vendredi 10 juin 2016

La Bohème mise en scène par Jacques Attali pour Opéra en plein air

Opéra en plein air est une initiative pour rendre l'opéra accessible et populaire tout en permettant de faire découvrir de "jeunes" voix qui seront les talents reconnus demain. Je trouverai toujours la démarche positive. Néanmoins nous sommes nombreux à espérer que les trames des prochains opéras seront plus optimistes.

Cette année c'est la Bohème de Puccini, qui sera donné du 10 juin au 17 septembre dans des lieux historiques de toute la France (voir les dates sur le site).

Jacques Attali en signe la mise en scène, et le dessinateur Enki Bilal qui les décors et les costumes. Tous deux ont rempli leur mission, à un détail près, et il n'est pas mineur : la visibilité est considérablement réduite.

Au premier rang on ne pouvait pas voir la totalité de la scène. Parce qu'on est assis trop bas. Un peu plus loin ce sont les 5-6 sièges de l'extrémité des rangs qui sont pénalisés par les dispositifs d'éclairage et de surtitrage. Entendre sans voir a déçu beaucoup de spectateurs.

Pourquoi avoir installé la chambre de Mimi en hauteur (donc toujours à vue) alors qu'elle n'est utilisée que pour une scène ? A l'inverse je n'ai découvert le café Momus que sur les photos.
Dommage car les décors sont très réussis, très colorés et les costumes également. Enki Bilal est un dessinateur de BD qui a déjà travaillé pour la scène, notamment sur le ballet Roméo et Juliette chorégraphié par Angelin Preljocaj.

La Bohème est une histoire d'amour qui finit mal. La tragédie est souvent de mise sur les scènes d'opéra qui n'en sont pas à une invraisemblance près. Par exemple faire chanter une jeune femme atteinte de tuberculose. Ou faire balayer des agents d'entretien qui ne savent pas se servir de leur outil.

Rodolfo, le poète, Marcello, artiste peintre, Schaunard, musicien, et Colline, philosophe, sont quatre artistes de la bohème, sans un sou pour assurer le loyer de leur mansarde. Par chance le musicien obtient nourriture et cigares et propose d'aller fêter leur bonne fortune au Café Momus.
De retour chez lui Rodolfo fait la connaissance de sa voisine Mimi (qui s'appelle en réalité Lucia) qui lui demande de rallumer sa chandelle. Les deux jeunes gens tombent immédiatement amoureux. Plus tard il achète à Mimi un bonnet. Apparait Musetta, autrefois maîtresse de Marcello, avec un riche et vieux conseiller d'État, Alcindoro dont elle se débarrassera pour retomber dans les bras de son ancien amant.
Au troisième acte, Rodolfo et Mimi chanteront leur amour perdu comme le feront Marcello et Musetta. Au quatrième les amants se retrouvent. Mimi est très gravement malade. Installée sur des coussins elle se consume tandis que les jeunes gens se souviennent de leur première rencontre. La mort au nez rouge rode, surveillant un sablier gigantesque (très belle idée de mise en scène). 
Les photos qui ne sont pas logotypées A bride abattue sont de Didier Doussin.

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