mercredi 10 juin 2020

Assister à un festival de cinéma virtuel et être limitée au show-case de Barbara Carlotti

Champs-Élysées Film Festival était présenté comme "le rendez-vous incontournable du cinéma indépendant français et américain".

L'édition 2020, déjà la neuvième, avait courageusement choisi de s’adapter à la crise sanitaire et annonçait carrément, dans un esprit solidaire et pour la première fois de son histoire, une "réinvention" en se tenant 100% en ligne, depuis leur site, et en accès libre dans toute la France, du 9 au 16 juin !

La promesse de compétitions longs et courts métrages françaises et américaines accessibles gratuitement et l'annonce d’autres surprises à venir était alléchante. Surtout pour quelqu'un comme moi qui, fan de cinéma, allait pouvoir, encore plus confortablement que d'habitude pouvoir suivre un festival en restant "at home".

J'ai l'habitude de recevoir un code ou un lien spécial pour visionner des films en avant-première, alors la méthode ne me déroutait pas le moins du monde.

Tout commença hier soir pour le mieux lorsque je me suis connectée pour écouter le mini concert de Barbara Carlotti qui, en quelque sorte, ouvrait le bal. Elle a donné le ton avec l'élégance qui la caractérise et s'est révélée "Magnétique" tout comme son dernier album.

Elle l'a fait en toute légitimité d'une part parce qu'elle a le chic d'écrire ses chansons comme des plans séquences. Egalement parce que son court-métrage de comédie musicale Quatorze ans, qu'elle a écrit et réalisé, était programmé dans le festival. Je ne l'ai pas trouvé dans la liste des courts, ni dans celle des longs-métrages d'ailleurs... mais je suis heureuse de partager avec vous la bande-annonce à la fin de ce billet.

Contrairement à beaucoup de prestations qui ont eu lieu pendant le confinement et retransmises par voie numérique (et même télévisuelle) le son était excellent. On percevait nettement la joie qu'elle partageait, après deux mois et demi sans avoir vu ses musiciens, à être avec eux "parmi nous" ce premier soir, depuis sa cuisine, et j'espère qu'elle nous a entendu de loin applaudir, pile à ce moment où elle disait combien c'était "bizarre un concert sans applause".

Elle nous a gratifié de 6 chansons, pour une demi-heure de bonheur partagé.

1- J'ai toujours aimé danser sur les chemins de traverse nous rappelle Barbara dont on retrouve d'emblée le timbre particulier de sa voix. Il était logique qu'elle commence avec Voir les étoiles tomber (piste 1 de l'album Magnétique, 2018

2- Elle enchaine avec le titre de la deuxième piste Radio mentale sentimentale en version de déconfinement qu'elle juge "équestre". Les paroles ont du sens dans le contexte si particulier de la soirée : je ne suis pas folle (...) je capte les ondes invisibles.

Bientôt les musiciens vont poursuivre la cavalcade à coups de frappés de tambours et de frottement de cordes.

3- Avec Le mensonge, piste 3, elle semble hésiter mais estime qu'elle est, elle aussi, d'actualité. De fait, on a le sentiment que les paroles ont été écrites hier, et pourtant non. Sous la menace, tu cherches l'oubli ... Il faut partir d'ici ... to-morrow répète-t-elle, alors qu'on sait que nous sommes bouclés encore pour un bon moment.

4- 14 ans est un hommage à la musique des eighties et la chanteuse nous avoue avoir beaucoup dansé toute seule pendant le confinement. A savoir : l'album de la bande originale du film comporte une dizaine de titres.

Elle dit avoir bcp dansé toute seule pendant le confinement.

5- Mon Dieu Mon Amour (Album L'amour, L'argent, Le Vent, 2012) résonne elle aussi avec pertinence car ce soir aussi il fait très chaud.
J'ai cru oublier ce moment précis où mes doigts se posaient sur le piano (...)
Mon dieu mon amour cette mélodie aujourd'hui encore il fait beau
Se peut-il seulement que l'on oublie ces jours où l'on existait trop
Comment peut-on exister trop

Barbara marque la pause un instant pour souhaiter courage à tous, à tous ceux qui sont dans la culture.

6- Pour terminer, puisqu'il le faut bien, elle a choisi un titre de son premier album, Chansons (2005) qui témoigne de son sens de l'humour car il nous raconte un autre festival de cinéma, Cannes.

Sur la croisette Nicole Croisille lance un grand rire de pacotille
Que de belles filles, quinze jours à Cannes, tout est possible (...)
Tu toises la foule et tu souris, quelle belle démarche
Tu viens de monter les grandes marches
Quinze jours à Cannes, tout est possible

Barbara Carlotti a évidemment eu le tact de ne pas commenter les paroles. Elle s'emparera simplement d'un masque de tigre en affirmant sa volonté de le chevaucher encore et de faire beaucoup d'autres concerts ... encore !

La soirée commençait excellemment et j'ai patienté sagement jusqu'au lancement du film d'ouverture. Zut alors j’ai eu ce message à 20 h 30 alors que je patientais depuis 30 minutes :
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Please try again later.
J'étais déçue d'avoir bloqué ma soirée un peu inutilement (malgré le bon moment passé avec Barbara). Il était trop tard pour me positionner sur un autre Zoom ou Skype et je n'avais pas prévu le coup en ayant préparé un DVD. Pas de cinéma ce soir donc.

J'ai réitéré le lendemain avec le même insuccès.

J'ai arrêté de tenter les autres films en compétition. J'avais pressenti que ce serait la même chose et je n'allais pas bloquer mes soirées pour rien. Je trouvais l’idée d'un festival numérique plutôt bonne mais finalement … non.
Je me suis malgré tout astreinte à me reporter sur les courts-métrages en présumant qu'ils attireraient (hélas pour eux d'ailleurs) moins d'internautes. Ce fut une autre déception car les images n'apparaissaient pas en grand écran. la faute parait-il à mon navigateur web, comme pour d'autres manifestations du même ordre où on me dit que c'est à cause de l'usage de l'Ipad qui ne permet pas etc ... Bref, le numérique c'es comme une voiture, parfait quand ça marche, une plaie quand ça vous lâche. Le voyage s'arrêtera là.

La direction du Champs-Élysées Film Festival aura beau jeu de clamer sur son site web sa volonté affirmée de ne pas priver les festivaliers du meilleur du cinéma indépendant français et américain, et de continuer à mettre en lumière la jeune création qui a plus que jamais besoin d’être soutenue.

Je retournerai dans les festivals quand ils seront de nouveau véritablement accessibles. Et voici comme annoncé plus haut :

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