lundi 29 juin 2020

Concert de Zaz ... un an déjà ...

J'aurais dû publier le compte-rendu du concert de Zaz du 29 juin 2019 pour la fête de la musique il y a un an. Je partais le lendemain pour le festival d'Avignon et je n'avais alors eu que le temps de recopier ma prise de notes.

En amont du concert, il était possible de pique-niquer dans le parc grâce à la présence de food-trucks. Une belle soirée d'été ... Nous ignorions qu'il n'y aurait pas aussi beau l'année suivante.

Zaz a fait à Antony (92) une prestation qui est restée dans ma mémoire pour longtemps ... d'autant que nous allons être privés un bon moment de ce genre de soirée que je vous propose de vivre ou revivre maintenant.

En première partie, les spectateurs ont découvert Icône, un groupe local sélectionné par le Conseil des jeunes citoyens lors d'un tremplin. Ce duo pop-rock teinté d’électro, cherche à transmettre leur engagement de vivre vite, aimer fort et cultiver sa différence, à travers des textes en français avec un zeste d’anglais sur des gimmicks plutôt hypnotiques.
La crise sanitaire a retardé leurs projets. Après les premières parties d’Eiffel, de Zaz et d'Arcadian, Lazarus et Leho sortiront leur premier EP de 5 titres début 2021. D'ici là ils distillent des “covers” d’artistes qu’ils aiment sur ses réseaux sociaux. Toutes informations sur leur site.
J'avais passé la première partie avec mes collègues de Needradio, sur la structure installée pour la circonstance et que nous avons quittée pour le concert de la chanteuse dont l'équipe avait refusé la diffusion à la radio. Une chance en fait car j'ai suivi sa prestation en bord de scène dans des conditions exceptionnelles ... devant les 11 000 spectateurs du spectacle, à quelques dizaines de centimètres de la chanteuse et de ses musiciens. J'ai totalement profité de la suite de la soirée.
Zaz a une présence formidable. La scène est son élément. Elle y sautille comme un cabri, semblant ne ressentir aucune fatigue. Elle s'adresse régulièrement au public, lui dit et redit qu'elle l'aime, le fait chanter en l'encourageant, partage ses émotions sans fausse pudeur. Difficile d'être plus vraie !
La jeune femme me semblait si enthousiaste que je me suis malgré tout interrogée un moment sur sa sincérité. Il se trouve qu'étant près d'elle au moment où elle est sortie de scène je peux vous garantir que rien n'était feint. Même après deux heures de concert elle accepta avec le sourire de discuter avec des personnes venues spécialement pour la rencontrer. Elle les écouta avec attention et une authentique bienveillance.

dimanche 28 juin 2020

Les rochers noix de coco de Pascale

La recette est ultra-simple pour un résultat topissime. Retour garantie dans le pays de l'enfance .... alors ne vous privez pas de ces petits rochers à la noix de coco.

Pesez 180 grammes de noix de coco râpée et 120 grammes de sucre (ou 100 si vous n'aimez pas trop le sucre).

Mélangez du bout des doigts avec 2 blancs d'oeufs extra-frais que vous n'aurez pas battus en neige ... il convient de le préciser. Et surtout on casse TOUJOURS les oeufs séparément au cas où il y en aurait un de mauvais, croyez-en mon expérience.

Il vaut mieux choisir des petits oeufs car il ne faut pas que la pâte soit liquide. On peut toujours, si c'est le cas, ajouter noix de coco et sucre en proportions.

Ajoutez un peu d'extrait de vanille si votre sucre n'est pas parfumé. Faut-il vous rappeler que si vous laissez une gousse dans votre sucre il sera "naturellement" aromatisé ?

On forme alors les rochers, assez hauts de manière à ce que l'extérieur soit croquant et l'intérieur bien moelleux. On les dépose sur une plaque recouverte d'une feuille de papier sulfurisé.

On aura préchauffé le four à 210° soit thermostat 7

On fait cuire 5 minutes, surtout pas davantage et on attend pour les consommer qu'ils soient refroidis mais encore un peu tièdes.

Merci à Pascale de m'avoir fait découvrir cette gourmandise qui, avec celle des palmiers devient une de mes recettes fétiches.

vendredi 26 juin 2020

Julia Paris, portrait d'une jeune auteure-interprète, productrice qui Fugue en Italie

Elle est jeune, jolie, cumule les talents qui émergent au cours d’une conversation fluide ... et qui laisse ses interlocuteurs sous le charme.

Sa chanson de l’été s’appelle Fugue en Italie. Elle l’a sortie fin avril 2020 et déclinée en plusieurs langues. Comme on aimerait partir en sa compagnie ! La situation est romantique, c’est tout ce dont on a envie en ce moment.

Julia Paris semble douce, calme, paisible. Preuve qu’on peut être posée et hyperactive. Elle a l’esprit d’entreprise de ces tempéraments courageux ne voulant renoncer à aucun de leurs dons. C’est sans doute surtout aussi le résultat d’une éducation attentive, dans une famille où les enfants étaient considérés dès leur plus jeune âge comme des adultes en devenir. Rien de mieux pour acquérir l’indispensable confiance en soi qui permet ensuite d'oser tout.

Ajoutez une formation rigoureuse notamment à la Maison d'Education de la Légion d'Honneur, du Lycée Louis le Grand et à Sciences Po Saint Germain-en-Laye, endroit idéal pour apprendre à structurer sa pensée, acquérir une méthodologie de travail, et intégrer des systèmes. Cette jeune fille qui aurait pu s'investir dans une carrière classique mais son inclinaison pour l'écriture et probablement une volonté de conserver sa liberté de pensée -mais ce n'est que mon avis- l'a poussée sur la voie artistique.

Je vais bien entendu vous raconter son parcours artistique, lequel est déjà brillant, mais pour vous mettre dans l'ambiance je vous suggère d'écouter quelques notes de sa dernière chanson parce que Fugue en Italie est à la fois romantique et légère comme les belles histoires estivales. Elle distille une sorte d'insouciance et apporte la bouffée d’oxygène qui nous a tant manqué pendant le confinement. Cette chanson le fait en douceur et sans ostentation. C'est sans doute le secret qui explique l'envie de l'écouter en boucle... et de faire nous aussi notre valise sur un (petit) coup de tête.


Vous trouverez la chanson en version originale française sur toutes les plateformes de musique, You tube, Amazon, Music Apple, Deezer, Spotify, et Google Play. Des versions sous-titrées en anglais, italien, espagnol, japonais et arabe sont également disponibles sur le site de l'artiste.

A partir du 15 juillet, et toujours sur le site officiel de Julia, elle sera aussi écoutable en italien sur des paroles adaptées par Margherita Oscuro. Le tournage du clip n'aura lieu ni à Capri ni à Portofino mais dans la cour intérieure de l'Hôtel de l'Abbaye, 10 rue Cassette 75006 Paris. Vous y découvrirez Julia en robe rouge, parmi des amis, chantant accompagnée par le musicien compositeur du titre, Yacine.

L'ambiance sera radicalement différente de celle de la video qui, Covid oblige, a été réalisée en motion design durant le confinement. Néanmoins il ne faudrait pas croire qu'elle a été "bricolée", bien au contraire.  Et je peux déjà vous dire qu'elle prépare une version remixée avec une orchestration plus conséquente. 

mardi 23 juin 2020

Les Molières attribués ce soir à 7 primo-moliérisés

Beaucoup de professionnels du théâtre vont critiquer cette cérémonie des Molières qui, il est vrai, fut étrange mais, pour avoir assisté 6 ou 7 fois en direct, soit en salle parmi les invités, soit en backstage en salle de presse, j'estime qu'elle ne fut pas du tout déshonorante.

Je parle, évidemment, de l'émission qui a été diffusée et qui, dans les restrictions sanitaires que nous subissons, ne pouvait guère être meilleure. Par contre j'ai un avis plus sévère sur le fond.

Le palmarès démontre, une fois de plus, que le jury tourne en rond et ne voit pas qu'il y a beaucoup de nouveaux talents à récompenser. Sur les 19 statuettes attribuées ce soir, seulement 5 l'ont été à des artistes qui étaient pour la première fois nominés et qui reçoivent leur première statuette, voire deux d'un coup pour Elodie Menant.

Ajoutons néanmoins Béatrice Agenin, car s'il s'agit de sa 8 ème nomination c'est son premier Molière, 3 ans après La louve. Et Niels Arestrup, premier également, après 4 nominations les années passées (d'où sans doute sa surprise lorsqu'il fut appelé à monter sur scène).

Que Pauline Bureau n'ait toujours pas de récompense pour une pièce grand public relève pour moi du scandale même si elle a eu le Molière du Jeune Public pour Dormir cent ans. Entendons-nous bien : je ne dis pas que les artistes récompensés ne le méritent pas mais je dis qu'il est temps de mettre en lumière d'autres comédiens et d'autres metteurs en scène que les "grands" toujours nominés, toujours talentueux et donc systématiquement honorés.

Imaginez qu’un écrivain reçoive le prix Goncourt tous les cinq ans ! Le théâtre souffre suffisamment d’un manque de reconnaissance pour que les institutions qui président à sa destinée aient la clairvoyance d’honorer de nouveaux talents, à charge pour les "anciens" de maintenir le leur. Et l’audience serait sans doute plus forte.

On adore Alexis Michalik mais il devrait être "hors course". Christian Hecq également. Sans doute l'académie des Molières gagnerait à imaginer un autre podium pour donner un coup de chapeau à ceux qui enchainent succès sur succès. Ajoutez le fait que les votants vont très peu au théâtre (j'insiste, et je persiste) et vous aurez l'explication à ce phénomène. Ils votent pour leurs copains même s'ils ne sont pas allés les voir ... puisqu'ils sont eux-mêmes sur un plateau au même moment, ... la belle excuse.

Revenons à la cérémonie. C’est donc Niels Arestrup qui, en quelque sorte ouvre le bal. En recevant le premier la première distinction, le Molière du comédien de théâtre privé, il est aussi à ce titre le premier à prendre la parole. Rouge sera sans doute un de mes plus beaux souvenirs de théâtre dira-t-il. Il remercie avec délicatesse les personnes les plus impliquées dans ce spectacle en les désignant par leur prénom, ce qui est inhabituel. Ses paroles sont élégantes : Je rêve à ce qu’ait lieu un jour une fête du théâtre, sans compétition, sans hiérarchie, sans rendement.

J'ai envie de l'applaudir depuis mon fauteuil en imaginant qu'il partage mon point de vue. Sa petite phrase semble insignifiante et pourtant comme il a raison car même si on se réjouit pour lui, comme on se réjouira plus tard pour Christine Murillo et pour Dominique Blanc

Marie-Sophie Lacarrau, laquelle fait office de présentatrice et de présidente, le pousse par l’épaule pour le passage en "loge rapide". On comprendra que ce dispositif, avec le surgissement de la statuette depuis le dessous de scène, a été imaginé pour pallier les craintes provoquées par la crise sanitaire du Coronavirus. En tout cas cette mini-interview, en voix off, fait penser à celles de "la boîte" de Canal+. C’est un moment d’intimité que le téléspectateur est invité à partager avec le lauréat. Niels rappelle que la fiction imaginée entre Mark Rothko et son assistant porte le titre de rouge qui était la couleur préférée du peintre, une couleur obsessionnelle qui lui ramenait un peu d’énergie, (mais qui -je le précise- ne le sauva pas pour autant puisqu'il se donna la mort).

Le palmarès va continuer sans remettant cette année. Avec, on peut le craindre, moins de spontanéité, une émotion plus contenue, moins palpable. La tension est effacée dans la salle. On sait d’avance que personne ne la quittera poing levé en signe de protestation.

dimanche 21 juin 2020

De l'amour, exposition prolongée jusqu'au 27 septembre au Palais de la découverte

Quel sujet plus universel que l’amour ?

Moteur tout-puissant de tant d’histoires et pourtant mystérieux, l'amour semble particulièrement difficile à cerner. Et pourtant le Palais de la découverte se risque à en donner une définition rigoureuse aux visiteurs de l'exposition De l'amour.

Programmée jusqu'au 30 août elle est prolongée jusqu'au 27 septembre, et questionne cet énigmatique sentiment en s'appuyant sur des travaux scientifiques et artistiques.

L'établissement propose d'y répondre en proposant des expériences dans deux espaces. D'abord la galerie des attachements où l'on trouve une définition assez juste me semble-t-il de l'amour : ce serait la fusion instable de sentiments d'amitié, de désir et de passion.

Là où le français n'utilise que le terme "amour", le grec utilise quatre mots : érōs, le désir, la passion charnelle ; storgê, l’amour familial ; agapē, l’amour désintéressé et philía, l’amitié, le lien social. Derrière la simplicité de ces définitions se cache donc un concept qui ne se résume ni au sexe, ni à la camaraderie, ni à l’amitié, ni à la générosité. D'où le choix d'une approche par quatre entrées afin de percer un peu plus ce mystère et de découvrir les dernières recherches scientifiques (les sciences affectives) sur l'amour.

Plusieurs personnalités donnent leur point de vue. Celui du neuropsychiatre Boris Cyrulnik, célèbre notamment pour avoir formalisé les conditions de la résilience insiste sur le fait que s'il y a bien entendu du plaisir à être aimé et à aimer il y a aussi de la sécurité. Voilà sans doute pourquoi une relation est dite toxique dès lors que la sécurité en est absente.

jeudi 18 juin 2020

Réouverture des Jardins d'Albert Kahn

Les Jardins Albert Kahn rouvrent, après le confinement, et d’importants travaux qui d’ailleurs ne permettent pour le moment que l’accès aux jardins. C’est une chance car nous avons tous souffert d’être enfermés avec l'impression de manquer d’oxygène.

Il y a cependant, et on ignore pour combien de temps, une petite contrainte car il faut réserver en amont, de manière à contrôler les flux de personnes. A titre indicatif, je peux dire qu’il y a eu tout de suite 1000 demandes de visites pour les premiers jours.

Mais ça vaut le coup à plus d'un titre. Outre la bouffée d'air pur, on découvre les différents espaces dans ce qu'ils ont de plus sauvage. Les photos en témoignent et je vous invite à cliquer sur la première pour les voir ensuite défiler en grand format. J’aime bien le côté sauvage de cet espace. Mais j’imagine que la direction des jardins ne souhaite pas le montrer longtemps ainsi. Alors hâtez-vous !

Les feuilles mortes jonchent encore les allées. Elles n’ont pas été ramassées partout. L’entretien a sans doute été sommaire. Les jardiniers ont manifestement été peu présents parce que j'ai remarqué beaucoup d'herbes folles. Ils étaient très actifs ce matin, désherbant à tour de bras, taillant les espaliers, faisant ce qu'ils estimantes être une beauté alors que les jardins sont, de mon point de vue, plus intéressants dans leur vitalité post-confinement, avec des imperfections qui témoignent de naturel.

Bien sûr la visite suit impérativement un sens unique obligatoire, sans retour en arrière. On ne peut pas flâner au fil des parcs en se laissant guider par ses envies. On reste à prudente distance les uns des autres et on sait que le temps nous est compté. Une heure, pas davantage, mais c'est suffisant.

Est-ce l’obligation de suivre un circuit impératif qui n'aurait peut-être pas été le mien s'il avait pu être spontané, ou bien ai-je un souvenir trop ancien, toujours est-il que je n’avais pas la mémoire exacte de cette configuration. Je le croyais plus grand. Cette perception est peut-être aussi consécutive à l’angle de vue qui nous est imposé sur les différents jardins.

Lorsqu’il devient propriétaire de l’hôtel particulier en 1895, Albert Kahn se consacra à sa passion pour l’art du jardin, dans cet écrin aménagé en 1894, par le paysagiste Eugène Deny. Il constituera jusqu’en 1910, le terrain de l'espace actuel en achetant progressivement une vingtaine de parcelles, rassemblées sur près de quatre hectares. Cette démarche conduit à la création d’un genre de jardin bien particulier siècle précédent, le jardin dit "de scènes".
Par exemple le "japonisme" dans le jardin japonais par lequel nous commençons. Les arbustes arborent la taille en nuages caractéristique du genre. On remarque les immenses bambous qui ploient au moindre souffle. Quelques allées condamnées contraignent nos pas jusqu'au pont de bois rouge vif. Le Département des Hauts-de-Seine s’est engagé depuis de nombreuses années dans la restauration et la conservation du patrimoine du jardin du musée. Les deux maisons japonaises, importées en France à la fin du XIXe siècle, ont ainsi été rénovées en 2015-2016, grâce au travail de Maîtres charpentiers japonais spécialisés dans la restauration de bâtiments patrimoniaux. Mais elles ne sont admirables qu'à bonne distance pour le moment.
Les carpes doivent être très âgées. L'eau bruisse entre les roches et les poissons, énormes, se faufilent entre les nénuphars, lesquels déploieront leurs corolles, explosant de couleurs, quand le soleil sera au zénith.

mercredi 17 juin 2020

Mickey and the bear

Le film Mickey and the bear devait être programmé dans plus 80 salles à partir du 12 février 2020. Il sera de nouveau à l'affiche dès que les conditions sanitaires le permettront.

Wayna pitch (qui avait l'an dernier distribué le si touchant film 303), et les exploitants avec qui il collabore se mobilisent pour que le film puisse continuer sa vie au cinéma. Alors surveillez le #oniratousaucinema

En attendant j'ai pu le visionner en quelque sorte en avant-première, depuis chez moi grâce à un code spécial. Je peux donc vous en parler sans attendre.

Mickey est en dernière année de lycée. Elle vit dans une caravane avec son père, ex-marine revenu traumatisé de la guerre, désormais alcoolique et toxico. la jeune fille se sent obligée de prendre soin de lui. Elle a un petit ami, Aron, avec qui tout ne se passe pas très bien et l'arrivée de Wyatt au lycée pourrait lui faire remettre sa vie en cause, et sa promesse de ne jamais quitter son père.

L'histoire se déroule dans le Montana, une région où la beauté de la nature a inspiré une douzaine de grands auteurs de la littérature américaine. Si quelques scènes sont tournées en extérieur, dans un cadre montagnard, il semblerait que la réalisatrice, Annabelle Attanasio, ait pris le contrepied du schéma. Elle montre essentiellement des animaux morts, conservés avec l'apparence de la vie, dans l'atelier de taxidermie où la jeune fille se rend régulièrement.
Il faut sans doute y voir une métaphore de la fossilisation dans laquelle se fige le village. Rien ne semble avoir évolué, ni le mode de vie, ni les absurdes concours (à qui engloutira le plus de nourriture), ni la vie de famille, réduite à sa plus simple expression depuis que plusieurs membres ne sont pas revenus de la guerre.

Malgré une vie faite de deuil (la jeune fille a perdu sa mère d'un cancer fulgurant) et de difficultés financières car l'argent disponible est absorbé par les addictions de son père, Mickey réussit à irradier au sein de la communauté où on remarque qu'elle est appréciée, pour sa beauté, son courage, sa détermination.

lundi 15 juin 2020

Et si les plantes étaient équivalentes à des NAC ?

Vous avez probablement entendu parler des NAC.

L'expression a été créée en 1984 par un vétérinaire lyonnais face au nombre croissant de soins médicaux et chirurgicaux que la profession vétérinaire devait apporter à ces Nouveaux Animaux de Compagnie.

Le terme désigne des espèces autres que le chien et le chat, tous détenus par l'homme comme animaux d'agrément. J'en donne une liste indicative à la fin de ce billet pour ceux qui ne connaitraient pas mais surtout pas pour encourager quiconque à en adopter.

Je suis loin de trouver cela très intelligent. Ces animaux ne devraient pas être sortis de leur biotope naturel. Les risques de maladie, pour eux, comme pour les humains, sont accrus. En ce qui concerne les oiseaux, l'une des zoonoses les plus redoutées a été la grippe aviaire en 2008 et je ne reviendrai pas sur la pandémie de Covid, même s'il ne s'agissait pas à proprement parler d'un NAC.

Les NAC peuvent parfois être lâchés ou s'évader dans la nature, et former des populations vivant partiellement ou totalement à l'état sauvage, c'est ce que l'on appelle le marronnage. S'ils appartiennent à des espèces susceptibles de devenir invasives ils peuvent dans ce cas nuire à la faune locale.

C'est le cas de la tortue de Floride, importée massivement en Europe par les animaleries à la fin du xxe siècle, et qui a été relâchée en grand nombre dans la nature, par des propriétaires incapables de s'occuper de leur petite tortue devenue grande. Elle a réussi à s'acclimater et elle prend peu à peu la place de la tortue indigène, la Cistude.

J'ai eu envie de faire un parallèle entre animaux et plantes parce que, pendant le confinement, et probablement du fait de la restriction des contacts sociaux, et sans doute parce que précisément je n'ai ni chien, ni chat, ni NAC, j'ai constaté que je développais une forme d'attachement à des plantes comme je ne l'avais jamais fait auparavant.

A les regarder plusieurs fois par jour, on remarque des changements infinitésimaux et j'avoue que leur présence m'est devenue indispensable.

Ne souhaitant pas transformer mon appartement en jardinerie (j'en connais qui l'ont presque fait ...) je me suis tournée vers des plantes à développement lent et nécessitant paradoxalement peu d'attention, ... au cas où je pourrais de nouveau ressortir. Il serait impensable de ne pas être responsable de leur bien-être une fois l'épidémie terminée.
Je me suis ainsi passionnée pour les succulentes,  sans avoir l'intention de les collectionner. Certaines sont une allure vraiment inhabituelle d'où ce terme de NAC que je leur ai attribué. NAC aussi comme Nouvelles Ames de Compagnie.

On les appelle succulente, non pas parce qu'elles sont bonnes à déguster mais parce qu'elles sont "pleines de suc". Elles sont capables de stocker l’eau, dans leurs feuilles charnues, et de la transformer en un suc mucilagineux qui leur permet de subsister dans des conditions d’aridité extrêmes. Leur besoin en eau est donc limité, ce qui est idéal en cas d'absence. Beaucoup d’entre elles sont couvertes d’un duvet ou d’une formation cireuse freinant l’évaporation.

Elles ne constituent pas une famille botanique spécifique et appartiennent à des familles très différentes les unes des autres, incluant par exemple les agavacées, les crassulacées, les cactacées, mais aussi les cucurbitacées ou les campanulacées. On en compte au moins trois cents espèces, et pour la plupart au nom imprononçable, comme les haworthias.

Les plus habituelles sont le Sanseveria (que je ne trouve pas très élégant) et le kalanchoé. Il y a aussi les aloés, les euphorbes, les echeverias, les crassulas, les joubarbes et les sedums ... le pluriel est de circonstance car chacun se décline de diverses manières.

J'ignore le nom des miennes. Elles proviennent des balcons d'amis qui me les ont données, comme on le ferait d'une portée de chatons.

Moi qui ai prétendu n'avoir pas la main verte, je me surprend à les voir prospérer significativement comme en témoignent les photos prises à une semaine d'intervalle. Je gratouille la terre par l'aérer. Je leur donne quelques gouttes d'eau à la pipette, pas davantage. J'ai pilonné de la coquille d'oeuf pour leur servir d'engrais. Je les déplace plusieurs fois par jour pour qu'elles bénéficient du maximum d'ensoleillement (leur regroupement sur un plateau est pratique). Je note le développement de leur duvet. Je scrute l'apparition d'une nouvelle pousse. Je mesure leur croissance.

Je ne suis pas folle, pas encore. Je ne leur parle pas mais je m'inquiète de leur bien-être plusieurs fois par jour. Bref, je m'y suis attachée bien plus que je ne le pensais.

Et puis elles m'évoquent le Mexique où vit ma fille, sans possibilité de retour pour le moment. mes NAC sont fantastiques. Voilà pourquoi j'ai placé parmi elles un alebrije qui a été sculpté dans le copal dans la région de Oaxaca, dans le village où ces authentiques statuettes de bois ont vu le jour en 1936.

La légende raconte qu'un certain Pedro Linares Lopez, au bord de la mort, a rêvé d’un bois dans lequel il vit ces créatures qui l’ont accompagné dans son retour à la conscience. Certains de ces monstres criaient "Alebrijes, Alebrijes" et c’est ainsi qu’il a décidé de nommer ses créations, représentant des animaux sauvages et domestiques, et des créatures fantastiques, généralement constitués d’éléments hybrides et imaginaires.
*  *  *
Sont par exemple considérés comme NAC le furet, le lapin, des oiseaux (de cage, de volière et de basse-cour), des petits rongeurs, des poissons d'aquarium et de bassin, des "reptiles" (lézards, serpents et tortues), des amphibiens, des arthropodes (insectes, crustacés, araignées…), des grands mammifères domestiques souvent considérés à l'origine comme des animaux de rente (équins, porc, lama, chèvre…) voire des animaux sauvages pas forcément adaptés à la vie domestique, tels que des crocodiliens, des fennecs, des serpents constricteurs géants, des rapaces, des grands félins ou des singes.

samedi 13 juin 2020

Lettres d'amour de 0 à 10 de Suzie Morgenstern et Thomas Baas

J'avais remarqué cette bande dessinée à la rentrée de septembre dernier mais je voulais, avant de m'y plonger, d'abord relire la version originale de ces Lettres d'amour de 0 à 10 telle que Suzie Morgenstern les avaient écrites en 1996.

Ce fut à l'époque un énorme succès, et l'ouvrage fut couronné de multiples récompenses.

Je n'aurais pas pensé qu'il soit adaptable en bande dessinée. Mais je ne suis pas bédéiste et je n'ai pas le talent de Thomas Baas dont les coups de crayon m'ont fait penser à Sempé.
Ernest a 10 ans. Sa mère est morte le jour de sa naissance et son père a disparu. Sa vie avec sa grand-mère, prénommée Précieuse, n'a rien de très exaltant : école, goûter, devoirs et soupe. Sa seule distraction est d'essayer de déchiffrer une mystérieuse lettre que son grand-père a envoyée du Front pendant la guerre.
La transposition est parfaite. J'ai relu le livre, puis la BD et je ne lui trouve aucun défaut, ni dans la trame narrative, car l'essentiel y est, et les dialogues sont d'une grande justesse, ni dans le casting des personnages.

Suzie Morgenstern n'avait pas voulu intervenir dans le travail de Thomas et comme elle a eu raison. On ignore si les deux (petites) exigences qu'elle a eues en amont étaient bien utiles à formuler mais sachez, pour l'anecdote, que Suzie tenait à ce que la grand-mère soit belle et que le bébé figure sur la couverture.

Ses voeux ont été comblés. Il y a bien entendu des lettres à l'intérieur de l'album, et c'est en utilisant des techniques de cinéma que l'auteur est parvenu à les inclure dans son chemin de fer.

Quand Suzie fait remarquer avec tant de justesse qu'on ne pose pas de question si on ne veut pas savoir la réponse (p. 28) Thomas donne toutes les réponses (p. 16-17).

De la même façon Suzie brosse d'Ernest le portrait d'un garçon de bonne volonté et de convictions, qui ne laisse pas tomber un autre être humain dans le besoin (p. 31) et Thomas le démontre en images (P. 18-19). Et ainsi de suite avec fluidité.

Suzie Morgenstern met admirablement en mots, et Thomas en images, le concept de résilience. Ernest, privé de parents depuis toujours, va découvrir la vie de famille et le modernisme, à commencer par l'ascenseur est le téléphone. La pétulante Victoire le poussera dans le grand bain de la vie où il apprendra à nager avant d'y entrainer sa grand-mère dont on assiste à une sorte de renaissance.

Que la réussite de la BD ne vous dispense néanmoins pas de lire (ou relire) le livre. Il contient de jolies pensées philosophiques. J'invite les parents à le partager avec leurs enfants et à en discuter. Par exemple de cette "petite" définition du sentiment (p. 61) : Aimer ce n'est pas toujours approuver.

Bien entendu, malgré son intelligence, le format de la bande dessinée n'est pas exhaustif et je vous incite à lire la recette du couscous, rédigée par Ernest (p. 78).

Il faut aider les enfants à effacer de leur lexique le mot "jamais" pour le remplacer par "première fois".

Lettres d'amour de 0 à 10 de Suzie Morgenstern et Thomas Baas, Rue de Sèvres, en librairie depuis le 23 octobre 2019

vendredi 12 juin 2020

Les perles du Japon saveur coco banane de Cyril Lignac

C'est l'avant-dernière recette de la série Tous en cuisine de Cyril Lignac et les fidèles de l'émission ont pu la réaliser hier en la suivant en direct.

On peut bien sûr la faire avec du tapioca mais les perles du Japon offrent un meilleur résultat en terme de texture parce qu'elles sont plus grosses. Pensez, s'il vous en reste (avant de les mélanger au lait) de les ajouter dans un potage ou un bouillon comme le faisaient nos grand-mères qui en avaient bien compris l'intérêt.

Et puis on pensera au Mexique où elles sont très employées dans les desserts. Comme d'habitude je donne les proportions à la fin du billet.

On verse les perles dans une casserole d’eau bouillante et  on les laisse cuire 8 minutes, et on les refroidit sous l’eau froide. Dans l'émission Cyril annonce un temps de cuisson de 5 minutes. je vous conseille de suivre les instructions qui figurent sur votre paquet. Le mien préconisait 8 minutes.
On fait chauffer dans une casserole à feu doux le lait de coco avec le sucre et la vanille jusqu’à ce que cela réduise légèrement (je n'ai pas assisté à la moindre réduction mais cela n'a en rien nuit au goût du dessert ...). Il faudrait arrêter la cuisson au moment où le mélange devient nappant et garder le liquide de côté dans un bol au-dessus de glaçons pour le faire refroidir.

N'ayant pas le sucre de canne recommandé par le cuisinier j'ai Prs du sucre de betterave (en diminuant la proportion d moitié d'ailleurs) et j'ai renforcé le goût en ajoutant un peu de cannelle.

Vient alors l'étape un tout petit peu délicate car les perles auront eu tendance à "masser" en refroidissant si vous ne les avez pas égrenées précédemment. Il s'agit de les incorporer au lait de coco vanillé, d'ajouter la banane coupée en petits dés (ou écrasée).

On présente dans un ramequin ou un verre à pied. On ajoute quelques fruits rouges et on zeste un citron vert à la Microplane dessus.

mercredi 10 juin 2020

Assister à un festival de cinéma virtuel et être limitée au show-case de Barbara Carlotti

Champs-Élysées Film Festival était présenté comme "le rendez-vous incontournable du cinéma indépendant français et américain".

L'édition 2020, déjà la neuvième, avait courageusement choisi de s’adapter à la crise sanitaire et annonçait carrément, dans un esprit solidaire et pour la première fois de son histoire, une "réinvention" en se tenant 100% en ligne, depuis leur site, et en accès libre dans toute la France, du 9 au 16 juin !

La promesse de compétitions longs et courts métrages françaises et américaines accessibles gratuitement et l'annonce d’autres surprises à venir était alléchante. Surtout pour quelqu'un comme moi qui, fan de cinéma, allait pouvoir, encore plus confortablement que d'habitude pouvoir suivre un festival en restant "at home".

J'ai l'habitude de recevoir un code ou un lien spécial pour visionner des films en avant-première, alors la méthode ne me déroutait pas le moins du monde.

Tout commença hier soir pour le mieux lorsque je me suis connectée pour écouter le mini concert de Barbara Carlotti qui, en quelque sorte, ouvrait le bal. Elle a donné le ton avec l'élégance qui la caractérise et s'est révélée "Magnétique" tout comme son dernier album.

Elle l'a fait en toute légitimité d'une part parce qu'elle a le chic d'écrire ses chansons comme des plans séquences. Egalement parce que son court-métrage de comédie musicale Quatorze ans, qu'elle a écrit et réalisé, était programmé dans le festival. Je ne l'ai pas trouvé dans la liste des courts, ni dans celle des longs-métrages d'ailleurs... mais je suis heureuse de partager avec vous la bande-annonce à la fin de ce billet.

Contrairement à beaucoup de prestations qui ont eu lieu pendant le confinement et retransmises par voie numérique (et même télévisuelle) le son était excellent. On percevait nettement la joie qu'elle partageait, après deux mois et demi sans avoir vu ses musiciens, à être avec eux "parmi nous" ce premier soir, depuis sa cuisine, et j'espère qu'elle nous a entendu de loin applaudir, pile à ce moment où elle disait combien c'était "bizarre un concert sans applause".

Elle nous a gratifié de 6 chansons, pour une demi-heure de bonheur partagé.

1- J'ai toujours aimé danser sur les chemins de traverse nous rappelle Barbara dont on retrouve d'emblée le timbre particulier de sa voix. Il était logique qu'elle commence avec Voir les étoiles tomber (piste 1 de l'album Magnétique, 2018

2- Elle enchaine avec le titre de la deuxième piste Radio mentale sentimentale en version de déconfinement qu'elle juge "équestre". Les paroles ont du sens dans le contexte si particulier de la soirée : je ne suis pas folle (...) je capte les ondes invisibles.

Bientôt les musiciens vont poursuivre la cavalcade à coups de frappés de tambours et de frottement de cordes.

3- Avec Le mensonge, piste 3, elle semble hésiter mais estime qu'elle est, elle aussi, d'actualité. De fait, on a le sentiment que les paroles ont été écrites hier, et pourtant non. Sous la menace, tu cherches l'oubli ... Il faut partir d'ici ... to-morrow répète-t-elle, alors qu'on sait que nous sommes bouclés encore pour un bon moment.

4- 14 ans est un hommage à la musique des eighties et la chanteuse nous avoue avoir beaucoup dansé toute seule pendant le confinement. A savoir : l'album de la bande originale du film comporte une dizaine de titres.

Elle dit avoir bcp dansé toute seule pendant le confinement.

5- Mon Dieu Mon Amour (Album L'amour, L'argent, Le Vent, 2012) résonne elle aussi avec pertinence car ce soir aussi il fait très chaud.
J'ai cru oublier ce moment précis où mes doigts se posaient sur le piano (...)
Mon dieu mon amour cette mélodie aujourd'hui encore il fait beau
Se peut-il seulement que l'on oublie ces jours où l'on existait trop
Comment peut-on exister trop

Barbara marque la pause un instant pour souhaiter courage à tous, à tous ceux qui sont dans la culture.

6- Pour terminer, puisqu'il le faut bien, elle a choisi un titre de son premier album, Chansons (2005) qui témoigne de son sens de l'humour car il nous raconte un autre festival de cinéma, Cannes.

Sur la croisette Nicole Croisille lance un grand rire de pacotille
Que de belles filles, quinze jours à Cannes, tout est possible (...)
Tu toises la foule et tu souris, quelle belle démarche
Tu viens de monter les grandes marches
Quinze jours à Cannes, tout est possible

Barbara Carlotti a évidemment eu le tact de ne pas commenter les paroles. Elle s'emparera simplement d'un masque de tigre en affirmant sa volonté de le chevaucher encore et de faire beaucoup d'autres concerts ... encore !

La soirée commençait excellemment et j'ai patienté sagement jusqu'au lancement du film d'ouverture. Zut alors j’ai eu ce message à 20 h 30 alors que je patientais depuis 30 minutes :
Resource Limit Is Reached
The website is temporarily unable to service your request as it exceeded resource limit.
Please try again later.
J'étais déçue d'avoir bloqué ma soirée un peu inutilement (malgré le bon moment passé avec Barbara). Il était trop tard pour me positionner sur un autre Zoom ou Skype et je n'avais pas prévu le coup en ayant préparé un DVD. Pas de cinéma ce soir donc.

J'ai réitéré le lendemain avec le même insuccès.

J'ai arrêté de tenter les autres films en compétition. J'avais pressenti que ce serait la même chose et je n'allais pas bloquer mes soirées pour rien. Je trouvais l’idée d'un festival numérique plutôt bonne mais finalement … non.
Je me suis malgré tout astreinte à me reporter sur les courts-métrages en présumant qu'ils attireraient (hélas pour eux d'ailleurs) moins d'internautes. Ce fut une autre déception car les images n'apparaissaient pas en grand écran. la faute parait-il à mon navigateur web, comme pour d'autres manifestations du même ordre où on me dit que c'est à cause de l'usage de l'Ipad qui ne permet pas etc ... Bref, le numérique c'es comme une voiture, parfait quand ça marche, une plaie quand ça vous lâche. Le voyage s'arrêtera là.

La direction du Champs-Élysées Film Festival aura beau jeu de clamer sur son site web sa volonté affirmée de ne pas priver les festivaliers du meilleur du cinéma indépendant français et américain, et de continuer à mettre en lumière la jeune création qui a plus que jamais besoin d’être soutenue.

Je retournerai dans les festivals quand ils seront de nouveau véritablement accessibles. Et voici comme annoncé plus haut :

mardi 9 juin 2020

Wegferend lance un premier EP, En Autremonde - Chapitre Premier

C'est à un ami vivant dans le sud-ouest que je dois la découverte du premier EP de Wegferend. Il avait juste prévenu que j'aimerais et il ne s'est pas trompé.le premier morceau, 

Je savais que le groupe se produisait dans sa région et j'ai donc été surprise de reconnaitre des accents typiquement celtiques.

Le groupe est un trio composé d'Alexia Cazaméa, de Manon Cazaméa, et de Thomas Boissier.

Alexia est la chanteuse principale du groupe, la flûte étant son instrument secondaire, Manon est guitariste, et Thomas percussionniste, flutiste et joue également de la mandoline, qui est l'instrument fétiche de Féloche. Tous les trois chantent sur cet EP.

Il a été enregistré et mixé par Serge Faubert avec l'aide de Mathis Delepierre, qui suit également le groupe lors des concerts.

Tous les morceaux sont des compositions originales. Le premier, Nothing but the Rain, est uniquement acoustique. Les trois autres, Celia, Padmasambhava et L'Ost est en Marche sont des créations originales et les textes ont été écrits par Alexia.

Leur musique est narrative. On imagine des aventures nées dans des temps anciens et nourries de légendes.

J'ai parfois pensé à Loreena McKennitt, cette magnifique auteure-compositrice-interprète, chanteuse, harpiste, accordéoniste et pianiste canadienne, originaire d'une famille d’origines irlandaise et écossaise, et qui a si bien su s'emparer du patrimoine celtique. Vous comprendrez combien la référence est élogieuse.

Le timbre d'un bol tibétain évoque parfois un tout autre territoire, celui de l'Inde et la résonance du tambour shamanique nous emmène plus loin encore. La voix de la chanteuse prend alors des accents de mantra.

Entre folk et tradition, le voyage se déroule de l'ouest vers l'est au travers de morceaux de plus en plus longs, à la lisière entre rêve et réalité.

On espère bien entendu que d'autres chapitres s'ajouteront bientôt à celui-ci. En attendant, vous pouvez acquérir celui-ci en suivant ce lien.

En Autremonde - Chapitre Premier, premier EP de Wegferend, disponible depuis le 18 octobre 2019

lundi 8 juin 2020

La moussaka de Cyril Lignac

Quelle chance nous avons eue, malgré le confinement, de pouvoir suivre les recettes que Cyril Lignac réalisaient en direct sur M6. La moussaka fut l'une d'elles et j'ai découvert combien elle pouvait être simple à réussir.

Certes elle est un peu longue à préparer, mais la méthode permet de gagner du temps sur la cuisson dans le four et comme on peut en faire un très grand plat on a de quoi se régaler sur plusieurs jours. 

Cyril l'a faite avec de la viande d'agneau mais on peut aussi bien prendre du boeuf (personnellement pour que ce soit plus moelleux je mélange viande hachée et chair à saucisses et je vous garantis que personne, absolument personne ne s'en rend compte). On pourrait aussi préférer le veau ou oser le canard. La photo ne témoigne pas de l'excellence du plat mais c'est un régal et je comprends que le chef le présente comme son "Parmentier estival".

Je donne les proportions en fin d'article.

On commence par verser un trait d’huile d’olive dans une cocotte bien chaude et on fait revenir les oignons. On ajoute ensuite ail et thym (je ne peux résister à une ou deux feuille de laurier, question de goût).

Après avoir un peu baissé le feu on saupoudre de cumin que l'on va ainsi torréfier, puis la viande qui aura été comme égrenée pour éviter qu'elle ne s'agglutine en gros morceaux sous l'effet de la chaleur. Cyril ajoute du piment d'Espelette mais je préfère mes piments mexicains que je dose maintenant parfaitement avec le moulin spécial Microplane. Et bien sûr on sale.

On met ensuite les cubes de tomates fraiches, puis le coulis de tomates.

On prépare les aubergines pendant que le mélange mijote. La première est coupée en petits dés à partir des demi-tranches obtenues en ayant coupé le légume en deux dans le sens de la largeur. On les ajoute dans la cocotte.

La seconde sera pelée. Je ne jette pas la peau. Je la coupe en petits morceaux et l'ajoute à la préparation. Elle fondra avec le reste, mais donnera du goût. Une fois pelée, cette aubergine sera tranchée dans la longueur pour obtenir des sortes de lasagnes de 5 millimètres d'épaisseur qui seront rôties des deux côtés à la poêle avec un peu d'huile.

Le four sera préchauffé à 240° en fonction grill. On tapissera le fond d'un plat à gratin rectangulaire d'une couche de ces tranches d'aubergine. On versera ensuite toute la préparation et on disposera une nouvelle couche d'aubergine. Restera à saupoudrer de parmesan râpé (ou au pire, d'emmenthal râpé et ce ne sera pas un drame).

On gratinera pendant 5-6 minutes.
Ingrédients :

● 1kg d’épaule d’agneau hachée (on peut prendre boeuf ou veau)
● 400g de tomates fraiches coupées en dés
● 1 oignon épluché
● 1 gousse d’ail épluchée
● 1 branche de thym (on peut remplacer par du romarin ou du basilic) et 2 feuilles de laurier
● 2 aubergines lavées
● 10g de cumin en poudre
● 100g de parmesan râpé (ou gruyère ou fromage de chèvre)
● huile d’olive
● sel fin et poivre du moulin
● 200 g de coulis de tomates

dimanche 7 juin 2020

Dans quel monde vit-on ? de Clémentine du Pontavice

Clémentine du Pontavice est une artiste engagée et engageante, que j'ai rencontrée il y a presque un an et dont j'ai eu le plaisir de découvrir trois petits opuscules dans la collection Moucheron, récemment créée à l'Ecole des loisirs, pour des enfants très jeunes lecteurs, de 5-6 ans, à ceci près que les livres de cette auteure peuvent être appréciés même par des non-lecteurs de 3-4 ans.

Parce que, s'ils sont minces par leur taille, ces trois ouvrages sont grands par le sens.

Elle a choisi l'alternance de l'écriture bâton, manuscrite, et script avec de petits dessins inclus volontairement dans le texte pour que les "petits lecteurs" puissent se repérer.

L'auteure associe volontiers l'écriture avec l'illustration, dans tout ce qu'elle créé, comme en témoigne la trace qu'elle a laissée dans le studio de Needradio où elle est venue pour enregistrer mon émission Entre Voix d'une heure. Il vous suffira de cliquer sur l'image pour en écouter le podcast.

Clémentine du Pontavice pose des questions, à nous de trouver la ou les réponse(s). Voilà pourquoi, à la fin de chacun, deux pages restent blanches où l’enfant peut répondre à la question qui est posée.

En fait plus qu’une interrogation c’est un appel à réponses. Les stéréotypes de genre l'animent depuis qu'elle est petite. Car elle pense faire partie d'une génération où le féminisme n'a pas été facile, comparativement aux jeunes femmes actuelles, et elle a ressenti fortement certaines injustices. Elle estime qu'il reste encore beaucoup de travail à faire.

C'est donc "naturellement" que le premier ouvrage de la trilogie s'intitule Truc de fille ou de garçon ? un titre qui ne doit pas être entendu comme une opposition homme/femme mais comme une question d'individualité. Le monde irait mieux si tout le monde pouvait s’accepter et vivre ce qu’il est. L’individu est multiple. On n’est pas assez encouragé à vivre comme ça, souligne-t-elle.

Les parents ont un rôle à jouer à travers l'éducation et lire ses ouvrages à ses enfants est un bon point de départ pour discuter de ces sujets-là, l’égalité Homme-Femme, et la reconnaissance de l’altérité (la différence) étant deux axes tout à fait complémentaires.

Dans Seul(s) au monde ? elle pointe, comme une base-line, le refrain de Brassens car être différent ne signifie pas faire du mal à quelqu'un. On notera que la présence du ? est optimiste. Les enfants différents ne sont pas uniques. L'auteure s'inspire parfois de ses propres enfants, toujours de ceux qui gravitent dans son entourage. Elle adore parler avec les enfants et va souvent dans les écoles.

Elle est sensible à la question de la couleur de la peau. Un enfant à la peau noir et dont les parents sont clairs (elle dit "rose" quand on l'interroge à ce propos) a encore du mal à se faire accepter; un enfant "différent" sera perçu comme bizarre. Toute fêlure lui est a priori sympathique. Etre zèbre est une particularité difficile à vivre, y compris au sein de sa propre famille. En France, on aime mettre dans les cases alors que l'individu est multiple.

Le cerveau de Clémentine ne fonctionne pas selon ces codes là. Elle aime travailler sur des projets différents. Cela la nourrit et lui redonne de l’énergie. Ce ne fut pas toujours le cas, mais elle assume aujourd'hui une démarche artistique autodidacte, qui passe par de multiples recherches.

Elle essaie, se trompe, recommence, refait, c'est sa manière de fonctionner, on pourrait dire sa facture. Je vous suggère de visionner le petit film expliquant sur son site sa façon de travailler lorsqu'elle se lance dans la réalisation de portraits sur mesure pour des particuliers ou des institutions pour se raconter, ou pour transmettre. Vous comprendrez mieux pourquoi elle se définit comme une bricoleuse poétique.

Elle fut styliste pour des marques prestigieuses, et plutôt haut de gamme, Bonpoint, IKKS, Eric Bompard. Aujourd’hui, ses clients sont des particuliers mais aussi des institutions comme la Maison des Femmes à Saint-Denis, le concept store Merci ou encore la Fondation Kering. Elle a créé le projet "Des femmes, l’or invisible" pour mettre en lumière toutes les femmes dont l’action, le génie, le courage, l’inventivité sont exemplaires. Elle a également été l’illustratrice officielle des Glorieuses, la newsletter féministe hebdomadaire aux 70 000 abonné(e)s créée par l'activiste féministe franco-canadienne Rebecca Amsellem qui vise à réinventer l’information sur les femmes. Elle a fait des bijoux, elle chante aussi parfois, elle dessine et écrit, toujours. Elle expose souvent ses travaux et anime des ateliers de création.
Clémentine considère avoir produit un triptyque sur le monde de demain impliquant la planète et les gens. Dans quel monde vit-on ? aborde la question de l'écologie.

Chacun de ces petits livres peuvent aussi aider les enseignants à faire réfléchir les élèves. Il est essentiel  de les amener à discuter dans un espace de paroles. Tout le monde a le droit de penser par soi-même et cela s'apprend.

Et surtout, ne perdons pas de vue qu'un enfant qui sait réfléchir sera un adulte qui ira mieux.

Truc de fille ou de garçon ? Seul(s) au monde ? Dans quel monde vit-on ? de Clémentine du Pontavice, Ecole des Loisirs, collection Moucheron respectivement publiés en février 2019, aout 2019 et mars 2020.

samedi 6 juin 2020

Le cake à la vanille de Cyril Lignac

Entre le cake et moi ... il y a une (très) longue successions d'essais-erreurs dont la plus cuisante contrariété a été de ne pas être initiée à la bonne technique par Hélène Darroze. C'était prévu il y a un peu plus de dix ans, et j'en racontais quelques mésaventures dans cet article qui dit bien ce qu'il veut dire Comédienne pour Coté Cuisine.

Heureusement, est venu Cyril ... Lignac, qui a donné sa version de ce dessert. Une de plus me direz-vous, sauf qu'elle est relativement peu calorique ... si on se dispense du sirop et du glaçage mais je vous laisse le soin de décider.

Remplacer une partie de la farine par de la poudre d'amandes permet de diminuer l'apport en gluten, allège agréablement la texture et donne un petit goût sympathique.

Cyril Lignac a bien raison d'affirmer que ce cake est sensationnel. Ce sont sans doute à deux "détails" qu'il doit son moelleux : l'ajout de poudre d'amande et les blancs en neige (sucrés d'ailleurs).

Vous retrouverez les proportions à la fin de ce billet. Je commence par les aspects techniques. Rien d'original : on préchauffe le four à 180° sans attendre, et on beurre un moule à cake.

Le chef fait infuser la vanille dans le lait. Je préfère mon astuce consistant à utiliser du sucre naturellement vanillé avec une gousse ouverte que je laisse en permanence et que je conserve dans une bouteille (plus facile pour verser et dispense d'utiliser une cuillère).

On mélange les 4 jaunes d'oeufs avec 100 grammes de sucre et on ajoute 200 grammes de beurre pommade avant de rebattre.
Puis 3 cl de lait, un sachet de levure chimique, une pincée de sel et 150 g. de farine, suivis de 60 g. de poudre d'amande.

On montera les blancs en neige dans un saladier avec 50 grammes de sucre. On les mélangera progressivement dans la préparation et on enfournera pour 30 à 35 minutes.
Je ne suis pas allée plus loin mais libre à vous, pendant que le cake cuit, de préparer un sirop dans une casserole en versant l’eau avec le sucre et la vanille, et d'ajouter le rhum, hors du feu, le rhum. Il ne restera qu'à imbiber le gâteau à sa sortie du four, après l'avoir posé sur une grille.

Cyril le glace ensuite d'une purée de fraises avec sucre glace pour lui donner une jolie couleur rose, mais j'estime que tout cela (sirop et glaçage) apportent beaucoup de calories supplémentaires, et en retardent la dégustation.

vendredi 5 juin 2020

J’ai hâte d’être à demain de Sandrine Sénès

Quel sentiment étrange que la lecture de J’ai hâte d’être à demain de Sandrine Sénès qui me donne le sentiment d'avoir partagé avec elle la même chope de bière que celle que nous tend régulièrement Philippe Delerm.

Les vignettes de "la plus belle des Sandrine" se dégustent avec gourmandise.

Elle photographie, avec ses mots, les actes clichés de notre époque. Son regard sur le comportement maniaque de faire des selfies (p. 23) illustre bien notre hasardeuse quête de bonheur.

Elle a raison de pointer que les gens seuls n'ont pas toujours été seuls, pas plus que les vieux (ne sont pas nés vieux). Elle distille un second degré qui s'envole, léger au-dessus des tracas quotidiens, et retourne les convenances à propos du premier venu.

Elle nous parle du monde dans lequel nous valsons, entre maladresse et audace, sans avancer masquée, en osant le vrai "je" et nous sommes surpris de revivre, à travers ses textes, des situations que nous avons tous plus ou moins expérimentées et que l'on croyait uniques. Il y a beaucoup de scènes de baiser et elles occupent une place importante dans la prose de cette championne des retournements de situation.

Elle laboure le champ de la solitude sans désespérer que quelqu’un l’aime quelque part en secret (parce que c'est tout de même plus facile que d'être aimée de près ...). Comme elle a raison de fustiger la dysorthographie d’amoureux potentiels, en nous confiant ses pensées désespérées mais pas du tout désespérantes.

Elle nous offre les confidences de manœuvres de drague invisible et nous offre, comme un feuilleton, les compliments de Babar.

Sandrine dévide parfois de longues phrases qui résument très exactement ce qu’est le Syndrome de Stockholm (p. 104). Elle ne cache pas sa passion névrotique pour les chats, ne demandant qu’à la partager, preuve qu’elle n’est pas égoïste pour deux sous.

Elle partage avec nous ce "sirop de la rue" (p. 70) que je croyais être une expression propre à une auteure dont j'avais découvert le premier roman.

Il est probable qu'elle soit dans le vrai en croyant (p. 150) que les hommes ont peur des femmes qui n’ont pas eu d’enfants. Comme si ces femmes là n’était pas capable d’aimer (...) en dépit de l'opinion de sa  cousine Béa qui avec trois gamins à charge, sans garde partagée, a un tout autre avis sur la question.

Suivons son conseil d'enlacer un arbre pour apaiser et réparer les petites douleurs du quotidien (p. 115) mais je suggérerais d'éviter l'acacia et ses épines.

Sandrine Sénès est comédienne et autrice de séries pour la télévision. Elle a longtemps écrit et joué ses "seules en scène" à travers la France ou en pays francophones. Son premier livre, composé lui aussi de textes courts, Je regarde passer les chauves, a été publié en 2016 en Belgique, chez Quadrature.

J'ai hâte de lire son prochain opus comme d'aller la voir dans un de ses spectacles.

J’ai hâte d’être à demain de Sandrine Sénès, chez l'Iconoclaste,  devait être en librairie le 1er avril 2020, sortie repoussée au 17 juin

jeudi 4 juin 2020

La salade César de Cyril Lignac

Hier Cyril Lignac présentait un grand classique de la cuisine internationale, la Salade César. C'est une entrée un peu copieuse qui peut largement être proposée comme un plat.

Il en existe de multiples versions mais il faut savoir que plusieurs ingrédients sont incontournables : les filets de poulet, la romaine, l'ail, les croutons, et la sauce Worcestershire ... et les anchois qui lui donnent ce goût si particulier.

Ce n'est pas parce qu'on la prépare avec de la salade romaine qu'elle a pris le nom d'un empereur romain. C'est un certain Cesare Cardini, un italien installé au Mexique puis revenu aux Etats-Unis qui a établi la recette en 1924 pour satisfaire l’appétit de clients de dernières minutes en combinant ce qu'il avait sous la main.

Il lui donna le nom de Salade Caesar, en déformant son prénom pour lui conférer davantage d'exotisme. Curieusement c'est à partir des années 1990 que la recette est devenue populaire.

Dans un mixeur, déposez un œuf dur avec le jaune d’œuf, la pâte d’anchois, la gousse d’ail et le parmesan râpé, commencez à mixer. Versez le vinaigre et le jus de citron. Raclez les bords. Versez en filet l’huile et ensuite la crème liquide puis raclez de nouveau les bords, assaisonnez de sauce Worcestershire et de tabasco, salez. Gardez cette sauce de côté.

Hachez les 4 œufs durs restants. Dans un saladier, mélangez les dés de poulet avec les croûtons et les œufs durs hachés, ajoutez de la sauce César. Assaisonnez de sel et poivre. Gardez de côté.

Coupez la romaine en 2 dans la longueur, creusez légèrement le cœur, assaisonnez-la d’huile d’olive et de jus de citron jaune, fleur de sel et poivre du moulin, ajoutez quelques cuillerées de sauce César puis, au creux du cœur de la romaine, le mélange de poulet. Râpez du parmesan et du citron jaune. Déposez dans les assiettes. Servez.

mercredi 3 juin 2020

La femme révélée de Gaëlle Nohant chez Grasset

J'avais très envie de lire La femme révélée, non seulement parce que j'apprécie Gaëlle Nohant, qui nous avait offert la magnifique Légende d'un dormeur éveillé, mais aussi en raison du thème principal de son nouveau roman. La disparition est en effet un sujet que je porte depuis 1997.

J'ai dévoré ce livre en faisant preuve d'une certaine addiction. l'histoire est très bien construite, écrite au cordeau, documentée sans failles (je n'ai pas vérifié mais ça se sent). C'est du Gaëlle Nohant ! Et je  comprends tout à fait le succès de ce roman.
Paris, 1950. Eliza Donneley se cache sous un nom d’emprunt dans un hôtel miteux. Elle a abandonné brusquement une vie dorée à Chicago, un mari fortuné et un enfant chéri, emportant quelques affaires, son Rolleiflex et la photo de son petit garçon. Pourquoi la jeune femme s’est-elle enfuie au risque de tout perdre  ?

Vite dépouillée de toutes ressources, désorientée, seule dans une ville inconnue, Eliza devenue Violet doit se réinventer. Au fil des rencontres, elle trouve un job de garde d’enfants et part à la découverte d’un Paris où la grisaille de l’après-guerre s’éclaire d’un désir de vie retrouvé, au son des clubs de jazz de Saint-Germain-des-Prés. A travers l’objectif de son appareil photo, Violet apprivoise la ville, saisit l’humanité des humbles et des invisibles.

Dans cette vie précaire et encombrée de secrets, elle se découvre des forces et une liberté nouvelle, tisse des amitiés profondes et se laisse traverser par le souffle d’une passion amoureuse.
Mais comment vivre traquée, déchirée par le manque de son fils et la douleur de l’exil ? Comment apaiser les terreurs qui l’ont poussée à fuir son pays et les siens ?  Et comment, surtout, se pardonner d’être partie  ?
Vingt ans plus tard, au printemps 1968, Violet peut enfin revenir à Chicago. Elle retrouve une ville chauffée à blanc par le mouvement des droits civiques, l’opposition à la guerre du Vietnam et l’assassinat de Martin Luther King. Partie à la recherche de son fils, elle est entraînée au plus près des émeutes qui font rage au cœur de la cité. Une fois encore, Violet prend tous les risques et suit avec détermination son destin, quels que soient les sacrifices.
Au fil du chemin, elle aura gagné sa liberté, le droit de vivre en artiste et en accord avec ses convictions. Et, peut-être, la possibilité d’apaiser les blessures du passé. Aucun lecteur ne pourra oublier Violet-Eliza, héroïne en route vers la modernité, vibrant à chaque page d’une troublante intensité, habitée par la grâce d’une écriture ample et sensible.
On pense évidemment à Une femme en contre-jourGaëlle Josse racontait la vie si tragique de la photographe Vivian Maier. Elles ont en commun d'être tiraillées entre les Etats-Unis et la France, de garder des enfants pour gagner de quoi vivre et d'avoir photographié Chicago à la même époque, toutes deux avec un Rolleiflex.

La différence majeure est d'avoir écrit une totale oeuvre de fiction, tout en s'appuyant sur une réalité historique véridique. A ce titre on pourrait presque ranger La femme révélée parmi les romans historiques. et féministes, cela va de soi.

mardi 2 juin 2020

Les petits palmiers de Cyril Lignac

Inutile de préparer des pesées pour faire ces petits palmiers à la mode de Cyril Lignac.

Prévoyez une pâte à tarte pour une vingtaine de pièces. Du sucre en poudre (le cuisinier préconise 50 grammes mais je suis certaine d'en avoir utilisé moins), et un soupçon de cannelle ... sauf si vos convives n'aiment pas.

Je trouve dommage peut-être de prendre de la pâte feuilletée ronde, car tous les palmiers ne seront pas de taille identique (cf photo de l'avant-dernière étape du pliage). Disons alors qu'il y en aura pour tous les appétits.

Voilà en tout cas de quoi optimiser un dessert qui aurait été trop simple avec quelques fraises du jardin et une boule de glace. Ce sera tout aussi bien pour agrémenter un thé ou un café.

lundi 1 juin 2020

Une fille de passage de Cécile Balavoine

Je crois que je ne vais pas pouvoir écrire une critique comme je le fais habituellement.

Scruter le texte d'Une fille de passage me semblerait indécent. Je sais bien qu'il s'agit d'autofiction, donc librement consentie si je puis le faire remarquer, puisque Cécile Balavoine a publié sans la moindre contrainte, et des années après la période concernée.

En écrivant un livre, elle autorise qu'on la regarde, le cas échéant que l'on juge, peut-être pas qu'on la juge, mais qu'on commente les faits. Et c'est précisément là que je suis comme interdite. Stupéfaite par ce courage, et par son honnêteté à dire. Le terme de "roman" figure sur la couverture mais je sais, je le répète, qu'il s'agit d'une autofiction, et que donc tout n'est sans doute pas rigoureusement exact, mais là n'est pas la question.

Il y a une telle puissance dans les lignes qui se déploient que je ne peux que songer à plusieurs écrivains, comme Joyce Carol Oates, et tant d'autres femmes, qui ont su s'affranchir de la pudeur qu'il faut abandonner pour se livrer. Se livrer, voilà bien tout ce que je peux oser pointer.

Je pressentais, rien qu'en tenant l'objet entre mes mains, cette application de l'auteure à coucher toutes les émotions, et surtout aussi les questions qui n'ont cessé de la secouer pendant tout ce temps qu'a duré sa relation avec Doudou.
Nous remontons avec elle en arrière, en septembre 1997, à New-York. La jeune Cécile est étudiante. L’un de ses professeurs est un écrivain célèbre : Serge Doubrovsky, pape de l’autofiction. Entre elle et lui s’installe une relation très forte. Les années passant, la jeune femme et l’écrivain se voient, à Paris ou à New York, ils dînent ensemble, apprennent à se connaître toujours plus intimement, échangent sur la littérature et sur la vie. Bientôt, ils n’ont plus de secret l’un pour l’autre, une confiance absolue les lie. Pygmalion ou père de substitution, Doubrovsky n’est pour Cécile ni l’un ni l’autre. Du moins se plaît-elle à le croire et à le lui faire croire.
Arrive le cap de l'an 2000 auquel la (encore) jeune Cécile attribue une valeur symbolique. Passage obligatoire pour tout un chacun, inéluctable, à l'instar de la mort, dont l'écrivain éprouve une frayeur obsessionnelle.

Il n'est pas nécessaire d'être "grand critique" pour prédire que, malgré une sortie au pire moment de 2020, Une fille de passage deviendra un de ces ouvrages dont on recommandera la lecture, non seulement aux étudiants en littérature, mais à toutes les femmes. Et je crois que l'on peut dire qu'une grande auteure est là, près de nous, et dans la force de l'âge.

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