Avignon 2019

Ayant vu plus d'une centaine de spectacles (entre le Festival d'Avignon, le Off et même celui qu'on appelle le If) il n'était pas possible de dédier un billet à chacun, ou sinon, pendant plus de trois mois, il n'aurait plus été question d'autre chose sur le blog.
Impossible par exemple d'attendre le 1er octobre pour publier des chroniques sur la rentrée littéraire !
J'ai décidé de rassembler tout ce qui concerne Avignon sur le mois de Juillet. Etant plus approfondis que ce que j'ai écrit régulièrement cet été sur la page Facebook A bride abattue ces articles sont très longs à écrire. Je m'aperçois en ce début de septembre, alors que je viens de mettre en ligne celui qui est daté du 14 juillet, que je prends trop de retard sur d'autres sujets dont il est important de ne pas différer davantage la parution. C'est pourquoi les chroniques avignonnaises, qui ont en quelque sorte valeur d'archive, vont désormais s'insérer rétroactivement.
Je vous invite donc à scroller régulièrement pour les lire ou à utiliser la catégorie "Avignon" pour les faire apparaître. Ou encore, et ce serait le plus efficace, à entrer votre adresse mail dans le rectangle blanc "Pour recevoir par mail ... etc".

mardi 9 juillet 2019

Bye-bye tristesse chanté et raconté par Caroline Loeb, en avant-première de Chiche

J'ai vu le dernier spectacle de Caroline Loeb au Théâtre La Luna pendant le festival d'Avignon 2019 et j’ai beaucoup aimé. On est heureux de la voir revenir à la scène avec la chanson même si elle reste comédienne dans l’âme et qu'elle n'a jamais quitté les planches.

Après avoir exploré la vie de George Sand, elle s'était penchée sur celle de Françoise Sagan, à qui, une fois perruquée elle ressemblait tant que sa propre mère, découvrant l'affiche du spectacle, lui avait dit : la photo est belle mais c'est dommage que ce ne soit pas toi. Quel compliment !

A force d'interpréter Françoise par Sagan elle a fini par mûrir l'idée d'un nouveau spectacle dans lequel elle serait davantage elle-même tout en exploitant le parallèle entre son parcours et celui de Sagan. Son Bye-bye tristesse évoque sa vie ... et la nôtre. Elle y révèle sa personnalité aux multiples facettes, capable d’exubérance comme de retenue, de provocation comme de pudeur.

Quel culot pour commencer dans le noir absolu. Sa voix nous enveloppe immédiatement et les paroles nous cueillent : On ne sait jamais ce que le passé nous réserve (...) retrouver une vieille connaissance ... Assise sur un tabouret de bar, gainée dans une robe fourreau longue, noire, et à traîne, conçue par Irié qui l'habille très souvent, sa posture évoque alors Marlène Dietrich et annonce presque la scène finale, ... que je ne vous raconterai pas, sur une chanson dont les premières notes de musique évoquent Comment te dire adieu ...

Pas davantage que les instantanés de sa vie et les multiples anecdotes (vous apprendrez que ce n'est pas Serge Gainsbourg qui a inventé Je t'aime moi non plus). Elle revient sur quelques rencontres avec des personnes très célèbres et sur l’époque où elle se prenait pour la reine d’Angleterre. Elle ne cache rien de ses folies (passées ?).

Caroline y révèle beaucoup de points communs avec Françoise (elle en avait aussi avec George) :
Sagan aimait la fête et ses nuits blanches, moi aussi
Sagan aimait la vitesse, moi aussi
L'amour sous toutes ses formes, moi aussi
La solitude, moi aussi
Le jeu ... moi non plus !

Elle a eu raison de miser aussi sur le rouge pour créer ce récital autour de chansons écrites par Françoise Sagan (on ignorait que l'écrivaine en avait publié et pourtant elle eu de fameux interprètes), Pascal MaryPierre NotteThierry Illouz ... et quelques titres où Caroline a elle-même mis la main.

Tout est très réussi. A tel point que le public n’a pas besoin qu’on le lui demande pour fredonner avec elle les paroles d'une chanson que quelques minutes auparavant il ne connaissait même pas.

Caroline se dépense sans compter parce que compter est la seule chose qu’elle ne sait pas faire. Par contre aimer, oui ! Et travailler aussi ! Pour preuve, elle a décidé de modifier le spectacle, que vous verrez à Paris dès le 25 octobre au Théâtre de l'Archipel dans une version disons enrichie dont le titre sera Caroline Loeb chante et raconte, Chiche 
Caroline Loeb est une vraie star, qui plus est accessible parce que son humanité est immense. Allez l’entendre. Allez la voir. Sa voix sonne juste, et véhicule toute une pléiade d'émotions. Vous en serez tox, je vous le prédis.
Pascal Mary n'a pas fait "que" d'écrire trois chansons pour Caroline Loeb. Il est lui aussi en concert pendant le festival, à 15h25 à l'Atypik, avec un récital essentiellement composé de ses propres textes qui fait vivre au public des émotions en montagne russe.

Il reprend aussi Une Sorcière Comme Les Autres, bouleversante chanson d’Anne Sylvestre. Il a lui-même écrit un texte à la mémoire de sa maman qui a décidé de mettre fin à ses jours. Cet auteur-compositeur-interprète est tout autant capable de tendresse que de provocation en égratignant les Noëls en famille. Son impertinence est sincère et il sait trouver les mots pour dire les choses en faisant rire sans rien sacrifier à l’écriture.

Lorsqu’il s’ennuie, en bordure de l’oubli, il nous le chante avec simplicité et lorsqu’il prend (comme on dit) du bon temps il n’enrobe pas les mots de papier de soie. Le public qui le connaît déjà est aux anges, les nouveaux venus sont conquis.

Quant à Stéphane Corbin, il accompagne Caroline Loeb sur scène avant de poursuive avec Nos années parallèles dont j'ai parlé dans le billet de vendredi dernier.

La photo qui n'est pas logotype A bride abattue est de Richard Schroeder.

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