lundi 25 février 2008

JAMAIS DEUX (Oscars) SANS TROIS


Thank you MARION pour lobbying


Aujourd’hui la France entière se réjouit autour de Marion Cotillard.

Entendre des bêtises à la télévision, c’est banal … Sur TF1, Jean-Pierre Pernaud enchaîne ce midi les erreurs en annonçant par exemple que Marion Cotillard est la première française à recevoir un Oscar. On a du lui souffler dans l’oreillette (heureusement qu’il existe des oreillettes et des prompteurs …) les bonnes réponses puisqu’il corrige ensuite en rappelant que Simone Signoret a reçu cette distinction en 1960 (pour les Chemins de la haute ville de Jack Clayton), et plus récemment Juliette Binoche (pour le meilleur second rôle féminin dans le Patient Anglais d’Anthony Minghella en 1997). S’il y a bien une première fois je dirais que c’est de récompenser un film français d’un réalisateur français, Olivier Dahan en l’occurrence.

Roberto Benigni peut respirer: le cinéma français est à la hauteur de ceux qui l’ont inventé. Les français reçoivent trois oscars : l'Oscar du maquillage pour la Môme, celui du meilleur court métrage pour le "Mozart des Pickpockets" de Philippe Pollet-Villard (précédemment primé à Clermont-Ferrand et aux Césars) et celui de la meilleure actrice.

Nombreux sont les villes et villages à revendiquer désormais une parenté avec Marion ! Le billet consacré à la soirée des César m’a valu de recevoir d’un lecteur de la région d’Orléans un message électronique exprimant ses vœux pour les Oscars pour sa compatriote orléanaise. Je n’ai pas eu le temps de publier ce commentaire, ce qui m’évite de devoir apporter moi aussi un démenti.

Car c'est à Paris que Marion est née en 1975. Elle a certes passé des années à Orléans où elle a reçu sa première distinction professionnelle. Avec le premier prix du conservatoire d’Art Dramatique en 1994.

C’est ce qu’on appelle « une enfant de la balle » puisque sa maman est comédienne et son père réalisateur, ce qui ne diminue en aucune manière son talent, immense, et son travail, manifestement énorme.

On raconte que depuis deux ans elle se consacre à la promotion du film, en multipliant les actions de lobbying. C’est-à-dire qu’elle fait comme nos chers « vieux » (l’adjectif se veut ici affectueux) académiciens qui doivent rendre visite à chacun des membres de l’Académie française avant d’oser espérer une élection et d'endosser le superbe habit vert. Rien ne tombe du ciel. La reconnaissance ne peut pas être due à un concours de circonstances.

Lobby est un mot anglais signifiant « vestibule-antichambre ». Le lobbyiste est celui qui attend patiemment dans les couloirs du pouvoir l’occasion de parler à un décideur, pour le convaincre … en général de quelque chose qui a besoin d’être défendu. C’est plutôt un terme péjoratif, rarement traduit par l’expression plus neutre de porte-parole.

Le sous-titre du présent billet « Thank you pour lobbying » est une allusion à l’excellent film Thank you for smoking, de Jason Reitman, sorti en 2006. Le principe amoral du lobbying y est parfaitement démonté, avec intelligence et humour. On peut encore y voir une pirouette car si on retirait le mot «merci» des soirées de remise de prix il n’y aurait plus guère de dialogues !

Voici donc deux films à voir ou revoir : la Môme et Thank you for smoking.

Ceci n’était pas une négociation, mais une argumentation
(une des savoureuses répliques d’un des deux longs métrages cités)

J’ajouterai Thank you E…. pour celui qui m’a fait découvrir le film.

1 commentaire:

Brigitte a dit…

C'est bien envoyé !
Cela nou change de la langue de bois. J'apprécie.

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