vendredi 12 décembre 2008

LA PISTE LA avec le Cirque AÏTAL

Victor Cathala et Kati Pikkarainen se sont rencontrés lors de leur apprentissage à Rosny. Ils ont tous deux reçu la mention spéciale des félicitations du jury à leur sortie du Centre national des Arts du Cirque en décembre 2003. Présents à la Villette dans le cadre du festival Terre de Cirques en juin 2004, puis au Théâtre du Rond-Point. Ils repartent du Cirque d'Hiver (de Paris) avec la Médaille d'Argent au XXVI° Festival Mondial du Cirque de Demain en Février 2005. Depuis, deux nouveaux compères les ont rejoints : Helmut Nünning, musicien (mais pas que ...) et Matias Salmenaho, porteur-jongleur.

Ensemble, pendant le mois de février 2007, à l'Espace cirque d'Antony, ils ont conçu le nouveau spectacle qui est donné depuis une semaine, et encore jusqu'à dimanche 15 décembre. Il faut savoir à ce propos que c'est avec la Villette le seul espace Cirque conventionné de toute l'Ile-de-France. On ne répétera jamais assez haut la chance des habitants de cette banlieue sud.

Je les ai découverts le temps d'un échauffement, par une journée glaciale et tranquille. Concentrés, pointilleux, ils pouvaient recommencer dix fois le même geste jusqu'à atteindre la perfection attendue. Les mouvements semblaient alors comme ralentis.

"Pousse plus, pom pom" demande Victor. Kati exprime des douleurs dans le cou, le poignet. Mais les compliments ont une effet anesthésiant : "C'est très bien cela". En tant que spectateur difficile de voir une différence mais on peut leur faire confiance.


Leur inventivité débridée, un travail acharné, un sens de l'humour désopilant, des aptitudes théâtrales, des dons musicaux ... ils conjuguent tous les talents. Alors, forcément, passer une heure en leur compagnie c'est bien davantage que voir et entendre du cirque. Le soir du spectacle proprement dit nous profitons de la chaleur du chapiteau prêté par la Compagnie Max et Maurice (souvenez-vous de Oups, vu le 11 octobre dernier) pour patienter dans de bonne sconditions. Puis place au cirque. Et quel cirque !!!!!

Cela commence avec une petite musique de chambre très XVIII° ... sauf que le contrebassiste porte des chaussettes rayées rouges et blanches plutôt anachroniques sous sa redingote. Le quatuor est d'abord musical. Le plus grand, le plus fort, Victor, joue d'un tout petit cor. La plus fragile, la plus petite, Kati, entonne un très grand cor. Elle titille son camarade qui se venge et l'embroche. La voici chapeautée par son instrument qui lui descend jusqu'aux genoux. Elle se sauve en courant, resurgit, repart en trombe. Le ton est donné. Nous allons rire (aussi) ce soir.

Les envolées s'enchainent ensuite avec sérieux et lyrisme. On a rarement vu des artistes chanter dans des positions aussi acrobatiques. Eh! Oh!
Kati sautille et pirouette dans l'espace comme propulsée par un trampoline.
Ce sont presque des numéros d'illusions qui se succèdent avec des emprunts à l'univers de la magie, du jonglage, de l'équitation et du dressage. Kati, ballerine, danse sur tous les airs qu'on lui propose. La brindille a un tempérament d'acier et ne se laisse pas intimider par les deux forts en bras qui la secouent comme un prunier. Elle leur donne du fil à retordre en jouant la contorsionniste.
Elle saura aussi se rigidifier comme une pierre qui roule sur les épaules de Victor, devenu Atlas. Les porteurs jouent la carte du machisme, ne lui laissant pas une goutte d'eau pour étancher sa soif. Peu importe le flacon : elle jettera la fleur et boira l'eau du vase. Pour se faire pardonner le musicien lui offre une sérénade qu'elle écoute avec un air compassé avant de se jeter à corps perdu sur une piste transformée en ring de catch.

Petit intermède de jonglage avec sept massues ... Chacun reprend son souffle.


Les quatre compères ont "bouffé du lion" ce soir et sont "increvables". Kati s'entête et chante à tue-tête "va chercher des fleurs sauvages" dans toutes les postures imaginables, ou pas. Les hommes aimeraient bien triompher de ce petit bout de femme qui resurgit toujours là où on ne l'attend pas avec un joyeux "Bonsoir !". C'est Woody Woodpecker au féminin, asticotant le coyote sans relâche.
Au final les fauves seront domptés par une écuyère de haut-vol dans une cavalcade totalement surréaliste. La piste là, ce soir, fit retentir des saluts prolongés et mérités. Anticipons un peu sur 2009 pour souhaiter au Cirque Aïtal de conserver toute son énergie et sa créativité. Nous formons le vœu de les revoir très vite en piste.

Renseignements au 01 46 66 02 74. Attention le spectacle commence à 20 heures les vendredi et samedi. Dernière représentation dimanche 15 décembre à 16 heures.
Les trois photos du spectacle sont de Christophe Raynaud De Lage, partenaire du Théâtre Firmin Gémier-la Piscine et je l'en remercie.

1 commentaire:

Freddy a dit…

UN PUR ENCHANTEMENT...1 heure de rire, d'applaudissements tout en retenant son souffle lors des pirouettes et autres accrobaties de cette mini girl au maxi talents. humour facile rythmé par une musique entrainante. bref? que du bonheur. nous sommes rentrés chez nous le sourire aux levres... Génial!

Articles les plus consultés (au cours des 7 derniers jours)