J’avais rencontré Syméon Kamsizoglou et Delphine Pique à l’ambassade de Grèce à l'occasion de la présentation de leur livre éponyme, à la fois récit de voyage, guide culinaire et livre de recettes, que j'ai d'ailleurs déjà chroniqué ici.
Ypseli a trouvé sa place dans un bâtiment conçu par l’architecte François Constant-Bernard, qui présente sur la rue Réaumur une succession de travées identiques, très largement vitrées et encadrées de pilastres. L'espace de 600 m2 a permis d'organiser deux espaces indépendants, ayant chacun leur entrée et leur identité, pilotés par deux équipes dédiées. D'un côté le restaurant, sur lequel je reviendrai plus loin, de l'autre l'épicerie-taverne où le service est très convivial, sans service à table (mêmes s'il y a du personnel de débarassage). Avec aussi une longue terrasse sur le trottoir.
On peut encore voir une horloge spectaculaire à l’angle avec la rue Saint-Denis et si on peut toujours lire GOBERT-MARTIN au-dessus des vitres ce n'est pas le nom des occupants actuels mais ceux des fondateurs, Jean-Baptiste Gobert (1848-1921) et sa femme, Lucia Martin, fille de Félix Martin (directeur de grands magasins en Belgique).
A Réaumur fut un des premiers Grands Magasins à proposer des articles de confection de grande qualité à prix attractifs avant de lancer également la vente par correspondance, bien avant les grandes enseignes du Nord comme la Redoute (1922). Pourtant le succès fut de relative courte durée avec une fermeture dans les années 1960 mais les bâtiments ont été conservés.
L'inauguration de l'établissement parisien se fit en 1897 et en grande pompe en présence du président de la République, Félix Faure. A cette époque, la rue Réaumur est un véritable laboratoire d’une nouvelle architecture utilisant la charpente métallique et libérant ainsi de grandes surfaces vitrées. Entrons aujourd'hui côté épicerie.
Le Taboulé (en bas à gauche) et la Salade d'aubergines en bas à droite) composée d'aubergines, roquette, metsovone fumé, tomates cerises, oignon sont les premiers à être en place. Le comptoir est attrayant avec un grand nombre de plats parmi lesquels on compose sa salade (l'assiette qui est présentée en tête d'article en est un exemple) que l'on agrémente en fonction de son appétit en ajoutant fromage, brochette, légumes frits … des Kolokythokeftedes, qui sont des beignets de courgettes aux herbes bien gonflés (p.68), voire bien entendu une portion de moussaka. J’ai apprécié que les substances possiblement allergènes soient systématiquement mentionnées systématiquement.
Si on est pressé on pourra opter pour un sandwich dans un pain pita. Les produits font la loi et la saisonnalité impose son rythme. Mais il existe des incontournables comme la Stanakopita, tourte traditionnelle aux épinards et à la feta, que je vous montre tout juste sortie du four. Elle était à l’origine préparée avec les herbes sauvages cueillies autour de chez soi. Depuis les épinards se sont imposés mais elle pourra aussi être faite avec des blettes.
Vous en avez une recette approchante p. 252. Il vous faudra des oignons, des épinards frais revenus, et des herbes aromatiques comme persil plat, aneth et menthe et puis bien sûr de la fêta, qui sera émiettée à la main. Chez Ypseli on évite pour ce plat la pâte phyllo, préférant la faire à la main (un peu comme une pâte brisée finement étalée). En Grèce ça se grignote à toute heure, chaud ou tiède.
Comme sans doute le très classique gâteau à l'orange Portokalopita (de portokali orange, pita gateau) un dessert de grand-mère dont la recette est page 230 du livre Ypseli.
Devant de gauche à droite la brioche "Tsoureki" caramel, cannelle, chocolat, noisettes, puis le Halva à la semoule et aux fruits secs, cannelle, orange et huile d'olive, et la Galatopita, ou tarte au lait de brebis, qui est une sorte de flan.











































