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mercredi 13 juillet 2022

Courgette dans la mise en scène de Pamela Ravassard au Théâtre des Béliers (Avignon 2022)

(article mis à jour le 6 mai 2024)  
Je ne pouvais pas manquer la nouvelle mise en scène de Pamela Ravassard, intitulée Courgette.

D’abord parce que je connais bien cette histoire, écriture par Gilles Paris, publiée sous le titre de Autobiographie d’une Courgette, que j'ai bien entendu chroniquée en son temps sur le blog ainsi que Ma vie de courgette qui est le film qui en a été adapté et qui a été couronné par deux césars en 2017.
À la suite d’un accident familial, Icare, alias Courgette, se retrouve dans un "foyer pour enfants écorchés", où il rencontre Simon, Ahmed, et la mystérieuse Camille. Ils vont apprendre à se construire, au cœur de l’enfance, là où le jeu et la poésie deviennent une nécessité.
Nul besoin de sortir mon jeu de tarots pour prédire un feu d’artifices de louanges à Pamela Ravassard pour Courgette qui sonne comme le nom de code d’un IMMENSE succès.

Gilles Paris peut prévenir son éditeur : il faut relancer la ré-édition de Autobiographie d’une courgette, que le film césarisé (et nominé aux Oscars) avait déjà ramené sous les feux de l’actualité.

J’ai beau très bien connaître le livre, et le film, j’ai encore pris un énorme plaisir à cette version qui est plus que théâtrale puisque la metteuse en scène a choisi de la traiter sous la forme d’un spectacle musical en s’adressant à un public familial.

Adultes et enfants peuvent se réjouir d’aller ensemble au Théâtre des Béliers pendant ce festival Off Avignon à 10 h et souhaitons que le public parisien puisse en faire tout autant à la rentrée.

Toutes les familles sont différentes. Vole Eddie vole en met une assez particulière à l’honneur au Théâtre Buffon (j’en disais beaucoup de bien hier). Celles des enfants placés aux Fontaines sont dysfonctionnantes chacune à leur manière mais la bienveillance d’adultes sera réparatrice. Jolie manière d’aborder le thème de la violence sans effrayer. Le recours à la musique va adoucir les mœurs de tout ce petit monde.

Le public approuve et ponctue de ses rires : Des fois, les grandes personnes, ça écoute que dalle ! (…) Des fois, ça fait mal les questions.  (…) Quand on a peur de quelque chose faut penser à autre chose sinon on a peur toute sa vie. Le conseil vaut pour tout le monde. Et si ces enfants sont cassés, ils sont réparables, voilà l’essentiel.

On se rend à peine compte que chaque comédien, hormis Courgette, endosse le costume de plusieurs personnages (mention spéciale aussi précisément aux costumes de Hanna Sjödin, et au décor de Anouk Maugein qui a conçu une rampe d’escalier modulable en montagnes russes). 

Le travail de direction d’acteurs est remarquable. Avoir choisi des artistes qui soient aussi musiciens apporte une dimension supplémentaire. On adore ces moments musicaux comme A la belle Fontaine, revue et corrigée version décapante et rock. Mais le spectacle se terminera dans le dépouillement avec "juste" la voix (si merveilleuse) de Vanessa Cailhol a capella, tout simplement. Si je spolie la fin c’est pour la bonne cause parce que le public a bien failli applaudir trop tôt, sur la réplique : Y a pas que le coeur des enfants qui a besoin d’être recousu.

J’arrête les compliments. Il faut que je vous parle d’autres temps forts de la journée mais ne me dites pas que je ne vous aurai pas prévenus de ne pas louper cette Courgette. Avec aussi Florian Choquart, Lola Roskis Gingembre, Vincent Viotti, et Garlan Le Martelot que j’avais déjà tant aimé dans Venise n’est pas en Italie dans ce même théâtre en 2019.

Courgette d’après le roman de Gilles Paris, Autobiographie d’une Courgette
Adaptation Pamela Ravassard et Garlan Le Martelot 
Mise en scène de Pamela Ravassard
Avec Vanessa Caillhol, Florian Choquart, Garlan Le Martelot, Lola Roskis Gingembre, Vincent Viotti

Spectacle vu le Mercredi 13 juillet 2022 au Théâtre des Béliers. Article rédigé après mon retour, à partir de mes notes et des publications faites chaque jour sur la page Facebook À bride abattue, rendant compte des spectacles vus la veille, aussi bien dans le In, que le Off ou le If. Les meilleures photos de la journée étaient publiées sur mon compte Facebook Marie-Claire Poirier peu après dans la matinée.

Les nominations pour les Molières 2024 ont été annoncées ce mercredi 3 avril.
Courgette est nominé dans la catégorie Molière du Théâtre Privé
Vanessa Cailhol pour le Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre public
Pamela Ravassard pour le Molière du Metteur en scène dans un spectacle de Théâtre public
Garlan Le Martelot dans la catégorie Molière de la Révélation masculine
Florian Choquart et Vincent Viotti sont tous deux nominés pour le Molière du Comédien dans un second rôle
Lola Roskis est nominée pour le Molière de la Comédienne dans un second rôle
La 35ème cérémonie présentée par Caroline Vigneaux aura lieu au théâtre des Folies Bergères le 6 mai 2024, et sera retransmise sur France 2.

Vanessa Cailhol s'est vue décerné le Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre public

mardi 6 septembre 2016

Ma vie de Courgette,

La sortie officielle de Ma vie de Courgette est annoncée pour le 19 octobre mais le film est programmé dans le cadre du Festival Paysages de Cinéastes qui se déroulera du 9 au 17  septembre à Chatenay-Malabry (92).

J'ai eu l'opportunité de le voir en avant-première cet été. J'avais aimé le livre de Gilles Paris, Autobiographie d'une courgette, publié aux éditions Plon en 2002. J'ai adoré le film. Différent mais respectueux de l'univers installé par l'auteur et parfaitement construit et qui m'a fait pensé aux films d'animation de Jean-Rémi Gired.

Le genre est assez inhabituel : c'est un film d'animation en volume ayant nécessité un travail colossal : soixante décors, 54 marionnettes dans trois déclinaisons de costumes, huit mois de tournage, huit autres mois de sonorisation et d'assemblage sur un total de deux ans de fabrication mais qu'importe : le résultat est là. 

Icare, alias Courgette vit seul avec sa mère depuis que son père est parti avec une "poule", c’est ce qu'elle lui a raconté. Et il ne fait pas bon la contredire même si cela semble bizarre. Le garçonnet (il a 9 ans dans le livre) prend des raclées pour un oui pour un non. Un soir Courgette tue accidentellement sa maman alcoolique et va se retrouver au foyer des Fontaines, où il rencontre une petite troupe d’enfants : Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice.
Le gamin est confronté à de nouvelles brimades infligées cette fois par le leader du pensionnat, Simon qui démontrera qu'être dur à cuire et avoir le coeur tendre ne sont pas incompatibles. Mais il est désormais de taille à s'imposer et il fera des rencontres positives déterminantes.

Ce qui fait le succès du film (il a déjà reçu plusieurs récompenses) est d'avoir réussi à restituer la légèreté et la tendresse qui imprégnaient le livre alors que le sujet est grave. On entre très vite dans l'histoire qui me semble pouvoir être regardée en famille. Les adultes remarqueront des détails très fins comme le croquis d'une gallinacé sur le mur de la chambre de Courgette.
Claude Barras a fait appel à Céline Sciamma, la scénariste de Tomboy pour travailler avec lui sur l'adaptation du roman. Il y a quelques variations surtout pour s'adresser davantage aux enfants car le roman était destiné aux jeunes adultes. Les différences ne sautent pas aux yeux et le résultat est très respectueux de l'esprit.

Avoir choisi des acteurs non professionnels pour les voix des enfants confèrent une authenticité supplémentaire. Il faut une bonne oreille pour reconnaitre Michel Vuillermoz (sociétaire de la Comédie-Française) dans le personnage de Raymond, ce flic au grand coeur qui prendra Courgette en affection.
Les marionnettes offrent une réalité décalée dans laquelle les enfant sauront facilité à se projeter positivement, sans ressentir avec tristesse les malheurs qui arrivent à ces enfants. Ce sont l'émotion et la tendresse qui primeront. Les décors sont assez sombres mais c'est pour mieux faire ressortir la vitalité de l'enfance qui éclate de couleurs.

Les cinéphiles considéreront Ma vie de Courgette dans la lignée des grandes épopées telles que HeidiBelle et Sébastien ou Les 400 coups mais c'est d'abord un hommage aux enfants maltraités pour témoigner de la force de résilience possible quand on est entouré d'amis et d'adultes bienveillants. Les contes sont cruels, Ma Vie de Courgette ne l’est pas, ayant la tendresse et la force des récits initiatiques dans un monde qui existe, le nôtre, celui des enfants à qui s’adresse le film.

dimanche 12 mai 2013

Autobiographie d'une courgette de Gilles Paris

Autobiographie d’une courgette est un livre qui a été publié aux éditions Plon en 2002 et qui vient de ressortir chez Flammarion, dans la collection Etonnantiss!mes, enrichi d’une présentation et d’un dossier complémentaire réalisés par Marie-Luce Raillard. C’est dans cette version que je l’ai découvert.

Des pluies de malheurs sont tombées dru sur les mômes des Fontaines. Certains sont orphelins. D'autres ont été abandonnés ou leurs parents ont été relevés de leur garde, parfois temporairement. C’est écrit à demi-mot et cela suffit pour deviner que l’alcool, la prostitution, la drogue ou la prison ont fait éclater la cellule familiale.

On apprend vite que Courgette est un garçonnet de 9 ans qui, après avoir accidentellement tué sa maman alcoolique se retrouve en foyer puisque son père a déserté la maison depuis le jour où il est parti avec une "poule". Ce foyer n'est pas un endroit idyllique mais c’est un paradis comparativement à ce que ses pensionnaires ont vécu.

Il y a Simon, dont on comprendra plus tard comment il parvient à savoir tout sur tout le monde, Béatrice, toujours les doigts dans le nez, Ahmed le grincheux qui ne reconnaitra pas son papa lorsqu'il se présentera sans sa barbe, Jujube le gourmand, Alice au visage masqué par ses cheveux, et puis Camille... qui est là comme pour démontrer que le bonheur existe.

Certains vont découvrir la mer pour la première fois, faire l'expérience des sports d'hiver, d'une soirée au cirque, mais surtout recouvrer ce qu'est un vrai esprit de famille. Et si tout va bien, se profile l'adoption au bout du tunnel.

Gilles Paris décrit un monde que les grandes personnes ne parviennent pas à maîtriser, faisant la démonstration que ce n’est pas parce qu’on croit tout savoir qu’on a prise sur le cours des choses. Il s’est glissé dans la peau d’un garçonnet d’une dizaine d’années. C'est donc toujours Icare, alias Courgette qui parle. Les phrases sont longues, bousculées par une syntaxe parfois chaotique, à l’instar de la manière de s’exprimer des enfants. Le récit est au présent. C’est presque un journal de bord, respectant la chronologie des évènements. Il est très dialogué, ce qui place le lecteur en immersion.

Néanmoins l’auteur laisse échapper un niveau de réflexion qui permet d’aller au-delà de ce qui aurait pu s’apparenter à un relevé d’évènements. On retrouve l'attention aux signes de la dépression qui était le sujet principal de son précédent livre, Au pays des kangourous. Simon donne à cet égard une jolie définition : des fois tout semble aller au ralenti et ça s'appelle l'ennui. (p.174).

On sent aussi une critique philosophique de la toute puissance imméritée des adultes et on se surprend à s’arrêter pensivement sur plusieurs phrases prononcées par le petit garçon tant il est vrai que « la vérité sort de la bouche des enfants ».

En voici quelques exemples :

On n’est pas pire que les grandes personnes qui font semblant de savoir. (p. 152)
Avoir une mauvaise vie peut conduire à devenir une femme de mauvaise vie.
L’église, c’est la maison au bon Dieu qui y est jamais. (p. 98)
C’est pas parce qu’on demande rien qu’on sait tout. (p.232)

On serait tenté d’aller fouiller ce qui est autobiographique dans son roman mais l’auteur répond de lui–même à la question en précisant que son enfance a été difficile mais pas malheureuse. C’est peut-être à de rares moments comme celui-ci (p. 232) qu’on le reconnait le plus : Moi, quand je serai vieux, j’aurai toujours dix ans et je poserai toutes sortes de questions idiotes et j’aurai pas une seule ride.

Il aurait pu nous livrer un bouquin plombant. Ce livre est pétri de légèreté et de tendresse ... assaisonné d'un humour fou. J'en ai oublié qu'il s'agissait d'un roman destiné au jeune public. Préface, postface, notes de bas de page pour expliquer les mots un peu ardus, quizz et jeux m'ont rappelé l'âge de la cible.

Maïwen avait abordé le sujet vu du coté de la police avec son très poignant Polisse. Gilles Paris a voulu faire un récit positif, montrant des gosses très solides malgré tout ce qu'ils ont enduré et la masse de soucis qu'ils accumulent dans leur tête, parfois sur leurs corps, à commencer par la branche à cinq feuilles sur les joues. (p.119)

Il met aussi l'accent sur la bonne volonté de tout le personnel qui a en charge ces petits pensionnaires, et c'est une bonne chose de montrer les "zéducs" dans plusieurs facettes de leurs responsabilités. Le Juge aux Affaires Familiales est dans la toute puissance mais il est bienveillant.

Les parents un peu désarmés devant les réactions de leur progéniture trouveront des clés pour mieux les comprendre. Et quelques jeux pour passer de bons moments. Comme celui de la phrase qui tient debout (p.160) ou le jeu du dictionnaire (p.36).

Les illustrations de Charles Berberian apportent un souffle qui  convient lorsqu’on vise un jeune lectorat.

Gilles Paris dirige une agence de communication spécialisée dans l'édition. Il est également l'auteur de Papa et maman sont morts (Seuil, 1991) et d'Au pays des kangourous (Éditions Don Quichotte, 2012) que j'avais chroniqué à sa sortie.

Autobiographie d'une courgette a été porté au cinéma sous le titre de Ma vie de Courgette et remporte un très grand succès.

samedi 18 avril 2015

Assiette "Voyage en Méditerranée" aussi belle que bonne

Chaque participant au 4ème Salon du Blog culinaire de Paris est reparti avec un "panier" de légumes que Lidl proposait de cuisiner avec, pour la recette la plus originale, la perspective de remporter un week-end gastronomique.

Je n'ai pas fait "une" recette mais une assiette composée en relevant le défi de cuisiner la totalité de la barquette, et en faisant le moins de perte possible (y compris avec les fanes de carottes que je ne voulais pas jeter). D'abord parce les légumes étaient tous appétissants, qu'ensuite j'avais envie de pousser la créativité, un peu à l'instar des émissions culinaires où il faut absolument "qu'il y ait du travail" et que "ça se voit". Enfin je voulais aussi appliquer quelques conseils donnés par Chef Christophe cet après-midi là.

Mon ambition était de conjuguer le beau et le bon, et surtout de séduire l'appétit de mes enfants, ô combien difficiles.

J'ai été pleinement récompensée. Mon fils a plébiscité chaque cuisson et ma fille, arrivée en fin de soirée, a littéralement dévoré l'assiette de présentation pourtant refroidie. Aucun n'a émis de critique. C'est peut-être ça la magie Lidl !
De gauche à droite, vous avez des rubans de poivron rouge confit autour d'un morceau de tresse de mozarella  (c'est le seul ingrédient consistant que j'ai ajouté). Une tartine façon bruschetta recouverte d'une compotée de courgette/tomate rouge avec des morceaux de tomates cerise crue. Un buisson de carottes sur lit de verdure, des aubergines braisées. Des demi-radis glacés complètent l'assiette en apportant une note inédite.
J'ai commencé par les radis, que j'ai glacés trois bons quarts d'heure comme on venait de me l'enseigner, avec un mélange d'eau, de beurre, de sel (j'ai pris mon sel vanillé) et de sucre. A noter que je n'ai employé que de l'eau filtrée, comme à mon habitude, dans ma chère carafe Brita.
J'ai découpé le poivron rouge et l'ai fait cuire sans aucun liquide deux fois trois minutes au micro-ondes. Je l'ai ensuite salé et arrosé de vinaigre alors qu'il était encore chaud et ai laissé refroidir. J'ai ajouté une bonne huile Puget plus tard.  Je suis toujours cette méthode trouvée par hasard car elle garantit une excellente digestion.
Passons aux carottes. Je les ai tranchées à la mandoline dans le sens de la longueur et fait cuire à l'anglaise dans un fond d'eau salée. La découpe des légumes conditionne leur goût et très franchement els carottes dites Vichy, coupées en rondelles, ne sont pas mes préférées.
J'ai lavé les fanes et les ai ébouillantées avant de les faire sauter avec de l'ail.
L'association carottes-fanes va surprendre. je sais que je prends un risque mais j'assume.
J'ai ensuite préparé la petite ratatouille. La tomate a été coupée en petits morceaux et cuisinée avec la courgette ronde, dont j'ai conservé la peau.
J'ai apprécié le flacon stop gouttes de Puget qui permet même de garder une main libre pour photographier ... J'ai gouté de manière à arrêter la cuisson au moment où les légumes sont juste fondants, sans être "démolis".
Plus tard j'ai dressé sur une tranche de pain grillée et disposé les tomates cerises jaune coupées en petits quartiers. Cela donne une note de couleur et apporte une surprise à la dégustation en associant du cru et du cuit. J'ajouterai aussi du persil haché puisque cette herbe figurait dans la barquette.
L'aubergine a été tranchée dans le sens de la longueur. C'est intentionnellement que je ne l'ai pas associée à la courgette car je voulais sortir du code de la ratatouille classique et mettre ce légume à l'honneur.
J'ai tracé des croisillons au couteau et fait revenir dans une poêle avec un peu d'huile et de l'ail.
J'ai aussi abondamment ajouté du persil.
Ne restait plus qu'à disposer sur l'assiette comme indiqué au début de l'article.
Enfin, pour le dessert, j'ai préparé une salade de fraises de Carpentras, elle aussi provenant de Lidl, que j'ai simplement coupées en quatre avant de les arroser d'un peu de vinaigre balsamique et d'un mince filet d'huile d'olive Puget au basilic. Régal absolu !

mardi 17 mai 2011

Filet de poisson à la crème de soja


Une petite recette facile et rapide pour se régaler quand on souhaite manger diététique et malgré tout festif. Voilà l'histoire :

Une feuille de papier sulfurisé.

Une courgette épluchée (sauf si vous êtes certain de sa culture bio), râpée à la moulinette, une poignée haricots verts surgelés, une pincée de Curry des Philippines et une cuillère à soupe de crème de soja.

Une filet de poisson sorti du congélateur et trois rondelles de citron vert.

On ferme et on met au four pendant le temps qu'il préchauffe pour la cuisson d'un gâteau.

Ce procédé cumule les avantages. Le plat principal cuit à l'économie car en général la chaleur du four est "perdue" pendant ce temps de préchauffage. L'emploi du curry dispense d'ajouter du sel. La courgette change du sempiternel riz pour accompagner le poisson. Elle s'accorde avec les haricots en terme de couleur comme de saveur. La crème de soja est moins riche que la crème que l'on connait.

J'ai eu cette idée en préparant un gâteau au chocolat et à la courgette qui surgit sur une foultitude de blogs culinaires en ce moment et qui préconise cette crème là. Il m'en restait donc à utiliser.

Et le gâteau me direz-vous ? je ne suis pas assez satisfaite du résultat pour vous en donner la recette. Je suis bien la seule semble-t-il ... je ne remets pas en cause l'association des ingrédients, réussie ma foi, mais le temps de cuisson, la chaleur du four (j'ai suivi les prescriptions à 210 degrés et je trouve que c'est trop) et le type de moule (car vue la quantité de matières le gâteau n'était pas assez épais dans un moule à manqué). Je réessaierai moins chaud, moins longtemps et dans un moule à cake en augmentant les proportions.

Mais si vous voulez faire votre propre expérience, ne vous en privez pas. Allez voir chez Pupuce.

J'avais consacré un billet spécifique au curry en octobre 2010.

vendredi 10 avril 2026

Et les nominations aux Molières 2026 sont …

(mis à jour le 4 mai 2026)
Jean-Marc Dumontet, président des Molières, a profité de la conférence de presse d'annonce des nominations pour rendre hommage au soutien indéfectible de France Télévisions qui diffuse la cérémonie en prime.

Cette prochaine soirée qui aura lieu lundi 4 mai sur France 2, à 21 h 10 et qui sera réalisée par une femme, Patricia Rimond des Anges (Production toujours  Act4 Productions) est plus utile que jamais pour mettre en avant toute la créativité, certes forte, mais malmenée comme jamais avec les coupes budgétaires qui ont lieu un peu partout …

Jean-Marc Dumontet, producteur de théâtre pointilleux et reconnu, possède le théâtre Antoine, le Théâtre Libre, Le Point-Virgule, Le Grand Point-Virgule, Bobino et la Salle Gaveau (où avait lieu la conférence de presse). Il est co-propriétaire des Folies-Bergère. Et surtout, il préside depuis 2013 l’association des Molières. Il considère que malgré tous les aléas le spectacle est plus vivant que jamais autant dans le public que le privé mais que le besoin de relai reste essentiel. Il a souligné aussi qu’un théâtre populaire n’était pas incompatible avec l’exigeance.

De son côté Anna Holmes, directrice des programmes de France télévisions, a confirmé l’investissement du service public avec 150 pièces diffusées -dont 25 inédits- sur l’ensemble de ces chaînes, soit une augmentation de 15% par rapport à l’an dernier. C’est très important puisque chaque diffusion touche environ 7 millions de "spectateurs". Et on peut se réjouir que l’audience de France 4 connaisse en la matière une croissance de 35%.

Après Courgette, Les gros patinent bien, Le retour de Richard 3 par le train de 9h24 on peut citer, rien que pour la semaine du 3 mai Bungalow 21, Une idée géniale, Du charbon dans les veines, Le repas des fauves, Un pas de côté et L’école de danse de Carlo Goldoni, avec la troupe de la Comédie-Française (tout le programme est détaillé ici).

Elle a confirmé qu’étant la vitrine de la création théâtrale française, en mettant à l’honneur celles et ceux qui font vibrer les scènes, la retransmission de la Cérémonie des Molières était le point d'orgue de la place du théâtre sur les chaines publiques. Mais comme dit précédemment l’action ne se limite pas à cet évènement, loin s’en faut. Cette seule soirée vise 1 millions de téléspectateurs, ce qui serait l’équivalent de 840 représentations aux Folies Bergère. Elle sera diffusée en léger différé, à 21 heures, depuis ce magnifique théâtre mais rien ne filtrera de le remise des premières statuettes avant 22 h 30 sur les réseaux sociaux.

Pour la troisième fois (non consécutive) Alex Vizorek en sera le présentateur et s’il n’a rien voulu révéler de particulier nous avons deviné qu’il y aurait des surprises de taille, et de l’humour bien entendu. Pour l’instant tout est encore à l’état de pistes et nous savons simplement que Jim Carrey ne pourra pas venir. faisons confiance à celui qui est tout de même à longueur de temps un jour sur trois sur une scène.

L’assemblée étant impatiente de connaitre les nominations ce sont Hugues Leforestier, directeur général et Gaëlle Billaut-Danno, une des administratrices, qui ont donné la liste des 46 spectacles distingués parmi les 225 éligibles et vous constatez que 7 d’entre eux figurent dans 3 catégories. On est loin du trust de certaines années par des pièces qui allaient jusqu’à 7 nominations comme Edmond, Courgette ou encore Le canard à l’orange

Ce sont les 3800 électeurs qui votent, en s’exprimant généralement à 60% au premier tour et 70-75% au second, qui se déroule sur quelques jours, du 13 au 18 avril à 21 h. Il faut savoir qu’on n’est pas votant à vie et qu’on est exclu si on ne vote pas pendant deux ans. Les règles sont, on le constate, très strictes et rigoureusement appliquées.

Il y a des surprises dans la liste des nominations du fait que les spectacles sont soumis par les théâtres ou les producteurs, en justifiant du nombre de dates de représentations nécessaires. Certains ne souhaitent pas le faire et c’est leur liberté. Et s’il n’y a que 3 nominations dans la catégorie spectacle musical c’est parce que les titres proposés cette année étaient au nombre de 5. Il aurait été déraisonnable de tous les retenir.

Suite à la mise à jour du 4 mai 2026, 23 h 30, les gagnants apparaissent en rouge.

mardi 26 octobre 2010

Je suis fondue de légumes

C'était le soir du lancement officiel du nouveau site sur le Gout. J'ai retenu la leçon de Bertrand Grébaut, ce jeune Chef de 27 ans, qui avait réussi la performance de décrocher en un an sa première étoile au Michelin pour son travail à l'Agapé . Lui même tenait la "recette" d'Alain Passard auprès duquel il avait fourbi ses couteaux, à l'Arpège : les légumes sont bien meilleurs simplement cuits à l'étouffée, disons braisés, dans un tout petit peu de matières grasses.

Je me suis aussitôt arrêtée de les noyer dans l'eau bouillante, sauf si je veux faire une soupe. Encore que ce n'est pas toujours vrai puisque je ferai un excellent velouté avec les restes de légumes allongés de lait, puis passés au blender.

Rien n'empêche quand même de multiplier les plaisirs gustatifs. Cette fois j'ai fait une jolie assiette en juxtaposant trois préparations cuites séparément.

Des lamelles de courge butternut, juste épluchée, et fondue ... au beurre, comment faire autrement. Avec tout de même une feuille de laurier pour gagner en saveur.

Une compotée de tout ce qui passait à proximité de mes couteaux : des poireaux émincés, un oignon rouge, deux tomates, trois éclats d'ail ...
... et puis au diable l'avarice, il y eut aussi des carottes et même des feuilles d'épinards.

J'ai alors avisé une courgette qui se faisait toute petite pour hop la faire sauter elle aussi puisque j'avais vidé la poêle. Ce qui me valut l'envie de solliciter les chercheurs de chez Pentax : ils ont trouvé le dispositif anti-yeux rouges mais mais quand inventeront-ils un truc anti-buée ?
Après quelques essais je ne suis pas mécontente du résultat, obtenu plein gaz et sans trucage. C'est le curry des Philippines, de Saravane, qui est repérable avec les petits points de couleur sur les tranches de courgette. Il fallait bien un épice un peu brûlant, mais pas trop, pour contraster avec la butternut.
Les légumes ont tous été associés, sauf la courge qui a été servie tel que.
Et puis le quinoa, placé de l'autre coté, pour donner une note céréalière. Restait à se régaler ce qui fut fait sans délai !

mercredi 5 avril 2017

Le vertige des falaises de Gilles Paris

Gilles Paris emmenait le lecteur promener au bord de la mer dans son précédent livre, L'été des lucioles. Nous étions dans le sud de la France, sur le chemin des douaniers. Ses héros avaient grandi, par rapport à ceux qui se débattent dans Autobiographie d'une courgette mais nous restions dans un univers accessible à la jeunesse.

On passe un cap avec Le vertige des falaises qui, pour moi, se situe franchement dans l'univers des adultes même si une partie du récit nous est raconté à travers les yeux d'une jeune héroïne.

Marnie est en effet au coeur de l'intrigue mais les personnages dits secondaires ont toute leur place. A tel point qu'on peut parler de roman choral car le narrateur conduit le récit en se plaçant du point de vue de chacun, si bien qu'on progresse dans la résolution de l'intrigue à mesure qu'on les accompagne.

Le challenge était d'importance pour Gilles qui a commencé ce livre alors que Courgette entrait en production. Ce conte de fées incroyable (c'est lui qui le dit) a dopé son énergie créatrice et le résultat est là, très abouti.

L'action se passe dans un lieu qui n'est jamais nommé, dans une Ile dont le nom est indéfini derrière la majuscule, autour d'une maison de verre qui surplombe les falaises. A chacun de projeter le décor selon ses propres souvenirs; pour moi ce fut Belle-Ile, en particulier pour les portions découpées des aiguilles de Port Coton ou la Grotte de l'apothicaire. Le paysage que décrit l'auteur nous retient nous aussi comme des otages volontaires (p. 41). Olivia, la grand-mère Olivia la ressent comme une ancre (p. 11). J'y disparaîtrai avec nos vilains secrets.

L'emploi de "nos" signifie que les secrets sont nombreux et partagés sur ce territoire. L'indice est mince mais il compte. Car nous sommes dans un registre plutôt policier. Le roman se poursuit dans la même atmosphère, un peu hitchcockienne, et Gilles Paris s'en expliquera -ce qui est une excellente idée- à la toute fin (p. 247) mais il n'est pas essentiel de le savoir pour entreprendre la lecture.

On ne sait pas davantage à quelle période l'action se déroule mais on déduira (p.135) que nous sommes après les années soixante alors qu'on voyait jusque là tous les protagonistes vivre au XIX° siècle. Notre imagination est fertile. La description de Prudence évoque pour moi la détermination de Babette  ramenant les provisions du futur festin sur son île battue par les vents.

Et quand, plus loin, je ressens une similitude avec l'écriture de Karen Blixen je ne m'étonne pas puisque c'est elle qui a inspiré le réalisateur du film le Festin de Babette. Il y a chez Gilles Paris quelque chose de la nostalgie qui émane des livres de cette auteure danoise. D'autres trouveront une parenté avec Agatha Christie et nous avons sans doute tous raison.

Marnie exprime très vite un mauvais pressentiment alors que on sait déjà sa mère malade (p. 40). On s'inquiète de penser que le pire n'est jamais sur. La jeune Marnie est une drôle de fille, une chipie pourrait-on dire, mais le personnage va révéler une maturité rare pour son âge.

L'héroïne est orpheline. On reconnait bien là un des thèmes récurrents dans l'oeuvre de Gilles Paris.  L'auteur place (comme toujours) à ses cotés un tuteur, qui ici est sa grand mère, Olivia, ressentie par l'enfant comme l'arbre centenaire sur qui tous les orages se sont abattus sans arracher la moindre écorce. (p. 96)

Aucune famille n'est "normale" sur cette Ile. Marnie se vit comme une bâtarde qui sait tout (comme tous les enfants) et le non-dit dans lequel on l'élève nourrit sa révolte. D'autant plus dans une famille où l'on ne montre pas son chagrin (p. 62) et où le mensonge devient une vertu.

Gilles Paris dénonce une nouvelle fois les ravages de l'alcoolisme, et les violences familiales. Il s'exprime par la voix d'Olivia : j'espère que la plupart des femmes battues finissent par s'inventer un monde qui, s'il n'atténue pas la douleur des coups, offre tout de même un abri sous lequel elles peuvent s'échapper un moment. (p. 79)

Et, plus loin (p. 141) la violence est une maladie de l'âme, que elle soit sous l'emprise de l'alcool ou de la colère.

Une forme de romantisme émerge souvent. On retrouve aussi des occasions de résilience, sous une plume acérée, mais fondamentalement optimiste. Ainsi la fleuriste Agatha rapporte (p. 53) les paroles de Rose : les accrocs de la vie rendent les instants de bonheur plus intenses.

Tous les ingrédients sont réunis pour qu'on dévore le roman comme un policier. Nous arpentons le décor, très minéral et pourtant fleuri à la recherche nous aussi de cette sorte de vertige comme une fleur qui cherche l'eau mais pas un vase. ( p. 75)
L'auteur a le sens des formules, parfois graves, parfois légères, avec un humour qui ne se cache pas. Les phrases ont du rythme. Les chapitres sont courts. Chacun serait presque une photographie légendée. On éprouve la sensation à la fin d'avoir feuilleté un album de famille qui aurait raconté l'histoire d'une vie.

Le vertige des falaises de Gilles Paris, Plon, en librairie depuis le 5 avril 2017

samedi 5 juillet 2014

Nouvelles galettes chez Bjorg et suite de mes expériences avec les Microcakes®

Vous avez du remarquer combien j'étais fan des Microcakes® Jean Dubost que j'utilise à tout bout de champ depuis que je les ai découverts (voir liens en fin d'article).

Si bien que quand j'ai reçu un colis Bjorg Bio-Nutrition avec leurs nouvelles galettes je ne me suis pas posé de question à propos de la boite de filets de maquereaux.

Mon intention a tout de suite été de faire (au micro-ondes) une timbale de maquereau ceinturée de rondelles de courgette, le tout sur un lit de carottes râpées.
Je l'ai tout de suite ouverte pour tester une version Microcake® salée. 

J'avais placé dans le fond du moule des rondelles de carottes, des rondelles de courgette sur le tour, après l'avoir huilé pour assurer le démoulage (si j'avais su !!!), rempli de maquereau à la moutarde, ajouté des rondelles de carottes, puis de nouveau du maquereau. 

J'ai mal calculé mon coup. Le moule n'était pas assez rempli. Tout s'est effondré au démoulage mais c'était très bon. Je pense, maintenant que j'ai plus d'expérience en la matière, qu'il aurait fallu combiner avec du pain ou un produit équivalent.
Mais je recommande particulièrement la cuisson des carottes râpées au micro-ondes. Elles sont savoureuses et encore un peu croquantes.

J'ai compris ultérieurement ma bévue en découvrant que la diététicienne de Bjorg emploie les galettes comme support, notamment sous des rillettes de maquereaux à la moutarde.

C'est effectivement une excellente solution pour combiner des entrées (et même un plat ou un dessert ... voyez comme je me suis "rattrapée").

J'ai sincèrement beaucoup de mal à différencier à l'aveugle riz sésame et épeautre son d'avoine. Le second est peut-être un tout petit peu plus sec et je le trouve à peine un peu salé. Une fois recouverts d'une préparation je défie quiconque de percevoir une différence.

Sur riz sésame (qui aura la préférence des régimes sans gluten) je mets un fromage frais dense, des lamelles de poivrons confits (ma fameuse recette ultra digeste 2 fois 2 minutes au micro-ondes puis vinaigre salé et repos quelques heures) et de la ciboulette pour donner un autre goût et faire joli.
Les galettes 4 céréales, carrées, plus fines m'ont suggéré une architecture de courgettes braisées et de tomates, avec des olives aux anchois et une quenelle de fromage frais.
Contrairement à ce qu'on pourrait supposer ces galettes se découpent parfaitement au couteau et sont donc faciles à manger sur assiette et en société.
Variante sur riz sésame avec courgettes braisées (chaudes cette fois) et un oeuf au plat, saupoudré de graines de sésame.

Sur épeautre son d'avoine, une version sucrée, toujours avec le fromage frais qui est si bon, des abricots rôtis à la plancha, refroidis "à température ambiante" et du citron vert râpé à la microplane.
Bjorg Nutrition c'est toute une gamme de cuisine saine.
Consultez leur site, très bien conçu et inscrivez-vous aux ateliers qui sont offerts. Ils sont très bien menés par Valérie Jacquier. J'en ai suivi un il y un an et cela reste un très bon souvenir.

Autres recettes dans un Microcake® Jean Dubost :
Une version sucrée avec une Tatin et avec des brioches 
Et deux autres, salées tomate et thon et timbale normande au boudin
J'ai trouvé du vinaigre Vincotto chez les Producteurs de caractère et les moules sont notamment sur la toile comme on dit, ici.

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