Tourné surtout en Tunisie, ce film français, écrit par la réalisatrice en hommage à sa mère, a été présenté en avant-première le 13 février 2026, en compétition à la 76e Berlinale.
De retour en Tunisie pour les funérailles de son oncle, Lilia retrouve une famille qui ignore tout de sa vie à Paris. Déterminée à éclaircir le mystère de cette mort soudaine, la jeune femme se retrouve confrontée à un secret de famille qui va faire écho à sa propre situation.
L'action se déroule essentiellement dans une sorte de huis clos, au sein d'une (vaste) maison où cohabitent trois générations de femmes. C'est sans surprise que le spectateur comprend le risque de la révélation de son homosexualité dans un pays où elle est encore répréhensible par la loi même si l'opinion commence à évoluer et que, paradoxalement les femmes sont plus épargnées du fait que les institutions susceptibles de les sanctionner ne croient pas ce type de relations possibles et concluent à une plaisanterie.
Faut-il pointer qu'en Tunisie le code pénal prévoit jusqu’à trois ans de prison pour punir les relations intimes entre personnes de même sexe ? On peut comprendre que cela favorise les non-dits.
Lilia est venue accompagnée d'Alice qui compte bien profiter de son séjour pour s'affirmer officiellement dans la vie de sa compagne. Lilia craint la réaction de sa mère et cherche à préserver sa grand-mère, si ébranlée par la mort de son fils chéri.
Les souvenirs reviennent à la surface, joliment évoqués par des apparitions ou plus concrètement par la découverte de courriers qui n'ont jamais été expédiés. Leila va entreprendre un vrai travail d'enquête qui va faire bouger les lignes. La prise de conscience est progressive quoiqu'on devine que le secret n'en était pas véritablement un, même si l'aïeule avait réussi à imposer le mariage à son fils.
Cette contrainte est subtilement racontée par le prisme de photographies qui en disent plus long que bien des dialogues et par une caméra qui s’approche au plus près possible des visages. Et un équilibre délicatement négocié entre la ville et la campagne dans un champ d'oliviers.
Le film se déploie dans une grande sensibilité et un profond respect, parvenant à instaurer une forme d'optimisme. Il est malgré tout dommage (mais je sais que c'est une réalité linguistique) que les dialogues sautent du français à l'arabe, et vice versa, au sein d'une même conversation, voire à l'intérieur d'une phrase, avec pour conséquence la perte de la pensée dans la langue d'origine.
Certaines actrices sont bien connues comme Hiam Abbass qui interprète la mère, et Marion Barbeau (Alice) que l'on avait remarqué dans le film de Cédric Klapisch, En corps. Il est certain qu'on entendra parler de Eya Bouteraa parfaite dans le rôle difficile de Lilia.
À voix basse
Réalisation et scénario : Leyla Bouzid
Avec Eya Bouteraa : Lilia, Marion Barbeau : Alice, Hiam Abbass : Wahida, Fériel Chammari : Hayet, Salma Baccar : mamie Néfissa, Lassaad Jamoussi : Moncef, Karim Rmadi : Daly
Musique : Yom
Date de sortie nationale annoncée pour la France : 22 avril 2026
Date de sortie nationale annoncée pour la France : 22 avril 2026
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