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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

mercredi 16 octobre 2013

Les sucreries de Mélodie

Le billet aurait du être publié en septembre mais (pardon pour ceux qui le savent) les soucis de connexion ont bouleversé mon planning de parution. C'est parce que j'ai trouvé une solution impromptue que je peux enfin vous raconter l'après-midi que j'ai passé auprès de cette jeune femme inventive.

Si vous n'allez pas dans la boutique de Mélodie Asseraf, qu'elle a conçue d'ailleurs comme un show-room vous aurez une autre occasion de la rencontrer bientôt : elle sera présente au Salon du Chocolat !

C'est peu dire qu'elle aime la couleur. L'ambiance est girly à souhait. Rien d'étonnant à ce que l'endroit soit privatisé pour des buffets d'anniversaire de hordes d'enfants, ou des enterrements de jeune fille, mais pas que ...

Craquer pour croquer, telle est sa devise. Pas question de l'oublier : elle l'a écrite en lettres d'or sur les murs.

Sa passion pour les sucreries est sans bornes et remonte très loin. Ce n'est pas une légende. Son arrière grand-mère résidait au Plaza Athénée. C'était un émerveillement de lui rendre visite. La vocation de Mélodie est née le jour où elle put accéder aux cuisines.

Maintenant qu'elle en a fait son métier elle n'a de cesse de retrouver les goûts de l'enfance, tout en leur donnant une touche de peps. Elle adore la guimauve qu'elle aime fondante et parfumée. Elle la propose au coquelicot.
Elle a eu la chance de beaucoup voyager. Partout elle a gouté ce qui se fait en sucrerie, mais aussi des fruits particuliers, et les desserts fétiches de chaque pays, ce qui a forgé son ouverture d'esprit. Elle montre, à chaque retour, qu'on peut toujours  introduire une variation. Son pop-corn prend toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, jusqu'à au bleu du parfum barbe à papa.
Ses propositions sont toujours ludiques. Le sucre est moulé en forme de baiser ou d'escargot.
La décoration des cupcakes est très élaborée. Elle peut aussi les disposer en bouquet à poser sur un centre de table. Bientôt ce sera avec des donuts qu'elle surprendra sa clientèle.
Et quand elle reste dans le classique avec des macarons (mais elle en conçoit aussi de salés) c'est le design de la boite qui est alors travaillé. Ses emballages sont toujours très pensés, aussi beaux à voir que ce qui est à l'intérieur est bon à déguster.
Ses cookies sont d'apparence sobre mais ils ne sont pas calibrés. C'est la texture qui fait la différence avec ce qu'on connait, avec un extérieur croustillant, un cœur tendre et onctueux. En plus il est raisonnable en sucre et joue l'équilibre entre les noisettes caramélisées et le chocolat noir ou entre les amandes effilées et le chocolat blanc.
Elle a imaginé un concept de coffret cadeau, différent chaque mois, regroupant 5 produits tous fait maison bien entendu, que l'on peut offrir en lieu et place du traditionnel bouquet de fleurs. Elle aime relever les défis, comme celui d'organiser un cocktail à thème.
La boutique n'est pas à proprement parler une pâtisserie mais Mélodie travaille sur commande pour satisfaire les envies. Ses tartes aux fraises et ses cakes (personnalisés tant qu'à faire, sans que cela coute plus cher) ont un beau succès dans le quartier. Elle vend aussi sur Internet et peut assurer une livraison sur tout Paris.
Mélodie sera à l'aise au Salon du Chocolat car elle préfère le chocolat à la pâtisserie, même si la réalisation d'une Tatin maison est une de ses spécialités. Sa carte de visite place les chocolats devant les pâtisseries et les confiseries. Il lui reste une grande marge de progression, comme la proposition de glaces. Elle qui les adore ne s'est pas encore lancée dans leur réalisation, sauf pour les intimes. Quant au salé, elle prépare des séries d'amuse-bouche pour les cocktails.
Les Sucreries de Mélodie
68 avenue de Versailles - 75016 Paris
07 77 72 77 12
Ouverte du lundi au samedi de 11 h30 à 13h et de 17h à 20 h30
Site www.lessucreriesdemelodie.com
A entendre Mélodie la confiserie semblerait simple. Pas si sur... mais pour ceux qui voudraient se lancer j'ai sélectionné quelques ouvrages.

Dans le Fait maison spécial USA (Hachette) on trouvera tous les classiques de la pâtisserie américaine, les donuts, les cupcakes et les whoppies ... et puis aussi les fudges et le pop corn.

Dans la série 50 Best (toujours chez Hachette) un numéro spécial est consacré à ces bonbons gélifiés que l'on pourrait avoir envie de transformer en confiserie.

Enfin, chez First, un opus de Toquades vous dira tout sur les caramels.
Mais ce sera tout de même plus simple de les gouter chez Mélodie ...

mardi 15 octobre 2013

Diana le film d'Oliver Hirschbiegel

Je me demande si on a vraiment parlé de ce film ... qui est un de mes coups de coeur du trimestre. Certes ce n’est pas un biopic exhaustif de la vie tourmentée de la princesse ultramédiatisée. C’est précisément là sa force.

Le réalisateur a mis un coup de projecteur sur un épisode méconnu. Il le fait avec tant de pudeur que je me suis surprise à douter. Et je l’avoue, j’ai vérifié les faits en sortant de la salle. La romance entre le médecin urgentiste et la belle semblait inventée de toutes pièces.

Les citations du poète persan du XIII° siècle, Rumi, sont magnifiques et universelles : l’amour est un jardin. N’y entre pas si tu ne peux pas sentir son parfum.

Evidemment il éclaire sous un autre angle la fin tragique de Diana qui, blessée par la séparation d’avec celui qui nous est présenté comme l’homme de sa vie, s’est jetée à corps perdu dans une spirale qui lui fut fatale.

Ce qui frappe dans le scénario c’est le vide sidéral dans lequel Diana évolue. Il est probable que son état dépressif (elle se mutilait les bras et les jambes) combiné à son anorexie (maladie sur laquelle le film ne s’appesantit pas) explique sa fascination pour l’univers hospitalier.

Le film nous montre une princesse humaine, drôle, attentive, juxtaposant des scènes que tout le monde avaient vu sur les écrans (Diana au chevet de malades, Diana se confessant au cours de la célèbre interview à la BBC le 20 novembre 95, Diana traversant un champ de mines en Angola...) avec des séquences insoupçonnées d’une femme cherchant à vivre normalement (Diana écoutant les cornichons de Nino Ferrer, Diana cuisinant des pâtes, Diana passant l’aspirateur ...).

On perçoit le rapport malsain de Diana avec la presse en général et les photographes en particulier, tantôt positif quand elle dénonce les mines antipersonnelles (les objectifs sont néanmoins braqués sur elle comme des armes), tantôt négatif (on la voit fuir les cameras en se protégeant par des sacs de grands couturiers), tantôt séducteur (elle appelle elle-même les paparazzi pour leur proposer des images «volées»).

On comprend aussi l’influence de quelques proches (son professeur de yoga, une de ses amies ...). Charles et la reine n’apparaissent pas. Je l’écrivais plus haut. Il ne s’agit pas de tout dire mais de dire ce qui ne l’a pas été jusque là.

C’est bien pourquoi le film s’achève avec un bref enregistrement du couple Diana-Dodi Al Fayed dans l’ascenseur du Ritz le 31 août 97 à 16 h 49 ... qui a été diffusé en boucle par les chaines du monde entier comme pour y décrypter l’indice qui manquait pour expliquer la catastrophe. X démontre que nous nous sommes trompés de pièce à conviction. L’essentiel a été occulté et s’était déroulé avant. Quant à la suite elle est si connue qu’il est inutile de revenir dessus.

L’interprétation de Naomi Watts est précise, parfois parfaite, parfois moins. Cette alternance accroit le doute. Elle est salutaire en nous rappelant que nous sommes face à une oeuvre de fiction et non en train de visionner par le judas une caméra cachée de la vie très privée d’une femme qui a été interdite de bonheur ... sur terre. Alors souhaitons qu'au paradis la dernière phrase du film se réalise ...

Quelque part, entre le Bien et le Mal il y a un jardin. Je vous y retrouverai.

lundi 14 octobre 2013

Des farines parfumées chez Francine ... de quoi stimuler la créativité en cuisine

Des nouveautés créatives il y en a tous les jours ... surtout pour les bloggeurs qui ont peut-être un peu plus de chance que la "fameuse" ménagère de moins de cinquante ans, bien connue des sondages. On les courtise pour qu'ils donnent leur avis, soit disant éclairé sur ces produits ... et même s'ils ont plus de cinquante ans ...

Cette fois c'est Francine, non pas ma copine, mais la farine, qui a eu l'idée d'enrichir ses farines. En voici trois d'un coup. Rouge à la tomate, jaune au curry ou verte aux légumes? Des gouts et des couleurs on ne discute pas. Çà tombe bien, je les ai toutes appréciées. Cela fait longtemps que je voulais raconter l'expérience sur le blog mais  la panne que j'ai subie de mon fournisseur d'accès (B... qui n'est ni Bien ni Bon) ont considérablement retardé les choses. Car si j'ai commencé à écrire le 14 octobre ce n'est que le 21 que j'ai réussi à obtenir une connexion, et pas sur une ligne B... mais je vous raconterai ultérieurement.
Anne Demay, qui anime le créatif blog Panier de saison, avait conçu des recettes gourmandes que nous avons réalisées en suivant ses directives. Si elles sont simples elles ont tout de même nécessité 6 mois de recherche alors autant les appliquer sans chercher à faire mieux. Nous avons été divisés en trois groupes. Chacun sa couleur. J'ai rallié le vert pour prendre le dessert en charge, un Tiramisu à l'ananas.

Les rouges firent des acras au saumon.
Les jaunes un crumble de poulet à l'indienne. Tout fut dégusté et ... approuvé.
Si bien que de retour à la maison je me suis mise aux fourneaux en déclinant ma propre version. J'avais envie de tester la farine à la tomate dans ma machine à pain. Cela fait un moment que je n'ai pas proposé de recettes de pain. Je viens de vérifier, la dernière date de 2011 ... Vous pouvez d'ailleurs les retrouver ici.

Pour celle-ci j'ai versé dans la cuve :
2 cuillerées à soupe d'huile d'olive
300 ml d'eau
500 grammes de farine à la tomate francine (c'est-à-dire tout le paquet)
1 sachet de levure
1 cuillerée à café de sel vanillé
2 cuillerées à soupe de sucre

Programme pain normal, poids 750 grammes, croute foncée
Au bip je rajoute 2 cuillerées à soupe de graines de pavot
La farine est quasi blanche mais elle embaume la tomate. Une fois humidifiée, ou employée dans une pâte (à pain ou à gâteaux) elle prend une couleur foncée.

Le résultat est satisfaisant, surtout avec le craquant des graines de pavot. Ce pain accompagne bien les charcuteries. Et je l'imagine très bien aussi pour une pâte à pizza ou travaillée en gougère. Comme il s'agit d'une farine T55 elle est parfaitement panifiable.
Je n'ai pas encore reproduit la recette de crumble avec la farine au curry. Je me lancerai bientôt en version galette de pain indienne.
Quant à la version verte, qui elle aussi se révèle en milieu humide, elle est bien adaptée aux versions sucrées parce que les légumes ne sont pas trop puissants.
Elle a servi à préparer une génoise simplifiée façon sponge cake.
On y a découpé des disques en utilisant la verrine de service comme emporte pièce.
Un ananas a été épluché, coupé en dés et poché dans un sirop léger. On égoutte et on réserve le jus.

Une crème a été préparée parallèlement. On bat 2 jaunes d'oeufs battus avec 50 grammes de sucre. On ajoute 125 grammes de mascarpone puis les blancs battus en neige et on met à refroidir au frigo.

Pour le montage on dépose un disque au fond de la première verrine. On imbibe d'une cuillerée de jus. On ajoute des dés d'ananas, de la crème. On pose un nouveau disque puis de la crème et on décore d'une demi feuille de menthe. On met au frigo le temps de passer à table.
J'ai réitéré quelques jours plus tard en aménageant une recette de financier pour un résultat très satisfaisant. J'ai publié ma version fin septembre.
Vous trouverez d'autres recettes sur le site Francine où il sera aussi possible de commander ces produits en ligne si vous ne les trouvez pas dans vos magasins habituels.

dimanche 13 octobre 2013

9 mois ferme d'Albert Dupontel

Dans les Femmes du 6ème étage Philippe Le Gay avait donné à Sandrine Kiberlain un rôle qui sortait de l’ordinaire. 

Albert Dupontel monte un cran dans la performance. Il la fait exploser de ses gonds ... La surprise est de taille et les éclats de rire fusaient régulièrement hier soir dans la salle où je suis allée voir le film.

Les dialogues ont un air banal ... mais quelques formules assassines s’y faufilent. Par exemple : la famille est une tragédie écrite par les parents et jouée par les enfants.

Les images ont un air normal ... mais il faut lire les sous-titres qui défilent sous les (fausses) brèves qui s’invitent au journal télévisé. Même les pseudos des twittos sont des perles. Ainsi à l’annonce du forfait d’un criminel (il aurait mangé les yeux de sa victime) ... un téléspectateur n’en aurait pas fermé l’oeil de la nuit.

Sandrine est prodigieuse. Ce film lui trace un grand boulevard vers la comédie. Et pas seulement parce qu’elle y est «décalée». Tous les rôles sont peaufinés, oscillant entre réalité et caricature. On craint la vulgarité mais on reste au bord de cet abîme avec intelligence. La diatribe de l’avocat incompétent (Nicolas Marié) mais volontaire (et ultrabègue) est un morceau de bravoure.

Les Monty Pithon ont manifestement drôlement inspiré Dupontel. Allez-y en confiance. C’est rare de rire d’aussi bon coeur sans avoir quelques instants plus tard envie de pleurer, comme nous en prévenait La Bruyère.

Avec 9 mois ferme on s’amuse pour de bon pendant 80 minutes, et au-delà et sans remords ni prise de tête. Cela fait du bien !

samedi 12 octobre 2013

Bientôt un nouveau Salon du Chocolat

Et ... rien de plus normal le compte-rendu que j'ai fait l'an dernier du défilé de la soirée d'inauguration resurgisse parmi les 10 articles les plus lus au cours des derniers jours.(Cf liste en bas de la page) ...

Double bonne nouvelle pour vous : le Salon du Chocolat revient et je dispose de 3 places pour offrir à 3 d'entre vous. 3 c'est peu mais mieux que ... pas.

Il y a quelques efforts à faire. Il va falloir liker (cliquer sur j'aime) la page Facebook du Salon, sur ce lien https://www.facebook.com/salonduchocolat.

Et tant qu'on y est faire de même sur la page Facebook de A bride abattue qui peine un peu parce que je lui consacre insuffisamment d'attention.

C'est pas fini, un Salon si gourmand mérite qu'on se donne un peu de mal pour le conquérir. Je choisirai parmi vous les 3 gagnants selon le critère suivant : réponse la plus pertinente pour me permettre d'obtenir de mon fournisseur d'accès B, pour ne pas le nommer, qu'il remplisse son contrat me garantissant le résultat.

Depuis 48 heures mon tel fixe répond par une sonnerie d'occupation, le voyant ADSL ne cesse de clignoter (donc je suis privée de télé) et le voyant Internet ne s'allume même pas par intermittence. C'est zéro pointé. Et sans un identifiant et un mot de passe gentiment offert par un concurrent je serais aussi privée de Twitter.

J'ai posté ce message depuis un ordinateur qui n'est pas le mien, ce qui explique quelques cafouillages de présentation dans les billets des jours précédents.

J'ai tout tenté pour entrer en contact avec B : téléphone depuis mon portable (qui est chez un autre opérateur), message facebook (mystérieusement effacé), message Twitter (où on me suggère de répondre en ligne à un questionnaire de satisfaction). Pourtant j'ai une certaine expérience avec une panne de plusieurs semaines au printemps.

Qu'est-ce qu'on peut faire d'autre ? A vos claviers ! A vos idées ! Je lirai vos commentaires avec attention. Entrez une adresse mail valide pour que je vous contacte si votre idée vous a fait gagner une entrée. Vous pouvez aussi répondre à abrideabattue@orange.fr

Je vous donne 3 jours pour vous creuser les méninges. Ensuite j'appliquerai vos conseils. Les 3 meilleurs gagneront ! En fonction des résultats obtenus bien sur.

jeudi 10 octobre 2013

Mon sourire pour guérir de Sandra Dal-Maso chez Max Milo

Mon sourire pour guérir de Sandra Dal-Maso chez Max Milo, sort aujourd'hui en librairie mais j'ai eu la possibilité de le lire il y a quelques jours.

Je dois dire que le sous-titre, "Sauvée par un veilleur de vie" a été déterminant. Je n'aurais pas ouvert le livre sans cette mention. Je connais hélas trop bien l'hôpital d'Orléans où se déroule une partie essentielle de l'action et, avec le temps, c'est un endroit que je suis venue à détester.

Certes, l'expérience que chacun a de la maladie et de l'hôpital, au sens large du terme, est toujours personnelle et il ne faut rien généraliser, le bon comme le mauvais. Le même service qui sauve la vie d'un être cher peut se révéler devenir celui qui le condamne quelques années plus tard. J'aurais, vous le devinerez, des comptes à régler avec cet établissement. J'avais presque commencé, mais sans le citer avec le billet d'anniversaire rituel de 2012. J'avais ensuite lâché prise en promettant de n'y jamais remettre les pieds.

J'ignorais que cet été 2013 je reprendrais si régulièrement la bretelle de l'autoroute pour rejoindre encore le grand navire dont je connais tant de portes et de couloirs : les urgences, le scanner, les espaces sécurisés, la morgue ... son parking à étages que les usagers surnomment l'escargot et qui me donne le tournis ... et aussi bien évidemment la chemise de nuit de coton bleu marine semée de microscopiques marguerites qui se noue dans le dos, sorte de cape inversée qui vous serine tu guériras un peu, beaucoup ... pas du tout !

Sandra Dal-Maso raconte sa bataille avec la maladie, une leucémie. Elle a gagné le combat avec l'aide d'équipes formidables et le don de moelle d'un inconnu, un de ces veilleurs de vie anonymes auquel elle a voulu rendre hommage.

Elle a eu raison de le faire. Les expériences difficiles mais positives doivent être partagées. Et ce livre se lit plutôt facilement, en dégageant une belle énergie. Sandra a été aidée par une plume alerte et efficace, celle de Sophie Adriansen, que je connais bien et qui a eu raison de soutenir cette aventure là.

Je vous encourage à découvrir le parcours de la jeune femme. Elle a eu beaucoup de courage mais elle a aussi été considérablement aidée par sa famille et une bande de copains, ce qui ne minimise pas les choses. Je remarque néanmoins que la maladie est plus cruelle encore pour les personnes âgées que pour les plus jeunes.

Le sujet est tabou mais la détresse que l'on rencontre en gériatrie mériterait qu'on se penche sur la question autrement qu'en dénonçant de loin les maltraitances qui sont "banales" en maison de retraite. Certains agissements ne sont même pas répertoriés comme tel ... Les molécules chimiques sont la réponse la plus commode comme si faire preuve d'humanité était devenu inutile ... on va dire que j'exagère mais interrogez vous : pourquoi n'y-a-t-il jamais de salle de jeux en gériatrie ? Dans le meilleur des cas on trouve une télévision hurlante dans un petit salon cosy où s'embouteillent une armada de fauteuils roulants. Ceux qui ne sont pas fous le deviendront !

Comme le dit Sandra, la mosaïque occupe les mains et la tête à la fois (p. 105). L'ayant pratiquée je confirme ses vertus anxiolytiques.

La jeune femme souligne aussi l'importance de son optimisme (p.38). Ce trait de caractère a un double effet. D'abord sur elle en renforçant sa détermination. Sur l'entourage aussi en facilitant ses rapports avec le personnel infirmier qui vient volontiers bavarder avec elle après la journée de travail.

On ne le dira jamais assez. La bonne humeur est un formidable atout, mais qui n'est pas donné à tout le monde. Je me souviens de la remarque d'une aide-soignante à propos de mon père : quand on n'a pas le moral on va le voir, on est sures qu'il va nous faire rire. Qu'est-ce qu'on est heureuses de l'avoir dans le service ... Il était mourant et il parvenait à occulter ses angoisses pour diminuer celles des autres. Sa vie durant il avait fait preuve d'un hypocondrie incroyable. A croire que la maladie change un homme, à moins qu'elle ne révèle sa nature profonde.

Sandra l'explique avec des mots simples : être malade et en guérir est une occupation à temps plein pour soi et son entourage. Le moindre signe compte. Le lexique a une importance capitale. Elle supporte la leucémie ... mais avoir un cancer devient une vérité différente.

Difficile d'être partante pour une allogreffe (recevoir la moelle d'un donneur compatible) quand le médecin lui annonce qu'on en meurt plus qu'on en guérit (p. 71). Cette petite phrase aurait aussi le pouvoir de décourager les donneurs potentiels.

Sur ce sujet le livre est peu précis. Certes, il fournit (p. 137 et suivantes) des témoignages et la marche à suivre si on souhaite devenir volontaire au don mais il subsiste une certaine opacité. J'avais souhaité m'inscrire. On ne m'avait pas expliqué les contraintes, me disant qu'il serait temps si je me révélais compatible (j'en avais déduit que c'était une autre paire de manches que le don de sang). Une contre-indication médicale avait écarté mon dossier et je n'ai pas cherché à en savoir davantage.

Je trouve qu'un témoignage précis d'un donneur aurait mérité sa place en annexe.

Il n'empêche qu'on peut aussi rappeler que le don de sang demeure une nécessité qui est loin d'être automatique. J'avais rédigé un billet sur le sujet il y a deux ans. Je vous invite à le lire et à agir. Il est fort probable que si vous avez entre 18 et 51 ans on vous interroge alors sur le don de moelle osseuse.

Sandra Dal Maso a aujourd’hui 33 ans. Elle a créé l’association La Chauve qui sourit qui a pour objectif de sensibiliser au don de moelle osseuse. En relatant avec honnêteté son expérience elle nous offre une leçon de vie et un encouragement à faire plus pour les autres.

Sophie Adriansen est l’auteur de plusieurs livres dont Je vous emmène au bout de la ligne (Max Milo, 2010), J'ai passé l'âge de la colo, en littérature jeunesse, d'une biographie de Louis de Funès, Regardez-moi là, vous ! chez Premium, et d'un roman très réussi Quand nous serons frère et soeur chez Myriapode. Elle a aussi collaboré à plusieurs autres ouvrages.

Blog de l'auteur ici

Mon sourire pour guérir de Sandra Dal-Maso, Préface du Dr Magda Alexis, chez Max Milo, en librairie le 10 octobre 2013
ISBN: 978-2-31500-481-2

lundi 7 octobre 2013

Lundi noir de Dominique Dyens aux Editions Héloïse d'Ormesson


(mise à jour 21 octobre 2013)

Il y a des jours comme çà où rien ne va ... C’est ce qu’on croit, ne sachant pas que c’est peut-être ce que la sagesse populaire désigne sous le terme de «un mal pour un bien». En attendant le mal est là et bien là.

Lundi noir, l’expression est passé dans le langage courant, même si l’évènement est, c’est heureux, exceptionnel : le titre évoque un krach boursier, ou pour le moins de graves soucis dans le monde de la finance. La première page du roman est donc sans surprise.

Par respect pour ses lecteurs, Dominique Dyens laisse entrevoir les prémices d’une fin heureuse (p. 13-14) avant de reprendre le déroulé de la tragédie.

Ce serait une erreur de conclure qu’on a tout compris, tout «deviné» du présent comme du passé et de l’avenir de ce Paul Deshoulières. L’auteure a plus d’une surprise sous son clavier et on la laisse nous manipuler sans opposer de résistance. Peu avant la moitié (je ne vous donnerai pas la page exacte : vous seriez tenté de vous y rendre trop vite) l’histoire basculera alors que son règlement est entre les mains de l’homme d’affaires.

Une des grandes forces du livre est d’avoir campé un personnage masculin aussi subtile. Dominique Dyens en connait un sacré rayon sur la psychologie masculine, ses forces comme ses faiblesses. La physiologie du sexe fort ne lui échappe pas davantage. On se surprend à considérer les choses sous un angle inhabituel.

Il est rare, me semble-t-il qu’une femme écrive de cette manière et cela fait du bien.

L’argent ne fait pas le bonheur. Cela fait belle lurette que vous et moi le savons. Si une illusion pouvait persister dans le cerveau d’un lecteur, Dominique Dyens en sapera la certitude.

Vous me direz que tout dépend de la définition qu’on a du bonheur. Pour Alice qui, soit dit en passant, est une merveille sottement mondaine (sic), le bonheur c’est le luxe associé à l’opulence (p. 95). Autrement dit une abondance de biens matériels haut de gamme que Paul, son époux, qualifie exactement des mêmes termes p. 34. Ces deux-là étaient fais pour s’accorder sur une même longueur d’onde.

Un jour tout cela ne sera que du vide, du creux, du toc prétentieux (p. 86).

Tant que Paul considèrera les affaires comme un jeu tout sera supportable. Mais qu’il découvre l’hypocrisie (p. 66) et la belle image se craquèle. Et qu’elle découvre la vraie passion (p. 77) et c’est la sienne qui se brise. C’est désormais avec un bel architecte qu’elle voudrait poursuivre l’aventure de la vie.

L’auteure a de jolies formules. Pour qualifier un accord entre les deux amants elle les dits issus du même cépage bien qu’ils aient mûri sur des terres différentes. Pour signifier combien Paul pète les plombs il ressent une image distordue de lui-même. Pour nous faire peur il est persuadé que la vie ne lui donnera pas de seconde chance.

Pour renforcer davantage les métaphores, elles sont placées dans la bouche des personnages, à la première personne. Le récit alterne le je avec le il et les paragraphes sont parfois liés par le logo de la maison d’édition là où d’habitude on trouve trois astérisques.

On pense à L’été de la deuxième chance, de Elin Hilderbrand, publié en 2012 et qui est strictement le pendant américain et féminin de ce Lundi noir. On pourrait établir une comparaison avec le Système Victoria d’Eric Reinhardt. On se souvient aussi d’Une époque formidable, le film où Gérard Jugnot témoignait de la dégringolade d’un cadre avec la perte de son travail. Le thème n’est pas nouveau mais, encore une fois, son traitement est fait sous un angle différent.

Sur le plan médical on apprend ce qu’est un adénocarcinome sans qu’il soit besoin de pratiquer l’exercice du diagnostic différentiel où le Dr House excelle. Il y a aussi quelques pages sur la fin de vie en maison médicalisée, presque insoutenables tant elles sont proches de la réalité. On arpente Paris et on se pose en Nouvelle Angleterre,  pas loin de là où vit Elin Hilderbrand.

Il ne manque qu’une chose : la recette de cette Clam Chowder qui est si appétissante. Je croyais en avoir une dans mes nombreux livres de cuisine. Il y a des versions crevettes-pommes de terre mais pas la fameuse aux palourdes que je vous promet de chercher bientôt pour l’ajouter à ce billet ...


mise à jour du 21 octobre 2013

Pour faire une soupe de coques comme en Nouvelle Angleterre :

Pour les coques, compter 600 g, 1 échalote, 2 cubes de bouillon de légumes bio et 80 cl d’eau, 2 cuillerées à soupe d’huile d’olive, 1  pincée de sel.

Vous ferez dégorger les coques dans l’eau froide en brassant. Puis vous ferez suer l’échalote pelée et émincée dans l’huile d’olive avec le sel. Dès qu’elle est translucide vous versez 2 verres d’eau, y jetez les coques, couvrez et laissez cuire 3 minutes à feu vif. Vous filtrerez le jus de cuisson, le ferez réduire de moitié et mélangerez au bouillon de légumes.

Pour la soupe, il vous faudra : 1 orange non traitée, 1 oignon, 1 gousse d’ail, 1 branche de céleri, 4 pommes de terre, 2 pincées de pistil de safran, 20 cl de crème liquide, 4 brins de persil plat, 25 g de beurre, sel et poivre.

Vous laverez l’orange pour en prélever la moitié du zeste et vous la presserez. Vous émincerez l’oignon épluché et la gousse d’ail, couperez le céleri en petits cubes et les pommes de terre en cubes de taille moyenne.

Vous ferez suer l’oignon dans une cocotte dans le beurre avec le sel, ajouterez ensuite ail, zeste et céleri. Après 2 minutes vous ajouterez le bouillon et les pommes de terre, le safran et laisserez cuire 20 minutes. Quand les pommes de terres seront tendres vous verserez la crème, le jus d’orange puis les coques et poursuivrez la cuisson à feu doux 2 à 3 minutes.

Rectifiez l’assaisonnement et servez chaud avec quelques brins de persil.

J’ai trouvé cette recette dans le Best of Etats-Unis de la collection Fait maison d’ailleurs, Hachette cuisine, publié en juin 2013 (p. 82).

Lundi noir de Dominique Dyens aux Editions Héloïse d'Ormesson

jeudi 3 octobre 2013

J'ai écouté New, le nouvel album de Paul McCartney


Paul McCartney revient dans les bacs après 6 ans de silence (Memory Almost Full, 2007) à la couleur très pop et avec un titre qui sonne comme une évidence : NEW ! J’imagine que chacun d’entre vous va vite avoir une opinion sur l’évènement.

Je ne suis pas critique musical. J’ai pourtant répondu oui spontanément quand Universal m’a proposé de venir en studio écouter l’intégralité de l’album. Il inclue 12 nouvelles chansons sur lesquelles Paul McCartney a travaillé avec l’appui de nouveaux collaborateurs, à savoir les producteurs Paul Epworth, Mark Ronson, Ethan Johns et Giles Martin. La version Deluxe de NEW comprendra deux titres bonus : Turned Out et Get Me Out Of Here..

Une vidéo avait commencé à circuler sur la toile mais quelques minutes ne suffisent pas pour se forger un avis.Vous pourrez y accéder à la fin de ce billet.

Autant vous le dire tout de go : New est un album à clés. Du moins pour moi dont l’oreille est  encore imprégnée des chansons sorties des studios londoniens d’Abbey Road. D'ailleurs il y a été pour partie enregistré ... Paul m’étonne à répéter inlassablement en interview que beaucoup de titres sont très différents de son style habituel. Tout serait question d’écoute ?

Certes, la tonalité change radicalement d’une piste à l’autre. Mais on perçoit, à intervalles réguliers, des surgissements de quelques mesures évoquant un air connu. Cela a-t-il fait inconsciemment ou intentionnellement ? A moins que ce soit ma mémoire qui me jouerait des tours ?

Le guitariste Rusty Anderson est présent sur presque tout l’album et on a très envie de le voir sur scène à coté de Paul McCartney. Çà commence très fort avec le premier titre, Save Us, scandé par un Now ! plutôt impératif. Sauvez-nous, illico, semble dire le chanteur qui, pourtant, ne parait pas au bord de la catastrophe si on en croit les Ah et les Oh joyeux qui ponctuent la fin de la chanson.
Les drums sont très présents et que çà sonne, que çà frappe encore plus fort à la seconde écoute !

On retrouve les couleurs des Beatles dans les aigus d’Alligator (piste 2). Toujours cette même façon de scander Ev’ry-body lies, comme dans
avec un soupçon d’écho. Une imprécation (Save me) qui ne surprend personne après le premier titre. Une guitare électrique qui évoque Apache et à la toute fin comme le crépitement d’un 33 tours très fatigué.

Avec les premières notes de On My Way to Work (piste 3) j’entends Strawberry. Paul chante I have so many dreams.

Queenie Eye (piste 4) offre une rupture de rythme qui nous embarque plus loin dans l’électro. Mais sans perde, là encore, quelque chose de l’esprit des 4 insectes. 

Très belle intro de guitare pour Early Days (piste 5) avant la voix timbrée par les années d’un Paul Mc Cartney qu’on imagine assis sur un tabouret de bar. La country n’est pas loin, ni l’esprit balade de Peter, Paul & Mary.

Chacun de nous prend des notes comme s’il allait passer un examen à la sortie, sans exprimer sur son visage s’il aime un peu, beaucoup ou pas du tout. Mais voici le fameux New (piste 6), qui donne à notre petite assemblée très studieuse l’envie de taper et de claquer des mains. les réactions demeurent discrètes mais chacun sent qu’il y a là une vraie promesse de tube. C’est moderne sans renier les années 60.
 
Nouvelle rupture de ton et de rythme avec Appreciate (piste 7) avec abondance de samples et d’échos très travaillés. L’univers s’est assombri. Le morceau est plus long, propice à être adopté par les DJ.

Si on n’avait pas encore envie de danser, Everybody Out There (piste 8) lèvera les derniers freins. L’équipe de l’album y a oeuvré au grand complet pour restituer une atmosphère de concert.

Les rimes sont faciles : You ... and I / The sky / Before you say goodbye ... Rien à dire, c’est efficace et les Hey, Hurry up et les Oh Oh Oh Oh sont fort entrainants.

Hosanna (piste 9) est plus intime. Time is flying, everyday, everyway ... la nostalgie est au rendez-vous.


I can Bet (piste 10) surprend et réveille. Il va être question d’imagination, et justement, là encore j’entends quelques notes d’un standard planétaire: I can’t get ..no ... satisfaction.

Looking at her (piste 11) est une nouvelle fois ponctué de «everybody» qui s’avère un des mots fétiches de l’album.

She’s good. She’s kind

She’s sweet as wine

I’m loosing my mind

On ne peut pas dire que les paroles soient très complexes. C’est un atout pour franchir les portes de l’international. Nul besoin de maitriser la langue de Shakespeare à un niveau universitaire pour mémoriser la chanson.

Road (piste 12) clôture l’album avec un son qui nous emporte loin de l’époque classique des garçons dans le vent. pas de doute que le chemin (the road) a été tracé. Bien que le dernier mot soit «night» (la nuit) on n’a pas envie que cela se termine et on reprendrait bien avec Save Us.

Après quelques secondes de silence arrive un morceau caché, comme une confidence. Le piano, très présent, met la voix en valeur : Trying to let you know, I have to say I’m sorry, don’t be sad for me (...) I am dying ...

On refuse d’y croire.

Le 14 octobre est la date de la sortie mondiale de l'album.


www.paulmccartney.com/

mercredi 2 octobre 2013

750 grammes s'est lancé dans Prix du Livre de cuisine

Hier ce ne sont pas moins de 3 Prix qui ont été décernés en une soirée, dont 2 pour la première fois.

Nous étions dans l'espace de 750 Grammes, rue du Faubourg Poissonnière. C'est donc de celui là que je donnerai en premier le verdict. Sur la sélection, très fournie je n'en avais chroniqué qu'un seul, La petite épicerie du fait-maison, Solar Editions, mais j'avais feuilleté et apprécié le Fait-Maison, Classiques d'hier & Aujourd'hui, Hachette Cuisine d'Eva Harlé qui était peut-être la seule auteure culinaire présente ce soir.

Un étudiant en cuisine, Larousse Cuisine
Petit Larousse des apéritifs dînatoires, Larousse Cuisine
Fait-Maison, Classiques d'hier & Aujourd'hui, Hachette Cuisine
Un brunch à NewYork, Hachette Cuisine
Best of Paul Bocuse, Alain Ducasse Edition
Aux Lyonnais – Les 30 meilleures recettes, Alain Ducasse Edition
Le cahier de recettes du Manoir d'Eyrignac, Albin Michel
Sur les choux, j'en connais un bout !, Mango Editions
La petite épicerie du fait-maison, Solar Editions
Apéros du monde, Mango Editions
Le carnet de cuisine du pays Niçois, Edition Sud Ouest
Céréales originales et savoureuses légumineuses, Edition Sud Ouest
Je crée mes cadeaux gourmands, Terre Vivante
Mes confitures compotes, fruits séchés et sirops, Terre Vivante

Eva est aussi modeste qu'elle est talentueuse aux fourneaux. J'aurai l'occasion de parler d'elle bientôt. Toujours est-il que la grande gagnante fut Estèrelle Payany pour sa Petite épicerie du fait-maison, un choix que je ne peux évidemment pas renier.

Jean-Baptiste Duquesne a remis le Prix en précisant que le critère déterminant à été la facilité des recettes combinée à l'envie de les réaliser.

Un étudiant en cuisine s'est classé troisième. Un livre "simple, moderne et très complet" nous a dit Pascale Weeks, de c'est moi qui l'ai fait.

A la seconde place, Un brunch à New-York dont Mamina, Et si c'était bon ! a dit avoir tout testé.
Le 6ème Prix des lectrices Confidentielles a été remis par Delphine Bertholon puisque c'était elle qui avait remporté le 5ème, pour son très beau roman Grâce, chez Jean-Claude Lattès. Si son actualité se focalise sur Le soleil à ses pieds qui est déjà un succès de la rentrée, et que j'ai déjà chroniqué, je vous invite particulièrement à lire son précédent, ... et les autres d'ailleurs car elle parvient à chaque fois à surprendre ses lecteurs.
La sélection était riche :

- J’ai aimé être fidèle, Jean-Marc Rivière (JC Lattès)
- Juste avant le bonheur, Agnès Ledig (Albin Michel)
- Lundi noir, Dominique Dyens (Héloïse d’Ormesson)
- Ce que je peux te dire d’elles, Anne Icart (Robert Laffont)
- Une faiblesse de Carlotta Delmont, Fanny Chiarello (Éditions de l'Olivier)
- Shâb ou la nuit, Cécile Ladjali (Actes Sud)
- Complètement cramé, Gilles Legardinier (Fleuve noir)
- Les gens sont les gens, Stéphane Carlier (Editions le Cherche Midi)
- Tombeau pour Don Juan, Margaux Guyon (Plon)
- Si un jour la vie t’arrache à moi, Thierry Cohen (Flammarion)
Je n'avais lu alors que le livre d'Agnès Ledig, déjà récompensée du Prix de la Maison de la Presse qui a peut-être influencé le jury, qui le plaça à la troisième place, préférant couronner un autre auteur. C'est Gilles Legardinier  qui l'emporta pour Complètement cramé,  annoncé en librairie le 18 octobre et que je compte découvrir bientôt.
L'histoire peu banale d'un homme qui quitte tout sur un coup de tête pour se faire engager comme majordome ...
La créatrice du site créé par Hélène Lepetit il y a 13 ans déjà, Maman.fr, avait choisi le même soir pour remettre son premier Prix du Livre Préféré des Mamans. Point de "short list", chaque électrice était libre de chercher l'inspiration dans sa mémoire ou sur ses étagères.

Point de jury trié sur le volet non plus : toutes les mamans volontaires furent sollicitées et 1354 répondirent. autant dire que ce Prix est d'une fiabilité impartiable !

Isabelle Filliozat est arrivée dans le trio de tête pour les ouvrages « J’ai tout essayé » et « Au cœur des émotions de l’enfant » chez Jean-Claude Lattès. On apprécie sa manière d'avoir trouvé le langage qui déculpabilise les mères de n'être pas aussi parfaites qu'elles le voudraient.

L'allaitement, l'épuisement, le handicap ont été des thèmes récurrents dans les choix des votants. Mais c'est Cinquante nuances de Grey, du même éditeur, qui a créé la surprise puisqu'il n'est pas un livre que l'on classerait dans le domaine de l'éducation de l'enfant. Sa présence s'explique par le fait que les mères sont aussi des femmes, ce qui est pleinement rassurant, et qu'elles ne mettent pas de côté leur sexualité. Je ne peux que souscrire étant donné ce que j'ai écrit à propos du livre de E.L. James.

La grande gagnante, loin devant toutes les autres, fut Laurence Pernoud .. on aurait pu le deviner car je ne pense pas qu'une seule maman n'ait jamais ouvert un de ses livres. Je n'échappe pas à la règle : « J’élève mon enfant » fut mon livre de chevet pendant des mois.

Agnès Grison et l'équipe des éditions Horay met à jour chaque année les deux best-seller que sont J'attends un enfant et J'élève mon enfant. Ce n'est que justice qu'elle soit repartie avec le premier Prix.

Des trois récompenses c'est sans doute celle de Maman.fr qui est la plus "parlante" mais aussi celle qui sera la plus difficile à réitérer l'an prochain. A suivre !

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