mardi 31 juillet 2018

LoDka, du théâtre clownesque russe

Les spectacles se suivent et ne se ressemblent pas. C'est ce qui fait le charme d'Avignon. Il y en a pour tous les goûts à toute heure. LoDka est une sorte d'ovni théâtral, un peu à l'instar de la Familie Flöz dont je suis une fan absolue.

Chacun a son registre comique bien particulier, même si les deux troupes se situent dans l'univers du mime, ce qui fait qu'elles ont en commun de pouvoir être accessibles par un public international sans nécessiter le moindre surtitrage.

Leur langage est universel, c’est la force de l’image et du mouvement, des dérapages, des cascades et des enchainements de situation comiques, avec juste ce qu'il faut de poésie pour apporter de la légèreté.

LoDka signifie petite barque en russe et c'est une façon de préserver la couleur de leur langue. On pourrait le deviner dès la première scène, du canotage sur une mer artificielle, une fois dissipée la fumée qui filtrait déjà sous le rideau de scène pendant l'installation du public.
Tout ira de guingois, tout le temps, avec des enchainements désopilants, plus rocambolesques les uns que les autres. Parce qu'on aura vite compris que le bateau en question est la métaphore du travail théâtral dans lequel ils sont tous les cinq embarqués. Et nous avec. Un vent de folie fera capoter leurs projets mais rien ne les arrêtera malgré tout, même pas l'effondrement des décors. Parce qu'ils maitrisent le secret de la longévité : faire équipe pour ne pas échouer.

LoDka parle donc de la vie, du bonheur, de l’amour, du chagrin, des sentiments, des souffrances et questionne la place de l’individu parmi les autres. Avec énergie et poésie aussi.

Les fêtards qui ne seraient pas encore complètement réveillés à l'heure matinale à laquelle Lodka est programmé (10 heures) seront vite secoués de rire comme tout le monde.

Les visages ont nécessairement peints en blanc, dans la plus pure de la tradition clownesque qu'ils revendiquent, passant par Charly Chaplin et naturellement James Thierrée.
Ces artistes originaires de Saint-Pétersbourg ont été formés à l’art du clown par les artistes du Teatr Licedei. Ils ont fondé en 2002 une troupe qui avait présenté un premier spectacle en 2005, devenu vite culte, dans ce même théâtre du Chêne noir, reprenant le nom de la troupe, La Famille Semianyki (qui fut joué longtemps joué à Paris au Rond-Point). Olga Eliseeva, Alexander Gusarov, Yulia Sergeeva et Marina Makhaeva sont de la nouvelle aventure, avec cette fois Natalia Parashkina.

C'est une comédienne brillante au talent aussi exceptionnel qu'excentrique qui prend à bras-le-corps son rôle de chef de troupe sans ménager sa colère, capable d'effrayer ... un crocodile comme d'invectiver le public.

Dans cette nouvelle création on voit toujours ses camarades de jeu libres, joyeux ... et russes. Les difficultés ne les arrêtent pas, qu'elles soient techniques ou humaines. On perçoit les affres de la création comme les ravages de la jalousie. Leur énergie est impressionnante. Quand on sait qu'ils font tout eux-mêmes, maquillage, costumes et décors on est encore plus admiratif.

Il y a un énorme travail d'accessoirisation et de bruitages avec une imagination débordante qui nous permettrait presque de comprendre le russe, même si à la toute fin on apprécie d'entendre, en français, la chanson Chiquito.

La photo ci-dessous, d'où est tirée l'affiche est plutôt parlante du sérieux avec lequel ils abordent une création.
LoDka (Création 2017, Saint-Pétersbourg) 
De et avec Olga Eliseeva, Alexander Gusarov, Yulia Sergeeva, et Marina Makhaeva (artistes du théâtre Semianyki) et avec la participation exceptionnelle de Natalia Parashkina
Mise en scène : Sergey Bysgu
Du 6 au 29 juillet 2018 à 10h
Relâches les lundis 9, 16 et 23 juillet
Au Théâtre du Chêne noir • 8 bis, rue Sainte Catherine • 84000 Avignon • Tél : 04 90 86 74 87

En tournée de février à Avril 2019, en passant par Le rayon vert de Saint-Valery-en-Caux le 27 février, Vallauris, Grasse, Montélimar, Digne-Les-Bains, Marseille, Corbeil-Essonnes (le 16 mars) et Courbevoie (à l'Espace Carpeaux, 15 bd Aristide Briand), Bergerac, Villeneuve-sur-Lot et Neuves Maisons (liste non exhaustive).
Les photos qui ne sont pas logotypées A bride abattue sont de © 2017 showLoDka

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