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jeudi 8 janvier 2026

Balle de match de Léa Girardet

Léa Girardet, déjà passée au Théâtre de Belleville avec Le syndrome du banc de touche en 2018, puis Libre arbitre, présente le dernier volet de sa trilogie sportive avec Balle de match !

L'autrice et metteuse en scène s'empare ici d'un duel légendaire ayant marqué l'histoire du tennis féminin? La grande joueuse Billie Jean King affronta et gagna un match contre Bobby Riggs, tennisman retraité et macho invétéré. 

Les conséquences ont été positives pour permettre aux femmes d’obtenir des primes équivalentes à celles des hommes. Mais le résultat est loin d’être aussi idyllique que ce qui nous est présenté sur la scène du théâtre.

L’US Open et l’Open d’Australie, ont appliqué la parité en termes de gains, respectivement en 1973 et en 2001. Il fallut attendre 2005 et les actions de Serena et Venus Williams, certes soutenues par Billie Jean King, pour que Wimbledon et Roland-Garros s’alignent enfin, deux ans plus tard. Et derrière les victoires symboliques, les écarts persistent encore aujourd’hui. Sur les circuits ATP et WTA, les écarts de dotations persistent dans la majorité des tournois, surtout dans les tournois de catégorie inférieure où les différences restent parfois substantielles.

Le combat historique pour l’égalité salariale dans le tennis initié par Billie Jean King est en lui-même un sujet très original et on imagine combien il a pu enflammer les cerveaux américains. Cela ne suffisait sans doute pas à Léa Girardet puisqu’elle a choisi de l’inscrire dans un contexte de science-fiction, ce que personnellement je trouve regrettable méme si l’ensemble est très bien entrecroisé, admirablement interprété, et souvent fort drôle.

Il est dommage qu’un sujet aussi important que l’égalité entre les femmes et les hommes (qui est loin d’être effectif dans tous les secteurs sportifs, y compris dans l’intégralité des compétitions de tennis) soit traité avec dérision. 

En mêlant mystère et sciene-fiction dans la trame d’une forme de théâtre faussement documentaire Léa Girardet transforme le plateau en ring de boxe et s’éloigne du tennis. L’introduction de la fiction fait douter de tout alors que, je le répète, le point de départ est véritablement exceptionnel. Il y avait de quoi bouleverser la société américaine si conservatrice.

L’appel téléphonique du président Nixon a-t-il vraiment eu lieu et aurait-il félicité la tenniswoman en ces termes si surréalistes ? La caricature des shows américains et la présence de Super cochon étaient-ils nécessaires ?

Ceci posé il faut apprécier le traitement des années 1970 et l'allusions au cinéma de genre. Et quelques répliques féministes dans la bouche de la scientifique : Etre une dame c’est se comporter comme le personnage secondaire de son propre film.

La chanson "She’s a lady" interprétée par Tom Jones en 1971, sur des paroles de Paul Anka, revient régulièrement et fort à propos : She's got style, she's got grace, she's a winner (Elle a du style, elle a de la grâce, elle est une gagnante).
Balle de match de Léa Girardet
Au Théâtre de Belleville - 16 passage Pivert- 75011 Paris
Du 5 au 27 janvier 2026
Les lundis et mardis à 19h15, les dimanches à 20h
À partir de 14 ans

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