vendredi 26 mars 2021

Le Petit Chaperon rouge dans la version de Beatrix Potter

Le Petit Chaperon rouge a inspiré des générations d’auteurs et d’illustrateurs.

Les lecteurs les plus avertis savent que la version de Charles Perrault se termine tragiquement alors que celle des frères Grimm est plus positive. Il n'est pas certain qu'elle soit plus formatrice pour les enfants. Les mettre en garde contre les dangers suppose que le drame ne soit pas édulcoré.

C'est le parti-pris choisi par Beatrix Potter dont on a jusqu'à maintenant l'image d'une vieille dame adorable regardant vivre des lapins au nez et à la barbe d'un jardinier malchanceux.

Je vous invite à découvrir ou découvrir cette série, parue chez Gallimard. Des petits films racontés sous l'égide du Père Castor constituaient une alternative à la lecture. Ces cassettes VHS étaient remarquables. C'était une autre époque … J'ignore s'ils existent en numérique.

J'ai en mémoire l'émerveillement de mes enfants, toujours friands d'entendre une nouvelle aventure de la famille Flopsaut et de leurs compagnons. Jamais je ne me séparerais de ces petits livres qui ont tant adouci l'heure du coucher.

Comment auraient-il réagi à cette version, qui n'a d'ailleurs spas été publié du vivant de Beatrix Potter ?

On retourne intacts les fondamentaux du conte. Les personnages sont les mêmes. Le loup pourrait faire un peu pitié car il meurt visiblement de faim. Et rien ne dit qu'il parviendra à échapper aux chasseurs tant il s'est goinfré. Pas facile de se sauver le ventre trop plein.

Helen Oxenbury, encore une vieille dame britannique (elle est née en 1938 en Grande-Bretagne), donne une dimension nouvelle, non dénuée d’humour, à ce classique des classiques. Elle n'a pas cherché à "copier" le trait de Béatrix Potter mais elle en a gardé la finesse et l'aspect aquarelle.

Le noir et blanc s'invite sur chaque double-page, comme pour prévenir que la noirceur peut surgir à tout moment, malgré un décor idyllique, jonché de fleurs sauvages.
Spécialisée dans le design théâtral, elle a commencé par dessiner des costumes pour le théâtre et le cinéma. Voilà sans doute pourquoi elle a si bien soigné les tenues des personnages.

Le Petit Chaperon rouge dans la version de Beatrix Potter, illustré par Helen Oxenbury, traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassalo, Ecole des Loisirs, première édition en 2019

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