lundi 31 octobre 2016

Le Dictionnaire des Sorcières de Grégoire Solotareff

Grégoire Solotareff est dessinateur, photographe et sculpteur (mais il a aussi d'autres talents que je ne cite pas). Il dirige à l’Ecole des loisirs la collection pour les tout-petits, Loulou et Compagnie, qu'il a créée en 1994.

Il s'est livré à l'exercice du faux dictionnaire, sur le thème des sorcières (après avoir épuisé celui des Pères Noël) qui est arrivé en librairie au début du mois, ... en perspective logique des fêtes d'Halloween.

Il a dessiné des personnages dont sa mère (Olga Lecaye) lui racontait les péripéties quand il était enfant. Née de parents russes, elle connaissait très bien les histoires populaires de ses ancêtres où les sorcières ont une importance capitale et où la plus populaire demeure Baba Yaga.

Recommandé pour les enfants à partir de 6 ans, voire même un peu avant avec une maman pour tourner les pages, c'est la parfaite lecture pour accompagner ces vacances de Toussaint, et au-delà bien sur car le thème est éternel.

L'auteur égrène les lettres de l'alphabet de Abracadabra dont il nous donne la (sa ?) définition à Zut, qui est une formule qui n'a rien de magique. Entre ces deux extrêmes, se déploient 86 définitions dans un joli désordre alphabétique parce que Grégoire aime concevoir des livres où l'ordre n'est pas obligatoire. L'index servira de point de repères à ceux qui en auraient besoin.

On apprend qui sont les meilleurs amis des sorcières, que les lutins sont plus bêtes que méchants, qu'elles sont des ignorantes bien quelles parviennent à retenir une formule magique imprononçable (p. 64). Et qu'elles excellent en gymnastique pour exécuter le chiffre 4.
Elles peuvent être belles ... à leur manière car elles n'ont aucun sens de la mode, se coiffent avec une balayette et s'habillent dans des tenues aux couleurs improbables comme fuligineux. L'auteur ne leur ressemble pas puisque les encres sont lumineuses autant que possible.
Dans ce dictionnaire qui ressemble à un grimoire, on rencontre aussi des sorciers et un bestiaire très fourni de chats, de chauve-souris, de serpents, d'éléphants, de chiens, de souris, de hiboux et de crapauds ...
On connait l'amour de Grégoire Solotareff pour les lapins. Et c'est sans étonnement qu'on découvre par deux fois une sorcière aux longues oreilles.
Le livre soulève une multitude de questions qui pourront donner lieu à débat entre les jeunes lecteurs et leurs parents. Beaucoup de sujets sont abordés au second degré et c'est un des aspect auquel il est important de rendre les enfants sensibles. Grégoire Solotareff nous interroge à propos du Père Noël qui pourrait être une sorte de magicien, à moins que ce ne soit l'inverse. Il faut dire que l'homme en pélerine rouge est un sujet qu'il maitrise aussi bien que celui de la sorcellerie.

Les sorcières ne sont pas des modèles à suivre : elles ne lisent jamais et pourtant elles apparaissent au fil des pages comme de vraies personne avec leurs défauts et leurs soucis. Alors même si elles n'aiment personne ... nous on les aime.
Dictionnaire des sorcières de Grégoire Solotareff, Ecole des loisirs, en librairie depuis le 5 octobre 2016

dimanche 30 octobre 2016

Cérémonie de Samonios au Parc Naturel Archéologique de Samara (80)

Me trouvant à proximité du grand parc naturel de la préhistoire Samara, situé dans la Somme, j'ai pu assister hier à la cérémonie de Samonios, qui était la plus importante fête religieuse des Celtes, et qui a donné lieu à nombre d'événements mythologiques, relatés dans la littérature médiévale irlandaise.

Moi qui pensais ne pas célébrer Halloween cette année je me suis trouvée au coeur de l'origine de ce rituel !


Quand nous sommes arrivés, vers 20 heures, la nuit était déjà tombée et je n'ai que deviné l'ensemble des huttes où des animateurs proposent des ateliers visant à comprendre comment vivaient nos ancêtres à la Préhistoire à travers des reconstitutions. On apprend par exemple que l'on était surtout végétarien au Néolithique.

On m'a dit que le Parc était remarquable, ce que je veux bien croire. Il mérite d'être exploré en plein jour mais ... l'année prochaine puisqu'il ferme jusqu'au 20 mars 2017.

L'accueil du public se fait derrière l'entrée, avec quelques explications sur les costumes. le manque de sonorisation à cet endroit ne m'a pas permis d'entendre. J'ai compris néanmoins que les vêtements portés sont la reconstitution de la manière dont les Celtes étaient vêtus, en particulier les tissus "écossais".

samedi 29 octobre 2016

Tout savoir sur le Sainte-Maure-de-Touraine ... épisode 1, histoire de paille

Après une journée en Touraine je sais comment est fabriqué le fromage de Sainte-Maure-de-Touraine et j'ai appris beaucoup de choses sur les accords mets-vins possibles avec l'ensemble des 5 AOP de la région. Je vais commencer par partager le secret du certificat d'authenticité du Sainte-Maure-de-Touraine, qui sans sa paille n'est qu'un "rouleau" de chèvre, bon peut-être mais certainement pas AOP.

Il faut d'abord disposer d'une paille de bonne qualité, et c'est le seigle qui est mentionné dans le cahier des charges.

On cultive une variété ancienne pour disposer de la tige la plus longue possible, les graines ne servant qu'à replanter les parcelles. La récolte s'effectue à la moissonneuse-lieuse, la même que dans les années cinquante, puisqu'on veut de belles gerbes alors que partout ailleurs la paille est broyée sur place dans les champs.

vendredi 28 octobre 2016

Il n'est jamais trop tard pour le plus grand Amour de Michael Lonsdale

Est-il nécessaire de présenter Michael Lonsdale ? Acteur, metteur en scène, peintre, écrivain ... ses talents sont immenses.

Qui devinerait pourtant que derrière l'homme célèbre on va découvrir un petit garçon extrêmement introverti, et pour cause puisque son existence était cachée ? Que cette timidité a été résolue par l'exercice du théâtre grâce à Tania Balachova qui a su débloquer les résistances de son élève, en le convaincant qu'être acteur impliquait de devoir tout jouer, les affreux, les sales, les méchants, ... et les bons aussi (p. 128).

Cet homme pudique se présente sans masque : Je suis un enfant naturel, né hors mariage de l’amour de ma mère et de son amant, un enfant considéré comme une "honte" par sa famille. Quel long chemin depuis ce départ si difficile jusqu’à aujourd’hui, où je suis habité de paix et de confiance !

Cela aurait pu mal finir, mais Dieu m’a sauvé. À des moments importants de ma vie, j’ai écouté Ses appels et j’y ai répondu. Nous sommes tous appelés. Dans un monde si dur, marqué par le chômage, la violence, la pauvreté, les familles disloquées, la solitude…, l’amour de Dieu est pour nous la plus belle des espérances.

J’ai voulu écrire ce livre car on me pose tant de questions sur mon chemin spirituel, ma foi, ma prière, mon lien d’amour avec Dieu. J’ai souhaité raconter et partager. Admirer aussi les êtres qui m’ont guidé et inspiré.

Dieu est si présent, si actif dans nos vies que tout est possible. À n’importe quel moment, à n’importe quel âge, qu’on soit riche ou pauvre, homme ou femme, pratiquant ou pas, bien portant ou malade, oui, tout est encore possible. Il nous faut juste nous ouvrir, nous offrir à Lui.

Il n’est jamais trop tard pour le plus grand Amour.

C'est le titre de son dernier livre, qui n'est pas le premier, loin de là, qu'il publie pour transmettre sa foi. Il revient en premier lieu sur ses origines qui n'ont jamais été secrètes. Enfant caché, certes, mais tout de même descendant à la fois du duc de Morny et de Talleyrand, il a été très aimé de sa maman, et il a fait des rencontres déterminantes dont il parle avec simplicité dans ce récit.

J'ai très souvent eu les larmes aux yeux et pourtant il ne relate aucun évènement tragique. Il se dégage tellement de bonté (Michael Lonsdale emploierait à ma place le mot Amour) que l'émotion se partage.

Il évoque à plusieurs reprises Sainte Thérèse, l'abbé Pierre, Soeur Emmanuelle, Mère Teresa. Mais il raconte aussi le rapport que les écrivains dont il a interprété les oeuvres avaient avec la croyance : Marguerite Duras, non croyante mais parlant sans cesse de Dieu, Samuel Beckett (p. 130) pour qui le spirituel s'incarnait dans le désespoir de son regard pessimiste, jamais personne n'a mis comme lui les miséreux en majesté. Et bien sur Xavier Beauvais qui lui a permis d'endosser le rôle de Frère Luc dans Des hommes et des dieux. Ce sera un moment déterminant.

Il pointe d'autres personnalités : Virginia Woolf (p. 140), Rembrandt, génie absolu en peinture (p. 125) dont il recommande d'aller voir les Pèlerins d'Emmaüs au musée Jacquemart-André, et d'écouter la Messe en si mineur de Bach.

Ce que nous dit Michael Lonsdale est plein de bon sens. Il écrit que Dieu préfère qu'on s'occupe des autres que de perdre son temps à se mortifier. Qu'au terme de notre vie (p. 97) nous nous en irons en laissant tous nos biens derrière nous, nos comptes en banque, nos actions, nos bijoux, nos maison, nos collections, nos vêtements de marque, ... De quoi serons-nous riches alors, sinon de tout ce que nous aurons donné ?

Le plus grand amour est le don de soi, pour vivre alors dans le bonheur. dire qu'on pardonne mais qu'on n'oublie pas est un non sens et ne permettra pas de trouver la paix. La souffrance le rend malade (p. 42) mais il n'a jamais de doutes. Si le diable existe et se manifeste cela ne remet pas en cause l'existence de Dieu. ll s'avoue très sensible aux drames de notre planète, mais il a confiance dans la vie. Qui sait (p. 62) que la sagesse populaire A chaque jour suffit sa peine, est une phrase de Matthieu (6, 31-34) ?

Il faut lire le livre de Michael (dont la signification est "qui est comme Dieu"). Il apporte une réflexion profonde et beaucoup de paix.

Le comédien est aussi en ce moment au théâtre où il interprète Lettre à un jeune poète de Rainer-Maria Rilke, dans la mise en scène de Pierre Fesquet au Théâtre de Poche-Montparnasse depuis le 3 octobre 2016 les lundis à 19 heures, et aussi et les dimanches à 17h30 à partir du 13 novembre 2016.

Il n'est jamais trop tard pour le plus grand Amour, Petit traité d'espérance de Michael Lonsdale chez Philippe Rey, en librairie depuis le 6 octobre 2016

jeudi 27 octobre 2016

Faire soi-même sa ricotta, c'est facile, très facile

Cela faisait un moment que je voulais m'y mettre, que j'avais acheté en prévision du vinaigre d'alcool. c'est sans doute la visite de la fromagerie de Sainte-Maure (dont je vous parlerai bientôt en long et en large) qui m'a décidée à jouer à l'apprenti fromagère.

Faire de la ricotta est encore plus simple que du fromage blanc parce qu'il n'est pas nécessaire d'avoir des ferments lactiques.

Le procédé est ultra simple, pour ne pas dire simpliste. On fait chauffer un litre de lait (il est recommandé de prendre du lait entier) à une température juste inférieure à celle de l'ébullition avec une cuillère à café de sel (après coup je pense qu'on peut mettre un peu moins).

Hors du feu on verse 12 cl de vinaigre. On remue deux fois, surtout pas plus. On attend 5 minutes, pas plus. La préparation a commencé à cailler.
On verse alors dans une passoire tapissée d'un tulle. On évacue le petit lait ou lactosérum qui représente environ 90%, ce qui signifie qu'on obtiendra une quantité de ricotta assez réduite.
J'ai récupéré ma ricotta dès que j'ai vu que le caillé était assez ferme au bout d'une heure trente. Il suffit de soulever légèrement le tulle pour remarquer qu'il se détache.
J'ai récolté un volume équivalent à deux pots de yaourt. J'aurais pu obtenir davantage si je n'avais pas attendu. La ricotta aurait alors été plus souple et je l'aurais utilisée différemment.
On est récompensé par le goût, et la fraicheur.
J'ai adoré en sandwich avec des rondelles de kiwi, du jambon, de la salade ... ou même sans kiwi en tartinant la ricotta sur une couche de miel crémeux.
Par contre je n'imagine pas en faire pour une recette qui réclamerait 500 grammes de matière. Il faudrait au moins 5 litres de lait ...

mercredi 26 octobre 2016

Divagation, sur les pas de Bashô de Klavdij Sluban

Le Prix de photographie Marc Ladreit de Lacharrière avait été remis à l'Académie des Beaux-Arts le 23 octobre 2015 à Klavdij Sluban pour son projet "Divagation sur les pas de Bashô", un parcours poétique inspiré par les voyages entrepris par le poète au XVIIe siècle à travers le Japon féodal.

Selon le principe du Prix il faut attendre l'année suivante pour découvrir le travail réalisé dans le cadre du Prix tout au long de cette année, radicalement différent des oeuvres présentées l'an dernier par le lauréat 2014, Eric Pillot, ce qui témoigne de la diversité des regards.

Le photographe a effectué trois voyages au Japon entre janvier et juin 2016, et comme à son habitude toujours à pied (et il m'a confié avoir sans doute parcouru entre 1000 et 1500 kilomètres pour faire ces clichés). Après Kyoto-Tokyo, il a également arpenté l'île de Sado, le temple des Tokugawa de Nikko, la barre de Shirakawa, les îles de Matsushima, Hiraizumi, Sakata, Kisakata et Etchu.

Cette fois sa pérégrination puise sa source dans les textes de Matsuo Bashō et principalement dans son œuvre majeure, véritable carnet de voyage initiatique à travers le Japon : La Sente étroite du Bout-du Monde, avec l'objectif de transcrire l’essence de son cheminement. Il nous montre un Japon auquel nous n'avons pas habituellement accès, avec une quarantaine de tirages argentiques en noir et blanc de 40 cm x 60 cm et 80 cm x 120 cm.
Son écriture photographique exclusivement en noir(s) et blanc(s), est extrêmement poétique comme en témoigne le cliché retenu pour l'affiche, Miyajima, Japon, 2016.
Lui exprimant ma surprise de ne trouver qu'une seule photographie de femme il m'a répondu qu'effectivement le Japon devenait selon son expérience de plus en plus misogyne. On n'y voit plus les femmes m'a-t-il répondu.
Peu de visages, toujours en plan rapproché. Et surtout des paysages qui semblent surréalistes et qu'il faut absolument aller voir de près.
Pour la dizième édition du Prix, le jury qui s’est réuni le mercredi 28 septembre a sélectionné trois finalistes : Bruno Fert, Laura Bonnefous et Julien Goldstein.

2016 marque un nouveau changement de regard, avec un Prix décerné à Bruno Fert pour son projet "Intimités temporaires", consacré aux intérieurs des abris aménagés par les populations migrantes. Ce projet est en lien direct avec la problématique de l’immigration massive en provenance de Méditerranée.
Parti à la rencontre des migrants arrivant en Europe, Bruno Fert a choisi de photographier les intérieurs des abris qu'ils se sont aménagés, le temps d'une étape, au sein des camps, des "jungles" ou des centres d'accueil, parce que, bien que provisoires, ils reflètent la singularité et la personnalité de leurs résidents, tout comme nos appartements et nos maisons parlent de nous.

Il m'a montré plusieurs de ces photographies sur son portable. Il est en lien depuis longtemps avec des organismes qui s'occupent des migrants. Dans l'idéal il souhaite suivre des trajectoires, en éviatnt les pièges du sensationnel, de l'actualité, des polémiques. Il a choisi de juxtaposer les portraits en noir et blanc de chaque habitant avec le cliché, en couleur, de son habitation temporaire.


Divagation, sur les pas de Bashō, de Klavdij Sluban, lauréat 2015
(et présentation des projets des finalistes 2016)
Palais de l’Institut de France
27 quai de Conti
75006 Paris

Du 26 octobre - 20 novembre 2016
Du mardi au dimanche de 11h à 18h
Entrée libre

Fermeture le mardi 1er novembre
Vendredi 18 novembre, de 17h - 18h : rencontre / signature avec Klavdij Sluban

mardi 25 octobre 2016

Après l’hiver de Guadalupe Nettel

Bien que très différent puisqu'alors il s'agissait de nouvelles, on retrouve dans Après l'hiver la même écriture nostalgique que dans La vie de couple des poissons rougesl'indécision typiquement masculine à faire des choix, et l'inclinaison féminine à temporiser.
Claudio, exilé cubain de New York, a une seule passion : éviter les passions. Cecilia est une jeune Mexicaine mélancolique installée à Paris, vaguement étudiante, vaguement éprise de son voisin, Tom, mais complètement solitaire. Chapitre après chapitre, leurs voix singulières s’entremêlent et invitent le lecteur à les saisir dans tout ce qui fait leur être au monde : goûts, petites névroses, passé obsédant. Chacun d’eux traîne des deuils, des blessures, des ruptures. Lorsque le hasard fait se rencontrer à Paris, Claudio et Cecilia nous sommes dubitatifs sur la capacité de ces êtres de mots et de douleurs à parvenir à s’aimer au-delà de leurs contradictions.
Guadalupe Nettel, qui parle très bien notre langue, a elle-même été étudiante à Paris, qu'elle connait donc très bien, en particulier l'arrondissement où elle fait habiter Cecilia. Elle pointe la difficulté pour les immigrés d'Amérique latine de s'acclimater à la météo, ce qu'un ami mexicain m'avait confié il y a quelques semaines alors que je ne réalisais pas que la France était un "pays froid".

De fait, Après l'hiver est une référence chronologique mais aussi la métaphore d'une saison intérieure de recueillement, de recommencement et de pertes aussi ... L'auteur nous parle de l'immigration dans une mégapole qui permet de découvrir son identité par opposition, Paris pour Cecilia loin de son Mexique natal, New York pour Claudio éloigné de Cuba, et les deux capitales sont étroitement imbriquées dans l'illustration de la couverture du livre.

On découvre avec étonnement leur intérêt mutuel pour les cimetières, qui est à resituer avec le fait que la mort n'est pas diabolisée au Mexique où Guadalupe est née en 1973. Un autre personnage, Tom, atteint d'une maladie dégénérative voudrait ne plus avoir peur de la mort et arpente régulièrement les cimetières parisiens avec Cécilia.

La musique prend une importance croissante au fil des pages à mesure que la relation s'installe entre Claudio et Cecilia. La névrose du cubain est manifeste puisqu'il demande à la jeune femme d'écouter tel ou tel morceau à la seconde près ou d'aller voir dans un parc une statue selon un angle bien précis.

Tous deux entament une correspondance soutenue qui brutalement effraie Cecilia : ne m'idéalisez pas, j'ai horreur de décevoir les gens.

On a tout de même du mal à admettre que Claudio affirme avoir rencontré celle qu'il qualifie de "femme idéale" sans parvenir à modifier son mode de vie comme si une lourde armoire bouchait son horizon. Il manque de courage pour quitter son univers et commencer une nouvelle vie, mais paradoxalement s'en attriste.

C'est lui pourtant qui la décevra, même si elle se consolera finalement sans trop de dommage. L'écriture de Guadalupe Nettel est aussi "bizarre" que son personnage, déroutante et néanmoins envoutante. Elle a ceci de très particulier qu'elle ne semble pas prendre partie. Chaque personnage apparait dans une sorte de candeur de ses sentiments, si bien qu'on ne peut se risquer à une conclusion moralisatrice.

Commencé en 2001 alors qu'elle vivait à Paris, elle s'est ensuite appuyée sur la correspondance qu'elle a entretenue avec quelqu'un qui lui a inspiré le personnage de Claudio. Il est paru au Mexique  en 2014, et a reçu le prestigieux prix Jorge Herrralde en Espagne qu'elle est la seconde femme à obtenir en l'espace de 34 ans.

Après l’hiver de Guadalupe Nettel, traduit par François Martin, Buchet-Chastel, en librairie depuis le 8 septembre 2016

lundi 24 octobre 2016

Hippo Bastille, le changement mais l'esprit demeure

J'étais prévenue. En devenant Hippo le restaurant légendaire avait complètement revu sa décoration, son organisation et sa formule.

Celui de Bastille ouvre le bal et si le concept est validé d'ici 4 mois ce sont les autres qui bénéficieront eux aussi du lifting imaginé par le designer Philippe Avanzi, le même qui avait révolutionné McDonald's. Et le changement est majeur.

Ce qui marque en regardant les photographies que j'ai prises sur place, c'est la quasi disparition de la couleur rouge. Si Hippo demeure une Steak House, l'enseigne élargit son offre en commençant par le petit-déjeuner et en marquant un arrêt à l'heure de l'after-work tant appréciée des parisiens.

C'est donc naturellement que l'entrée principale du restaurant s'ouvre sur le bar. La carte des cocktails comprend inévitablement les verres à la mode. Mais aussi le Cuba Libre qui est réalisé avec un rhum ambré. Le plateau est rouge vif mais le grand saladier de chips a disparu au profit de la presse écrite.
Les aficionados pourront acheter un sachet de leur gourmandise, qui sont de meilleure qualité, et cuites au four.
Par contre un plateau recouvert d'une cloche attire l'oeil vers les bonbons et une salade de fruits. Une belle madeleine (très bonne, cuite sur place) fait de l'oeil aux gourmands.
Je connais quelques adultes désappointés de ne plus trouver les habituels murs de briques carmin, la grande horloge et les écrans qui diffusaient en boucle des films de sports de l'extrême. Qu'ils se rassurent, le rituel des anniversaires n'a pas bougé et tout le personnel s'y met joyeusement.

dimanche 23 octobre 2016

Petits crimes conjugaux au Rive Gauche

J'ai beaucoup aimé cette pièce pourtant écrite il y a une douzaine d’années par Eric-Emmanuel Schmitt. De mon point de vue, il était au mieux de sa forme pour parler d'amour, de déchirure et de passion dans un climat de joutes intellectuelles qui est souvent très drôle.

Le couple rentre à la maison après un épisode un peu particulier. On croit comprendre que Gilles (Sam Karmannest victime d'une amnésie et que Lisa (Fanny Cottençon) fait tout ce qui est en son pouvoir pour lui rappeler le passé, enfin peut-être pas tout le passé ...

Quelques formules humoristiques permettent de saisir que ces deux là peuvent avoir des points de vue très différents. Sous couvert de lui rendre la mémoire, Lisa ne se prive pas de se moquer de la manière de penser de son conjoint.

Il se plaint de l'usure du fauteuil. Elle reprend une de ses expressions favorites : un ressort qui pointe  provoquerait judicieusement un pic de la vigilance. Son bureau n'est pas en chaos mais régi par l'ordre d'archivage historique (j'adore cette définition que je reprendrai à mon compte). Les miettes sont les larmes du pain qui souffre quand nous le déchiquetons.

On ne change pas les ampoules mortes tout de suite. Il faut porter quelques jours le deuil de la lumière.

Gilles semble sincèrement surpris par ses propres théories et prêt à reconnaitre que vivre avec lui devait être infernal. Lisa, conciliante, se veut rassurante : d'une certaine façon je tiens à cet enfer.
Ces deux là jouent un jeu dangereux et brûlant. Après l'humour, intervient l'apitoiement. Gilles exprime le sentiment d'être un nouveau-né adulte, s'étonnant d'être encore en vie, découvrant son domicile comme s'il s'agissait d'une maison d'hôtes. Vous/tu, les mots se bousculent entre eux. Et curieusement Lisa ne parait pas pressée qu'il ne recouve la mémoire qu'il dit avoir perdue.

La grande question, la seule qui vaille la peine, est de savoir s'ils sont encore aimables l'un pour l'autre. Lisa dresse une barrière. Gilles voudrait accélérer les choses. Elle se défend : je ne "refuse" pas, je diffère ... Parviendront-ils à apprivoiser la vérité ?

Car Petits Crimes Conjugaux est aussi le titre du roman que Gilles a publié et qui contient une scène qui est peut-être celle qu'il a vécue et qui d'une certaine manière lui fait endosser le rôle du héros de son roman.

Eric-Emmanuel Schmitt écrit avec beaucoup de justesse et de sensibilité sur les difficultés de communication, et particulièrement de réconciliation quand les choses ne peuvent plus être dites et que les gestes se substituent aux mots, un peu à la manière des enfants quand ils ne maitrisent pas encore le langage et qu'ils se frappent pour exprimer leur refus. Lui-même semble croire que l’amour, le vrai, commencerait une fois qu’on n’est plus amoureux ...
Sans révéler la fin qui est une surprise j'ai envie de vous donner quelques répliques qui sont matière à réflexion :
- Aimons-nous le temps que nos illusions tiennent.
- La confiance ne se possède pas. Elle se donne. La preuve : on "fait" confiance.
- Qu'est-ce que c'est une liberté qui ne s'engage pas ?
La distribution est très bien pensée, avec deux comédiens qui sont totalement crédibles. La mise en scène de Jean-Luc Moreau est juste, comme à son habitude.

Petits crimes conjugaux
De Eric-Emmanuel Schmitt
Mise en scène Jean-Luc Moreau
Avec Fanny Cottençon et Sam Karmann

Depuis le 29 septembre 2016
Au Théâtre Rive Gauche
6, rue de la Gaîté 75014 Paris
Tél : 01 43 35 32 31
Du mardi au samedi à 21h
Matinée le dimanche à 15h

Les photos qui ne sont pas logotypées A bride abattue sont de Fabienne Rappeneau

samedi 22 octobre 2016

Love stories au Quadrilatère de Beauvais (60) dans le cadre des Photaumnales

Je poursuis les compte-rendus de mes visites aux expositions des Photaumnales avec Love Stories. Nous sommes toujours à Beauvais, mais cette fois au Quadrilatère, en vous suggérant de prendre le temps de visiter la plus grande cathédrale française, et qui possède le plus haut choeur au monde.












De toute évidence, je ne peux pas vous prendre par la main et tout vous montrer, à Beauvais ou dans les expositions. L'intérêt ne serait d'ailleurs pas énorme puisque je ne pense pas avoir débusqué quelque cliché vraiment original, je veux dire qui n'aurait pas déjà été montré ici ou là.

Il y a néanmoins des photos qu'on aime voir, ou revoir, et puis quelques artistes qui comptent ... Et Paul Ardenne est sans doute parti de ce principe. Le voici qui pose à coté de Gérard Rancinan qui est considéré comme l’un des grands photographes français d’aujourd’hui, et qui se définit lui-même comme "un témoin éveillé des métamorphoses de l’humanité".

vendredi 21 octobre 2016

anatomie d'un soldat de Harry Parker

Je n'aurais sans doute pas ouvert anatomie d'un soldat si on ne m'en avait pas lu un extrait. Harry Parker a sublimé l'accident qui lui a couté deux jambes en Afghanistan en 2009, après avoir combattu en Irak. Il fut en effet soldat de la British Army qu'il a rejoint à l'âge de 23 ans. Il est aujourd'hui écrivain et ce livre est son premier roman.

C'est avec beaucoup d'humilité que le titre ne comporte pas de majuscule. L'homme s'efface derrière un matricule, BA5799 et ce sont des objets qui racontent son histoire, en très grande partie biographique.

C'est un gros livre de 407 pages qui comporte, certes, quelques longueurs, parce qu'il est très difficile d'adopter 45 points de vue différents pour  reconstituer une tranche de vie à la manière d'un puzzle, mais il est vraiment remarquable par son originalité et surtout la qualité de l'écriture.

L'auteur ne s'apitoie que très rarement sur son sort et quand on comprend qu'il est au bord d'abandonner il a une manière ultra positive de se ressaisir et de nous donner, non pas des leçons de morale, mais des leçons de vie, tout simplement : je ne peux montrer aucune faiblesse ici (p. 195).

Il ne prend pas partie contre "l'ennemi". On sent l'homme de devoir, au sens large. C'est le lecteur qui, bien entendu trouvera que ces combats sont inhumains, de part et d'autre, car une des grandes forces du roman est d'alterner les angles.

Les objets se présentent parfois d'emblée : je suis un sac à dos vert olive de trente litres. Leur parole peut aussi relever de la devinette : au début, j'étais surtout dans l'Atlantiquej'ai été soigneusement fabriquée sur une table en bois, aux pieds gauchis ... ou nous induire en erreur : j'ai été fabriquée en Chine, une authentique copie. Il peut n'être annoncé qu'au bout de 8 ou 9 pages, comme la scie oscillante du chapitre 13.

Il est toujours essentiel, a souvent une courte durée de vie et les dernières lignes du chapitre marquent sa mise au rebut : on m'a rangée dans une boite en carton / Tu 'as plus eu besoin de moi dans cette pièce et on m'a remporté à l'étage / Il espérait ne plus avoir à m'en ressortir. Mais certains résistent : je devais persister et je te consumerais pour ce faire.

Sans verser dans l'anthropomorphisme, chacun s'exprime de telle manière qu'il fait corps, pendant un temps, avec Tom, le jeune soldat, autorisant à s'exprimer en alterner le "nous" et le "il" : il assistait à des réunions d'information sur l'endroit où nous étions venus, ce à quoi il fallait s'attendre.

La narration n'est absolument pas chronologique, ce qui maintient la conscience du lecteur en constante alerte. Quelques dialogues entre Tom, ses amis ou sa famille, apportent d'autres éléments pour rendre compte de la réalité. Enfin l'humour rend le récit supportable.

Le roman ne raconte pas que l'accident, et ses suites. Il nous place au coeur du conflit et je me suis surprise à suivre les manoeuvres avec attention.

Je n'imaginais pas me passionner pour la "parole" d'un garrot, d'un rasoir, d'un champignon ou d'un béret. Encore moins pour le récit d'un combat.

Ce livre est à découvrir en réseau avec le film Voir du pays, qui raconte le retour de soldats français et leur passage en "sas" de décompression.  Et bien sur avec le Maniement des larmes, qui est à l'affiche du Théâtre de Belleville, deux autres manières de voir l'envers du décor.

anatomie d’un soldat, d’Harry Parker, Traduit de l’anglais par Christine Laferrière, Christian Bourgois éditeur, août 2016

jeudi 20 octobre 2016

Petite histoire des pâtes japonaises de Nagasaki

Il y a des noms qui font frémir. Nagasaki est de ceux là. Pourtant il ne signifie plus seulement une catastrophe depuis que j'ai gouté les pâtes qui sont la spécialité de la ville et dont j'ignorais tout jusqu'à la semaine dernière.

Quand on m'en a parlé comme l’exigence gastronomique nippone, j'ai cru à une blague. J'ai depuis changé d'avis et je commence à réaliser que je pourrais cuisiner japonais à la maison. J'ai encore des progrès à faire et je vous raconterai bientôt mon expérience avec le chef du restaurant Matsuri (qui d'ailleurs est français).

Step by step ... Aujourd'hui je vous parle des Rivières de Perles, ou les Sômen si vous préférez le terme nippon, qui existe depuis ... un millénaire, ce qui ne peut donc pas être un effet de mode !
Elles sont ultrafines comme on le remarque sur la photo et se cuisent le temps de poser les baguettes sur la table; 90 secondes suffisent !
D'abord ma recette, puis leur histoire. J'ai fait bouillir une belle quantité d'eau avec un bâton de citronnelle (j'en ai toujours dans le congélateur), une pelure de pamplemousse, un morceau de gingembre, 2 gousses d'ail, un brin de menthe, une tige de tanaisie (ramenée de ma balade sur les coteaux Saint-Michel) un demi-oignon et j'ai laissé infuser ce bouillon qui embaumait.

mercredi 19 octobre 2016

Ma mère et moi de Brahim Metiba

Ma mère et moi est un livre très mince. Je l'ai ouvert Gare du Nord ... et terminé alors que le RER arrivait à Bourg-la-Reine. Et pourtant, ma lecture n'a pas été un survol en diagonale.

Mince, mais charpenté, profond, ce livre ne s'oublie pas. Rien d'étonnant à ce que Brahim Metiba soit parmi les finalistes du Prix Hors concours. Si je le chronique ici c'est que je ne pense pas influencer le second jury, chargé de départager les 8 qui ont été sélectionnés par la première académie dont je faisais partie.

Vous ne saurez pas si je l'avais remarqué. Là n'est pas la question et je pourrai fort bien chroniquer sur le blog des titres pour lesquels je n'ai pas voté, pourvu que le livre (entier) me donne envie de le faire. Juger sur un extrait est cruel. Il y a dans la sélection finale des auteurs que je n'avais pas retenus. Un sur deux si vous voulez vraiment savoir.
C’est une histoire d’amour et de dialogue impossible entre un fils et sa mère. Lui, 37 ans, né en Algérie, habite en France depuis 14 ans. Elle, vit en Algérie.
Il est intellectuel. Elle ne sait ni lire ni écrire.
Il est homosexuel. Elle aimerait qu’il se marie avec une musulmane.
Comme elle aime les histoires, il a l’idée de lui lire, jour après jour, Le Livre de ma mère, d’Albert Cohen. Il espère que les questions abordées dans le livre de cet écrivain juif, qu’il admire, susciteront un échange avec sa mère.
C'est le premier livre de Brahim Metiba qui, depuis, en a publié un deuxième, et s'apprête à en sortir un troisième, toujours chez le même éditeur. Comme le jeune homme de son récit, il a 37 ans, et a quitté son Algérie natale pour vivre en France. La notion de différence l’a très tôt interpellé et continue d’être le centre de deux de ses réflexions : la découverte de son homosexualité dans un pays où l’on est censé n’avoir qu’une seule sexualité puis, à son arrivée en France, la différence culturelle.

Pendant 23 jours, le narrateur cherche à s'accorder avec sa mère jusqu'à parvenir à un consensus et c'est un OUI qui sera le dernier mot du livre. Quand on a des opinions radicalement opposées sur l'essentiel le quotidien est bien souvent le seul terrain de consensus possible menant vers une (re)conciliation.

La médiation par le livre, ici Le Livre de ma mère, offre une mise en abime mélancolique et sensible. Les phrases sont courtes, plaçant le lecteur au plus proche de l'intime. Elle s'allongent à mesure que l'auteur semble s'émanciper de son univers familial. Brahim Metiba témoigne que ce que l'on pense particulier s'inscrit dans l'universel.

Ma mère et moi de Brahim Metiba, édition le Mauconduit, en librairie depuis mars 2015

mardi 18 octobre 2016

Les mille briques à l'Ecume des jours de Beauvais (60)

Les Photaumnales rassemblent une pléiade d'expositions photographiques les plus diverses dans le département de l'Oise, à Beauvais, Clermont, Creil et Noyon. C'est le pôle photographique en Picardie, Diaphane, avec le soutien de nombreux partenaires institutionnels et internationaux qui a choisi les thèmes et les lieux.

Plusieurs artistes ont aussi l'opportunité de travailler en résidence, comme Andrea Eichenberger qui présente maintenant à l'Ecume des jours les photographies qu'elle a réalisées dans la prison de Beauvais, avant qu'elle ne soit démolie.

Les détenus l'appelaient les mille briques, ce qui a inspiré à l'artiste le titre de l'exposition. On l'écrit au passé car elle a cessé de fonctionner en décembre 2015 et le bâtiment a été détruit depuis, ce qui place donne à ce travail une fonction de non seulement de mémoire visuelle. Il a permis aussi de poser des questions, par le biais de la photographie, sur la condition carcérale en France et sur la difficulté que nous avons de regarder l’autre.

Avoir choisi l'Ecume des jours comme espace d'exposition n'est pas anodin, même si c'est un endroit habituel pour accueillir tout type d'accrochage. Il s'agit d'un bistrot associatif qui pratique l'échange de savoirs. l'endroit est comme on dit, atypique, très convivial et mérite le détour (il es situé au bout de la ville, près de la gare) à plus d'un titre, y compris pour sa cuisine.

Certes la façade n'est pas engageante mais la salle et la cour ont quelque chose de très attachant. La mosaïque y a la place belle, ce qui ne pouvait que me convenir puisque c'est une de mes passions.

Andrea Eichenberger est née en 1976 à Florianópolis (Brésil). Diplômée en arts visuels au Brésil, elle a réalisé des études de photographie et un doctorat en anthropologie en France. Elle vit et travaille entre sa ville natale et Paris.
C'est la psychologue Isabelle Marseille qui a soufflé l'idée à la photographe après douze années de travail dans cette maison d’arrêt. elle tenait à ce que survivent une cohorte de petites histoires, banales, mineures, qui racontent la condition carcérale et différentes manières de la vivre, aussi bien par des hommes que par des femmes.
C'est tout le talent d'Andrea Eichenberger que de rendre visible l'invisible, en respectant la contrainte de l'anonymat. Le visage d'aucun détenu ne devait être reconnaissable. La contrainte s'oublie, en particulier pour les photos de femmes, peut-être parce qu'Andrea a été autorisée à partager un peu de temps avec elles alors que dans les cellules des hommes elle était strictement encadrée, on comprend d'ailleurs pourquoi.
Elle a travaillé "à l'ancienne", en argentique, avec un temps de pose assez long, pour des images pensées en amont. On est loin des reportages d'images dites volées. Il en résulte une densité impressionnante qui exprime comment les gens affrontent ce lieu, s’y inventent et tentent de créer des mécanismes pour qu’il devienne supportable. C'est ce dont l'artiste a souhaité rendre compte et son travail est à suivre.
Son site rend compte de la diversité de ses recherches. On peut s'y rendre pour réserver le livre Les mille briques qui est en souscription chez Diaphane éditions, sou forme d'un recueil de paroles (par Isabelle Marseille) et de 60 photographies en couleur au sein de la Maison d’arrêt de Beauvais avant sa fermeture.
Il faut bien entendu voir aussi l'exposition et se laisser porter par ses propres émotions. A l'étage de la salle des casques sont prévus pour écouter les entretiens conduits par la psychologue.

On profitera de l'automne indien pour réfléchir à tout cela sous la tonnelle. La maison a pour spécialité le Communard que beaucoup de personnes ont oublié ... à déguster en toute modération comme il se doit.
Peut-être que le mur de briques qui vous fera face (je ne les ai pas comptées mais elles sont sans nul doute moins que mille) portera encore les traces que nous avons laissées le jour du vernissage. Chacun était invité à écrire à la craie un mot résumant son ressenti.

Il faut voir aussi les autres expositions (toutes en entrée libre) à Clermont, Creil et Noyon, et à Beauvais, comme celle qu'accueille le MuDo, Divines et Divas, ou Love Stories au Quadrilatère.

Les mille briques
L'Ecume des jours
5 rue du Faubourg Saint-Jacques à Beauvais
03 44 02 07 37
Du 8 octobre au 19 novembre 2016
 Du mardi au samedi à partir de 12h
mardi, mercredi et jeudi : fermeture à 20h ~ vendredi : fermeture à 21h30 ~ samedi  à 18h30

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