vendredi 17 octobre 2014

Un dîner rouge avec Ah la Vache et Wine Republik

Quand on aime la viande on a parfois quelques scrupules à satisfaire son plaisir. L'annonce, toute récente, du dernier conflit des abattoirs a de quoi faire froid dans le dos. Si c'est pour s'empoisonner autant manger des légumes.

Quand il ne craint pas pour sa santé le consommateur est culpabilisé par des révélations sur la condition animale.

La lecture du livre de  Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux ?, m'avait dissuadée pendant plusieurs mois. Et quand je vois les manifestations de l'association L214 je me doute qu'elle ont une portée non négligeable.
Il y a pourtant des alternatives qui satisfont les deux aspects. C'est le cas de Terre Ferme que j'ai déjà présenté dans les colonnes du blog. Comme la proposition de Ah la vache qui va au devant des consommateurs en garantissant de la viande de qualité, de la ferme à l'assiette sans intermédiaire.

La limitation des intermédiaires est aussi la voie choisie par les fondateurs de Wine Republik dans le domaine du vin.

Il était logique que les deux entités aillent à la rencontre de leurs clientèles potentielles en organisant un dîner rouge, de la couleur de la viande et du vin. Ce fut l'occasion d'une soirée sympathique sous le signe de la rencontre et de la dégustation.

Le Dîner le Plus Rouge de l'Année - WINE REPUBLIK from L'INSTANT + on Vimeo.

On a gouté du filet mignon très tendre et des brochettes avec, en toute modération, un verre de beaujolais Moulin à vent ou un St Joseph 350 m.

Le premier a beau être un 100% Gamay il "pinote" un peu comme nous l'a expliqué Sébastien Depis, le conseiller oenologique de Wine Republik.

L'expression désigne un vin qui présente des caractéristiques du pinot noir, évoquant le style bourguignon : robe claire, nez frais de fruits rouges, quelques notes de tabac, de fumée, de rose, d’épices douces et de cuir. Autant dire que la bourguignonne que je suis a été satisfaite, prête à convenir qu'il vaut mieux ne pas acheter son vin par hasard.
C'est sur le site qu'on est invité à choisir son vin, et les avis des consommateurs pèsent lourd, dans le plus pur esprit communautaire voulu par Benjamin Albarède, un des quatre associés.
Arnaud Billon et Camille de Boissieu sont les deux têtes pensantes de Ah la vache, en provenance directe du Perche. Ils ont en commun le sourire, l'énergie et l'exigence de la qualité, avec une conception affirmée du goût.

Arnaud élève des Salers, une race exigeante, qui vèle en pré, mais dont la viande a des caractéristiques appréciables. Elle n'est pas nerveuse ni grasse, ni filandreuse. un peu forte, presque sucrée, Elle est gouteuse, persillée, presque sucrée et surtout c'est une viande "qui a du corps" ou comme on dit "de la mâche".

Chaque mercredi le camion de Ah la vache débarque en région parisienne pour livrer les commandes de boeuf, porc, agneau et poulet, que des bêtes élevées dans le Perche, en bio ou en raisonnée, et abattues dans des conditions respectueuses des animaux.

La dinde sera à la carte le 26 novembre pour ceux qui voudraient fêter Thanksgiving et pour Noël Arnaud a pensé à proposer des chapins qui sont à la pintade ce que le chapon est au coq, en moins volumineux.

Le seul bémol que je mettrais à l'entreprise c'est la quantité minimale d'une commande. Par exemple 3, 5 kilos en agneau. Il faut être une famille nombreuse, avoir beaucoup d'amis ... ou un grand congélateur.
J'ai cuisiné ce qui est vendu sous le terme de "préparation bouchère", un nom un peu étrange, dont on est persuadé quand on la consomme qu'il s'agit bien de la même viande que celle des steaks. Elle n'est pas joliment emballée mais une fois le sachet ouvert et pour peu qu'on tasse la viande dans un cercle on obtient la matière pour un très joli hamburger, vraiment très bon, à condition toutefois de ne pas  la faire cuire trop longtemps. Ce jour là je n'avais pas sous la main de petits pains spéciaux pour assurer une présentation en burger mais le goût était bien là.

Un autre jour j'ai associé un sachet de cette préparation bouchère avec le contenu de saucisses, quelques échalotes hachées et quelques épices pour en farcir des poivrons. C'était parfait.
Les steaks sont excellents. Il faudrait juste que l'étiquette ne soit pas au singulier parce que je n'avais pas pensé qu'il y en avait deux dans le sachet.
Coté Wine Republik j'ai fait une autre découverte avec un Cote du Rhône rouge au nom très prometteur, Tentation de Marquise, provenant d'un vignoble sur lequel la Marquise de Sévigné se plaisait à venir déguster les raisins au…17° siècle.

La vinification s'effectue en cuve inox, de manière traditionnelle avec 2 semaines de cuvaison entre 25° et 30° C. La première mise en bouteille a eu lieu en décembre 2012, et c'est un vin à moins de 9 € la bouteille.
La robe est d'un joli rouge avec quelques reflets violets. Le nez est saturé en arômes de fruits rouges et noirs très mûrs, presque confiturés. La bouche est ample et ronde, avec une belle permanence. Les tannins sont présents sans dominer. A la dégustation on repère des notes de réglisse et de cerise noire, qui en fait un vin autant adapté à un dessert, en l'occurrence un fondant au chocolat sans gluten Mon Fournil, qu'à un rôti fumé, accompagné de cèpes et d'une purée maison.

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