Quelle que soit la date de votre venue à Cheverny vous avez l’assurance de ne pas connaitre l’ennui. L’automne y est très agréable. Noël y est célébré avec faste. Pâques tout autant. Les jardins sont magnifiques en toutes saisons, avec un point d’orgue au printemps lorsque les tulipes colorent un ou plusieurs rubans traversant le parc. Le parc boisé est composé d’arbres remarquables dont un séquoia géant de 1870. Bientôt les allées embaumeront la fragrance des tilleuls. Les 370 arbres fruitiers du Jardin Sucré, le 6ème du domaine, vont sans doute offrir de belles récoltes en cette sixième année de croissance.
J’aime particulièrement le Jardin des Apprentis, ainsi nommé en hommage aux dix jeunes qui ont participé il y a vingt ans déjà à sa création (avec parmi eux Sami, devenu depuis Chef jardinier) dans le cadre d’un chantier de réinsertion. Conduisant du château à l’Orangerie il est rafraîchi par une fontaine d’où s’échappent les coquelicots géants conçus par Alexis Boyer.
De l’autre côté, entre la Salle des Trophées et le chenil, s’étend le Jardin potager et bouquetier, indispensable pour nourrir la table du château et décorer les salles.
La rose Cheverny s'y épanouit en ce moment. Elle a été créée par les Jardineries Georges Delbard en 2017 et a remporté de nombreux prix.
Il ne faut pas manquer le Jardin de l’amour qui accueille six grandes oeuvres du sculpteur suédois Gudmar Olovson (1936-2017) pour célébrer la vie, la famille et bien sûr l’amour. C’était un ami proche des propriétaires et on peut voir son buste exposé dans la salle à manger du château. Enfin les enfants pourront jouer à s’égarer dans le layrinthe de lauriers du Caucase.
C’est déjà beaucoup (je l'ai abondamment détaillé dans de précédents articles) mais il y a aussi un spectacle équestre (auquel j'ai consacré une publication spécifique) et un parcours olfactif dans les salles du château, ceci à l’initiative de Maximilien de Vibraye.
La soirée avait commencé samedi 23 mai par un accueil charmant autour d’une citronnade et d’une gougère aux fines herbes avant qu’on ne s’installe dans le nouveau manège pour suivre une version spéciale de la "Rencontre entre l’homme et le cheval", protégés du soleil par les parapluies grand format du mariage d’Isaure et d'Henri, et rafraîchis par un petit vent coquin qui décoiffa plusieurs fois les cavalières.
Nous nous sommes ensuite dirigés vers le château où une haie d'honneur de trompes résonnaient dans la lumière déclinante du soir.
Le parcours olfactif est une réalisation ambitieuse, composée de neuf parfums uniques, présentée sous cloche, par la société Istòria, mêlant références historiques et créations conceptuelles pour raconter Cheverny par l’odeur, en respectant son histoire tout en lui donnant une expression contemporaine. Ce sont Inès Brulin et Olivier de Perthuis, designers olfactifs, qui ont élaborés ces parfums originaux à Grasse avec des matières premières de haute qualité.
Maximilien de Vibraye, futur repreneur du château de Cheverny, retraça la génèse de cette nouvelle aventure qui est née de son souhait d’intégrer une nouvelle facette à la visite du château. Passionné par le parfum et son pouvoir évocateur, il a porté la direction et la cohérence de ce parcours olfactif, après une première édition test à Noël et obtenu le feu vert de ses parents qu'il a vivement remerciés pour leur confiance.
Avant de nous engager à entreprendre ce voyage olfactif, un bijou exceptionnel réalisé en vermeil a été dévoilé par Charles Souchon, dit Ours, venu en voisin. C’est une pomme de senteur imaginée par la joaillière parisienne Marie Deambrosis en s’inspirant directement des poignées de porte de la salle d’armes, dont elle a repris la silhouette pour en faire un véritable astre miniature : le volume rayonnant évoque le cœur du soleil et les perforations diffusent le parfum tel une lumière invisible.











