dimanche 31 octobre 2010

Brioche aux bouchons de champagne

J'ai fait le ménage dans mes placards avant de partir pour le Salon du chocolat (dont je vous parlerai bientôt).

J'avais un peu oublié ces petits chocolats et la surface avait blanchi. Des bouchons au champagne ! Ils étaient bien sûr toujours comestibles, mais peu présentables en l'état. N'aimant pas perdre de bonnes choses je décidai de les recycler dans un pain brioché. Ce fut un régal.

Voilà la recette dont vous pourrez vous inspirer pour l'accommoder avec des chocolats de toutes sortes.

On met dans la cuve de sa machine à pain dans l'ordre :
100 ml d'eau
200 ml de lait de coco
20 grammes de beurre
50 grammes de noix de coco râpée
40 grammes de sucre
1 cuillerée à café de sel
500 grammes de farine spéciale pain (type 55)
1 sachet de levure boulangère spéciale pains
programme pain normal

Au bip on ajoute 80 grammes de bouchons coupés en morceaux.

Autres recettes de pain sur le blog en 2009 : le 3 avril (pain des écureuils gourmets et gourmands), 7 avril (banane, sirop d'érable et noix de pécan), 13 avril (garrimande, pain aux saveurs méditerranéennes), 15 avril (brioche),18 avril (pain de seigle aux noix), 20 avril (pain châtaigne et graines de lin), 22 avril (brioche du Diable rouge au chocolat blanc), 7 mai (pain au curry et graines de lin), 9 mai (pain au cumin et à l'oignon), 21 mai (pain à l'anis vert et au miel), 9 juin (pain à la feta et au basilic), 29 juillet (pain à la moutarde et au miel), 31 juillet (pain cévenol au cacao), 11 août (Brioche des Reines)

En 2010 : le 7 octobre pain de seigle aux dattes, le 11 octobre pain d'épices, le 18 octobre pain aux graines, le 29 octobre pain aux noix

samedi 30 octobre 2010

Les trois soeurs dans une mise en scène inventive de Volodia Serre

(billet mis à jour le 9 nov 2010)
Quand vos parents vous ont donné, à vous et à vos sœurs, des prénoms qui sentent l’origine russe, que vous êtes tous acteurs dans la famille et que vous cumulez vous-même les fonctions de comédien et de metteur en scène … arrive forcément un jour où vous ne pouvez plus résister.

C’est ce qui est arrivé « en toute logique » à Volodia Serre avec la célèbre pièce de Tchekhov, les Trois sœurs. Il était venu expliquer ses motivations au public du Centre culturel de l’Onde de Vélizy (78) au mois de juin.
Tchékhov écrivait pour nourrir sa famille. Il estimait avoir proposé fondamentalement une comédie Sa propre femme jouait le rôle de Macha. La particularité c’est qu’il se passe peu de choses. La vie se déroule entre les actes. Le destin imprime sa marque inexorablement sur la famille où le malheur arrive de façon imprévue, en quelque sorte à l’insu des personnages.

Volodia Serre utilise sa propre histoire familiale pour éclairer cette pièce sous un jour plus intime, courant le risque d’une mise en danger. Il aurait pu assumer jusqu’au bout sa logique et titrer « Alexandrine, Joséphine, Léopoldine, Volodia … et les autres ». J’ai vu ce spectacle un peu particulier à Vélizy juste avant qu’il ne soit exporté au théâtre parisien de l’Athénée.

S’ils n’ont aucune origine russe, l’influence fantasmatique a joué à fond et le résultat, original, est néanmoins très respectueux dans l’esprit et nous offre une jolie réflexion sur ce qu'est une famille.

Alors que les trois sœurs sont souvent interprétées par des actrices plus âgées les trois comédiennes ont exactement l'âge des trois sœurs au début de la pièce. C’est peut-être un détail mais cela renforce l’oscillation constante entre souvenir et réalité, entre vie réelle et vie d’avant, entre passé idéalisé et avenir hypothéqué

Un projecteur Super-8 envoie sur un rideau des vrais extraits de films d’enfance de leur propre famille, dans lesquels apparaissent chacun dans des moments choisis, intenses et rendus “heureux” par la magie surannée de la texture du Super-8, ramenant le spectateur à la notion d’une époque et d’une certaine insouciance révolues.

Les images, un peu floues et ondulantes, sont rétroprojetées sur un voile fin et translucide, qui ouvre ou ferme la scène au tout premier plan, créant ainsi une perspective temporelle entre la ligne du passé, au bord du cadre. L’avenir, lointain et incertain, est symbolisé par un ciel changeant au gré des lumières du cyclorama clôturant l’espace scénique.

Ces “séances” de projections amorcent et ferment les différents actes de la pièce, suspendant le temps dans un retour des personnages vers leur paradis perdu, ellipses menant vers l’épisode suivant. La vie passée, qu’elles se projettent, est éternellement regrettée dans une sorte de fuite en avant, une logique du “toujours pire” qui n’est pas spécifique au théâtre russe. Écoutons ce que dit Alexandrine : « Jadis on vivait mieux. La vie aujourd'hui est bien pire qu'autrefois »
Le théâtre de Tchékhov touche à l’universel. Et on pourrait multiplier les extraits qui résonnent étrangement. Olga se plaint : Depuis quatre ans que je travaille, je me sens devenir une vieille femme.

La difficulté de vivre, la peur de la mort, la crainte de l’avenir pour nos enfants dont on redoute le nombre des épreuves qu’ils auront à traverser, toutes ces angoisses sont encore d’actualité.

Qui d’entre nous n’a pas cru à 20 ans comme Irina que le monde s’offrait à lui. Alors qu’au soir de la vie on se dit que rien ne s’est déroulé selon nos plans ?

C’est que, comme le regrette Irina, on ne sait pas pourquoi on vit et à quoi servent nos souffrances. C’est peut-être que nous n’existons pas et que nous donnons simplement l’impression d’exister …
Volodia Serre et sa troupe ne font pas illusion. Ils mènent le spectacle tambour battant. Le texte est respecté. La liberté scénographique réside ailleurs : dans les décors, aussi inventifs qu’un jeu de Mecano qui se plie et se déplie selon les besoins. Dans les costumes aussi, appartenant à plusieurs époques. Et surtout par la place centrale donnée à la musique, avec l’introduction d’airs d’opéra du XIX° et des chansons des années 1960/80.

On reconnait pêle-mêle le célèbre air de Rigoletto, la Donna è mobile (Comme la plume au vent), le très romantique Temps de l’amour, chanté par Françoise Hardy depuis 1980, l’irrésistible In the mood de Glenn Miller, le si nostalgique Sound of silence de Simon et Garfunfel, (1966) imperceptiblement murmuré.

A la fin la télévision remplace le piano. Le film de la scène d’anniversaire d’Irina succède au super 8 historique. Tout change mais l’humanité elle, n’a pas bougé. Volodia Serre a réussi ce tour de force de relifter les Trois sœurs en conservant toute la force de la pièce. Le pari était osé. Bravo !

Après l’Athénée - Théâtre Louis Jouvet jusqu’au 20 novembre (01 53 05 19 19), ce sera le Centre culturel Boris Vian des Ulis (91) le 23 novembre (01 69 29 34 90).

Le Théâtre Romain Rolland de Villejuif, (01 49 58 17 00) producteur, du spectacle, qui l'accueillera du 25 novembre au 6 décembre, puis le Centre culturel des 3 Pierrots de Saint-Cloud le 9 décembre, et ce Centre Culturel des Portes de l'Essonne d’Athis-Mons (91) le 11 décembre.

Les photos non mentionnées A bride abattue proviennent de la page Facebook du spectacle, sauf la troisième (crédit photo : Dominique Gubser)

vendredi 29 octobre 2010

Velouté de butternut et pain aux noix

Voilà la recette de pain aux noix qui a accompagné le pavé de céleri au Bleu de Gex dont je vous vantai le gout il y a quelques jours:

On met dans la cuve de sa machine à pain dans l'ordre :
200 ml de lait
100 grammes de beurre
4 cuillerées à soupe de sucre
1 cuillerée à café de sel
500 grammes de farine spéciale pain (type 55)
1 sachet de levure boulangère spéciale pains
programme pain normal

Au bip on ajoute 80 grammes de cerneaux de noix

Le résultat est proche d'un pain brioché


Quant à ce velouté, il provient des restes de la butternut cuite à l'étouffée pour la fondue de légumes que je suis devenue. Comme vous voyez ... rien ne se perd. Tout se recycle, chez moi comme chez vous.

J'ai épicé le velouté avec de la fève Tonka. J'adore cet ingrédient qui n'est pas encore très fréquent.

L'année dernière j'avais déjà réalisé une soupe avec de la butternut, mais aussi un délicieux crumble au potimarron qui demeure d'actu. Si cela vous tente, c'est par.

Autres recettes de pain sur le blog en 2009 : le 3 avril (pain des écureuils gourmets et gourmands), 7 avril (banane, sirop d'érable et noix de pécan), 13 avril (garrimande, pain aux saveurs méditerranéennes), 15 avril (brioche),18 avril (pain de seigle aux noix), 20 avril (pain châtaigne et graines de lin), 22 avril (brioche du Diable rouge au chocolat blanc), 7 mai (pain au curry et graines de lin), 9 mai (pain au cumin et à l'oignon), 21 mai (pain à l'anis vert et au miel), 9 juin (pain à la feta et au basilic), 29 juillet (pain à la moutarde et au miel), 31 juillet (pain cévenol au cacao), 11 août (Brioche des Reines)

En 2010 : le 7 octobre pain de seigle aux dattes, le 11 octobre pain d'épices, le 18 octobre pain aux graines

jeudi 28 octobre 2010

Chateau en péril à Hombourg-Budange (57920)

(mise à jour 28 novembre 2010)
Norbert Guirkinger a réalisé une série de photos aériennes du château qui nous éclairent sur sa beauté mais aussi sur son état critique, résultat de depuis plusieurs décennies de laisser-aller. La photo resplendit des couleurs automnales mais il ne faut pas la regarder longtemps pour voir que la toiture prend l'eau, et que bientôt il ne restera de ce qui fut un des joyaux de l'époque Renaissance qu'un gros tas de pierres.
D'autres avant moi se sont émus de cette ruine. Avec ténacité ils ont ameuté les médias et lancé une pétition. Mais il n'est pas certain que leur folle énergie ne suffise à faire un miracle. Car on est proche de la catastrophe.

C'est Anthony Koenig, rédacteur du blog du Comité régional du Tourisme de Lorraine, Lorraine de cœur (auquel on sait que je collabore régulièrement depuis deux ans) qui m'a alertée. Il me semble plus que nécessaire d'élargir la prise de conscience et j'espère que les lecteurs de A bride abattue iront signer la pétition pour la sauvegarde de l'édifice. Car ce n'est pas parce que l'émission dominicale de Chef d'œuvres en péril a disparu de nos écrans qu'il faut croire qu'il n'y a plus péril en aucune demeure.

Ancien château fort au 13ème siècle, il est reconstruit à la Renaissance comme en témoignent encore trois de ses quatre ailes ou encore les meneaux présents même sur les parties communes.
Une magnifique aile classique est venue compléter l'ensemble au XVIII° siècle avec un beau fronton qui la surplombe pour en devenir la façade principale. C'est une propriété privée qui appartient au comte Charles Louis de Rochechouart de Mortemart. L'édifice est classé Monument Historique en grande partie, ce qui confère des droits mais aussi des devoirs au propriétaire.

La DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) est "attristée" de cette situation. Mais les finances manquent et Monsieur le Comte ne fait rien ... Les moyens coercitifs existent pourtant mais ils ne sont pas mis en œuvre malheureusement alors que nombre de sites ont été sauvés via des associations et d'autres initiatives (citons en Lorraine le Château de Freistroff, la Forteresse de Chatel-sur-Moselle, l'Abbaye de Villers-Bettnach...).

Le propriétaire du château ne serait-il pas conscient de la perte inexorable qu'il "offre" à la Lorraine en se refusant à tout sauvetage de son concentré d'architecture, d'histoire et d'art en péril ?

Les institutions doivent donc faire réaliser d'office les travaux d'urgence, comme la loi le prévoit.

En signant comme moi cette pétition vous contribuerez (il faut l'espérer) à sauver un trésor du patrimoine de Lorraine, de France, d'Europe ... que les enfants de nos enfants seront heureux de découvrir au détour d'une balade dans cette jolie vallée de la Canner, en révisant, qui sait, une page de l'histoire de France que traversa Charles Quint.

Pour signer et tout savoir sur la pétition cliquez sur ce lien :
http://www.mesopinions.com/Sauvons-le-chateau-d-Hombourg-Budange--Moselle--petition-petitions-46b19f47d72c22efa678169b083b21ef.html

Et pour en apprendre davantage sur le patrimoine lorrain je vous recommande d'aller visiter le blog d'Anthony, La lorraine se dévoile.

Communiqué en avant-première de la conférence de presse officielle qui sera donnée le 7 décembre 2010.
J''apprends qu'Arthur de Mortemart, le fils du comte, reprend en main l'intégralité du château avec à la clé une restauration totale de l'édifice. Les travaux d'urgence vont démarrer et s'accélérer d'ici le printemps pour stopper toute dégradation de l'édifice. Ensuite il sera temps de songer à la restauration proprement parlé. Si le sauvetage immédiat a pu trouver des aides auprès des collectivités locales, nul doute que ce projet d'envergure de restauration totale à long terme devra probablement faire appel au mécénat.

A ce jour, ce que nous pouvons dire, c'est que le château d'Hombourg-Budange est sauvé et on ne peut que remercier Arthur de Mortemart pour sa prise en charge importante et passionnée et le lancement de ce très beau projet qui est loin d'être achevé, cela va sans dire ...

mercredi 27 octobre 2010

Facebook, livre, film et plus si …

Facebook, MySpace, Skyblogs, Twitter ... Deux internautes sur trois s’y connectent régulièrement, alors que ces sites étaient encore quasi inconnus il y a deux ans. Pas une semaine sans que les médias ne se fassent l’écho de ce succès... ou n’en rapportent les dérapages. Car par leur nature même, les réseaux sociaux mettent à mal la notion de vie privée.

Risques pour les mineurs, escroqueries, usurpations d’identité, utilisation commerciale de données privées... Comment ces sites ont-ils organisé leur ascension ? Qu’est-ce qui poussent les internautes à s’y mettre à nu au vu de tous ? Comment Facebook et Myspace gagnent-ils de l’argent en vendant les profils des internautes ? En interrogeant sociologues, avocats, policiers, psychanalystes, et bien sûr, les dirigeants de ces sites ainsi que ceux qui en ont été victimes, Olivier Levrard et Delphine Soulas promettent de nous dévoiler la face cachée des réseaux sociaux dans le livre qu’ils ont publiés au début de l’année 2010 aux éditions Michalon, Facebook : mes amis, mes amours ... des emmerdes !

Sauf qu’en utilisant le nom d’une série télé qui revient sur les antennes … et qui a sa propre page sur Facebook les auteurs ajoutent encore de la confusion là où très franchement il n’y en avait pas besoin.

En résumé et pour « faire utile », incitations incontrôlées, fichages de toutes origines, escroqueries, actes délictueux, enfermement informatiques… sont effectivement des dangers réels. La lecture du livre pourra renforcer une prudence élémentaire que nous oublions parfois de suivre. Ces réseaux « sociaux » ne sont pas des pièges dangereux pour nos libertés si on les utilise en gardant la mesure.

Être sur Facebook c’est devoir assumer une visibilité
Il ne nous viendrait pas à l’idée de faire disparaitre tous les couteaux de la cuisine au motif qu’un assassin a employé cet outil pour tuer sa femme. Il ne faut pas confondre l’objet et son usage. Ce n’est pas non plus parce qu’on a un blog qu’on étale sa vie privée. Autrement dit ce qui importe, ce n’est pas le média, mais le contenu qu’il véhicule et dont nous sommes parfaitement maitres, ne l’oublions pas.

Un désir de reconnaissance insatiable
FB étymologiquement signifie trombinoscope. Inscrivez-vous et vous aurez à coup sûr la possibilité de recontacter toutes les personnes que vous avez approchées de près ou de loin. C’est en quelque sorte une formidable machine à remonter le temps, qui répondrait au fol espoir de pouvoir recommencer sa vie. La tentation est forte d’établir un parallèle avec le nombre croissant de mariages avec son premier amour … quelques décennies plus tard ?

Ce qui est drôle c’est que nous avions été des milliers à exiger l’inscription de notre numéro de téléphone sur la fameuse liste rouge de France Telecom pour ne pas risquer d’être repéré dans l’annuaire téléphonique. L’opérateur est devenu Orange. Et depuis le réseau bleu, alias Facebook, a ouvert ses pages. Et voilà que les mêmes qui se protégeaient hier s’y affichent maintenant sans retenue. Faut-il vraiment être en manque de communication pour agir de manière aussi écervelée ?

Tout le monde ne s’inscrit pas sous son vrai nom. Mais dans ce cas les chances de se (re)lier à des connaissances perdues de vue sont minces, par définition. Les malins qui se cachent derrière un pseudonyme publient souvent des photos compromettantes qui projettent leurs frasques en pleine lumière.

Facebook, ou “The” Social Network
Le film est annoncé comme une histoire vraie, mais « librement » adaptée de la vie de Mark Zuckerberg, le créateur du réseau social Facebook. Les scénaristes ont puisé leurs ingrédients dans le livre de Ben Mezrich "The accidental Billionaires", titré en France "La revanche d'un solitaire" et qui retrace la création de Facebook dans un dortoir de Harvard par Mark Zuckerberg aidé de son ami Eduardo Saverin.

D’après mes sources le livre décrypterait davantage les origines de Facebook. Je suis ressortie déçue de la projection, avec l’amère impression de m’être fait hameçonner. Le visionnage de la bande-annonce est un résumé qui m’aurait suffit. Je n’en ai guère appris davantage en deux heures 30 sur « le » réseau social par excellence, si ce n’est que son créateur a suivi le conseil d’un collaborateur de retirer l’article.

L’anecdote est exacte mais incomplète. A l’origine le réseau s’appelait Friendster avant de devenir Facemash.com puis ce qu’on sait.

A l’image de « faites entrer l’accusé » le film juxtapose une reconstitution du procès opposant le créateur du site à ses détracteurs (pour une histoire de gros sous) à des flash-backs censé narrer la création et l’ascension d’une poignée de geeks, entendez par là des mordus d’informatique.

Le film écrase le mythe. J’y ai vu un post-ado qui ne s’épanouit jamais, même par simple mégalomanie, même pas antipathique, simplement apathique. Tout le contraire de ce que font ses fans. Vous pourrez toujours me dire que c’est cela qui est génial. Qu’un étudiant frustré ait conçu ce formidable outil de communication en réponse à son handicap. On ne fera jamais assez l’apologie de la frustration !

Au final rien n’est éclairci, ce qui était peut-être voulu. Mark Zuckerberg peut dormir tranquille. On me dirait qu’il n’a jamais existé que je le croirais tant le personnage semble n’avoir aucun affect. J’ai donc vérifié.

C’était un jeu d’enfant que de taper son nom sur Facebook et je vous offre la photo de son « mur ». Son sourire m’a plu davantage que le nombre de ses « amis », plus d’un million trois cent mille.

Car la diction hachée et le regard inexpressif de l’acteur interprète Jesse Eisenberg m’avaient grandement donné envie de fermer mon compte, ne me reconnaissant pas plus dans cette communauté, que je n’aurais apprécié autrefois avoir eu un compte à la Société générale ou au Crédit Lyonnais.

Me voilà rassurée. Et je consens à admettre que le film fait (un peu) connaitre le mode de fonctionnement de ces grandes universités américaines où naissent les success-stories. L’accent harvardien des détracteurs de mark est assez savoureux. C’est le seul intérêt à choisir la V.O. parce que le débit est tellement rapide qu’il ne faut pas espérer le soutien des sous-titres pour affiner la compréhension des dialogues.

Où s’arrête le virtuel, où commence le réel ?
Facebook est également décrié comme faisant concurrence aux sites de rencontres qui avaient le vent en poupe il y a seulement quatre ou cinq ans. La rencontre virtuelle n’est pas née d’Internet. Longtemps le courrier, les petites annonces, ont médiatisé les rencontres. Ce fut le « réseau » dans les années 70, quand plusieurs personnes composaient au même moment des numéros non attribués qui les mettaient en relation au petit bonheur. Il y eut aussi les CB (cibi), le minitel … De tous temps hommes et femmes ont eu envie d’entrer en contact sans être trop vite confronté au corps, parce que seul le corps peut mettre en péril une rencontre. Et pourtant seul le corps permet une résonance émotionnelle ...

Or Internet permet d’augmenter sa surface sociale en engageant moins le corps. Du coup il ne faut pas s’étonner (ni regretter) que la réintroduction du corps soit un quitte ou double. Au-delà de l’étonnement, de l’inattendu, il pourra y avoir malgré tout une agréable surprise, et pourquoi pas l'exaltation.

Le désir est-il compatible avec Internet ?
La chirurgie esthétique améliore l’ordinaire corporel … parce qu’on nous serine qu’on le vaut bien. Alors la tentation est grande de maquiller (aussi) son profil au lieu de prendre le risque d’aller authentiquement à la rencontre de l’autre. Remarquons au passage que la manière dont on se perçoit n’est pas forcément en adéquation avec celle avec laquelle les autres nous voient ou vont nous regarder.

On ne peut pas échapper au formatage des fiches mais l’erreur, entretenue par les sites de rencontre, est précisément de chercher quelqu’un à qui on ressemble et dont on partagerait les goûts. La mythologie de la ressemblance, qui voudrait que chacun cherche son alter ego n’est pas un critère a priori valable. Comment vivre (heureux) à deux si on sait à l’avance qu’on aimera les mêmes choses ? Une vie sans surprise devient vite fade. La réassurance conduit à l’immobilisme.

Les gens s’entendent (ou pas) pour une manière de bouger, de sourire, un ton de voix, des odeurs, … et cela ne se met pas en fiches. Le corps (ému) fait la rencontre de l'autre ... parce que c'était lui, parce que c'était moi ... comme l'écrivait Montaigne, comme l'a chanté Michel Sardou.

Serge Tisseron a exploré ce que devient le désir sur les sites de rencontres. L’écouter remet les ordinateurs à l’heure.

Il était venu discuter de cette question du désir le samedi 9 octobre à l’invitation de l’association Autrement à la médiathèque d’Antony (92). Ce psychanalyste, docteur en psychologie, directeur de recherche (CNRS, Université Paris X) est d’ailleurs cité par les auteurs du livre consacré à Facebook. Il fait désormais référence dans le domaine des nouvelles technologies et qui plus est sa pensée est limpide.

L’épreuve de réalité est incontournable
Tout commence à partir du moment où on va se voir « pour de vrai ». La confrontation avec cet autre que l'on croit connaitre est déterminante. Et s’il y a un conseil à retenir c’est bien de ne pas tarder à programmer la « rencontre », laquelle ne démarre réellement que la première fois qu’on se voit "pour de vrai". Même si personne n’a enjolivé son portrait, le face à face sera forcément une découverte.

Au XIX° siècle on se repérait aux fêtes familiales. On se revoyait aux fêtes de village et petit à petit on nouait une relation. Désormais on veut une réponse sans délai et Serge Tisseron nous rappelle qu'il est de plus en plus difficile de supporter le refus de l'autre. D'autant plus que nous vivons dans une culture fâchée avec le corps réel qui nous invite à idolâtrer le corps éternellement jeune.

Des dérives existent. Certaines personnes se marient par leur avatar, sur le site second Life. D'autres utilisent Internet pour assouvir leurs instincts sans conscience. Michel Houellebecq a écrit sur le sujet. Les adolescents déploient une sexualité extrême qui s'apparente à des rites de passage. Ils semblent intervertir le mode d'emploi de la rencontre, d'abord le sexe, plus si entente. Derrière cet usage se cache toujours la même angoisse, celle de la confrontation au refus.

Après tout est-ce que la façon de draguer des anciens, promettant le mariage alors qu'ils n'y songeaient pas un instant était plus morale ?

Les jeux vidéo, c'est bon pour la santé
C’est la question qui soulève le plus de polémiques. Vous êtes légion à vilipender Internet à ce propos. Je n’étais pas loin de penser comme vous. Et si je vous dis maintenant que les jeux vidéo ne sont pas condamnables vous allez croire que je suis victime d’un drôle de virus informatique. Mais non !

Serge Tisseron a bousculé mes représentations. Il connait très bien cet univers, y compris de l’intérieur. Il a notamment publié "L’intimité surexposée" (2001), - "Virtuel mon amour : aimer, penser, souffrir à l’ère des nouvelles technologies" (2008), - "L’empathie au cœur du jeu social" (2010).

S’il s’insurge contre les chaines de télévision dédiées aux enfants de moins de trois ans c’est qu’il en mesure les risques. Il fait l’apologie des jeux de rôles en maternelle. Les adultes croient que les élèves jouent mais ils ne font pas que cela. Les jeux d’imitation permettent de se structurer et de se socialiser, ce qui n’est pas un acquis négligeable.

Selon lui les jeux vidéo constituent (et jamais avant six ans) dans une certaine mesure un apprentissage des règles, d'abord celles du jeu, qui le plus souvent sont à découvrir en jouant, ce qui n'est jamais facile. C'est aussi le moyen de manipuler symboliquement son double narcissique et extérioriser ses conflits inconscients. Ou une élévation de la confiance en soi. Mais l'aire du jeu ne doit être qu'un territoire de simulation et d'entrainement. sans reprise par la parole de ce qui a été ressenti, l'effet thérapeutique sera limité.

Les nouvelles technologies ont bel et bien changé les règles. Le risque n'est pas d'y faire de mauvaises rencontres mais de perdre l'esprit critique qui se nourrit de la confrontation et de la discussion.

Avez-vous remarqué que sur Facebook on peut manifester sa satisfaction ou son accord en cliquant sur l'icône pouce levé signifiant j'aime mais que la réciproque n'est pas prévue.

Hier on bouclait la bouche des filles avec l'injonction sois belle et tais-toi ! Aujourd'hui on a mis tout le monde sur le même pied en prônant aime ou tais-toi !

C’est dans le cadre du partenariat avec Babelio que j’ai lu Facebook : mes amis, mes amours ... des emmerdes ! La vérité sur les réseaux sociaux d’Olivier Levard et Delphine SOULAS
Éditions Michalon - 34, rue de Lancry - 75010 Paris, 192 pages, 16 €

Pour connaitre les prochains débats de l’association Autrement : consulter leur site

mardi 26 octobre 2010

Je suis fondue de légumes

C'était le soir du lancement officiel du nouveau site sur le Gout. J'ai retenu la leçon de Bertrand Grébaut, ce jeune Chef de 27 ans, qui avait réussi la performance de décrocher en un an sa première étoile au Michelin pour son travail à l'Agapé . Lui même tenait la "recette" d'Alain Passard auprès duquel il avait fourbi ses couteaux, à l'Arpège : les légumes sont bien meilleurs simplement cuits à l'étouffée, disons braisés, dans un tout petit peu de matières grasses.

Je me suis aussitôt arrêtée de les noyer dans l'eau bouillante, sauf si je veux faire une soupe. Encore que ce n'est pas toujours vrai puisque je ferai un excellent velouté avec les restes de légumes allongés de lait, puis passés au blender.

Rien n'empêche quand même de multiplier les plaisirs gustatifs. Cette fois j'ai fait une jolie assiette en juxtaposant trois préparations cuites séparément.

Des lamelles de courge butternut, juste épluchée, et fondue ... au beurre, comment faire autrement. Avec tout de même une feuille de laurier pour gagner en saveur.

Une compotée de tout ce qui passait à proximité de mes couteaux : des poireaux émincés, un oignon rouge, deux tomates, trois éclats d'ail ...
... et puis au diable l'avarice, il y eut aussi des carottes et même des feuilles d'épinards.

J'ai alors avisé une courgette qui se faisait toute petite pour hop la faire sauter elle aussi puisque j'avais vidé la poêle. Ce qui me valut l'envie de solliciter les chercheurs de chez Pentax : ils ont trouvé le dispositif anti-yeux rouges mais mais quand inventeront-ils un truc anti-buée ?
Après quelques essais je ne suis pas mécontente du résultat, obtenu plein gaz et sans trucage. C'est le curry des Philippines, de Saravane, qui est repérable avec les petits points de couleur sur les tranches de courgette. Il fallait bien un épice un peu brûlant, mais pas trop, pour contraster avec la butternut.
Les légumes ont tous été associés, sauf la courge qui a été servie tel que.
Et puis le quinoa, placé de l'autre coté, pour donner une note céréalière. Restait à se régaler ce qui fut fait sans délai !

lundi 25 octobre 2010

Kramer contre Kramer aux Bouffes parisiens

C’était d’abord un roman, écrit en 1977 par Avery Corman. Ce fut un film encore américain, réalisé par Robert Benton en 1979 avec Dustin Hoffman et Meryl Streep. Trente ans plus tard Didier Caron et Stéphane Boutet en font une adaptation pour une scène française. Je suis allée la voir au Théâtre des Bouffes-Parisiens/Jean-Claude Brialy. Il me semble que les avis sont unanimes mais je ne vais pas me freiner à soutenir un théâtre de qualité.

Vous pouvez l’apprécier en gardant en tête les images qui vous restent du film. Le décor est suffisamment malin pour vous le faire oublier très vite. KRAMER s’écrit en capitales sur la scène, composant à la fois les meubles et les murs. Chaque lettre est un objet multi-fonctionnel. Loin d’être un gadget, cette décomposition en six éléments illustre parfaitement la déconstruction familiale.

Les scènes courtes, s’enchainent vite pour resituer la rencontre, le mariage, la naissance de Billy, les premiers anniversaires, les premières disputes, les déceptions et les incompréhensions ... La bande-son est loin d’être anecdotique. Joyeux cris d’enfants pour un anniversaire censé être le plus beau jour d’une vie. Un air de Vive le vent jazzy à peine reconnaissable.

Et puis surtout l’interprétation est excellente, qu’il s’agisse des rôles dits principaux comme ceux qu’on dit secondaires. Frédéric Diefenthal et Gwendoline Hamon, unis à la ville, s’affrontent ici dans les rôles titres jusqu’au crescendo final, toujours autant émouvant.

Car si le divorce par consentement mutuel est possible depuis la loi de 1975 la garde des enfants restera toujours un sujet épineux. Aucune (bonne) solution n’existe, sinon cela se saurait. Le mot même de « garde » devrait être remplacé; cela changerait bien des points de vue. Il y a derrière ce terme une connotation de conserve qui ne facilite pas les choses.

Le scénario ne se résume pas une question de divorce et de lutte pour la garde de l'enfant. L’adaptation théâtrale met bien en relief les conséquences de l’abandon de la carrière professionnelle au « profit » du mariage et la difficulté à se réaliser que la femme subit sans avoir d’autre issue que la fuite.

De son coté le mari découvre la vraie vie, c’est-à-dire qu’il doit apprendre à concilier son foyer et son travail, dans une société qui n’a pas toujours les idées larges.

L’enfant navigue entre toutes ces contraintes. Il était formidablement interprété le soir de ma venue mais je gage que les quatre comédiens sont aussi bons. (il est interdit de faire travailler les enfants plusieurs soirs de suite). On pense que sa présence se résumera à une apparition alors qu’il occupe vraiment l’espace.
Les rôles secondaires apportent respiration et humour. On savoure leur jeu, volontairement appuyé. On rit franchement. Ce qui n’empêche pas de réfléchir et de se faire « cueillir » par la dernière scène, quand la mère qui vient de gagner son procès renonce par amour à le faire appliquer, comprenant que le plus n’est pas forcément le mieux.

On dit que cette querelle juridique a inspiré le texte de la chanson Mon fils, ma bataille à Balavoine. Il donne tort à la mère : pour lui Fallait pas qu' elle s' en aille. La pièce rétablit subtilement les responsabilités réciproques grâce à des dialogues savoureux, parfois très drôles : éreintée par les douleurs de l’accouchement Joanna promet que la prochaine fois elle l’enverra par la Poste.

Des années plus tard, rongée par l’ennui, elle répondra à l’anodine question : qu’est-ce que tu fais de tes journées ? qu’elle construit des garages (en Lego). Ted Kramer fait les comptes. Une fois déduites toutes les dépenses qui seraient conséquentes à la reprise d’un travail ne resterait, sauf erreur de sa part, que la ridicule somme de dix dollars, ce qui lui fait conclure qu’on n’a pas les moyens que tu travailles Joanna !

C’est la Cour suprême de New York qui rend son jugement, approuvant que travailler ne ferait pas de Joanna une mauvaise mère pour autant. Il ne vient d’ailleurs à l’idée de personne de contester le droit au travail du père.

Le film avait été primés aux Oscars … la pièce pourrait l’être aux Molières.

On pourra aussi voir le couple à la télévision le jeudi 11 novembre à 20h45 sur TF1. Frédéric Diefenthal a tourné avec Gwendoline Hamon, la fiction Les virtuoses, une comédie d'action qui repose sur un tandem improbable et décalé qui joue au chat et à la souris, sans jamais réellement savoir lequel manipule l'autre.

Kramer contre Kramer, Une pièce d’Avery Corman
Adaptation Didier Caron et Stéphane Boutet
Avec Roland Marchisio, Maud Le Guenedal, André Penvern, Romann Berrux, Raphaël Caduc, Antoine de Prekel, Gwendoline Hamon, Frédéric Diefenthal.

Jusqu'au 4 décembre 2010
Les mardi, mercredi et jeudi à 20h30, les vendredi et samedi à 20h45,
le dimanche à 15h.

Tarifs : de 10 € à 48 € Location : 01 42 96 92 42
ou sur le site du théâtre, http://bouffesparisiens.com


Bouffes Parisiens, 4 Rue Monsigny, 75002 Paris, Tél. : 01 42 96 92 42.
Métro Pyramides (ligne 7 et 14) ou Bourse (ligne 3)

Crédit photo de répétition : Charlotte SCHOUSBOE

dimanche 24 octobre 2010

Cuisinons les fromages, aujourd'hui le Bleu de Gex

Depuis que j'ai suivi un atelier d'analyse sensorielle de dégustation de fromages (et de vins) animé par Marie de Metz Noblat à Nancy et que j'ai "révisé" avec François Robin mon appétit pour le fromage en entrée, en plat et même en dessert n'a cessé de grandir.

Il existe plusieurs livres de recettes sur le sujet. Marie elle-même en a fait un très intéressant. Allez comprendre pourquoi j'avais envie de Bleu de Gex, de noix et de céleri. J'avais justement repéré une recette utilisant les trois ingrédients dans le livre de Véronique Chapacou qui me faisait saliver depuis plusieurs jours.

Les auteurs de la collection "Mon grain de sel" de Tana éditions sont des amateurs passionnés de cuisine … et qui ne se prennent pas pour des chefs. Ils cuisinent au quotidien, pour eux, pour leur famille, et ils ont envie de partager leurs petites trouvailles, sans prétendre être des cordons-bleus. Les photos sont prises en lumière naturelle avant de s'attaquer à la réalisation, fourchette en main. Les néophytes peuvent se sentir en confiance ... quoique c'est tout de même compter sans le tour de main indispensable dans certains cas-limites.

On devine sur la photo (ci-contre) que mon résultat est loin de l'objectif : le plat ne présente pas aussi bien que celui qui figure page 83. Ça n'a pas la même allure. Mais je vous garantis que le gout y était. Pour preuve : ma fille qui n'aime pas le céleri s'est régalée. C'est inespéré, croyez-moi.

Je veux bien croire que j'ai loupé le mode opératoire de l'émulsion de noix, ne serait-ce que parce que j'ai fait l'impasse sur la liqueur. Je vous donne en tout cas la marche à suivre dans son exhaustivité mais sachez que l'alliance sera réussie même sans émulsion. Le secret me semble être la cuisson du céleri à la vapeur.

On cuit donc le légume (un demi bulbe épluché suffira) 15 minutes à la vapeur. Histoire de ne rien perdre, j'ai utilisé le panier de l'autocuiseur alors qu'en dessous mijotait un assortiment de légumes pour une future soupe.

Lorsque le céleri est refroidi on coupe autant de belles tranches qu'on veut faire d'assiettes. Le plus joli est de découper des pavés rectangulaires à l'emporte-pièce. Le reste du légume passera ... à la soupe !

On débite le fromage en petits morceaux (50 grammes par personne) et on hache les noix (10 grammes par assiette). On dispose artistiquement sur le céleri. C'est pas le plus simple ...

Reste la "fameuse" émulsion qui se fait au blender avec
. 2 cuillères à soupe d'huile de noix (bio c'est mieux)
. 2 cuillères à soupe d'huile de colza(toujours bio)
. 2 cuillères à soupe de vinaigre de cidre (toujours bio)
. 8 cuillères à soupe de bouillon de légumes (vous comprenez pourquoi j'ai préparé une soupe en parallèle)
. 50 grammes de cerneaux de noix
. 2 cuillères à soupe de liqueur de noix (l'auteur ne dit pas cette fois que c'est bio)
. sel, poivre

J'ai camouflé les dégâts avec une petite salade et accompagné avec un pain maison ... aux noix bien entendu, dont je vous livrerai recette une prochaine fois.

Autres recettes aussi originales qu'appétissantes dans le livre de Véronique Chapacou Variations inventives autour des fromages au lait cru chez Tana Editions en septembre 2009.

Calendrier des ateliers d'analyse sensorielle animés par marie de Metz Noblat à l'Epicerie du Goût sur le site dédié.

samedi 23 octobre 2010

Sophie Liédot expose Orient à l'Orangerie du Plessis-Robinson (92)

Sophie Liédot inaugure les rendez-vous de l'Orangerie, un nouvel espace dédié à la culture et à la recherche artistique, restauré par la ville du Plessis-Robinson et réouvert au public depuis quelques mois.

Passionnée depuis l'enfance par la photographie Sophie Liédot a décidé d'en faire son métier en travaillant pour le journal d'Antony et ensuite celui de Chatillon (92).

En parallèle de ses reportages elle mène une recherche artistique et expose à partir de 1997. Elle est aujourd'hui présente dans une galerie new-yorkaise.

Cette amoureuse de la géométrie aime par-dessus tout étirer les formes et les couleurs pour donner à rêver ceux qui regardent ses photographies qu'elle compose sous plexiglass ou sur aluminium comme des tableaux.

On verra comment elle transforme une simple porte, une roue, le portrait du Président Mao, un bouquet de fleurs, les rues de Manhattan et même quelques boites à trésor.



L'exposition qui se tient jusqu'au 29 octobre au Plessis-Robinson permet de découvrir plusieurs facettes de son art.

Les compositions végétales sont des créations originales d'un talentueux jardinier de la ville, Stéphane.


Orangerie- rue de la Mairie, entrée face à l'Hôtel de Ville, 01 46 01 43 21
Entrée libre tous les jours de 15 à 19 heures, sauf le lundi
Rencontre avec l'artiste aujourd'hui de 16 à 19 heures

vendredi 22 octobre 2010

Cours de cuisine italienne à la Cucina di Casa Mia

(mise à jour 28 novembre 2010)
Mia Mangolini ne fait pas de fausse promesse. C'est bien dans la cuisine de sa maison qu'elle accueille ses élèves. Elle habite une minuscule villa, dans une rue où les rebords de fenêtres sont illuminés par la flamboyance des capucines d'automne.

Il existe en effet dans le XIX° arrondissement de Paris un quartier construit comme une cité-jardin à l'anglaise qui, malgré un nom exotique (la Mouzzaia) m'évoque tout de suite un petit coin de Touraine et sa légendaire douceur angevine.

Les plantes grimpantes, le fouillis où murissent encore de jolies grappes de tomates cerises, le salon de fer forgé, la grande cheminée et le calme nous invitent à la paresse. Tablier noir et torchon blanc nous rappellent à l'ordre. Mia enseigne la cuisine italienne. Et nous sommes venus pour apprendre les bases de la fabrication des pâtes fraiches.

Nous ferons ce matin des tagliatelles aux châtaignes et des raviolis au potiron. les ingrédients sont prêts. Tout est déjà pesé. L'essentiel est d'être suffisamment initié pour oser reproduire les gestes plus tard chez soi (ce que j'ai fait avec un peu moins de bonheur mais sans perdre l'envie de recommencer).

Malgré quelques pauses, stylo et/ou appareil photo à bout de bras j'ai réussi régulièrement à rattraper mes retards pour m'acquitter des tâches imparties.

Pour vous ce sera inutile de prendre des notes : vous repartirez avec recettes et conseils sur un recto-verso plastifié. Vous absorberez les conseils de Mia comme la farine intègrera l'eau et l'œuf. Avec facilité.

1ère étape : la pâte fraiche

Si secret il y a c'est dans l'équilibre entre le sec et l'humide : exactement 100 grammes de farine pour 1 œuf entier à température ambiante. Comptez 105 grammes si vous mettez 5 grammes de tomates ou de tout autre composant pour parfumer vos pâtes ... des herbes finement hachées, du safran, du café, et même du cacao ... mais jamais de sel.

Une fois la technique acquise on pourra se lancer dans des variantes. En Ligurie on remplace l'œuf par du vin blanc. Dans d'autre régions on emploie de la bière.

Historiquement ce sont les Étrusques qui ont pétri les premières pâtes fraiches (farine et œuf) alors que les pâtes sèches (blé dur et eau) viennent d'Afrique. Deux traditions radicalement différentes qui se sont rencontrées en Italie. Les premières usines usines se sont installées dans les ports de Naples et de Gênes où les séchoirs bénéficiaient d'une ventilation naturelle. Ces deux noms ont longtemps désigné le format. La gênes préfigurait la fettucine.

Mia nous encourage à plonger l'index dans l'œuf et à tourner avec régularité et patience. On obtient vite un pâton que l'on va pétrir à la manière du chat qui écarte et resserre se griffes sur un coussin mou. Il faut agir avec force et détermination. On laisse reposer au moins 30 minutes à température ambiante sous un film étirable pour éviter le dessèchement.

2ème étape : farce et sauce

Les élèves se déploient autour du plan de cuisson sans vivre le stress d'un épisode de master-chief. Chacun à son poste exécute les ordres avec application. Aucune fatigue à écraser les amaretti sous le pilon thaïlandais. Le parmesan frise sous la râpe microplane. Le laurier sera cueilli frais dans le jardin. Les cèpes, magnifiques, se laissent caresser sous le pinceau pour aller en beauté fondre dans un beurre qui embaume le romarin. Ce serait criminel (et peu économique) d'en retirer le foin. On fera juste sauter les pieds coupés en gros dés deux minutes de plus dans la poêle.

Une musique apaisante n'est pas couverte par les crépitements des feuilles de la sauge qui frit sans brûler. Le cours est censé durer trois heures mais l'horaire n'est qu'indicatif. On prendra le temps qu'il faudra pour que ce soit bon, voire excellent.

Mia s'arrête pour nous parler des produits et des artisans où elle s'approvisionne.

L'ail est rose. On casse la noix de muscade au casse-noix pour la libérer de sa dure enveloppe de macis. Le sel fin est un sel marin gris qui a été pilonné. Les fleurs de fenouil proviennent d'un boucher toscan capable de réciter la Divine Comédie de Dante. Sa table d'hôtes célèbre une cote de bœuf entière à la fiorentina quand il n'est pas devant les caméras de télévision à vilipender le scandale de la vache folle.

Quand Mia est pressée elle emploie du bouillon en cubes mais en veillant à ce qu'il ne contienne pas de glutamate, un poison pour la santé qu'il faut traquer dans les listes d'ingrédients. On retiendra la leçon !

On se souviendra aussi qu'une farce pour ravioli doit inclure un ingrédient qui absorbera l'humidité (ici ce seront les amaretti).

3ème étape : le façonnage

Le laminoir est idéal pour étirer la pâte des raviolis. On passe une fois dans chaque épaisseur et deux dans la plus fine.

On marque légèrement la dimension des raviolis comme une couturière trace son patron, avant de poser la farce à la cuillère au milieu de la première moitié de chaque bande.
















On replie la moitié libre par dessus en appuyant du centre vers les bords pour chasser l'air et faire adhérer les deux parois.

C'est ensuite qu'on découpe avec la roulette qui en fait écrase plus qu'elle ne tranche. Il ne faudrait pas que le ravioli s'ouvre dans l'eau de cuisson ...

C'est la phase la plus fastidieuse et nous sommes prêtes de renoncer. On adopte sans réserve la préconisation qui nous semblait farfelue tout à l'heure. La prochaine fois nous servirons plutôt 6 grosses pièces à chacun de nos invités que 36 de taille classique, ce qui représentera six fois moins de travail. Originalité garantie car la taille XXL n'existe pas dans le commerce.



La découpe des tagliatelles est rapide et peut s'effectuer sans matériel professionnel. Pourvu qu'on ait un rouleau à pâtisserie assez lourd, de la force et une bonne technique. On pose sa boule refaçonnée en un cube sur le plan de travail fariné et on étale la pâte au rouleau en appuyant en partant du centre vers l'extérieur.

Il faut tourner la pâte de 90° et l'inverser presque à chaque fois. Persévérer jusqu'à obtenir une feuille fine (et très longue). On la plie ensuite plusieurs fois en deux, toujours dans le même sens,en farinant une moitié. On s'arrête quand l'accordéon fait la surface d'une demi-main.

On peut alors trancher au couteau à grande lame, à la largeur correspondant aux pâtes que l'on veut obtenir (1 cm pour des tagliatelles). Tous les 4-5 morceaux on déplie délicatement la bande que l'on pose à cheval sur un barreau du séchoir ... ou de tout autre bricolage"maison" à partir de baguettes.

Dans une heure elles seront suffisamment sèches pour être plongées dans l'eau bouillante et rejoindre la sauce aux cèpes.

4ème étape : dégustation

La chef avait promis qu'on mangerait nos préparations mais elle ne nous avait pas annoncé un repas complet. C'est en vraie hôtesse qu'elle nous invite à passer à table. Elle a composé de jolies assiettes d'antipasti aux couleurs du drapeau italien pendant que nous fatiguions sur la confection des raviolis.

Le jambon est toscan, le pain sarde, les câpres siciliens et la roquette tente d'affirmer un soupçon d'amertume qu'une huile d'olive très fruitée s'empresse de calmer.





La sauge croque entre deux raviolis fondants.

Les tagliatelles (dans une proportion de farine de châtaignes pour un quart, de T55 pour les trois autres) s'accordent avec les champignons. Le vin frais rouge se laisse boire.

Mia nous fait encore la surprise d'un dessert, classique et indétrônable, avec une coupe de tiramisu, avant de clôturer sur un expresso. Quatre heures auparavant je n'imaginais même pas que je saurais en faire tant. Chacun se sent en confiance pour reproduire l'expérience avant de revenir pour de nouveaux apprentissages.

Pourquoi pas le risotto (mercredi 3 novembre) et l'emploi des truffes (samedi 20) ... ? Les cours sont programmés les mercredi de 18 à 21 heures et les samedis de 10 à 13 heures. Programme complet sur le site de Mia : http://www.cucinadicasamia.fr/

Outre le plaisir de cuisiner avec elle l'investissement sera rentabilisé. Il suffit de regarder de près le prix de vente des pâtes fraiches alors que pour 30 à 40 centimes par personne vous ferez aussi bien vous-même. L'émission Capital sur M6 l'a pointé le dimanche 28 novembre en diffusant une séquence filmée chez Mia.

jeudi 21 octobre 2010

Corps de Fabienne Jacob

L’écriture de Fabienne Jacob est à la fois déroutante et familière, quasi familiale. Le livre s’ouvre sur un départ, se clôture sur une arrivée. Entre temps aura surgi une série de corps féminins dont l’histoire résonne avec sa généalogie, la sienne propre, ou celle de la narratrice. Avec, au milieu du roman, la traversée d’une figure paternelle au regard flottant et brûlant.

Monika, celle qui raconte, porte un « nom de fraise sauvage dans une clairière qui lui fait connaitre la Suède sans y être jamais allée ».

Monika, l’esthéticienne, a le regard d’une photographe quand elle scrute la peau des clientes de l’institut. Elle vit à la ville mais elle est restée campée sur ses assises paysannes. On pourrait penser parfois à Marie-Hélène Lafon.

Que le roman ait dérouté plus d’un lecteur professionnel de la chose écrite ne me surprend guère. Ce n’est pas un livre qui se laisse lire avec précipitation. Qu’il ait séduit le jury d’un Prix littéraire ne m’étonne pas davantage. Parce qu’il est singulier, assez cohérent avec l’image que l’auteur a des femmes.

Elle écrit (page 57) qu’elle préfère celles à qui il manque quelque chose, celles qui désirent à celles qui possèdent, celles qui continuent d’attendre qui continuent de palpiter.

Et puis au cas où le lecteur n’aurait pas « imprimé » -comme on dit aujourd’hui-, elle nous le ressert page 157 avec les mêmes mots. On pourrait lui retourner le compliment.

Les femmes sont belles quand elles sont dans leur vérité. Exactement dans la coïncidence de leur corps et des années. Là encore cela nous sera dit deux fois.

Fabienne Jacob ne s’est pas dépouillée de la grande matrice de l’enfance. Son modèle demeure Else, la grande sœur et sa supériorité qui l'autorise à croire qu'elle peut lui faire croire presque tout ... Elle tourne autour de la scène primitive et nous fait valser dans son tourbillon.

Le livre devient une chanson douce, avec ses couplets écrits comme des nouvelles (ce qu’elle avait excellé à faire dans son premier livre), autant de petits hymnes à des femmes qui ne seront jamais des héroïnes, et des petits refrains qui enfoncent le clou de ses convictions. Avec une poésie de l'extrême.

L’écriture bute sur la syntaxe, enjambe les premières parties de négation, s’affranchit des virgules, raconte par bribes, flirte avec le franc parler (Ludmilla ! Arrête le gloss, arrête les caleçons). Çà sonne. Çà tonne. Çà remue dans un monologue titubant, un déhanchement du texte, un swing. Et çà résonne à tue-tête comme la musique de Jacques Brel.

Oui les magazines sont remplis de corps de femmes qui n’existent pas. Oui elles veulent avoir le même. Au diable s’il faut pour cela avoir des seins morts. (page 34) Oui, les femmes en sont sans doute conscientes. Mais non, elles ne veulent pas qu’on leur montre autre chose. Les publicitaires qui ont osé photographier de vraies personnes sans faire les retouches habituelles n’ont pas vu les ventes progresser. Les femmes s’accrochent à leurs rêves. Voilà tout.

La photo de couverture montre d’ailleurs un dos assez exemplaire. En noir et blanc tout de même. Presque dans la position figée avant une radiographie. Le texte est couché sur un papier crème. Un livre d’automne …

Avant de le refermer mes yeux portent sur la dédicace : à mon père, où qu’il soit. La petite phrase fait intimement écho aux premiers mots du roman : Quand tout aura disparu, il restera cela. Pouvoir éteindre une lampe (…) Le pouvoir de faire disparaitre.
J'avais rencontré Françoise Jacob à Nancy, invitée pour la première fois au Livre sur la place. La mosellane était plutôt émue de retrouver la ville où elle avait fait ses études avant d'entreprendre de lointains voyages. L'échange qui avait été arbitré entre elle et Claire Castillon par Sarah Polacci pour Radio Bleue Lorraine avait été très intéressant. Leur vision du corps féminin était assez complémentaire.

Je publierai bientôt un portrait de Fabienne Jacob sur Lorraine de cœur. Dans cette attente écoutons là s'exprimer plus personnellement:


"Corps" de Fabienne Jacob
envoyé par editionslibella. - Regardez plus de courts métrages.

mercredi 20 octobre 2010

Be bad, la comédie de Miguel Arteta, elle est terrible !

Les cinéphiles ne vont pas admettre que je donne 4 étoiles à ce film et que je ne m'extasie pas devant les Amours imaginaires de Xavier Dolan. Disons que c'est une question d'ambition et de simplicité.

Il s’agit en résumé des aventures sentimentalo-rocambolesques inspirées de la série best-seller de C. D. Payne Youth in Revolt. On suit un adolescent amoureux lancé sur les traces de Sheeni, la fille de ses rêves rencontrée dans un camping, qui s'invente un double pour se donner le courage de la séduire. Ce garçon maladroit apprendra à se connaître en essayant de devenir un autre.

Nick Twisp (je ne suis pas spécialiste de sémantique américaine mais je flaire le jeu de mots dans ce patronyme) construit ce « double » pour répondre aussi bien à l’idéal masculin de Sheeni qu’à la projection qu’il se fait du séducteur idéal, qui pourrait être un jeune français des années soixante. Il lui donne le prénom de François, le nom du braqueur de banque Dillinger (interprété par Johnny Depp dans Public Enemies de Michael Mann), lui fait porter la moustache à la Patrick Dewaere, l’habille comme jacques Dutronc, lui met dans la poche le paquet de cigarettes de Serge Gainsbourg et lui fait prendre des airs de dandy qui aurait été un mauvais garçon dans une autre vie.

Bien entendu c’est le même acteur qui interprète les deux rôles. C’est un régal de voir Michael Cera passer de l’un à l’autre avec agilité. On avait déjà pu le voir en 2007 dans le rôle du petit ami d' Ellen Page dans Juno ou encore dans SuperGrave. Il tient également cette année le haut de l'affiche de la superproduction Scott Pilgrim vs. the World.

Sa partenaire, Portia Doubleday, joue une adolescence raide dingue des artistes français et de la culture française. Là encore c’est un régal (nombriliste je l’accorde) de l’entendre citer le cinéma de la nouvelle vague, et fredonner des airs familiers de notre propre adolescence (enfin je parle pour moi). On reconnait Bang bang de Sheila, dans la version originale de Dalida, et puis Brigitte Bardot dans une chanson qu’on ne se souvient même pas soi-même d’avoir entendu.

Cela nous change de la trop caricaturale image du gaulois en béret avec sa baguette sous le bras. C’est même plutôt flatteur de passer pour un peuple intellectuel, surtout dans un film qui est une vraie comédie. Je préfère les discrètes mais claires références à la vague Belmondo que les citations appuyées de Xavier Dolan. Les bons divertissements se font rares et quand on en trouve un on a envie d’applaudir.

Le film intègre de belles séquences animées qui apportent une fantaisie supplémentaire aux génériques et à quelques scènes de transitions.

On ressort de ce film attachant avec un regard plus tendre envers la jeunesse et les quatre cents coups qu’elle réinvente à chaque génération. On est prêt à lui pardonner toutes (presque) ses bêtises … peut-être moins à tendre les clés de sa voiture. Ceux qui sont allés voir le film comprendront !

Je suis allée voir le film dans une des rares salles qui le programmaient encore, loin de l’agitation élyséenne.

C'était le beau et confortable cinéma Jean-Vilar, 1 rue Paul-Signac, 94110 Arcueil - 01 41 24 25 50.

On devrait penser davantage aux équipements de la banlieue, souvent excellents et à des tarifs très compétitifs.

Articles les plus consultés (au cours des 7 derniers jours)