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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes.

jeudi 4 novembre 2010

Le Chocolat tient salon Porte de Versailles

Le Salon du Chocolat s'est terminé il y a trois jours. Le cru 2010 fut savoureux.

L’édition 2009 avait été critiquée pour des motifs qui ne me reviennent pas mais qui, en leur temps, avaient suffi à détourner mon intérêt. J’abhorre les jugements à l’emporte-pièce. Vérifier ses sources in situ est une règle d’or. J’y suis donc allée. L’ambiance franchement agréable a conjuré les grisailles de la Toussaint. Le mérite est-il affaire d’atmosphère, de personnes, de produits ? Sans doute tout cela à la fois.

J’entends les protestations, s’appuyant sur l’aspect marketing du salon. Mais ils sont tous commerciaux, plus ou moins. Celui-ci est convivial, intelligent et de taille humaine. Distribuons les bons points :

Aux fondateurs et commissaires du Salon François Jeantet et Sylvie Douce, pour leur capacité à mobiliser célébrités et méconnus, marques internationales et artisans sur le premier critère du talent.

A ces grands noms qui ont été physiquement présents, et accessibles, n’éludant pas les questions des néophytes, soit à l’issue des démonstrations (comme Christophe Michalak du Plaza Athénée & Taïg Khris) soit en dédicace. Honte à ceux qui envoient leur nègre signer à leur place ! (les chefs visés se reconnaitront).

Aux exposants qui ont commercialement joué le jeu, considérant que la hauteur du prix d’entrée devait en quelque sorte être compensée par une réduction de prix souvent proche de 20% par rapport au tarif boutique. Beaucoup avaient imaginé des offres spéciales ou « découverte » vraiment attractives. Honte aux surcotes constatées dans d’autres Salons. Soyez au passage vigilants sur les prix au kilo des saucissons et fromages …. Je vois des personnes modestes acheter des morceaux à des tarifs supérieurs à ce que pratiquent les grandes maisons (comme Fauchon) alors que ces mêmes personnes n’oseraient jamais pousser la porte d’une épicerie haut de gamme.
A la Librairie Gourmande pour sa sélection, ses conseils, son petit coin salon réservé aux signatures, au moins 5 par jour. Pour y être restée plus d’une heure (interview oblige) j’ai regretté l’absence de deux tasses avec une chocolatière remplie du divin breuvage. Ne voyez là que nostalgie ou romantisme de ma part parce que pour ce qui est de déguster je serais de mauvaise foi d’écrire que le Salon pèche de ce coté là. Pour ceux qui ne la connaitraient pas, la Librairie Gourmande, c’est un véritable temple du savoir-faire culinaire, spécialiste des livres anciens et modernes en gastronomie et œnologie qui touche aussi bien les particuliers que les professionnels.

Bon point encore justement pour les exposants qui, la plupart, offrant de vrais morceaux en dégustation. Je connais d’autres salons où on vous découpe un macaron en tant de minuscules portions que ce que vous mettez en bouche n’a plus de goût.

Chez Cémoi c’était le petit ourson guimauve entier, qui fait le succès de la marque depuis déjà 48 ans. Celui-là même que Gwen Rassemusse glisse dans le brownies à l'ourson guimauve et à la fève tonka qu'elle avait amené à l'Atrappe coeurs à la mi-octobre.

Chez Nestlé qui inaugurait en exclusivité Spécial.T, une machine pour faire le thé c’était une pleine tasse, très jolie, en porcelaine fine. L’ infusion est adaptée à chacune des 25 thés d’exception de la gamme. Au degré et à la seconde près. La machine, vendue uniquement sur le web (et sur le salon) est très esthétique et on peut prédire la rupture de stocks avant Noël.

Bon point aux spécialistes, personnalités et amateurs avertis de l’espace Chocosphère (120 places), qui ont animé des conférences-dégustations par les plus éminents.

Mention spéciale encore aux animateurs de Chocoland qui ont initié les enfants de 4 à 10 ans à la réalisation de décors culinaires au cours d’ateliers ludiques, festifs et chocolatés.

Je n’oublie pas les artistes qui ont créé des robes haute facture en chocolat. Tous les modèles étaient exposés et portés par des mannequins qui défilaient chaque jour à 17h00. Tous époustouflants mais j'en retiens malgré tout quatre :


La robe Bikutsi, photographiée sur Victoria Monfort (Animatrice TV et pour la petite histoire, fille de Nelson Montfort), créé par Christophe Roussel et Imane Ayissi.

La silhouette Lady Bird photographiée sur Nubia Esteban (Mannequin, comédienne, DJ) créé par Carole Dichampt pour Bailey's.

Le modèle Multifolia photographié sur Alexandra Rosenfeld (Miss France et Europe 2006) créé par Isabelle Teste pour Lindt.

Et enfin cette grande robe blanche, dite Criolline, portée par Kewe Mar et créé par François Pralus et Françoise Carré.

J’ai fait quelques découvertes en goutant la version chocolat d’un tiramisu imaginé par , une petite marque anglaise de desserts au chocolat … qui conjugue le savoir-faire d’un chef français avec un chocolat belge de qualité.
Le Banoffee, nom énigmatique pour une variation de banane et de toffee, fameux caramel anglais…, les cheesecakes et les brownies rivalisaient de douceur. Une chance : Monoprix a commencé à les distribuer.

J’ai apprécié le velouté du chocolat Côte d’Or dans une boisson chaude obtenue avec une Tassimo.

J’ai retrouvé avec plaisir toutes les variétés Kambly, cette marque suisse qui fait des petits gâteaux comme les « oublis » de ma grand-mère, souvent couronnés par un prix Saveur de l’année. J’ai volontiers cassé une tablette Camille Bloch qui nous rappellent que le chocolat suisse sait être savoureux.

J’ai redécouvert le Baileys, avec modération bien sur, appréciant les combinaisons café-chocolat, surtout glacées.

Quel plaisir aussi de voir combien la gamme des praslines Mazet s’était enrichie. Cette maison de Montargis les fabrique toujours selon la recette imaginée en 1636 par l’officier de bouche du Maréchal Duc de Praslin, le premier à avoir eu l’idée de griller des amandes dans le sucre caramélisé. Les fondues chocolat en verre gravé sont absolument sublimes. Il suffit de les réchauffer pour que le chocolat onctueux vienne enrober les douceurs que l’on y plonge et que de surprenants mélanges se créent. La variété Noir orange clou de girofle vous propulse illico devant une cheminée un soir de décembre.

Le Salon a résolument pris le tournant du bio et de l'éthique. Il fut aussi l’occasion de distinguer des producteurs, des créateurs, de distribuer des prix. Impossible de rendre compte de tout ce que les 130 000 visiteurs (dont 49% hors région parisienne) ont eu sous les yeux et en bouche. Car ce ne sont pas moins de 85 tonnes de chocolat qui ont transité par le biais de 150 chocolatiers sur 12500 m².

Parmi les 12 lauréats, distingués conjointement par le Club des Croqueurs de Chocolat, L’Express Styles et le Salon du Chocolat j’étais heureuse de trouver Patrick Roger le si talentueux créateur de Sceaux (92330) et Jean Emile Schmitt de Gérardmer (88140).

La patisserie Sadaharu Aoki – 56 Boulevard de Port Royal 75005 PARIS a reçu un Award de l’excellence internationale. On pouvait découvrir des marques japonaises fort créatrices sur le Salon, comme Tokyo Chocolate.

Le prestigieux trophée du concours Charles Proust a été décerné, à Christophe Renou de l'Ecole du Grand Chocolat Valrhona. La marque avait déserté le salon depuis dix ans. Elle a créé entre temps la Fondation Valrhona pour le Goût. J’ai mieux compris la signification de « crus » dans le chocolat, avec des différences très nettes selon les provenances. De la collaboration avec les professionnels et Flammarion est née une encyclopédie du chocolat qui répertorie toutes les techniques professionnelles et qui a été révélée au salon.

J’ai croqué dans nombre de carrés, bouchées et autres gourmandises, partout accueillie avec le sourire. J’ai appris qu’il existait à Paris un musée du chocolat où j’irai bientôt à moins que je ne suive un Circuit Chocolat auparavant. J’ai noué des contacts plus précis avec plusieurs professionnels. Ce sera l’occasion de reportages dans la capitale comme en banlieue … sur A bride abattue ou d’autres sites, également de portraits de chocolatiers lorrains sur Lorraine de cœur comme Franck Kestener qui vient aussi d’ouvrir une boutique parisienne.

Nous pouvons être fiers que le chocolat soit un secteur où la France demeure exportatrice et une référence internationalement reconnue.

Le Salon du Chocolat lui aussi continue de s’exporter. Après New York, le Japon et même l’Égypte, il élargira son rayonnement en 2011 avec une édition en Espagne et en Italie.

On pourra d’ici là trouver des informations sur le nouveau site internet du Salon du Chocolat : et sa boutique en ligne (ouverture prévue pour les fêtes de fin d’année).

Les photos non siglées A bride abattue proviennent du site du Salon.

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