Avignon 2019

Ayant vu plus d'une centaine de spectacles (entre le Festival d'Avignon, le Off et même celui qu'on appelle le If) il n'était pas possible de dédier un billet à chacun, ou sinon, pendant plus de trois mois, il n'aurait plus été question d'autre chose sur le blog.
Impossible par exemple d'attendre le 1er octobre pour publier des chroniques sur la rentrée littéraire !
J'ai décidé de rassembler tout ce qui concerne Avignon sur le mois de Juillet. Etant plus approfondis que ce que j'ai écrit régulièrement cet été sur la page Facebook A bride abattue ces articles sont très longs à écrire. Je m'aperçois en ce début de septembre, alors que je viens de mettre en ligne celui qui est daté du 14 juillet, que je prends trop de retard sur d'autres sujets dont il est important de ne pas différer davantage la parution. C'est pourquoi les chroniques avignonnaises, qui ont en quelque sorte valeur d'archive, vont désormais s'insérer rétroactivement.
Je vous invite donc à scroller régulièrement pour les lire ou à utiliser la catégorie "Avignon" pour les faire apparaître. Ou encore, et ce serait le plus efficace, à entrer votre adresse mail dans le rectangle blanc "Pour recevoir par mail ... etc".

lundi 26 août 2013

Le soleil à mes pieds de Delphine Bertholon

Delphine Bertholon aime les drames qui commencent mal et qui se terminent sur une ouverture sur l'espoir et la lumière. Au motif que la vie est pire que n'importe quelle fiction (p. 141) elle s'en donne à coeur joie pour concocter des romans qui seraient un point de départ idéal pour un scénariste de films d'horreur en panne d'inspiration. Elle en a fait plusieurs brillantes démonstrations avec Twist, en 2008, l'Effet Larsen en 2010, et Grâce l'an dernier. Le soleil à mes pieds n'échappe pas à la règle.

Dans ses livres, la mère est toujours en souffrance, première victime d'un détraqué, d'un handicap ou pire ... le père absent ou empêché, les enfants en quête d'identité. Il y a des secrets, des fantômes, des non-dits familiaux et le cadre exerce une influence sur les personnages comme si l'endroit où ils vivent leur ressemblait, à moins que ce ne soit l'inverse.

Tout part cette fois d'un putain de fait divers sans coupable (p. 93 et 145) avec une première victime, la mère, et l'action tourne autour de son fauteuil à bascule en ellipse, entrainant la Grande et puis la Petite.

Deux ans d'écart seulement entre elles (si on s'en tient à l'âge civil), qui pèsent très lourd et des tempéraments diamétralement opposés. La quatrième de couverture présente la Petite fragile et ravissante, se protégeant du monde dans le cocon de sa chambre de bonne; la Grande nymphomane, tyrannique et machiavélique s'agitant dans la ville. On nous promet que si le sort semblait avoir scellé leur destin, les rencontres parfois peuvent rebattre les cartes.

C'est la Petite qui parle. Elle raconte ... le soleil à ses pieds, qu'elle va retrouver dix-huit ans plus tard, et suivre la piste de l'énigme.

La couverture fournit un indice flagrant : des sandales, décolletées sur l'avant, des talons de bois peint avec des brides en liens autour de la cheville. Dorées. Démentiellement dorées (p. 113) qui seront une pomme de discorde entre les deux soeurs.

Vivent-elles en symbiose comme l'anémone et le poisson-clown ? L'une est-elle sous emprise de l'autre ? Laquelle croire ? Se laver, c'est un peu s'effacer (p.42). Et au rythme où la Petite récure elle n'existera bientôt plus. Encore heureux qu'elle parvient à se calmer un peu en jouant à la télékinésie ou à la détective en découvrant un mot doux (p. 54) pour laisser au temps le temps d'enclencher un processus de résurrection.
L'histoire tangue habilement entre horreur et policier, avec un détour sur ces Grands Boulevards (p.103) que je connais désormais si bien que j'ai cru un instant que nous allions entrer au Manoir de Paris où la Grande aurait une place toute légitime.

Le soleil à mes pieds de Delphine Bertholon chez Jean-Claude Lattès, ISBN 978 2709 6310 82, sortie le 22 aôut 2013
Et précédemment sur le blog :
Twist, L’Effet Larsen et Grâce, tous trois parus chez Lattès.

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