En effet, situé en Touraine, sur la commune de Lémeré (Indre-et-Loire) et inscrit parmi le réseau des grands sites patrimoniaux de la Loire, le domaine se compose d’une forteresse seigneuriale remontant au XIII° siècle et d’un logis Renaissance classées Monuments Historiques, avec un pressoir original, organisé autour d’un patio comme en Bourgogne et non creusé dans la roche comme c’est fréquent dans la région.
Il réunit l’architecture médiévale et Renaissance, l’art des jardins, l’art contemporain auquel ceux qui ont la chance d’y séjourner ajoutent l’art de vivre.
Je vous emmènerai un prochain jour visiter les bâtiments, admirablement restaurés, et nous nous attarderons sur l’exposition temporaire d'art contemporain qui se poursuit jusqu’au 1er novembre 2026, tout en pointant quelques oeuvres de la collection permanente.
Si vous souhaitez "tout" savoir à propos du Riveau consultez le site qui est très bien fait et où tout est détaillé avec précision.
Aujourd’hui, nous allons arpenter les différents espaces extérieurs qui doivent beaucoup à la détermination et la compétence de Patricia Laigneau, propriétaire des lieux depuis 1992 avec son mari Eric. Car il fallut bien du courage et de l’imagination pour redonner un cadre bucolique à un endroit qui avait été laissé à l’abandon et qui était exploité en tant que ressource agricole. Désormais les jardins sont labellisés Jardins remarquables et composent un écrin à un parc d’une vingtaine de sculptures contemporaines monumentales.
Jardin botanique mais aussi jardin de sculptures, les pièces monumentales de Pierre Ardouvin, Lilian Bourgeat, Laurent Pernot, Jean-Pierre Raynaud, Philippe Ramette, Fabien Verschaere... font écho à la collection d’œuvres d’art exposée à l’intérieur du château : Jan Fabre, Théo Mercier, Julien Salaud, Jeff Koons ... et qui seront détaillés ultérieurement dans un second article.
Il faut resituer le domaine dans une région vallonnée, très verte, marquée par la fameuse douceur de vivre tourangelle. L’arrivée s’effectue par une route de campagne tranquille qui évoque un peu la Toscane et la première impression est olfactive. Patricia Laigneau a été bien inspirée de convertir un dépotoir en un massif de lavandes et de santolines qui nous accueille avec plus d’originalité qu’un parterre de buis.
On estime la superficie du domaine initial des Beauvau au nombre de pigeons que pouvait accueillir le pigeonnier, 1200, donc 2500 hectares en appliquant le droit seigneurial. Une fois passé le portail Renaisssance, nous entrons dans l’enclos de la cour des communs qui s’appelait autrefois Cour des Servitudes et qui, elle aussi, se trouvait dans un état pitoyable.
Il était évident pour Patricia Laigneau de rendre hommage à un homme de la région, l’humaniste et bon vivant Rabelais, connu pour sa formule, l’appétit vient en mangeant, la soif en buvant. Voilà pourquoi le potager porte le nom de Gargantua. Il a reçu le Grand prix du potager innovant en 2017, et il est depuis 2013 Conservatoire du Patrimoine Légumier de la région Centre-Val de Loire. Il va de soi qu'il est cultivé selon les bons principes pour la préservation de la planète. J'adorerais y faire un stage …
Des variétés méconnues ou qui risquent de disparaitre y sont cultivées afin d’être reproduites et partagées avec d’autres jardins comme le Chou navet jaune de Saint-Marc, le Céleri violet de Tours, le Haricot Barangeonnier, le Flageolet de Touraine, la Sucrine du Berry et la Citrouille de Touraine.
A la fin de l’été on verra entre les fleurs des légumes à développement digne de Pantagruel : artichauts, potirons, citrouilles et autres cucurbitacés dont la collection est proche d’une cinquantaine de variétés, parmi lesquelles le Potiron rouge d’Etampes ou le Bleu de Hongrie, le Gros jaune de Paris, la Galeuse d’Eysine, la Courge Marina di Chiogga, la Melonette Jaspée, la Courge Spaguetti ou le Turban d’Aladin, pouvant tous être dégustés dans les deux restaurants. Par contre la Citrouille de Touraine, la Calebasse d’Hercule, la Courge Eponge ou le potiron Jack O’ Lantern ne seront présents qu’à des fins décoratives.
Ce qui frappe le plus, en ce mois de mai, c’est la profusion de roses avec 3000 pieds de 512 variétés, dont certaines sont des variétés anciennes, très odorantes. On admire parmi elles le rosier liane Château du Rivau Everive, créé par André Ève capable de monter jusqu’à près de 7 mètres de hauteur.
Les rosiers sont des couvre murs idéaux pour les douves du château (dont la pierre blanche réfléchissait une lumière éblouissante) ou pour embellir les grands arbres. Élu "Fleur de l'année 2005" par les lecteurs de Rustica, les fruits abondants du rosier liane Château du Rivau font le bonheur des oiseaux. Et je peux vous dire que le concert est incessant.
Les roses les plus parfumées sont celles des rosiers galliques mais ceux-ci n’étant pas remontants (ils ne fleurissent qu’une fois dans l’année) ils ne sont pas les plus plantés. Je ne résisterai pas au cours de la matinée à prendre ces fleurs en photo et je vous les montre tout de suite avant de reprendre le parcours.
















































