jeudi 28 février 2013

Premiers signes du printemps ...

On n'arrête pas de se plaindre du mauvais temps et de cet hiver qui n'en finit pas de resurgir.

Les chutes de neige  se sont répétées cette année et j'ai fait un vol plané sur un trottoir verglacé ... avant-hier.

Je n'habite pas très loin, mais pourtant à quelques degrés d'écart car mes jardinières se réveillent de l'engourdissement.

Et quelques sympathiques demoiselles aussi. Je me dis que c'est à voir comme une bonne augure.
La menthe va bientôt revenir embaumer les salades. Je regarde la bestiole se dégourdir les pattes.
La ciboulette est repartie.
 
 Et le persil aussi. C'est beau la vie !

mercredi 27 février 2013

Chaque jour sans gluten, une nouvelle gamme proposée par Marque Repère pour Leclerc


J'avais été invitée à découvrir Chaque jour sans gluten la semaine dernière et j'aurais vraiment été très heureuse de gouter les recettes conçues par Anne Lataillade pour cette nouvelle gamme. Quand on sait que cette maman a été pionnière dans la cuisine pour les allergiques on ne peut qu'avoir envie de la rencontrer. Elle a ouvert son blog pour encourager tous ceux qui comme elle sont confrontés à de tels soucis mais son audience est bien plus large, à la mesure de son inventivité et de son dynamisme.

J'avais fait il y a peu de temps un Carot cake sans gluten assez réussi ma fois et je me disais qu'il serait bon (même si je ne suis pas intolérante au gluten, ou alors sans le savoir) assez régulièrement d'en diminuer l'apport mais sans pour autant sacrifier la gourmandise. Avoir chroniqué une Vie sans gluten m'avait alerté sur le sujet.

Je ne pouvais pas me libérer en semaine et c'est dans la solitude de ma cuisine que j'ai ouvert aujourd'hui le premier paquet ... des coquillettes toutes simples mais qui, rien qu'à les voir, me semblait totalement innocentes.

Je n'ai pas cherché à reproduire une recette d'Anne. J'ai préféré faire très simple parce que je voulais, pour cette première expérience, me rendre compte si des pâtes faites avec du mais et du riz allaient être "pareilles" que celles que j'ai l'habitude de manger depuis des lustres. Après hésitation j'ai choisi les coquillettes.
En fait c'est un peu différent, mais je ne jurerais pas que j'ai raison.

Première surprise, le temps de cuisson. Quatre minutes dans une eau bouillante salée ont suffi, soit quasiment la moitié du temps pour les pâtes "classiques". J'ai trouvé que l'eau était plus trouble, un peu comme quand on fait cuire du riz, ce qui est sans doute imputable au fait qu'il y a de la farine de riz dans cet aliment. Ce n'est aucunement gênant.
Le goût m'a semblé plus léger, moins "farineux". Ce sera à valider avec les pennes et les spaghettis, et surtout en les faisant gouter à des convives qui ne sauront pas de quoi il s'agit.

Je les ai servis avec une sauce très rapide, préparée avec un reste de sauce tomate maison, des câpres, le jus d'un demi citron et une cuillerée à soupe de crème fraiche. Elles ont gentiment accompagné des crevettes.

En dessert j'avais le choix entre des coquilles moelleuses (les petites soeurs des madeleines), des gâteaux aux pépites de chocolat ou des cookies. Ce que j'ai trouvé très astucieux c'est de les proposer en sachets fraicheur pour qu'on ne soit pas tenté de finir le paquet illico sous prétexte que "cela va durcir".

Là encore j'ai l'impression que la pâtisserie sans gluten est un peu plus friable, ce qui est logique puisque le gluten a la qualité de lier les ingrédients. Les cookies y gagnent largement et ce sont mes préférés en terme de gâteaux.

Je vous invite à vous rendre sur le blog d'Anne, Papilles et pupilles, pour vous rendre compte de l'ampleur de la gamme et voir ses trois premières recettes.

Pour ceux qui voudraient déjeuner sans gluten mais sans faire la cuisine je continue à recommander chaudement Bio Sphère, un petit restaurant tenu par une jeune femme talentueuse et ultra sympathique.

mardi 26 février 2013

Andy de Brigitte Kernel, aux éditions Plon

Andy est le diminutif d'Andrew. L'artiste fut tellement célèbre que cet indice nous suffirait pour savoir que le livre va nous parler de Warhol, lequel nom est lui aussi une amputation depuis que le magazine Glamour a oublié le "a" final. Il faut reconnaitre que Andy Warhol sonne mieux qu'Andrew Warhola.

Ce n'est pas un hasard si le titre focalise sur le prénom, comme pour justifier que l'auteur esquivera la majeure partie de la vie du héros. Si vous attendez une biographie il faudra aller la lire ailleurs. Par contre si vous avez envie de vous glisser un moment dans la peau du personnage alors oui, vous pouvez commencer la lecture.

Vous apprendrez tout de même deux-trois choses. Forcément. Impossible de faire l'impasse sur son homosexualité, sa honte et sa culpabilité, son enfance, la maladie qui l'a menée dès l'âge de six ans à exploiter une passion pour le coloriage et le découpage, ses obsessions religieuses mais pas que ... et notamment celle du nombre 11 (p.55).

Brigitte Kernel nous prévient très vite (p. 16) : je ne suis surtout pas là pour vous donner une belle image de moi.

Il n'empêche qu'elle nous tend un portrait qui semble plutôt juste de cet homme qui a atteint son premier objectif de devenir célèbre et riche ... ce qui s'avèrera pour lui le meilleur moyen d'atténuer ses angoisses. Contenir n'est pas guérir. La notoriété lui apportera le respect et une forme d'apaisement, mais également la jalousie qui ne lui sera pas davantage supportable que la moquerie.

L'auteur prend prétexte de l'attentat de Valérie Solanas, joliment désignée sous le nom de Satanas par la mère d'Andy, comme point de départ d'une série de 11 consultations, toutes programmées à 11 heures avec un psy. Cet artifice lui permet de faire vivre la voix de cet homme qui semble préférer le travail à la réflexion.

Parler c'est déjà souffrir (p. 113) ... Je me vide comme une eau sale dans le siphon d'un lavabo (p. 77) ne doivent pas faire oublier qu'il a eu pour spécialité de mettre sa vie en scène, quitte à parler de lui à la troisième personne.

Le mystère restera. Ç'aurait été une trahison que d'éclairer trop violemment le champion de la dérobade. D'autres biographies ont déjà été publiées sur le pape de la pop et la réussite de Brigitte Kernel est de nous faire passer un moment au plus près de cette personnalité hors du commun.

Andy de Brigitte Kernel, aux éditions Plon, 2013, dans la collection Miroir où est déjà paru le non moins formidable Lennon imaginé par David Foenkinos.
Livre chroniqué dans le cadre de Babelio.
tous les livres sur Babelio.com

lundi 25 février 2013

Les enfants de Babel de Eliacer Cansino à l'Ecole des loisirs


Indiens, Marocains, équatoriens, espagnols, Guinéens, Nigérians … ici vivent les Enfants de Babel, Berta et Lucia et Rachid et Stefano et Gil et Ángel et Nor.

La Tour n’est pas Babel mais elle pourrait l’être, tant elle est fébrile, tant y règne le désordre. (…) Silhouette de géante famélique, bloc acide et inhumain, hérité du développement débridé des années 1970, érigée à Alfarache, une banlieue très défavorisée de Séville, qui compte le plus grand nombre de nationalités émigrées.

Un jour, Nor manque à l’appel dans la classe où Ángel enseigne la philo. Il explique dans une lettre qu'il est parti chercher son frère qui doit arriver de Guinée par bateau, à la merci des passeurs. Alors, tout se met en branle. Et parce que Ángel se décide à sonner à la porte de son voisin Gil, tous ces gens qui s’ignoraient vont comprendre qu’ils font partie de la même histoire.

Eliacer Cansimo a conçu l'histoire autour d'un grand nombre de personnages. Mais les lieux et les objets ont une importance déterminante, en particulier un livre.

On monte et descend la Tour, s'arrêtant à divers étages. On va au lycée. On fait halte dans une décharge. On empruntera la route qui conduit à la plage un soir de tempête. On vivra au rythme d'une histoire que les protagonistes ne maitrisent pas parce qu'ils la vivent en fonction de leurs contradictions et d'alliances qui ne sont pas définitives. Comme dans la vie ... 

Il est question de survie, malgré les problèmes affectifs, de travail, d'intégration, d'immigration. On pèse le permis et l'interdit à l'aune de différents codes d'honneur. Le moteur est l'émotion qui est entretenue pour susciter la réflexion. Parce qu'on ne peut pas suivre le raisonnement de Pascal: tous nos problèmes viennent du fait que nous ne demeurons pas tranquilles dans notre chambre.

On devine que le professeur de philosophie n'a pas pu lui, se retenir, de titiller notre conscience. Agir ou laisser faire, telle est la question qui sous-tend son propos. j'ai beaucoup aimé la définition de l'optimiste qu'il place dans la bouche d'Ángel (P. 164) : L'optimiste est celui qui est tellement attiré pat la possibilité d'un succès qu'il ne redoute pas l'échec. Le pessimiste est celui qui a tellement peur de l'échec qu'il ne se met pas en situation de réussir.

C'est aussi un bel hommage à la littérature qui est le vecteur de la transmission. De multiples références ponctuent l'ouvrage. A commencer par le nom d'Alfarache que les hispanophiles rattacheront aussitôt à Guzman de Alfarache, un roman picaresque écrit par Mateo Aleman au XVIe siècle, et qui jouera un rôle déterminant dans l'histoire. 

J'ai eu la chance de rencontrer Sophie Hofnung qui a traduit ce livre. Elle m'a appris que si l'auteur est lui-même professeur de philosophie dans un collège d'Alfarache la comparaison s'arrêtait là. C'est un écrivain engagé qui pose des questions existentielles aux adolescents et circonstancielles aux adultes, sans sacralisation aucune dans l'issue qui n'est pas ... romanesque qui fait de ce livre un ouvrage qui s'adresse à tous les âges.

Eliacer Cansino est né à Séville en 1954. Il a reçu en 1997 le prix Lazarillo pour El misterio Velázquez. En 2009, il a reçu le VIe Prix Anaya de littérature pour l'enfance et la jeunesse avec ce roman Les enfants de Babel.

On pourra le lire avant ou après le film La Pirogue qui présente une vision moins positive du même thème mais très réaliste cependant, et dont j'ai déjà eu l'occasion de parler ici.

Les enfants de Babel d'Eliacer Cansino, traduit par Sophie Hofnung, Ecole des Loisirs, mars 2013 collection Médium

dimanche 24 février 2013

Marcher sur des oeufs au Salon de l'agriculture c'est possible


J'aime bien démarrer les chroniques que j'écris sur le Salon de l'agriculture par un billet relatant de l'insolite. Je ne cherche pas l'original à tout crin et il vient à moi ... avec un peu de patience.

Cette année c'est une réflexion d'une fillette qui m'a donné l'idée du titre de cet article. la scène se passait ... dans les toilettes dont le sol est recouvert d'un linoléum imitant parfaitement la paille. On jurerai qu'une poule a déposé son précieux butin dans un nid, au milieu du chemin.
La manifestation fête son cinquantenaire. Elle a modifié son implantation. Le Hall 1 a été déserté et les animaux sont répartis dans plusieurs niveaux, ce qui, peut-être permettra plus de circulation. Dans l'immédiat j'ai été un peu déboussolée et je ne suis pas allée sur les stands où je m'étais arrêtée l'an dernier. Cela permet d'autres découvertes.
Le Puy du Fou fut de celles là (remarquez j'aurais été en peine de le trouver en 2012 puisque c'est son premier Salon). Le stand est inratable, à l'entrée du Hall 4, conçu comme un morceau du Parc avec des animaux rares (moutons de Belle Ile, chèvres poitevines et des fossés et leurs chevreaux, lapins blancs de Vendée et normands et leurs lapereaux, cochons de Bayeux, etc.), un décor naturel (enclos en bois, arbustes et végétaux) et des films spectaculaires.

Ma photo ne l'est certes pas ... spectaculaire mais elle m'a permis de twitter cette petite devinette : stand #PuyduFou du #salondelagriculture2013 je ne peux pas la regarder ds les mirettes car ce n'est pas un sanglier. Je venais d'apprendre, grâce à un quizz sur les animaux dans l'histoire que ce qu'on appelle mirettes, ce sont les yeux du sanglier, parce qu'il a une mauvaise vue.

Le Puy du Fou compte plus de 1400 animaux, des chevaux aux rapaces, en passant par des animaux plus exotiques comme les dromadaires ou les lions, ou encore les animaux de la ferme. Il s’implique dans plusieurs programmes de préservation d’espèces menacés et de races anciennes d’animaux. Rien d'étonnant qu'il ait été élu meilleur parc du monde à Los Angeles, parmi 700 candidats.

Le Salon de l'agriculture met toujours à l'honneur les animaux. Et ceux-ci bénéficient d'un toilettage spécial pour être en beauté. Cela s'appelle le clippage. J'y avais consacré un billet spécial il y a 4 ans. Ce cheval de trait  en est la brillante illustration.
Le Salon offre encore cette fois des occasions d'accroître nos connaissances dans bien des domaines. La biodiversité est à l'honneur sur le stand du CIRAD. J'y ai appris que le fonio (ci-dessus) était une céréale minuscule connue surtout dans le sud sahélien. Elle fut délaissée en raison de la petitesse de ses graines mais ses qualités gustatives lui procurent un regain d'intérêt.
 J'ai vu plusieurs espèces de quinoa de couleurs très variées.
On pourrait en dire autant du sorgho, qui est la 5ème céréale au monde en terme de volume de production
 Quant à la dernière photo vous aurez reconnu je pense ... le riz.
Une des attractions les plus fréquentées sera le Stand Danone ... Je ne pourrai rien vous dire de la dégustation qui s'y déroule car il fallait compter 20 bonnes minutes avant d'y accéder, et je n'avais pas ce temps disponible.
La traversée du Hall 3 fut laborieuse. C'est là que sont les vaches et elles attirent une foule considérable. J'y retournerai vendredi soir pour un atelier avec les Toques Rebelles sur le stand Charal, toujours très instructif, surtout en cette période où la viande est un sujet polémique.
Cyril pilotait aujourd'hui des démonstrations émaillées de bons conseils. La viande a besoin de 18 jours de maturation. Elle est meilleure si on la sort du réfrigérateur 10 minutes avant sa cuisson pour éviter qu'elle ne durcisse.

Enfin, on peut la saler juste avant de la poêler mais seulement si on ne sale qu'une face et qu'on la pose immédiatement dans la poêle. De cette façon le sel favorisera la formation d'une croute qui retiendra les jus. On ne salera la seconde face qu'au moment de retourner la viande. le sel est un exhausteur de goût qui pourra jouer ainsi son rôle explosif.

Pour cuire un bon rôti on le masse avec des aromates et l'assaisonnement de son choix et on peut le "marque" dans une poêle très chaude avant de le terminer au four.

On pourra aussi faire une halte au Stand de l'Agneau Presto qui propose parmi 9 recettes gourmandes des Yakitoris, un clafoutis, des wraps et même des hamburgers ... tous d'agneau comme de bien entendu.

Il y aura aussi des moments particuliers avec l'agneau de lait  Label rouge, celui IGP des Pyrénées et l'agneau de lait de Corse.

Ce que j'ai apprécié le plus le jour de ma première visite fut le dynamisme des régions françaises. Il faudrait 3 bons jours pour les visiter en détail. Je me suis limitée à quelques unes.
Le Tarn-et-Garonne mettait en avant des noisettes et des pommes. Ce fut l'occasion de comparer la Fuji (au premier plan) et l'Ariane (derrière), toutes deux distribuées par Blue Whale.
La pomme était aussi à l'honneur en Normandie Qui réunit ses produits sous le label Gourmandie. Je vous recommande le jus de pomme au basilic.
 
En Lorraine aussi la pomme était à la première place. L'atelier de Clotilde concourrait au Concours général avec un jus de pomme citronné. Mais la grande spécialité de Clotile demeure les sirops avec deux nouveautés cette année, le sirop de muguet et les épices de Noël saveur vin chaud, que je trouve parfait avec une simple eau chaude.
                               

Juste à coté, Paul Bourion présentait sa Miranille, une création qui n'a pas un an mais qui promet déjà un beau succès parce que l'association mirabelle-vanille est un accord parfait. Cet épice malgache casse le coté tord-boyau de l'alcool de mirabelle lorrain en apportant de la douceur en fin de bouche.

Il emploie 10 gousses pour 70 cl mais une seule subsiste dans la bouteille. Les autres pourront être "recyclées" dans d'autres recettes, comme un foie gras ou un nougat qui se marie avec un ananas compoté. Paul Bourion ne manque pas d'idées. Il a même préparé un pot de babas avec sa nouvelle spécialité.


Cet ancien pilote automobile peut être fier du tournant qu'il a pris dans ce nouveau secteur. Etienne Descoings, élu meilleur barman au monde en 2010 a sélectionné la Miranille pour la proposer aux invités VIP du Festival de Cannes 2012. Il a créé plusieurs cocktails pour l'occasion.

J'ai gouté un "simple" Irish Coffee, ou plutôt un Vogif Coffee à la Miranille tout à fait remarquable.

Michel Roth, dont je présentais hier une recette, a l'intention de la travailler sur des langoustines. 
Sous la houlette de leur professeur Sophie L'Etang, l'équipe du lycée hôtelier de Remiremont avait préparé une panna cotta au munster et son caramel de bière assez surprenante mais qui a plu même à ceux qui n'aiment pas le fromage.
La journée fut fructueuse pour ces jeunes qui ont pu concrètement se confronter au grand public.

Un autre stand célèbre la Lorraine et les animaux en sabots ... à sa manière. C'est la Mélie, dessinée par Philippe Delestre et initiée par Marie de Metz Noblat. 
  
Derrière sa chevelure noire coupée au carré, son jean bleu, ses deux paniers de mirabelles et sa tunique aux couleurs de la Lorraine (elle a même mis de côtés ses traditionnels sabots au profit de baskets tendances), La Mélie a pour mission de valoriser tous les charmes et les atouts de la régionautour de deux grands thèmes : produits et souvenirs lorrains.  

On trouvera des souvenirs lorrains humoristiques et aux couleurs attrayantes, personnalisés à l’image de Saint Nicolas (et du Père Fouettard), de Jehanne la Lorraine, de La Mélie d’Lorraine ou d’une série de vaches aux allures bien atypiques. Le tout signé « J’aime la Lorraine ».   
Beaucoup d'articles sont proposés : autocollants, cartes postales, porcelaine, jolies boites, … sans oublier les piliers de la gastronomie lorraine : mirabelles, bergamotes, madeleines…etc…
On est loin des records que leurs grandes soeurs affichent un étage plus bas ... Ici chacune ne pèse que 100 grammes mais qu'est-ce qu'elles sont mignonnes !

Des cartes postales sont à disposition des visiteurs pour informer famille et amis des beautés et centres d'intérêt de la Lorraine. Comme par exemple avec le musée européen de la bière de Stenay, le plus grand musée de la bière en Europe, unique à accueillir toutes les formes de handicap. Il rouvre la semaine prochaine après sa fermeture habituelle hivernale.

J'ai failli avaler ce breuvage dans ce si joli verre à dégustation mais je n'ai fait que le humer. C'est une des huiles d'olive présentées par la Provence. Les huiles d'olives du Midi ont une gamme très large de goûts. Subtiles, intenses ou à l'ancienne il m'a été difficile d'arrêter un choix définitif.
J'ai gouté par contre un Chablis château Val de Mercy 2009 qui m'a réconcilié avec ce vin que je pensais ne pas aimer particulièrement.


Coté rouge c'est le Saumur-Champigny d'Eric Laurent, médaille d'or 2012 du Concours général agricole que j'ai retenu, pour ses arômes de mure et de cassis, sa pointe d'épices et des notes qui évoquent les sous-bois et les morilles.

Ces deux vins m'ont décidée à aller jeter un oeil sur les produits présentés par la région Bourgogne.

Il va de soi que les boissons alcoolisés sont à consommer avec modération.

J'ai vu (il était trop tard pour goûter ... c'est qu'une journée au salon passe à la vitesse d'un éclair et je devrai revenir ou aller dans l'Yonne pour me faire une opinion) des bières, des liqueurs, des cerises à l'eau-de-vie ...
Les traditionnels escargots, dits de Bourgogne, mais provenant d'ailleurs ... 
 Plus surprenants le safran et le saumon fumé ...
 ... alors que les cornichons sont depuis longtemps une spécialité locale.
 Et puis le fameux chantier médiéval de Guédelon où l'on bâtit un chateau-fort comme autrefois.
Pour tout savoir sur le Salon, ses horaires (vendredi nocturne jusque 23 heures) et concevoir votre programme de visite je vous recommande le site de la manifestation

samedi 23 février 2013

L'édition 2013 du Festival du Livre culinaire


Après le 104 l'an dernier c'est le Carrousel du Louvre qui accueille ce week-end le Festival du Livre Culinaire avec ses conférences, ses démonstrations culinaires et les stands de maisons d'édition venues du monde entier.

Ce fut, encore une fois l'occasion de rencontrer de belles personnalités, de gouter quelques très bons produits et de faire de nouvelles découvertes.

J'ai mis de l'ordre dans mes notes et décidé de placer en premier un ouvrage consacré exclusivement à la viande pour réhabiliter ce produit si controversé en ce moment.

Morceaux choisis est publié par First éditions. Il est vendu sous jaquette imitant le papier des bouchers, et pour cause car il est écrit par Hugo Desnoyer, célèbre boucher opérant près de Denfert-Rochereau, dans le XIV° arrondissement que j'aime beaucoup parce que j'y ai habité une dizaine d'années.

Fournisseur de l'Élysée et de nombreuses tables réputées, ce mayennais d'origine (comme mon père) ne choisit que le meilleur, au risque de ne pouvoir satisfaire toute la demande. Il est installé au 45 rue Boulard, à côté de la mairie et de la place Jacques-Demy, tout près du fief d'Agnès Varda de la rue Daguerre. 


Le livre présente le plat photographié sur la page de droite avec la recette sur celle de gauche. Très classique mais très fonctionnellement appréciable. Et surtout, il ajoute à chaque fois la petite histoire de la viande. 

Agneau, boeuf, porc, veau qu'il décline autour des plats très connus comme le hachis parmentier, sauf qu'il le fait avec des panais (p.52). Il sait aussi innover comme  avec un veau vapeur de basilic sauce au yaourt (p.232). 

Si vous lisez régulièrement le blog vous savez que le hamburger est le plat fétiche réclamé par mes enfants. Je leur ai promis de faire cette version associant une confiture de figues à la viande (p.100)... en attendant de déguster celle du maitre puisque je crois savoir qu'il va bientôt  ouvrir une table d'hôtes.

L'éditeur publie des auteurs fidèles, dans la série des Toquades, comme Thomas Feller, Julie Schwob (j'avais apprécié Madeleine, ma petite reine) et Fréderic Berqué, lequel m'a inspiré de belles recettes, comme cet effiloché de lieu jaune.

Isabelle Guerre est auteure parfois, comme avec Que faire avec le riz, parfois styliste comme avec Mes p'tites confitures de Bernard Le Gulvout (photographies Julie Méchali), avec une originale confiture de pommes de terre (p. 76).

J'ai découvert aussi un très joli ouvrage consacré à la cuisine arabe et qui a été repéré comme un des plus beaux livres de recettes dans sa catégorie. Les Délices des mille et une nuits – Recettes: Kamal Mouzawak, Illustrations: Anne-Lise Boutin chez Gründ, se présente dans un étui qui se glisse comme un moucharabieh.
Malek Chebel a écrit les textes qui lui donnent un double intérêt culturel et culinaire. je ne pouvais pas passer à coté.
Gründ s'est spécialisé dans le beau livre qui s'offre volontiers. Voici la fameuse Pâtisserie des Rêves de Philippe Conticini, un pâtissier dont j'ai si souvent parlé ... que je ne le présente plus.
On y trouve tous les grands desserts du maître mais aussi des choses plus simples comme un dessert coulant ou une crème glacée marbrée pralinée.

Wild food publié aux Éditions de l’Épure en octobre 2012 a intégré la compétition internationale dans la catégorie Art de vivre /Développement durable et a reçu le prix international "Best sustainable cookbook". On s'en réjouit pour cette maison d'édition hors normes.
Martine Camillieri a fait un travail d'investigation très fouillé. Ses photos sont amusantes. On peut rire du beurkburger de la couverture ou ironiser sur la pâte chocolatée dont on sait qu'elle est composée d'huile de palme. Les dernières pages dénoncent tant de choses à propos de ces nourritures dites féroces qu'on en a des frissons.

Cet éditeur met l'accent sur l'atypique éditorial et graphique. La série Dix façons de préparer ... a été proclamée Meilleure série de livres de cuisine de l’année 2009 pour la France par le jury des Gourmand World Cookbook Awards.

Chaque livret de la collection expose en 24 pages dix façons originales d’agrémenter un même aliment, préalablement présenté dans une courte préface. Le choix des papiers, Ingres à la forme, vergé, velin, stone… la composition typographique, ainsi que la reliure fil de lin en font une édition originale de grande qualité. Véronique Chapacou a écrit le Saint Nectaire qui est épuisé, la menthe et les outils du fromager (plus technique, sans recettes) et un nouvel opus de la série, l'ortie, qui paraitra le 16 mai.

On faisait du papier avec de l'ortie au XVI° siècle. On la cuisine aujourd'hui. Véronique avait préparé un foie gras et des petits gâteaux avec cette herbe qui est une excellente protéine végétale. Riche en fibres, en nutriments  et en vitamines, l'ortie se travaille autant en version salée que sucrée. On peut l'employer en poudre dans des bouillons ou des vinaigrettes pour donner l'illusion d'un goût asiatique. On trouve l'ortie sur les marchés en Suisse mais si on veut en consommer dans nos régions il vaut mieux la faire pousser au fond de son jardin comme Véronique.

La meilleure période de récolte commence au printemps et se poursuit jusqu'à ce que le plante monte en graines, en automne. On peut la congeler ou la déshydrater. C'est pour Véronique, totalement naturel de l'employer et elle en a un beau carré au fond de son jardin. Elle nous assure que la plante est cultivable en jardinière ... sur un balcon.

C'est un engrais qui dope les plantations ... sauf que sa préparation est interdite dans notre pays, en tout cas la commercialisation du purin d'ortie.
Véronique organise des ateliers dans les établissements scolaires et à la demande des maires pour porter une information sur l'alimentation et le décryptage des étiquettes alimentaires. Elle peut conseiller aussi sur la manière de préparer un gouter équilibré. Son objectif est de faire passer des messages pour que les participants puissent ensuite faire des choix en connaissance de cause.

Elle vit depuis 20 ans en région parisienne mais n'oublie pas ses origines de Haute Pyrénées dont elle apprécie toujours autant une fantastique tome de brebis, le Napoléon de Dominique Bouchait, meilleur ouvrier de France.
Le Festival permet de rencontrer des personnalités étonnantes comme Régine Rossi-Lagorce, une gourmande qui donne des conseils en alimentation et qui conçoit des recettes qu'elle présente dans leur contexte culturel. Régine souffre depuis 10 ans d'une maladie qui lui interdit de manger ou même de goûter des aliments mais elle est toujours autant active et très à l'écoute.

Elle a été chef pendant 18 ans, fait des chroniques sur France Bleu Limousin et France Inter, écrit des livres, imagine des recettes avec des produits frais qui proviennent de Corrèze. J'ai gouté plusieurs plats qu'elle avait préparé avec des moutardes Terres Rouges et j'ai succombé, à toutes ... et à deux en particulier, aux châtaignes, et aux truffes. Retenez son conseil pour qu'elles en s'oxydent pas : il faut lisser le dessus avant de remettre le couvercle. (On trouve ces moutardes et aussi la moutarde violette à la Grande Epicerie, chez Coté Maison à Bercy et au Comptoir de la gastronomie rue Montmartre)

Elle m'a expliqué que la gaufrette était le dessert le plus ancien. On a eu l'idée d'en faire à l'Antiquité avec des graines broyées avec du miel et de les cuire sur la sole en argile sèche. Elle dégoulinaient un peu et pour y remédier on a gravé les moules. On trouve des galettes, des soupes et des confitures dans tous les pays du monde.

Rien d'étonnant à ce qu'elle soit particulièrement attachée à ses P'tites folies de soupes, ou de confitures, parus aux éditions Mine de rien. On reconnait son humour dans ses Potins de légumes et recettes, ou encore dans les Potins de desserts ... et recettes encore.

Il y a aussi des libraires présentant des livres anciens comme Gasteria, du nom de la muse de la gastronomie révélée par Brillat Savarin. Installée en suisse l'essentiel de sa clientèle est hors frontières. L'équipe cherche les exemplaires rares dans les brocantes,les ventes aux enchères ... pour satisfaire des collectionneurs et des cuisiniers professionnels.

L'éventail de prix est large, depuis 50€ jusqu'à 2000 ...  qui correspond alors à une oeuvre d'art.
Plusieurs conférences rythmaient les journées. André Muller a évoqué quelques-unes des 70 recettes d'Alsace qu'il a collationnées au fil de ses tournages pour l'émission A'Gueter qu'il anime sur France 3 depuis 2011 et qu'il vient de publier aux Editions de la Nuée Bleue en partenariat avec France 3 Alsace.

L'auteur a évoqué l'expérience qu'il a faite à bord du Paquebot Queen Elizabeth. Il a bien sûr insisté sur les caractéristiques de la cuisine alsacienne en ponctuant son intervention d'expressions alsaciennes. Hélas la langue est quasi morte parce qu'elle n'est plus transmise par la mère (ou le père) ...

Son livre est primé dans la catégorie Télévision et il mérite une chronique spéciale à paraitre dans quelque temps. Cet ouvrage déborde largement le cadre régional pour faire quelques virées en Allemagne, en Suisse, en Champagne, et même à Paris chez Drouant, où officie Antoine Westermann. 
Nous avons gouté quelques minutes plus tard la Cocotte de légumes de saison au lard fumé (recette p. 18 du livre) qui a séduit l'assemblée. Les légumes étaient fondants, le lard parfumé et le Sylvaner vieilli qui l'accompagnait avait été choisi avec soin.
Le plat nécessite 2 heures 30 de cuisson à 180° mais c'est le four, et la poterie de Soufflenheim qui fait l'essentiel du travail.
Toujours élégant, portant une toque colorée assortie à sa tenue, (il aurait fallu que je lui demande combien il en a ...) André Muller est un hôte parfait qui fait aimer sa région. Il a bien raison d'affirmer que goûter c'est connaitre. Vous pouvez retrouver l’émission ici.

La conférence suivante m'a donné l'occasion de découvrir une autre forte personnalité en la personne de Mocomishi. Le célèbre acteur japonais anime sa propre émission de cuisine, le Moco's Kitchen qui séduit la cible féminine.
Il est très grand, séduisant, et affirme qu'il cuisine vite et simplement, capable d'imaginer 2 nouvelles recettes par jour. Il est conscient que le secret de sa popularité en tant que cuisinier provient du fait qu'il était célèbre auparavant. Il ne donne aucune recette ... pour inciter à acheter le livre, ce qu'il qualifie de démarche "very clever" (très intelligente).

Il n'affiche aucune préférence. Qu'elle soit thaïe, italienne, chinoise ... I love eating food nous dit-il en souriant. Il utilise l'huile d'olive qui n'est pas très populaire au Japon et adore les avocats, eux aussi peu courants dans ce pays.
Nous aurions adoré profiter de sa première visite à Paris pour gouter un de ses plats mais il était prévu de nous montrer un extrait de son Show. Nous avons du nous contenter de feuilleter ses livres en raison d'une panne vidéo. J'avoue que la langue japonaise est un énorme frein et je n'ai pas pu me faire une opinion sur ses talents, en dehors de son aptitude pour le marketing.

On reste dans le cinéma chez Agnès Vienot où la gastronomie devient un prétexte pour emmener les lecteurs ailleurs. Claire Dixsaut a présenté son ouvrage À table avec Charlie Chaplin qui rassemble 60 recettes en suivant Charlot dans ses vagabondages, des petits pains de La Ruée vers l’Or à la machine à manger des Temps modernes, sans bouder le plaisir innocent des pancakes préparés par Le Kid.

Dans cette série des A table avec j'ai remarqué l'opus consacré à Louis de Funès, dont je viens de lire l'intéressante biographie de Sophie Andriansen.
J'ai été surprise de découvrir des photos que j'avais oubliées. Louis de Funès faisant avancer son âne en lui promettant une carotte dans La folie des grandeurs est une pièce d'anthologie. Et Agnès Viénot a raison de dire que l'appétit vient en lisant ...
À Table avec la Reine d´Angleterre de Frederique Jacquemin concourrait dans la catégorie Cuisine étrangère alors que le prochain sera consacré à Jules Verne au mois d'avril.

Le festival est jumelé avec les Awards et remporter le Gourmand Award du meilleur livre de cuisine de l'année peut changer la vie d'un éditeur. Ce fut le cas pour Robert Oliver en 2011 pour son ouvrage Mea'Kai.
Cet ouvrage est un voyage en Nouvelle Zélande. Chaque recette est une tentation proposée par une personne dont le sourire et les mains ouvertes sont une promesse de bon accueil.

En 2012 ce fut Francisco Fantini qui obtint la récompense suprême avec Patagonia Cuisine, publié dans une édition bilingue espagnol-anglais et qui cherche aujourd'hui un éditeur français. On comprend que ce livre ait séduit le jury tant ses photos sont très architecturées
On remarque l'influence de la pâtisserie allemande avec cette Küchen de Frambuesa.
Dans la Patagonie chilienne on mange essentiellement des crustacés et de la viande de mouton. Il y a peu de légumes. Par contre beaucoup de poissons de rivière peuvent être péchés dans les îles et les lacs. Les Suédois y viennent pêcher le saumon sauvage.
Les oursins sont une des spécialités appréciées de tous. La recette de Baby Octopus est un classique (p. 188) et la soupe de poisson (p. 196) reste un plat typique ... même si le poulet aux oeufs bleus est recherché (les oeufs à la coquille bleu ciel proviennent de Chine)
... et l'emploi de la pâte d'amande trahit l'influence espagnole.

La journée s'est achevée par une démonstration que je n'aurais pas voulu manquer puisqu'il s'agissait de celle de Michel Roth, qui est le Chef le plus titré de sa génération... avec un Bocuse d'Or, deux étoiles au Michelin et un statut de Meilleur Ouvrier de France.

Il nous a rappelé qu'il avait commencé à travailler à 15 ans, ayant été dirigé par son père dans cette voie. Il se souvient que ses débuts furent difficiles avant qu'il ne soit à la tête d'une brigade de 80 personnes dans le grand restaurant du Ritz, aujourd'hui fermé pour travaux.

Pas snob pour deux sous Michel Roth se sentait autant de responsabilité à l'égard des "people" que des personnes qui avaient cassé leur tirelire pour fêter le Bac de leur fils et qui sont à satisfaire tout autant.

Ce lorrain d'origine a appris la cuisine de terroir, la quiche, le pâté lorrain, la matelote, auxquels sont venus s'ajouter des plats de l'Alsace voisine comme la choucroute et le baekehoffen. C'est toujours l'enfance qui est le terreau de son inspiration même s'il reconnait que le Japon l'a fortement influencé. Les poissons de rivière de ce pays sont exceptionnels et l'usage des bouillons y est sublime.

Nadine Rodd lui a posé de nombreuses questions qui nous ont permis de découvrir ses grands principes. Respecter les produits de saison, cela commence à se savoir. Réaliser des mariages subtils mais simples, comme la salade Caesar. Penser à mettre un morceau de gingembre dans un bouillon, mais attention, en cuisine, tout est question de dosage.
On peut, comme lui, ajouter des pistaches et des pignons pour donner du croustillant à la mitonnée. Conjuguer le même légume cuit et cru dans la même recette. Déglacer en employant deux vinaigres différents. Oser le sucré-salé mais à condition que le sucré ne prenne pas le dessus. Saler le foie gras avant et après la cuisson. Le plat sera réussi si on peut reconnaitre chaque produit à la dégustation.
Sa définition du luxe : c'est "au-delà" s'accordait avec ce qu'il nous servit.
Il avait choisi des trompettes de la mort et une série de petits légumes qui ont accompagné un foie gras poêlé. Un consommé de jus de canard (on fait revenir les carcasses avec des échalotes et de l'ail, on mouille d'eau et on fait réduire une heure avant de retirer les os et d'ajouter du miel) au gingembre et une royale de foie gras.

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