mardi 28 juin 2016

Dans le silence de ton coeur d'Alice Ranucci

Parce que c'est un roman italien, parce que la couverture est dans la même tonalité, et qu'il concerne (aussi) une jeune fille ... j'ai pensé à D'acier de Silvia Avallone ce qui a placé d'emblée la barre à un niveau très haut d'exigence. J'ai regretté de ne pas ressentir une puissance comparable à mesure que progressait ma lecture.

En comprenant qu'Alice Ranucci avait 17 ans quand elle a écrit le roman, l'âge de son héroïne, je suis devenue plus indulgente, et même admirative. Il faut du cran pour exposer son coeur écorché au risque de se faire reprocher son immaturité, son égocentrisme, et sa superficialité.

Voilà comment l'éditeur présente le livre : À seize ans, Claudia est belle, populaire, et obtient tout ce qu'elle désire. Aller en cours ? Obéir à ses parents ? À d'autres ! Elle préfère retrouver ses amis dans les rues de Rome et attirer l'attention de Rodrigo, le plus séduisant garçon du lycée. Sa mère lui reproche son comportement immature et l'oblige même à travailler bénévolement dans un centre pour jeunes immigrés. Claudia s'en moque. Elle la défie toujours plus, se préparant, chaque fois, à subir de nouvelles remontrances. Mais un soir, tout s'arrête. Claudia se retrouve seule, face à sa conscience.

On sait peu de choses de l'auteure si ce n'est qu'elle vit à Rome, qu'elle a été bénévole dans un centre d’accueil de jeunes immigrants et qu'elle écrit également des nouvelles et de la poésie. Dans le silence de  ton coeur a été publié en Italie en 2015 et c'est son premier roman.

L'écriture n'est sans doute pas complètement aboutie (mais je rappelle qu'Alice Ranucci n'avait que 17 ans, et à son âge j'aurais rêvé d'avoir déjà un tel niveau de compétence). Mais comme ça fait du bien de lire un texte écrit par quelqu'un qui n'est pas dans la position de la donneuse de leçon ! Elle aborde des sujets sensibles comme l'alcoolisme, la grossesse, le fascisme et l'immigration dans une Italie que l'on connait mal. C'est authentique, soutenu, sans concession. A découvrir sans tergiverser.

A glisser dans la valise de son ado entre maillot de bains et sweat à capuche.

Dans le silence de ton coeur d'Alice Ranucci, traduit de l'italien par Camille Paul, chez Hachette Jeunesse, février 2016

lundi 27 juin 2016

Huit mois pour te perdre de Marie-Diane Meissirel

Marie-Diane Meissirel est franco-américaine. Après des études en France et à Hong Kong, où elle vit aujourd’hui, elle a travaillé dans de nombreux pays dont la Croatie. Huit mois pour te perdre est publié, hasard du calendrier, alors que l'Europe est en pleine crise identitaire.

Et si le livre explore la violence des sentiments maternels il offre aussi en parallèle un questionnement sur ce qui a secoué la Croatie encore fortement marquée par le conflit yougoslave au moment de son entrée dans l'Europe : on n'en a pas fini avec cette guerre. Et c'est pas parce qu'on va rentrer dans l'Europe qu'on va pouvoir faire comme si tout allait mieux. Tu sais, les Européens, j'aurais préféré les voir quand les Serbes nous tiraient dessus (...) Crois-moi ils s'en fichent bien des Croates, là-bas, à Bruxelles ! (p. 37)

La question des réfugiés est au coeur du livre (p. 47) comme elle agite aussi nos consciences.

L'auteur accroche le lecteur en donnant la parole à l'une puis l'autre femme. Emma et Dunja sont très différente l'une de l'autre, de par leurs origines géographiques, leur culture, leur niveau social, leur manière de considérer la géopolitique et leur approche de la maternité.

La Croatie est un pays que je ne connais en fait que de nom et Marie-Diane Meissirel m'a donné envie de m'y rendre. Une possible destination de vacances en somme.

J'ai entendu en fond sonore les musiques folkloriques des Balkans (comme celles de Goran Bregović) que nous connaissons bien depuis qu'Emir Kusturica les a popularisées dans ses films. J'ai découvert que les chants traditionnels s'appelaient klapa et le nom de chanteurs de variétés comme Oliver Dragojevic (p. 36)

Ce qui m'a manqué, c'est d'abord une carte parce que je n'avais aucune idée de la distance séparant les différentes villes où se passe l'action, et puis, peut-être parce que je bloggue régulièrement sur la cuisine, les recettes des plats qui sont cités dans le livre et que de plus en plus souvent les auteurs ajoutent en "bonus".

Il faudra que je trouve d'autres sources d'information pour envisager le goût du sarma, du strukli et du bajadera (p. 51) qui ne doivent pas évoquer grand chose pour vous non plus.

Ce troisième roman est néanmoins très abouti, avec une intrigue psychologique et policière bien ficelée. Maternité et engagement sont-ils incompatibles ? On reproche tellement facilement aux femmes de sacrifier la vie de famille à leur carrière. A sa manière, et avec subtilité l'auteure interroge su les limites des sacrifices qu'on est prêt à endurer pour sauver son enfant, qu'il soit au seuil de sa vie ou déjà adulte.

Emma est en bute avec une question dont elle trouvera la réponse. Son amour aura-til été une illusion ? Et Dunja comprendra qu'elle ne peut pas vivre (survivre) sans quelqu'un à aimer. Tout un chemin que les deux femmes parcourront en huit mois, pour se perdre ... ou se gagner.

Huit mois pour te perdre de Marie-Diane Meissirel, Editions Daphnis et Chloé, en librairie depuis le 23 juin 2016

dimanche 26 juin 2016

Si vous allez ... en Avignon, mes recommandations pour le Off

J'espère que je ne vais pas en oublier. Je n'ai puisé que parmi les spectacles que j'ai déjà vus, et aimés.

Cela se passera du 7 au 30 juillet, sur le plus grand théâtre du monde, tous en Avignon, dans ce qu'on appelle le OFF.

Il y en a plus de 1300 alors ma sélection est ultra fine. Pour en savoir plus pour chacun, vous taperez dans un moteur de recherche le titre suivi de A bride abattue pour arriver sur la critique que j'ai faite. Ou consulter le site du off. Sauf mention spéciale ils seront joués du 7 au 30 juillet 2016.

Il y en a pour les enfants à partir de 5 ans comme Augustin Pirate des Indes, de Marc Wolters à 10 heures au Théâtre du coin de la Lune, 24 rue Buffon
ou Rose au bois dormant à la Luna, 1 rue Séverine, salle 3 à 10 heures

Certains sembleraient à première vue concerner les enfants mais ils s'adressent à un public averti, comme Fables, adaptation spectaculaire et déjantée de 15 fables de La Fontaine !
Mise en scène Olivier Benoit
Coproduction Compagnie Tàbola Rassa et Théâtre de Belleville
à 19 h 30 Au Théâtre des Lucioles, 10 rue rempart Saint-Lazare
De la chanson avec Benoit Dorémus en Tachycardie, à 21 h
Au théâtre de l'Arrache-coeur
13 rue du 58 ème R.I. Porte Limbert

Kiki le Montparnasse des années folles Hervé Devolder / Milena Marinelli à 16 h 05
Au Rouge Gorge, place de l'Amirande

Des sujets graves, mais traités avec humour comme Maligne
Au Théâtre des Béliers, 53 Rue Portail Magnanen

Et pendant ce temps Simone veille
Au Théâtre des 3 Soleils, 4 rue Buffon à 12h20
De l'humour sans réserve avec
Ça n'arrive pas qu'aux autres
Au Théâtre des Béliers, 53 Rue Portail Magnanen

Avec Marine Baousson à 14 h
Au Théâtre du Palace, 38 cours Jean Jaurès
De l'humour au second degré, avec Ma folle otarie
A 14 heures, Théâtre des Halles, rue du Roi René

L'Affaire Dussaert de Jacques Mougenot à 17 h 10
Au Théâtre des 3 soleils, 4 rue Buffon

Histoire vécue d’Artaud-Mômo
A 17 heures, au Théâtre du Chêne Noir, 8 bis rue sainte-Catherine

Deux spectacles consacrés au star-system : La dernière idole, 
Du 7 au 17 juillet, à 22 h 40, Artéphile, 5 bis rue du Bourg-Neuf

Fabrice Luchini et moi, d'Olivier Sauton, qui joue 2 fois dans 2 lieux différents
10 h 10 : Théâtre du Rempart : 56 rue des Remparts Saint Lazare
13 h 45 : Théâtre Actuel : 80 rue Guillaume Puy

Et puis deux coups de coeur :
Le dîner à 19 h 35 à la Fabrik'Théatre, 10 route de Lyon, Impasse Favot.

Madame Bovary
Au Théâtre actuel à 12H05, 80 rue Guillaume Puy

samedi 25 juin 2016

Le dîner, un spectacle jubilatoire du collectif de la Jacquerie

Imaginez un spectacle où tous les spectateurs occupent le premier rang. Où chacun a participé à la conception de la représentation, laquelle sera d'ailleurs unique.

Une soirée insolite où vous "suivrez" un des cinq personnages comme s'il était votre poulain, attentif à ce qu'il respecte les engagements qu'il a pris avec vous quant à son caractère, son métier, sa situation par rapport aux autres comédiens ...

Vous tremblerez pour lui quand vous penserez que la situation lui échappe. Vous rirez quand il mettra (involontairement) ses camarades en péril. Vous vous sentirez aux commandes du théâtre comme vous pouvez l'être quand vous vous vous adonnez à un jeu vidéo.

Il y a quelque chose de Secret Story dans le concept que le collectif de la Jacquerie a imaginé. Il faut vivre cela au moins une fois (croyez moi on a envie d'y retourner, pour voir un autre "épisode"). Vous ne verrez pas le temps passer. C'est jubilatoire.

Il y a juste une chose à savoir pour éviter toute méprise, surtout pour vous lecteurs qui êtes aussi gourmands. Vous mettrez la main à la pâte (au figuré) pour construire le Dîner mais pas un dîner. Seuls les comédiens mangeront devant vous. Je le précise parce que les spectacles qui combinent culturel et culinaire existent bel et bien.

La trame est toujours identique. Deux personnages vont bientôt quitter l'appartement qu'ils partagent. Ils invitent un couple d'amis et une troisième personne à partager un repas. Toujours cinq comédiens, mais chaque jour un différent de manière à rompre les éventuelles habitudes qu'ils pourraient prendre. Et parfois même c'est le metteur en scène qui s'invite parmi eux sans les avoir prévenus.

J'ai assisté à une avant-première précédent le départ du collectif pour Avignon à la MPT Maison Pour Tous Jules Valles, 61 rue Pasteur – 94800 Villejuif. Je peux vous la raconter pour vous donner une idée de la manière dont les choses peuvent se dérouler. Sachez toutefois que le collectif s'adapte au cadre et que donc chaque début de soirée peut être légèrement différent.
Nous avons été rassemblés à l'extérieur de la salle pour une présentation du dispositif et des comédiens. Une main innocente a attribué à chacun une enveloppe contenant le nom de leur personnage et une liste de questions.
Chacun a drainé vers lui les spectateurs en fonction de la couleur de la pastille collée sur le billet. Nous voilà alors bombardés d'interrogations du type quel est mon métier, dans quel style serai-je habillé, qu'est-ce que je déteste .... Chacun s'exprime et on se met d'accord en votant le cas échéant parmi 2 ou 3 alternatives. On dispose tout de même de 20 minutes chrono ce qui donne le temps d'argumenter.

Un des principes à respecter est que les indications ne soient pas liées entre elles. Si par exemple notre personnage est fleuriste il ne doit pas aimer ou détester les fleurs. Par contre il pourra ne pas supporter de voyager par les transports en commun.
Les comédiens veillent scrupuleusement à cette consigne. Ensuite la tenue est choisie parmi des vêtements accrochés sur un portant.
Le comédien récapitule sous notre contrôle l'ensemble de ses indications et rejoint la scène. Le public est invité à s'asseoir et à choisir trois morceaux de musique. L'un d'entre eux sera joué en introduction et relancé quand le metteur en scène estimera le moment venu de donner ainsi aux comédiens le signale de la fin de la représentation.
Une table, cinq chaises, aucun décor. Chacun doit imaginer son "rôle" sans communiquer avec ses partenaires. Les poignets deviennent des ersatz de prompteur récapitulant les choses à ne pas oublier de dire ou de faire.
Puis ils quitteront la table qui deviendra l'élément central du décor. Chaque entrée se fera en fonction des contraintes précédemment définies. Ensuite, tout ce qui adviendra sera unique.
Les comédiens ont tous une solide expérience dans l'improvisation. Ce sont en général des anciens élèves de l'école Jacques Lecoq où Alain Mollot (le fondateurs de la Jacquerie, malheureusement disparu il y a trois ans) a puisé pour fonder le socle du collectif.

Joan Bellviure avait joué dans la Fin d'une liaison. Il signe avec le Dîner un travail à la croisée d'un théâtre d'art et de recherche, exigeant mais populaire, dans la droite ligne impulsée par Alain Mollot. Il place le public dans une position qui exacerbe son attention, en aiguisant son oeil qui n'est pas seulement critique mais ouvert sur les ressorts de la dramaturgie.

Je suis certaine que les festivaliers avignonnais se régaleront. Et j'espère qu'une tournée s'enclenchera à la rentrée.

Le Dîner, pièce impromptue
Conception et direction d’acteurs Joan Bellviure
Avec (en alternance) Joan Bellviure, Jean-Philippe Buzaud, Olivier Descargues, Véronic Joly, Stéphane Miquel, Maria Monedero, Juliet O’Brien, Richard Perret, Jennie-Anne Walker
Au Festival Off d’Avignon 2016 du 7 au 30 juillet 2016 à 19h35
A La Fabrik’ Théâtre,
10 route de Lyon / impasse Favot – 84000 Avignon

jeudi 23 juin 2016

L'exposition James Bond 007 dans la Grande Halle de La Villette

Depuis le 16 avril, la Grande Halle de la Villette accueille James Bond 007, l'exposition, 50 ans de style Bond réunissant plus de 500 objets originaux emblématiques ayant été utilisés dans les films du héros.

C'est à une totale immersion dans l'univers esthétique de l'espion le plus célèbre du monde que le public est convié.

A peine entrée dans l'espace je découvre l'Aston Martin DB5 rutilante et argentée et heureusement qu'il y a des plots et une pancarte parce que l'envie de s'y asseoir est très forte. On se console avec une photo...

Inutile de savoir la "bio" du héros par coeur pour la reconnaitre. Ce bolide a vrombit dans suffisamment d'épisodes qu'on la connaisse. Elle a dévalé les Alpes Suisses dans Goldfinger, a serpenté en Cote d'Azur dans GoldenEye. On y a vu Léa Seydoux et Daniel Craig dans Spectre ...  Elle apparait aussi dans Demain ne meurt jamais, Opération Tonnerre, Casino Royale et  Skyfall. Dix modèles ont été fabriqués spécialement pour le cinéma.

D'une manière générale l'exposition est si passionnante qu'elle a le potentiel pour passionner une large audience. Il y a beaucoup à voir, à lire, à découvrir ... et à apprendre.
Dois-je rappeler que James Bond, alias 007, est un personnage de fiction -écossais- créé en 1953 par l'écrivain (et lui-même ancien espion britannique) Ian Fleming dans le roman Casino Royale ? Sa machine à écrire avec un extrait d'un manuscrit original sont parmi les pièces les plus émouvantes.
L'auteur publiera douze romans, à chaque fois écrit en l'espace record de huit semaines. Après sa mort, en 1964, de nombreuses plumes continueront à imaginer la suite des aventures. Mais c'est le cinéma qui a créé le mythe à travers d'une trentaine de films. De nombreux acteurs ont endossé le smoking mais 4 sont en quelque sorte sortis du lot : Sean Connery, Roger Moore, Pierce Brosnan et Daniel Craig.

L'exposition ne suit pas tout à fait l'ordre chronologique en commençant par l'univers si spécial de Goldfinger en rendant hommage au très grand décorateur Ken Adam, auteur des décors de 7 épisodes de la saga. On lui doit par exemple l'intérieur de Fort Knox dans Goldfinger et l'invention du siège éjectable de l'Aston Martin.

Il a remporté deux Oscars pour "Barry Lyndon" de Stanley Kubrick en 1976 et "La Folie du roi George", de Nicholas Hytner en 1995.

Tarte soleil pour un apéritif célébrant les huiles d'olive

J'avais participé à un concours sur le thème des repas au bureau avec la contrainte d'employer une huile d'olive et j'avais proposé des cuisses de poulet rôties, un plat facile pour la maison, moins quand on ne peut que le réchauffer.

La remise des prix a été l'occasion de lancer un nouveau challenge aux bloggeurs à partir d'une profusion de produits.

L'envie de soleil nous avait conduit a imaginé une tarte soleil, une recette encore peu connue même si elle n'est pas nouvelle, excellente à la dégustation, pitoyable en présentation parce que la garniture était trop humide.

J'ai donc repris la recette de base et les conseils afférents que je vous donne maintenant :

Express et super simple avec deux disques de pâte feuilletée et un pot de pesto, la tarte soleil peut se décliner à l'envie avec des garnitures plus ou moins élaborées, voire sucrées.

1. Posez un disque de pâte feuilletée sur une plaque recouverte de papier sulfurisé.

2. Étalez la garniture sur la pâte en veillant à laisser une bordure d’environ 2 cm. Humidifiez la bordure avec de l’eau puis couvrez avec le second disque de pâte. Soudez les bords en appuyant avec les doigts. Badigeonnez la pâte d'un peu de lait.

3. Disposez un verre retourné au centre de la pâte feuilletée pour marquer le coeur sans trop appuyer.

4. Coupez des bandes en partant du verre vers l’extérieur. Coupez d’abord la pâte en quatre puis chaque quart en trois, puis chaque tiers en deux. On obtient ainsi 6 parts dans chaque quart et donc 24 parts en tout. Mais on peut faire 26 voire même 30, en fonction du nombre de personnes avec qui on voudra la partager.

5. Retirez le verre puis torsadez chaque bande de pâte en veillant à ne pas trop les tourner sinon la partie la plus proche du centre risque de se casser.

6. Cuire au four, préchauffé à 180 °C, environ 40 minutes.
Ce qu'il faut éviter :

- Les appareils trop liquides qui risquent de s’échapper des rayons à la cuisson. Privilégiez les pâtes à tartiner, confitures, tapenade, caviar d’aubergine, pesto, etc., plus consistants.
- Les préparations avec de trop gros morceaux qui déchireront la pâte et rendront l’étape des torsades plus compliquée. Pour les fruits et les légumes, utilisez une mandoline : les tranches fines seront faciles à torsader.

- Les préparations fortes en goût (anchoïade, roquefort…) qui relèveront le feuilleté.

- Par contre on peut prendre de la pâte à pizza si on n'a pas de pâte feuilletée.
A propos de la technique :

Les rayons du soleil étant plutôt fins, il faut faire attention lorsqu’on les torsade car ils risquent de se détacher du cœur. Maintenez la partie la plus proche du centre avec deux doigts, puis torsadez doucement le rayon avec l’autre main. Tournez les rayons 4 ou 5 fois sur eux-mêmes pour avoir une jolie torsade.

Vous pouvez décider de tourner tous les rayons dans le même sens, ou bien de les tourner l’un vers l’autre (torsadez un rayon vers la droite, puis le suivant vers la gauche, jusqu’à ce que le soleil soit complètement formé).

Vous pouvez aussi faire des rayons plus larges (16 parts) et vriller les rayons de 45 °. On peut déguster avec une sauce tomate maison, des olives, tranches de citron ...
La première photo provient du livre Tartes fleurs & tartes soleil ! de Aimery Chemin Coralie Ferreira chez Larousse.

mercredi 22 juin 2016

Dormir cent ans, Texte et mise en scène Pauline Bureau

Il y a des livres dits de littérature jeunesse qui sont tout à fait susceptibles d'apporter un plaisir de lecture à des adultes.

Il y a aussi des spectacles qui sont dans cette veine. Dormir cent ans est tout simplement superbe, intelligent, d'une maitrise que je n'ai pas peur de qualifier d'exceptionnelle.

C'est un spectacle que je verrais volontiers plusieurs fois et qu'il serait dommage de restreindre à un public d'enfants.

Pauline Bureau, dont j'avais vu à la Tempête il y a deux ans la Meilleure part des hommes signe là un travail extrêmement abouti.
Aurore à 12 ans. Elle sent que quelque chose change en elle. Jour après jour, elle se prend en photo pour saisir ce qui se transforme. Théo à 13 ans. Tous les après-midi, il sort de l’école, rentre à la maison et attend seul que son père arrive. Mais, il n’est pas vraiment seul. Il est avec le roi grenouille, le héros de sa BD préférée qu’il est le seul à voir. Aurore se demande ce que cela fait d’embrasser avec la langue. Théo aimerait bien savoir s’il est beau. Elle joue du piano. Il parcourt la ville en skate. Certaines nuits, ils rêvent. Et dans leurs rêves, ils se rencontrent.
Vous croyez savoir l'essentiel mais il vous manque la dimension magique. Une petite fille perdue en forêt compte ses pas, s'installe au piano et chante sa peur du silence. Plus tard elle rencontrera un tigre avec qui elle va apprendre à se battre, à rugir, bref à faire tout ce que les tigres apprennent à leur fille.

Un garçon exprime lui aussi ses doutes : être tout seul quand les autres sont ensemble, ça me fait honte. Il semble passif mais cet état n'empêche pas que des choses arrivent malgré tout. Et c'est sous un saule qu'il va grandir.

Vous verrez un réfrigérateur dont la porte symbolise le passage dans un monde imaginaire, fait de rêve et de cauchemar, dans lequel les personnages évolueront avant de faire le chemin inverse pour revenir dans la réalité ... mais transformés.
Pauline Bureau traduit avec beaucoup de justesse le mal de vivre des ados et comment une histoire d'amour peut commencer entre deux êtres qui se rencontrent sans être un remake à l'identique de la Belle au bois dormant (qui est son histoire préférée).

Toutes les musiques et les chansons sont des créations originales de Vincent Hulot, sauf Because the night que Patti Smith chantait en 1978, qui s'accorde parfaitement avec le coté rock qui imprègne le spectacle.
Trois videoprojecteurs sont employés pour sculpter l'espace et le résultat est enchanteur.

Pour réaliser les scènes avec le tigre Yves Kuperberg s'est inspiré d'un jouet de son fils. Il a dessiné les images qui sont projetées en guise de décor. Il en résulte un monde qui se trouve à la croisée entre une bande dessinée, un album et un espace en trois dimensions. L'espace est extrêmement délimité et pourtant il autorise toutes les projections personnelles auxquelles le spectateur peut se livrer en fonction de ses connaissances. On pourra par exemple penser à l'album d'Anthony Browne, Dans la forêt profonde. D'autres songeront à Alice au pays des merveilles. Et ce ne sont pas les livres où il est question de grenouilles qui manquent.

Dormir cent ans est un spectacle radicalement différent de ce qu'on a vu jusqu'à présent. Il y aura un avant  Il y aura un après. Une chose est certaine : il ne laissera personne indifférent.

Dormir cent ans
Texte et mise en scène Pauline Bureau
Dramaturgie Benoîte Bureau
Texte publié aux éditions Actes Sud-Papiers
Avec Yann Burlot, Nicolas Chupin, Marie Nicolle, Géraldine Martineau en alternance avec Camille Garcia
Création et régie lumière Bruno Brinas
Régie vidéo Christophe Touche
Scénographie et réalisations visuelles Yves Kuperberg
Composition effets visuels Alex Forge
Du 14 juin au 12 juillet 2017 (horaires variables)
Au Théâtre Paris Villettte
211, av. Jean-Jaurès -  75019 Paris
A partir de 8 ans

La photo qui n'est pas logotypées  A bride abattue est de Pierre Grosbois

Tournée 2016-2017
28 et 29 sept. le Granit, scène nationale de Belfort
6 et 7 oct. le Préau CDR de Vire
18 au 20 oct. Espace 600 de Grenoble en partenariat avec la MC2, scène nationale de Grenoble
3 au 6 nov. AmstramGram théâtre de Genève - Suisse
10 et 11 nov.  théâtre Romain Rolland, scène conventionnée de Villejuif et du Val-de-Bièvre
13 et 14 nov. théâtre Paul Éluard de Choisy-le-Roi
17 et 18 nov. théâtre de Charleville-Mézière
21 au 23 nov. le Grand R scène nationale de la Roche-sur-Yon
1er et 2 déc. théâtre de Privas
7 au 10 déc. le théâtre scène nationale de Sénart
6 et 17 déc. théâtre la Piscine de Châtenay-Malabry
3 et 4 mai théâtre du Parc Andrézieux-Bouthéon
9 et 10 mai 2017 - l'Arsenal Théâtre Val de Reuil
23 et 24 mai 2017 - Théâtre la Liberté, Scène nationale de Toulon
30 et 31 mai - Le Moulin du Roc, scène nationale de Niort
6 et 7 juin 2017 - Le Parvis scène nationale Tarbes Pyrénées.

Le spectacle est nominé aux Molières 2017 dans la catégorie Jeune Public
Il repartira en tournée la saison prochaine d'octobre 2017 à juin 2018.

mardi 21 juin 2016

La prétendue innocence des fleurs Franck Calderon et Hervé Moras en Livre de Poche

La prétendue innocence des fleurs bénéficie d'une seconde chance en étant éditée par le Livre de Poche. Le livre a déjà connu un beau succès lors de sa sortie en mai 2015. Le voilà assuré de gagner un public élargi.

Je l'ai commencé un vendredi soir et achevé avant la fin du week-end. Annoncé comme un roman policier, ce qu'il est, l'analyse psychologique des personnages est soignée et la narration suit une trame cinématographique.

Rien d'étonnant puisqu'il est le fruit d'un travail conjoint par un enseignant, Hervé Moras, et un producteur et scénariste de télévision, Franck Calderon, qui a remporté de gros succès d’audience pour plusieurs chaines.

C'est la première fois que les deux compères s'associent pour écrire mais ce ne devrait pas être la dernière.
Cinq iris mauves, cinq lys blancs et deux jacinthes sauvages. Dans quelques heures à peine, le bouquet sera déposé au cabinet du juge d’instruction Marc Ferrer, plongé dans la plus importante affaire criminelle de sa carrière. Marc connaît le langage des fleurs. Il sait que les lys blancs évoquent la pureté et que les jacinthes invitent à l’amour. Pourtant, ces fleurs-là lui inspirent la mort. Celle d’une jeune femme et d’un amour fou disparu huit ans plus tôt…
Le juge va-til se sentir menacé ? Aura-t-il l'envie et le courage de revenir sur les traces du passé ? Se laissera-t-il conduire sur un jeu de piste dangereux ? Il est évident que oui, sinon il n'y aurait pas d'histoire. Mais l'issue finale (peut-être fatale) est un vrai retournement de situation.

J'ai aimé cette histoire. Je ne l'aurais pas lue si vite s'il en avait été autrement. Et j'ai apprécié de retourner à Venise en compagnie de ce juge parfois sympathique, parfois agaçant. Enfin l'emploi du langage codé des fleurs est extrêmement bien construit. Jusqu'au bout.

La prétendue innocence des fleurs, de Franck Calderon et Hervé Moras, Livre de Poche, mai 2016
Prix du premier roman de Draveil.

lundi 20 juin 2016

Jukebox d'émotions avec Miguel-Ange Sarmiento

Programmé initialement pour une soirée, le Jukebox d’Emotions de Miguel-Ange Sarmiento sera encore à l'affiche lundi prochain au Rendez-Vous d’Ailleurs, toujours à 20h.

Le jukebox a rythmé la vie dans les bars et les cafés jusque vers les années 90 et c'est l'arrivée des CD qui a marqué son déclin. C'est toujours un objet mythique, collectionné par de nombreuses vedettes comme Christophe.

En choisissant cet intitulé pour son récital Miguel-Ange annonce qu'il y aura de la nostalgie. En annonçant des émotions il gomme la référence à l'automatisme de ces appareils, dont on sélectionnait les pistes après avoir glissé une pièce de monnaie.

Il cumule les talents, à commencer par la comédie, mais c'est la chanson qui lui procure les plus fortes ... émotions, le mot est dit. La partager sur scène lui est quasiment vital.

Son entrée en scène est facétieuse (on entend sa voix sans le voir et soudain son visage perce le rideau), pour masquer sans doute une appréhension qu'il n'aura pas aussi forte lundi prochain, étant donné le niveau des applaudissements qu'il a récolté ce soir.
Je n'ai pas changé ... j'avais envie de te revenir ... ces paroles de la chanson de Julio Iglésias datent de 1979 et il est certain qu'il a pu l'écouter en boucle sur son mange-disques orange.

Il enchaine avec Padam, Padam, immortalisé par Edith Piaf, alternant fort harmonieusement voix parlée et voix chantée.

Miguel-Ange est réaliste et la présence d'un public nombreux le touche vraiment, en ces jours où des compétitions internationales et des manifestations sollicitent tout le monde. Nous apparaissons à ses yeux comme des résistants. Mais sait-il alors que nous n'avons aucun mérite puisque nous sommes venus pour le plaisir ?

Ainsi soit-il. Ce n'est pas moi qui le dit, mais lui qui chante Louis Chédid. et qui nous fait comprendre soudain que ce n'est pas du cinéma, mais la métaphore joliment dite du choix de sa fin de vie.
Ainsi soit-il / Tel est le nom du film / Travelling sur un corbillard qui passe
(...) Ainsi soit-il / Tel est le nom du film / Alors la caméra zoome arrière 
Et tu r'montes dans l'hélicoptère.

Il poursuit avec une chanson (peu connue) de Françoise Hardy oh je voudrais que tu m'enterres / mais demain je s'rai loin très loin ...

Pas question d'assombrir l'atmosphère. La lumière passe du bleu au rouge et c'est Back in the market of love, qu'il a coécrite avec Alice Bassié qui en a écrit la musique, et Jean-Christophe Déjean les arrangements, façon bossa-nova.
Il chante en français (quasiment sans accent), en espagnol (naturellement) et aussi en italien. Il nous apprend (en tout cas à moi) que Pasolini a été (aussi) auteur de chansons populaires, à propos d'amour, comment pourrait-il en être autrement pour qui disait que ceux qui comme moi ont eu le destin de ne pas aimer selon la norme finissent par surestimer la question de l'amour.

La soirée est émaillée de confidences, de questions-réponses avec le public, sans que ce soit au détriment du tour de chants, bien au contraire. Beaucoup d'humanité se dégage des échanges.

Quand reviendras-tu ? que l'immense Barbara a créé en 1987 n'a pas pris une ride. Et les paroles du Chanteur malheureux de Claude François (1975) ont le potentiel pour nous tirer une larme. Miguel-Ange a raison de le souligner : les plus belles chansons d'amour chantent le désamour.
Non sans humour il voudrait nous faire croire que Non je ne regrette rien d'Edith Piaf serait la seule à être optimiste. Je dirais qu'elle exprime une capacité à la résilience.

Il faut encore avoir du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile qui danse écrivait Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra.

Pour finir, une chanson qui parle de départ, Porque te vas, immense tube chanté par Jeanette tout l'été 76, et qui était la musique du film Cria Cuervos de Carlos Saura. Tu m'oublieras disent les paroles.
Rien n'est plus faux comme l'ont démontré les applaudissements adressés aussi au pianiste Nicolas Urtreger.

Il faut espérer une présence plus régulière sur la scène en tant que chanteur. Miguel-Ange ne peut pas être partout. Il doit assurer la tournée du spectacle "Le Front Pop" de Christina Rosmini. Bientôt reprendront les répétitions de "Pasolini Musica", une création conçue et mise en scène par André Roche où il interprète le rôle de Pier Paolo Pasolini. Le spectacle devrait être joué à Paris du 19 janvier au 16 février tous les jeudis au Théâtre de Ménilmontant et ensuite au Festival d’Avignon en 2017.

Jukebox d'émotions, concert de Miguel-Ange Sarmiento
Les Rendez-vous d'Ailleurs
107 rue des Haies, 75020 Paris

dimanche 19 juin 2016

Scènes de violences conjugales


(mise à jour 6 août 2016)

Vous verrez ce spectacle à la rentrée. Il est notamment programmé à La Tempête pour un mois à partir du 11 novembre 2016 (mais il figure aussi dans la programmation de la Mousson d'été dimanche 28 août à Pont-à-Mousson). J'ai eu l'opportunité de le découvrir au Théâtre le Colombier de Bagnolet, peu de temps après sa création (à Romainville).
Rachida rencontre Liam. Annie rencontre Pascal. Rachida et Liam sont jeunes, issus d’un milieu violent et précaire. Annie et Pascal sont au milieu de leurs vies, issus respectivement de classe moyenne et bourgeoise, tous deux en voie de précarisation. Ils emménagent ensemble dans un meublé, et petit à petit, la violence conjugale va s’installer entre eux.
Le sujet est fréquemment abordé au cinéma (on se souvient du choc provoqué par Polisse), au théâtre (Gelsomina) ou en littérature (La Pudeur des sentiments par exemple).

J'ai le sentiment sur ce thème des violences conjugales tout a été dit. On sait qu'une femme meurt tous les trois jours des coups portés par un homme. On sait que ces violences peuvent toucher aussi les hommes (mais beaucoup moins). On sait aussi que dans chaque classe, de chaque école française, il y a en moyenne 2 enfants victimes d'inceste. On sait. Et pourtant rien ne change. Parce que les actes se déroulent dans la sphère de l'intime. Il sont donc recouverts en quelque sorte par une cape d'invisibilité.

Autant passer au feu rouge est sanctionné autant les infractions de type violences conjugales ne le sont pas systématiquement. Pas vu, pas pris.

Scènes de Violences Conjugales est né du désir de travailler sur ce sujet, pour y décrire la violence faite aux femmes telle qu’elle se pratique aujourd’hui dans le monde, et dont personne n'est à l'abri, dans aucun milieu social. Violences physiques, psychologiques, sexuelles, économiques, administratives, et sociales.

Ce qui a motivé Le Perdita Ensemble à travailler sur ce thème est de démontrer que ce n'est pas une fatalité. Le collectif, installé 14 rue de la convention aux Lilas (93260) est un ensemble d’acteurs, scénographes, administrateurs, diffuseurs, techniciens, musiciens réunis autour de l’écriture de Gérard Watkins, (photo ci-contre) qui en assure la direction artistique depuis 1994. 

Il est allé avec les acteurs à la rencontre de personnes impliquées dans ces souffrances pour se "remplir du sujet" diront les comédiens. A partir de 5 à 6 semaines d'improvisations, d'un travail à la fois intérieur et physique, réaliste et musical, mélangeant récits narratifs, souvenirs, et scènes vécues en direct, le Perdita Ensemble propose une réflexion à cœur ouvert sur les origines de cette violence, et sur sa méthode. Comment elle s'installe, s'insinue, se déploie, et perdure. Elle propose aussi une porte de sortie, par le travail, la parole et l’écoute de l’autre, en suivant à la trace le difficile parcours vers la libération de ses deux héroïnes.

Ils auraient pu monter un spectacle documentaire. C'est un spectacle, tout court. Militant certes, mais avant tout artistique.

J'ai assisté à une représentation dite scolaire et je peux dire que je n'ai pas entendu une mouche voler. Si la discussion qui a eu lieu ensuite était conforme aux clichés, les garçons assis d'un coté, les filles de l'autre, les échanges furent qualitatifs et respectueux.

J'ignore si le théâtre est un vecteur de message, et d'ailleurs quel message. On ne se méfie pas de quelqu'un qu'on aime. Ne dit-on pas fou d'amour ? Le noeud du problème, l'explication (car toute personne sensée veut comprendre) est que la victime est persuadée d'avoir le pouvoir de guérir son agresseur à force de patience, de compréhension etc ... alors qu'il n'y a qu'une réponse possible : partir, le quitter, laisser tomber l'affaire.

Comment mettre en oeuvre un tel projet quand on a rêvé de bâtir un foyer, d'avoir des enfants (qu'on en a le plus souvent) ? On peut s'écarter du violent que l'on croise dans la rue ou le métro, pas de celui qui partage nos jours et nos nuits, toutes nos nuits.

Mais revenons au spectacle. Quoiqu'on ait pu vivre ou subir dans le domaine des violences conjugales (ou du harcèlement dans le monde du travail, qui a beaucoup de points communs) on assiste à une vraie représentation, et une remarquable interprétation, toute en nuances, ponctuée par une musique qui est jouée sur la scène, en direct.

Les comédiens incarnent si bien leurs personnages qu'on oublie qu'on est au théâtre. Le dispositif en trifrontal induit la proximité avec les spectateurs qui se sentent très impliqués. La mise en scène est conçue en conséquence. Le spectacle est bâti en trois temps : la rencontre, l'escalade puis la thérapie. Jusqu'à permettre au public de réaliser que comprendre n'est pas pardonner.

Un dossier pédagogique a été élaboré avec l’aide d’Amandine Maraval, chargée de mission au droit des femmes à la Ville de Bagnolet, et de ses conseillères conjugales, afin de sensibiliser les jeunes dés le lycée.
Le lendemain du spectacle je lis dans la presse :
Un homme de 53 ans a été condamné lundi à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Poitiers pour avoir endommagé, à l’aide d’un pied-de-biche, le pavillon de son ex-femme à Chenevelles (Vienne), rapporte France Bleu Poitou. Son coup de rage a fait tellement de bruit qu’il a réveillé les propriétaires et les voisins qui se sont demandés "comment un homme tout seul peut réussir à détruire une maison". Il a fallu plus de trois heures aux gendarmes pour tenter de convaincre le forcené de descendre de la maison en ruine afin de l’interpeller. Cet homme avait déjà  été condamné pour des dégradations en 2011.

Scènes de violences conjugales
Texte, mise en scène et scénographie de Gérard Watkins
avec Hayet Darwich, Julie Denisse, David Gouhier, Maxime Levêque, Yuko Oshima
Musique Yuko Oshima
28 août 2016 à l'espace Pablo Picasso de Pont-à-Mousson
11 novembre au 11 décembre 2016 au Théâtre de la Tempête
7 au 11 février 2017 au Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine
10 mars 2017 à l’Espace 1789 de Saint-Ouen

Les photos qui ne sont pas logotypées A bride abattue sont de Alexandre Pupkins

samedi 18 juin 2016

Seconde édition du Paris Basque

Après un vendredi soir très festif et très rugby, le Trinquet (qui est aussi le nom d'une surface de jeu de pelote basque couverte entourée de 4 murs dont un mur de frappe) s'apprêtait tranquillement à entamer la seconde journée. Le public arrive au compte-goutte, inquiet sans doute par la météo. Pourtant le programme de cette seconde édition est plus que jamais basque et joyeux.

Le week-end sera rouge et blanc, familial, gustatif et sportif aussi. Les enfants pouvaient s'initier au jokari sans troubler la démonstration de danses basques du groupe Erregetxopitak.

L'espace est vaste. On est ailleurs tout en étant à Paris, miraculeusement calme, et coupé du monde.

C'est le moment idéal pour se croire (un peu) en vacances et déguster (avec modération) un verre inspiré du Spritz qui est en passe de supplanter le mojito. J'apprends d'ailleurs que Marc Jean, le chef barman du Normandy de Deauville a conçu un nouveau cocktail qu’il a appelé The Only Spritz Colette : variante à base d’Aperol (apéritif italien), de morceaux d’orange et, pour remplacer le Prosecco italien, de cidre Cuvée Colette du Domaine Dupont, un cidre sec pas trop sucré mais qui enlève le goût de l’amertume présent dans le Spritz classique.
Ici c'est le Lillet qui fait l'affaire, accompagné de morceaux d'orange, dans une piscine de soda et de glaçons.
Les musiciens du groupe Txaranga ont eu un succès mérité alors que les gradins se remplissaient doucement.
L'entrée de la manifestation est gratuite. Les plats concotés par les chefs se règlent en PYBA, que l'on achète sur place aux caisses jeton.
Ils étaient 13 l'an dernier. ils seront 22 ce week-ends à s'être associés à des producteurs et des vignerons pour proposer une succulente cuisine typique et authentique… à manger sur le pouce, autrement appelée Basco Street-Food.
Parmi les plats réalisés sur place, outre l'assiette de charcuteries d'Eric Ospital et de pain de Jean-Luc Poujauran, on pouvait goûter le Gâteau de pomme de terre au foie gras de canard de Jacques Faussat, qui dirige le restaurant éponyme dans le 17ème.
L'étonnant Pied de porc snacké, chutney de piment doux d’Anglet que Sabine Aguerre, installée à Pottoka (Espelette) a imaginé avec la viande de David Massonde, Bayonnaise des Viandes, Bayonne (64).
Julien Duboué du restaurant et bar à tapas A Noste (Paris 2e) a préparé une Hampe et lepoa de cochon Ibaïama sauce échalote, condiment cassis-gingembre, avec Eric Ospital, charcuterie Louis Ospital à Hasparren (64).
Gérard Lasbarrère de La Cancha (Oloron Sainte-Marie) a imaginé un Wrap de poulet fermier St Sever, poudre de brebis et condiment piquillos, qui a été littéralement plébiscité par les enfants, sans déplaire le moins du monde aux parents.
Cédric Béchade, de l’Auberge Basque (Saint-Pée-sur-Nivelle) avec Jean-Bernard Mendiboure, DIMA Marée à Saint Jean de Luz (64) a préparé une Morue braisée au cacao, girolles à l’arbequina et mousseline de pomme de terre, fleur et feuille de sauge que j'ai beaucoup aimée.
 
Son inspiration a été le terroir (la morue) et le chocolat de Bayonne, mais en cherchant à équilibrer sucré amer, amer salé, avec une sauce chocolat 70%. Le plat est à la carte du restaurant en ce moment, L'auberge basque qui s'appelait déjà ainsi avant son arrivée. 
 
Cédric a été l'un des trois chefs étoilés de Nespresso à Cannes. Chargé d'élaborer un menu en hommage à un film, il avait choisi The Artist de Michel Hazanavicius (Prix d’Interprétation masculine pour Jean Dujardin 2011).
Il m'a raconté qu'il avait déjà un plat en noir et blanc, L’oeuf et l’encornet en noir et blanc, onion rings mais qu'il a du inventer le reste du menu. Des petits pois glacés à la française pour rendre hommage à notre pays, et le Cochon, sauce barbecue, pancake au maïs grillé pour célébrer la cuisine américaine. Enfin un Cheesecake aux fruits rouges présenté de manière à rappeler le film.

Cédric Béchade est originaire du Limousin mais il partage totalement les valeurs du Pays Basque où il se sent chez lui. Ses filles apprennent le basque et lui sait compter jusqu'à vingt. Il parle volontiers de sa manière de cuisiner, par exemple la piperade qui à l'origine rassemblait les légumes du jardin, oignons, tomates, poivrons. Après la guerre on manquait d'oeuf donc on liait les légumes avec du pain et du lait, un peu comme une omelette. Il a repris cette manière de faire en ajoutant des piquillos pour la couleur jaune. A l'entendre c'est tout simple mais quand on visionne le film de la recette on réalise ce qu'il faut de technicité et on se dit qu'il sera plus "simple" d'aller la gouter à l'Auberge basque :

Son dessert signature est la tarte Amatxi (de la grand-mère) une pâte sablée marmelade Tatin, chiboust avec caillé de brebis, sorbet pomme verte et thym citron. Et puisqu'on parle de dessert, revenons au Paris-basque pour se laisser tenter par les glaces et les pâtisseries de la maison Pariès.
Ou par un café gourmand accompagné d'un macaron pamplemousse-citron, d'un crumble noisette-caramel-cacahuètes caramélisées, et d'une caroline lait d'amande-confit de cerise. Ce sont deux amis et associés, le cuisinier Patrick Canal, chef cuisinier du célèbre Café Tournon (Paris 6ème), et le pâtissier Mathieu Mandard, champion de France du Dessert 2004,  qui ont ouvert un bistrot au 30 rue de Montorgueil, à Paris, 01 40 28 44 74 tous les jours depuis le mois de mars de cette année en assurant aussi la vente de gâteaux à emporter sous le nom des Artizans.
Comme l'an dernier il y a aura tout le week-end de la musique, des danses et des initiations aux danses basquesde la pelote basque avec des championnats de France, des démonstrations et de l’initiation. Inspirée du jeu de paume, la pelote basque est un jeu ancestral du Pays Basque où les adversaires s’envoient une balle, soit en face à face, soit en frappant la balle contre un mur.
Et puis des Jeux de Force Basque qui à l'origine étaient des défis lancés par les jeunes basques qui travaillaient dans les champs, les forêts ou encore le bâtiment et qui mesuraient ainsi leur force et leur endurance. On retrouve aujourd’hui parmi les épreuves : les leveurs de pierre, ou de ballots de paille à la poulie, le fameux tir à la corde, aussi appelé Xoka-Tira, et le bûcheronnage à la scie de long, le sciage à deux, où à la hache, avec Herri Kirolari Bai (maillot vert).

Sont aussi prévus du rugby pour les enfants, des jeux du type lancer d’espadrille, et les retransmissions des demi-finales du TOP 14 de rugby et du Championnat d’Europe de football (Euro 2016) avec le match France-Suisse en direct de Lille.

Le Trinquet deviendra une sorte de fan zone plus tranquille que la Tour Eiffel.

Paris-Basque, vendredi 17 juin 2016 de 18h à 2h du matin
Samedi 18 et dimanche 19 de 9h à 2h du matin
Fronton Chiriquo de Cambo
8, Quai Saint-Exupéry, 75 016 Paris

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