vendredi 31 août 2012

Rentrée aussi dans le domaine de la cuisine

Après les adultes fous de littérature, les enfants amateurs de littérature jeunesse, voici les ménagères, et les ménagers gâtés par la rentrée.

Hachette cuisine a eu la bonne idée de rééditer une grande spécialiste des fondamentaux.  Depuis des lustres c'est auprès de Jacqueline Gérard que je retourne lorsque j'ai besoin de me rafraichir la mémoire sur les ingrédients d'une potée, le temps de cuisson d'un poulet, l'ordre dans lequel il faut mélanger sucre-oeufs-beurre et farine pour réussir un gâteau ... et je crois que je vais, comme on dit, changer de crémerie ...

Rien n'est jamais trop complet mais avec 500 recettes au total, ces deux vade-mecum de Françoise Bernard vont accompagner la nouvelle génération et sans doute permettre à l'ancienne de se remettre à jour. 

Je me suis amusée à comparer quelques classiques. Ainsi quand les anciens se limitent à mettre des pommes de terre et des carottes dans le navarin de mouton, Françoise ajoute du concentré de tomates, des navets et des petits pois (page 102). Elle le désigne sous le nom de Navarin printanier, ce qui le resitue dans la saison où il est le meilleur.

Coté sucré, j'ai, vous l'aurez parié, scruté les cakes. La version anglaise de Jacqueline (page 382) est beaucoup plus calorique que celle que Françoise donne page 81. Pour le même nombre d'oeufs on a 20% de moins de beurre, de sucre et de farine. La quantité de rhum aussi a considérablement diminué. Mais le plus déterminant est le processus de cuisson, à température constante de 150° pour la première, tandis que la seconde commence à four plus chaud, pour descendre à 100° au bout de 20 minutes.

Le débat autour de ce dessert si difficile à maîtriser est donc relancé et voilà détrônée La cuisine, si longtemps qualifié de livre fétiche, depuis sa parution en 1974 chez Larousse. Le plus amusant est que Françoise Bernard n'est pas une jeune bloggeuse mais une respectable dame. La petite dactylo du groupe Unilever fut choisie pour vanter les mérites de la margarine Astra avant de faire l'apologie de la cocotte-minute pour SEB et d'entrer à RTL. On n'a pas attendu les Master chef et autres challenges pour se passionner pour la cuisine. Le premier livre de Françoise Bernard fut jugé très moderne et c'était en 1963 !

Cinquante ans plus tard elle est toujours aux fourneaux, et nous fait encore saliver, ayant accepté courageusement de reprendre toutes les recettes dont elle a raison d'être fière et d'y apporter des modifications afin de les adapter à nos modes de vie. Cela mérite un grand salut.

Les Grands Classiques Salés et Les Grands Classiques Sucrés de Françoise Bernard, Hachette Cuisine, mai 2012

jeudi 30 août 2012

Le roi des taupes

Il n'y a pas que les adultes à vivre la rentrée littéraire. Les jeunes lecteurs ont eux aussi droit à des nouveautés, dont la découverte ne nous est pas interdite, et je ne vais pas m'en priver.

L'auteur du Tigre de papier s'est décidé à écrire pour un public plus jeune. L'ouvrage est ultra mince mais dense comme une dissertation philosophique. Il ne faut pas se laisser abuser par les illustrations. Le fond est aussi présent que la forme.
Où est le roi des taupes ? Assoupi dans un hamac de brume au milieu des nuages ? Occupé à faire du rangement sur sa planète ? S’il fait chaud, il peut très bien s’être fait avaler par le poisson Robert, aux écailles transparentes comme des hublots. Mais s'il est vraiment le roi des taupes le monde souterrain est son royaume. Si vous l’y suivez, peut-être vous apprendra-t-il à mélanger les racines des plantes pour surprendre les jardiniers. De toute façon, c’est lui qui décide, puisqu’il est le roi.
On a le sentiment qu'Olivier Rolin s'est libéré de toutes les contraintes. Il s'en donne à coeur joie comme un bambin qui murmure "pipi caca" sous le nez de ses parents, histoire de voir l'effet produit.

Son humour est mordant. Ses phrases sont incisives et courtes. L'enfant qu'il érige en roi a un moral d'acier. Il abordera la rentrée sans se laisser abattre.

Le roi des taupes d'Olivier Rolin, illustré par Adrien  Albert
Collection Mouche, pour les 7 à 10 ans, Ecole des loisirs, parution le 30 Août 2012, 46 pages, 7,20 €

mercredi 29 août 2012

C'est l'été on substitue ... les radis aux cornichons

C'est encore l'été pour quelques jours alors gardons les bonnes habitudes que nous avons prises, ou commençons à en prendre.

Il n'est pas trop tard pour substituer la courgette au concombre, et à la croquer crue sans aucun assaisonnement si on connait son origine bio. Un légume qui a poussé dans le jardin voisin sera autrement plus gouteux que son lointain cousin élevé sous serre.

On mangera les petits pois crus, sans dépenser un centime d'énergie à les ébouillanter. On préférera l'eau au vin, (avec modération tout de même parce que nos régions ont de belles appellations qu'il serait dommage de bouder), le thé au café pour en boire des litres, la farine de maïs à celle de blé pour limiter nos apports en gluten, la stéria au sucre.

Dans le registre beauté on enfilera une chemise blanche, avec des manches longues en coton et on n'emmènera pas de crème solaire. Elle n'est efficace que 10 minutes alors inutile de se graisser avec. On continue à s'exposer trente minutes par jour au soleil pour consolider notre capital de vitamine D.

On arrête de fumer si ce n'est pas déjà fait.

Reste l'épineux problème du cornichon. Vous avez du apprendre avec horreur tout comme moi que notre cucurbitacée nationale était désormais produite à 99% en Inde alors que vous la pensiez toujours bourguignonne. C'est un de mes condiments préférés mais je me refuse à l'acheter en provenance de si loin. Alors je remplace par des olives en attendant de mettre une récolte locale en bocal.

Et, pour varier, je vous propose une alternative qui est presque réalisable en toute saison en variant les petits légumes.

On nettoie une botte de radis que l'on gratte là où il faut, en laissant un petit bout de queue si on estime que ce sera plus joli.
On fait de même avec une botte d'oignons frais. Evidemment c'est mieux si on en trouve de minuscules, mais on prend ce qu'on a. On conserve les queues (au congélateur) qui serviront ultérieurement, sans doute dans une soupe.
On les coupe en deux dans le sens de la longueur, ou en quatre, c'est selon leur taille. Idem avec les oignons. Et on entasse dans le bocal, précédemment lavé et ébouillanté. Dès qu'on a une couche suffisante de légumes on pourra en glisser verticalement le long des parois pour faire plus élégant.

Voici enfin venu le moment de choisir les aromates. J'ai glissé un mélange de différents poivres, des baies vertes de Setchuan, de la coriandre, un petit bâton de cannelle, deux feuilles de laurier, une cuillère à café de gros sel, et n'oubliez pas (comme j'ai failli le faire) un cinquantaine de grammes de sucre pour un bocal d'un litre). On aurait pu ajouter du cumin mais point trop n'en faut ... On couvre de vinaigre, blanc ou rouge, bouillant bien sûr. J'ai pris le vinaigre au galanga dont je vous ai parlé au printemps dernier.

On ferme sur un caoutchouc avant de ressentir la satisfaction d'un travail bien fait. On met à l'ombre puis au frais pour un repos minimum de 24 heures, espérant tenir plus longtemps avant de commencer à piocher dans ces pickles qui se conservent un mois après ouverture.
Dans les jours qui viennent on continuera de préparer l'hiver en mettant du soleil en bocal, cette fois avec des tomates cerise.

mardi 28 août 2012

Nous étions faits pour être heureux de Véronique Olmi

Nous étions faits pour être heureux, c'est ce que déclare Suzanne sans y croire vraiment et qui pourtant mettra tout en oeuvre pour. C'est ce que pense furtivement Serge sans avoir la détermination d'aller au bout. C'est ce qu'écrivait Louis Aragon pour Elsa en 1959. Ou plus exactement :
Nous étions faits pour être libres
Nous étions faits pour être heureux
Comme la vitre pour le givre

Un romantisme qui résonne avec nostalgie, deux sentiments représentatifs des fêlures qui émaillent les textes de Véronique Olmi. A croire qu'il n'y a dans son entourage que des couples qui ne s'aiment plus. C'est flagrant depuis le Premier amour (2010), suivi de Cet été là (2011), tous deux parus chez Grasset. Les protagonistes superposent une vie rêvée, en décalage avec leur existence réelle qu'ils n'ont pas le courage de regarder en face, ou du moins pas avec suffisamment d'ardeur pour changer le cours du destin.

Véronique Olmi est à la fois dramaturge et comédienne et cela se sent. Ses constructions font penser à Tchekov : la condition sociale détermine l'issue des relations. Ses personnages sont portés par de grandes aspirations mais leurs ailes sont trop petites pour leur permettre de se dégager de l'empreinte indélébile du passé. A moins que ce ne soit la fatalité qui détermine leur avenir.  Là encore on sent planer des sentiments emblématiques de l'âme russe.

Suzanne et Serge n'ont pas que leur initiale en commun. Suzanne est une femme qui semble banale mais qui se révèle peu "ordinaire". Elle exerce un métier que l'on attribue plutôt à des hommes, aveugles de surcroit. Elle est accordeuse de piano. Capable aussi de percevoir au premier coup d'oeil les discordances des êtres. Celles de Serge vont la toucher en plein coeur et elle ne pourra s'empêcher de réparer chez lui une blessure d'enfance.

C'est étrange comme il suffit d'un rien pour qu'une vie se désaccorde, elle aussi, que notre existence, tellement unique, si précieuse, perde son harmonie et sa valeur. (page 20)

Véronique, la tragédienne, articule dans leurs oreilles des pensées qui les transportent. Elle parvient à théâtraliser les relations par une écriture qui fait progresser les confidences à la manière du Boléro de Ravel, avec juste ce qu'il faut de répétition pour que l'air s'ancre dans notre mémoire.

Beaucoup de confidences livrées dans ce livre tout en maintenant une économie de dialogues. Un piano ne s'accorde pas en une seule séance. Il peut être long à stabiliser. Serge aura besoin lui aussi de plusieurs rencontres pour effacer les fausses notes de sa vie.

Beaucoup de musique aussi. Avec des références clairement affirmées comme Nathalie Dessay chantant Mozart, comme l'air de Valentin dans Faust, le sublime  Rêve d'amour de Liszt et le premier mouvement de la Sonate en Si mineur, deux morceaux que j'ai entendus avec bonheur au Festival de l'Orangerie de Sceaux il y a un an, interprétés par la prodigieuse Khatia Buniatishvili (je recommande sans réserve son disque sorti chez Sony musical en 2010)Et puis d'autres inscrites dans l'inconscient collectif. Il suffit d'une allusion à l'été indien pour que résonnent les paroles de la chanson de Joe Dassin et que l'on devine intuitivement que les promesses ne seront pas tenues :

On ira où tu voudras, quand tu voudras
Et on s'aimera encore lorsque l'amour sera mort

Auquel répond (page 66) Summertime d'Otis Redding, encore un homme qui demande de l'amour ... et qui révèle l'attirance de Serge pour Suzanne si proche de celle de Leonard Cohen qui tend le miroir.

L'auteur nous offre en prime un charmant tourisme parisien, d'abord dans le village de Montmartre, depuis la place des Abbesses, en empruntant la rue Lepic pour rejoindre le Nazir, puis dans le quartier Maubert, le Parc Monceau et autour de Saint-Lazare qui porte le nom d'un miraculé, nous poussant à nous interroger sur la part de hasard dans tout cela, comme si la partition était écrite d'avance et que ses héros de papier n'en sont que les interprètes, plus ou moins ... heureux.

A noter que l'auteur sera au Livre sur la Place à Nancy, avec beaucoup d'autres invités dont j'égrenais quelques noms dans la chronique que j'ai consacrée au Barbe bleue d'Amélie Nothomb.

Nous étions faits pour être heureux de Véronique Olmi, chez Albin Michel, sortie le 23 Août. 

lundi 27 août 2012

Lampedusa de Maryline Desbiolles


Il n'y a pas que les adultes qui sont abreuvés de livres à la rentrée. Les jeunes ont droit à leur lot de nouveautés. Et parmi elles, le tout petit livre de Maryline Desbiolles, relativement peu connue comme auteur "jeunesse" même si elle a déjà publié Aïzan dans la collection Medium de l'Ecole des loisirs il y a six ans.

La ville de Nice constituait le décor de l'histoire. C'est encore elle, cette fois le quartier Pasteur, au bord de la route longeant le Paillon, où la famille va migrer, précisément rue Joseph-Gazan.

Une famille amputée du père, qui aura auparavant du quitter le quartier des Traverses, à proximité des Bassins, où se trouvait l'appartement de la maison aux volets verts, à une vingtaine de kilomètres dans l'arrière-pays niçois. Sur une colline embaumant les genêts, à l'orée d'une forêt de pins. A proximité d'une allée de cèdres menant à une chapelle ancienne avec vue sur la mer. Le lecteur n'en saura guère plus.

Par contre Lampedusa lui sera décrite par le menu alors que la narratrice n'y a mis les pieds qu'en rêve. Il lui aura suffit de voir par hasard quatre pêches peintes par Chardin, le peintre de la lumière, pour que resurgisse le souvenir de l'île du rêve et du chagrin, ce qui à la lettre près est presque le nom du peintre.

On retrouve l'amour de Maryline Desbiolles pour la peinture (elle a publié les Draps du peintre en 2008 au Seuil), capable de nous recopier, juste pour le plaisir, et en avant-goût  d'un menu de noces, les titres des tableaux du maître, spécialiste des natures mortes (page 23). L'auteur aime les mots et leur musique, nous faisant observer que les Anglais désignent le genre sous le terme de still life, comme si les objets étaient animés d'une vie silencieuse, tout à fait comparable au souvenir qu'elle a de Lampedusa.

Une île de rêve au large de la Sicile. Pour sa mère qui pensait y aller en vacances et profiter des plages de sable blanc. Pour les immigrés qui comptaient y faire halte sur la route de la liberté, quand leur rafiot de fortune ne coulait pas avant.

Le chagrin ne fut pas tant de ne pas y aller mais de voir s'écrouler la vie quotidienne et de se trouver déracinée dans son propre pays. Heureusement qu'il y a des rencontres qui changent tout. Ce sera Madame Goiran, la voisine veuve et philosophe par obligation. Il y a ceux qui ont perdu un proche et les autres. Toi et moi savons quelque chose qu'ils ne savent pas encore.(page 39)

Ce sera aussi Fadoun, l'indocile somalienne qui danse sous la pluie, oiseau migrateur venu de très loin.

Entre les souvenirs bien réels attribués à la vieille dame et les questions de la petite fille d'autrefois le lecteur ressent l'ambivalence entre les grandes et les petites choses. Ce livre est mince mais il ne faut pas s'y fier, le propos ne l'est pas.

Lampedusa de Maryline Desbiolles, Illustration de couverture de Rascal, collection Médium (pour les 12 à 16 ans), Ecole des loisirs, 77 pages, 6,50 € 
A paraître le 30 Août 2012

dimanche 26 août 2012

Pause gourmande


J'évoquais hier ma gloutonnerie littéraire.

Aujourd'hui je confesserais plutôt ma gourmandise alimentaire.

J'avais emmené le parfum Grand Marnier dans mes bagages. Je suis ravie d'avoir le nougat dans mon placard.

Cette édition limitée de la crème Mont Blanc est très consolatrice de la rentrée qui s'annonce, même masquée derrière le feu orangé d'une forêt d'amour en cage.
Pas de "recette" compliquée à mettre en oeuvre. On ouvre le pot. On verse et on décore de poudre de perlin pimpin, enfin façon de parler. Ce peut être des pignons grillés si on revient du grand sud, des pralines roses broyées si on arrive de Lyon, de la Mazet si on n'a pas dépassé Montargis ... Et on sert dans une mini terrine.
En version plus sophistiquée, et non photographiée ici, on prend une tranche de brioche que l'on toaste avant de la poser dans une assiette creuse. On pose dessus une boule de glace Plombières, et on nappe de crème dessert au nougat. Belle association chaud-froid.

Mini plat à four  Appolia collection Délices

samedi 25 août 2012

Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel de Marianne Rubinstein


Et de trois ! Pardonnez-moi pour l'exclamation, mais au train où je tourne les pages j'ai le sentiment d'avaler avec trop de gloutonnerie. Et pourtant les Arbres ne montent pas jusqu'au ciel mérite qu'on prenne son temps même s'il se lit aisément.

Marianne Rubinstein commence piano, en couchant sur le papier les aléas de sa vie sans Yann. Une vie où tout est cassé, effondré. Bien sûr, c'est le refrain habituel ... Mais l'auteur l'écrit d'une telle manière que l'on se surprend à souffrir avec elle, et à reconnaitre qu'on s'énerverait nous aussi pour les mêmes broutilles, à commencer par la légèreté de son ex-conjoint qui se pose en champion de l'échangisme tant il semble s'acharner à intervertir les week-ends de garde du petit Simon. On se met vite à souhaiter qu'elle sorte de sa sidération avant qu'il ne soit trop tard, et à craindre une issue fatale en s'interrogeant sur la part de la fiction et celle de l'autobiographie tant cela respire le vrai.

Même Simon, l'enfant adoré, a perdu tous ses pouvoirs. Il est chez son père pour son troisième anniversaire. Vivre amputée de son amoureux n'est pas drôle, mais quand cette souffrance s'accompagne de la privation du fils c'est puissance mille. Arrivent Noël et son cortège d'invitations, que la jeune femme décline en soupirant.

Et puis surgit la petite blonde du cinquième, Olga, venue gratter à sa porte, sorte de double de manque d'amour, cette fois maternel. La mère de l'adolescente (si absente que l'auteur met beaucoup de temps à lui donner un prénom) représente à première vue l'enivrante féminité qui a été perdue. Il y a de quoi crever de jalousie sauf à parvenir à focaliser son exaspération sur des aspects concrets et indubitables comme le manque de soin porté à Olga.

En maintenant l'équilibre entre son espace et le sien, un peu à la manière d'un chat, et comme les enfants savent le faire de façon instinctive lorsque leur survie est en jeu, Olga ne la gêne pas, ne provoque aucun sentiment négatif. A l'inverse de son fils Simon qui découvrira la neige sans elle pour spectatrice lui faisant noter cette amère parole : "J'aurais presque aimé que ce bonheur il ne l'ait pas connu (...) pas encore."(page 52)

Le conseil de base donné aux déprimés tient souvent en deux mots : bouge-toi ! On croit le bonheur contagieux et on vient leur mettre sous le nez des douceurs qui, loin d'être apéritives, provoquent au mieux le haut-le-coeur, au pire la jalousie du désespoir, laquelle pourrait tout de même conduire vers la résurrection si elle pouvait mettre sur la voie du bonheur.

C'est tout le talent de Marianne Rubinstein d'avoir écrit un roman qui n'en a pas l'air, un peu dans la veine de J'ai réussi à rester en vie de Joyce Carol OatesElle décrit une femme qui subit la dépression en pleine conscience, chaussant par moments (page 55) "les lunettes de la marquise et à laquelle elle répond qu'elle l'emmerde", la marquise étant le surnom qu'elle donne à sa psy.

Quand je dis "elle" je devrais écrire Yaël puisque l'auteur continue dans la veine du roman précédent (Le journal de Yaël Koppman, paru en 2007) en crochetant dans la fiction des perles extirpées de sa vie privée et/ou professionnelle, en ornant sa réflexion de citations littéraires qui ont des vertus explicatives à la hauteur de théorèmes mathématiques, invoquant toujours abondamment (et intelligemment) Virginia Woolf à propos de son écriture et sans cacher son rêve personnel, à savoir concilier son métier et la littérature.

Difficile de juger si elle y parviendra durablement. Toujours est-il qu'elle est parvenue à m'intéresser pour un sujet qui la passionne, et moi beaucoup moins, à savoir l'économie. Elle réussit à nous distraire tout en resituant "sa" crise de la quarantaine dans le contexte socio-politique-économique qu'elle connait très bien puisqu'elle est maitre de conférences en économie à l'Université de Paris VII et chercheuse.

C'est à ce domaine qu'elle a emprunté le titre du livre, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel, un adage qui signifie en économie qu'il y a forcément un moment où les prix cessent de grimper (page 77) et que donc toute situation est appelée à se stabiliser un jour. Comme si l'économie (ou les sentiments) étaient réglés de manière biologique, avec des sortes de limites naturelles. Optimisme ou naïveté ? On aurait envie de lui opposer la métaphore du Tonneau des Danaïdes en lui faisant remarquer qu'il y a des vies de malheur sans fin.

Yaël, disons Marianne en l'occurrence, devrait le savoir, elle qui fait allusion à "l'aveuglement au désastre" (page 101) qui empêche d'être lucide quand le bonheur fait écran à la conscience. On devinera qu'il y a plusieurs niveaux de lecture, et que c'est un des charmes du livre. On peut s'arrêter sur l'analyse économique. A ce titre le conte de la fourmi productive et heureuse au travail, licenciée suite à un excès de compétence (page 130) est malheureusement représentatif de notre société.

On peut y voir plus particulièrement une tentative de décryptage des relations sentimentales à l'aune économique. On cherchera alors si les évènements, en économie ou dans la vie, arrivent par hasard, par nécessité ou parce qu'on les a provoqués. Si on admet qu'on puisse avoir une part de responsabilité à les déclencher, on aura aussi par conséquent la possibilité inverse de pouvoir les modifier. Et l'auteur d'étayer sa démonstration avec l'exemple de Clara estimant que le cancer ne lui est pas tombé dessus par hasard.

Une chose en entraine une autre. La maladie va modifier la perception des choses que l'amie de Yaël a de la vie : En moi quelque chose s'est ouvert, un espace où je peux me rassembler (page 123). Et la dépression va pousser Yaël à considérer autrement son existence. Curieusement cet état ne rend pas systématiquement égoïste ni imperméable aux autres. C'est "juste" une souffrance, le coeur arraché. Quand Clara découvre une boule sous le sein, Yaël aura la force de l'aider, de la soutenir. 

On peut aussi savourer l'ouvrage comme appartenant à la "chick lit", à l'instar des romans à l'eau de rose d'autrefois, en voyant revenir le "beau" Yann qui, à pas de velours, reprendrait bien la vie commune ... (page 136). Après avoir raconté son obsession de la trentaine, qui tourne autour de la phobie de l'abandon amoureux, voilà Marianne Rubinstein aux prises avec l'obsession de la quarantaine ... comme si c'était le fond du problème ... Et en calculant qu'elle met deux années à écrire un livre va-t-on parier que le prochain développera l'obsession de la cinquantaine ? On échappera sans doute à cette redondance car Yaël nous l'apprend page 158, elle progresse ... et nous sommes prêts nous aussi à apprendre à aimer un peu, surtout pas trop puisqu'on a compris que c'est l'excès qui rend l'amour insupportable.

Chick lit toujours en tombant sur des extraits de dialogues populaires comme cette remarque (page 154) annonciatrice du coup de foudre entre Gene Kelly et Françoise Dorléac devant l'école où elle attend Boubou dans les Demoiselles de Rochefort :  mademoiselle, votre combinaison dépasse. Mais alors une chick lit assez classe un peu classe car le journal s'émaille aussi de références savantes avec les notes de chevet de Sei Shônagon.

Et on attend patiemment le cru 2014 de cette auteure décidément pas platement figurative mais spirituelle, comme aurait dit Guillaume Lancien dans les Demoiselles et comme elle nous le souffle page 197, dans les toutes dernières lignes.

Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel de Marianne Rubinstein, Albin Michel, Août 2012

vendredi 24 août 2012

Barbe bleue d'Amélie Nothomb chez Albin Michel

Çà y est, c'est parti ... L'horloge de la rentrée a sonné. On annonce près de 650 romans cette fois ci ... Il va falloir opérer un tri ou choisir au hasard pour tenter de débusquer les bonnes surprises. Et puis il y a les incontournables que, quoiqu'on en dise, on aura envie de lire pour se faire sa propre opinion. Comme le nouveau Nothomb, conservé tel un sujet de philo pour l'examen du baccalauréat, dans le plus grand secret, et selon le rituel désormais habituel.

On m'a rapporté avoir vu hier devant un libraire une queue digne de l'époque glorieuse de la sortie d'un nouveau tome d'Harry Potter. Cette fois le mystère n'est pas organisé pour exciter ses lecteurs et fans. Jamais ce ne fut davantage à propos puisque la question du secret est au coeur de l'intrigue.

Il y a deux manières de lire Nothomb. Avec la raison en cherchant des liens avec les livres précédents ou les rares éléments biographiques (cette femme ultra médiatique sait rester discrète) ... et c'est plutôt facile, comme si l'auteur s'amusait à semer les indices comme des cailloux blancs. Soit avec le coeur, en vivant les émotions sans chercher à les intellectualiser.

Les partisans de la première voie expliqueront qu'Amélie s'est souvenue de ses jeunes années pour nouer l'affaire, alors que fraîchement débarquée à Paris l'innocente jeune belge avait du mal à se loger. Le système de la colocation n'offrait pas encore une solution à ce casse-tête et pour gagner en prime le moyen astucieux d'habiter au centre de Paris. Mais elle aurait adoré ...

Ils poursuivront, une coupe de champagne à la main (ils ont le choix de la marque pourvu qu'il ne soit pas rosé), en lâchant que le personnage de Grand d'Espagne n'est pas tout à fait nouveau. Il apparait à plusieurs reprises dans les cahiers sur lesquels l'auteur prolixe couche ses ébauches de manuscrits. Il était donc normal qu'il réussisse un jour le casting du nouvel opus. Et puis ce noble espagnol n'aura guère de mal à être plus sympathique qu'Henri VIII.

Ils se souviendront que dans Une forme de vie l'écrivaine se mettait elle-même en scène, face à un guerrier, et qu'elle boit beaucoup de champagne depuis le Fait du prince. Ils seront soulagés d'apprendre qu'elle apprécie aussi la vodka, avec un très bon caviar. Ils pointeront que, ces dernières années, les personnages principaux masculins sont apparemment solides et inébranlables, mais qu'il finissent par cesser de colmater leurs failles et que cela ne se termine pas très bien pour eux. Ils constateront que la femme est supérieure à l'homme, ce qu'Amélie confirme dans toutes ses interviews.

Ils jugeront que Barbe bleue est une sorte de métaphore de l'intolérance à la frustration qui marque au fer rouge les nouvelles générations.

Ils analyseront sans doute le rapport (névrotique ?) que l'auteure entretient avec l'art photographique puisque les plus grands lui ont tiré le portrait pour chacune de ses couvertures : Pierre et Gilles, Sarah Moon, Agnès Rosenstiehl, les studios d'Harcourt ... Ils chercheront sans succès à savoir qui est le dernier, un certain Pablo Zamora, peut-être espagnol lui aussi. Il fallait bien qu'un jour la photographie soit au coeur de l'action.

Ils établiront une échelle de valeurs, pour estimer la plus belle des couleurs, en hésitant entre le noir de la chambre et le rouge du sang, et noteront qu'Amélie leur fait un clin d'oeil sur la dernière couverture. Ils concèderont alors comme elle que De gustibus et coloribus non disputandum (page 152).

Ils éprouveront une volupté orgasmique avec la révélation que couleur et amour sont synonymes en japonais. Ils se régaleront de l'érudition dont leur auteure favorite fait preuve ici et comme toujours en les mettant sur la piste du Traité du sublime de Kant et de l'Ars magna de Lulle (p. 140).

Si on lit Barbe bleue en oubliant qu'on va écrire une chronique sur le sujet, quelque chose d'horrible se révèle très vite. On ne peut pas ignorer que le conte finit mal mais on devine que l'on a entre les mains une version féministe. On lit entre les lignes d'effroyables prévisions astrologiques. L'homme a Saturne en soleil et son destin est écrit d'avance.

On s'interroge, en buvant une tasse de thé, sur ses motivations à signer sans méfiance un contrat avec cette candidate dont le nom de famille est Puissant et qui travaille à l'Ecole du Louvre. Autant faire entrer la louve dans la bergerie, de luxe j'en conviens, puisque c'est un fastueux hôtel particulier parisien.

En la voyant débouler avec son son allure de pirate, le sourire carnassier et la fleur au chapeau, le fervent admirateur de Charles Perrrault n'a pas oublié que les frères Grimm ont revu et corrigé la version originale du Petit chaperon rouge. La dévoration est punie par les chasseurs et l'enfant sort indemne de l'aventure.

J'ai rêvé un instant que cette neuvième colocataire (ou plutôt "locataire" car le noble a les moyens financiers d'assurer son train de vie sans aide) aurait l'âme de Marlaguette, que le prédateur deviendrait son ami et qu'elle allait le guérir de son addiction. C'était oublier qu'Amélie n'était pas née à la sortie de cet album écrit par Marie Colmont et illustré par Gerda Muller, en 1952 pour les éditions du Père Castor.

Emelerio est aristo jusqu'au bout des ongles. Il se conduit en seigneur, rêvant d'une sorte d'association avec cette nouvelle partenaire que le ciel, ou l'enfer, lui envoie. Il connait les principes des alchimistes pour transformer le plomb en or et Saturnine a un nom la prédisposant à cela. Aurait-il en prime été ensorcelé par un parfum ensoleillé de mimosa ?

L'homme a des talents multiples. Il cuisine divinement, même si sa passion théologique pour les oeufs confine à l'obsession. Il confectionne des robes de princesse plus belles que celles que Catherine Deneuve enfilait dans le Peau d'Ane de Jacques Demy. Il est juste un peu trop psycho-rigide pour être tout à fait vivable mais, en tant que propriétaire, je n'espérerais pas mieux.

On imagine un instant le coup de foudre malgré la forte attente de Saturnine, pour qui l'amour suppose l'estime, sentiment qu'elle ne semble guère porter à son hôte après ce qu'on lui a raconté de ses pratiques. La logique de leurs joutes conversationnelles devient effrayante si aimer c'est accepter d'être Dieu (page 73) ...

Le livre est très dialogué. Le lecteur est l'invité permanent derrière la vitre sans tain d'une série de dîners où l'intimité se construit et se renforce entre les protagonistes qui s'affrontent comme dans un duel. On y assiste impuissant. C'est théâtral dans tous les sens du terme.

Mais cela ne manque pas d'humour non plus. La mise en garde de la page 15 est amusante a posteriori : Si vous y pénétriez (dans la chambre interdite), je le saurais, et il vous en cuirait. Il faut beaucoup d'esprit pour oser glisser cette phrase anodine.

Comme pour ironiser sur son propre choix de donner à toutes les femmes du roman des prénoms qui se termine par "ine". Amélie Nothomb se raille elle-même (page 85) en persiflant qu'après elle ce sera Margarine ... Est-ce intentionnel que la dixième, la seule qui ait les pieds sur terre, s'appelle Corinne ? Il est vrai aussi qu'en doublant la lettre n on sort du domaine des alcaloïdes. Quant à l'homme de ménage, comme elle dit page 18, c'est  Mélaine, une fin en ine, mais qui se prononce différemment.

Si on lit Amélie avec le coeur on rêve qu'une fois, au moins une, on puisse la savourer sans se précipiter sur le web pour affiner son opinion. On se demande pourquoi elle s'impose de sortir un livre chaque fin d'août. On s'inquiète de savoir si cela ne devient pas une contrainte plus qu'un plaisir. Quand aura-t-elle le cran de s'imposer un congé sans solde qui créerait le manque chez le lecteur ?

Elle qui dit écrire au stylo sur papier quadrillé ne pourrait-elle pas faire retraite quelques mois sur une île déserte où elle trouverait l'inspiration qui lui ferait écrire LE roman que nous attendons tous, sans la puiser dans ses tiroirs ? Face à tant d'interrogations on se dit en soupirant qu'il y a peut-être une raison cachée et que si chacun a droit a sa part de mystère, elle ne sort pas du lot.

Nous lui prouvons ainsi que nous avons le sens du secret ... et nous attendons notre récompense ...

A signaler qu'Amélie Nothomb présidera cette année le Livre sur la place à Nancy, où j'annonçais hier la présence de Frédérique Martin. Y seront aussi une des fidèles de la manifestations, Janine Boissard, dont j'ai fait le portrait en mai dernier, également Nadine Monfils en compagnie de Léon, Gilles Paris, et beaucoup d'autres dont la liste serait trop longue à énumérer ici. Je vous invite à vous reporter sur le site de la manifestation qui vient de faire peau neuve. Si le programme définitif des 14-15 et 16 septembre prochains n'est pas encore publié vous avez tout de même déjà beaucoup d'informations à y apprendre.

Barbe bleue, Amélie Nothomb, roman, Albin Michel, 23 août 2012, 170 pages, 16 € 50
Billet consacré à Tuer le père17 août 2011, 152 pages, 16 € 
Billet consacré à Une forme de vie 

jeudi 23 août 2012

Le vase où meurt cette verveine de Frédérique Martin


On m'avait prévenue : ce n'est pas joyeux mais çà démarre en douceur. C'est vite dit. Dès le début l'affaire sent le vinaigre, et même avant parce que le titre lui-même n'est pas optimiste. Le lecteur n'est pas pris en traitre : il sait que cela finira mal, et même très mal.

Alors pourquoi le lire ? Et pourquoi ai-je envie d'être dithyrambique à son propos ? Parce que c'est excellemment écrit, qu'il y a une dose d'humour faramineuse, et que les querelles amoureuses d'un couple de septuagénaires c'est assez nouveau pour qu'on le souligne.

Cela commence comme une dédicace par les quatre premiers vers du Vase brisé que Sully Prudhomme a publié dans le volume Stances et Poèmes et dont je vous donne ici les quatre derniers :

Toujours intact aux yeux du monde
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde ;
Il est brisé, n'y touchez pas.

Zika a développé une maladie cardiaque et doit subir des examens dans un grand hôpital. Joseph se porte bien mais il ne pourrait pas se "débrouiller" pendant l'absence de sa femme. Dans l'idéal ils aimeraient autant ne pas être séparés. Mais il faudrait trouver un hébergement suffisamment grand dans une ville importante. Et cela coutera cher. Charitables, chacun de leurs enfants a décidé de porter un peu du poids de la corvée : le fils prend son père en charge. La fille hébergera sa mère.

Zika et Joseph n'ont jamais été séparés. Ils ne savent pas ce qui les attend. Ils s'écriront. Leur amour fou devrait pouvoir s'accommoder d'une séparation qui ne sera que momentanée. La forme épistolaire permet de grandes fantaisies et justifie les quiproquos, ce qui laisse le champ libre à l'auteur pour nous conter les sautes d'humeur des protagonistes. C'est la fougue de Zika qui surprend le plus : pestant contre la situation que Joseph qualifie de manière un peu excessive de grand bazar. L'épouse adorée s'en caille le sang comme autrefois nos grand-mères se faisaient du mouron. Pour arrêter de mettre sa cervelle à bouillir il faudrait qu'elle rabote un peu ses humeurs, ce dont elle est incapable, faute de quoi elle se raplaplatine.

Frédérique Martin avoue n'avoir qu'une obsession, l’Homme. Sa grandeur, sa démesure, son impuissance, sa cruauté, sa bêtise, son avilissement, sa déchéance, sa rédemption, son impossible quête, sa peur constitutive de vivre, son audace, son courage, sa tendresse parfois et son acharnement à aimer, malgré tout.

Son livre explore toutes ces facettes. Et bien d'autres. Il n'y a pas que les mots qui surprennent au fil des pages. Les situations sont inédites à cet âge avancé de la vie. La grande scène de jalousie (page 97) deviendra je le parie un texte d'anthologie. L'auteur pointe admirablement toutes les supercheries que le couple a imaginé sans penser à mal, tout simplement pour assurer une qualité de vie quotidienne, à commencer par la comédie de la délectation. Les rebondissements s'enchainent au fil des pages avec une montée constante d'une tension dont on croit jusqu'au bout qu'elle pourrait s'apaiser.

D'autres avant elles nous l'ont appris. André Gide comme Jules Vallès l'ont crié : Famille je vous hais. Frédérique nous démontre cette vérité avec maestria. Et puis une autre, encore plus implacable : vieillir est une manière lente de disparaitre (page 70) dans une agonie d'une lenteur incalculable.

Le roman sort aujourd'hui, 23 août. Il est d’ores et déjà sélectionné parmi les six romans de la rentrée qui reçoivent le soutien de Cultura par le biais de l’opération Talents à découvrir qui fête sa dixième année d’existence en 2012.

Et si vous voulez rencontrer l'auteur, je vous donne un tuyau : elle sera à Nancy pour le Livre sur la place.

Site Officiel de Frédérique MARTIN
Le vase où meurt cette verveine de Frédérique Martin, aux éditions Belfond, août 2012

mardi 21 août 2012

Salade de fruits minute

J'ai pris goût au bon et au bio en Franche- Comté et c'et une chance de pouvoir continuer en région parisienne.

Pendant que les autres sont en vacances (entendez par là un lointain bord de mer) j'ai accepté de prendre en pension, non pas leurs animaux de compagnie, mais leur jardin.

C'est que cela a rudement soif, cette petite chose. mais les fraisiers vous remercient vite de vos soins en rougissant de plaisir.

Et hop, voilà ce soir une cueillette qui va se croquer crue en méli-mélo de salade minute.

Deux pêches blanches coupées en petits morceaux. un (gros) bol de fraises coupées en 32 ou en 4, selon leur taille, un trait de Limoncello, un nuage de sucre, et quelques feuilles de sauge ananas pour ajouter un petit arôme nouveau.

On se régale quelques minutes plus tard, dans une petite assiette, en mangeant lentement et sans oublier de boire de l'eau si vous voyez de quels conseils je parle.

lundi 20 août 2012

Les pierres parlent aussi

De l'eau, des fleurs, d'excellentes choses à manger ... mais aussi des pierres ... Où çà ? En Franche-Comté où nous allons pour la dernière fois cet été, car la rentrée s'annonce et il va falloir consacrer l'écran à chroniquer les livres qui vont sortir en librairie, et que j'ai déjà lue, parce que je n'ai pas passé tout l'été à me promener quand même.

(article en construction)

dimanche 19 août 2012

Petit appétit ... idéal par temps de canicule

Vous vous souvenez de cet énorme burger italien qui m'avait fait souhaiter une version russe pour affronter l'hiver ? ce n'est pas le thermomètre actuel qui va motiver la maison Charal à nous le concocter.

Par contre il faut croire que je ne suis pas unique quand j'écrivais : je rêverais de quelque chose qui soit adapté à des petits appétits ou à des estomacs qui songeraient presque à devenir végétarien.

Mes pensées choqueraient sans doute une marque qui ne produit que de la viande ... mais c'est dit. Charal si tu m'entends ...

Charal m'avait devancée avec une gamme qui précisément s'appelle "Petit appétit" avec des portions de 80 grammes, bien suffisantes dirons certains. Et j'apprécie particulièrement au plus fort de la canicule, entre deux salades.

Je le cuisine avec quelques oignons rouges déglacés dans du balsamique. J'ajoute de la mâche faiblement assaisonnée. Des carrés de mozarella sur un lit de tomates.

Tiens, on va rajouter une lamelle de fromage sur la viande, et poser deux tranches de pain et voici inventé le burger italien déstructuré, et à la mesure d'un appétit modeste.

samedi 18 août 2012

Si vous cherchez de l'eau ...

Il vous reste 24 heures pour courir à Paris Plage ou bien ... partir pour la Franche-Comté ! La preuve avec quelques images rafraichissantes, je ne peux pas faire mieux.

(article en construction)

vendredi 17 août 2012

Entre la poire et la cerise


Cà y est, je me suis mise au régime. Il fallait compenser les excès commis en Franche Comté.

Mais pas question de vivre dans la privation. Je n'ai pas l'âme d'une Esclarmonde (message codé pour qui n'aurait pas lu ceci).

J'ai trouvé ce drôle de petit ... fruit ... ou légume ... difficile de trancher. 

Elle a la forme de la poire, la couleur du soleil. Elle est croquante et je craque pour cette minuscule tomate qui se dévore toute crue au jardin.
J'aurais pu vous soumettre cette photo avec une énigme du style : quelles sont ces pépites qui pendent aux branches des coeurs de Marie ? mais il fait assez chaud sans que je vous tourmente avec des questions saugrenues.

On prend une laitue coeur de chêne, qui n'a pas que le nom de joli. On y jette une embellie de tomates poires bien jaunes et de carrés de pêche blanche. Tout cela fait bon ménage sur la nappe fleurie.
Stop ! On applique deux conseils puisqu'on est au régime : on met la portion dans une petite assiette qui du coup semble pleine à ras bord, ce qui va stimuler l'impression de satiété. Et puis on mâchera lentement, lentement, puisque la faim a besoin de 20 minutes avant d'envoyer un signal au cerveau pour lui dire que c'est bon il peut couper l'envie.

Deux idées toutes simples à mettre en action. sans oublier de boire abondamment ... de l'eau, mais çà difficile d'oublier vue la température ambiante.

jeudi 16 août 2012

La Citadelle de Besançon

J'ai oublié de vous raconter cette après-midi dans la Citadelle de Besançon, au milieu d'animaux assez inhabituels puisqu'elle abrite un noctarium et un insectarium ... à coté d'un zoo qui brutalement semble plus "classique".

(article en construction)

mercredi 15 août 2012

J'emmène Francine et Mont Blanc en vacances ...


Vous devez commencer à savoir que je suis en Franche-Comté. Et, vu le temps que je consacre à la publication des articles j'espère que vous appréciez autant que moi. Vous aurez deviné qu'entre visiter ou cuisiner il faut choisir.

Quand on a la chance de se trouver à portée de si beaux paysages ce serait masochiste de s'enfermer près des fourneaux. ce n'est pas une raison pour se priver. Avec un minimum d'effort certains alliés sont précieux. Voici comment faire des petits fours en deux coups de cuillère à pot, ou presque, et ce n'est pas le chat qui me contredira.

On ouvre le sachet de préparation (dite inratable) de Francine et on verse dans un saladier. Il suffit d'ajouter 10 cl d'eau tiède et 3 oeufs, autant dire que tous les ingrédients sont sur la photo.
On mélange et on dispose des petits tas sur la plaque du four, lequel a été mis à préchauffer à 210°. N'ayant pas de poche à douille j'ai façonné au mieux avec deux cuillères et j'ai "lissé" au doigt humide après, procédure peu orthodoxe j'en conviens.
Le mode d'emploi recommande 15 à 25 minutes. On peut dire que Francine ne se mouille pas, presque du simple au double. Cela rend fébrile. je n'ai pas voulu éterniser la cuisson mais je n'ai pas non plus ouvert la porte pour goûter, sachant que la pâte à chou ne supporte pas les courants d'air.
C'est pas pour me dédouaner mais cela faisait belle lurette que je n'avais pas employé un four à gaz, sans thermostat, et je n'ai eu aucune garantie d'avoir la température souhaitée tout au long de l'opération. je me suis repérée à l'odeur, appétissante. De plus j'ai enfourné deux plaques alors à peine sortis du four, mes petits éclairs sont aussi vite retombés qu'ils avaient grimpé.

Une fois refroidis, je les ai coupés et fourrés d'une crème ... que je ne me suis pas donné le mal de faire. Le sommet du Jura, le Mont d'Or, aurait davantage convenu mais on fait avec ce qu'on a. En l'occurrence une Mont Blanc, cette crème qui existait bien avant celle pour laquelle on se lève tous, si vous voyez ce que je veux dire, mais qui est plus douce, plus crémeuse, peut-être parce qu'elle a pour moi le goût de l'enfance.

Elle est sans colorant ni conservateur et est fabriquée avec du lait ...normand, depuis 60 ans aujourd'hui. Elle pourrait presque avoir sa place dans les cuisines des maisons comtoises que je vous ai fait visiter il y a quelques jours.

Ne restait plus qu'à glacer le dessus avec un mélange de sucre glace, un peu d'eau (si j'avais eu sous la main du Grand-marnier ... mais non ...) et quelques gouttes de colorant pour rester dans le ton (on a beau être en vacances, on a quelques provisions).
Ma mère m'a confié récemment qu'elle l'achetait ... chez le pharmacien, au tout début. le temps ont changé. De nouveaux parfums sont arrivés et c'est au Grand-Marnier que nous avons gouté ces petits éclairs.

Je conviens qu'il faudrait recommencer avec un autre matériel mais en vraie gourmande on en reprend avant de conclure ? Et d'hésiter sur le parfum ... Nougat ou chocolat noir ?

mardi 14 août 2012

Et voici des fleurs

J'adore les fleurs. En vrai bien sûr, mais aussi en photos.

Je pourrais passer des heures à les photographier sous toutes les coutures. Et la Franche-Comté me semble un lieu propice pour leur épanouissement.

Peut-être parce qu'il n'y fait pas trop chaud l'été (le terme de canicule y est un peu excessif) mais qu'il fait tout de même très beau très longtemps en saison contrairement à la rumeur qui voudrait que ce soit la région la plus froide de France.

Voici quelques bouquets qui ont enchanté nos tables cet été et puis des fleurs plus ou moins sauvages, trouvées dans la nature.
Les suivantes poussent dans celui du musée Courbet d'Ornans (où je vous emmène demain)
Vous reconnaissez sans doute ces plantations d'angélique, bourrache et nigelle rencontrées à Nancray (où nous étions vendredi).
Le carthame domine l'eryngium du minuscule jardin de la Citadelle de Besançon (que je vous montrerai un jour prochain) faisant penser à la carline à feuille d'acanthe employée autrefois par les tisserands, cardabella de son nom savant.
Et le merveilleux labyrinthe pédagogique de Malbuisson pour expliquer quelles sont les espèces qui attirent quels insectes.
C'est flagrant avec cette libellule, quasi invisible sur la photo précédente ...
 Terminons en regardant plus en détail le recto et le verso de cette composition jolie comme un coeur, faite avec des pois gourmands piqués sur un bloc de mousse et les fleurs qui se trouvaient à protée de main ce soir là.

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