samedi 30 juin 2012

Bienvenue parmi nous de Jean Becker

Le film n'est pas accompagné de critiques aussi bonnes qu'il le mérite. On se demande parfois si la presse assiste aux projections ou s'auto-influence à partir de la lecture du synospsis.
Malgré sa renommée, Taillandier, la soixantaine, a brusquement cessé de peindre. Ni sa femme ni son meilleur ami ne parviennent à renouer un dialogue qui le ferait sortir de sa dépression. Il fuit brutalement son domicile sans donner de vraie explication. Sa route va croiser celle de Marylou, une jeune fille rejetée par sa famille. Après quelques prises de bec ces deux là vont découvrir qu'il y a encore des raisons d'espérer, ou du moins de continuer.
Dit comme çà, cela aurait pu être mièvre, glauque ... c'est tout le contraire. L'histoire a été imaginée par Eric Holder, à qui on doit aussi "Mademoiselle Chambon" et "L'homme de Chevet". Le roman a été publié chez Flammarion en 1998. 

Jean Becker aime filmer la nature. Après le Poitou des "Enfants du Marais" c'est la Bretagne qui est le cadre de l'aventure. Il y a moins de personnages que dans ses précédents films. L'action semble plus resserrée, avec de belles respirations humoristiques qui accompagnent le périple des deux protagonistes.

Le boucher peu compréhensif est qualifié de Thénardier de l'entrecôte. Taillandier qui ne parvient pas à fixer son attention et à respecter les horaires se rebiffe : va pas me chier une pendule pour 15 minutes de retard ... Et à partir de là il décide de devenir végétarien ... par pure provocation bien sur.

La sollicitude de ses proches l'exaspère. Ce n'est pas sa vie qu'il ne supporte plus, c'est pire : c'est lui qu'il ne supporte plus. Il voit ses dessins comme des merdes à répétition et le spectateur entend la musique en boucle tourner en rond comme ses idées noires.

Même son meilleur copain ne peut le ramener à la raison : j'y arrive plus, même me lever le matin c'est un exploit. A toi je peux bien le dire, tout m'emmerde. Même Alice et les enfants. j'arrive plus à donner le change, faire semblant, faut que çà s'arrête !

Il y aurait bien une solution, au bout du fusil de chasse qu'on lui vend pour aller au sanglier, mais même çà c'est au-dessus de ses forces. Reste donc la fuite, la vraie, pour n'importe où. Il tombe sur Marylou, une jeune fille rebelle dont le personnage a du séduire Jean Becker. On sait qu'il aime ce type de rôle. On se souvient d'Isabelle Adjani en 1983 dans "L'été meurtrier" tiré du roman de Sébastien Japrisot. D'ailleurs nos héros en regardent un extrait à la télévision ...

On craint un moment que la gamine s'amourache du sexagénaire, ou l'inverse. Mais non,  on en reste à une relation père-fille parfaitement orchestrée. Patrick Chesnais, déjà remarquable dans Tu seras mon fils est formidablement juste en bougon au grand coeur. Jeanne Lambert lui donne la réplique sans démériter.

Certes, c'est une happy end un peu conventionnelle qui advient au bon moment, mais il n'en demeure pas moins que le sujet central, la dépression sans raison apparente est bien traitée. On ressort de la salle plus léger, ce n'est pas si fréquent.

A quand l'adaptation pour le cinéma d'un autre livre d'Eric Holder, Bella Ciao ?

vendredi 29 juin 2012

Thé en boite ... Kusmi

J'ai reçu une boite, rose et argent, ronde comme une bonbonnière, que j'ai ouverte avec curiosité. Il s'en dégagea un parfum puissant comme une promesse.

Et moi qui ne grimpe pas aux rideaux pour une tasse de thé je me suis promis de gouter ce breuvage illico. Je connaissais de vue la marque de thé, célèbre pour ses couleurs vives, installée rue des Rosiers mais je n'avais pas encore eu l'occasion d'y programmer une visite.

Je vais davantage y songer parce que la dégustation entreprise à la maison a ravi mes papilles.
J'ai autant apprécié en fin de repas avec un clafoutis à la cerise et une compotée de rhubarbe qu'en début de journée avec une nonette à la fraise et à la rose avant de me mettre au  travail.
Si chaque mélange est aussi réussi que ce thé vert à la rose, il va y avoir de quoi s'abreuver. Pourvu que l'été soit chaud !

Kusmi Tea, sur Internet ou en boutique comme celle-ci, dans un quartier historique où il est agréable de se promener : 56 Rue des Rosiers  75004 Paris, 01 42 74 81 90
Horaires d'ouverture : lun.-dim. 11:00–20:00

Nonette de Dijon Mulot&Petitjean, une maison dont j'ai déjà présenté des pains d'épices.

jeudi 28 juin 2012

Madame Edouard, de Nadine Monfils, réédité chez Belfond

Madame Edouard est née en 1999, par une belle soirée annonciatrice de la Nuit des coquelicots. C'est la bonne copine du Commissaire Léon, un homme malin qui bataille à coups d'aiguilles (à tricoter) pour ne pas resombrer dans la tabagie.

Il aligne patiemment les mailles pour mieux saisir l'envers des affaires et faire tomber les coupables, sous le regard dubitatif de son chien soit disant pas très malin, mais qui fait bien la paire avec lui quand même, sortes de Tintin et Milou, très revus et très corrigés.

Tous les quatre sont des célébrités belges, comme leur patronne, Nadine Monfils, néanmoins aussi montmartroise. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle aime ce quartier qui n'a pas meilleure attachée de presse à mon avis. Ses romans sont truffés d'allusions, d'adresses et de détails tous authentiques, ce qui décuple le plaisir de lecture.

Je connais (un peu) le 18ème et j'ai l'impression de trotter dans le décor au fil des pages. Quant aux personnages, je n'ai plus beaucoup d'effort d'imagination à faire depuis que j'ai vu Léon en la personne de Michel Blanc.
Sa maman a définitivement la voix d'Annie Cordy. Il n'y a que Babelutte qui n'est pas raccord dans mon cinéma personnel parce que je ne peux pas déscotcher de ma mémoire la tête facétieuse du pinscher de Nadine.

Ledit pinscher, qu'il ne faudrait pas confondre avec un teckel, s'appelle Léon dans la vraie vie alors que le chien du roman, qui passe pour un nigaud (p. 122) à force de jouer le rôle de la véritable andouille porte un nom en référence à une confiserie au caramel, spécialité du bord de la mer du Nord. Est-ce une raison pour que l'animal adore le chocolat ? Encore heureux qu'il n'ait pas été baptisé "couque" (un biscuit) ...

L'auteur nous balade en cercles concentriques autour du Colibri, le bistrot montmartrois de la rue Véron qui se trouve être le QG de son héros-commissaire, lequel habite rue Robert-Planquette, où se trouve par contre le QG de Nadine ... Si je vous ai perdu rendez-vous à la Midinette.

La dame adore les troquets qu'elle estime moins chers que les psys, et souvent plus efficaces (p.30) quel que soit le vin qu'on y boit (sûrement en toute modération s'entend) et pas montmartrois tous les ans parce que toutes les cuvées ne sont pas gagnantes. Rien d'étonnant non plus à ce qu'elle cite le Lapin Agile, célèbre cabaret dont l'enseigne, un lapin dans une poêle, avait été peinte par André Gill (p.203).

Elle n'est pas chauvine, capable de citer le café mauresque de la Mosquée de Paris dans une autre aventure (p. 265) et coté cimetières, de célèbrer la supériorité du Père-Lachaise à Saint-Vincent. La taille offre un potentiel de surprises bien supérieur et on peut y passer de Signoret à Oscar Wilde en saluant Mélies ou Edith Piaf (p.88) sans compter l'extraordinaire membre de Victor Noir, patiné par un siècle d'attouchements. Record de visites assuré pour ce journaliste mais il y a beaucoup d'autres sculptures à voir. La preuve.

Nadine Monfils fait grimper la rue Lepic à Léon qui, passant devant la vitrine des Petits Mitrons va, inévitablement, craquer pour un pain au chocolat (p.107). Elle nous rappelle (P.63) que c'est Cocteau qui a décoré le Studio 28, rue Thozolé.

Elle fait surgir au fil des pages la mémoire de montmartrois très connus comme Jean-Pierre Jeunet, qui fut son conseiller artistique sur la version cinématographique de Madame Edouard, moyennement connus comme Roland Dorgelès, lequel a vécu dans le coin ... rue des Brouillards, ou dont la mémoire est injustement moins présente comme Bernard Dimey, dont elle a bien raison de rappeler que sans lui Henri Salvador n'aurait jamais chanté Syracuse. J'ajouterai que sa fille, Dominique, est une formidable parolière qui chante la planète et l'enfance avec délicatesse. Son Roi du silence n' a jamais cessé de me toucher (album le Temps d'une chanson).

Madame Edouard est emblématique du style de Nadine, plus profond qu'on ne pourrait le penser à première lecture. Le thème de la vérité repasse en boucle. Elle écrit que c'est le meilleur chemin à prendre. Même s'il est le plus difficile au début, il t'évite de t'embourber par la suite (p.30) ... avec un bémol toutefois : on ne ment qu'aux gens qui ne sont pas capables de comprendre (p. 59) et puis une réflexion qui laisse perplexe : la vérité est un sentiment d'égoïste qui ne fait plaisir qu'à celui qui la dit (p.174).

J'étais entrée dans l'écriture de Nadine Monfils avec la Petite fêlée aux allumettes. J'ai tout autant sinon plus adoré ce numéro 1 d'une série que je dévore maintenant avec gourmandise. La nuit des coquelicots m'a semblé annoncer en quelque sorte la Petite fêlée.

Il me semble judicieux d'avoir placée cette aventure policière juste après Monsieur Edouard. La première vous familiarise avec l'univers de Léon, pour apprivoiser en quelque sorte le surréalisme des situations dans lesquelles il ne faudrait pas entrer par effraction. Quelqu'un qui commencerait (et j'ai soumis une amie à l'exercice) par la première page de La nuit (p.245) a de quoi être surpris, surtout si c'est une fine cuisinière. La recette de la soupe à la tomate est peu ordinaire. Vous suivez toujours le fil ? Fil rouge bien entendu ...

Je vous laisse gouter le style, le fond et la forme ... j'adore et j'en redemande. Ce sera dur de patienter jusqu'au 8 novembre pour retrouver le commissaire, sa mère, son chien et toute la bande. Ce seront deux nouvelles enquêtes : Il neige en enfer et Le silence des canaux. Un autre sortira en 2013 et un cinquième l'année suivante.

Nadine Monfils, Les Enquêtes du commissaire Léon 1, Madame Edouard, suivi de la Nuit des coquelicots, Belfond, Juin 2012, 448 p., 19 € 

mercredi 27 juin 2012

Pourquoi pas une pizza pourvu qu'elle soit différente


Différente de ce qu'on trouve dans les trattorias et autres cabarets ... sans aucune excuse puisqu'on peut prendre un sachet d'une des préparation inratables de Francine.

Cela n'empêche pas l'imagination coté garniture. Une sauce tomate/crème fraiche a cuit avec la pâte. Puis j'ai ajouté du surimi sur des lamelles d'avocat citronnées pour faire joli (le vert stimule toujours l'appétit) et sain parce qu'un légume s'impose. J'ai saupoudré d'aneth et ai servi aussitôt.

Un nombre infini de recettes sont possibles en suivant un règle de trois : un poisson, viande ou charcuterie + un assaisonnement, crème ou sauce tomate + un légume. En prime on peut jouer sur l'assaisonnement avec des épices, fines herbes, olives, câpres ou câpres. Bon appétit !

mardi 26 juin 2012

La saison 2012-2013 du Théâtre des Sources de Fontenay-aux-Roses (92)


La "présentation de saison" est un exercice formel aussi périlleux qu'une remise de prix. C'est franchement barbant si le ou la maitresse de cérémonie n'a pas d'humour. C'est usant quand çà se traine en longueur, avec même parfois un manque d'oxygène quand les salles sont bondées.

Le choix de la date est aussi crucial. En juin le risque est grand qu'elle entre en collision avec la fête de l'école de votre progéniture, ou avec "la" soirée entre potes déterminée en fonction d'une météo qui se remet soudain à l'heure d'été.

En septembre vous avez d'autres priorités et c'est vraiment parce qu'on n'a encore rien trouvé de mieux pour faire le meilleur choix de son abonnement que vous vous résignez à venir.
Rien de tout cela ce soir au Théâtre des Sources de Fontenay-aux-Roses. Premier bon point pour sa directrice Laurence Ackermann, qui arrive à égalité avec Françoise Pointard du Centre d'art et de culture de Meudon. Bravo à ces dames ! Comme je n'ai pas prévu de troisième présentation avant septembre (mon calendrier n'étant pas assez extensible) je ne mettrai personne à la troisième place.

Faisant allusion à Brassens, Laurence a "tricoté", un verbe qu'elle affectionne, sa programmation sous le double signe de la curiosité et du rendez-vous ... avec nous bien sur.
Il lui suffit de pointer son doigt magique en direction de la régie pour qu'on ait envie de nous lever et de danser sur la fanfare serbe de Boban i Marko Markovic Orkestar qui a tout de même signé plusieurs musiques de films d'Emir Kusturica. J'adore Goran Bregovic dont  le titre Nie ma, nie ma ciebie (sans toi) me donne toujours le frisson. Mais Boban sait aussi bien insufler la joie tsigane et l'esprit de fête.
Première nouveauté : les rendez-vous du mardi au bar du théâtre, sous son lustre kitchissime à rêver. Huit semaines durant, on pourra entendre ou voir un spectacle qui ne sera jamais ni tout à fait le même ni tout à fait un autre avant d'en discuter ensemble autour d'un verre.
Patrice Caratini, Hildegarde Wanzlawe et Rémi Sciuto lanceront le concept avec leurs Short Songs en français, allemand, anglais et portugais d'octobre à décembre. Et vu ce qu'on a entendu à la fin de la soirée cela promet d'être de très bons moments, surtout qu'Hildegarde chantera en "acoustique", c'est-à-dire sans micro, avec sa voix et avec son corps, c'est dire ...
Il y aura aussi Vernissage, de Vaclav Havel, au second trimestre, mis en scène par Adrien de Van (à droite sur la photo ci-dessus). Une sorte de parodie de pendaison de crémaillère dans l'appartement d'un couple d'amis où vous serez invités comme une trentaine d'autres petites "souris-fantômes". Il faudra retenir votre appétit à l'apparition du décortiqueur d'amandes.
Grand moment de théâtre le 19 octobre avec la Villégiature de Goldoni, mise en scène par Thomas Quillardet, qui m'avait réjouie il y a un an au Théâtre de l'Odéon, dans le cadre du festival Impatience. Sans être du docu-théâtre, on se sent quand même si proches des personnages que l'on se projette sans hésiter dans leurs manières de sauver la face. Leurs faiblesses et leurs supercheries nous émeuvent autant qu'elles nous amusent. On rit de bon coeur et on applaudit à l'inventivité de la mise en scène, et à l'originalité du décor ...
La légende de Bornéo explore d'autres travers de l'âme humaine. Après les loisirs vu par Goldoni, c'est le monde du travail qui est passé au crible par le Collectif L'Avantage du doute, avec humour derrière un titre exotique qui devrait provoquer l'attention du public. Ils ont appliqué dans leur démarche de collectage de témoignages la technique du QQOQCCP (pour Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Combien ? Et pourquoi ? »), une démarche d'analyse reposant sur un «questionnement systématique et exhaustif» dont la qualité conditionne celle de l'analyse proprement dite.
Sauf que bien entendu le résultat est subjectif, forcément, s'agissant d'un théâtre dit engagé, mais qui n'est pas pour autant "pénible ou chiant" comme nous préviennent Simon Bakhouche et Claire Dumas chargés ce soir d'en assurer la promo. Ils nous promettent joie et plaisir. A vérifier sur place.
Vous veillerez à venir sans objet de valeur les 16 et 17 novembre parce que James Chadier risque de subtiliser un truc ou un autre, comme ce soir le portable d'un spectateur pour le faire entrer, de gré ou de force (le téléphone, pas l'homme) dans un ballon gonflé à bloc sous nos yeux dubitatifs histoire de rendre un appareil avec une fonction supplémentaire, waterproof, à son propriétaire à la fin du numéro. Faut le voir pour le croire et James sait s'y prendre pour semer le doute. On se dit tout de même que si c'était vrai, il serait pas ici mais à Las Vegas ... quoique.

Un stage intergénérationnel de magie est programmé en amont pour apprendre aux enfants à léviter leurs parents ... que l'artiste encourage à l'éviter peut-être.

Le Festival MARTO, initié depuis 13 ans autour de l'amour de la marionnette par un trio de directeurs de la banlieue sud (dont Gérald Chatelain ici même) reviendra en force en novembre décembre. J'avais rendu compte l'an dernier du spectacle du Bob théâtre, que j'affectionne particulièrement, et en toute réciprocité, à travers Nosferatu.
L'Emission est proposé par Johanny Bert en théâtre d'objets dans le bar, sous le "fameux" lustre.  Un texte sarcastique de Sabine Révillet qui alerte sur le ramollissement du cerveau du spectateur scotché à l'écran de la télévision. Donné pour une toute petite jauge le spectacle ne s'adresse pas du tout à un public d'enfants malgré les références (trompeuses) à l'univers des Playmobil. Le Bob sera présent sur le plateau avec une exposition interactive qui sera en entrée libre. Si vous les connaissez vous savez à quoi vous attendre : du farfelu et du décalé hissé au nième degré.
Plus tard, et pour clôturer la saison, Johanny Bert reviendra dans le carre de la Biennale des arts de la marionnette avec l'Opéra du dragon, une fable poétique et politique qui met deux maux en balance, le choléra ou la dictature.

Le Trio Opus 71, bien connu des habitués des brunchs du Théâtre 71 de Malakoff viendra le 12 décembre pour un concert assez exceptionnel. Ensuite, changement de cap avec du cirque. Un couple en pyjama, un piano, un drap, un lampadaire ... et en route pour un Carrousel des moutons doux comme un câlin qui s'envolera avant que papa Noël ne redescende par la cheminée. On nous promet une soirée "juste jolie et très très belle".
En janvier, première édition de ZOOM sur un univers, en l'occurrence celui des Palabres avec trois spectacles qui mixeront la danse, le cirque et les livres. Chiche l'Afrique, interprété par Gustave Akakpo, est une charge au vitriol sur l'action néocoloniale prêtée à la France en Afrique, dite aussi Françafrique car si l'Afrique était mal partie, la France est bien restée ...

Tout à fait fédératrice, sera la Valse en trois temps qui conjuguera le blues, et le baroque en trois déclinaisons très accessible le 1er février.
Michel Boujenah s'estime Enfin libre, comme homme et comme artiste dans un nouveau spectacle où il donne le meilleur de lui même, comme s'il avait perçu l'urgence à gagner en intensité. J'étais ressortie des Nouveaux magnifiques avec une pointe de déception i y a cinq ans (le blog n'existait alors pas encore). Mais Laurence nous promet d'être franchement ému avec celui-ci à condition de ne pas arriver en retard, sinon vous allez vous faire houspiller par l'artiste qui ne perd pas une miette des réactions du public.
Cette année la Médiathèque et le Conservatoire s'allient avec le Théâtre pour le festival des musiques initié depuis 15 ans et dont Tandem sera le point d'orgue. André Minvielle, longtemps compagnon de route de Bernard Lubat joue avec les mots et les rythmes sur la musique jouée à l'accordéon par Lionel Suarez. Trois extraits nous ont donné un avant-gout de l'étendue de la palette de ces artistes qui offriront un voyage musical aux accents parfois nougaresques.

Ce seront aussi les Rebels of Rhythm qui ont remporté un énorme succès l'an dernier au Café de la danse avec Percosa. Ils font des percussions avec n'importe quel objet et transportent le public avec une énergie comparable aux Tambours du Bronx.


Une bonne programmation inclut en toute logique un Shakespeare. Laurence a retenu As you like it, une pièce sur le désir et le plaisir, mise en scène par Cendre Chassanne. Beaucoup de surprises nous attendent. Le rôle du bouffon a été donné à une femme, ce qui modifie le point de vue puisque, à l'époque de l'auteur tous les rôles étaient joués par des hommes. Shakespeare avait mis beaucoup de musiques et de chansons dans cette pièce. Les comédiens chanteront donc naturellement sur scène.

Les Rencontres de cultures Urbaines seront un temps fort du mois d'Avril en croisant les disciples comme le clam et le hip-hop et en s'appuyant sur le travail fait en amont. Il ne sera pas nécessaire de porter l'uniforme des rappeurs pour être admis au festival : le baggy ne sera pas exigé et vous remettre votre ceinture à votre pantalon.

Chorus fera halte à Fontenay avec le duo de Raggasonic Sound System le 19 avril, en avant-première de l'album qu'ils sortiront en octobre.
Après Erwan et les oiseaux, que beaucoup d'abonnés ont apprécié, Jean-Yves Ruf revient avec l'Homme à tiroirs, lointainement inspiré de Bartleby, un fonctionnaire qui décide un jour de ne plus ... fonctionner en cessant de faire quoi que ce soit. Il s'en explique avec une économie de mots : je préférerais ne pas. L'acteur suisse Antonio Troilo rend merveilleusement l'absurdité du monde du travail, comme autrefois Tati ou plus récemment Raymond Devos, ou le Collectif l'Avantage du doute (la Légende de Bornéo).
Après ceux qui jonglent avec les idées voici quatre circadiens qui jonglent avec des balles, rappelant la pluie de balles qui clôturaient le Démiurges du Bob théâtre. Pan-pot ou Modérément Chantant est visuellement proche des grandes eaux de Versailles.

Enfin Jean-Jaques Vanier, chroniqueur de France Inter, du Fou du roi et de Rien à cirer, a sélectionné les meilleurs extraits de ses quatre derniers spectacles écrits avec François Rollin pour nous plonger dans un humour absurde sans jamais remonter à la surface.

Une belle saison donc qui s'enrichit encore de spectacles jeune public, scolaires ou familiaux, d'abonnements croisés avec les théâtres voisins, et les toiles du cinéma le Scarron. Avec en prime le coup de coeur du jeudi suivi d'un débat, à l'initiative de l'association des amis du cinéma. Toute l'équipe est venue saluer à la fin et vous donne rendez-vous dès le mercredi 29 aout.

Toute la programmation en détail et en images sur le site du théâtre.

Et celle du cinéma le Scarron ici. L'association est joignable par mai à l'adresse : amis.sourcesscarron@orange.fr

vendredi 22 juin 2012

J'ai testé une cuisson inhabituelle pour les topinambours


(mise à jour 2 février 2013)


J'aime les topinambours. Seulement voilà c'est un peu lassant de consommer ces tubercules en vinaigrette. Souvent ils ont été trop cuits et arrivent dans l'assiette gorgés d'eau.


Il faut quand même les faire "blanchir", ce qui a l'avantage d'en faciliter l'épluchage et de les rendre plus digestes, car le topinambour a tendance à provoquer des gaz.

Une quinzaine de cuisson à l'ActiFry avec de belles carottes, quelques navets, une demi-cuillère d'huile et des lanières de boeuf et voilà un plat nouveau. Attention, en général si on ne veut pas ressortir ses légumes en frites il faut ajouter du bouillon. Mais le fait d'avoir ébouillanté les topinambours (et d'avoir pré-cuit pendant le même temps les carottes et les navets à la vapeur dans un panier au-dessus) dispense de cet ajout.

Par contre j'ai mis un morceau d'un centimètre de galanga, un condiment que j'apprécie de plus en plus.
J'ai servi avec un hachis de persil plat frais cueilli, très parfumé, mélangé à une cuillerée à soupe d'excellente crème fraiche d'Isigny AOC et un peu de sel. Manger des topinambours fermes était une première !
*
*  *

Je tiens à exprimer ma plus profonde désapprobation à la façon dont la marque SEB a pillé des blogs culinaires pour constituer le répertoire de recettes de la tablette Foodle qu'elle commercialise à presque 200 €, sans solliciter le moins du monde d'autorisation et sans même citer ses sources au mépris de la plus élémentaire déontologie. Cette opération a été découverte fin janvier 2013.

En conséquence je n'écrirai plus d'article à propos d'un produit commercialisé par cette marque.

mercredi 20 juin 2012

Turbulences à l'Espace culturel Vuitton jusqu'en septembre

Turbulences est une des plus belles expositions thématiques que l'Espace culturel offre au regard du public. Une des plus "accessibles" aussi. Elle réunit onze artistes qui ont chacun employé un médium différent.

Miguel Chevalier figure parmi les pionniers de l'art virtuel et numérique.. Il revendique clairement la référence à l'Action Painting. Dans le hall, un rideau de fils sert d'écran de projection sur lequel des tourbillons de couleur semblent se déposer au fur et à mesure  des déplacements des visiteurs. Des capteurs de mouvement traduisent les mouvements en traces, indirectement inspirés des drippings de Jackson Pollock. Chaque visiteur créé une turbulence éphémère qui s'évanouit dans un halo de couleur.
Loris Cecchini a reconstitué les ondes circulaires qui se propagent à la surface de l'eau sous l'effet d'un choc. elles sont ici verticalisées sur un mur et bousculent notre perception.


Jorinde Voigt est une artiste, philosophe et musicienne par ailleurs, qui construit son oeuvre avec une base de systèmes numériques. Elle a ainsi composé un polyptyque de 14 dessins complexes et pensés en réseaux, comme des toiles d'araignées qui s'élargisse de 10 cm en 10 cm, patiemment chiffrées et annotées.
Son oeuvre est à la fois intellectuelle et esthétique qui vue de loin ressemble à des fils cousus et qui de près laisse apparaitre les chiffres. 
La jeune femme (à droite sur la photo) signé également l'oeuvre qui anime la vitrine de la rue Bassano.
Petroc Sesti a créé un tourbillon dans un volume cristallin empli d'un liquide transparent. On le perçoit comme un phénomène étrange qui parait néanmoins naturel, comme s'il fonctionnait seul. Le cube abrite un moteur qui actionne une petite hélice qui, en tournant, provoque une tornade d'air évoluant à des rythmes différents. Simplissime donc. L'artiste avoue une influence remontant à la toupie de l'enfance qui tourne sur elle-même en continue comme cette tresse d'air et d'eau.
Attila Csörgo est un "géant" hongrois d'un mètre 95. Loin du digital, son oeuvre montre ce qui se passe quand on place un courant d'air sous une quasi-sphère de papier.  Adepte de l'art du bricolage, il ne cache rien, laissant les fils à vue. Chaque quasi-sphère est différente et chacune tourne  à sa propre vitesse sur une orbite qui n'appartient qu'à elle. Cet artiste passionné de lévitation, a été marqué par des images comme celle du premier homme marchant sur la lune.
Juste un peu plus loin, à l'inverse, Pascal Haudressy mélange images digitales, projections et sculpture comme ici une branche d'arbre. Il insère un bug dans le flux numérique. Le résultat est une image qui s'accroche dans l'angle de la pièce. Il avoue l'influence de l'art romantique et de l'art asiatique de Samarcande.
Que se passerait-il si l'on était sur une autre planète ? Sachiko Kodama s'intéresse autant aux arts, aux sciences et à la littérature. Elle a reconstitué avec beauté et poésie deux rochers qu'elle nous fait découvrir à travers une fenêtre dans laquelle elle s'est amusée à s'accouder le temps d'une photo.
C'est un jardin sur un plateau avec tous les éléments traditionnels du Japon à commencer par le disque d'or bouddhiste. La matière noire est un ferro fluide utilisé d'habitude en connectique informatique ou dans la recherche médicale.  Elle a inventé ce système dont elle améliore la technique depuis l'an 2000.
Angela Bulloch est une artiste canadienne née en 1966. Son travail se concentre sur la plus petite unité lumineuse, le pixel. Dans chaque cube, intitulé boite pixel, se trouvent trois tubes fluorescents des trois couleurs primaires, rouge, vert et bleu, avec lesquelles au total on peut obtenir 16 millions de combinaisons. Autant dire qu'aucun visiteur ne les aura toutes vues, et serait bien en peine de prétendre en préférer une parmi toutes.
Zilvina Kempinas est un artiste lituanien de 45 ans dont une oeuvre est déjà exposée au centre Pompidou, elle aussi composée de ventilateurs industriels et d'une bande magnétique. Il aime la combinaison du mat et du brillant de ce matériau, sa légèreté et sa solidité, son coté aérien, propice à un équilibre précaire mais infini, dont le symbole physique flotte en permanence.



Ryoichi Kurokawa mélange ses dessins à des paysages réels qui se déroulent sur 5 écrans offrant 5 possibilités d'horizons. L'oeuvre, d'une durée de 8 minutes, évoque le désordre du monde dans lequel on vit. Il faut s'asseoir sur le banc et prendre le temps de la regarder entièrement, en écoutant la musique électronique qui accompagne les mouvements.


Enfin, dans la rotonde, Elias Crespin suspend des formes simples dans l'espace qui se déploient suivant une délicate chorégraphie.


TURBULENCES jusqu'au 16 septembre 2012 àl'Espace culturel Louis Vuitton, 60 rue de Bassano, 75008 Paris, 01 53 57 52 03
Entrée libre, du lundi au samedi de 12 à 19 heures, dimanche et jours fériés de 11 à 19 heures 

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