jeudi 1 octobre 2009

Partage de midi, version 1905

Comédie Française par ci, Comédie française par là, on annonçait un chef d'œuvre et l'assistance était plutôt "sélect" hier soir devant le théâtre Marigny qui reprenait la pièce avant qu'elle ne parte à l'assaut des scènes conventionnées.
J'étais heureuse de la découvrir sans attendre pour en rendre compte sur le blog. Seulement voilà, je ne suis pas autant enthousiaste que pour la Vie devant soi (cf billet du 29 septembre). Et manifestement, à entendre les toux répétées dans le parterre, je n'étais pas la seule à ne pas être aux anges.

Je vais essayer d'expliquer pourquoi ou du moins de faire quelques hypothèses.

Le texte qui a été choisi est la première écriture que Paul Claudel a publié en 1905. Ce n'est peut-être pas par hasard si cet homme intelligent l'a ensuite remanié pour en expurger l'accoutrement lyrique, selon ses propres termes. Force est de reconnaitre qu'il nous a été livré hier soir dans son entièreté emphatique digne des meilleures tragédies grecques.

Le décor est minimaliste, ce qui n'est pas un défaut en soi. Des cordes parviennent à symboliser le pont d'un bateau, encore qu'on ait du mal à le sentir vibrer sur la mer déchainée ... Mais que viennent faire des projecteurs dans la représentation du cimetière de l'acte II ? Etre ou ne pas être, demeure la question essentielle. Je n'y étais pas.

Serais-je insuffisamment cultivée ? Ou fatiguée peut-être ?

Comme il me serait confortable de me ranger à l'avis de Jacques Nerson écrivant dans le Nouvel observateur en mai dernier : le voilà, l'évènement théâtral majeur après lequel nous soupirions !

Je reconnais la performance des acteurs. Hervé Pierre donne chair à un Amalric sensuel et colonial. Christian Gonon est De Ciz, le mari voyageur. Eric Ruf interprète Mesa avec brio. Marina Hands incarne la fatale Izé, dévoreuse d'hommes toujours insatisfaite. La mise en scène d'Yves Beaunesne oscille entre le dépouillement et l'anecdotique. Voyant l'actrice sortir un petit gâteau de sa poche, le grignoter et dire que "rien ne l'empêche de manger" il me revient ces paroles d'une petite fille faisant la moue devant une assiette de légumes que je lui préparais : c'est bon ... mais j'en veux pas !

Tout est dit. A vous de vous faire votre propre opinion : la pièce sera jouée le vendredi 9 octobre à la Piscine.
Théâtre Firmin Gémier-La Piscine – 254 av. de la Division Leclerc à Châtenay-Malabry :01 41 87 20 84
Sur www.theatrefirmingemier-lapiscine.fr

Aucun commentaire:

Messages les plus consultés