s'inscrit dans la tradition du théâtre dit élisabéthain en vogue du temps de Shakespeare avec une scène centrale entre deux rangées de spectateurs. Yves Collet a choisi aussi des douches de lumière pour diriger le regard du spectateur. Même les saluts sont savamment orchestrés, faisant apparaitre chaque femme dans une découpe qui fait penser aux globes de verre d'un cabinet de curiosités.

Les costumes de Dominique Rocher sont situés entre le XV° par la présence de corsets, et surtout de fraises, mais ne dénotent pas à notre époque. Elle a dessiné de longues manches pour couvrir les mains coupées d'Anne Dexter (Bénédicte Choisnet​et lui donner une allure d'oiseau lorsqu'elle s'élance en patins à roulettes.

Il n'y a pas de décor à proprement parler et le dépouillement témoigne de la précarité du statut de reine. Certaines en portent le titre sans en avoir la couronne. Quelques objets seront utilisés, avec une forte symbolique. Un globe terrestre représentera les voyages et l'impossible retour en Anjou de Marguerite (Laurence Roy​). Un fauteuil symbolise le trône sur lequel la Duchesse d'York (Sophie Daull​aura régné l'espace de dix secondes. Il sera renversé rageusement par Anne Warwick (Marion Malenfant​) à l'annonce officielle de la mort du roi. Elisabeth (Anne Le Guernec) portera un diadème quelques minutes. Isabelle Warwick (Pauline Huruguen​) arrivera sur scène encombrée de  deux bocaux de verre transparent, comme ceux qu'un museum emploie pour conserver des animaux dans le formol, mais ici gigantesques pour contenir les deux enfants d'Elisabeth assassinés par leur oncle Richard. Anne Dexter et Anne Warwick auront auparavant fait leur entrée sur scène chaussées de patins à roulettes.
Certains détails agaceront. Je les ai appréciés. Pour leur décalage et leur pertinence qui nous fait réfléchir sur les résonances que cette pièce peut avoir à notre époque qui, à sa manière connait une certaine forme d'épouvante, même si elle diffère de celle qui règne sur le palais londonien.

Le propos est dur. Les empoignades s'enchainent sans concession. Mais le traitement n'exclut pas l'humour et là encore on peut louer le parti-pris choisi par Elisabeth Chailloux de faire émerger le comique. Comme faire résonner jusqu'à l'obsession le God Save the Queen systématiquement après le mot "reine" ou songer à une chansons de Catherine Ringer des années 80 pour ouvrir en quelque sorte le bal alors que les deux Anne patinent. Egalement ce clin d'oeil d'Isabelle au public quand elle soupçonne que des oreilles les regardent et des yeux les écoutent.

Le second degré affleure avec bonheur. Il faut entendre avec attention Marguerite décrire la mort.  Et goûter le moment de tendresse que la muette Anne Dexter partage (enfin) avec sa mère en recouvrant la parole. C'est que les six comédiennes sont de sensibles et flamboyantes interprètes d'un texte magnifique.

Et que les images qui nous sont proposées sont d'une cruelle beauté.

Pendant que le roi Édouard agonise, six femmes s’agitent et s’affolent, qui toutes convoitent le trône d’Angleterre : la reine Elisabeth, les soeurs Anne et Isabelle Warwick, la reine Marguerite, Anne Dexter et la vieille duchesse d’York âgée de quatre-vingt-dix-neuf ans qui s'acharne à vivreImmortalisées par Shakespeare, ces reines, triviales et somptueuses, se réincarnent pour perpétuer toute la déraison et la cruauté de leurs exigences tragiques.

Puisque comme le déplore l'une d'elles : notre vie sur la terre est un mensonge, lambeaux que nous sommes.

Il ne faut pas passer à coté d'elles car elles sont bien vivantes !
Les Reines de Normand Chaurette
Mise en scène Elisabeth Chailloux
Collaboration artistique Adel Hakim
Scénographie et lumières Yves Collet
Costumes Dominique Rocher
Son Philippe Miller
Vidéo Michaël Dusautoy
Maquillage Nathy Polak
Marionnettes Einat Landais
Manufacture des Oeillets -​Théâtre des Quartiers d'Ivry
Place Pierre-Gosnat, Ivry-sur-Seine (94). Tél : 01 43 90 11 11
Jusqu’au lundi 29 janvier à 20 h, samedis à 18 h, dimanche à 16 h
avec Bénédicte Choisnet​ (Anne Dexter), Sophie Daull​ (La duchesse d’York), ​Pauline Huruguen​ (Isabelle Warwick), Anne Le Guernec (la reine Elisabeth), Marion Malenfant​ (Anne Warwick) et ​Laurence Roy​ (la reine Marguerite) ​
Les Reines de Normand Chaurette ont été publiées aux Editions Léméac/Acte Sud-Papiers
La photo qui n'est pas logotypée A bride abattue est de Nabil Boutros

dimanche 14 janvier 2018

Patients de Grand Corps Malade

On pourrait s'attendre à ce que je parle du film. Je ne l'ai pas vu. Il n'était pas programmé près de chez moi. Plus exactement je n'en ai vu que la bande-annonce. Et j'ai retrouvé exactement l'atmosphère que j'ai imaginé en lisant le livre.

Car Patients fut d'abord un livre. Fabien Marsaud y offre un témoignage où les prénoms des protagonistes ont été changé pour préserver l'anonymat ... et éviter les ennuis.

On le connait sous son nom de scène, Grand Corps Malade, mais au moment de l'accident il était Fabien, un tout jeune homme d'à peine vingt ans qui se rêvait un avenir de basketteur plutôt légitime au regard de sa taille.

Je savais qu'il avait eu un accident en plongeant dans une piscine où il n'y avait pas suffisamment d'eau et qu'il s'était endommagé les vertèbres cervicales. Et qu'à force de volonté il avait réussi à remarcher après avoir connu un épisode tétraplégique.

J'avais découvert ses textes dès 2006, à la sortie de son premier album, Midi 20 (l'heure de son accident) et ces textes m'ont immédiatement parlé, quels que soient les sujets abordés, souvent des faits de société. Grand Corps Malade a le chic pour slammer haut et fort ce qu'on bougonne tout bas sans parvenir à trouver les mots pour exprimer notre rage, notre colère pu notre peine.

Il dénonce ce qui ne va pas et son nom de scène lui allait comme un gant, sorte de métaphore du mal être sociétal. Je n'avais pas noté qu'il n'abandonnait jamais sa béquille. Que d'aide temporaire elle est devenu outil définitivement indispensable.

Je viens de lire son livre et j'ai appris beaucoup de choses. D'abord que son accident, qu'il qualifie de très con, est très courant. C'est la deuxième cause de tétraplégie après les accidents de la route. Un tétra c'était pour moi un mec en fauteuil roulant qui ne peut pas marcher. J'étais loin de me douter de tous les inconvénients de cette situation, l'absence d'abdominaux qui empêche de pouvoir crier, l'impossibilité de maitriser ses sphincters, et beaucoup d'autres ennuis. Je ne me doutais pas que certains paraplégiques pouvaient avoir perdu la conscience des convenances sociales et du du paraître bien, ce qui se traduit par l'incapacité de censurer les injures.

Et pourtant je connaissais la vie d'une personne contrainte à la position couchée et dépendante des autres pour tout puisque j'avais lu (et beaucoup aimé) en 1997 Le scaphandre et le papillon, dans lequel Jean-Dominique Bauby raconte sa vie après son attaque cérébrale et son expérience du locked-in syndrome. Je me souvenais parfaitement de souffrances terribles quand un aide-soignant ouvre les rideaux et lui souhaite une bonne journée sans remarquer qu'un rayon de soleil va lui bruler la rétine et qu'il devra supporter la douleur jusqu'à l'arrivée de quelqu'un dans sa chambre puisqu'il est incapable de manipuler une sonnette. Je sais aussi combien l'escarre est une misère.

Fabien relate des anecdotes semblables. Comme lorsque son fauteuil roulant tombe en panne de batterie au milieu de sa chambre, à l'heure du déjeuner et qu'il ne peut rien faire, qu'attendre, en pensant à Michel Blanc coupé du monde sur le télésiège dans Les bronzés font du ski.

Attendre est un mot-clé, d'où le terme de patients avec toute la polysémie qu'il recèle. Pas facile de s'occuper, de niquer une heure comme l'écrit Fabien en reprenant l'expression de son pote Farid.

Il écrit sans tabou, sur les misères quotidiennes, comme sur les relations handicapés-soignants, et aussi sur la dépression et le suicide. Il raconte aussi de "vieilles" blagues témoignant d'un solide sens de l'humour et va jusqu'à relater des escapades dignes de collégiens (p. 110). Il appelle un chat un chat et un homme sur un fauteuil roulant un handicapé. Ce faisant il lui redonne sa dignité.

L'histoire de Fabien est en quelque sorte heureuse car un mois après l'accident il sent qu'il peut bouger un orteil, ce qui autorise le diagnostic de "tétraplégique incomplet", avec quelque espoir de récupération supplémentaire, sans savoir de quel ordre, car personne dans ce bateau ne sait quand le voyage s'arrêtera et jusqu'où il va nous mener (p. 73).

Il parvient à remarcher dans un délai inférieur à deux ans mais quinze ans plus tard il ne peut  toujours pas se passer de la béquille pour soutenir son coté gauche. Il a conservé des séquelles importantes, mais le combat de l'autonomie est gagné et c'est le respect qu'il a pour ceux qu'il a croisés et qui sont encore face au combat qu'il ne gagneront pas qu'il a voulu écrire le livre (il aura mis 15 ans avant de l'entreprendre), et plus tard le scénario d'un film, puis en fin de compte s'engager dans la réalisation.

Ce témoignage n'est pas une thérapie. On pourrait regretter, mais il n'est pas non plus une autobiographie (ni le film un biopic) sur Grand Corps Malade. Il ne dit pas pourquoi ni comment il est devenu l'artiste musicien que l'on connait. C'est à peine si de temps en temps il exprime son regret de ne plus faire de sport de haut niveau, même si la rééducation est une forme de sport.

On remarque une sensibilité à la musique, la façon dont il parle de Farid jouant de la guitare pour tromper l'ennui le dimanche, son admiration pour ce garçon n'ayant jamais étudié la musique et chantant juste a pu agir comme un modèle. Plus tard c'est Eddy, son nouveau compagnon de chambrée avec qui il partage le goût du rap.

Fabien Marsaud est devenu slameur et poète auteur-compositeur-interprète dès 2005. Il a proposé, entre autres, plusieurs représentations, seul face au public du Réservoir, assuré la première partie du concert de Cheb Mami sur le parvis du Stade de France et celle de Mouss et Hakim à la Boule Noire. L'année suivante, il publie son premier album, Midi 20, classé 10ᵉ sur 200 parmi les meilleures ventes d'albums. En 2008, il sort un nouvel album, Enfant de la ville. Ses mots sonnent juste, dans un français parfait et néanmoins accessible. Le succès a été immédiat, et mérité.

Je vous encourage autant à lire le livre qu'à voir le film. Le deux sont complémentaires. Ce qui est certain c'est que le film ne dessert pas le livre. Ils sont tous les deux de nature à changer notre regard sur la population en fauteuil et c'est important.

Patients de Grand Corps Malade, chez Don Quichotte 18 octobre 2012

samedi 13 janvier 2018

Françoise par Sagan ... par Caroline Loeb

Après George Sand, ma vie, son œuvre (2013/2016) qui avait marqué le début de sa collaboration avec Alex Lutz, Caroline Loeb s'est attachée à une autre grande icône de la littérature française, Françoise Sagan, une nouvelle fois accompagnée et mise en scène par Alex Lutz.

Créé avec succès dans le Off du Festival d'Avignon en juillet 2016 Françoise par Sagan a ensuite été joué au Théâtre du Marais d'octobre à mars 2017. Après une nouvelle série de représentations en Avignon en juillet dernier, la comédienne s'est posée avec bonheur au Théâtre du Petit Montparnasse. Mais c'est dans la très belle salle de l'Allegria du Plessis-Robinson (92) que je l'ai applaudie.

Caroline Loeb arrive sur scène, cigarette à la main, bien sûr. Le public est prévenu : je portais ma légende comme une voilette. Elle nous dit qu'elle aimait la vitesse, minuit, tout ce qui est éclatant, la couleur noire.

vendredi 12 janvier 2018

Vies de papier de Benoit Faivre et Tommy Laszlo


Le Mouffetard est le Théâtre des arts de la marionnette, qu'on appelle aussi théâtre d'objets, de manière plus globale. Il est installé dans un quartier très animé et joyeux, au fond d’une cour moyenâgeuse où le spectateur découvre un univers quasi futuriste dominé par la couleur jaune.

La programmation y est étonnante et éclectique. J'y ai vu Vies de papier, un spectacle aussi original que cohérent, imaginé par Benoit Faivre et Tommy Laszlo qui en sont aussi les interprètes.

Le dispositif scénique occupe l'entièreté du vaste plateau du théâtre. C'est Tommy qui raconte la genèse de la création. En septembre 2015, en fouillant dans les cartons d’une brocante à Bruxelles, Tommy Laslo est attiré par un livre rouge à la couverture très veloutée. C'est un album photo exceptionnel, par son état de conservation, par la qualité et la singularité du travail de mise en forme. Les photos sont nombreuses, d’origines et de tailles différentes. La lumière est toujours soignée. Les clichés sont organisés, parfois découpés, ornés d’éléments extérieurs, de dessins, de peintures... candides et colorées mais donnant l’impression de rencontrer le travail d’un plasticien... C’est aussi un album entièrement consacré à une femme, Christa, née en 1933 en Allemagne, de son enfance jusqu’à son mariage en Belgique, comme un hommage.
Son oeil est attiré sur une photo de famille à la plage, page 6. Un drapeau flotte derrière le groupe, portant une croix gammée ... Et c’est tout à coup la grande Histoire qui se superpose comme si souvent avec la vie dite ordinaire. La proximité entre le travail habituel des deux artistes et cet album est surprenante. C’est une nouvelle lecture de l’album qui alors s’offre à eux, avec son lot de nouvelles surprises, de nouvelles questions. En quoi le destin de cette immigrée leur rappelle-t-il la trajectoire de leur grand-mère à chacun ? C’est le début d’une vaste enquête à travers toute l’Europe.

jeudi 11 janvier 2018

Une aventure théâtrale, film documentaire de Daniel Cling

Le 71ème Festival d'Avignon en a eu la primeur et c'est légitime. Une aventure théâtrale célèbre 30 ans de décentralisation dramatique, en témoignant, par la présence de plusieurs de ses fondateurs, d’un désir quasi forcené de rendre accessible le spectacle vivant à ceux qui en étaient éloignés, voire exclus.

C'est un document sur l'histoire du théâtre en France de la fin de la guerre à 1981, avec de nombreux témoignages rares, car le réalisateur a donné la parole à des personnes qui sont le plus souvent dans l'ombre. On connait les comédiens, moins les metteurs en scène ou directeurs de théâtre.

Ce film intéressera donc les passionnés de théâtre qui souhaitent comprendre cette grande aventure humaine, animée par des pionniers. Car la décentralisation théâtrale fut pionnière et plurielle, vivante et populaire.

Mais il conviendra tout autant aux férus d'histoire. Parce qu'ils écouteront avec autant intérêt les artistes que les élus qui ont consacré beaucoup d'énergie à faire exister cette aventure théâtrale dont l'histoire est unique, humaine, artistique, sociale, historique et politique.

La décentralisation théâtrale a permis l'émergence d'un théâtre exigeant, un répertoire inédit, dans un mouvement foisonnant qui a irrigué le pays pendant plusieurs décennies. Pour ma part j'en ai suivi plusieurs épisodes de près quand j'ai travaillé dans plusieurs institutions culturelles. Je ne sais pas comment quelqu'un qui n'a pas connu cette période pourra analyser l'évolution mais il est très intéressant qu'un tel document existe.

Le film sortira en exploitation le 10 janvier 2018. Il sera également programmé à l'occasion, de nombreuses manifestations liées à la célébration des 70 ans de la décentralisation théâtrale.

Une aventure théâtrale, 30 ans de décentralisation
Un film documentaire de Daniel Cling
Avec (par ordre alphabétique) Robert Abirached, Françoise Bertin, Roland Bertin, Emile Biasini, Catherine Dasté, Jean Dasté, Sonia Debeauvais, Pierre Debauche, Général de Gaulle, Aristide Demonico, Jacques Fornier, Gabriel Garran, Hubert Gignoux, Georges Goubert, Jean-Louis Hourdin, Evelyne Istria, Jacques Kraemer, Jean François Lapalus, Jacques Lassalle, Jeanne Laurent, René Loyon, André Malraux, Philippe Mercier, Gabriel Monnet, Guy Parigot, Roger Planchon, Jack Ralite, Guy Rétoré, Isabelle Sadoyan, Maurice Sarrazin, Christian Schiaretti, Bernard Sobel, André Steiger, Arlette Téphany, Pierre Vial, Jean Vilar, Hélène Vincent, Jean-Pierre Vincent, Antoine Vitez.
Montage : Anne Marie C.Leduc
Image : Guillaume Martin, Jacques Besse, Damien Fritch
Musique : Jonathan Harvey
Une production TS Productions et l’Union des Artistes, en coproduction avec Bix Films, Paris-Brest Productions, avec la participation de Vosges Télévision et Rennes Cité Média et le soutien  de l’Adami,  d'Audiens et du Ministère de la Culture et de la Communication. Avec l'aide du Centre national du cinéma et de l’image animée.

mercredi 10 janvier 2018

Play Boy de Constance Debré

C'est un roman, mais c'est surtout sans doute une forme de témoignage qui permet à Constance Debré de se libérer d'une image bourgeoise qui ne lui correspond pas (ou plus).

Les coming-out des hommes révélant leur homosexualité ne sont plus du tout exceptionnels. Le récit d'une femme reste moins fréquent et la sincérité qui se dégage de Play boy est touchante. A quatre ans j'étais homosexuelle, je le savais très bien, après c'est un peu passé. Aujourd'hui ça revient. C'est aussi simple que ça. (p.80)

Ce qui l'est moins, c'est l'étiquette de premier roman qui est collée sur le livre alors que c'est le troisième. L'auteure a en effet publié deux autres ouvrages aux Editions du Rocher. Et je suis ennuyée de prendre une avocate pénaliste en flagrant délit de mensonge et qui plus est mensonge inutile de mon point de vue. Du coup je peine à rendre un avis.

Quand elle écrit que ce sont toujours les riches qui gagnent (p. 70) je comprends qu'elle nous prévient, pauvres prolétaires, qu'elle aura toujours raison, en prétendant par exemple que c'est un premier roman ... chez cet éditeur là.

Elle aime la provocation et la revendique. Elle le démontre régulièrement. Dans quel but ... je ne l'ai pas perçu. Que cela amuse certains qu'elle confie qu'elles se sont bien "marrées" sa soeur et elle (p. 24), en vivant avec des parents camés ne me réjouit pas. L'enfance mérite protection et il me semble qu'elle en a manqué même si elle parle de son père avec beaucoup de tendresse (p. 160).

Elle a dit en interview qu'elle n'avait pas écrit un livre "sur" elle mais "à partir" d'elle, ce qui met en garde de trier ce qui relève de l'autobiographie de ce qui est de la pure fiction. N'oublions pas que c'est un récit et qu'on n'attend jamais d'un avocat qu'il dise la vérité mais qu'il défende son sujet.

De ce coté là elle s'en tire bien Constance, parce qu'elle sait écrire, c'est une évidence. Sa dénonciation du poids des classes sociales n'est pas une découverte mais il est vrai qu'aimer n'affranchit pas des origines.

Ses phrases sont parfois assassines, souvent câlines, de temps en temps perfides. Elle aime les coupables ... alors faut-il qu'on la juge ainsi pour parvenir à l'aimer ?

Elle a toute liberté pour vivre sa vie comme elle l'entend. Mais pas celle d'écrire n'importe quelle opinion, comme par exemple : je comprends même les violeurs (p. 100). La provocation a des limites.

Pour ceux qui ne le sauraient pas (cela peut exister même si l'auteure en doute) Constance est la nièce de Jean-François Debré, ministre sous le gouvernement de Jacques Chirac et ancien président du Conseil constitutionnel. Son grand-père fut le rédacteur de la Constitution dont nous sommes si fiers. Et son père François Debré un très grand reporter de guerre.

J'ai eu l'occasion de lire quelques extraits de discours prononcés par elle en tant qu'avocate. Elle sait manier le verbe avec hauteur. Play-boy est souvent à l'opposé, au-dessous de la ceinture, et franchement scatologique et comme elle fait remarquer on se lasse de tout (p. 169), et de ça aussi. Espérons qu'après avoir évacué ce poids elle se mettra à un "second" ouvrage qui témoignera de l'agilité de sa plume. Celle qui décrit sa situation dans les premières pages (p. 12) : je fais un métier d'homme où on porte une robe.

Play Boy de Constance Debré, Stock, en librairie depuis le 10 janvier 2018

mardi 9 janvier 2018

Normandie nue


Normandie Nue est une comédie sociale qui fait rire mais qui a la puissance de bousculer les consciences. Elle a presque la vertu d'alerter ceux qui ignoreraient encore que la condition agricole est bien plus menacée que ne le fut la condition ouvrière.

L'amour et le bonheur ne sont plus dans le pré. Arrêtons d'avoir la candeur d'y croire.

Il y a pourtant de la joie de vivre et beaucoup d'humour dans le film de Philippe Le Guay qui n'en est pas à sa première dénonciation. C'était lui qui avait réalisé les Femmes du 6 ème étage sur la vie des "bonnes" espagnoles en 2011. C'est encore lui qui a signé Alceste à bicyclette (2013) et Floride (2015).

Le film dégage une vitalité extraordinaire en raison d'une interprétation très précise par tous les comédiens. Le casting est idéal autour de François Cluzet qui est peut-être le seul comédien réellement connu du grand public et qui est totalement crédible dans la peau de Georges Balbuzard dit Balbu. Le maire du village a fort à faire pour fédérer ses ouailles et défendre leurs intérêts en ménageant leurs susceptibilités.

Le personnage, qui porte presque un nom d'oiseau, est touchant dès lors qu'on apprend que son engagement politique s'accompagne de renoncements. Ils sont d'ailleurs tous profondément humains, même ceux qui masquent leurs faiblesses derrière une allure bravache.

C'est le cas de Charlotte, très forte pour obtenir le 06 du beau Vincent (Arthur Dupont) de retour au pays pour vendre la boutique de son père, photographe, ancien champion cycliste. Jouer la fille affranchie lui permet de cacher sa sensibilité.

Celle de Roger, le boucher (Grégory Gadebois) est à fleur de peau au moindre regard posé sur sa femme Gisèle, ex miss Calvados. Alors imaginez ce qu'il ressent à la perspective qu'elle se montre nue à la terre entière ! C'est inconcevable et il en a les larmes aux yeux.

Car suite à un concours de circonstances, c'est l'idée dont s'empare Balbu pour attirer l'attention des médias sur son village. Le vandalisme n’a jamais marché. Faut frapper les esprits. Une photo de nus intéressera davantage qu'une manifestation bloquant l'autoroute : On aura une heure aux actualités nationales et pas comme tout à l’heure une minute trente en régional.

A priori ils sont tous contre. Pas question de faire comme les femens en Russie ... jusqu'à ce que la prise de conscience n'entraine un revirement d'opinion. L'institution les dépouille ... ils croulent sous les dettes et sont en quelque sorte déjà à poil depuis longtemps. Ils comprennent qu'avec ce geste la France entière nous verra comme on est. Balbu va inviter tout le village à poser tout nu sur un champ  et on attend que les volontaires s’inscrivent sur les affiches " tous nus au champ Chollet le 30 avril ".



Il faut évidemment admettre que c'est une métaphore et ne pas oublier qu'il s'agit d'une comédie et non d'un documentaire sur le monde agricole ou sur l'art contemporain. Même si d'une part la réalité économique rurale est un vrai désastre et si l'artiste photographe américain Blake Newman (Vincent Regan) est inspiré de Spencer Tunick dont la spécialité est effectivement de photographier des centaines de corps nus dans des paysages.

lundi 8 janvier 2018

TeaTap, une découverte

Il était une fois trois copains partageant un grand intérêt pour la qualité produit et une alimentation saine qui ont décidé de créer en 2016 une entreprise de commercialisation de mélange de thés qu'ils ont baptisée Tea Tap.

François est un expert en vin, cuisine et en finances et cumule 16 ans d’expérience dans une chaîne populaire de micro brasserie artisanale. Richard a engrangé plus de 30 ans d'expérience dans l’industrie du thé. Il parcourt l’Asie à la recherche des meilleurs thés d’origine. C’est lui qui naturellement compose les mélanges. Quentin fait preuve d’un intérêt tout particulier pour les tendances culinaires. Il a 9 ans d’expérience dans le domaine brassicole et de la restauration. Le design est une de ses compétences particulières.

C'est lui que j'ai rencontré alors que je venais à la présentation d'une collection de prêt-à-porter. Le temps était plus que maussade et moi qui ne bois jamais de thé après 16 heures je n'ai pu résister à l'envie de goûter l'un d'entre eux (le choix fut difficile, tous développaient un parfum envoutant) en pensant qu'il allait me réchauffer. Dès la première gorgée j'ai su que j'allais modifier mes habitudes et réviser ma position sur les thés.

Tea Tap est une expression un peu étrange qui ne veut pas dire grand chose en français même si on associe tap à robinet ou à claquettes. On pourrait dire que ce sont des "agités du thé". En tout cas ils le font avec talent parce que les mariages de saveur sont très réussis.

Ils les poussent à l’infini pour offrir une gamme de saison, suivant les tendances du moment. Tous les produits sont 100% naturels, sans ingrédients artificiels, sans OGM et sans sucre ajouté, ce qui n’est pas courant sur le marché. Par exemple un thé "à la rose" contient effectivement des boutons de rose alors que certains concurrents se satisfont de quelques gouttes d’essence de rose. Certains des thés de la gamme sont même certifiés bio.
Ils ont retenu 8 couleurs vives pour distinguer les 8 catégories de thé : Blanc cassé pour le thé blanc, vert pour le thé vert, bleu pour le thé oolong, cuivre pour le thé noir, mauve pour le thé pu-erh, kaki pour le maté, orange pour le rooibos et jaune pour les infusions.

Sélectionnés avec attention et vigilance, les thés viennent d’Asie, les matés d’Amérique du Sud, les rooibos d’Afrique du Sud et les tisanes du monde entier.

Les thés blanc, vert, oolong, noir et pu-erh sont les plus connus. Ils proviennent de la plante camellia sinensis qui est une variété de camelia. On peut les trouver sous leur présentation traditionnelle, mais aussi, et c’est là une des forces de Tea Tap, sous forme de recettes, qui plus est uniques, composant une gamme qui s’enrichit sans cesse.

Le maté provient d’un arbuste d’Amérique latine aux bienfaits énergisants qui se rapprochent du café.

Le rooibos est issu d’un arbuste d’Afrique du Sud sans théine et ayant les mêmes antioxydants que le thé.

Pour ceux qui préfèrent les infusions, j’ai remarqué plusieurs propositions étonnantes comme la tarte à la rhubarbe ou le ginger beer bio. Cela donne envie de tester. Je ne peux parler que de ce que je connais. Ainsi, je vous dirai combien j'ai apprécié le Chai de Bombay bio, un thé noir, enrichi de vanille, gingembre, cannelle, cardamone, clou de girofle et poivre noir (qui existe aussi dans une version dite Chai rose, avec des pétales de rose qui doit être encore plus parfumée). jusqu'à présent je l'ai fait infuser dans de l'eau mais je sais qu'en Inde on emploie du lait.

La crème d'Earl Grey est un grand classique mais il est revisité avec audace dans leur version ultracrèmeuse portée par les notes d'agrumes de la bergamote. Le mélange associé un thé noir d'Inde, de la bergamote et des pétales de bleuet. C'est lui qui est photographié en haut de l'article.
Dans un registre très différent j'ai beaucoup aimé le Black & White qui est composé d'un thé blanc de Chine, de pomme, de cacao et de pétales de fleurs de marguerite. Les notes subtiles de chocolat noir sont enrichies par l'ajout de morceaux de pommes sucrés et de coques de cacao, offrant  ainsi un savoureux mélange gourmand.

C'est une chance inouïe que ces deux là figurent dans les produits en soldes d'hiver. J'y ai vu aussi  une tisane qui me tente énormément car elle promet les saveurs d’une tarte sucrée aux raisins sans prendre un gramme, pour peu qu'on ne la sucre pas. Son nom élégant de Vendanges tardives évoque pour moi les grands crus alsaciens. les ingrédients sont Pomme, Hibiscus, Feuilles de mûriers, Baies d'Églantiers, Raisins de Corinthe, Raisins secs, Raisins Sultana et Arômes naturels de pamplemousse. Le secret de la réussite est de respecter un temps d'infusion de 6 à 8 minutes. La boisson obtenue pourra être dégustée glacée en été. Les soldes d'hiver peuvent donc constituer un investissement à long terme et c'est une manière sympathique de découvrir la marque.

L'ampleur de la gamme de Tea tap démontre qu'on peut penser à d'autres thés qu'aux si classiques thé vert à la menthe, Earl Grey, et infusion Verveine. Ces trois passionnés ont bien eu raison de bousculer les clichés et de s’agiter pour nous faire découvrir de nouvelles richesses du thé, autrement qu’à travers les voyages, les tasses en porcelaine et les parties de bridge (auxquelles personne d'entre nous ne s'adonne).
Le thé devient récréatif, gourmand, surprenant. TeaTap propose aussi une jolie gamme d’accessoires, à l’efficacité et au design irréprochables. Néanmoins c'est avec le mug infuseur Cilia® que j'ai testé (et approuvé) leurs thés.

La fine équipe ne s'imagine pas être "arrivée" au bout du chemin. Chacun estime avec lucidité qu'il a encore beaucoup à apprendre. On se demande alors ce que sera la gamme dans dix ans. A suivre !

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