samedi 29 mars 2008

LES ANIMAUX AU SECOURS DE LA MODE

En allant au défilé Sonia Rykiel (voir articles des 2 et 13 mars 2008) j'étais tombée en arrêt sur la vitrine Cacharel, 64 rue Bonaparte, dans le 6ème à Paris. Cela m'avait amusée de prendre ces deux clichés.







Ces photos m'avaient donné l'idée de proposer un article sur le sujet alors que je n'avais rien de plus à montrer. Et voilà que le thème retient l'attention d'un lecteur.

Dire que Cacharel est une marque fondée en 1962 par Jean Bousquet qui lui a donné le nom d'un petit oiseau camarguais me semblait bien maigre comme point de départ ... et d'arrivée.

C'était un coup de bluff comme le font parfois les journalistes ! Mais voilà, ou j'ai eu de la chance ou j'ai eu du nez parce que dimanche, alors le soleil me décidait à aller faire un jogging en bord de Seine, un lapin attire mon attention en remontant la rue du Bac et j'ai pu faire cette première photo :

Vous me direz que c'est un décor pascal somme toute assez classique. Soit ! Mais que direz-vous de celle-ci prise un peu plus loin, au 46 rue du Bac chez le Prince Jardinier, alias Louis Albert de Broglie, à qui on doit en 2001 d'avoir entrepris la restauration du fabuleux cabinet de curiosités Deyrolle qui a hélas, mille fois hélas, été victime d'un incendie en février dernier ?

Les Deyrolle étaient des entomologistes qui ont développé un commerce florissant de papillons tout en consacrant beaucoup de temps et de moyens à une activité de taxidermiste, avec un talent inouï. On peut voir le portfolio d'animaux naturalisés sur cette page du site.

Vous êtes forcément nombreux à connaître les publications de cette société qui a fourni la quasi totalité du matériel scientifique aux écoles et universités de France et de Navarre. C'est chez Deyrolle que les réalisateurs venaient choisir des animaux pour les besoins de films animaliers en guise de "doublure" d'animaux vivants. Ravivez vos souvenirs ou découvrez un aperçu des talents de la maison en visionnant le diaporama qui est sur le site.






Arrivée boulevard Saint-Germain je bifurque sur la gauche, encore bouleversée par le souvenir des étais retenant les murs de Deyrolle. Je me demande si leur exceptionnel ours blanc (j'avais lu un article de magazine époustouflant à son sujet) a lui aussi péri dans l'incendie. Et je tombe nez à nez sur ceux-ci, si attendrissants quoique en peluche :
















Au numéro 200, Ovale est une boutique de cadeaux de naissance proposant des vêtements, des peluches, de l'orfèvrerie et des accessoires d'exception. Le nom de l'enseigne a été choisi en hommage à la forme du ventre de la future mère par Gilles Neveu, ancien styliste de Dior et Vladimir Fabert. Admirez ! Admirez ! Je ne suis pas sûre de pouvoir faire davantage étant donné le prix de ces petites bêtes (687 euros pour maman ours).

Juste en face d'autres animaux attirent mon regard :





Après le coq et le chien et sur le même trottoir un serpent s'enroule sur un tee-shirt.


Me voici à deux pas de la boutique de Sonia Rykiel, à l'angle de la rue des Saints-Pères.


Des images du défilé me reviennent en mémoire : les intarsias de lapins, les imprimés de chevaux, les cygnes en strass ... quand il me semble voir remuer d'énormes dalmatiens ! Je n'en crois pas mes yeux. Apparemment je ne suis pas la seule parce que nombre de passants s'arrêtent et photographient. Les six ou sept vitrines sont plus attractives les unes que les autres. L'idéal aurait été de faire une vidéo mais je n'ai pas encore ce réflexe. Non seulement les chiens sont grandeur nature et très ressemblants (sans que ce soit toutefois du travail du niveau de ce que fait Deyrolle) mais de plus ils ont la tête articulée et bougent sans cesse. Certains ont des accessoires dans la gueule. Avec en prime le reflet des vitres c'est un miracle d'avoir obtenu des photos regardables.
J'observe aussi que la passion de Sonia Rykiel pour la littérature ne s'émousse pas : dans chaque vitrine une pile de livres fait toujours partie intégrante de la mise en scène. Et ce sont de vrais livres.































Même dans la boutique de la rue des Saint-Pères Sonia by Sonia Rykiel, on peut admirer des canidés.







Je pense alors en avoir fini avec la faune sauvage quand la vitrine de Paul & Joe m'interpelle avec la vitrophanie d'un chamois, lequel cache un chat plutôt élégant. De retour à la maison je consulte le site de la marque et j'apprends que la créatrice Sophie Albou a choisi d'associer les prénoms de ses deux fils pour baptiser la marque qu'elle a lancée en 1995 pour les hommes, et l'année suivante pour les femmes. Ancienne styliste d'Azzedine Alaia, elle vient d'annoncer une collaboration avec Pierre Cardin. Je pousse même la conscience (est-elle "professionnelle" ?) jusqu'à visionner le diaporama de la collection femmes printemps-été 2008 et j'ai la nième preuve que les visuels d'animaux s'infiltrent entre des imprimés fleuris pour faire bel et bien la mode. Plusieurs tuniques sont ornées de chats séducteurs...


... une robe du soir arbore deux poissons scintillants ... que je retrouve, rue Saint-Sulpice, en grand format dans la vitrine de Maison de Famille, une immense boutique qui décline les arts de la table et le linge de maison depuis 1993 dans une mise en scène qui conjugue le classique avec le moderne, avec des ponctuations ethniques. Lingerie et prêt-à-porter ont pris une place toujours grandissante.



Voici de retour le lapin de Pâques couronné empereur par Philippe Ferrandis. Mon périple peut s'achever.








Philippe Ferrandis est un bijoutier français qui a créé pendant longtemps pour de grands couturiers comme Nina Ricci et Givenchy avant d'ouvrir ses propres boutiques. Il travaille en France, multiplie les sources d'inspiration et se définit davantage comme parurier que comme bijoutier fantaisie...


la fantaisie qui, selon Alfred de Musset, est la forme la plus périlleuse du talent.

1 commentaire:

Marie a dit…

Merci pour cette promenade virtuelle, originale et intéressante !
Je ne regarderai plus les vitrines des boutiques de mode de la même façon...
Félicitations pour ce coup d'oeil, qui a débusqué tous ces animaux "au secours de la mode" !

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