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mardi 20 mai 2025

Juste Irena, conception et mise en scène de Cédric Revollon

Je suis allée spécialement voir Juste Irena au SEL de Sèvres parce que je voulais découvrir le spectacle en raison de son thème mais aussi pour voir le travail de mise en scène et de marionnettes de Cédric Revollon que je ne connaissais jusque là qu'en tant qu'acteur, dans Suite française et Est-ce que j'ai une gueule d'Arletty ? J’ignorais d’ailleurs que plusieurs spectacles de marionnettes jalonnent aussi son parcours de comédien.

J'ai discuté quelques minutes avec lui sous les centaines de grues blanches en origami qui pendent du plafond du hall. J’y ai vu d'heureux symboles de loyauté et de paix s'accordant parfaitement avec le thème de la pièce.

Il a découvert l'existence d'Irena Sendler (du nom de son premier mari) à travers un post sur un réseau social et s'est intéressé à son histoire. Je ne la connaissais pas davantage alors que plusieurs livres ont raconté sa vie et fait l'éloge de son courage et il y eu aussi un film américain réalisé par John Kent Harrison en 2009, The courageous heart of Irena Sendler, avec Anna Paquin dans le rôle principal, et les acteurs Marcia Gay Harden et Nathaniel Parker.

Irena, de son nom de jeune fille Irena Stanisława Krzyżanowska, est née le 15 février 1910 à Varsovie et morte le 12 mai 2008 dans la même ville. C'était une assistante sociale, catholique, résistante et militante polonaise qui sauva 2 500 enfants juifs en les faisant sortir clandestinement du ghetto de Varsovie durant la Seconde Guerre mondiale.
Irena, crédit photo Gilles Le Dilhuidy

Elle a été arrêtée par les nazis, fut torturée pendant des semaines, mais a repris son travail ensuite, venant en aide aux orphelins et créant des maisons d'enfants et des maisons de retraite.

Au printemps 1945, elle a tenté de retrouver la liste des enfants enterrée dans les ruines du jardin détruit pendant l'insurrection, sans succès. Les femmes de son équipe et elle-même l'ont reconstituée de mémoire. Elle est aujourd'hui conservée aux archives israéliennes mais tenue secrète par respect pour les familles concernées.

Elle a été déclarée Juste parmi les nations en 1965. Sa candidature au Nobel a été proposée en 2003 par des enfants et a été réitérée en 2007 par le Sénat polonais. Mais elle décéda à Varsovie en 2008 à 98 ans sans avoir reçu cette distinction.
Liz, Megan et Sabrina, crédit photo Gilles Le Dilhuidy

Outre l'action exceptionnelle de cette femme, Cédric a été touché par la manière dont son histoire a commencé à être connue en 1999, grâce à quatre jeunes étudiantes et leur professeur de la ville d'Uniontown au Kansas. Megan Stewart, Elisabeth Cambers, Jessica Shelton et Sabrina Coons travaillaient sur un projet de fin d'études concernant les héros de la Shoah.
La chronologie n’est pas strictement respectée de manière à raconter la toute petite histoire pour découvrir la grande. Une histoire vraie qui se découvre par la fin. Le metteur en scène a choisi quatre comédiennes qui sont également les manipulatrices des marionnettes hybrides (qui sont assemblées à leur corps) pour assumer tous les rôles et a demandé à Léonore Chaix d’écrire le texte de la pièce.

Celle-ci est recommandée à partir de 10 ans (j’ai assisté à une représentation scolaire qui s’est déroulée avec des enfants extrêmement attentifs) et Cédric Revollon, dont ce sera la cinquième mise en scène, n’en est pas à sa première création pour cette tranche d’âge. Il a été nominé aux Molières en 2020 dans la catégorie "meilleur spectacle jeune public" pour Les yeux de Taqqi de Frédéric Chevaux.

Le traitement des différentes époques s’effectue parfois dans la réalité parfois dans le souvenir, en convoquant différentes esthétiques pour éviter une représentation réaliste crue, et instaurer la juste distance qui rend le spectacle accessible à tous les publics. Le plus souvent le théâtre d’ombres représente l’époque de la Seconde Guerre mondiale, les marionnettes le passé proche (1999) et les actrices de chair le présent (2022). Mais comme on le devine avec les quelques photos illustrant cet article les univers se fondent et se superposent, évitant toute systématisation.
Irena et les loups, crédit photo Gilles Le Dilhuidy

Il était essentiel de faire partager au public une émotion qui n’est pas facile à rende palpable au théâtre, celle de la peur. Elle est provoquée par d’immenses figurines au profil de loups, sortes d’ "Anubis" incarnant les bourreaux laissant apparaître, par un effet de transparence, l’humain sous la bête et dans lesquelles on lira une allusion à toutes les dictatures, des projections de croix et par une bande-son (réalisée par Rodolphe Dubreuil) composée de musiques et de divers bruits (parmi lesquels des roulements de train) qui vibre à l’intérieur de nos poitrines.

La création a exigé deux ans de travail mais le résultat est à la hauteur de l’ambition, avec une première représentation en octobre dernier et quelques-unes avant l’installation au festival d’Avignon.

J’ai beaucoup aimé certaines répliques qui reviennent plusieurs fois et qu’on a envie de s’approprier. Comme ce mantra illustrant la force de caractère d’Irena, partagée par les jeunes filles : tu nages, tu avances, sinon tu te noies. Des expressions en hébreu ponctuent des scènes d’instrospection avec la référence au tikkoun olam incitant à réparer le monde et le rappel de la signification du mot Shoah (catastrophe). On n’occulte pas non plus le défi que cela représentait d’apprendre aux enfants à mentir, oublier leur véritable prénom, parler polonais et réciter des prières catholiques.
Irka, Irena et Jadwiga, crédit photo Alexandre Guerrero

Il y a bien sûr des scènes terribles qui effraient, des voix polonaises qui ne sont pas traduites, mais aussi des moments d’inspiration magique avec une feuille volante, des lumières que l’on cueille, symbolisant les vies sauvées. La frontière est vite poreuse entre marionnettes (qui sont de taille humaine) et ombres. Et l’usage des masques (imaginés par Julie Coffinieres) est remarquable comme on peut le constater avec la photo ci-dessous. On devine les manipulatrices derrière ls marionnettes et sous les masques, si bien qu’on ne peut pas oublier que derrière l’Histoire ce sont de véritables personnes qui en ont été les « actrices ». Les marionnettes ont été créées par Anaël Guez, qui est également comédienne, et qui co-dirige la compagnie Paname Pilotis avec Cédric Revollon.
Liz, Sabrina et la bibliothécaire,  crédit photo Alexandre Guerrero

On n’occulte pas le fait qu’Irena était catholique et qu’elle a agi par pure bonté d’âme, estimant d’ailleurs avoir fait bien peu et surtout ne pas en avoir fait assez. On retiendra aussi sa sagesse à l’égard des familles juives à qui elle reconnaissait ne pas pouvoir jurer que leur enfant serait sauvé. On l’entend par contre régulièrement promettre d’essayer.

Certes le monde était devenu fou d’un seul coup et Dieu semblait avoir oublié cette partie du monde mais Cédric a eu raison d’insuffler parfois des notes d’humour parce que c’est un des constituants essentiels de la force de vie qui devait caractériser la personnalité d’Irena et que l’on aimerait voir déteindre sur nous.

L’affiche a été réalisée par Fanny Michaëlis, illustratrice et actrice de bande dessinée dont j’avais vu le travail dans l'exposition Bande dessinée 1964-2024. Elle a présidé le Grand Jury du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême en 2022 et elle a signé deux affiches artistiques pour les jeux olympiques et paralympiques Paris 2024.

Juste Irena, Idée originale, conception et mise en scène de Cédric Revollon
Texte de Léonore Chaix
Interprétation & manipulation Camille Blouet, Anaël Guez, Nadja Maire et Sarah Vermande
Lumières Jean-Christophe Planchenault en collaboration avec Kevin Hermen
Son Rodolphe Dubreuil
Marionnettes Anaël Guez et Masques Julie Coffinieres
Scénographie Sandrine Lamblin
Illustrations Fanny Michaëlis
Vu au SEL de Sèvres lundi 19 mai 2025
Vendredi 23 mai à 14h30, au Mail à Soissons (02)
Vendredi 6 juin à 9h45 et 14h15, samedi 7 juin. à 18h au Théâtre Eurydice, Plaisir (78)
Festival d'Avignon Off du 05 au 26 juillet 2025
A 10 h 50 relâches les mardis
Théâtre de l’Entrepôt -1 ter, boulevard Champfleury - 84000 Avignon
Spectacle tout public dès 10 ans, à partir de la classe de CM2

samedi 25 août 2018

Suite française

Ce fut un des spectacles qui ont compté cet été en Avignon et on espère qu'il sera programmé bientôt dans une salle parisienne.

Virginie Lemoine connait bien l'oeuvre d’Irène Némirovsky dont elle avait déjà adapté (et co-mis en scène) Le bal que l'on a vu la saison dernière au Théâtre Rive Gauche.

Des images d'archives situent l'action en 1941 alors que l'Allemagne envahit la France. Nous sommes dans un petit village bourguignon. Madame Angellier, dont le fils unique est prisonnier de guerre, se voit contrainte d’accueillir chez elle un officier de la Wehrmacht, le séduisant Bruno von Falk. La vie s'organise et chacun fait de son mieux pour vivre selon ses convictions.

La maitresse de maison (Béatrice Agenin) restera longtemps inflexible, murée dans la mémoire de son héros de fils. L'officier (Samuel Glaumé) respecte autant que faire se peut les convictions de ses hôtesses tout en exprimant ses sentiments le plus délicatement possible envers Lucile (Florence Pernel), vite torturée entre son désir et son devoir de fidélité à un mari qu’elle n’a pourtant jamais aimé.

Des personnages hauts en couleur apportent une note d'humour. En particulier la bonne (Emmanuelle Bougerol) qui s'exprime avec une franchise désarmante, où la bourgeoise patronnesse (Christiane Millet) odieuse dans sa manière de chercher à tout prix l'arrangement qui lui conviendra. N'oublions pas le bon sens paysan incarné par Cédric Revollon.

C'est incroyable ce que les maisons françaises sont vides ? fera remarquer l'officier en découvrant son nouveau logement dont on sait que tous les objets de valeur ont soigneusement été camouflés. Plus tard Lucile comprendra qu'une interdiction n'est pas une impossibilité.... On suit les joutes oratoires et la valse des sentiments en se posant l'inévitable question : qu'aurions-nous fait à leur place ?

Virginie Lemoine s'est s'attachée, et ce n'est pas la moindre de ses qualités, à restituer fidèlement les mots de l'auteure, en n'inventant aucun dialogue, ce qui les rend encore plus précieux. On sait aussi ce que l'on doit à sa fille Denise, qui a sauvé et retranscrit le texte de sa mère. Irène Némirovsky est morte à Auschwitz en août 1942 alors qu'elle n'avait que 39 ans. Denise n'avait que 13 ans.

Dans Suite française, chacun révèle sa force ou sa faiblesse de caractère, en s'arrangeant de son mieux avec les contradictions auxquelles il est soumis. La mesquinerie côtoie le courage. Ce n'est pas nouveau mais c'est mis en scène avec beaucoup de justesse et interprété par d’excellents comédiens.

Le décor imaginé Grégoire Lemoine sert la dimension dramatique en permettant de jouer quelques scènes en transparence renforcées par un éclairage en demi-teintes travaillé par Denis Koransky pour restituer l'atmosphère étouffante et provinciale de cette période difficile où, malgré tout, des sentiments pouvaient éclore.
Suite Française d’après le roman d’Irène Némirovsky – Prix Renaudot – Editions Denoël
Adaptation : Virginie Lemoine et Stéphane Laporte
Mise en scène : Virginie Lemoine
Avec Béatrice Agenin, Emmanuelle Bougerol, Samuel Glaumé, Christiane Millet, Florence Pernel et Cédric Revollon
Lumières : Denis Koransky
Décor : Grégoire Lemoine
Son : Sébastien Angel
Musique : Stéphane Corbin
Costumes : Christine Chauvey
Coiffures : Christophe Nicolas-Biot
Du 6 au 28 juillet 2018 à 19h, Relâche les 10, 17 et 24 juillet
Au Théâtre du Balcon • 38, rue Guillaume Puy • 84000 Avignon • Tél : 04 90 85 00 80

mardi 17 juillet 2018

Est-ce que j’ai une Gueule d’Arletty ? de Eric Bu & Elodie Menant

Alors que la chanson populaire veut que ce soit sur le Pont d'Avignon qu'on y chante et qu'on y danse c'est au Théâtre du Roi René que j'ai découvert une pépite comme on peut en débusquer dans cette ville qui est pour presque tout le mois de juillet la capitale mondiale de toutes les formes de théâtre.

Est-ce que j’ai une Gueule d’Arletty ? se joue et se chante tous les jours à 13 heures et je vous souhaite de le voir à la rentrée dans une salle parisienne. Ce ne serait que justice.

Le public entre par le plateau où deux comédiens sont déjà en place. Mais pour le moment mon regard croise celui d'une grande dame enturbannée assise au premier qui me dit bonjour. Serait-ce ... ?

Mais oui c'est Arletty elle-même qui est revenue de l'au-delà pour présenter le spectacle : Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, soyez les bienvenus, ce soir, je passe ma vie en revue !

Elodie Menant entonne En douce de Mistinguett, avec la voix gouailleuse que l'on a tous dans l'oreille, pour expliquer qu'elle a mené sa vie sans objectif déterminé depuis sa naissance le 15 mai 1898.

Elle nous prévient : j'ai aimé, des hommes et des femmes, entre Dieu et moi il y a eu de l'eau dans le gaz. Alors j'ai coupé l'gaz. On devine qu'il ne faut pas tenter de la juger et qu'il convient d'apprécier pleinement la sincérité avec laquelle sa vie se déroulera sous nos yeux. Mais elle n'oublie pas d'interpeler notre conscience sur les machins (les téléphones portables) susceptibles de déranger le spectacle, et cette diatribe est fort originale. Si elle est la seule à ne jouer que son rôle, les trois autres comédiens en interprètent plusieurs, et avec grand talent.
Le biopic commence en amont de la naissance d'Arletty et nous permet de comprendre dans quel milieu elle a grandi. Céline Esperin, nostalgique à jardin, Cedric Revollon (que l'on peut applaudir à Avignon aussi dans Suite française), pensif à cour, ne sont pas encore intervenus. Ils vont bientôt tomber amoureux et former un couple. Ils se sont installés à Courbevoie où ils seront les premiers à s'éclairer à l'électricité, pour le plus grand bonheur de la petite Léonie qui aura une autre chance, celle de pouvoir aller à l'école.

On sent tout de suite le fort caractère : c'est pas parce que t'as raté ta vie que je dois rater la mienne dira-t-elle bravement à sa mère. La réussite se mesurera pour cet enfant rebelle à l'aune de la liberté.

Laisse personne te raboter ton bien le plus précieux, ta liberté, dira-t-elle plus tard. Liberté de parler, de penser, de s'habiller, de vivre, sans jamais plier sous la critique (tout en l'entendant et en en tenant compte autant que possible) ni céder aux illusions : j'ai bien compris que les contes de fées, ça n'existe pas.

jeudi 12 juin 2025

Comment s'annonce le Festival d'Avignon …

(mise à jour le 26 juin 2025.
Je croyais avoir recensé toutes mes envies mais j'ai ajouté quatre à cinq spectacles)

Le festival d’Avignon s’annonce plus foisonnant que jamais avec cette année le strict alignement des dates pour les deux entités, le In et le Off du samedi 5 au samedi 26 juillet. Le Off annonce 57 évènements et 1729 spectacles dans 139 lieux et le In 300 représentations et plus de 400 rendez-vous, ce qui porte l’ensemble à plus de 2000.

Sans compter tout ce qui est proposé en parallèle tout au long des journées, débats, rencontres, soirées privées, assises, inaugurations et vernissages, concerts … avec l'ajout tout récent de 27 concerts qui investiront les théâtres les jours de relâche pour promouvoir 52 artistes émergents.

Pour ne donner qu’un exemple dans le Off, La Factory se déploie sur cinq lieux en intra muros, accueille soixante spectacles et sept événements en date unique pour célébrer ensemble, avec audace et sans concession, cette grande fête des arts vivants.

Tout en reconnaissant qu’en moyenne les salles ne sont remplies qu’à 50% la première semaine, les organisateurs estiment que c’est une chance pour le public mais on sait pourtant que trop de choix tue le choix. Et chaque année voit l’ouverture de nouveaux théâtres, plus de rencontres, bref un élargissement de l’offre alors que les festivaliers réduisent la durée de leur séjour en raison principalement des coûts des hébergements.

C’est un débat sans fin. D'autant que des professionnels affirment -et je les approuve- leur intention de demeurer dans un "artisanat artistique" sans verser dans l'industrie. Parmi les projets mis en place en 2025 il y a la création du village TADAMM destiné aux enfants et aux familles dans l'école Simone Weil avec des ateliers de médiation., l'ouverture d'un point de vente Ticket'Off, la carte Off à 2€ pour les 14-25 ans.

70 salles ont été labellisées sur la base d'un cahier des charges de bonnes pratiques professionnelles, témoignant là encore de la volonté de placer le public au coeur des préoccupations. Des soirées seront dédiées aux auteurs/trices. Et le développement international se poursuit.

Le Festival In invite une langue, l'arabe, le Off invite un pays, le Brésil. J’ai choisi avec humour une illustration mettant à l’honneur un des plats emblématiques de toute l'Amérique latine, l’empanada, ce petit chausson en pâte feuilletée, parfois en pâte à pain, farci de viande, de poisson, d'œuf, de pomme de terre ou d'autres ingrédients, selon les coutumes de chaque région et de chaque pays (c’est un péruvien sur la photo).

Même en restant 10 jours à raison de 4 spectacles quotidiens (ce qui représente un gros budget et une fatigue conséquente, surtout en période caniculaire), on ne verrait "que" 40 spectacles, …moins qu’une goutte d’eau. D’où la nécessité de préparer sa venue et d’où l’importance des recommandations.

J’ai balayé les programmations. Voici que j’ai déjà vu, et chroniqué, et que je recommande. Pour chacun j’ai indiqué le lien. Attention j’ai pu voir le spectacle dans un autre lieu que celui où il se jouera à Avignon et la distribution peut avoir changé, certains spectacles ayant plus de 4 ans mais restent des valeurs sûres.

Sachant combien il est difficile de s’y retrouver j’ai classé par horaire en mentionnant autant que possible le jour de relâche quand je le connaissais. Les nouveautés sont des spectacles programmés cette année pour la première fois au festival. Ils peuvent avoir été joué plus ou moins longtemps en région parisienne. Voici un florilège de plus de 70 spectacles sur lesquels je voulais attirer votre attention.

Parmi les dernières créations, jouées très peu de fois en avant-première parisienne, et auxquelles j’ai assisté en voici 10 que je recommande particulièrement :

Juste Irena, la bouleversante création de Cédric Revollon, à 10 h 50 relâches les mardis au Théâtre de l’Entrepôt -1 ter, boulevard Champfleury

Toutes les autres, texte Clotilde Cavaroc, mise en scène Elise Noiraud, avec Stéphane Hausauer et Kimiko Kitamura à 15 h 55 à l’Artéphile, relâche les dimanches. La pièce sera reprise du 5 au 28 octobre au Théâtre de Belleville à Paris.

Dans le silence des paumes, de et mis en scène par Florian Pâque, à 12 h 30 au Théâtre du Train bleu - Salle Maïf, relâche les vendredis 11 et 18 juillet, reprise ultérieurement au Maif Social Club

Cache-cache, le seule en scène de et avec Vanessa Aiffe-Ceccaldi à 19 h 05 au Petit chien, relâche mardi

Les dactylos, dans la formidable interprétation de Jérôme Rodriguez et Valentine Revel-Mouroz à 18h15 au Petit Louvre, 23 rue Saint-Agricol, relâche les mercredis

Le chant des lions dans l’excellente mise en scène de Charlotte Mazneff à 14h40 auThéâtre des Gémeaux - 10 rue du Vieux Sextier, relâches les mercredis

Madeleine Béjart, une femme libre avec la prodigieuse Isabelle Andreani à 11 h 45 à La Luna, relâche les vendredis 11 et 18 juillet

Opérapiécé Opus 2 pour l’immense plaisir de redécouvrir autant de morceaux musicaux d’opéra et de variété, admirablement interprétés par Marion Lépine et Aurore Bouston à 17 h 55 au théâtre Episcène d’Avignon à 17 h 55 (sauf lundis). A partir de 8 ans 

L'Homme Héron à 21h35 au Figuier Pourpre - Maison de la Poésie d'Avignon, pour allier poésie et politique en musique, relâche les jeudis

Happy apocalypse, la nouvelle pièce de Jean-Christophe Dollé qu'il met en scène avec Clotilde Morgiève à 22h35 au 11. Avignon, sauf les 11 et 18 juillet

Et puis l’exposition Les clés du festival à la Maison Jean Vilar

lundi 20 juin 2022

Les Trophées de la Comédie Musicale 2022

(Article mis à jour le 30 juin 2022)
La cérémonie avait lieu ce soir au Casino de Paris. A cette occasion, 20 Trophées de la Comédie Musicale ont été remis (l'article se termine par un récapitulatif des nommés et des lauréats, suivi de la retransmission de la cérémonie).

La soirée a été haute en couleurs, menée de main de «maîtresse» par Marion Préité (ci-contre), et sans se faire aider d’un prompteur, il faut le souligner. Elle a fait preuve aussi de fair-play car ce n'était pas facile pour elle d'être nommée en tant que artiste interprète féminine … sans aucune certitude de l'avoir. Et elle a supporté avec le sourire les problèmes de micro qui ont ponctué sa prestation.

Malheureusement ma situation, au milieu de la corbeille, était trop éloignée de la scène pour que je puisse faire des photos correctes. Par contre un des photographes officiels, Stéphane Parphot, m’a autorisée à illustrer cet article avec ses clichés qui sont, vous le constaterez, de grande qualité. Il a su saisir les meilleurs instants. Néanmoins je vous invite, en complément, à regarder le replay de cette cérémonie pour en apprécier toutes les séquences.

D’année en année, et cela depuis quatre ans, la manifestation grandit en intérêt. L’humour et le sérieux ont marqué une soirée qui s’est déroulée avec sensibilité et humilité. Je salue tous les lauréats, avec grand plaisir car je m’aperçois que mes votes étaient très souvent en accord avec ceux d’une majorité. Je regrette malgré tout que des spectacles aussi marquants que Car/Men et Oh la belle vie ! – Les Cinq de cœur ou Songe à la douceur n’aient pas été distingués.

Je note enfin que la frontière entre théâtre et comédie musicale s’affine puisque plusieurs spectacles sont distingués dans les deux domaines. Les Producteurs, comme Est-ce que j'ai une gueule d'Arletty ? (que j'avais découvert au théâtre du Roi René au festival d'Avignon en 2018 et dont j'avais immédiatement pressenti le succès) ont reçu en effet chacun deux Molières, le premier cette année, le second en 2020. Quant aux Franglaises, elles ont reçu le Molière du meilleur spectacle musical en 2015.

Avant de commencer à remettre le premier trophée, Marion nous a rappelé les codes du genre de la Comédie Musicale avec un humour insensé, illustrés par des des séquences où se sont illustrés Alexandre Faitouni et Juliette Behar et Simon Froget-Legendre qui revinrent très vite sur la scène en tant que remettants, après un changement rapide.
Ce sont Juliette Behar, trophée de l'artiste révélation féminine 2021pour son rôle dans L’Homme de Schrödinger et Simon Froget-Legendre, trophée de l'artiste révélation masculine 2021pour son rôle dans La Boule Rouge qui ont remis les récompenses à leurs alter egos de cette année.
Élodie Menant, qui ne se sentait pas complètement légitime dans ce domaine exprime une surprise sans bornes à cette distinction et qui se souvient de ses débuts dans Le soldat rose. C'est un (premier) succès de l’équipe Théâtre actuel qui en connaitra plusieurs au cours de la soirée.

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