samedi 24 janvier 2015

Le Sud Finistère, ses chaumières, ses pierres debout et ses façades ...

La Bretagne est sauvage. Je l'ai montrée sous cet angle avant-hier. Mais c'est aussi une région où les pierres attirent l'oeil.

Voilà d'ailleurs la première photo que j'ai faite le soir de mon arrivée, surprise de découvrir un pays ensoleillé en plein hiver.

Les murs des clôtures y prennent des couleurs dorées avant la tombée de la nuit.
On pourrait croire aux fantômes en se baladant jusqu'à la pointe de Trévignon. Tout au bout se dresse la Villa-Château, un solide édifice du XVIIe siècle aux faux airs de forteresse écossaise.
Cliquez sur la première photographie afin de les voir défiler toutes en diaporama et en plein écran.


Concarneau et sa ville close mérite qu'on y déambule une après-midi.
Il existe encore plus pittoresque avec ces maisons très particulières, unique en France, que l'on ne trouve que dans le Sud Finistère, dans la région de Trégunc et de Nevez avec leurs façades en granit construites au XVIII° siècle selon la technique de la "pierre debout", Mein Zao en breton.
Ces constructions uniques en France ont obtenu le label "Paysage de reconquête" du Ministère de l’environnement en 1993 afin de les protéger et de témoigner d’une époque et d’un savoir faire. Le village de Kerascoët est remarquable avec ses maisons au toit de chaume, aux volets bleus ou rouges, ses buissons d’hortensias ou de solanums, si typiques en Bretagne, représentent l’architecture traditionnelle d’autrefois.
Elles ont permis aux artisans, les chaumiers, de perpétuer la tradition depuis des décennies en transmettant leur passion du métier.
Le chaume était autrefois constitué de paille de seigle, aujourd’hui il a été remplacé par du roseau.
La chaumière n'est jamais entièrement construite en pierre debout. C'est souvent un appenti où l'on aperçoit ces orthostates de granit d’environ 2,70 mètres de hauteur justaposées pour ériger les murs.
Souvent un four à pain constitue un élément complémentaire du patrimoine.
A l'inverse, on peut découvrir, à force de ténacité, d'anciens lieux de culte que sont les allées couvertes. Parmi les nombreux témoignages de la civilisation néolithique, le plus remarquable est l'Allée couverte de Loch ar Pont à Melgven, le long de l'Aven.
Il ne serait guère visible en été quand le blé recouvre les champs alentours. Il n'est d'ailleurs pas signalé par la moindre pancarte alors que le monument est classé et il a fallu beaucoup marcher pour l'apercevoir au fond d'un vallon très argileux où l'on enfonçait les bottes dans la glaise et je peux dire que cette équipée m'a valu d'avoir traversé l'Aven.
C'est une allée couverte longue de 14 mètres, à dalles arc-boutées composée de 3 tables, soutenues par 16 piliers. Un grand nombre de godets y ont été creusés, et certains seraient groupés de manière à représenter les étoiles de la Grande Ourse.
Les clochers constituent une autre source d'étonnement. Je me suis interrogée sur les flèches des églises, toutes évidées par des sculptures comme celle de Pont-Aven.
La raison est finalement plutôt simple : certains jours, le vent souffle si fort qu'une tempête pourrait faire chavirer l'édifice.
La cathédrale St Corentin de Quimper ne déroge pas à la règle.
Admirez-en les vitraux au passage.
On y voit aussi des façades aux poutres apparentes, recouvertes des assiettes typiques de la faïencerie HB-Henriot créée en 1690.
Revenons à Melgven, le clocher de la Chapelle de la Trinité est encore dressé mais les murs des bâtiments alentours n'ont, eux, pas résisté. 
Un charmant lavoir est intact juste à coté.
Quant au clocher de Camaret, il est brisé en deux. C'est une autre histoire que je vous raconterai un autre jour.

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