vendredi 8 mai 2015

La cour des grandes chez JC Lattès

J'ai lu La cour des grandes sur Ipad pendant mes vacances (qui furent trop courtes mais à ce moment là agréables dans un beau paysage, sous un soleil qui fera défaut quelques jours plus tard).

En progressant dans cette lecture je devenais de plus en plus satisfaite de ma life, estimant parvenir plutôt bien à concilier vie professionnelle, vie familiale et épanouissement personnel.

C'est une des problématiques qui semble la plus difficile à résoudre pour les quatre héroïnes du roman d'Adèle Bréau qui connait bien le sujet pour avoir recueilli des confidences auprès des membres de la communauté du site féminin Terrafemina.com qu'elle a contribué à créer.

Cette expérience lui a donné l'envie d'écrire sur ces amazones qui jonglent entre leurs emplois en essayant de conserver un équilibre amical et amoureux. Elle avait déjà publié en 2013, aux éditions Leduc, Je dis ça, je dis rien, et 200 autres expressions insupportables.

L'auteur habite dans le XVII° mais elle situe ses quatre "working mums" dans le quartier bobo du IX°.
Mathilde, mère de deux petits garçons, est cadre dans une grosse firme pleine de mâles qui l’attendent au tournant. Elle jongle avec les emplois du temps dans une culpabilité constante. Son amie Alice, seconde un restaurant en vue de la capitale, peine à se remettre de sa séparation, malgré le soutien de son ado. Lucie, leur richissime comparse, est à la tête d’une famille nombreuse de trois enfants. Elle est obsédée par la bonne tenue de son bonheur conjugal. Eva, la quatrième, rêve de devenir mère elle aussi.Ces héroïnes made in France, ne rêvent plus de prince charmant, de robe meringuée et d’alliances. Elles n’en ont plus le temps. Elles tentent simplement de maîtriser le tourbillon insensé qui les emporte depuis qu’elles ont dit oui : crèche, école, courses, babysitters, vie sexuelle, carrière, enfants malades, premières rides ... la liste peut encore s'allonger.Dans un Paris de comédie romantique, ces équilibristes à l’aube de la quarantaine rient, explosent, galèrent, textotent, aiment et espèrent, car pour Adèle Bréau les mères de famille auront toujours quinze ans, même une fois entrées dans la cour des grandes.
Ce roman est une parfaite illustration du genre comédie romantique, en toute logique puisqu'Adèle Bréau adore la "chick lit". On se reconnait dans l'une ou l'autre et on débusque les travers de notre entourage. Bien sûr ce n'est pas très original. Depuis les épisodes des Desperated Housewives et autres Sex and the City on a l'habitude de ce genre de clichés. Mais l'auteur assume complètement le fait d'avoir emprunté les codes des séries américaines même si les quatre jeunes femmes ont une vie professionnelle.

Son intention est cependant louable : "Mon but en écrivant 'La cour des grandes' c'était de déculpabiliser les femmes qui jonglent en leur montrant que nous sommes toutes dans la même galère", explique elle sur Terra Femina . "On a beau poster des photos de bonheur familial idyllique sur Intasgram pour faire comme les mamans stars, on a toutes un panier de linge qui déborde chez nous".

Elle connait les statistiques : au moins une femme sur deux affirme qu’avoir eu des enfants a été un frein à sa carrière. La tranche horaire 18h-20h est gérée uniquement par les mères dans 9 foyers sur 10. La moitié ne déjeune pas le midi et 70% assument toutes les tâches ménagères. On se croit phénomène isolé quand on est dans ce contexte de stress permanent et on découvre que c'est le lot commun. D'une certaine manière son livre n'est pas très distrayant car la situation ne semble pas  avoir évolué depuis 20 ans. Encore une certitude qui s'effondre ...

En tout cas tant que les hommes ne modifieront pas nettement leurs comportements. Adèle Bréau en est pleinement consciente. Elle termine l'écriture d'un second volet qui leur donnera la parole. Le roman s'intitulera "Les jeux de garçons". On les attend ... et si elle nous brosse leur vie d'une manière aussi vive que celle de leurs femmes on ne va pas s'ennuyer.

Je signale qu'Adèle Bréau tient aussi (quand elle en a le loisir) un blog où elle n'y va pas avec le dos de la cuillère pour communiquer ses impressions et donner ses avis sur beaucoup de choses, jusqu'à sur la vie du président de la République. C'est ultra décapant et réjouissant !

La cour des grandes de Adèle Bréau chez JC Lattès, depuis avril 2015 en librairie

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