On a l'habitude de se trouver en immersion à L’Atelier des Lumières mais ce terme n'aura jamais été aussi juste pour décrire l'expérience de visite de l'exposition Renaissance : De Vinci, Raphaël, Michel-Ange qui pose un nouveau regard sur l’une des périodes les plus fondatrices de l’histoire de l’art.Les progrès techniques (et probablement un énorme travail) ont permis un saut qualitatif, par rapport aux créations précédentes, pourtant déjà fort belles, inscrivant durablement cet endroit comme leader et référence incontournable du secteur.
Cette nouvelle expérience va ravir ceux qui ont visité Clair-obscur à la Bourse du commerce. On change d’époque mais le travail de la lumière est une fois de plus saisissant.
Ce qui est remarquable, c'est la volonté de stimuler davantage l'imagination du spectateur en lui laissant le temps de s'imprégner des oeuvres , de comprendre leur naissance, d'activer l'envie d'oser pousser la porte des musées et pourquoi pas de projeter un séjour en Toscane. Cela peut sembler paradoxal et pourtant les équipes de création de Culturespaces n'ont fait "que" pousser un peu davantage les curseurs de leur marque de fabrique, sans perdre pour autant le sens du récit et le caractère spectaculaire des précédentes qui ont forgé l'ADN de l'Atelier des Lumières depuis 7 ans.
Jean-Baptiste Hardoin, le directeur de création, a commenté au cours de la matinée consacrée à la presse, le soin apporté à l'écriture d'un texte d'accompagnement en collaboration avec Florian Métral, historien de l'art qui est -et c'est une première- donnant la parole à Giorgio Vasari (1511 -1574), peintre, architecte et écrivain toscan, interprété par un comédien de théâtre, Féodor Atkine, tout en étant lisible sur les murs, en français et en anglais.Il a expliqué combien la richesse de l'iconographie sur l'époque avait facilité (au prix de nombreuses heures de post production) l'immersion au plus près des oeuvres. de fait, on a souvent presque le nez sur la toile ou le marbre dont on devine la complexité du grain.
Les play-lists montées spécialement à partir de succès connus pour susciter l'émotion à la vue des toiles de Picasso ou du Douanier Rousseau comme des tombes des pharaons étaient formidables. Mais cette fois on a suivi une autre voie en s'appuyant sur une composition musicale originale, enrichie de morceaux actuels tels que When the party's over de Billie Eilish.
Tout part de la beauté et de l'harmonie du paysage toscan nous prévient Vasari.
On commence avec la noirceur du sfumato maîtrisé par Vinci pour faire apparaître des portraits. Les ombres projetées de ses machines font entrer le spectateur dans la troisième dimension. Nos sommes comme lui fascinés par la structure des polyèdres (qu'il n'a pas inventés).
On découvre alors le "non finito" de ses sculptures et son art de la scénographie avec une évocation de la Fête au Paradis organisée pour les noces du duc Sforza au cours d laquelle il recréa la nuit dans la nuit.
On a le nez collé sur ses toiles grâce à l’hyperprécision de scans haute résolution. On admirera les proportions idéales de La Cène, sa peinture murale à la détrempe (1495-98), la profondeur du regard de La dame à l'hermine (1488-90) et bien entendu le Portrait de Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Giocondo, autrement dit La Joconde dont je ne montre ci-dessous que les yeux car je vous fais grâce de ce si célèbre tableau.
Plusieurs panoramiques sur la Toscane sont ponctués d'indication de noms de lieu( visibles en cliquant sur les photos pour les agrandir), ce qui est fort pédagogique. Plus tard les noms des tableaux seront également mentionnés très clairement.
Nous voilà maintenant invités à entrer dans une loggia du Vatican sublimée par Raphaël.
Nous prendrons le temps de décrypter La fresque d’Athènes qui représente les grands philosophes de l'Antiquité dans une composition parfaitement maitrisée.
Raphaël peint également de nombreuses Madones, aux expressions douces et humaines, devenues des modèles de perfection. Excellent dessinateur, il maitrise la perspective et l'organisation de l'espace avec une grande précision. Les immenses portraits des mécènes et des notables entrepris par l’artiste en font la démonstration. Comme ci-dessous le Double Portrait d'Andrea Navagero et Agostino Beazzano (1516)
Nous aurons auparavant reconnu les angelots tout autant inséparables de son oeuvre que le sourire de Mona Lisa pour Vinci.
Un sol enfumé nous conduira dans l’univers de Michel-Ange dont la maîtrise de la sculpture lui valut le surnom de "il divino". Les plans séquence se déploient sans hâte accompagnés de la superbe voix de Billie Eilish qui nous donne envie de danser autour des sculptures qu’on regarde de si près qu’on pourrait en toucher le grain.
David apparaît dans sa célèbre musculature. Il fallait du génie pour le faire naître de ce monolithe de l’arbre de Carrare que les multiples défauts condamnaient.
Les fresques dessinées dans les salles secrètes sous l’église de San Lorenzo contrasteront avec les couleurs vives du jugement dernier de la Chapelle Sixtine.
Le voyage s’achève. Il a duré presque une heure et semble pourtant très court. Jamais L’Atelier des Lumières n’aura aussi bien mérité son nom. Jumeaux numériques, modélisation 3 D, reconstitution graphique, projecteurs à faisceau étroit, dispositifs stroboscopiques, lasers et brouillard ne seraient que des outils artificiels s’ils n’étaient pas aussi intelligemment mis au service de l’art.
Beaucoup d'oeuvres, pourtant très connues, sont légendées par souci pédagogique. Comme Saint Georges et la princesse de Paolo Uccello que j'ai récemment admiré au musée Jacquemart-André. Ou encore La naissance de Vénus de Boticelli, ou La Conversation sacrée des Ingesuati de Domenico Ghirlandaio.
Rien n’est ostentatoire. Ni la multiplication à l’infini de la coupole de l’église Sainte-Marie-du-Peuple à Rome, ni le reflet du marbre et des sols sur la surface de l’eau, ni la fresque chronologique qui se déploie à l’intérieur de la citerne.
Allez-y. Osez ensuite pousser la porte des musées et ouvrir les ouvrages d’art pour approfondir sur les œuvres majeures de Léonard de Vinci, Raphaël et Michel-Ange. Tout va de pair.
Les enfants ne sont bien entendu pas oubliés. L'accès à l'Atelier des enfants est inclus dans le billet de visite. Cette seconde salle interactive permet d'explorer l'univers de Léonard de Vinci grâce à des dispositifs ludiques et créatifs. Les enfants pourront colorier selon leurs envies l'une de ses machines emblématiques. Puis ils scanneront leur dessin, qui se retrouvera projeté sur les murs et prendra vie au cœur d'un décor inspiré des chefs-d'œuvre de la Renaissance...
Ils pourront même ensuite interagir avec les machines déjà présentes dans l'espace, les animant en les touchant sur le mur.
Renaissance : De Vinci, Raphaël, Michel-Ange
À partir du 13 mars 2026
A l'Atelier des lumières - 38, rue Saint Maur - 75011 Paris
Du 13 mars au 28 juin 2026
Les horaires varient d'une période à une autre.
Du 16 mars au 5 avril le centre est ouvert du lundi au dimanche de 10 à 18 heures (les jeudis et vendredis jusque 21 heures)









































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