dimanche 19 juin 2011

Images de Rivages, un spectacle de la compagnie Carpe Diem

L'acrobatie est un des axes forts de l'édition Solstice 2011. Le festival ouvrait vendredi 17 juin avec deux spectacles de mâts chinois dans le Parc Marc Sangnier d'Antony (92) offerts en accès libre.

En-O fut l'occasion de découvrir le travail de Ode Rosset et de Charlotte Pouvreau qui ont singulièrement fait frissonner les spectateurs par l'audace de leurs prises de risques.

Rivages avait été annulé l'an dernier pour cause de maternité de Marie-Anne Michel. Elle était au rendez-vous cette année, avec son partenaire Lionel About et leurs deux bâtons. J'ai pu photographier l'essentiel de leur traversée en apesanteur, démarrant à l'horizontale, pour aboutir à une verticale.
Marie-Anne avance un pas après l'autre, sans jamais toucher terre.Lionel tire un bâton dès que le corps de la femme ne pèse plus sur lui.Les mouvements sont un éloge de la lenteur,
sur une musique répétitive qui met en relief des mouvements toujours différents.La bande-son scande "c'est pas un hasard" et l'on sent que le moindre geste est pensé.
Chacun a besoin de l'autre pour aller jusqu'au bout du parcours.

De l’horizontale, les bâtons vont peu à peu s’incliner plus fortement au fur et à mesure de leurs déplacements, jusqu’à devenir verticaux par moment,

les pentes proposées ne cessant d’offrir de nouveaux appuis, de nouveaux contrepoids aussi...Jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un tube vertical. La traversée se poursuivra mais vers le haut maintenant,avec force et délicatesseen jouant toujours sur l'équilibre dans le déséquilibre
quitte à ce que l'une marche sur les mains de l'autre, sur le bruit du sable qu'on écrase de ses pas.jusqu'à la verticalité totaleLa performance se remarque à peine, pourtant Marie-Anne est suspendue sans les mainset ce sont les enfants qui s'en étonnent le plus
Il faut forcément avoir une confiance sans limite dans son partenaire. Le spectacle s'est achevé quelques secondes avant que le vent ne se lève et ne rende la performance trop périlleuse. Le souffle du vent s'accordait si bien avec la musique qu'on a pu se demander un instant s'il était bien réel. Le voyage fut physique autant qu'intérieur. Après nous avoir embarqués loin de notre rive quotidienne la compagnie Carpe Diem nous ramenait sur le bord avec la légèreté d'une ivresse vertigineuse.

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