mercredi 3 novembre 2010

Venise sous la neige au Point Virgule

(spectacle critiqué le mercredi 4 août 2010)
Ne me dites pas que vous avez oublié ce qu'est la neigenboulophilie ? Je vous rappelle la définition donnée le 21 juillet dernier : la manie de collectionner les boules à neige (snowdome disent les anglo-saxons). Il y en existe pour tous les goûts. En ce moment ce sont les personnages Dora qui reçoivent une pluie de paillettes sur la tête quand on les retourne. Une société spécialisée en conçoit pour immortaliser des évènements publicitaires. Classiquement ce sont des paysages comme celle-ci (que je n'ai pas choisie au hasard puisque je suis souvent en Lorraine) avec la superbe place Stanislas nancéenne, que j'aimerais toujours dénicher au détour d'un vide-grenier...

La plus romantique serait une vue de Venise qui, inondée par les débordements marins ou même sous la neige fait toujours rêver.

Destination indissolublement associée au voyage de noces, Venise est tout un symbole et a inspiré des kyrielles d'écrivains et de metteurs en scène. Gilles Dyrek n'a pas échappé à son emprise. Il a écrit une joyeuse comédie qui a été prestement jouée au Petit Hébertot jusqu'au 8 août avant d'y être reprise (ouf) du 24 août au 12 septembre. Puis de s'exporter en quelque sorte au Point Virgule jusque fin décembre.

La soirée s'annonce orageuse : Patricia n'a pas envie de faire bonne figure auprès des amis de son "fiancé". Elle boude méchamment mais elle accepte un apéritif sans piper mot. On la croit étrangère. Au 3ème ou au 4ème verre elle est devenue le personnage qu'on a projeté sur elle. puisque ses hôtes s'apostrophent à coups de chouchou par ci et par là elle endosse la robe d'une chouvène arrivant directement de Chouvénie sans un chou en poche.

Et c'est parti pour un enchainement de quiproquos plus ou moins féroces mais toujours drôles. La pièce est devenue un classique du genre. Elle est programmée en juillet sur une chaine de télévision (dans une autre mise en scène que celle de Christian Bujeau). Personnellement je la préfère au naturel, interprétée par une jeune compagnie au talent prometteur.

Derrière l'ironie percent des prises de position humanistes qui pourraient faire réfléchir une fois qu'on s'est bien amusé. Qui est le plus naïf en fin de compte : celui qui va au bout de ses engagements ou celui qui change d'avis en fonction de la force de conviction de son entourage ?

Les rôles féminins sont formidables. Ce sont les femmes (comme souvent) qui sont le moteur du changement. Alexandra Moussai est une "chouchou" aussi talentueuse qu'Alexandra Lamy, qui fut chouchou bien avant elle. Son interprétation fait aussi penser à Corinne Benizio (la Shirley compagne de Dino) sans que ce soit de l'imitation. Maud Dreyer est naturellement bilingue et habituée des doublages. C'est un régal de l'entendre parler le chouvène.

Les garçons ne sont pas en reste. La troupe se connait bien. Ils ont tous suivi la même école d'art dramatique, le cours Jean Perimony et vous feront passer une soirée aussi distrayante que l'équipe du Père Noël est une ordure il y a quelques années de cela.
A défaut de prendre un billet d'avion pour Venise le Point Virgule est une destination que je préconise. Vous passerez une excellente soirée en étant certain de ne pas rester en rade à l'aéroport pour cause de grève, ou sur une aire d'autoroute pour cause de manque de carburant.

Le POINT VIRGULE, 7 Rue Sainte Croix de la Bretonnerie – 75004 Paris – M° Hôtel de ville à partir du 2 Novembre 2010 et pour deux mois tous les Mardis et Mercredis à 22h30
Avec deux représentations supplémentaires les Samedi 11 et 18 décembre à 17h30

Toutes les infos et la bande annonce ici

crédit photos En Vie 2 Scène sauf mention A bride abattue

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